Et rebondir de bumper en bumper...

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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Kiwi44 le Jeu 28 Déc 2017 - 16:42

Fleur de Lotus a écrit:Merci Smile Mais c'est quoi une NRE ?
état d'esprit vécu au début de la plupart des relations romantiques significatives, impliquant généralement des sentiments et une excitation émotionnelle accrue.
Explication en anglais ICI. Tu peux écarter l'aspect polyamour qui ne te concerne peut-être pas...

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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Jeu 28 Déc 2017 - 17:46

Très intéressante/amusante cette typologie, mais je ne suis pas certaine d'être engagée dans une relation "romantique significative" après 6 heures de conversation à bâtons rompus...  et si T. lit ce fil (ce que je n'ai pas vérifié), j'aimerais bien savoir ce qu'il en pense de son côté... voire même si cela ne le met pas carrément mal à l'aise d'imaginer glisser dans une relation qu'il ne désire pas :/

N'oublions pas en effet que nous sommes, tous ici, des êtres qui nous emballons très vite et cherchons souvent la fusion. Et quand la complicité émotionnelle et sensible est présente, c'est tout bonnement génial.

Nous avons surtout échangé autour de nos pratiques artistiques. Mais il est vrai que c'était étonnamment complémentaire et intense, que cela ne sera pas sans suites, et que cela me met en Joie. C'est bien tout ce que je peux dire pour le moment.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Kiwi44 le Jeu 28 Déc 2017 - 17:55

ah, tu fais bien de préciser, j'ai ENCORE fait de la sur interprétation. Désolé si j'ai pu mettre mal à l'aise quelqu'un....
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Ven 29 Déc 2017 - 13:05

Work in Progress


Curieuse sensation hier suite à la réaction de Kiwi44. Comment avait-il pu avoir cette perception "romantique" de ce que j'avais écrit ?

Je sais combien parfois on peut se leurrer en projetant mais là... il avait peut-être capté "quelque chose" que je ne voyais pas ?

Cela m'a travaillée toute la soirée et aussi toute la nuit, j'ai mouliné cette question dans mon cerveau mais aussi dans mon corps, jusqu'à me mettre mal.  Au moment où je démarre ce billet, allongée dans mon lit, à moitié réveillée et "malade" dans ce corps que je malmène parfois pour me mettre en alerte, je sais qu'en effet, il y a bien "quelque chose" qui s'est mis en route et j'écris ici pour le découvrir.

Le bleu n'est pas une couleur, c'est moi.

Voilà le titre de l'expo que j'aimerais mettre en œuvre. Ou du moins la ligne directrice d'une mise en scène de textes et d'images variées qui me représenterait aujourd'hui.

Tout tourne autour du noir, du gris foncé, du "dark" et du bleu au milieu de cette absence de couleurs. Le bleu comme trouée de vie lumineuse dans le sombre de mes.... de nos histoires.

Le bleu de mes vêtements, un bleu associé au noir, depuis très longtemps, un bleu que j’associe à la Bretagne, comme d’autres certainement.

Le bleu de ses photos, un bleu pictural, essentiel, et fondateur, un  bleu lumineux obtenu en post-production qui a intimement et même violemment résonné en moi sans que je le perçoive sur le moment.

Le bleu des "bidules", des petits tableaux en tissus mélangés, que je couds de temps en temps, ou plutôt que je cousais, avant de vivre avec M. et que j'ai ressortis il y a quelques mois.

Le bleu d'un nouveau "bidule" que j'ai entrepris hier matin et dont je lui ai envoyé un instantané, m'obligeant moi-même à me dévoiler, comme je le fais ici.

Le bleu lumineux qui se trouve tout en haut de l'escalier qui mène du fond de ma cave à la vie.

Le bleu de mon rêve de la nuit, celui du ciel de mon enfance bretonne, trouée d'espoir d'une vie sombre et sans amour dans un rêve qui raconte l'horreur simple d'être niée et la rage cruciale qui mène à la fuite, vers la vie, vers le bleu.

Le bleu des petits objets achetés chez Ikea il y a quinze jours avec l'idée, floue, que je devais changer de décor chez moi, revenir vers moi, un peu plus.

Le bleu .... pour me dire.


Cette nuit je me suis réveillée vers 4 heures à cause d'une douleur sourde et intense quelque part dans mon appareil digestif. J'ai tout d'abord cru à une gastro mais c'est assez rapidement devenu compréhensible car je suis une habituée de cette mise en alerte de Moi par le Ça via le corps : "Quelque chose" s'était passé que je n'avais pas digéré, j'avais donc tout simplement bloqué ma digestion la veille au soir.

Pratique  barbare mais efficace. Tordue de douleur sur mon lit pendant une heure à me questionner c'est vers cinq heures que j'ai pu remonter la pente.

J'ai commencé par me dire que, heureusement, je vivais seule, puis par me souvenir du nombre incalculable de fois où je me suis retrouvée dans le même état au cours des quatre dernières années de vie commune avec M., puis j'ai réussi à calmer le jeu en prenant du bicarbonate de soude, puis je me suis endormie en me maudissant et me remerciant tout à la fois car je savais déjà à ce moment là que cette nuit courte et douloureuse ferait sens.

Réveil difficile il y a presque une heure maintenant, la séance d'auto-analyse tire à sa fin... la réponse était dans le bleu.

Le texte que je vais retravailler n'a aucune couleur pour le moment, et surtout il y manque une certaine tension. Hier je ne l'ai pas relu, trop tôt, je n'avais à ce moment là aucune idée pour redémarrer. Le bleu et ce qu'il amène aujourd'hui de résonance est le déclic de cette tension, je le pressens.

Le "bidule" sur lequel j'ai travaillé en fond sensible toute la journée d'hier en appelle déjà d'autres. Et ces autres bidules (il va tout de même falloir que je leur trouve un nom) sont autant de réponses à des textes à venir, qui sont eux mêmes, je crois, d'une certaine façon, des réponses à des images.

J'ai le sentiment tout à coup de me dévoiler comme jamais. Je pleure. Je ne sais pas si je vais poster ce billet. Sans doute que si, il n'y a pas pire ennemi que soi-même... et l'ennemi ici n'est pas moi au sens du Soi que je peine à laisser vivre mais bien le petit Moi qui essaye de me brider.

Ce fil, quels qu'en soient les lecteurs,  est bien la trace d'une démarche existentielle que l'on peut qualifier d'artistique.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Sam 30 Déc 2017 - 12:17

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Fourbue, voilà le mot qui me vient au réveil. Mon corps crie grâce comme si j'avais passé la nuit à marcher, grimper une colline, gravir un chemin escarpé, tenter d'avancer sans tomber tout en conservant mon équilibre. Et me voilà fourbue, épuisée physiquement alors que je ne suis pas sortie depuis trois jours...

J'ai quitté ma zone de confort, et tout mon être le subit, c'est une évidence.

Et avec ça un léger mal de tête, diffus, qui court sous la peau de mon crâne, mais prend sa source à la base de la nuque. Je connais bien cet endroit, c'est le point d'arrivée d'une tension qui démarre plus bas dans les reins, et le point de départ d'une libération qui implose sur place et irradie dans tout le corps ensuite...

Il faut croire qu'une certaine tension me travaille.

Hier j'ai essayé de reprendre le texte que je veux corriger, mais je n'y suis pas parvenue. Je ne l'ai même pas relu en entier, en fait. Pas envie. J'ai immédiatement tenté d'en écrire un autre, mais trop loin de moi, alors un second, autour d'une rencontre, mais cette fois ci très proche, trop proche, impossible de le faire lire. Et là je me suis aperçue que je n'avais aucune envie d'écrire pour moi seule, en tout cas ce genre de textes.

Et tout s'explique : Me voilà bloquée, coincée avec cette tension qui n'ose pas se dire, d'où cet épuisement qui me cloue sur place.

.....

Hier soir j'ai RP, comme tous les soirs, deux petites heures, ce qui est peu au regard du temps que j'ai pu passer sur ce jeu.

Mon personnage a maintenant un ami proche. Un joueur que je ne connais pas vraiment, je sais simplement qu'il a une bonne vingtaine d'années et un autre personnage que j'ai côtoyé par le passé. Il est venu à moi dès la création de mon personnage et  cherchait une amitié tendre, bienveillante et sincère autant qu'on peut l'être en virtuel.

Sur le jeu tout est possible pour peu que l'on trouve celui ou celle qui aura le même délire. C'était mon désir, clairement affiché, de ne pas entamer de relation dite amoureuse et il s'est donc  trouvé un joueur qui désirait la même chose. C'est une situation rare et réellement très agréable.

C'est donc une relation libre, franche, toute en douceur, où la tendresse tactile est jouée sans qu'il y ait d'équivoque sexuelle. Un jeu de séduction sans danger, adolescent et assumé comme tel.

Or justement, tout en jouant hier soir, je repensais au texte dont je venais de poser les bases. Si ce que je cherchais à exprimer dans ce texte avait été lié à un moment de RP, je n'aurais eu aucune difficulté non seulement à l'écrire, mais à le faire lire à la communauté RP et donc, à celui qui avait porté mon désir d'écriture. Ce que j'en aurais dit aurait été traité en RP par la suite, dans une fluidité ludique qui aurait ôté tout risque réel de blessure.

J'en conclus donc que ce désir d'écriture, très spécifique, nécessite, en tout cas pour moi, d'être porté par un autre désir qui ne peut se dire réellement sans assurance d'être accepté comme tel. Ce qui limite pas mal mon champ d'activité.

Je le savais. Mais je l'avais oublié. Ça doit être pour cette raison qu'un fond de tristesse colore ce début de journée.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Dim 31 Déc 2017 - 10:46

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Je n'avais pas remarqué que le bleu francophone équivalait au blues anglophone. J'en ai fait l'amère constatation dans l'heure qui a suivi l'écriture de mon billet d'hier. Une heure à pleurer sur mon sort en écoutant de la musique jazzy. Pathétique mais finalement plutôt bénéfique. J'ai fait évoluer ma playlist et le blues s'en est allé.





Une fois que j'allais mieux, j'ai pu écrire un petit texte sur cette rencontre dont je parlais hier, je l'ai peaufiné tout au long de l'après-midi en bricolant sur le jeu et en fin de journée j'allais bien mieux, suffisamment en tout cas pour accepter de sortir ce soir alors que j'avais prévu de rester seule.

