Et rebondir de bumper en bumper...

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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Invité le Lun 5 Fév 2018 - 13:42

Je te lis... pas sûre d'avoir les mots qui réconfortent mais... je te lis et je compatis Long hug

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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Mar 6 Fév 2018 - 20:37

Work in Progress


Quelque chose est mort, en moi, c’est sûr et certain, mais je ne sais pas quoi et je ne sais pas si c’est « bien » ou « mal », pour moi. Aucune idée là dessus. Je ne peux pour le moment que constater.

Il y a de la tristesse et de la rage, comme profondément enfouies et qui ressortiraient, peut-être anciennes ou peut-être pas, une migraine qui s’est installée doucement tout au long de la journée, une lassitude qui m’enveloppe et doit transparaître malgré mes efforts pour me secouer, et avec ça le sentiment que tout est vain, vide, sans avenir.

Pourtant je ne me crois pas « dépressive », je ne me sens ni abattue ni en incapacité de travailler, juste ... fatiguée et dégoûtée de tout. Déçue, désabusée, comme en acceptation de … quelque chose, mais toujours sans savoir de quoi il est question.

Désabusée, n’est ce pas le terme pour dire qu’on en a soupé des abus et qu’on veut en sortir, enfin ?

Cela ressemble à un deuil. Le sentiment décrit ces jours derniers se confirme, apparemment. Mais je ne sais toujours pas d’où viendrait ce deuil.

Cela ressemble aussi à une fin d’analyse, lorsque le cycle des transferts et contre-transferts n’opère plus, ou tourne à vide.  

Cela ressemble aux dernières lignes d’une histoire, juste avant d’apposer le mot Fin.

Cela ressemble à la clôture d’une relation, quand il est temps de tirer les conclusions, d’éclaircir les enseignements, de classer les dossiers.

Cela pourrait être le deuil d’une partie de moi - je n’ose penser de ce petit « Moi » qui se croit tout permis, trop beau pour être vrai - cette partie qui se dit ici, en introspection, celle qui parle encore en ce moment.

Peut-être…


Ce matin, sur un autre forum, j’ai raconté ma soirée d’hier, vécue sur le jeu par mon personnage, et justement  j’ai écrit les mêmes mots « trop beau pour être vrai ».

Dans ce petit texte, je raconte le début d’une relation dite amoureuse, qui s’est jouée hier soir et se jouera peut-être ce soir ou demain, en tout cas les jours prochains et pendant plusieurs semaines ensuite. Pourtant je ne suis pas amoureuse, moi, personnellement. Mais cela ne m’a pas empêchée de le jouer avec sincérité, retrouvant en les décrivant des émotions déjà vécues. Cela ne m’a pas empêchée non plus de le raconter ce matin, avec les mots justes, que je savais pourtant « menteurs » car purement fictionnels.

Hier soir mon personnage a lâché prise.

Hier soir j’ai lâché prise.

Je me suis simplement laissée prendre par le RP et ma brunette a implicitement admis être tombée amoureuse, sans le vouloir et sans du tout le voir venir, d’un soldat rencontré il y a trois semaines.

C’était presque prévu, puisqu’organisé Hrp il y a deux jours. Les retrouvailles arrangées ne laissaient pas prévoir ce qui s’est passé hier soir, mais elles le permettaient, pour peu que les joueurs en aient envie. En d’autres temps je n’aurais pas mis mon personnage dans ce genre de situation, je n’en aurais même pas pris le risque, me connaissant et connaissant surtout ma propension à me laisser envahir et déborder par mes émotions.

Pourtant hier soir, pour la toute première fois de ma vie de joueuse, sans rien attendre ou espérer du joueur, que j’imagine de toute façon plutôt jeune, voire même très jeune, j’ai laissé mon personnage vivre sa vie, exprimer des émotions personnelles et intimes, sans penser au joueur derrière le soldat, comme je le fais lorsque j’écris de la fiction et que je laisse mes personnages prendre vie au fil des mots.

Alors il est peut-être là, le deuil. Deuil d’un désir émotionnel, deuil de l’idée que quelqu’un, quelque part, m’attend, dans la réalité, deuil que le réel puisse m’offrir ce que je désire depuis toujours, l’amour partagé, individuel, d’âme à âme, deuil de ce tout premier désir qui m’a fait naître et qui m’a portée jusque là, deuil de ce qui me soutenait dans ma quête de Vérité, deuil des faux semblants de cette vie dont on peine à trouver le sens, deuil de ce qui nous anime.

