Et rebondir de bumper en bumper...

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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Sam 18 Nov 2017 - 10:44



Vous souhaitez  rire de bon cœur, vous émouvoir, réfléchir, rêver, passer un moment agréable et intelligent, arrêtez de chercher, choisissez The Square.

Vous en avez assez des films anglophones manichéens, plongez dans The Square et délectez vous de la culture suédoise, sa langue si particulière et son politiquement correct.

Vous honnissez l'art contemporain et cherchez de quoi étayer vos critiques, nourrissez votre argumentaire des questionnements du film The Square.

Vous êtes sensible à l'art contemporain et appréciez d'y participer afin d'y réagir, imprégnez vous de cette œuvre contemporaine critique qu'est The Square.

Vous vous questionnez sur le sens de la vie dans notre monde hypocrite, mettez vous en route avec Christian, l'anti héros de The Square, et avec lui interrogez notre société.

Vous vous demandez s'il est bien utile dans ce monde devenu fou de faire des enfants, laissez vous convaincre par The Square que seuls les enfants voient la réalité et que peut-être ce sont eux qui sauveront l'Homme de sa folie.

Vous ne voulez voir qu'un seul film cette année, le voilà.

2h30 de bonheur simple, celui d'une personne sensible et lucide, capable d'entrer en résonance avec un film sans prétention autre que de "donner à sentir", partager avec des inconnus dans le silence d'une salle obscure, une véritable œuvre d'Art.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Dim 19 Nov 2017 - 0:09

Work in Progress

Un regard peut-il faire chavirer une âme, c’est la question que je me pose depuis plusieurs jours, ramenant à moi des souvenirs remisés.

Une rencontre, récente, qui dure à peine quelques minutes. Il me voit de dos, sait que je suis là mais ne m’a jamais vue, il se fait peut-être une idée de mon apparence, ou peut-être pas. Je me retourne pour le saluer, et c’est là que son regard m’interpelle. Le regard et le reste.

Il y a de la surprise dans ce regard, de l’étonnement, mais aussi une petite gêne. L’embarras se lit sur tout son visage, mais aussi dans son attitude.

C’est cette légère crainte, mêlée à l’étonnement, et peut-être autre chose, comme une certaine envie, sans aller parler de désir, qui créent tout en même temps l’embarras que je lis dans ses gestes, ses mimiques, sa posture.

Sur le moment je n’y prends pas garde. Je m’en vais, je suis pressée, au revoir, peut-être à un de ces jours, comment savoir.

C’est plus tard que tout me revient.  Et cette prise de conscience ramène à moi quelques souvenirs enfouis.



Tel banquier, rencontré pour un prêt d’entreprise, qui change d’attitude et de regard, sans que je comprenne pourquoi, sur le moment.

Tel client de l’agence que je gère, qui tout à coup change de registre et de ton, reprend les paroles de Bashung à son compte en me disant que je suis “comme un pétard qui n’attend plus qu’une allumette”.

Tel camarade d’association, qui, tout en me regardant dans les yeux, se permet tout à coup de me prendre le bras et d’approcher son visage, puis de me demander quel est mon parfum, soit disant très envoutant.

Je me souviens parfaitement que pendant tout le temps qu’a duré mon mariage je pensais et disais, voire même clamais, que jamais je ne tromperais mon mari. Et je dégageais toute sensation qui aurait pu mettre à mal cette assertion. Maintenant je comprends pourquoi je l’ai finalement trompé en passant par le jeu.

En fait, c’était un garde-fou, face aux désirs des hommes dont je croisais la route. Je ne voulais pas voir ce désir, il me faisait peur, même si nul ne pouvait imaginer l'intensité de cette peur. Si je le percevais, alors je m’éteignais, pour ne pas me trouver en danger. Le danger d’être désirable. C’est en cela que je n’étais pas vraiment aboutie, pour ces choses de l’amour, et cela satisfaisait mon mari qui n’aurait pas assumé une vraie femme.

M. m’a réveillée, là aussi. Je suis devenue Femme, pour lui, il était temps.

Mais aujourd’hui ?

Il y a ce voisin que je connais un peu, qui capte ma présence, même quand je passe en voiture, et tourne la tête vers ailleurs, mais me regarde quand même, malgré lui.

Il y a cet homme, croisé dans un bar, dont je ne saurais sans doute jamais ce qu’il a avait en tête, à ce moment précis de la rencontre.

Il y a ce collègue qui me sourit à chaque inter-cours, tente de me parler de lui, ou d’une aide qu’il est tout prêt à m’apporter, au détour d’une pause.

Il y M. que j’ai revu par hasard, trois mois après notre rupture, à l’arrêt de bus, qui a de nouveau fait chavirer mon coeur d’un regard et d’un sourire et qui a fini dans mon lit, une toute dernière fois.

Il y a …



Maintenant retournons l’équation.

Que se passerait-il s’il n’y avait pas ce regard ?

Peut-il y avoir véritable rencontre si, à un moment ou un autre, il n’y a pas cette étincelle qui s’allume dans le regard de l’un et de  l’autre, dans cet échange silencieux. J’en doute. D’où la fragilité, ou le danger, des rencontres tout d’abord virtuelles.

En 2010, j’ai rencontré le joueur qui interprétait mon amant du moment sur le monde virtuel que je fréquente encore un peu. Pendant deux ans j’avais déjà vécu une très belle histoire d’amour, en RP puis IRL, et je pensais pouvoir vivre une nouvelle histoire, sinon aussi belle, au moins douce et tendre. Rendez vous avait donc été pris à Paris, pour deux jours à l’hôtel au moment d’un salon professionnel. Dès le premier regard j’ai su que je n’aurais pas dû accepter cette rencontre. Pourtant nous avions échangé des photos, échangé vocalement sur Skype, je n’étais pas étonnée de le voir. Mais il n’y avait rien à quoi m’accrocher, dans ce regard. Je n’ai pas osé me dédire. Deux jours d’horreur, de honte, et de dégout de moi-même. Quelle petite folle j’étais. C’était un an avant M. Je ne referais plus la même erreur, enfin j’aime à croire que je m’/lui éviterai ça.

Alors les mots mentiraient ?

Non, mais ils ne peuvent rendre compte de ce qui passe dans un regard, ou dans ce que l’on nomme le langage non verbal, qui constitue quand même plus de 70% de nos échanges. On peut être hyper complices grâce aux mots, aux images, aux sons échangés virtuellement, mais ce n’est pas incarné, pas vraiment. Le corps  de l’autre et ce qu’on en éprouve, de ressentis, de craintes, de désirs est aussi ce qu’il/elle est, par delà les mots, les idées, les émotions.

Pourtant, j’ai bien accepté de voir en M. l’homme qu’il désirait être et non pas la jeune femme maigre et gauche qui s’est présentée à moi. Il faut croire que la connexion était si intense déjà qu’elle sublimait l’incarnation. Il faut croire que j’étais bien amoureuse, bien accrochée, prête à tout pour vivre dans la vraie vie ce que je vivais déjà virtuellement.

Mais il y avait aussi cet appel du désir dans ses yeux. Elle/lui savait ce qu’il désirait, être mon homme, et il savait que face à moi il le pouvait. Nous étions en phase dans nos désirs, par delà les corps. Et c’est bien cette connexion qui passait dans nos regards. Nous rencontrer n’a fait que confirmer ce qui se passait déjà, puis nous l’avons transcendé, ensemble.

C’est une alchimie rare, qui attire et fait peur. Que peut-il se passer lors d’une rencontre. C’est une question que je ne m’étais pas vraiment posée jusque là, aussi incroyable que cela puisse être.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Lun 20 Nov 2017 - 11:37

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Joie du calendrier d’alternance, je suis encore en “week-end”.

J’ai bien du travail, examens à préparer, copies à corriger, mais au moins je ne suis pas obligée de sortir  pour aller donner cours, et je peux donc organiser mon temps comme je veux. Un luxe, j’en suis consciente.

J’ai aussi pu dormir jusqu’au réveil naturel, et donc profiter de mes rêves.  Et j’ai rêvé de maisons, ce qui, me concernant, est excessivement signifiant.

Maison = nostalgie utérine disent les psys. Possible, ce qui est certain c’est que je n’ai jamais autant rêvé de maisons qu’en analyse, des maisons avec escaliers tortueux, passages secrets, pièces où je pouvais me cacher, greniers en enfilades, fenêtres donnant sur la mer ou le ciel, portes dérobées, des maisons fantasmatiques mais parfaitement dessinées, photographiées, mises en scène dans des rêves que je savais choisir.

Je m’enfonçais dans le sommeil en décidant où j’allais passer la nuit. Aujourd’hui ce sera dans la maison au bout de la jetée, ou dans la maison aux six demi-étages, ou dans le grand manoir sur la colline, ou dans ce petit appartement coincé sur la terrasse au dernier étage de l’immeuble parisien.

Je ne sais pas trop ce que j’y faisais, mais je m’y sentais bien. Je déambulais, seule, je visitais, mais je connaissais parfaitement chaque recoin, chaque fissure, chaque détail. Peut-être étais-je alors en pleine re-création de mon monde et de moi-même. Sûrement. J’ai passé beaucoup de temps chez le psy, ou seule à me questionner sur le sens  de toutes cette folie qui m’habitait, me demandant comment l’exprimer. Alors je ne parlais pas de démarche artistique, ou du moins ce n’était pas aussi clair que là était le chemin.

Cette nuit c’étaient de nouvelles maisons, il y avait là R., mon ex mari, qui rechignait à me suivre. Nous passions d’une maison à l’autre, elles étaient un peu tristes, de guingois, mal placées, ces maisons ne correspondaient pas à “nos rêves”. Certes. Mais moi je “savais” que cela n’avait pas d’importance car la “vraie” maison était derrière celle-là, et qu’il n’y avait pas sa place, lui, R.

“Ce n’est pas grave” lui disais-je avec toute la motivation que je sais insuffler aux autres “il n’y en a que pour quelques temps, et nous la revendrons. Je vais la transformer, la décorer, en faire une maison à nulle autre pareil, les enfants l’égayeront, nous entendrons leurs rires, avec eux je la couvrirai de couleurs, je mettrai des attrape-rêves aux fenêtres, des fleurs et des animaux dessinés sur les murs, des carillons et des sifflets qui chanteront avec le vent. Tu verras, la joie est celle que nous créons, et ça, je sais faire”.

Je me suis réveillée tout à la fois triste et en joie. Comment souvent depuis quelques jours. Triste à livrer quelques larmes, mais au fond de moi joyeuse car en mouvement.