Si je vais mieux ce matin peut-être être est-ce aussi parce que cela bouge sur le jeu.

Ne voulant pas entamer de relation amoureuse avec ma brunette je l'avais dotée d'un "amoureux disparu" qu'elle n'avait toujours pas réussi à oublier.

Or, pour le jouer correctement, je me suis servie de mes ressentis réels suite à la disparition du "danseur" en août dernier et j'ai donné à ma brunette les informations, les ressentis et la nostalgie de celle qui a subi la disparition. J'ai du probablement la jouer plus intensément que je ne pensais car voilà que l'ami de ma brunette, un dénommé Jacob, me propose de jouer la recherche de l'amoureux disparu.

Et c'est une chance que j'ai décidé de prendre, avec le vague espoir d'y mettre aussi un terme HRP. Car le joueur de Jacob est, je crois, l'un des très rares amis du joueur qui a disparu.

Grâce à cet événement qui se prépare, soit "le danseur" veut revenir RP avec moi et peut jouer l'amoureux disparu, soit il ne le souhaite pas (ce qui est probable) et je vais devoir jouer la découverte de sa mort. Quel que sera son choix je vais pouvoir enfin mettre un terme à cette relation avortée. Il va y avoir beaucoup d'émotions,  pas forcément positives et agréables, c'est certain, mais je suis heureuse de pouvoir clore ce chapitre.

Et en y songeant ce matin je me disais que le RP m'a tout de même permis d'écrire énormément, et en toute liberté. Finalement le jeu et les fictions que l'on peut y dérouler, y vivre même, me sont nécessaires car elles m'évitent de partir en vrille sur le réel.

Lorsque j'étais plus jeune, je lisais presque sans arrêt, des romans, dans tous les genres. J'ai continué une fois mariée, mais tout de même bien moins, puis j'ai cessé de lire lorsque M. est entré dans ma vie. J'ai heureusement repris. Mais même si j'apprécie cette lecture du soir juste avant de m'endormir, même si j'apprécie me plonger dans un univers qui n'est pas le mien, la lecture de romans ne remplace pas le plaisir d'écrire pour me dire,  celui aussi de raconter les histoires que je tire du jeu, le plaisir de la fiction que je déroule à partir d'émotions ressenties lors du RP.

Étrange constatation.
C'est donc le plaisir émotionnel de la fiction qui me manquerait ?
Il me semble l'avoir déjà évoqué ici.
Il faut croire que c'est donc vrai, je demande trop au réel.
Bien trop même.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Lun 1 Jan 2018 - 17:38

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Une nouvelle année, je me suis réveillée à midi, reposée d'un sommeil vraiment réparateur et exceptionnel d'une dizaine d'heures, ce qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps.

Pour la toute première fois de ma vie d’adulte, en ce premier jour d'une nouvelle année, je suis célibataire, sans autre attaches que mes enfants qui vivent ailleurs.

Même si, hier soir, "Un mec" a été ma réponse immédiate et non réfléchie à la question sur nos souhaits pour la nouvelle année qui s'annonçait, je me réveille seule et je ne m'en sens pas si désolée.

Parce qu'hier soir j'ai surtout pris conscience que je suis totalement libre de faire ce que je veux de ma vie, justement parce que je suis seule. Et que je ne devais pas abîmer cette chance de pouvoir enfin être moi même.

J'explique.


Je suis naturellement enthousiaste, positive, volontaire, foncièrement gentille, parfois jusqu'à la connerie, j'aime aider, écouter, amener l'autre à se mettre en chemin vers lui même. Je ne fais pas semblant, je ne triche pas, j'aime tout ça, vraiment, c'est moi.

Mais....

A trop être dans l'empathie, l'attention, l'écoute de l'Autre, je finis par lui donner, peu ou prou,  le sentiment d'être la clef de son bonheur. Peut-être est-ce mon moyen de survivre, c'est possible, nos traits névrotiques sont variés et toujours étonnants. Toujours est-il qu'au final, d'une part je m'emballe et lui ouvre trop vite les portes de mon cœur, avec tous les dangers que cela peut entraîner, et d'autre part, corollaire inévitable, je me perds moi-même ou du moins je quitte mon propre chemin pour emprunter celui de cet Autre que je souhaite aider.

C'est ainsi que j'ai toujours agi, vécu, évolué, que ce soit en couple, en famille, en amitié, au travail. Tout le temps, partout, sans jamais m'en plaindre ni d'ailleurs nécessairement même le voir.

Et c'est de me retrouver seule qui m'alerte. Non pas que je me vois faire dans mes attentions et mon enthousiasme, et que je souhaite changer,  encore une fois c'est naturel. Je ne saurais pas être autrement. Et je n’en ai pas envie.



Par contre ce qui m'alerte depuis peu vient des autres, ceux que je côtoie depuis que je viens ici, sur ZC, mais aussi sur le jeu. Ceux avec qui j'échange, en public sur forum, en privé sur forum ou en jeu et en live ici ou là.

J'écris "vient des autres" mais c'est une facilité de langage car bien évidemment cela vient de moi, avant tout. Tous, ils ne font que me renvoyer ce que j'émets, et bien que cela me désole, puisque certains peuvent potentiellement en souffrir, des suites d'une attente déçue, je ne peux qu'en admettre la réalité et faire avec au mieux, puisque c'est bien moi.



J'ai envoyé hier en privé mes vœux à une personne avec qui j'avais eu des échanges teintés de rancoeur, ici même. Je lui ai écrit que nos réactions étaient souvent trop intenses, et de fait elles l'avaient été, mais que cela ne me correspondait pas, cette attitude négative. Au vu de sa réponse j’espère qu'elles seront désormais apaisées.

Hier encore j'ai écrit sur le jeu au "danseur". J'ai profité de cette date, dont j’ai moi-même peu à faire, pour tenter de reprendre contact, sans trop y croire, mais j'ai reçu une réponse. Et cela me ravit. Il écrit sa rage, son mal être et sa profonde tristesse mais il m'écrit, à moi, avec mon vrai prénom, par delà le jeu. Le contact est recréé, même ténu, et cela me touche énormément, vraiment, car cela me remplit d'émotions contradictoires dont je ne veux pour rien au monde me passer. Et c’est en accord avec ce que je suis.

Ce sont deux exemples de ce dont je cherche à rendre compte.



Je suis sans doute parfois trop en miroir du désir de l'Autre, trop parce que ce faisant j'induis sans le vouloir une forme de séduction/attirance qui ne se dit pas comme telle et peut prêter à confusion, pour l'Autre comme pour moi, trop aussi puisqu'au final je me perds parfois en route. Mais je suis réellement cette personne gentille, bienveillante, qui veut le bon, le bien, le vrai, pour l'Autre qui me touche, d'une façon ou d'une autre.

Alors je dois faire avec.

Je désire toujours faire cette rencontre de l'Autre qui viendra habiter mes nuits, en rêves et aussi en vrai, mais j'ai le sentiment de mieux sentir ce que pourrait être une vie saine et pleine, "spirituellement" parlant, pour moi avec un Autre : on peut vouloir offrir le meilleur de Soi à l'Autre, on peut vouloir se donner à fond et même rêver de fusion, par moments ou en fond permanent, il n'en reste pas moins qu'il faut savoir préserver cette petite étincelle de lumière qui nous est personnelle, tout au fond de Soi, cette petite étincelle qui nous guide sur un chemin essentiellement solitaire car intimement personnel.

Paradoxe de nos vies humaines. Savoir user juste ce qu'il faut d'égoïsme tout en pratiquant l'altruisme. Et mon égoïsme à moi passe par l’écriture. Je ne dois pas l’oublier, je ne dois pas me laisser happer par les attentes que j’ai enclenchées par mon attention aimante.

Et je l’écris ici pour prendre date, avec moi-même.




“Je ne me sens ni la compétence ni l'envie de débattre de l'excellence ou de la médiocrité éthique de l'égoïsme, mais comme médecin, je dois dire qu'il est effarant de constater combien peu les gens s'occupent d'eux-mêmes; et je ne fais pas exception des prétendus égoïstes et égocentriques ; ceux-là, précisément, s'occupent le moins d’eux-mêmes. Leur vie a coutume d'être une fuite constante devant eux-mêmes. On a peut-être raison de supposer qu'ils servent leur moi - ce qu'ils estiment être leur moi - , mais en vérité, le soin du moi résulte de la crainte qu'ils ont de leur "soi", car ils se détournent de leur "soi", de leur âme intime”. de Georg Groddek, psychanalyste, dans La maladie, l’art et le symbole.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Mer 3 Jan 2018 - 15:56

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Rien eu envie d’écrire ici hier, ou plutôt rien qui puisse être lisible, ce qui m’ennuie un peu, étant données les règles que je me suis fixées concernant ce fil. Mais les règles sont faites pour être transgressées, parfois. Ecrire ici, et donc évoquer ce qui se passait IRL aurait été bien trop compliqué, je risquais de blesser,  j’ai préféré éluder.

Je pensais même, hier soir, passer à autre chose, un autre journal intime, ailleurs. J’en ai eu tellement, variés, sur différents supports, lisibles ou non, par une seule personne ou par des dizaines, toujours très personnels, toujours très intimes, car c’est justement ce dévoilement qui fait sens. J’en ai besoin et il ne m’aurait pas été difficile d’aller voir ailleurs si l’herbe était plus verte, sur un forum lié au jeu, par exemple.

Et puis… je me suis de nouveau mise mal, dans la nuit.

Réveil à 6h 15 environ, l’impression qu’une petite bête s’est logée dans mes intestins, ou mon estomac, difficile à situer. J’ai été extrêmement frappée, enfant, par l’histoire de ce petit esclave grec qui se laissait ronger par un renard plutôt que de se dévoiler, histoire censée représentée le stoïcisme, de mémoire. J’en ai une image nette, toujours inscrite en moi. Cela m’avait sidérée, mais aussi attirée, à l'époque. C’est peut-être encore cette image qui me hante, toujours est-il que la crise est sévère et je me tord de douleur dans la nuit qui s’étiole.

J’ai eu largement le temps de réfléchir tandis que le bicarbonate faisait son effet, avant de me rendormir puisque ce sont les vacances scolaires et que je peux rester chez moi, avec une petite centaine de copies à corriger.