C’est peut-être effectivement le deuil de ce petit « Moi » autoritaire et persécuteur. Celui de la femme de devoir.  En tout cas je suis bien en train d’admettre comme fait acquis le vide émotionnel de ma vie réelle, et de tenter de me satisfaire d’un comblement virtuel ou peut-être fictionnel.

Pas vraiment sûre que ce soit une bonne chose, mais faute de mieux, ça m’occupe et ça m’empêche de sombrer, je crois.


Désabusée… le mot m’interpelle.

Je sors peut-être d’une très très longue période, ma vie toute entière en fait,  où je me suis laissée abusée, par un rêve qui n’est finalement pas le mien, une quête de vérité qui s’avère vaine, une idée de l’Amour totalement idéalisée, par l’idée qu’il y a « quelque chose » alors qu’il n’y a rien, du vide, où simplement ce que l’on veut bien y mettre. Peut-être.

Bien. En admettant que ce soit ça, me voilà donc au bord d’un abîme, abyssal, infini, vaguement angoissant.

Et demain ? Aucune idée, mais je n’ai nulle envie de fuir, c’est déjà ça.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Mer 7 Fév 2018 - 22:06

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J’ai atteint un pic ce matin tandis que j’étais chez moi, à pleurer sur moi même comme une idiote tout en me préparant pour mes cours de la mi-journée. Et  j’ai compris. Et je n’en suis pas fière. D’ailleurs je n’ai pas été « moi-même » face aux étudiants aujourd’hui. Beaucoup moins cool qu’à l’ordinaire. La colère était intense, et difficilement contenable. Il faut dire qu’ils n’y mettaient pas du leur non plus.


Aujourd’hui, il y a un an très exactement, j’ai découvert que M. était amoureux d’une jeune collègue, qu’il avait surtout du désir pour elle, qu’il lui avait écrit un texte érotique et qu’il entretenait avec elle une relation amoureuse sans doute encore assez peu aboutie mais elle connaissait son identité de transgenre et parlait déjà de quitter son mec, le père de son enfant de deux ans.

Je l’ai compris en trois minutes, en lisant simplement trois ou quatre échanges de chat sur sa page Facebook ouverte sur son ordinateur, “comme par hasard” allumé.

Il était 7h30 du matin. Avant d’être arrivée en cours à 9 heures, après quelques échanges sms qui étaient passés de la stupéfaction à la colère, je lui avais demandé, toujours par sms, de virer ses affaires de chez moi et de dégager de ma vie. Ce qu’il a fait dans la journée. Lorsque je suis rentrée le soir, il avait fait ses sacs, tout était prêt à être déménagé, ce qu’il a fait le lendemain midi, en mon absence, et à ma demande.

Donc voilà.

Tout ce que je vis depuis des jours, tout ce que j’ai vécu et raconté, tout ce que j’ai écrit ici, et même ce que j’ai vécu sur le jeu récemment, ce que je suis allée y chercher, hier mais aussi il y a six mois, tout, absolument tout ce que j’ai vécu depuis un an, était sous tendu par ce qui s’est passé ce jour-là, et encore une fois je ne suis pas fière de l'avoir occulté, d'avoir cru m'en être débarrassée, d'avoir affirmé ici l'avoir dépassé.

Mais...

J’ai eu le temps d’y réfléchir. Et je ne pense pas que ce soit son absence qui m’ait mise dans cet état. D’une part parce que je n’ai nulle envie de revivre ce que j’ai vécu avec lui. Pire, je suis bien consciente aujourd’hui que notre vie commune était plus souvent désagréable qu’agréable, plus souvent problématique qu’autre chose, bien moins glamour que les souvenirs que je veux en garder. Même si on arrivait toujours à se retrouver et à s’entendre, soit en décortiquant (ma méthode), soit en faisant l’amour (la sienne).

Alors... quoi ?

Et bien c’est en me relisant que j’ai fini par comprendre. Je l’ai écrit ici avant hier.

Pas le jeu, non, mais les autres sur le jeu. Des autres comme moi, en quête d’une connexion d’âme à âme, c’est ce que l’on trouve de plus fort. Une sorte d’expérience artistique vécue à deux.