Je suis en marche, j’en ai maintenant la certitude intime, je le ressens en moi, j’ai ré-intégré en mon âme le processus créatif qui était resté coincé avec celle qui attendait son heure dans “la cave”.  

Je suis en amour, fragile, mais bien réel car intime. Comme on peut l’être dans un processus analytique, lors du transfert. Comme on peut l’être quand on met au monde et qu’on se donne à cette vie qui éclôt. Comme on peut l’être quand on est amoureux sans le savoir. Comme on peut l’être quand on aime, tout, rien, moi, lui, tous, la vie, maintenant, demain, hier, ici, là-bas, ailleurs, partout. Comme quand on crée.

J’ai envie de mots, mais aussi de couleurs, de phrases mais aussi de textures, de textes mais aussi d’images, de sons, de parfums, de saveurs, de caresses, de rires. Enfermée dans ma cave les mots, seuls, me permettaient l’échappée. Je pressens aujourd’hui que tout m’est offert et qu’il m’appartient d’en user, et même d’en abuser.

Seras-tu sur le chemin ?
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Mar 21 Nov 2017 - 12:49


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Je suis en cours mais je leur montre un reportage sur le Transhumanisme que j'ai déjà visionné, alors c'est parti pour ma petite séance d'auto analyse, le transfert sur ZC fonctionne...

Hier soir ma fille cadette m'a envoyé un message écrit  via le jeu qu'elle fréquente comme moi. Elle souhaitait me parler, vraiment, et donc au téléphone, si j'acceptais. "Tu ne le diras pas, je le sais,  mais tu avais raison, et j'aimerais ton avis...". Nous avons discuté pendant plus d'une heure.

Un de ses amis du jeu s'était déclaré amoureux d'elle il y a quelques mois, et ce après l'avoir vue en IRL, ce qui assurait le fait que ce ne soit pas pure projection. Mais elle venait de rompre avec un autre jeune du même groupe, Aspie détecté (ce jeu est de toute évidence un "repaire" pour tous les atypiques attirés par la fiction littéraire) qui n'avait pas pu apparemment dépasser sa peur du corps féminin.

Je lui avais dit alors qu'elle comprendrait plus tard que la relation au premier n'était pas un échec et qu'elle ne devait pas se fermer au second sous prétexte qu'elle ne ressentait pas ce déferlement des émotions auquel nous sommes elle et moi de toute évidence addictes, mais sans insister, sa souffrance était bien réelle.

Au moment où le second s'est déclaré, elle n'éprouvait pas pour lui l'attirance qu'elle éprouvait pour le premier. "Il est trop comme moi, il ne me résiste en rien, il est toujours d'accord, il n'y aura pas de passion possible" me disait-elle alors, "je ne peux pas vivre sans l'exaltation de mes émotions, je vais lui faire du mal, je ne veux pas". Elle lui avait donc gentiment expliqué qu'il ne fallait rien espérer d'elle,  même si elle allait y réfléchir, sans aller plus avant.

Mais... il y a eu récemment une nouvelle IRL pour un anniversaire et ils se sont revus. Entre temps, elle a fait son deuil de la passion qui l'habitait pour le premier et elle a beaucoup joué avec le second, dans des relations amicales fortes entre personnages féminins.

Or, lors de cette IRL, elle s'est aperçue qu'elle cherchait sa conversation mais ne pouvait pas le regarder dans les yeux. Elle l'a analysé sur le moment comme de la honte de l'avoir tout à la fois repoussé et de tout de même chercher à l'avoir près d'elle.

Mais en rentrant de son IRL une autre idée a commencé à germer. Et si...

Hier soir elle voulait donc mon avis, ou plutôt ma bénédiction pour revenir sur sa parole. Pouvait-elle lui dire aujourd'hui qu'elle n'était plus aussi sûre de ne rien éprouver pour lui  ? Et pourquoi n'avait-elle pas réussi à le regarder dans les yeux ? Se pouvait-il que l'on puisse aimer, avec passion, sans ressentir la peur que l'autre se refuse à notre désir ?

Alors je lui ai parlé de ce que je découvre ici même, ces réflexions qui émergent de mes questionnements, ce chemin que j'ai entrepris de parcourir, et donc le texte récent sur ce qu'il y a, ou pas, dans un regard. Synchronicité ou peut-être simple convergence des chemins.
 
Elle devait lui proposer une rencontre, une visite au zoo du Parc de la Tête d'or à Lyon, samedi prochain, et elle en avait le cœur qui battait d'avance la chamade.



Et dans le même temps... il y a quelques jours j’ai croisé de nouveau la route du “danseur” de cet été. Enfin, croisé la route, c’est vite dit. Il s’est connecté avec un personnage que je suis une des rares à connaître. J’y ai vu le signe qu’il allait mieux mais il ne me saluait pas.

Alors au bout d’une grosse demie heure, je lui envoyé par messagerie un petit mot, trois petites phrases, pour m’excuser de mes attentes en septembre et lui dire que j’espérais qu’il allait mieux. Rien de bien engageant, me semblait-il. Je me trompais, apparemment.

Il a mis plus de 5 minutes à réagir, j’ai bien cru ne pas avoir de réponse, pour finalement m’envoyer un “salut” impersonnel. Puis plus rien.

En juin, juillet et Août nous écrivions des textes à deux sur le forum de notre guilde, il me dévoilait ses "lubies" sur les mots, il me faisait des cadeaux dans le jeu, me racontait son chat, me faisait découvrir Sanseverino et me déclamait les chansons de Barbara, nous avions un couple  d’amoureux RP qu’il avait souhaité installer dans la durée, nous… Bref, je pensais que notre amitié était sincère et intime et "durable". Qu'est-ce qui a bien pu se passer ?

Jusqu’à la dernière nuit où nous avons joué ensemble, le 22 Août, tout semblait indiquer qu’il avait encore confiance en moi. Ce soir là, il allait mal depuis une quinzaine de jours et avait déjà disparu toute une semaine, il venait de réapparaître et je lui avais proposé de réaliser à deux les plus difficiles défis qu’il connaissait, afin de se remplir la tête et tenter de repousser la dépression qui le reprenait. Il avait accepté d'un "Oui... Oh oui....". Nous avons passé cette nuit quasi en silence, dans une "danse" intense de pure connexion. A six heures du matin, il m’a remerciée et je l’ai senti sincère. Ensuite, il a disparu complètement. Un mois plus tard je l'ai aperçu sur un autre serveur, lui ai écrit un courrier  via le jeu  mais il n'a pas réagi, fin d'une histoire, point.

Il savait tout de moi, ou quasi, je ne savais rien de lui, ou pas grand chose.  Est ce que j'ai effleuré sans le voir son épicentre et l'ai heurté ? Est ce qu'il est retourné dans sa cave et ne peut plus communiquer, même avec moi ? Est ce qu'il se sent tellement stupide de m'avoir rejetée qu'il en éprouve une honte indépassable ? Est ce que j'ai mal agi ?

Je ne sais pas, mais cela m'attriste. "Il n'est sans doute pas prêt, mais il est tout de même revenu" philosophe ma fille, "patiente encore un peu".

Bah... de toute façon ce n'est pas comme si j'avais le choix.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Mer 22 Nov 2017 - 12:25

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J'ai hésité à venir aujourd'hui pour ma petite routine réflexive ZCienne.

Je me demandais  s’il ne vaudrait pas mieux  y mettre un frein significatif. Je crains en effet qu'à force de donner à lire ce que je ressens, il y ait comme une dilution de ma personne, un peu comme les indiens qui refusaient qu'on les photographie par crainte d'y perdre leur âme.

Sentiment paradoxal, puisque c'est le fait d'écrire ici, j'en suis certaine, qui m'a remise en route.

Peut-être est-ce alors parce que je pressens l'addiction qui se profile, et que je me méfie désormais de ces besoins que je me crée. Possible.

C’est surtout que le transfert est enclenché, je le perçois nettement. Et avec lui je sens poindre l'attente, puis son corollaire, la crainte d'être déçue ou pire, d'avoir mal. Comme si une partie de ma vie, et donc de moi, dépendait de ce qui se passe ici. Ce qui me semble dangereux, ou fou.

Et puis.... n'y aurait-il pas un côté puéril à exhiber ainsi ses émois et ses questionnements... tout cet étalage sensible me donnerait un air romantique, celui de l'artiste maudit qui ne décroche pas de la première phrase et se complaît dans son impossibilité à écrire "une longue plainte qui tirerait à quelques centaines de milliers d'exemplaires" (une réplique de Sempé citée de mémoire donc sûrement fausse).

Donc pourquoi continuer ?

C'est alors que je retrouve un passage mis de côté :

"C'est d'une même matrice, la conscience infiniment douloureuse de ma mort et de ma finitude, que surgit le fantasme de me dissoudre en l'autre ou le fantasme de le maîtriser" (.....) "Pourquoi la mort pose problème ? [...] On n'affronte l'émotion qu'avec de l'émotion. Ce qui nous tient debout, miraculeusement, ce sont ces moments où la joie d'être pleinement là où on devait être (même lorsque l'émotion à vivre en ce moment précis est d'abord de la tristesse) est telle que la mort devient acceptable" nous dit Carlos Tinoco dans "Intelligents, très intelligents", page 152 puis 160.

Alors je me dis que là pourrait se trouver ma motivation réelle, double et unifiante.

Écrire ici n'est peut-être que cela, le fantasme de me dissoudre en l'autre, tout en exprimant mes émotions à cet Autre, dans son acceptation la plus large, qui pourra les partager. Toutes ces pensées que je déroule au fil des textes ne seraient alors qu'un moyen de tromper cette angoisse de mort, universelle, en un lieu qui me semble être le plus à même de m'accueillir, aujourd'hui.

Si cela était, alors effectivement je peux comparer ma crainte de perdre mon âme à cause de ces mots donnés à lire, à celle des indiens pour leur image.

Encore faudrait-il que tous ces mots que je livre soient aussi "vrais" qu'une photographie.... possible.

Qui sait, peut-être le sont-ils bien plus, pour qui sait lire entre les lignes. Car je m'offre trop souvent aux regards sans fards ni masques.

Alors... je peux continuer de rêver que tout cela a effectivement un sens et qu'il m'apparaîtra bientôt, probablement dès que je ne l'attendrai plus.

Et voilà comment une jolie petite rhétorique peut avoir raison d'une tentative pourtant réfléchie de faire le deuil de l'amour et m'en sortir seule, ou plutôt de réussir à me convaincre qu'il me faut remiser mes projets relationnels.