Alors quand, au moment de me réveiller, bien plus tard et un peu à l’ouest, je vois le nouveau fil de Lulibérine, que j’ai envie de lire car je l’ai déjà rencontrée ; quand, de mon lit où je consulte mon smartphone, je découvre son cri de douleur, sa rage de vivre, si intense, si vraie et en même temps tellement similaire à la mienne, d'une certaine façon et en dehors de toute problématique temporelle  ; quand alors je me souviens de mes errements de la nuit, là, je change de nouveau d’avis.

Ma place est ici, encore un peu, et je dois composer avec ce que je peux dire et ce que je dois dire, pour avancer, sans blesser, ou trop me mettre en danger.

Ce qui me travaille, et je le sais de cette nuit, est ce rapport à l’Autre dont je ne cerne pas toujours bien les limites. Je donne de moi parce que j’en ai besoin, il ne me sert à rien de l’empêcher, ça revient toujours, c’est comme la marée, on peut toujours essayer de composer, elle revient toutes les six heures pour effacer ce qui a été écrit sur le sable, poser ce qui se dit dans l’océan et elle repart, emportant nos rêves et nos cauchemars.

Hier, lorsque je jouais avec l’idée de quitter cette plateforme, c’était à cause de ces difficultés. Car ici, contrairement au jeu, ou à internet pris au sens large, ce que je raconte peut être identifié, je ne suis pas réellement anonyme. De plus, mes désirs, une fois dévoilés mais surtout sublimés par écrit, sont assimilés à ma personne, une fois pour toutes, ce qui ne serait pas le cas si ces écrits étaient juste perçus comme la trace d’un moment, d’un désir peut-être éphémère, d’une émotion qui peine à se dire, qui ne peut pas, ou ne doit pas, être vécue autrement que comme trace artistique, pour tout un tas de raisons.

Hier j’ai dû écrire un courrier pour refuser une offre amicale de partenariat, que j’avais manifestement laissée naître, croître, un peu, sans du tout cerner que je ne devais pas laisser l'Autre avancer en me croyant là, juste là, tout à côté de lui, parce que je ne devais pas emprunter ce chemin avec lui, car c’était le sien, que je devais rester sur le mien, car cela allait me brider et ne me correspondait plus.

J’ai dû refuser, clairement, et je n’aime pas dire non, pas comme ça, pas dans l’urgence abrupte d’une crainte que cela “empire”. Cela m'a mise mal, très mal, bien trop, même si la réponse qui s’en est suivie m’a rassurée, car j’avais été entendue, comprise, “pardonnée”.

Hier encore j’ai avancé sur le chemin de l'écriture et cela m’a, là aussi mais d’une autre façon, mise mal. Il y a quelques jours, j’ai écrit un petit texte, suite à une rencontre. Il n’est pas terminé, j'y reviens un peu chaque jour, mais je ne sais pas ce que je vais pouvoir en faire. Je ne sais pas si je pourrais le donner à lire, ce qui me pose problème.

Quelle est la part réelle de mon désir, dans ce texte, je ne sais pas. Il y en a une, c’est certain, sinon je n’aurais pas su l’écrire, mais quelle est sa teneur en moi ? Entière, éphémère, fantasmatique, bridée, faite d’espoir raisonné ? Aucune idée, et c’est bien ce qui me préoccupe aujourd’hui.

Quand on crée des “images”, papier, toile, textures ou autres, on peut être totalement soi et ne pas vraiment se dévoiler. J’entends par là que si un peintre clame son amour à une femme mariée (je pense à Nicolas de Staël mais il y en a des dizaines d’autres) personne n’en saura rien et il pourra vivre son amour au travers de sa peinture.

Mais si la création passe par des mots, roman, poésie, paroles de chanson, dialogues, etc, inévitablement le lecteur cherche les clés du texte. Ce personnage, ce "je" ou ce "il", n'est-ce pas untel ou unetelle ? L'auteur de ce fait laisse transparaître ses émotions et sentiments réels, quels qu'ils puissent être ou avoir été.

Et on peut en dire ce que l'on veut, mais au final l'auteur transparaît toujours derrière un texte, même anodin, pour peu qu'il soit sincère. Car nous sommes tous formés à comprendre les mots, bien moins les images.

Le dévoilement me semble donc bien plus dangereux dans le texte que dans l'image. Ce qui ne résoud pas mon problème du jour, à savoir ce texte que je ne peux pas vraiment partager, pour le moment. Mais cela ne m'empêche pas de le retravailler. Tout n'est donc pas perdu.

Et j'ai écrit mon billet du jour, ce qui, finalement, me satisfait.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Jeu 4 Jan 2018 - 19:45

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C’est reparti. C’est la fête chez moi, juste là. Musique entraînante, je viens de ranger mes courses, le coeur en joie, et sans raison autre que d’écouter un morceau un peu funky qui me faisait danser en remplissant mon frigo et croquant un morceau de Comté. Pour le moins étonnant me dis-je.

Voilà qui va m’occuper le temps d’écrire ce billet !

Qu’est ce qui  me vaut cette joie simple et légère… aucune idée, à priori, mais je subodore quelque sensation qui s’est installée en moi tout au long de la journée, et me voilà amusée par l’idée de la traquer.

Donc…

Réveillée assez tard, sans crise nocturne, déjà, c’était bien bon. Pas eu envie de lire mon smartphone, ni de commencer ce billet (ce qui m’arrive un jour sur deux, tout de même…) mais simplement me lever avec l’idée que je devais faire les courses du mois, reportées depuis trois jours, plus  la machine à coudre que je veux offrir à ma seconde. Ce qui m’incite à réfléchir aux “bidules” que je bricole en fond sensible depuis quelques jours maintenant.

Une fois le café lancé, premier geste de la mâtinée, écrire sur un des petits carnets du Traverler’s Notebook fabriqué par mon aînée et offert  à Noël. C’est un petit carnet où je pose mes idées sur le travail que j’ai entrepris autour du Bleu, le titre en étant maintenant  “Du blues au bleu”. Puisque je me déplace dans un grand magasin spécialisé en tissus, me voilà avec un nouvel objectif, me procurer un peu de tissu en plus, du bleu et du noir.

Puis le jeu, pour faire avancer mon personnage, un regard sur la liste d’amis, “le danseur” est là.  Je ne le recontacterai plus de moi-même, mais de le savoir là me fait plaisir. C’est comme une petite étincelle de vie dans cette morne solitude du jeu… stupide mais cela me rend heureuse.

Dans le même temps, quelques copies corrigées, là je cale un peu, je n’en suis qu’à la moitié et c’est vraiment fastidieux. Quelques échanges ici, ça met un peu de vie dans cette morne activité de correction.

Allez hop ! En route pour Mondial Tissus, je passerai au Monop’ ensuite. Rien mangé, sauf une barre de céréales, pas faim plus que ça, j’aime comment l’appétit met mes sens en alerte. Parfois.

Le magasin, choix de tissus, patience, attente pour être servie, quelques textes lus ici et là. D’autres petites étincelles de vie dans mon monde de solitaire, voilà qui là aussi me met en joie. Et puis un magazine qui se dit potentiellement intéressé par des textes érotiques dont je ne sais plus trop que faire. Voilà qui me donne envie de les retravailler, cool.

Tout en patientant, je commence à écrire dans ma tête. Un nouveau tout petit texte qui me hante depuis deux jours, sur un autre solitaire. Pourquoi ? Hum… parce que j’en ai envie, ça doit suffire comme “bonne raison”.

Trajet en voiture, FQ et une émission sur Dickens, j’entends parler d’une auteure dont je ne sais rien, une femme qui, comme Georges Sand, a pris un pseudo, Georges Eliot. Je songe au pseudo que je pourrais utiliser pour mes textes érotiques, si ça marche.

Une phrase me revient alors en mémoire. Celle qui me permettait d’expliquer comment j’avais osé me déclarer psychanalyste. “On ne peut se reconnaître que de soi-même”. Puis à un livre de Weyergans “Je suis écrivain”, éditeur qui a eu du mal à se déclarer auteur. Difficile question que celle de la légitimité, quelle qu’elle soit. Cela entre en écho avec un billet lu ici.

Tout à coup, une évidence : c’est bon, j’y suis, sur ce fameux chemin qui me faisait de l’oeil depuis longtemps. J’y suis, je sais ce que je dois faire pour me sentir légitime, simplement continuer.

Monop’… je n’aime pas vraiment les courses obligatoires pour la vie quotidienne, c’est ennuyeux au possible. Je continue d’acheter comme si je vivais à deux, je me vois faire et me moque de moi-même. Peur de passer pour une vieille célib’, divorcée, etc,  ou incapable de changer mes habitudes ? Boarf… tout le monde s’en fout.

Encore de l’attente en caisse… je lis mes mails, hasard, hasard, quand tu nous tiens … ma fille m’a envoyé un lien sur un éditeur de tous petits livres, qui lance un appel à projets. Encore un pas de plus sur mon chemin. Un lien que je compte aussi faire passer.

Me voilà rentrée, rangements divers puis livraison des courses… et me voilà à danser au sens d’une Playlist funky sur Spotify.

Bon ! Et bien mon billet est écrit et j’ai résolu l’énigme, il me semble.

Je suis définitivement en route. Et c’est comme si rien ne pouvait désormais m’atteindre, me freiner et m’empêcher… en tout cas ce soir !
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Zafu84 le Jeu 4 Jan 2018 - 20:31

Wouah... quelle plume ! study



Et on peut en dire ce que l'on veut, mais au final l'auteur transparaît toujours derrière un texte, même anodin, pour peu qu'il soit sincère. Car nous sommes tous formés à comprendre les mots, bien moins les images.

Écris-tu pour être devinée, comprise, pour partager une intimité ou pour faire un fascicule de « Que sais-je ? » ?

Écris-tu ton histoire ou un archétype dans lequel chacun peut se retrouver, se sentir concerné sans que la référence à ton histoire soit l’element important. 

Il m’est arrivé d’écrire, un poème par exemple... petit quatrain d’un homme dans les bras d’une femme... quelle importance  de savoir de quelle femme il s’agit quand cela peut résonner avec chaque histoire ?