En rompant avec M. j’ai définitivement détruit ce qui persistait depuis 6 ans, et qui était né de notre rencontre sur le jeu. D’ailleurs M. lui même s’en rendait compte, vaguement, et m’en parlait souvent juste avant ce 7 février 2017, il n’était plus “lui-même”, non pas ce mec coincé dans un corps de femme anorexique mais le M. du jeu.

Ou était passé celui que j’avais rencontré le soir du 29 décembre 2010 sur une petite place de cette capitale d’un autre monde ?

Il avait pourtant pris son pseudo comme prénom. Mais ce qu’il exprimait en incarnant son personnage avait disparu. Le mec qui m’avait tapé dans l’œil ce soir de fin décembre, celui qui m’avait séduite et embarquée pour une vie pleine d’émotions et d’amour, celui qui m’avait emportée dans cet au-delà indéfinissable qui tient plus du désir spirituel que du désir physique ou même émotionnel, cet homme là, en quittant le jeu pour s’incarner dans un corps d’homme en devenir, avait bel et bien disparu.

Et tout en même temps, cette connexion folle entre nos deux âmes a perdu de sa beauté artistique, au sens de changement et de   création de soi. Oh, bien sûr, pas totalement, il en a bien été changé, transformé, et moi aussi. Mais ce qui nous unissait s’était sclérosé, dans un quotidien sans cesse compliqué, usant, un quotidien où je me suis épuisée à trop vouloir l’accompagner sur son chemin et en oubliant le mien.

En un sens, et je l’ai déjà écrit, il le sentait, il le savait et il le disait. C’est volontairement mais inconsciemment qu’il m’a poussée à cette rupture pour me sauver, nous sauver, sauver cette histoire, sauver cet amour totalement incroyable. Je lui reconnais cette lucidité, lui qui ne parlait que d’instinct.

Alors, oui, je suis bien en deuil, comme je l’ai aussi écrit ici. Et il fallait que j’en passe par là, c’est évident, pour pouvoir continuer ailleurs. Je ne me sens pas moins triste, mais ce n’est tout de même plus le désespoir de ce matin. La colère est retombée, mais pas la fatigue.



Et pendant ce temps-là, ma brunette s’est portée candidate pour intégrer le corps d’armée du soldat. J’ai écrit la lettre ce matin sur le forum de la guilde et elle vient de passer avec succès son entretien de recrutement. Me voilà de nouveau inscrite dans une communauté, une guilde faite de joueurs apparemment matures, qui sont là pour passer le temps en soirée, et se lâchent sans retenue. Alors ça parle, ça dit des conneries, beaucoup, ça propose même du discord oral dont je ne veux pas, et c’est une présence qui occupe en permanence mon espace visuel (sur mon écran) et donc mon espace vital auparavant plus calme. Pas sûre que je supporte. Je verrai.

Ici ou ailleurs, la vie continue, il le faut.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Jeu 8 Fév 2018 - 19:00

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Toujours triste mais la tristesse a évolué. Moins émotionnelle, plus intellectuelle, besoin de décortiquer. Mon cerveau tourne à plein régime depuis le réveil. Il faut que je pose tout ça.

Ma réflexion tourne autour de ma relation avec M. et de ce deuil qui me plombe depuis... très longtemps, sans doute même d’avant la rupture. La question qui me hante depuis ce matin et qui m’a très certainement habitée en rêve, est simple à énoncer et en même temps très compliquée à exposer.

Entendons nous bien, je sais parfaitement que je suis lue et que cela peut sembler être de l’exhibitionnisme, mais, d’une je m’en fous, de deux ce qui se passe ici est un vrai travail d’introspection qui fonctionne grâce au transfert lié à cette lecture potentielle. Et c’est ce dont j’ai besoin.

Donc...


Ce matin, au sortir de la nuit, cela m’est apparu évident : entre M. et moi il était bien question d’art, d’œuvre et d’artiste mais pas du tout comme je le croyais. Et c’est de m’être trompée sur l’essence même de notre relation qui m’a fait plonger.

Lorsque je l’ai rencontré j’ai immédiatement senti ce qu’il rêvait d’être, puisque j’ai cru qu’il était réellement ce mec qu’il incarnait via son personnage de voyou au cœur tendre. Et je n’ai pas changé de regard une fois sa réalité de genre connue. Tout est parti de là.