Je connais un pays que tu aimerais peut-être,
Il vibre toujours en moi, mais il reste invisible,
La porte en est cachée dans les yeux de mon être,
Et il faut y plonger pour la rendre visible.

Le voyage est très court, il prend juste une seconde,
Et en même temps si long qu'il dure l'éternité ,
Depuis longtemps j'y erre et me plonge dans l'onde ,
Mais ne peux me résoudre à y vivre esseulée.

La porte est claquemurée, le temps a fait son œuvre,
Mais pourtant récemment un passage s'est ouvert.
Pour entrer, c'est très simple, pas besoin de manœuvre,
Il suffit de rêver avec les yeux ouverts.

Je vis dans un pays que tu connais sûrement.
Il vibre aussi en toi, je le sais, je le sens.
Tu en mures la porte, peut être même durement,
Convaincu qu'à jamais elle est close. Et pourtant...

Il est dit dans les contes, les histoires et poèmes,
Que ce pays fermé, ne peut l'être toujours.
Il suffit d'accepter une vie de bohème,
Où chaque petit moment se transforme en Amour.

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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Odrad le Mer 22 Nov 2017 - 13:14

il me semble que tu donnes de la substance à ton âme en écrivant ainsi
et je trouve ça "mature" d'avoir la force et le courage de se livrer avec sincérité
bien que tout cela soit très intime, je n'ai pas une impression de voyeurisme mais plutôt de partage entre amis
tes mots sont beaux, c'est un plaisir de te lire
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Mer 22 Nov 2017 - 18:44

Merci Odrad.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Jeu 23 Nov 2017 - 16:41

Toi qui me lit,

Je t'écris d'où je suis, aujourd'hui, pour te dire combien je vais mieux, grâce à toi et combien je t'en remercie. Peut-être que demain j'irai moins bien et que j'aurai oublié ce que je ressens depuis ce matin, alors je préfère en garder trace et te la donner en partage, au cas où.

"Je ne te connais pas mais je t'aime" clame un grapheur anonyme sur un mur de mon quartier découvert ce matin. Et je suis bien d'accord. Je me sens en Amour et cela se confirme. Et c'est bon, oh que c'est bon.

Je commence à entrevoir un autre passage, déjà emprunté et donc connu de moi, qui devrait me permettre d'exprimer ce bouillonnement, cette Joie, ce besoin d'Amour, incommensurable, qui m'habite depuis toujours.

Je commence à comprendre, ou plutôt admettre, que cet Amour n'est ni fou, ni impossible, ni dérangeant, ni malsain, ni divin, juste singulier et universel. Car il est Joie, il est Énergie pure et positive, et il est Moi (au sens du Soi).

Il m'est arrivé d'avouer, et encore récemment à des ZCiens, que moi aussi j'avais parfois des sentiments messianiques. Sauf que, et c'est peut-être ce qui m'a sauvée d'une médication outrancière, je n'ai jamais pu m'identifier à un barbu trentenaire souffrant à jamais pour nous. Je préférais Paul Atreides, dit Muad'dib, le porteur d'espoir de Dune (le roman). Ou encore mieux, Amma, cette femme resplendissante d'amour, indienne, qui embrasse le monde à longueur de journées et offre à tous la Joie d'être dont elle est pleine, sans que jamais la source ne tarisse.

Aimer n'est pas une tare et la joie de vivre qui en découle, quand cet amour est partagé, n'est ni puérile ni bêtifiante. Je l'ai  exprimé, lorsque j'étais maman de jeunes enfants, mais je ne comprenais pas alors que j'étais au plus près de Moi, et que cette légitimité offerte par mes enfants pouvait s'étendre au monde entier.

À cette époque j'écrivais des romans jeunesse, avec un certain succès, et je parcourais la France pour partager avec mes jeunes lecteurs. J'en étais heureuse mais tout de même insatisfaite. Ce n'était pas de l'Art, rétorquais-je à mon entourage qui ne comprenait pas pourquoi je n'en éprouvais pas plus de fierté, me traitant d'orgueilleuse.

Était ce de l'orgueil ? Pas vraiment, ou si, mais un orgueil du à cette exigence qui me taraude encore. Je pouvais faire mieux, être encore plus vraie, plus intime, plus "artistique", essayer de trouver ma voix, comme celle de Duras, mon idéal littéraire de l'époque.

Pourtant j'étais vraie. Mais cela restait destiné aux enfants et moi je voulais grandir.

Alors j'ai rechigné à répondre aux attentes des éditeurs, faire ce que soit-disant "je faisais si bien", raconter des histoires pleines de rires, pour m'essayer à d'autres écrits, ne voyant pas qu'ainsi je retournais dans ma cave.

Aujourd'hui je sais, intimement, que je peux être vraie, et dans la Joie et n'être pas coincée dans l'enfance. Et pas besoin de croire en tel ou tel dieu pour cela. Il me suffit d'être moi.

Et qui suis-je alors ?

Une femme qui aime l'Autre, lui veut du bien car cela me fait du bien, qui lui offre son énergie et sa joie de vivre parce que j'en ai à foison et que je la sais infinie, sans compter que de l'offrir la décuple, par effet d'écho.

Une femme qui peut, d'une attention bienveillante accompagnée d'un sourire, illuminer la journée de l'autre et qui aurait tort de s'en priver vu l'effet que cela lui fait et ce qu'il en renvoie.

Une femme qui a la chance de pouvoir exprimer ce qui l'anime, avec des mots mais aussi des couleurs, des gestes, des textures, des images, images que je compte désormais aller chercher sinon fabriquer.

Un être singulier qui espère toujours l'autre être singulier qui partagera le chemin du quotidien, sans cesser d'aimer la vie, le monde, les autres.

Une "intra-terrestre", atypique, différente, un être minéral, animal ou végétal mais surtout vibration, qui prouve par sa simple présence que la Vie est un mélange de paradoxes, d'accidents, d'errements et de rencontres qui tous ensemble forment ce qu'on nomme parfois le Chemin.

Et que si j'ai effectivement une mission dans ce moment de vie, elle n'est certainement pas loin de l'expression toute simple de ce que je suis, sur ce chemin.  

Voilà ce que je voulais te dire, toi qui comme moi, porte parfois la vie comme un fardeau. Tu m'as allégée, de par ta présence, et j'aimerais juste t'en décharger un peu à mon tour, par ces quelques mots.

À bientôt, toi que je ne connais pas, nous avons encore sûrement des tas de choses à nous dire.

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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Ven 24 Nov 2017 - 12:18

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Une émission partiellement écoutée, cette semaine : LSD, entre 17 et 18 heures sur FQ « Condamnés et victimes : un dialogue possible. Ni oubli, ni pardon » , sur les délits, graves, et les réparations possibles, ou pas, entre acteurs de délits et leurs victimes.

Première écoute, mercredi 17h35, une femme raconte comment elle a été agressée chez elle par des cambrioleurs qui ne l’ont pas « touchée » mais lui ont tout pris, violant son espace vital pendant toute une nuit. Elle ne s’en remet pas. L’entendre déclenche en moi un écho, que je ne comprends pas. Cette femme parle de « quelque chose » que je connais. Pourtant je n’ai pas vécu ce qu’elle a subi. Pas comme ça.

Deuxième écoute, jeudi 17h45, il est question d’une soit disant réparation des condamnés par les victimes, et vice versa. Une psychologue s’insurge. Elle parle de dissociation, raconte comment une de ses jeunes patientes, quand elle est seule et va mal, se poste sur le bord de sa fenêtre du 8 ème étage et se balance dans le vide en écoutant de la musique. Elle joue avec la mort et en éprouve de la sérénité. Elle dissocie, explique la psy, elle met en branle son angoisse dans ce jeu avec la mort, bien réelle, et une fois rassasiée, pleine de cette angoisse transcendée, repart guillerette vers la vie. Va-t-elle vraiment bien ? Non. Il y a fracture en elle. Mais comme elle gère sa vie en jouant en secret avec la mort, tout va bien.

Pour les victimes à qui on demande de se livrer par la parole aux condamnés pour leur permettre de se réparer mutuellement, c’est le même processus, continue la psy. Les victimes ont l’air d’aller mieux, mais c’est un leurre. Ils s’installent dans la dissociation.

Ecoutant cette émission dans ma voiture au retour du travail, j’ai une sorte d’illumination. Je connais tout « ça ». C’est ma cave, un lieu que je connais depuis… mais depuis quand, au fait.

Les rues défilent, doucement, je me faufile dans les embouteillages et je me laisse penser.

Au moment de la séparation d’avec R., mon ex-mari, nous essayions, lui, moi, et M., de traverser ce maelström dans nos vies en parlant, beaucoup, en essayant de comprendre, d’exprimer, ce qui nous arrivait, à tous les trois, et ce par tous les moyens à notre disposition, textes de fiction, discussions à n’en plus finir et même psycho-thérapeutes.

A cette époque, été 2012, j’ai donc rencontré une demi-douzaine de fois une hypno-thérapeute. Même si je n’avais pas le sentiment d’être hypnotisée, j’ai fait en sa compagnie quelques voyages dans les limbes de mon inconscient. Et j’y ai retrouvé ce qui pourrait ressembler à une scène primitive, sans réussir à savoir ce qui s’est véritablement passé ce jour là. Mais comme me le rappellera la thérapeute, la vraie réalité est ce que j’en ai ressenti quoi qu’il ait pu se passer.

Une chambre, en plein été, à l’heure où le soleil est encore haut. Début d’après-midi en Bretagne, mon pays d’enfance. Je passe quelques jours dans la maison de famille de mes cousins germains. Ils sont deux frères, l’un a une bonne douzaine d’années, l’autre une dizaine, et moi 7 ou 8 ans. Nous sommes dans le même lit. Découverte des corps. Il se passe quelque chose dont je ne peux me souvenir. Seule me reste la vision d’une lumière éclatante qui passe dans les interstices des volets en bois.

Quelques années plus tard, l’aîné sera accusé par une vague cousine de cousine, de « viol », ou plus exactement d’attouchements sexuels non consentis. La famille s’est entendue pour étouffer ces paroles émanant d’une jeune fille qui n’en faisait pas partie.

Est-ce que ma peur, viscérale à une époque bien que parfaitement cachée, de me sentir désirée, vient de là ? Aucune idée. Possible.

Est-ce que cela explique ce plaisir délectable que m’apporte la solitude de « ma cave » ? Peut-être, en partie.