Ou alors quelque chose dans ton discours m’a échappé. Et je m’en excuse par avance.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Jeu 4 Jan 2018 - 21:27

Ce fil est un journal intime, que je tiens quasi tous les jours depuis trois mois, avec la volonté d'y être intimement sincère, parce que cela m'aide à avancer. C'est un saut dans le vide quotidien qui me pousse à être toujours vraie, une sorte d'auto-analyse dont l'ensemble du forum porte le transfert.

Cela peut sembler étrange, exhibitionniste, fou, c'est clair. Certains jours j'ai pensé arrêter, je me sentais puérile d'ainsi me dévoiler. Mais peu m'importe désormais, j'en ai trop dit pour reculer, et puis... c'est tout moi, d'agir de la sorte. Et cet exercice quotidien me porte, réellement.

J'y raconte donc tout ce qui m'arrive d'essentiel (au sens littéral), et y compris en lien avec des personnes connues sur ce forum, personnes que j'ai rencontrées, ou pas, mais avec qui je suis  en contact.

A un moment où un autre, quelqu'un peut se reconnaître alors que j'aurais aimé gardé ça "secret", soit parce que je ne veux pas me dévoiler, dans un désir qui ne peut pas ou ne veut pas se dire, soit parce que je ne veux pas risquer de blesser une personne en dévoilant ce qui se dit en privé. C'est uniquement de cela dont je parle dans ces quelques lignes. Et aussi sur la sincérité qui perce à travers des textes, parfois tout bêtes, de ressentis, et qui moi me touchent toujours énormément, parce que je suis très sensible aux mots.

Sinon, bien loin de moi l'idée curieuse de faire un fascicule de "Que sais-je" ... sur quoi d'ailleurs ? Moi.... bah... ^_^'.... l'Amour, puisque j'en parle beaucoup... oui, mais pas un "Que sais-je"...

Non, si je devais écrire un livre (mais j'en ai déjà écrit ...) à partir de tout ce que j'écris ici, ce serait ... non, ce sera, je pense que je peux quitter le conditionnel grâce justement à tout ce que j'ai pu vivre en lien avec ZC, grâce aussi aux émotions que j'ai posées ici au fil des jours...

Ce sera, donc, une petite série de recueils, mélanges de textes et d'autre chose encore à définir, qui parleront ... d'Amour, sûrement, oui. Et de moi, forcément, un peu, puisque je les écris, ces textes. Mais l'idée est bien de réussir à toucher l'Autre qui se retrouvera dans le texte.

Voilà, c'est très simple en fait. J'ai besoin d'aimer, de donner, de partager, en vrai mais aussi par écrit, c'est souvent compliqué, mais j'ai enfin trouvé ici de quoi me remettre en chemin et je le raconte.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Zafu84 le Jeu 4 Jan 2018 - 21:50

Euh... pour le « Que sais-je ? » c’était du second degré Razz

Sinon ta réponse est très claire.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Ven 5 Jan 2018 - 12:52

Work in Progress

Impossible de faire l'impasse sur l'échange qu'il y a eu hier soir ici.

Bien évidemment cela m'a travaillée, j'en ai rêvé, deux petits bouts de rêves dont je me souviens.

Le premier avec M. où il était question de stage, de formation, d'argent. C'est ce qui a eu raison de nous, au final, l'argent qu'il ne gagnait plus comme avant, le rendant dépendant de moi,  suite à une allergie, maladie professionnelle qui lui a permis de quitter un boulot devenu pathogène, non pas à cause de cette allergie, très certainement psychosomatique, mais de son patron qui le manipulait et me rendait folle, moi, de le voir se laisser bouffer ainsi.

Maladie pro, arrêt de travail, baisse importante de revenu, repli sur soi, changement de projet pro, recherches, redémarrage d'une autre formation, un BTS, pour un peu je l'aurais eu comme étudiant, mise à mal de notre relation, perte de désir, la descente classique que connaît n'importe quel couple, preuve qu’on peut être zèbres et tout à fait normaux. Mais une rupture que la différence d'âge et surtout d’expérience de vie et l'absence de projet commun essentiel accentuent, sans même qu'on puisse l'analyser. Fin de l'histoire, banalité de la vie. Envolés les grandes promesses, les belles paroles, les billets doux qui avaient coloré notre vie...

Aucun regret dans mon rêve, plutôt une analyse objective de cette histoire, preuve probable que j'en ai fait le deuil. Tant mieux.

C'est le deuxième rêve qui me semble intéressant aujourd'hui.

Un café, un lieu de rencontre original, des clients sensibles, un projet pour en améliorer la fréquentation, ce lieu ne m'appartient pas mais je me sens d'en faire la promotion. Une idée autour d'une émission web, sorte de projet de communication participatif, textes, images et sons, je propose de gérer un atelier quotidien pour que chacun puisse venir présenter son travail. Suivi de l'atelier sur un blog, des commentaires de participants et d'intéressés sur d'autres villes, beaucoup sont artistes (c'est fou comme les rêves peuvent parfois être précis, vrais, comme réels). Je me réveille.

Immédiatement je repense à ma réponse d'hier. Celui à qui j'ai répondu travaille dans l'écoute, le don de soi, l’Amour en fait, même si ça ne se dit pas, amour de l’Autre et de Soi, de la vie.

Est ce que ce besoin de (me) donner est différent ? Non, moi j'écoute les mots, les gestes, toutes les vibrations, et surtout les histoires de vie, mais finalement c'est la même envie, le même besoin, entrer en connexion avec l'être intime de l'autre, passer la barrière du Moi pour atteindre le Soi, la fameuse pierre de kriptonite dont parle un texte mis sur le fil sentimental d'un autre membre de ce forum.

Tout fait sens, à nouveau, innombrables pièces d’un puzzle qui se compose et se recompose au gré de nos échanges. Nous sommes tous en quête de la même chose, l’Amour. Voilà ce qui nous réunit, tous autant que nous sommes.

Alors... Ce que je fais ici, et encore en ce moment même, est-ce fou narcissique, exhibitionniste, comme je l'ai écrit ?

J'ai maintenant  en tête l'image de Charlotte Gainsbourg, que j’écoute régulièrement depuis que R. m’a signalé son album. C'est quoi, une personne qui se montre, chante ses tripes, se met en scène, se raconte devant des milliers de personnes qui payent même pour venir la voir, l'entendre, la sentir vibrer, la capter.... et s'en nourrir. Une folle ? Une narcissique ? Une exhibitionniste ? Non. Une artiste.

Je prends mon smartphone et de mon lit je démarre ce billet, pour vite raconter les rêves qui me semblent pertinents, et voir ce que j'en retire, vieille pratique d'analyse dont on ne peut jamais plus se départir.

Une demie heure est passée, une bonne séance. Je peux me lever, je reviendrai sur ce billet plus tard.

….


Stacey Kent m’accompagne sur Spotify tandis que je me relis, corrige vaguement quelques petites fautes de style et ma bonne humeur ne m’a pas quittée.

Alors, pour clore ce billet, j’ai simplement envie de vous remercier, de nouveau. Je sais que c’est à vous tous que je dois cette joie qui m’habite aujourd'hui.

Peut-être ce soir ou demain s’en ira-t-elle, mais pour le moment, et ici, elle est bien là…. alors Make It Up !





Make It Up – Stacey Kent Written by:Jim Tomlinson/Kazuo Ishiguro:
The history of love store every day
In some of books
Like some meal romantic kitchen
Feels with way to many cooks
Everyone is got a favorite
And opinion alright angle
And they treat them like their freshest diamonds
Dinning from a bangle
I love you and you love me
And I can tell you why
You’d thought by now
We’d figured it out
The reason and the rhyme
You love me and I love you
And it’s been this way so long
That if we knew what we were doing
We’d be doing it all wrong
So let’s just make it up as we go along
I try to work it out myself
I try to have a plan
But I always end it up alone
And backwards I begin
Now with you which all so easy
There is no reason to look down
So let’s just keep on flying with our heads up in the clouds
I love you and you love me
And I can tell you why
You’d thought by now
We’d figured it out
The reason and the rhyme
You love me and I love you
And it’s been this way so long
That if we knew what we were doing
We’d be doing it all wrong
So let’s just make it up as we go along
It’s the honest respective gifts
That are the ones we hold most year
So here’s the happy excellence playing if I hear
I love you and you love me
And I can tell you why
You’d thought by now
We’d figured it out
The reason and the rhyme
You love me and I love you
And it’s been this way so long
That if we knew what we were doing
We’d be doing it all wrong
So let’s just make it up as we go along
So let’s just make it up
As we go
As we go along
As we go along
So let’s just make it up
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Sam 6 Jan 2018 - 13:59

Work in Progress

Ce billet va être compliqué à écrire, je le sens. Parce que des questions me traversent depuis hier qui vont m'obliger à parler des contacts que j'ai ici ou là, si je veux trouver réponse.

Or j'écris pour trouver réponse...

….



….


J'ai effacé le billet que j'avais écrit ce matin du fond de mon lit, en écoutant Carmody.

Je m'en doutais en l'écrivant, trop personnel, trop lisible, et donc trop “dangereux”. Mais j'en ai conservé la conclusion et je vais tenter d'en faire le point de départ d'un billet moins transparent.

Ma conclusion de ce matin n'a rien d'extraordinaire. J'ai besoin de me sentir en Amour, c'est vital mais c'est aussi ce qui me déséquilibre et me met donc en danger. Danger de me faire manipuler, de manipuler sans le vouloir, d'avoir un retour qui fait mal, de faire peur, de “séduire”, de blesser, d'en être meurtrie en retour, bref en danger d'être trop ceci ou trop cela, “toomuch”, et donc décalée. On en revient toujours au même problème.

Pourtant c'est cette sensibilité exacerbée qui me permet d'écrire. Pourtant c'est bien moi cette personne en décalage permanent.

Et puis j'ai besoin de ces petites traces sensibles porteuses d'imaginaire et parfois de désir que j’offre au gré de mes échanges, et puis j'ai aussi besoin de me sentir portée par l'amour que je ressens pour l'autre, quel qu'il puisse être et cela passe parfois par des correspondances sensibles qui peuvent être incomprises. Et puis encore j'ai besoin de ces petites lumières que j'alimente parfois, elles me tiennent éveillée, car sans elles je me meurs.

Alors comment faire, comment être, comment vivre ?