En jouant avec moi, avant qu’il quitte la Réunion puis ensuite vienne en France pour suivre une formation de boulanger, il a petit à petit pris conscience de ce qu’il était vraiment, au fond de lui.

Chaque soir dans le jeu, nous avons exploré toutes sortes de relations, de couples, de personnages, chaque fois avec l’idée, me concernant, que jouer, expérimenter avec moi toutes ces émotions, via le jeu, l’aidait à  comprendre qui elle/il était et ainsi à vivre mieux sa différence, accepter sa singularité.

Il lui aura fallu un peu plus de deux ans pour entrevoir comme possible le fait de changer de genre dans la réalité, et ce sans que je l’ai envisagé consciemment moi-même. Jamais je ne me serais permis d’imaginer qu’il en vienne à se mettre physiquement en danger pour correspondre à ce qu’il se sentait être et ce que j’avais désiré et désirait en lui.

Pour moi, dans la vraie vie, puisque nous avions une relation certes cachée au début mais tout de même bien réelle, nous étions un bien curieux couple homosexuel, une relation amoureuse et même passionnelle entre une jeune Butch assumée comme telle (absolument aucun signe féminin visible) et une femme plus mature qui s’émancipait. Je ne le vivais pas forcément bien, mais j’occultais. Et j’occultais parce que ce qui se passait dans le jeu, pour lui, occupait toute mon attention. Cela m’animait, me remplissait, au point que je ne voyais plus ce qui se passait dans ma propre vie.

Je parlais à ce moment là de « faire de nos vies -ou plutôt de notre relation- une œuvre d’art ». Je ne voyais pas qu’en fait, si j’étais bien l’artiste de l’histoire, lui souhaitait en être l’œuvre.

Dans le jeu nous avions plusieurs fois expérimenté la relation D/s, Domination/soumission, prenant chaque rôle tour à tour en fonction de nos envies et de notre imaginaire. C’était intense, bousculant, mais cela n’avait pas vraiment d’impact sur notre relation réelle. Tout dans son comportement de Butch nous ramenait dans une relation très stéréotypée de macho face à une femme qui s’en satisfaisait, stéréotype qui lui permettait de vivre sa masculinité.

Lorsque j’ai déménagé sur Lyon au cours de l’été 2013, je n’envisageais pas qu’il vienne vivre avec moi et ma fille. Pourtant, lui aussi en plein bouleversement professionnel, et alors qu’il changeait physiquement avec une rapidité déconcertante, il s’est débrouillé pour que j’en vienne à lui proposer la vie commune.

Avec cette vie commune notre relation a dévié et je n’ai rien vu venir. Il a fait de moi sa Maîtresse dans le cadre d’une relation D/s que je n’assumais pas en tant que telle au quotidien. Car autant sur le jeu tout était simple, excitant, naturel, autant au quotidien tout est devenu compliqué.

Il ne vivait plus que pour sa transition mais il voulait le faire « pour moi ». Or ce n’était pas du tout ce que je désirais. Moi je voulais qu’il devienne lui-même. Tout simplement.

Il était en demande permanente de contraintes, de règles, de contrôle, sur tout et n’importe quoi, la nourriture, le tabac, l’alcool, la masturbation, tout ce qui lui permettait d’exprimer son hypersensibilité, car lui aussi était, est, « trop » avec un sens de la perfection qui dépasse parfois l’entendement.

Il voulait donc devenir parfait, l’homme dont je rêvais. Tout ce qu’il voulait changer en lui était sous tendu par son désir de devenir un homme, mais il attendait de moi que je lui montre comment être cet homme idéal, ou autrement dit que je le modèle selon mon désir.

D’où la mise en place de cette relation D/s, qui, pourtant vraiment désirée au départ, a fini par devenir pesante et sclérosante.  Car pour répondre à ses demandes toujours plus pressantes de perfectionnement, je suis devenue contrôlante. Bien sûr j’en suis capable, mais il m’y a poussée et je n’étais plus moi-même, car je n’ai pas ce désir de contrôle de l’autre, c’est même tout le contraire.

Alors voilà finalement ce qui m’est arrivé ce 29 décembre 2010. J’ai rencontré mon âme sœur, celui avec qui la connexion était totale, intense, merveilleuse, celui qui m’a permis de comprendre pourquoi j’étais encore vivante, celui qui m’a sauvée, et nous avons plongé ensemble dans le grand bain.