Est-ce que cela signifie qu’avant cette scène primitive cette cave n’existait pas et que je n’avais pas encore dissocié pour survivre ? Non. De cela je suis certaine. Il y a en moi, enfoui, un point d’appui de ma psyché qui me soutient depuis toujours. Point d’entrée de « Moi » dans le monde. Déchirure dans l’espace-temps du Désir.

Point de rupture et point de fusion. Point de fission. Quand je descends dans ma cave, c’est pour passer une porte. Stargate qu’il me tarde de traverser et retraverser, encore et encore.

Hier je voyais cette porte comme dangereuse, malsaine, à éviter. Aujourd’hui je sais qu’elle me définit. « Tu es comme un miroir de l’âme » m’a dit récemment un ami ZCien. Ce n’est pas la première fois qu’on me voit ainsi. Il m’arrive même de me présenter de cette façon, avec d’autres mots.

Stargate, cela aurait pu être joli, comme pseudo.

Finalement le titre de ce fil est bien plus signifiant que je ne pensais.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Sam 25 Nov 2017 - 13:16

Work in Progress

Ma fille cadette, étudiante à Saint Etienne, fête ses 20 ans ce week-end, ce soir avec moi au Resto, demain avec ses frères et sœurs dans la campagne lyonnaise et aujourd'hui avec celui qu'elle a finalement accepté comme amoureux potentiel et quelle a donc invité à passer la journée sur Lyon.  

L'accueillir chez moi tous les 15 jours est un rituel mis en place depuis qu'elle a quitté mon petit appartement lyonnais pour suivre une licence d'arts plastiques. Mes relations avec elle ont connu des hauts et des bas,  comme avec tous mes enfants, mais le moins que l'on puisse dire c'est qu'entre nous deux, l'intensité de ce yoyo émotionnel nous a toutes deux énormément touchées, voire blessées, et surtout depuis la séparation d'avec son père.

Je savais déjà que son existence dans ma vie n'avait pas grand chose de commun avec celle de ses frères et sœurs, en terme de désir, mais je n'avais jusqu'alors pas dépassé les circonstances de sa naissance.


Un an avant qu'elle naisse, si R. mon ex époux, ne m'avait pas "obligée" ou disons incitée, convaincue, de quitter Paris pour le suivre dans un de ses nombreux rêves (... délires...) de réussite professionnelle et sociale, Héloïse ne serait pas née, car je n'en aurais pas eu le désir.

À cette époque, j'étais juste en train de prendre mon envol dans le milieu de la fiction télévisuelle. Je ne savais pas encore que France 2 allait, pour la toute première fois, acheter un synopsis, le mien, pour que l'auteure, moi, le mette elle-même en production. Du jamais vu dans le service public, que je vais saborder 4 mois plus tard, pour me consacrer à ce que je fais si bien, non pas l'écriture, mais vivre en osmose avec mes enfants.

Si je ne m'étais pas retrouvée, débarquant de Paris, dans un village paumé de 420 âmes dont 120 vaches qui vivaient à 5 mètres de ce qui me servait de cuisine, je n'aurais pas mis en œuvre mon rêve de famille nombreuse avec 5 enfants, d'autant que je savais déjà pertinemment (merci Papa Freud) que ce rêve n'était pas le mien mais celui, non réalisé, de mon père.

J'en étais restée là, et même si je sentais qu'il y avait autre chose, de bien plus intime et fort, entre Héloïse et moi, je ne comprenais pas ce qui sous-tendait cette relation que l’on pourrait qualifier d’étrange tellement nous sommes proches.



Les réflexions que je mène ici m'ont permis, cette semaine, de commencer à dérouler la pelote de fils et de noeuds qui se tisse depuis 20 ans entre nous. Mais c'est, curieusement (et je l'écris avec un petit sourire amusé), parce qu'elle devait retrouver son éventuel amoureux aujourd'hui, parce que nous parlions d'amour et d'une convergence éventuelle dans nos chemins, que j'ai pu, tard hier soir avec elle, mettre des mots pertinents sur ce désir d'elle il y a 20 ans.

 
Lorsque j'ai décidé de "faire ce cinquième enfant dont je rêvais", j'ai délibérément mis fin à toutes velléités d'une parole personnelle intime, et j'ai posé un panneau "Interdit" à l'entrée d'un éventuel chemin artistique.


Pendant les 10 années suivantes j'ai oublié ce chemin, tout d'abord dans le bonheur qu'offrent les enfants, puis le bénévolat, un peu de politique, puis le travail et les entreprises que j'ai créées, comme autant d'enfants supplémentaires.

Puis premier clash en juillet 2006 lorsque R. nous a une nouvelle fois entraînés dans le puits sans fond de son manque de reconnaissance. Déménagement, choc à l'arrivée, début d'une dépression invisible. Le jeu m'a sauvée. J'y ai retrouvé via le RP le chemin de l'écriture.



Alors que s'est-il passé entre Héloïse et moi, en cette fin d'année 1997. Quel cadeau empoisonné lui avais-je fait qui continuait d'alimenter cette relation étrange car passionnelle ?

Cette nuit j’ai pu enfin, je crois, en mettre à jour l’essence intime. Et c’est elle, avec son écoute et ses réactions, dans un échange puissamment empathique et bienveillant, qui m’a aidée à trouver les mots pour le dire.


Tout enfant naît d’un désir, bien avant même sa conception, Françoise Dolto l’a très bien expliqué. Or le désir qui a porté Heloise était le feu ardent qui brûlait en moi, cette virginale réalité dont parle Nasio, énergie qui aurait dû se matérialiser dans l’écriture, feu ardent que j’ai délibérément “éteint” ou plutôt…. enfoui en elle.

Voilà pourquoi nous sommes si proches, voilà pourquoi il n’y a qu’avec moi qu’elle puisse, pour le moment, vraiment échanger sur l’Art et sa pratique personnelle qui tourne autour de l’image, du corps féminin, du volume, des lignes. Voilà pourquoi elle rompait avec son dernier amoureux en même temps que je rompais avec M. Voilà pourquoi elle vient, il y a une heure de m’envoyer un SMS avec un smiley de grand sourire pour me tenir au courant de cette rencontre avec le jeune homme qui va donc alimenter ses rêves pour un certain temps.

Le désir d’enfant n’est pas un désir d’enfant, je l’ai dit, et même écrit ici. Il me semble qu’il est essentiel, pour eux, de réussir à clarifier ce qu’il sous-tend en nous, pour leur permettre de vivre sans le poids de nos désirs enfouis.

Ce matin, je l’ai réveillée avec quelques vidéos que j’ai posées ici, comme All is love, puis je lui ai préparé un petit déjeuner en musique et cela lui a permis de faire baisser le stress qui la tenaillait. Elle m’a remerciée de la soigner si gentiment. Mais je lui ai rappelé que c’était tout autant moi que je soignais.

Et c’est ainsi que l’Amour nous délivre.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Dim 26 Nov 2017 - 19:52

“La rencontre est la métaphore de l'inédit lorsqu'il se pose derrière vous un instant et vous souffle une proposition illicite. (.....). Car tout de même, quelle plus belle expression de l'inédit que l'amour, quand rien ne se passe comme nous l'avions prévu, imaginé, voulu, et que pourtant nous nous sentons délivré du poids de l'attente et enfin reconnaissant"
in En cas d'amour - Psychopathologie de la vie amoureuse, de Anne Dufourmantelle, Rivages Poche, page 85.

Hier ma fille est revenue transformée de sa journée avec ce jeune homme qui s'était déclaré il y a 5 mois mais dont elle ne voulait pas jusque là.

Se tenant plus droite, parlant plus posément, les traits détendus et souriant sans ostentation, pleine d'une assurance douce que je ne lui connaissais pas, belle et non plus seulement jolie, Femme.

En une journée l’hyper-sensible un peu gauche dans son corps bien trop goût rond à son goût, s’est transformée en une jeune fille dont le visage encore enfantin laissait transparaître une maturité nouvelle, une jeune femme toujours aussi peu expérimentée, mais qui se savait désirée et en accueillait sereinement toutes les inconnues.

Une journée toute simple de promenades dans la ville, sept heures de regards silencieux et de soupirs de contentement, de sourires et de petites explications sur leurs ressentis face au monde, de mises au point sur les 5 mois passés, l'un à espérer puis désespérer, l'autre à lutter contre le glissement qui s'opérait en elle, une journée de gestes et de paroles, simples et comme allant de soi.

Je n'y étais pas mais ses paroles m'y ont transportée. Ces deux là se sont accordés parfaitement, dans une connexion vibratoire qui s'explique à peine.

“C’est fou”, me disait-elle, “c’est tellement évident. Nous sommes tellement similaires qu'il n'y a pas besoin de mots pour se comprendre, mais en même temps nous sommes bien différents, et ça décuple ce que je ressens. Par exemple, on est touchés par les mêmes choses, un nuage, une scène, la lumière sur le pont, mais on ne le ressent pas pareil et ce qu'on en partage se complète".

Un peu plus tard dans la soirée elle s'étonnait de ne plus ressentir le stress, le manque, et même la douleur parfois exquise qu'elle éprouvait avec son précédent amoureux, en l'occurrence le premier. Pourtant, tout dans son discours indiquait que le désir était bien présent. Désir qui n’a fait que s’amplifier tout au long de cette journée de dimanche.

Elle est repartie chez elle vannée, comme choquée par cette évidence qui la prise depuis hier.  Elle croyait le connaître, mais elle en ignorait tout. Pourtant ce soir elle l’aime. Et c’est aussi brut que ces quelques mots écrits sur un mur.


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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Lun 27 Nov 2017 - 13:26


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“Toute rencontre (vraie) est le récit d’une Annonciation. Qui annonce la vie avec la parole. Du moins ce que l’on se représente par la parole, quelque chose qui vous féconde sans vous toucher, qui nécessite d’être accueilli, emporté, qui essaime plus loin cette parole pourtant destinée à vous seul" évoque la psychanalyste Anne Dufourmantelle dans son passionnant essai.

Je me sens stupide ce matin, stupide de ne pas cesser de penser, ou plutôt de songer, à cette rencontre fugace mais néanmoins intense, samedi, avec ce voisin que je connais un peu.

Je ne cesse de songer aux regards silencieux, puis aux paroles anodines, échangées au milieu d’un groupe d’inconnus, regards et paroles qui laissaient entendre, ou même espérer, qu’une autre rencontre, tout aussi fugace mais peut être plus aboutie, pourrait avoir lieu prochainement.