Je dois dire que voilà ma belle humeur d’hier un peu envolée, un peu, en partie, suffisamment tout de même pour laisser place aux questions bien trop personnelles pour être dévoilées sans risque, et suffisamment aussi pour trouver bien moins glamour cette solitude pas vraiment choisie mais qui, c'est un fait, m'aura permis de trouver (retrouver ?) en moi cette volonté,  cette capacité, de sublimer.


Mais… maintenant que j'y suis, sur le chemin, maintenant que j'en ai mieux cerné les lignes, les courbes, les couleurs, les sons, les textures, toute cette palette du sensible, maintenant que je suis libre, ne pourrais-je pas trouver celui qui m'accompagnera pour les années à venir, celui qui saura être présent mais tout à la fois capable de m'empêcher de m'oublier. Car je crains de ne pas savoir faire autrement que de plonger, entière, quitte à me retrouver en apnée, forcément.


Hier je me disais que la solution était peut-être dans l'amour que tout artiste porte à son public. Barbara l'a très bien chanté, "Ma plus belle histoire d'amour c'est vous..". Mais cela peut-il (me) suffire ? À certains peut-être, à moi, non, décidément je ne crois pas.


Mais bon... la vie reprend son cours comme on dit. Dès lundi, des journées bien prenantes vont se charger de m'aider à reléguer toutes ces pensées un peu tristes au fond de moi, cet être bien compliqué, dont la réalité dépasse ma propre compréhension, entre ce qui est dedans et qui se donne à voir, et ce qui reste encore à découvrir.


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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Dim 7 Jan 2018 - 13:53

Work in Progess

Réveillée ce matin  sur des images d'avant.

Avant... avant, c'est à dire mon autre vie, il y a presque dix ans maintenant. La famille idéale, cinq enfants resplendissants de joie, une immense maison totalement refaite par nous, hormis le gros œuvre, lui pour le plancher, la cuisine et la terrasse, moi pour toutes les peintures, et autres décos. Des mois de travail, en plus du reste, mais c'était l'écrin pour loger ce projet fou qui nous remplissait d'amour. Un projet commun inconscient.

Je me suis réveillée en me demandant si ça me manquait et je me suis dit que je n'avais pas su, nous n'avions pas su, en profiter. Les enfants, eux, en ont encore un peu la nostalgie, surtout ma fille aînée, car il y avait beaucoup d'amour chez nous, beaucoup de douleurs aussi, mais qui venaient de l'extérieur et que j'arrivais donc à gérer pour eux et avec eux.

Par contre je suis passée à côté de sa vraie douleur à lui, mon ex-époux. Ce n'est pas faute de m'en être préoccupée pourtant, mais je n'ai pas su voir combien sous ses dehors de normalité volontaire, il souffrait comme moi, sans pouvoir l'exprimer pleinement, car cela ne convenait pas à l'image qu'il devait donner de lui... ce désir de plaire à sa mère, encore aujourd'hui ... quel gâchis.

Je crois que c'est pour cette raison que le repas de Noël en sa présence a été si difficile. Son regard en disait long sur sa souffrance toujours présente et là... je la voyais, vraiment, objectivement. Je crois qu'il a compris, senti plutôt, que je la ressentais, de nouveau, et que peut-être j'aurais pu enfin l'aider. Il était perdu, seul au milieu de cette famille que nous avions conçue ensemble. J'ai eu de la peine pour lui, vraiment.


Hier sur un autre fil, j'ai vu deux vidéos sur la mission de vie, j'ai regardé, écouté, ce qui se disait là, et cela m'a parlé. Car même si c'est une notion qui me questionne depuis longtemps, le moment n'était pas anodin. Hier j'étais un peu triste.

Et donc la première question à se poser selon David, le jeune coach déjà vu par ailleurs, est de chercher ce qui nous touche intimement, en repérant les moments, dans les films par exemple, ou l'on pleure malgré soi.

Quelle belle idée, je n'y avais pas pensé car je pleure très souvent, mais c'était à creuser. Donc je me suis prêtée au jeu et sans aucune surprise j'ai compris que je débordais d'émotion lorsqu'il y avait de l'amour. Mais pas nécessairement l'amour qui est en lien avec Eros comme on le croit, non l'amour entre les personnes, l'accueil de l'Autre, l'attention portée à ce qu'il est, à sa présence, à ce qui se révèle dans l'échange, même éphémère.

Alors bien sûr, il me suffit parfois (...non, souvent...) d'un rien pour être touchée et en avoir les larmes aux yeux. Mais c'est bien là que je me trouve. Dans l'échange vrai, quel qu'il puisse être.


Le soir de Noël face à mon ex-époux, si j'ai trop souvent détourné le regard c'est pour ne pas ressentir tout l'amour que je lui portais encore... et qui n'a plus sa place entre nous. Sa nouvelle femme y veille.

Je pense que c'est pour la même raison que j'évite de revoir M., pour le moment. La connexion risque d'être instantanée et ravageuse, en tout cas pour moi. Il vaut mieux éviter.


Il ne me reste plus qu'à patienter, et me nourrir de tout ce qui me fait pleurer... j'ai de la chance, au final, de "pleurer pour un rien", je ne risque pas de mourir par manque d'émotions... enfin… ce serait tout de même plus sympa s'il y avait plus de réel que de virtuel ou de fictionnel, ceci dit.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Invité le Dim 7 Jan 2018 - 18:09

Bonjour Fleur de Lotus,

Un petit mot pour te dire que je te lis régulièrement (même si pas exactement tous les jours) et que j'apprécie toujours ta plume, ta sensibilité et tes questionnements Smile

Je me demandais si tu as toujours eu cette sensibilité à fleur de peau (notamment la capacité d'être émue très facilement, et ce grand désir d'amour partagé que tu portes) ou si elle était apparue à un certain moment de ta vie?

Et en rapport avec ton billet du jour, je me demandais à quoi correspond concrètement cette "mission de vie" pour toi? Est-ce que tu vois ce concept comme un outil supplémentaire de réflexion, ou est-ce que tu penses chercher à l'appliquer de façon très concrète dans ta vie?

Bonne fin de journée à toi Smile

Ah! J'ai oublié une question: on peut mourir par manque d'émotions?!

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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Dim 7 Jan 2018 - 20:47

Je te réponds sur ma sensibilité et cette "mission de vie" plus précisément plus tard, après y avoir réfléchi, Tempête, parce que tes questions m'interpellent, que j'aime l'échange que nous avons de temps à autre, et que je souhaite vraiment te répondre avec sincérité.

Mais pour ce qui est de ta dernière question, oui, selon moi, on peut mourir par manque d'émotions.

Cela s'appelle l'Hospitalisme, et c'est un état qu'on a beaucoup vu chez les orphelins qu'on a trouvés en ouvrant les frontières de l'ex-Yougoslavie. Je raconte chaque année cette histoire à mes étudiants pour leur expliquer que l'être humain est avant tout un être d'amour, et de communication. Ces enfants retrouvés dans les orphelinats, avaient été extrêmement bien traités, en "bonne santé physique", propres, vaccinés, bien nourris, etc, mais.... ils étaient tous psychologiquement morts.

Pourquoi ? Parce que durant le temps de leur vie dans ces orphelinats (et il y en avait beaucoup, l'extrême pauvreté poussait les familles à abandonner les enfants dès leur naissance) ils avaient été bien traités physiquement, mais comme des objets. Aucune communication, aucun amour, aucune émotion ne passait entre les "nurses" et ces enfants, laissés seuls à eux mêmes toute la journée. Elles étaient très peu nombreuses, et les enfants par contre étaient très nombreux.

Ces enfants ont été placés dans des familles adoptives. Mais la plupart n'ont pas pu être "rattrapés", sauf les tous petits, ceux de quelques mois voire quelques semaines. Tous les autres sont restés psychologiquement morts et beaucoup se sont même laissés mourir physiquement.

Donc, oui, pour moi, on peut mourir par manque d'émotions...
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Lun 8 Jan 2018 - 19:59

[u]Work in Progress[/u
]

Une fois n’est pas coutume, mon billet du jour sera une réponse aux deux questions posées par Tempête puisque j’ai déjà répondu à la troisième hier soir. Cela risque d’être un peu long, mais je veux simplement jouer le jeu, comme chaque jour.



Concernant cette sensibilité qui m’accompagne en permanence, pour le meilleur et pour le pire d'une certaine façon, il m’a fallu puiser dans mes souvenirs, car non, elle n’a pas toujours été là, ou disons plutôt qu’elle ne s’exprimait pas de cette façon.

Je n’ai quasiment aucun souvenir de moi enfant. Les seuls souvenirs que j’ai viennent de photos ou d’histoires que l’on m’a racontées. Et sur les photos je ne souris pas, je suis tout à la fois ailleurs et très présente, d'une maturité étrange je trouve. Mais bien sûr je ne suis pas objective. J'ai souvent fait de l'auto dérision en disant qu'enfant je devais être moitié autiste. Plus tard je voulais travailler avec des autistes car j'avais le sentiment que "là était ma place". Aujourd'hui je me retrouve beaucoup dans les mots d'Aspergirl. Je suppose que j’en ai quelques traits.

Une fois sortie de ma famille j'ai commencé à être plus expressive, dans une forme de folie revendicatrice contre le “système patriarcal et machiste”, mais sans la rage anti-mecs et sans non plus de véritable conscience politique ... on me disait déjà "trop", le genre "qu'on aime ou qu'on déteste à vie", j'étais écorchée vive mais je n'en avais pas conscience, c'était certainement la même sensibilité mais elle ne trouvait pas le moyen de se dire autrement que dans une sorte de douce folie. Par contre, j’ai toujours été foncièrement “gentille” et cela m’a valu toutes sortes de déboires.

Ensuite, je me suis rangée et je n'ai plus exprimé cette sensibilité exacerbée qu'avec mes enfants et encore, quand il n'y avait pas une responsabilité en jeu, donc quand nous étions ensemble mais seuls, en dehors du monde.

Et puis est arrivé le jeu de rôle. C'est là que tout s'est déclenché. Cachée derrière mon écran j'ai pu exprimer ce besoin d'amour que je ne comprenais pourtant pas. Quand j'ai rencontré M. en vrai, après huit mois de relation virtuelle, un de ses premiers étonnements a été de constater que je pleurais autant que mon personnage, c'est à dire très souvent. Mais le jeu de rôle est arrivé après une dépression qui ne s'est pas laissée voir. Donc peut-être est-ce la dépression qui a tout déclenché, c'est même très probable. Car c'est aussi la rupture il y a un an qui m'a de nouveau fait sombrer avant de sortir de cette cave où j’ai tout de même passé de très nombreuses années, si on fait le compte.