Parce que j’ai vu en lui ce qu’il était vraiment, parce que j’ai désiré cet homme qu’il rêvait d’être, parce que j’ai tout fait pour qu’il devienne réellement celui qu’il était déjà virtuellement, j’ai sans le savoir pris la place du créateur et lui de la création. C’est ce qu’il voulait, pas moi.

Je suis devenue l’artiste d’une œuvre d’art vivante qui n’avait de cesse de vouloir se perfectionner, d’une œuvre d’art qui ne se satisfaisait plus de mon travail d’artiste, qui petit à petit m’échappait et qui a fini par aller vivre sa vie seul face à son public, sans son auteur.

Rompre lui a permis de prendre sa liberté d’être ce qu’il souhaitait être, une identité vécue comme une œuvre d’art, et je crois même qu’il en est vaguement conscient, et depuis un moment. Il m’aura fallu un an pour comprendre que moi, la créatrice involontaire de cette “œuvre”, je devais m’en détacher pour pouvoir, d’une part reprendre le cours de ma vie, et d’autre part m’affirmer enfin en tant qu’artiste.

Assez comique, au final, comme histoire.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Ven 9 Fév 2018 - 19:17

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Maintenant que je sais, si tant est que j’aie bien compris ce qui s’était passé, je fais quoi, et surtout comment, pour envisager une nouvelle relation ?

Parce que c’est bien beau d’avoir compris que je m’étais “trompée” pendant sept ans, que j’avais détruit le bel équilibre d’un groupe familial heureux, que j’avais abandonné et fait souffrir un homme que j’avais pourtant accompagné pendant 25 ans, pour en suivre un autre qui a su déceler en moi celle qui ferait de lui « l’homme idéal », parfaite représentation vivante du stéréotype masculin d’aujourd’hui, tellement parfait qu’il est désormais digne de figurer dans les magazines de mode, bref, c’est bien beau, mais est-ce que pour autant je n’ai plus rien à vivre qui ne soit pas du même ordre ? Est-ce que même je saurais ?

Qu’est-ce que j’attends donc d’une relation amoureuse, qu’ai-je envie de vivre avec cet autre que j’ai toujours espéré et que j’espère encore.

Pour répondre à cette question je suis obligée de m’intéresser à moi. Ce n’est pas que j’en ai envie, parce que, à force de faire cette introspection quotidienne et intense, je commence vraiment à en avoir assez de moi-même. Cela peut sans doute paraître étonnant au vu de ce fil, pourtant c’est le cas. Depuis que je suis enfant j’ai toujours préféré l’autre, j’ai même expliqué ici combien j’avais besoin de l’Autre pour me sentir vibrer, je me sens vide, moi toute seule. Mais si je veux répondre à cette question, je dois continuer l’introspection.

Donc j’attends quoi, d’une relation amoureuse, qu’est-ce que je peux  proposer comme partage, moi qui trop souvent perçois l’autre dans sa vérité intime et qui ne sait pas faire autrement, comment je fais pour rester moi-même, entière, vraie, forte car je le suis, mais tout autant vulnérable car je le suis aussi, et tout ça sans risquer, soit d’être intrusive, soit d’induire une relation dont je ne veux pas, soit de me perdre.

Les mots qui me viennent à l’esprit sont : sensibilité, empathie, partage, réciprocité, altérité, curiosité bienveillante, tendresse, désir.

Est-ce que ça m’aide ? Non. Parce que cela reste trop vague.


Bon, alors, il s’est passé quoi avec M. qui m’a fait basculer ?

Une complicité immédiate, comme une connexion d’âme à âme,  alors que c’était une simple rencontre RP sur le jeu. Connexion qui ne s’est jamais vraiment éteinte depuis lors.

La perception rapide et sûre de qui il était alors qu’il/elle n’osait pas encore se l’avouer et s’était enfermé.e dans une identité dont il semblait impossible de sortir (jeune femme mariée avec enfant en bas âge, mari manipulateur, créole vivant à la Réunion, anorexique, insomniaque, suicidaire, intimement cassé.e).

Nous n’avions ni les mêmes goûts, ni les mêmes expériences, ni la même culture, ni les mêmes projets mais nous avions la même hyper-sensibilité, le même besoin d’Amour, le même rêve d’enfin rencontrer l’Autre tant attendu.e, la même quête “spirituelle”, le même goût du jeu, la même folie intérieure.