Que s'est-il passé, tandis qu'il stationnait quatre mètres plus loin, discutant avec un homme de façon audible, lui répondant verbalement mais me regardant moi, comme si j'étais cet interlocuteur, et finalement me souriait, sans même le vouloir.

Que s'est-il passé ensuite quand je suis allée le saluer au moment de mon départ, et qu'il a évoqué une prochaine rencontre, n'osant pas me regarder dans les yeux, sous le regard amusé de l’autre homme qui, lui, cherchait mon regard.

Que nous sommes-nous dit, en silence, en regards, en postures flottantes et néanmoins sensibles, affûtées et ultra présentes.

Je ne sais pas. Mais d'en rêver inconsciemment les possibles me rend à mes propres yeux, stupide et pathétique.

Car si je me laisse rêver, éveillée ou endormie, car j'en ai rêvé cette nuit, et si je tente d'avoir un regard objectif sur cette rêvasserie, je me laisse croire qu'il y avait un appel, une demande, un espoir, une attente, du désir, quel qu'il puisse être.

Serait-ce cette Annonciation dont parle Anne Dufourmantelle ? Des paroles qui me fécondent, comme d'autres que je cueille ici. Des particules élémentaires qui ont pour vocation d'essaimer, d'emmener le Désir plus loin, en moi, en toi, en lui, en elle, en vous.

Et me voilà avec ce sentiment de stupidité, que je cherche à contourner, détourner, dépasser, en l'écrivant, le partageant, essaimant.

Peut-être est-ce alors effectivement un pas esthétique sur le chemin de mon identité intime et réelle.

Après tout je me suis laissée prendre dans ma nuit pour être ramenée au jour. La guerrière en moi, celle qui vit aux yeux de tous, est allée chercher l'enfant terrorisée qui attendait son heure. Depuis, je tâche d’en accepter les craintes, les errements, les terreurs, les rêves, les passions, l'exaltation de chaque instant.

Après tout, peut-être suis-je guidée par les fées...

“Les fées ont été inventées pour répondre au saccage. [....] Les fées sont substantielles. Elles nous offrent la douceur là où le chemin se brise et que le terrain, trop accidenté, ne permet plus d'avancer. Dans chaque adulte, il y a un enfant, et dans chaque enfant un guerrier. Un enfant plus ou moins abîmé qui n'oublie pas. N'oublie jamais la terreur qui l'a traversé et l'attente qui l'a porté. Nous, les grandes personnes, sommes redevables envers cet enfant-là qui en nous porte cette mémoire hors mémoire d'où vient la possibilité de créer, d'aimer, de s'étonner. Vous verrez, si vous l'observer attentivement, qu'il garde, dans un recoin de sa peur, la possibilité d'une fée" En cas d'amour - Psychopathologie de la vie amoureuse, Anne Dufourmantelle, P. 169.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Mar 28 Nov 2017 - 17:41

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Hier soir, peut-être par désœuvrement, peut-être par expectative, sûrement avec un espoir quelconque,  j'ai eu la mauvaise idée de plonger dans le forum pour lire ici et là ce qui se pense du côté des ZCiens.

Mauvaise idée car à part quelques trop rares personnes qui  tentent de voir ce que le monde a de beau à offrir, essaient d'avancer ou de rebondir, malgré leur souffrance, j’ai trouvé beaucoup de cynisme, larmoiement, rage vengeresse, complaisance, critiques acerbes et autres joyeusetés. Beaucoup de textes qui m'ont blessée ou agacée, car même si cela ne m’est pas adressé, certaines réactions me touchent plus qu'il ne faudrait. On ne se refait pas.

Mais cela m'a aussi permis de sentir de nouveau intimement pourquoi la majorité des membres inscrits sur forum n’écrivent pas. Des fois qu’il y ait des réactions autour de leurs propos qui les touchent bien plus que nécessaire….

D'où ma conclusion nocturne, mais que suis-je venue faire dans cette galère, et surtout pourquoi j’y reste.

Ce matin j'en étais là, me questionnant sur la pertinence de ce fil, lorsque je retombe sur la célèbre phrase culte de L'Internationale Situationniste, phrase donnée en exergue d'un chapitre sur la personnalité de Gaston Lagaffe  (dans une BD sur Lagaffe et la philo, Hors Série de Philo Mag) “ Nous ne voulons pas d'un monde où la garantie de ne pas mourir de faim s'échange contre le risque de mourir d'ennui”.

Voilà une phrase qui me parle, vague écho de ma jeunesse militante, de mes émois d’adolescente découvrant le monde et même de mon premier mariage, catastrophique à bien des égards, mais le père de mon premier fils se disait “situ” (en fait un vrai cossard mais qui a de la constance dans ses idées, ce que je trouve respectable) et celui qui m’a tout de même permis de sortir de mon enfance à rallonge (pour ne pas employer de mot qui fâcherait).

Voyons voir, me dis-je tout en me préparant pour le boulot, si je peux appliquer cette formule à ZC.

Cela pourrait donner "Je ne veux pas d'un forum où la garantie de ne pas mourir de disette sociale s'échange contre le risque de mourir de tristesse devant ce qui s’y écrit”. Ou bien encore " Je ne veux pas d'un forum où la garantie de ne pas mourir d’ennui s'échange contre le risque de mourir de rage”. Ou… les possibles sont innombrables. Comme ZC finalement.

Au final, ZC c’est ce que l’on en fait, me suis-je dit petit à petit.  Et c'est donc tout autant à moi de lui donner la couleur qui me convient.

Et puis … n’ai je pas retrouvé ici Genesis et leur musique qui, je ne sais pourquoi, a le don de “m’envoyer en l’air”.

Et voilà mon mot du jour écrit quand même ! *grand sourire de satisfaction*

Mais pour clore ce billet quotidien, voilà une autre musique, qui m’accompagne juste en ce moment et m’emporte au septième ciel ou quasi, bande son d’un film formidable d’optimisme et de joie non béate. Enjoy.


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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Mer 29 Nov 2017 - 19:08

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Petite étincelle de joie ce matin en lisant un fil de présentation comme le mien.  Il était question de certaines personnes qui étaient comme des  lumières et d'autres comme des ombres, les secondes profitant parfois des premières. Cela a réveillé en moi quelques souvenirs, outre le fait que j’ai eu en tête les paroles de Brel, que j’ai donc déposées sur ce fil.


Lorsque ma fille aînée avait une dizaine d'années, parce qu'elle "dominait" intellectuellement sa classe dans un petit bourg de campagne, mais sans du tout le vouloir, elle a commencé à développer une souffrance scolaire que les enseignants,  non seulement n'ont pas vue, mais ont même accentuée en lui reprochant de se taire alors qu'elle avait la réponse.

Fragilisée, elle a alors petit à petit attiré à elle ceux/celles de ses camarades qui cherchaient une victime comme bouc émissaire.

Début de sa période de harcèlement scolaire, un processus que beaucoup connaissent ici, qu'ont vécu tous mes enfants et que je n'ai malheureusement pas su toujours bien gérer, en son temps.

À ma décharge, ce qui se passait en famille était tellement protégé et joyeux, parce que pour moi c'était vital,  que la maison et la fratrie qui y vivait formaient un vrai cocon qui permettait d'oublier tout ce qui se passait dehors, y compris les divers prédateurs d’énergie.

Mais ma fille souffrait suffisamment pour que j’éprouve le besoin de l’aider. Alors je lui ai proposé cette métaphore qui est devenue pour nous une sorte de ritournelle maintes fois revisitée  : elle était comme un soleil, ultra brillant, qui, de ce fait, attirait tous ceux qui rêvaient de lumière, ce qui en soi pouvait être porteur de joie. Malheureusement, parmi ces enfants, se trouvaient ceux qui vivaient dans l'ombre et n'en voulaient pas sortir, cherchait un soleil pour se mettre en orbite, tentant pour survivre de lui voler sa belle Énergie, ce qui affectait le soleil. Elle devait donc apprendre à supporter leurs attaques sans s'éteindre.

Comme souvent, facile à dire mais difficile à faire....

Elle a traversé cette période en grande souffrance mais sans vraiment le montrer. Elle s'en est apparemment sortie puisqu'elle a finie ingénieure Arts et Métiers, mais elle à fait une belle dépression lors de son premier job de chef de projet dans la robotique. C'est là qu'elle a découvert sa zébritude et c'est donc elle qui a donné sens à toute notre vie décalée, la mienne y compris.

Malgré ma ritournelle, j’étais en partie passée à côté de sa souffrance, car je l’avais en quelque sorte minimisée. Ayant réussi à transcender ma joie de vivre communicative grâce à mes enfants, je n’avais pas compris que de leur côté, seuls face au monde, ils n’avaient pas mon expérience de vie et se trouvaient démunis.

Elle me l'a reproché, m’a rejetée, s’est détachée de moi, m’accusant de l’avoir mal comprise, mal aimée.

Alors je n’ai eu qu’une seule solution, continuer à l’aimer, mais de loin, en silence, et attendre.

Je lui ai demandé pardon, puis je l’ai laissée refaire son chemin vers moi, sans imposer une quelconque présence.

Trois ans plus tard, c’est en devenant maman elle même qu’elle a pris conscience de ce qui nous séparait.  Classique. Nous sommes redevenues les meilleures amies du monde, nous nous ressemblons tant.



Tout ça pour dire que l’on a beau saisir ce qui se trame pour soi-même, tenter de le métaphoriser pour partager, il est parfois impossible d’aider si ce n’est en aimant, même de loin.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Jeu 30 Nov 2017 - 16:26

"L'art nous est donné pour nous empêcher de mourir de la vérité" écrivait Nietzsche qui expliquait que l'art donne à sentir "tout ce qu'il y a de terrible, de cruel, d'énigmatique, de destructeur, de fatal au fond de l'existence" et donc d'espérer ainsi pouvoir y survivre.

Vision apocalyptique ou réaliste de notre passage ici bas ?

Question de sophiste, surtout ici où une bonne partie des membres de ce forum, moi y compris bien sûr, peinent chaque jour, un peu plus ou un peu moins, à simplement vivre avec un minimum d'ouverture et d'espoir, pour arpenter avec une joie toute relative ce monde si difficile à accepter en l'état.

Pourtant c'est typiquement ce genre d'aphorismes qui m'accompagne et me soutient, m'obligeant à ne pas me perdre, m'oublier, éteindre la petite flammèche qui s'est réanimée ici même.