D'où cette mission de vie que j'identifie aujourd'hui comme un partage d’Amour. Mais comment ?  

N'ayant plus 20 ans, étant dotée d'une belle énergie (encombrante parfois, mais belle tout de même) et ayant donc déjà pu expérimenter de très nombreuses voies professionnelles, j'ai la chance de savoir, avec mes tripes, que je ne dois plus me perdre sur certains chemins. Je suis en route, je le sais, je le sens, mais j’ai le sentiment de ne pas avoir encore toutes les clés.

Déjà, dans tous mes échanges avec mes enfants, je suis réellement moi, entière et sensible, vraie, je ne cache plus rien, et donc je suis en accord avec moi-même, mais ce n’est pas toute ma vie non plus.

Ensuite, ici, outre le fait que j’ai choisi de me dire pour réfléchir et découvrir qui je suis, j’accueille très souvent les nouveaux, surtout qui n'ont pas été accueillis par d'autres. C'est tout bête mais il me semble que c’est un partage simple d’Amour qui me correspond et ne peut pas faire de mal, plutôt même du bien.

Dans ma vie sociale de tous les jours, voisinage, commerçants, etc, je suis souriante, aimable, attentive, positive, drôle parfois, et ce sans du tout forcer, c’est une attitude devenue totalement naturelle.

Dans le boulot, idem, avec un petit recul tout de même, car ce sont des personnes que je vois très régulièrement et qui peuvent me blesser si je ne mets pas une barrière de protection.

Pour les amis, surtout ceux pour qui il pourrait y avoir un désir autre qui émergerait, là cela devient un peu plus compliqué. Parce que si je suis en confiance, je vais avoir tendance à me donner (quasi) entièrement, alors qu'en face cela pourra être mal compris ou reçu. Parfois une porte s'ouvre, je vais avoir tendance à m'y engouffrer, la connexion va être intense, géniale, mais ce n'est pas toujours une bonne idée...

Enfin il y a ce nouveau chemin, découvert il y a peu suite à une rencontre que j'ai sollicitée, le projet d'une création à deux, projet très intime, très personnel puisque artistique, porteur de désirs, flous, inconnus, mitigés, et par conséquent tout à la fois angoissants et excitants. Une rencontre, un projet, qui me bousculent et m’ont remise en route, c'est certain.


En fait, tandis que j’y réfléchis et tâche d’en parler sincèrement, il me semble que mon célibat est un frein, parce que je ne peux me résoudre à penser qu’il est définitif.  

En effet, comme je sais, pour l’avoir vécu, que le fait d’être amoureuse (même virtuellement) m’amène à écrire différemment, puis que le fait d’être en amour partagé m'amène sur d'autres chemins en termes de narration, il m’est difficile aujourd'hui d’évaluer la place de ma pratique littéraire dans cette "mission de vie". Je prends par exemple conscience, en écrivant ce billet, que l'érotisme était lié au jeu de rôle, puis à la quête identitaire de M., et je ne suis pas certaine d'en être aussi porteuse qu'auparavant, même si, clairement, je n'envisage pas une seule seconde de m'en priver. Je crois, me connaissant, que j'explorerai ce qui devra l'être en fonction de l’autre.


Alors il me faut trouver un nouveau chemin, qui réunirait tout ça, harmonieusement.

Lorsque j'ai préalablement réfléchi avec ma fille, lors du week-end de Noël, à ce projet de micro-édition, nous avons, j'ai, surtout parlé d'érotisme. Or Eros n'est qu'un des quatre termes utilisés par les grecs pour parler d’Amour. Il y a en effet Eros pour l'amour physique, Agape pour l'amour spirituel, Storgê pour l'amour familial et Phila pour l’amitié et le lien social. L’Amour a donc plusieurs visages. Or le thème sur lequel je travaille maintenant, “Du blues au bleu”, avec des textes et des “bidules”, est dans cette veine plus large.

Ce qui m’amène à penser que je suis peut-être déjà sur ce nouveau chemin sans en avoir pleinement conscience…


En tout cas, merci pour ces questions, car elles m’ont incitée à me dévoiler un peu plus sur ces traits asperger que je pense avoir, et cette fois sans y mettre d’auto-dérision, ou sur ce projet récent en binôme.

C’est donc chose faite, avec un nouveau plongeon, car après tout, “C’est le jeu ma pauvre Lucette !”.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Mar 9 Jan 2018 - 20:52

Work in Progress

J'ai ne suis pas très contente de mon billet d'hier. Trop long, trop descriptif, trop soucieux d'expliciter et au final bien moins révélateur qu'il aurait dû, et surtout bien moins "vrai" au sens littéraire du terme. Pourtant je n'ai ni menti, ni caché je ne sais quoi, mais à trop vouloir répondre aux questions, je n'ai pas laissé mon inconscient parler, il me semble. Un peu comme une séance de psy médiocre car trop raisonnée, trop contrôlée.

Alors j'ai envie d'y revenir, principalement sur cette idée de mission de vie car c'est important.

Et le plus simple est de repartir de la vidéo, de répondre aux questions puis d'établir une première cartographie.






1 - Qu'est-ce qui me dépasse et me fait pleurer…  l'Amour pris au sens le plus large possible, la sincérité entre les êtres, la beauté du “vrai”, quand le bon de l’être humain transparaît, dans un échange ou dans une production (textes, images, etc), donc essentiellement l’humain, dans ce qu’il peut transcender de beau et de bon.

2 - Qu'est ce que je souhaite apporter aux autres... de l’attention à ce que chacun est, de la joie de vivre,  l'Amour étant une fondation de cette joie de vivre, du bien-être psychologique, tout ce qui pourra l’aider à aller sur son chemin.

3 - Quand est-ce que je ne vois pas le temps passer...  Seule : quand je lis, plutôt un roman, que je regarde un film ou une série avec une histoire pleine d’humanité, que j’écoute une émission culturelle sur l’art, l’histoire, la philo, les sciences humaines, parfois les sciences du vivant ou physiques, que je bricole un de mes  “bidules” ; Pas seule :  quand je suis dans l'échange sincère avec l'Autre, en face à face, quand l'autre est dans un groupe comme par exemple quand j'anime des Work-Shop de développement personnel via l'écriture, ou certains cours mais c’est plus compliqué. Mais aussi quand j'écris,  “pour" un autre c’est à dire quand cet autre sert de support à mon désir d’écrire, ou quand j'écris sur moi, comme ici, mais en transfert,  ou quand je fais des recherches pour un roman ou un article ou juste pour apprendre, ou encore quand j’écris lors d’une session de RP, qui est avant tout un échange. Écrire sans support de transfert peut me mettre dans le même état, c'est juste plus difficile. Clairement j’ai besoin de me connecter à l’Autre, quel qu’il soit, pour me mettre en accord avec ce qui me dépasse et le sublimer.

4 - Qu'est-ce que je serais capable de faire gratuitement... tout ce que j'ai décrit dans le point 3, je le fais déjà ou je l’ai déjà fait sans rien attendre d'autre que le plaisir de ressentir de la joie, de fait je ne saurais pas m’en passer.

5 - Quel est le message que je porte, ce que j'aimerais véhiculer par delà ma mort... la vie vaut vraiment la peine d'être vécue,  c’est une expérience extraordinaire, elle peut être ce qu'on en fait, la joie est là, accessible, en soi et ne demande qu'à être partagée, l’être humain est génial de complexité, la Vie est une aventure incroyable.

6 - Qu'est ce qui me rend heureuse... réussir a dépasser mes angoisses pour être en paix avec moi-même, "bricoler/créer", emmener l’autre vers lui-même. Comment ? seule (au moins dans ma bulle), j’en ai besoin, mais aussi à deux, pour l’échange, la complicité, la douceur du partage, plus rarement être à plusieurs, ou alors pouvoir avoir des relations individuelles au sein du groupe sinon je décroche et m'échappe à l'intérieur de moi.

7 - Qu'est ce que je continuerais à faire même si j’étais richissime…  tout ce que j'ai décrit dans le point 3.



Donc, résultat des courses.

L’Autre est le média par lequel je peux accéder à “…”  (“…” = Amour ? Vie ? Energie ? ) que j'ai ensuite besoin de sublimer soit dans l'échange soit dans la création.

Ce n’est pas encore abouti, mais c’est déjà mieux.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Invité le Mar 9 Jan 2018 - 21:34

"Ensuite, ici, outre le fait que j’ai choisi de me dire pour réfléchir et découvrir qui je suis, j’accueille très souvent les nouveaux, surtout qui n'ont pas été accueillis par d'autres. C'est tout bête mais il me semble que c’est un partage simple d’Amour qui me correspond et ne peut pas faire de mal, plutôt même du bien. " et je t'en remercie encore une fois. J'avais déjà parcouru et apprécié ton fil et je suis d'autant plus ravi de ton accueil! flower

"Pour les amis, surtout ceux pour qui il pourrait y avoir un désir autre qui émergerait, là cela devient un peu plus compliqué. Parce que si je suis en confiance, je vais avoir tendance à me donner (quasi) entièrement, alors qu'en face cela pourra être mal compris ou reçu. Parfois une porte s'ouvre, je vais avoir tendance à m'y engouffrer, la connexion va être intense, géniale, mais ce n'est pas toujours une bonne idée... comme ceci résonne fort en moi!! Mon Dieu !

"Il y a en effet Eros pour l'amour physique, Agape pour l'amour spirituel, Storgê pour l'amour familial et Phila pour l’amitié et le lien social. L’Amour a donc plusieurs visages." Merci ! Je savais pas comment expliquer ça à un ami alors qu'ils suffisait d'aller voir du côté des Grecs !.. ou plus facile, du côté de chez ZC! Yahoo !