Je sortais d’une relation RP malsaine dans le jeu, mais surtout d’une relation HRP et même réelle que je n’aurais pas dû entretenir. Ce 29 décembre 2010  j’envisageais très sérieusement d’arrêter de jouer. La rencontre avec M. tenait quasiment du miracle. Je sais que c’est moi qui ai enclenché cette histoire, moi qui suis allée le chercher, moi qui ai tout fait pour que ce RP s’épanouisse, et ensuite la relation HRP. J’ai senti qui il était et j’ai foncé. Ensuite je l’ai laissé m’emmener, ce qu’il a fait explicitement tant qu’on jouait, puis implicitement en me poussant à le contrôler, agissant ainsi en Souminateur, mais toujours avec amour. Je continue de penser que tout ce qui s’est passé entre nous était Amour. Ce qui n’empêche pas la souffrance, la tristesse, le désarroi.

D’où ma crainte aujourd’hui. Et au moment de l’écrire je lutte pour ne pas pleurer, je suis en pause, au milieu d’étudiants. Je me pense dangereuse, ou du moins “source de danger potentiel”, non pas physiquement mais émotionnellement. J’ai le sentiment que je suis potentiellement source de douleur ou de malheur. Pour l’Autre, et par contre-coup pour moi-même. Pourtant, je le sais, je suis profondément bienveillante, mais j’ai - parfois - cette capacité de sentir qui est l’autre, derrière le masque, de le voir comme par transparence, de l’atteindre, de capter ce qu’il souhaite et donc d’être tentée d’y répondre, parfois avec bien plus d’intensité qu’il n’en espérait. Et si jamais il répond à ce désir qui est le mien, comme l’avait fait M., alors… tout peut arriver, la preuve.

D’ailleurs, dans un autre registre, auparavant je renvoyais à mes enfants ce que je “voyais” d’eux et cela s’est parfois (très) mal passé, surtout au sujet de nos sensibilités et de nos zébrures.

Suite à certaines évidences qu’elle ne voulait pas entendre, ma fille aînée avec qui j’avais pourtant une très grande complicité, a eu des mots très durs, elle m’a reproché de ne pas être une mère comme les autres, qui “simplement aimait ses enfants”, puis elle m’a mise à distance pendant plus de deux ans et ce n’est qu’à la naissance de son fils qu’elle a pris conscience de son aveuglement. J’en ai chié, j’en ai souffert, beaucoup,  mais je suis restée muette, loin, neutre, et je l’ai laissée revenir seule vers moi. Aujourd’hui elle est souvent en attente de ces retours dont elle ne voulait plus, la complicité est de nouveau là. Mais du coup, maintenant, je conserve mes impressions pour moi. Je vois celui ou celle qui va dans le mur, mais j’ai appris à laisser faire, sauf s’ils me questionnent. Je suis leur mère, je peux les mettre en garde, mais uniquement s’ils me le demandent, car je ne peux ni les empêcher de souffrir, ni choisir à leur place, ni même leur montrer le chemin.

Ceci dit… un amoureux n’a pas le même statut. Car s’il y a partage, réciprocité, c’est pour avancer ensemble, donc dans la vérité de l’un et de l’autre, ce qui n’est pas, ou n’est plus, le cas pour l’un de mes enfants. Je peux donc quand même espérer pouvoir être moi-même, totalement.

Voilà, j'ai écrit ce billet tout au long de la journée. Est-ce que j’ai répondu à ma question ? Pas vraiment.
Mais je ne peux pas aller plus loin pour le moment.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Dim 11 Fév 2018 - 15:17

Dernier Acte


Je le sentais venir et je pensais l’annoncer, prendre le temps, mais je suis mon instinct et voici donc que ce fil, cette histoire, cette « pièce », arrive à son terme. Au cours de la semaine dernière j’ai commencé petit à petit à m’en détacher, à l’objectiver, à relire d’anciens billets, et hier j’ai décidé de le donner à lire sous une autre forme, et donc à vouloir en faire une « œuvre ».


Ce fil a été créé en novembre 2012, alors que j’entamais la procédure de divorce, que je vivais seule avec mes deux derniers dans un grand et superbe appartement annécien, et surtout alors que M. qui se prénommait encore A. avait rompu en déclarant que « puisque je ne pouvais pas choisir, elle le faisait pour moi ». J’avais déjà tout cassé, tout perdu, quel choix avais-je donc, sinon d’en faire mon œuvre, justement.