Un lecteur, je n'ose dire encore un ami, me demandait hier soir en privé si je continuais à réfléchir ou même à travailler sur le fameux roman que je porte en moi, celui de mon histoire si particulière sur le jeu.

Las, suis-je aussi faible dans mes intentions ? Est-ce encore un désir laissé à l'abandon ? Oui. Et non.

De fait, même si je n’y travaille plus, j'y pense sans cesse. Ce patchwork de textes déjà écrits (et à venir) m'habite, me hante, me travaille, et il est évident que d'y songer, en sous-sol ou sous-bassement de ma personne, participe justement de cet art qui nous aiderait à ne pas mourir de la vérité.

Cela signifierait alors que ce roman n'aura jamais d'existence autre que rêvée, qu’il n’a pour vocation que de me tenir la tête hors de l’eau sombre de mes errements  ?

Parfois je l'admets, en mon for intérieur, et immédiatement après je me morigène avec dureté, car je suis d'une exigence parfois folle quand il s’agit de moi.

Alors la guerrière gronde l'enfant, après l'avoir pourtant aidée à sortir de « la cave » où elle se cachait. Et je me retrouve triste, à pleurer sur mon sort, sur ma solitude, sur mon échec, tout en me regardant faire et me moquant de moi. Il n'y a pas plus grand ennemi que soi-même, c’est bien connu.

C'est dans ces moments là, somme toute assez fréquents, que les livres viennent à mon secours. Mais en cela, rien d'extraordinaire, c'est dans l'air du temps nous dit Alexandre Gefen , chercheur au CNRS qui vient de publier un essai sur « Réparer le monde" grâce à la littérature (entendu sur FQ à la Grande Table). *

Aller chercher des réponses dans les livres ou les écrits des auteurs passés ou présents est un mode de pensée aussi vieux que l’écriture. Et lire les philosophes est aujourd’hui remplacé par une littérature peut-être plus facile, moins conceptuelle, plus pratique ou narrative, mais le besoin reste le même, qui est de rechercher un soutien chez celui qui aura su exprimer ce qui nous travaille.

Si cela est, et si ce qui m’est arrivé dans le jeu peut un jour soutenir un autre, alors je me dois de finaliser ce texte, en dehors de toute considération artistique personnelle, voire même financière.

Or justement…

Depuis trois ou quatre jours, je me suis remis à faire un peu de RP, avec l’espoir, vague mais néanmoins présent (et de cela je ne suis pas fière), que mon « danseur » de cet été, qui réapparait de plus en plus souvent et a lui aussi créé un nouveau personnage, revienne RP.

Mon personnage est une jeune brunette aux cheveux courts, peau bien bronzée, vêtements simples, que j’ai laissée déambuler en ville sans autre volonté que de voir ce qui venait à elle.

Au fil des rencontres j’ai pu remplir ce que l’on appelle la fiche du personnage sur un add-on utilisé par tous les rôlistes. La voilà donc dotée d’un début d’histoire et je ne vais pas tarder à vouloir lui écrire des textes qui raconteront ses aventures.

L’idée m’est donc venue d’en faire un condensé de tout ce que j’ai déjà vécu sur ce jeu, et de lui demander de raconter, via son évolution, tout ce que j’en ai appris. Je me connais, la motivation viendra réellement si « le danseur » revient jouer, ou si ma brunette fait une rencontre « intéressante ».

Mais c’est une idée pour me remettre en route sur ce roman auto-fictionnel. Et cela ne peut être foncièrement négatif car cela remplit le vide laissé par l’absence de l’Autre, quel qu’il puisse être.

Ainsi le désir d’écrire me permet de ne pas sombrer dans l’horreur du réel.







* Dans Le Monde Diplomatique, Aliocha Wald Lasowski commente le livre d’A. Gefen ainsi : “Réparer le monde, c’est comme le rappelle Alexandre Gefen, un geste essentiel de la mystique hébraïque : tikkun olam. Ce geste traverse, selon l’essayiste, l’ensemble de la littérature d’aujourd’hui, pour sauver et prendre soin, soigner les traumatismes et intensifier notre empathie. À rebours des expérimentations formalistes et des revendications expérimentales, la littérature présente renoue avec un souci de dire le monde et de toucher le lecteur, avec une vive inquiétude éthique. C’est là un paradigme thérapeutique ou clinique, qui est « comme une manière de demander à l’écriture et à la lecture de réparer, renouer, ressouder, combler les failles des communautés contemporaines, de retisser l’histoire collective et personnelle, de suppléer les médiations disparues des institutions sociales et religieuses perçues comme obsolètes et déliquescentes à l’heure où l’individu est assigné à s’inventer soi-même. » (…)
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Ven 1 Déc 2017 - 19:04

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Il y a trois jours je me suis fait couper les cheveux, un peu, avec l'envie de changer de tête, retrouver un peu de peps et rendre potentiellement visible cette petite flamme intérieure qui m'anime de nouveau.

Est ce parce que la coupe me change vraiment ou parce que cela m'a redonné le sourire, voilà que la plupart de mes étudiant.e.s l'ont remarqué, m'ont complimentée, certain.e.s me qualifiant de "ravissante", et d'autres, carrément plus libres ou mutins, me "draguant" devant les autres au risque de se faire chambrer.

Bien évidemment je ne suis pas dupe sur ces compliments et je suis bien consciente que ces jeunes gens ont bien cerné que je reste bienveillante et amusée par leurs tentatives de me "charmer", que leurs paroles n'ont aucun but réel et n'ont d'autre incidence que de me faire sourire voire rire. Mais...

Mais me voilà repartie à regarder dans la rue les jeunes hommes et non pas ceux de mon âge... Or c'est un vrai problème ! Car comment vais je pouvoir rencontrer celui que j'ai "commandé" à Monsieur Univers et Madame Énergie si je ne suis pas en mesure de le voir !

Ce matin, consciente du retour d’un travers bien réel (on ne fréquente pas depuis dix ans des joueurs et des étudiants sans en avoir pris le goût), je me suis donc efforcée de regarder les passants afin de sentir ce qui pouvait me poser problème avec les "vieux".


….


Il y a quelques années, j’ai usé d’un argument peu glorieux pour manifester mon mécontentement face à l’ennui de ma vie maritale…

Mon ex-époux avait alors 40 ans. Cadre dans le service communication d’une grosse entreprise, il subissait une fusion de cette entreprise avec une autre, plus grosse encore, et ne cessait de geindre sur les responsabilités qu'on ne lui confiait pas, car un autre cadre, du même âge mais de l’autre entreprise, soit disant bien plus "vantard" que lui (et donc plus à même de plaire à la direction), avait récupéré la responsabilité du nouveau service de Com.

Je n'en pouvais plus de l'entendre se plaindre, mon écoute et ma bienveillance ne servaient plus à rien, et, agacée,  j'ai sorti le seul argument qui m'a paru pertinent sur le moment... Je lui ai dit, dans un sursaut de franchise agacée,  qu'il fallait qu’il se ressaisisse car “il ne me faisait plus bander”.

Électrochoc, il s'est réveillé, pour quelques temps, mais bien vexé, ce qui n’était pas mon souhait.


….


Me souvenant de cet épisode peu reluisant de ma vie maritale passée, je continuais de réfléchir en observant les hommes d’âge mûr que je croisais.

Qu'avaient-ils perdu qui les rende moins séduisants à mes yeux ? Leurs cheveux grisonnants, leur calvitie, leur démarche plus posée, leur allure plus massive ?

Petit questionnaire amusé, aux réponses bien plus complexes qu'il n'y paraît.

Car ce n'est pas le visible qui pose problème. De fait, peu importe le physique, il s'agit bien d'autre chose, d'intérieur, d'intime et de diffus. Il s'agit d'une énergie qui les a plus ou moins quittés. Tout simplement. Comme si, passé un certain cap, il y avait une sorte de fatalité qui les prenait, une assurance qui les lâchait, une peur qui les tenaillait, une évidence intime mais inconsciente qui leur faisait craindre le pire et les éteignait.

Et cette évidence est à mon sens très simple : contrairement aux femmes qui peuvent mettre au monde (même si elles ne le souhaitent pas, elles savent qu'elles en ont la capacité), les hommes n'ont pas cette certitude biologique qui remplit d'une assurance simple : le but ultime de tout être humain est de participer activement à la survie de l'espèce. Même sans avoir trouvé “le sens de sa vie”, nous voilà assuré.e.s de n’être pas venu.e.s ici bas pour rien. Or n’oublions pas que certaines études ont montré qu'aux temps très anciens les hommes ne se pensaient justement pas acteurs de cette survie.

Il me semble que c'est ce qui mine les hommes qui prennent de l’âge, les trompe, les convainc de l'incommensurable importance de leurs attributs sexuels, les pousse vers la compétition, sociale, professionnelle, financière, jusqu’au désir de se battre, quand cela ne les incite pas à s'entretuer. Seuls ceux qui créent, de quelque manière que ce soit, dépassent cette souffrance, car je ne doute pas que cela en soit une.

Peut-être alors est-ce ce qui expliquerait pourquoi certains hommes, passé un certain âge et venue l'heure du bilan sur l'absence de reconnaissance que donne toute forme de création, se replieraient sur une virilité visible et vérifiable au travers de leur sexualité, les rendant presque pathétiques, et en tout cas moins “attirants” que les jeunes gens qui, dans leur innocence, ont cette légèreté qui les rend charmants.

Serait-ce alors ce que je cherche dans le regard ? L’étincelle qui montre que celui qui est face à moi, vit toujours avec cette joie présente ou à venir de la création, ne serait-ce que de sa propre vie, qu’il est donc bien vivant, et prêt à vivre intensément jusqu’à son dernier souffle ?

De fait, je n’en sais rien ! Mais cela me questionne.


Quoi qu’il en soit, hier soir j’ai pu vivre une très jolie session de RP,  sur mon jeu préféré. Nul doute que le joueur soit d’une autre génération que la mienne, mais après tout qu’importe l’âge, puisque la rencontre était belle.

Demain, je tâcherai de raconter ce petit moment qui m’a mise en joie.
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Message par Fleur de Lotus le Sam 2 Déc 2017 - 16:03

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Rencontre très intéressante jeudi soir, qui s'est vérifiée hier soir, sur le monde virtuel où je peux être moi-même bien plus que dans la vraie vie.

Et bien que je sache pertinemment désormais que je ne dois rien en attendre de plus qu'un agréable moment d'échanges, ce qui se passe là me semble susceptible d'apporter des réponses à certains de mes questionnements.