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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Invité le Mar 9 Jan 2018 - 23:27

Merci Fleur de Lotus pour tes réponses à mes questions Very Happy

Pour l'hospitalisme, je ne connaissais pas. Il s'agit quand même de cas bien particuliers avec de graves carences affectives durant les premières années de vie. Et je verrais plutôt ça comme "mourir par manque d'affection" que "mourir par manque d'émotions", mais c'est du chipotage Wink

Moi non plus je n'ai presque pas de souvenirs de moi enfant (jusqu'à 10-11 ans) et je trouve ça parfois gênant, notamment quand je me pose des questions sur mon identité, en lien avec mon vécu. Quand tu parles de "dépression qui ne s'est pas laissée voir", tu veux dire qu'à posteriori tu penses avoir eu plusieurs symptômes de dépression mais avoir réussi à "faire avec" malgré tout et t'en être sortie sans diagnostic ni traitement?

Du coup j'ai regardé la vidéo sur la mission de vie. J'ai entendu parler de ce concept il y a plusieurs années, à une période où j'avais de fortes croyances ésotériques /  spirituelles (que je n'ai plus du tout) et j'étais curieuse de savoir comment d'autres personnes pouvaient se l'approprier. Je trouve que la façon dont il est utilisé ici le rapprochent de l'idée de chercher à être heureux, tout simplement (c'est d'ailleurs le point 6). Chercher à identifier ce qui nous fait du bien et à le mettre en place ou le multiplier dans notre vie. Il y a aussi une dimension altruiste mais elle n'est pas très forte je trouve. Et la prise en compte de ses émotions et valeurs. Voilà pour ma vision assez pragmatique des choses ^^

En tous cas ce que tu as écrit me semble tout à fait cohérent avec ce que tu partages de toi ici!

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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Mer 10 Jan 2018 - 0:13

Merci Tempête Smile

Pour la dépression, oui je faisais avec, mais comme j'ai toujours fait, d'une certaine façon. Seule ma fille aînée l'avait remarqué. On s'était disputées pour des bêtises, ce qui ne me ressemblait pas du tout, et elle avait prévenu son père "qu'il devait faire quelque chose car je n'allais pas bien". Il lui avait rétorqué, d'une, que ce n'étaient pas ses oignons, de deux, qu'elle n'y connaissait rien. Circulez y'a rien à voir...

Ensuite j'ai rebondi grâce au jeu, au RP, aux joueurs que j'ai rencontrés, aux études que j'ai reprises, toute cette vie un peu folle avec M., qui m'a fait basculer. Mais je crois bien qu'en fait, depuis ce clash avec ma fille,  la dépression était encore un peu là, en sourdine, cachée par cette folie quotidienne qui me permettait de m'oublier. Et que ce n'est que depuis quelques mois que j'en sors vraiment.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Mer 10 Jan 2018 - 22:05

Work in Progress

Déjeuner d'anniversaire avec ma seconde, la musicienne, qui a ce mois-ci 28 ans et se questionne sur sa vie future, enfants ou pas, et comment vivre ce type de projet ... comme le temps passe.  C'est étrange cette histoire d'âge, de temporalité, de vie qui n'est finalement qu'une pente, plus ou moins douce, vers la mort. Une évidence que l'on accepte pourtant plus ou moins bien.



Hier mes étudiants parlaient des "News", dont je n'ai pas connaissance puisque je n'ai plus la TV, que je n'écoute que FQ, et que je ne vais plus sur aucun réseau dit social.

France Gall est décédée me dit-on, "elle avait 70 ans, c'est pas si mal", sous entendu elle a tenu jusque là, elle a bien vécu. Pour eux c'est loin, forcément, et ils en parlent sans du tout percevoir ce que cela signifie. Pour moi, ce n'est pas vraiment pareil, car je me projète dans cette information, même s'ils ne donnent pas l'air d'y songer en m'en parlant. Je dis "elle a eu une belle vie, pleine d'amour, de joie, de douleurs aussi", je pense à ses amoureux, elle en a tout de même eu pas mal,  dont certains sont morts eux aussi. Muse virevoltante, elle chantait l'Amour, depuis son adolescence. Avait-elle suivi sa mission de vie ?

Je prends ma voiture, FQ, émission sur Malraux, il est question de Louise de Vilmorin, qui a fini sa vie en tant que "Marylin Malraux", comme elle le disait avec dépit, malheureuse et éteinte. Elle en est même peut être morte puisque c'est peu de temps après le retour de Malraux dans sa vie, que, devenue faire valoir d'un homme grandiloquent et pédant, elle fait un malaise et meurt dans les jours qui suivent.

Que retient-on d'elle ? Sait-on qu'elle a écrit des romans qui ont été de vrais succès, certains devenus films, que sa correspondance est, dit-on, d'une grande élégance littéraire, qu'elle était très intelligente, etc. Non, on s'en souvient parce qu'elle a été l'amante de nombreux hommes connus.

Voilà le destin des femmes alors ? Muse  ou faire valoir ? La maman ou la putain ? Fille, mère et épouse ?


Ce midi, ma fille, féministe comme j'ai pu l'être, rageait de cette incapacité de la société à dépasser "ces stéréotypes bourgeois du XIXème où la femme reste une éternelle mineure face à un homme qu’elle doit aider dans l’ombre“. Le pire, rajoute-t-elle, "c’est qu’on ne s’en rend même pas compte, c’est dans nos têtes, cette incapacité à s’émanciper, il ne faut donc pas cesser de se battre pour l’égalité !".

Elle me fait sourire, même si je suis d’accord avec elle. J’avais la même fougue, je l’ai perdue, peut-être suis-je en train de la retrouver, non pas pour partir en lutte, mais pour m’émanciper. Il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Je lui explique ma recherche d’hier sur la mission de vie, point par point, et nous parlons alors de nos deux parcours, nos deux personnalités et de nos vies amoureuses en regard.

Ma vie avec son père a tourné autour de nos enfants, et ils s’estiment chanceux car ils sont été aimés, accompagnés, écoutés, autant que nous le pouvions. Elle me l’a encore répété ce midi. Je me suis “consacrée” à eux, tous, leur père y compris. Pourtant j’ai réalisé des tas de choses, dont de vrais livres, ce qui n’est tout de même pas rien, mais je ne suis pas allée au fond de moi, je n’ai pas repoussé mes limites, et j’ai donc tourné autour de mon désir, sans le comprendre. Puis j’ai plongé dans une histoire où une connexion intense m’a nourrie tellement que je n’ai pas su non plus voir que je m’éloignais de moi.

Il apparaît qu’elle, de son coté, se félicite de vivre avec un homme “comme elle”, atypique, musicien, etc, mais suffisamment différent pour ne pas ressentir le désir de fusion totale comme elle l’a eu avec son compagnon précédent, artiste lui aussi (grapheur). Ils partagent leur goût pour la musique, chacun la sienne comme compositeur, chacun son groupe, mais auquel ils participent comme musicien. Ils partagent leur vie, en colocation avec d’autres musiciens dans une grande maison à la campagne. Ils partagent leurs émotions, leurs sensibilités, mais sans “intellectualiser” ou formaliser, car il en est incapable. Leur différence se situe là, dans leur façon d’être dans le monde.

Elle m’explique alors que c’est ce désir de fusion qui, selon elle, l’empêchait de se consacrer à sa musique. Et que c’est de vivre avec un homme “comme elle mais différent” qui lui permet de s’émanciper.

Je connais son compagnon, il a bien changé depuis deux ans, il est bien plus serein et ouvert, apaisé et heureux de toute évidence, et cela se ressent d’ailleurs dans sa musique, joyeuse et dynamique. Pourtant elle dit être encore parfois en manque de fusion avec lui, mais qu’elle a appris à s’en contenter car c’est comme ça qu’elle peut créer. De fait je ne l’avais jamais sentie aussi bien dans sa vie, sa tête, son corps. Et puis me dit-elle pour conclure, je trouve ailleurs ce qui me manque, comme avec toi, là.


Ce midi, ma fille m’a offert une très belle leçon de vie, pour son anniversaire…
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Jeu 11 Jan 2018 - 22:09

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Je démarre ma journée en me projetant dans le stress que je suppose assaillir un ami dont le tout premier vernissage est prévu pour ce soir. Il est 7h30, je n'ose lui envoyer un petit mot d'encouragement, il est trop tôt, me dis-je.

Je cherche une chanson qui pourrait l'accompagner, j’en trouve une d’Etienne Daho, mais là encore je n'ose pas lui envoyer. Cette crainte de trop en faire, comme elle me freine. C'est stupide et très désagréable.

Deux heures plus tard, je suis en cours et lui envoie un petit mot de soutien. Trop tard, me répond-il, il est au maximum du stress et à le lire je doute que cela baisse d’ici ce soir.  Est-ce que cela aurait changé quelque chose si j'avais osé ce matin ? Je ne le saurais jamais mais je m'en sens toute bête, et vaguement déçue, de moi-même.

Je m'aperçois alors, en y réfléchissant, que cette histoire de stress n'est pas claire pour moi, elle est intellectualisée, et pas ressentie. N'ai-je jamais connu de stress intense ? Bien sûr que si, bien plus souvent qu'à mon tour même. Alors ?  En fait, bien que j’aie pensé dès mon réveil à ce qu’il devait éprouver, je n'ai pas osé m’y projeter. Je ne me le suis pas permis, comme si d’accepter mon empathie n'avait pas été possible, de là où j'étais. Idiot, c'est certain. J’ai le sentiment de dissocier.

16h 30 j’ai quitté le boulot plus tôt que prévu et lui ai proposé de le voir avant. Il me donne son adresse, je passe le voir, sa fille est là, inquiète.

Il est 17h30, c’est dans une heure et il peine à parler tellement il est tendu. C’est une pile de plutonium prête à exploser. Il me stresse par simple empathie, je prends de plein fouet toutes ses vibrations. Je comprends tout à coup pourquoi ce matin je dissociais.  J’essaye de rester calme, je parle de tout et de rien, ça je sais faire. Nous allons à pied jusqu’au lieu de l’expo, nous sommes en avance, je reste non loin, le laissant accueillir les personnes qu’il connaît. Il se détend peu à peu, je le sens de loin. Je ne connais personne mais me mêle à un groupe et discute, ça aussi je sais faire.

19 h 15, le vernissage est loin d’être terminé mais il est maintenant entouré de ses amis, il va bien, je repars, envie de rentrer au calme, besoin même. Malgré l’intensité du stress, tout s’est passé naturellement entre nous, bien que je ne le connaisse pas encore beaucoup.  Et c’était agréable de simplement partager tout ça. Pour lui aussi, il me l’a écrit.