Et c’est ce que j’ai fait, sans du tout le saisir.

Ce fil a donc démarré au moment d’une ébauche de rupture, il portait dans son titre le principe de rebondissement, j’ai posté un seul texte, répondu à deux ou trois retours, le temps de me lancer vers une autre vie (tentation de partir au Québec ensuite début de boulot sur Paris, puis finalement reprise de ma relation avec M., ce qui entraînera cette fois le changement de genre) et le fil s’est éteint à peine commencé.

Rien pendant quatre ans et il est ressorti avec la rupture définitive.
Entre-temps A. est devenu M., sur sa carte d’identité et dans la vraie vie, et j’avais façonné une « œuvre » qui a repris sa liberté.

Ce fil doit donc être clos, car cette histoire est terminée. Je dois désormais en faire autre chose, une autre création, j’ai plusieurs idées.

Je pense beaucoup à deux textes, qui n’ont rien à voir mais sont dans ma tête.

Le premier est évident, c'est un des chapitres des Métamorphoses d’Ovide, qui en amène d’autres comme L’œuvre de Zola ou une nouvelle de Prosper Merimée dont je ne sais plus le titre. Mais de base il s’agit surtout du mythe de Pygmalion. Un mythe où l’artiste tombe amoureux de sa création qui devient Sujet après avoir été Objet.

Le second est plus étrange car assez peu positif, il s’agit du Portrait de Dorian Gray, ou l’œuvre, l’Objet donc, grâce à l’artiste qui l’a peinte, évolue et incarne toute la noirceur du Sujet et devient par là même Sujet, le côté sombre de Dorian Gray.

Bref, j’ai le désir de sublimer cette histoire qui est la mienne et pour cela je dois donc apposer le mot fin sur cette introspection. Je ne me trompais donc pas l’autre jour en parlant de deuil, de fin, de clôture.

Ceci étant dit, j’ai tout de même, je le sais parfaitement, besoin de cette introspection régulière. Je ne sais donc pas aujourd’hui, tandis que je pédale a un rythme qui ne s’est pas vraiment trouvé, si je vais ouvrir un autre fil ici, ou pas.

Au cas où je n’en créerais pas, il me semble donc nécessaire, impératif même, de remercier tous ceux qui m’ont lue, qu’ils se soient fait connaître ou pas, qu’ils m’aient accompagnée depuis le début et chaque jour, où qu’ils aient pioché de temps en temps, par curiosité.

Tous, et je vous en remercie du fond du cœur, vous aurez été les spectateurs/lecteurs/acteurs de ce dévoilement de soi que je vois maintenant comme une forme de « performance». Pour ceux que ce type de recherche artistique sur soi intéresse, cela pourrait être rapproché de performances connues comme ici celle de Yoko Ono ou de Marina Abramovic qui en explique ici le principe dans une conférence Ted, ou encore celle ci, où deux artistes qui se sont aimés, se retrouvent en silence mais pas sans "se parler", devant le public, dans une performance de Marina Abramovic.


Pour finir, je tiens à redire, au cas où cela n’aurait pas été clair, que je respecte toujours la personne de M., ce qu’elle était quand je l’ai connue et ce qu’il est devenu au cours des six années suivantes, et que je ne lui reproche rien, absolument rien, car nous étions deux acteurs totalement libres et volontaires de cette histoire un peu folle, qui nous a sauvés tous les deux. « Chercher un sens à sa vie, en prendre l’entière responsabilité est la seule façon de ne diaboliser personne” écrit Isabelle Sorente dans Philosophie Magazine, numéro 116 sur “Peut-on désirer sans dominer”.

Ce fil et ce que je veux en faire, font oeuvre car ainsi je transcende notre relation, je la sublime, tout en affirmant que je l’ai aimé, à la folie c’est le cas de le dire, et que rien ne pourra jamais effacé ou abîmé cet Amour hors du commun.


Maintenant je peux dire que ceci est le premier jour de ma nouvelle vraie vie.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Ours de la MAZ le Lun 12 Fév 2018 - 19:51

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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par p't ben le Mar 13 Fév 2018 - 9:21

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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Invité le Mar 13 Fév 2018 - 9:46

Merci !

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