Car c’est suite à un échange de sourires entre deux personnages, qu’un certain "Jacob" est venu voir de plus près si ma petite brunette avait de la conversation. Et c'est de ce petit rien du tout qu'est venue une rencontre qui m’a mise en joie deux soirs de suite.

Explication.

Nous nous étions croisés sans nous connaître dans la capitale des Humains, jeudi soir vers 21h20. Sourires échangés, clin d'œil du garçon, rougissement de la fille, rien d'original, ce sont des codes que les rôlistes connaissent bien, l'un et l'autre continuant sa déambulation dans la ville.

J'avais eu le temps de me poser un peu plus loin, face au port. Il était 21h30, je corrigeais des copies tout en zieutant de temps à autre le jeu - suivant aussi bien, grâce à ma ma liste d'amis, l'avancée PVE du nouveau personnage du "danseur" de cet été, que je nommerai désormais L., que les allées et venues RP sur la capitale où je stationne - lorsque, marchant très certainement à la recherche de ma brunette, apparaît le personnage masculin croisé plus tôt.

Là, sans doute parce que je suis "open" et de bonne humeur (sinon à quoi bon aller chercher du RP, personnellement j'évite) j'entreprends de répondre du tac au tac à ses avances non dissimulées : il s'ennuie, comme beaucoup, et vient conter fleurette à une belle, des fois que.... L’ERP est une pratique très répandue et fort bien acceptée sur ce serveur.

L'échange devient vite amusant et le joueur (ou la joueuse, allez savoir, puisque je joue moi aussi parfois des hommes) réussit à piquer ma curiosité, me donne envie de lui accorder ma confiance d'un soir et voilà ma brunette qui accepte de le suivre.

Je ne savais rien de lui, n'avais aucune idée de ce qu'il comptait faire (me pousser dans un coin sombre étant la probabilité la plus forte mais je sais me défendre), mais je me suis laissée emmener dans un RP qui a finalement été d'une fraîcheur telle que cela m'a réellement mise en joie.

Il me semblait bien sur le moment qu'il (ou elle, mais c'est un personnage masculin donc ce sera "il") en était lui même étonné et j'ai pu le vérifier hier soir, pour lui aussi c'est une vraie rencontre.

Du coup, alors que j'avais prévu de finir mes corrections, me voilà prise dans le RP, amusée par sa proposition, étonnée par la fluidité du moment et la pertinence des mots échangés.

Tout en interagissant,  je commence même à peaufiner ma persona, et ma brunette prend vie face à ce “jeune branleur" comme il l'a indiqué sur sa fiche de personnage.

Il m'emmène “tout en haut d'une tour”,  dans un RP travaillé qui montre que j'ai à faire à un rôliste confirmé malgré les quelques fautes de grammaire qui émaillent régulièrement ses phrases. Et nous voilà à discuter de sa façon d'être. Il joue les dragueurs blasés et je le démasque : s'il affiche autant ses conquêtes, c'est qu'elles n'ont aucune valeur et qu'en fait il s'ennuie. Bingo ! Le personnage se dit “désarçonné par notre conversation”.

C'est là que je comprends que le joueur est lui même touché. Car il sort du RP, passe en HRP en écrivant entre parenthèses (c’est un code entre rôlistes) et me donne un lien sur une vidéo qui représente bien selon lui son personnage : la chanson Andy des Rita Mitsouko.

Là, il me fait rire, moi la joueuse, et je le lui dis. Une nouvelle complicité s'installe, qui dépasse donc le RP.  Complicité qui va se vérifier par la suite, hier soir, dans une nouvelle session particulièrement amusante et pleine de sincérité, et même ce matin avec un petit échange de mots anodins.

Et voilà comment ces échanges somme toute assez courants entre joueurs, et surtout entre rôlistes, nous entraînent les uns vers les autres, dans une sorte d’addiction au jeu, ou plutôt à une autre vie, plus simple, éthérée mais néanmoins intense et sincère, sur un monde virtuel.

Car, derrière chaque personnage RP il y a toujours un joueur qui cherche à vivre "quelque chose d’autre”, un moment hors du temps et pourtant très humain. De fait, parfois, la connexion créée en RP dérive petit à petit vers une autre connexion, plus vraie que dans la vraie vie car sans artifices et c'est alors que l'alchimie opère. Une amitié virtuelle s’installe peu à peu, plus ou moins forte, mais toujours sincère car sans faux self, et ce malgré le masque affiché, celui du personnage.

Dans ce genre d’amitié qui se contre-fiche de l’âge, du statut social, du genre, du vécu, et où se mêlent respect de l’autre et de son anonymat, complicité littéraire et fictionnelle, solitude existentielle plus ou moins conscientisée et partagée le temps d’une session, les deux “amis” qui se découvrent le font avec une sensibilité qui ne peut souvent pas se dire dans la vraie vie.

Ici il n’y a d’interface sociale que codifiée par des générations de rôlistes, depuis les geeks quarantenaires ou même cinquantenaires qui jouaient à Donjons & Dragons dans les années 80 à 90 jusqu’à leurs enfants qui cherchent dans le jeu de rôle de quoi égailler leurs vies.

Ici, même un asocial invétéré du monde réel, pour peu qu’il ne soit pas idiot (et ils sont souvent très intelligents par ici), va vite comprendre les codes que tout le monde apprend, accepte et suit. Ici, il va pouvoir réellement vivre.

Un comble, mais c’est sans doute ce qui fait que c’est aussi bon…
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Message par Fleur de Lotus le Dim 3 Déc 2017 - 13:38

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IRL fort sympathique hier soir et comme j'ai cru comprendre qu'aucun d'entre eux ne me lisait, ou peut être un seul, je vais pouvoir me lâcher *l'écrit avec un sourire amusé*

Un repas de "vieux" donc, enfin si j’omets le trentenaire qui tâche de se fondre dans la masse grisonnante des quinquas. Ce qu'il réussit parfaitement je dois dire ! Avec ses tempes  grises ("tu es sur que tu ne les décolores pas un peu ?" lui a-t-on demandé hier soir en blaguant) et sa barbe vaguement argentée (ce serait du vice, là, que de la teinter...) on en oublierait presque sa jeunesse officielle.

Il faut dire aussi que j'ai tout de même le sentiment qu'une des plus grandes chances du zèbre, ou peu importe le nom qu'on lui donne, est certainement de conserver ad libitum son âme d'enfant, pour peu qu'il ne subisse pas les effets d'une dépression qui ne veut pas se faire oublier...

De fait nous avons tous beaucoup ri et rien ne différenciait véritablement le trentenaire des autres en la matière.

Du coup me revient dans la tête cette problématique cruciale s'il en est : quel l'âge devrait donc avoir mon amoureux des ... allez... 40 prochaines années, soyons fou.

Ce n'est pas une question de mentalité ou d'expérience, comme je viens de le dire. Ni de physique comme je l'ai écrit déjà ici. Alors ? Quoi ?

Pour y répondre je suis obligée de faire appel à mon expérience passée.

En dehors de toutes considérations de genre dont j'ai parlé ailleurs, M. était dans sa trentième année lorsqu'il m'a poussée à le virer. Et s'il l'a fait (et admis par mail plus tard) c'était parce qu'il souhaitait vivre d'autres aventures, faisant référence à toutes les aventures que nous avons pu expérimenter et finalement vivre grâce au jeu.

De quel genre ? Amoureuses ? Non, pas vraiment puisque nous avons su les diversifier pendant six ans  (j'en parlerai peut-être un jour, domination, soumission, etc).

En fait il s'agissait bien d'une aventure d'amour mais toute autre : la paternité.  Une aventure à laquelle j'avais déjà songé en parlant d'adoption avec lui, mais qu'il avait rejetée catégoriquement, persuadé qu'ayant déjà vécu “à son corps défendant” la maternité, aucun désir d'enfant ne viendrait s'immiscer entre nous.

C’est pourtant sa nouvelle identité d’homme qui l’a emmené sur ce chemin… Et je ne peux que lui souhaiter d’y trouver le bonheur et la fierté de pouvoir se sentir père, surtout avec le fils dont il rêve depuis toujours.

Donc voilà le hiatus. Et il est de taille.

Un homme plus jeune que moi aura nécessairement envie, à un moment ou un autre, même s'il est persuadé du contraire, tout comme M., de devenir père. Un homme plus âgé sans enfants pourrait d’ailleurs avoir le même genre de désir, mais celui là se tournera de base vers une femme manifestement en âge de procréer, et de fait je ne risque rien de ce côté là.

Mais l’âge est donc tout de même bien un problème. A moins que le cas de M. soit particulier du fait de son changement d’identité ? Je ne sais pas. Mais cela met de l’eau dans mon moulin à pensées, c’est indéniable.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Lun 4 Déc 2017 - 12:13

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Une nouvelle semaine, les cours reprennent et cela devient compliqué de me motiver. J'ai beaucoup moins la foi qu'auparavant, c'est indéniable.

Alors, c'est une réalité que je m'efforce de ne pas exagérer ou dramatiser, les étudiants d'aujourd'hui sont souvent tristes, un peu vides et peu motivants, et ceci pourrait expliquer cela. D'ailleurs j'en parle ici et là et encore samedi soir lors de cette IRL si agréable.

Pourtant... je me dois ici d'être honnête. C'est le but du jeu dont j'ai moi même fixé les règles : auto-analyse, réflexivité, auto-dérision bienveillante et volonté d'avancer dans le vrai, dans les grandes lignes.

Et donc, force est de remarquer, me concernant, que cette motivation a tout de même fortement diminué après ma rupture avec M.

Bien sûr j'ai rebondi, émotionnellement parlant, d'abord avec le jeu qui m'a permis de faire de belles rencontres, virtuelles mais douces, comme celle du "danseur" mais aussi juste avant lui un autre quarantenaire qui a lui aussi disparu du jeu mais lui, par envie de me voir, assumée, et crainte de ne pas savoir s'empêcher de foutre en l'air son mariage, puis avec ZC qui m'a incitée à me dévoiler et me remettre en route.

Mais je suis bien obligée d'admettre que me plaindre de ce métier que  j'apprécie, globalement, ne me ressemble pas.

Ce n'est pas moi, cette personne qui baisse les bras, geint sur la perte de sens des nouvelles générations, renâcle à réanimer la flamme. Non, ce n'est pas moi.

Et si j'agis ainsi, je n'en vois qu'une seule raison, je suis bien plus touchée intimement que j'en donne l'air, même à moi-même.