Pas grand chose d’autre à ajouter. Je suis émue, ça doit être le verre de vin qui a accompagné mon fromage tout à l’heure.

Une chanson m’habite en ce moment même, je ne sais pas pourquoi et je n’ai pas très envie de “psychoter” dessus. Envie de m’envoler.


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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Ven 12 Jan 2018 - 19:18

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Trajet du matin en voiture (oui je sais c'est "mal” de prendre sa voiture, mais en bus et à pied je mettrais trois fois plus de temps, je serais debout, écrasée, envahie même par les autres, et je ne pourrai pas écouter FQ...).

En bas de la grande boucle qui mène de ma colline à la Saône, il y a des feux avec un temps d'attente de quelques minutes. Posté à ces feux aux heures de grand passage, il y a un jeune homme qui fait la manche, depuis trois ans que j'y passe, trois ou quatre fois par semaine.  Il y a quatre ans, pour ma première rentrée lyonnaise, lorsque je l'ai vu aux feux avec sa pancarte et son sourire timide, je n'ai pas osé trop le regarder, comme cela arrive avec ces personnes qui tendent la main dans la rue, mais j'ai hoché la tête en signe de bonjour, répondant ainsi à son regard timide. Au fil des jours, nous nous sommes peu à peu apprivoisés. Il n’y avait de ma part aucun désir de “faire l’aumône”, mais il y avait un salut respectueux, politesse simple mais quotidienne. Je le voyais discuter parfois à un conducteur, jamais de conductrice, quelques mots, une poignée de main. Je l'observais, et je le trouvais touchant dans cette recherche de contact humain.

Puis l'hiver est arrivé et il y a eu l'attentat contre Charlie Hebdo. Ce jour là j'ai sorti un billet de mon portefeuille et aux feux je lui ai fait signe, j'ai baissé ma vitre et, moitié honteuse, je lui ai tendu le billet, ne sachant que dire. Les jours ont suivi, le regard entre nous a évolué. Lentement ma honte s’est effilochée et mes sourires se sont faits plus faciles. Les siens aussi. L'été et les vitres ouvertes ont permis de passer aux paroles, il parlait très mal le Français et nos "discussions" se résumaient à un échange de bonjour, bonne journée, il fait chaud, etc.

L'hiver suivant, je lui ai redonné un billet, j'avais moins honte. Nous n'avions encore jamais réellement conversé mais du respect passait entre nous, une certaine curiosité aussi. Peu à peu j'ai essayé d'en savoir plus et nous avons commencé à entretenir une relation régulière, faite de petits bouts de conversation, de sourires, de regards. Au fil des jours je l’ai vu vieillir prématurément, mais aussi mieux s'habiller, s'équiper (téléphone, sacoche), boiter parfois, sourire toujours, s'ouvrir, parler un Français de plus en plus correct avec accent prononcé. Finalement, l’été dernier je compatissais sur son mal de gorge que la pollution accentuait.

Aujourd'hui il ne sait rien sur moi mais il reconnaît ma voiture de loin. Moi je sais où il vit, un campement sur les bords de Saône, comment il se fait soigner, quelles aides il obtient, je sais aussi qu'aux feux il travaille en semaine et s'en abstient le dimanche, et je sais depuis avant hier que la semaine prochaine il va en Roumanie pour voir sa famille qu'il n'a pas vue depuis deux ans. Je le connais, un peu, plus que certains de mes voisins.

Ce matin, lorsque je lui ai fait ce signe de la main que je réserve à ceux que je connais un peu,  j'ai senti qu'hier il s'était passé quelque chose de l'ordre de l'émotionnel qui faisait sens pour moi, et que je devais creuser.


La matinée s'est ensuite déroulée.

Trois heures de cours avec le même groupe. Les étudiants du vendredi sont toujours en retard, lendemain de soirée étudiante. J’ai donc commencé à écrire ce billet puis je suis allée prendre un café avec ceux qui arrivaient au compte-gouttes, tranquille. J’avais prévu de leur donner à lire une BD  sur le Transhumanisme, et je comptais les faire débattre sur le sujet. Mais je me suis aperçue, malheureusement sans aucune surprise, qu'à peine un tiers suivait et que le débat allait se résumer à un probable monologue de ma part. J’ai donc décidé de me passer de débat et de passer un film assez récent, The Giver (Le Passeur) tiré d'un roman jeunesse américain des années 90.

C’est alors en regardant pour la Xième fois ce film qui raconte un monde dans lequel les émotions ont été éradiquées, pour éviter la haine mais aussi, par conséquent, l’amour, que j’ai  compris ce qui s’était passé hier.



Hier j’ai dû dissocier,  c’est à dire mettre une partie de mon cerveau en mode “Off”, pour simplement supporter ce que je ressentais, parce que depuis peu je suis de nouveau sans protection, telle une écorchée vive. Je n’y prends plus garde, je ne me prémunis plus, et je prends tout de plein fouet.

Et c’est bon.

C’est compliqué, intime, parfois trop ; c’est angoissant, stressant, comme il y a longtemps ; c’est sensible, intensément, à en avoir besoin de disjoncter, au bout d’un moment. Mais je sais que je suis vivante, enfin.

Je dois maintenant apprendre à ne pas en avoir peur, à le gérer sans penser que j’agis mal, à en profiter pour créer et aimer, au présent, en un mot à le vivre.

Mais oui, c’est bon, et c’est beau.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Dim 14 Jan 2018 - 17:57

Work in Progress

Ce qui s’est passé au vernissage me travaille depuis jeudi soir. Sur le moment j’ai réussi à en parler ici, sans rien y comprendre, et ce que j’ai pu en dire était abrupt, purement émotionnel. J’ai eu vaguement sur le moment le sentiment d’en faire un peu trop, que ce n’était peut-être pas totalement “vrai”, pas moi, pas réel. Mais c’était bien ce que je ressentais alors je l’ai laissé.

Puis le lendemain j’ai analysé, écrit ici que c’était bon et beau de retrouver ma sensibilité, mais comme la veille, une fois posté mon billet j’ai eu comme un sentiment négatif, je trichais, sûrement, cela ne pouvait pas être « ça ».

Je me sentais partagée, stupide et vaguement perdue. Car au final que s’était-il vraiment passé jeudi soir et qu’est ce qui se passait là. Je n’en étais pas sûre.

Hier matin, d’ailleurs, comme si le doute me hantait encore, il m’a été impossible d’écrire ici. Pour écrire quoi, qui ne serait pas mensonger, me serinait une petite voix intérieure.

Alors j’ai tenté d’écrire sous contrainte pour rendre compte du souvenir que j’en avais. C’est le meilleur moyen, je le sais désormais, de laisser parler mon inconscient. Une phrase ou deux, je compte les pieds ou les syllabes et je tache d’en écrire la suite, en rimes.

J’ai donc commencé un texte qui parlait du vernissage et de cet ami, mais passées les premières strophes, c’est de moi dont je parlais. Et même si j’en éprouvais de l’émotion, je m’en suis voulu, cela m’a bloquée. J’ai mis de côté.

Une petite voix me hantait donc encore tandis que je suis sortie faire quelques courses. Pourtant me disais-je, si je pleure sur moi, sans pouvoir m’en empêcher, c’est peut-être bien parce que c’est “vrai” ? Oui… mais cela me semblait tout de même fou.

Par chance ma fille venait sur Lyon ce samedi soir, et elle vient seulement de repartir, en me disant que cela lui avait fait très plaisir de pouvoir parler avec moi aussi simplement, que c’était très touchant, et très vrai, justement.  Un retour que l’on m’a déjà fait récemment.

Hier, je lui ai raconté mes 48 dernières heures et je me suis mise à pleurer, après l’avoir prévenue, “Attention, je vais pleurer !”, ce qui l’a beaucoup amusée. Je n’ai pas cherché à me freiner ou me cacher, je me suis laissée être. Or, au moment où je me suis racontée, seule face à elle, c’est bien moi qui suis apparue, celle qui ne sait plus contenir cette sensibilité exacerbée, et retrouve par moments les pleurs d’une émotion impossible à contenir.

Tard hier soir, puis ce matin, après une nuit étonnamment longue, j’ai tenté de reprendre le petit texte en rimes, et je viens de le terminer. Je ne sais pas si c’est “vrai”, ou si c’est exagéré, ou si c’est sublimé, ou sans intérêt.  Je crois que je m’en fous. Je sais seulement que j’en suis émue, aux larmes.


La première fois


Quelques personnes, un hall ouvert,
Un lieu de passage et des passants,
Un choix d’images prises sur une aire,
Et le bonhomme, debout, attend.

C’est sa première exposition
Enfin il peut se dire artiste,
Mais ce n’est pas par ambition
Car ce n’est pas un arriviste.

Il est tremblant, inquiet, tendu,
Ça fait des jours qu’il a plongé,
Des nuits entières et décousues,
A tout revoir, tout calculer.

Pourtant l’ambiance est bon enfant,
Le lieu s’y prête, rien d’officiel,
Les rires fusent, le vin détend,
Rien qui ne soit sacrificiel.

L’amie est là, simple soutien,
Elle croit devoir rester dans l’ombre,
Bouclier ou même gardien,
Des sensations en trop grand nombre.

Collègues, amis, le monde afflue,
Regards, questions, paroles, silences,
Elle joue le jeu qui est convenu,
Et ne sent pas monter la transe.

Elle est postée non loin de lui,
Elle le regarde, le sent, le capte.
Il se détend et s’épanouit,
Tandis qu’elle plonge, et sombre, inapte.

Sans avoir vu l’angoisse venir
Telle une marée, un tsunami,
Ses émotions sans l’avertir  
Ont envahi son cœur, sans bruit.
   
Depuis le temps qu’elle divague,
Elle sait pourtant bien les brider,
Et sans jamais faire de vagues,
Rester stoïque, comme un rocher.

Alors elle borde et tire et pousse
Tâchant de faire conversation,
N’écoutant pas cette secousse
Du refoulé des émotions.

Puis elle ne peut plus s’en défaire,
Ni même espérer les freiner,
De fait il n’y a  plus rien à faire
Sinon s’enfuir, sans rien montrer.

C’est bien après, une fois chez elle,
Au calme, à l’abri sous son toit,
Qu’elle en appréhende l’essentiel,
Pour elle aussi, une première fois.
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