Je serais donc répartie sur un faux-self. J'ai retrouvé ma joie de vivre sociale mais il y a maldonne ou tromperie, et elle se voit dans cette perte de motivation à aller porter la bonne parole.

D'ailleurs, si je continue cette introspection en quête de vérité, je le vois, je le ressens, ces étudiants qui m'ont agacée, blessée, déçue, aujourd'hui ils ont changé. Ils me regardent et ils me voient. Ils guettent mes sourires, attendent mes regards et espèrent mes rires. À leur façon et de là où ils sont, aujourd'hui ils m'aiment. C'est un fait que je ne peux nier,  et me cacher derrière leur attitude désinvolte des premières semaines n'est pas leur rendre justice.

Je suis triste, oui, mais d'autre chose....

Ce matin j'ai reçu un courriel de mon ex-époux, au sujet d'une SCI que nous avons en commun et dont il avait promis de se défaire en donnant ses parts à tous nos enfants, l'aîné y compris alors qu'il n'en est pas le géniteur.

Dans son courriel il se réjouit de "retrouver toute sa bande" (nos enfants) en ma compagnie pour Noël.

Et là, bien évidemment, j'en ai éprouvé de la douleur, vite remisée, vite cachée, vite niée derrière le travail en cours.

Mais voilà qu'elle ressort ici, sur cette page, brûlante, piquante, intense. Et  l’écrire me fait pleurer, mais après tout,  c’est à cela que servent tous ces posts, être moi même dans le secret de l’écriture, quand bien même elle se dévoile en après-coup.


Qu'ai-je fait... Pourquoi me suis-je laissée embarquée dans cette folle histoire avec M... N'aurais-je pas dû me retenir, m’empêcher de tout saborder ... Aujourd'hui, après tout ce que j'ai vécu ces dix dernières années, ne devrais-je pas admettre avoir fait une belle connerie...

On ne revient pas sur ce qui a été fait, dit, acté. Il y a eu beaucoup de souffrance, de part et d'autre et si j'ai agis comme je l'ai fait, je pense sincèrement que j'aurais été incapable de faire autrement. Je mourais à moi-même, c'est un fait. Mais en était-il responsable. Pas plus que moi, c'est évident,  et certainement bien moins.

J'aurais donc pu éviter de saborder le bateau et tenter d'écoper encore et encore, en cherchant ailleurs de quoi alimenter mon feu intérieur.

Mais voilà, je ne savais pas pourquoi j'étais aussi compliquée. Je me pensais folle, bizarre, pénible, pas finie, autiste, berzingue, etc, etc, etc.

Bien sûr j'aurais aimé savoir que toute cette folie s'expliquait d'un mot, d'un acronyme, et j'aimerais croire que j'aurais été capable de m'empêcher de tout saborder. Mais ce serait alors nier ce que m'a apporté M. dont la folie n'avait de garde-fou que mon désir de le voir devenir lui-même.

Alors… et bien c'est arrivé parce que cela devait arriver. Je n'ai plus que cette bonne raison à m'offrir pour huiler les rouages de mon cerveau qui déraille.

Et si cela devait arriver, ce n'est pas pour me punir. Je n'ai plus cette propension à tout soumettre sous le joug de ma culpabilité, "dieu merci". Non, si cela devait arriver, c'était pour que “autre chose” puisse advenir.

Il n'y a que cette idée, somme toute pleine d'espoir, qui puisse me remettre en route aujourd'hui.

Et bien soit, reprenons notre marche, nous verrons bien ce que nous trouverons en chemin...
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Mar 5 Déc 2017 - 18:55

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Tard hier soir j'ai posté, sur le forum du serveur sur lequel je joue, le premier d'une suite de textes qui va raconter l'évolution de mon nouveau personnage, Lyly, une petite brunette.

J'en suis contente, bien sûr, car écrire est toujours bénéfique, mais d'une certaine façon j'en ai aussi peur. Car je sens poindre l'envie de basculer dans la fiction, cette bascule déjà vécue qui risque de m'emporter, entière et fébrile, dans un autre monde.

Dans la soirée, sur le jeu, j'ai de nouveau retrouvé le plaisir de me laisser être moi-même via un personnage, simple, enjouée, positive, vivante. Et j'ai senti combien la dérive vers le RP risquait de me happer.

Tout rôliste est en attente d'une présence qui va lui permettre d'évoluer et de se découvrir au travers de son personnage, même s'il n'en est pas conscient. Car c'est justement cette présence simple, naturelle et "vraie" qui permet à la magie du RP d'opérer.

Or si je réussis à rejouer avec plaisir, je le sais, je vais vite me retrouver face à des joueurs qui chercheront cette présence, et me rendront accro à ces échanges virtuels. Douce spirale de l'addiction aux émotions narratives.

Une chose est sûre, me suis-je alors dit ce matin, si je commence à porter plus d'attention à ce qui se passe sur le forum du serveur qu'à celui-ci, la descente aux enfers du jeu aura commencé.

Et comme je viens de poster le second texte, je me doute qu’en fait, mon immersion fictionnelle a bien commencé….
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Mer 6 Déc 2017 - 19:50

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Ce matin j'ai rippé vers l’autre espace d’écriture, celui de mon regard réflexif via un personnage, puisque j’ai donné la primeur de mon travail d’écriture à la narration de mon RP d'hier soir.

Ce matin je me donc suis sentie dangereusement happée par ce monde virtuel, car je sais que ce que je peux y ressentir sera presque aussi "vrai" et certainement plus intense que ce que je peux vivre aujourd’hui dans mon quotidien de solitaire.

Ce matin je me suis alors dit qu'il me fallait trouver une nouvelle "bonne raison" de continuer à écrire ici. Sinon j’allais m’envoler loin, tout en sachant pertinemment que je ne devais pas car je connais aussi l’illusion du virtuel.

Alors ce matin j’ai lu quelques fils, ici et là, pour tenter d’y voir plus clair.

J’ai commencé à sentir ce que je devais chercher, et cela semblait tourner autour de la correspondance sensible.

Et puis ce midi j’ai reçu un message privé, qui m’a fortement troublée et m’a convaincue que j’étais sur la bonne piste. Puis j’ai réfléchi, un moment, et me voilà.


Que vient-on chercher sur ZC ? L’ Autre qui nous comprend, qui vit dans le même monde, qui a des rêves similaires, avec qui on va pouvoir partager, intimement et dans le vrai.

Qu’est ce qui me fait vibrer, moi. Tout ce qui est sensible, l’écriture bien sûr, mais en fait la narration, quelle qu’elle soit. Que ce soit par les images, les mots, les sons, les gestes, les actes ou les émotions, je suis toujours, d’une façon ou d’une autre, dans la narration, le jeu, la fiction.

Qu’est ce que la narration ? Une façon de se dire, qui passe par une histoire. Courte ou longue, l’histoire, au sens large, est un moyen détourné de se découvrir avec et au travers de l’Autre. Un simple échange devant un café peut constituer un partage d’histoires, qui nous permettent la découverte réciproque.

Comment vivre ces échanges ?

Les IRL sont d’excellents moments de partage qui mettent du rire dans la tête, des étoiles dans les yeux et des rêves pour nos nuits agitées. Mais les IRL ne sont pas quotidiennes, et mon besoin est quotidien. C’est tous les jours que j’éprouve ce besoin d’écrire et il remplit bien une fonction, celle de m’aider à avancer, outre le fait qu’écrire chaque jour est comme faire des gammes. Et les gammes c'est forcément tous les jours. On est pas “Toomuch” pour rien.

D’où cette idée, qui me trotte dans la tête depuis un moment, d’avoir une ou plusieurs  correspondances sensibles.

Qu’est ce qu’une correspondance sensible ? Un ou plusieurs échanges privilégiés avec une ou plusieurs personnes, dans le registre qui interpelle les protagonistes et sur un temps…  qui prend son temps. Ces échanges peuvent être publics ou privés, tout dépend de la nature de l’échange mais aussi de la personnalité des êtres. Certains craignent l’échange public car il est parfois très compliqué de recevoir des réactions imprévues. Or cela arrive très souvent dans un forum. Ces échanges peuvent être amicaux ou vaguement amoureux, genrés ou pas, purement virtuels ou un mélange de virtuel-réel, suivis ou épisodiques. Quoi qu’il en soit, ils seront nécessairement sensibles, bienveillants, et riches d’émotions.

Donc voilà où j’en suis ce soir. Cela ne m’avance pas énormément mais tout de même un peu. Déjà, j’ai pu écrire mon texte du jour, et j’en suis ravie. Ensuite, et bien, il me reste à trouver comment mettre en oeuvre ces correspondances sensibles.
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Jeu 7 Déc 2017 - 12:03

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Ce matin ma première intention était d'écrire pour le jeu et pas ici.

De fait, comme maintenant j'y rejoue tous les soirs et que mon personnage, gentille, vive, enjouée mais libre et franche (en fait ce que je suis dans la vraie vie quand je vais bien et suis en confiance), inspire sympathie et envie d'interagir, il ne m'est pas difficile de trouver du RP, de faire des rencontres, de vivre de petits événements, anodins mais toujours vrais puisque je me laisse réagir "vraiment",  et donc de trouver de quoi raconter.

Mais... il y a cette idée dont j'ai parlé hier sur les correspondances sensibles et ce qu'elle a entraîné comme questionnements sur "comment, où, pourquoi, avec qui, quand" le vivre (le fameux QQOQCCP !).

Or... très récemment, trois ou quatre jours, sur le jeu, j'ai repris contact avec un joueur, 38 ans, zèbre, vif, fou, adorable, dont le personnage principal a longtemps dragué mon personnage du moment, me poursuivant donc de ses assiduités, RP et même HRP puisqu'il ne cachait pas  (et cache encore moins aujourd'hui !) son désir, de toute évidence violent, d'être en contact avec moi, la joueuse.

Il se trouve que ce joueur, animant des personnages masculins hétérosexuels peu avares de câlins est ... une joueuse, qui s'est découverte "bi" grâce au jeu, via la rencontre d'un autre personnage, joué par une femme qu'elle a finalement rencontrée et aimée IRL, bien sûr.

Ce jeu est une annexe de Meetic !!!

J'ai su qui "il" était il y a trois mois suite à une conversation HRP où je m'étais finalement dévoilée et où j'avais raconté mon histoire avec M.

Je pense que devant ma sincérité et la confiance que je lui accordais, elle n'a pu continuer de mentir par omission. Et puis se dévoiler lui a fait énormément de bien, elle a pu exprimer l'amour qu'elle me porte, sans pouvoir l'expliquer, et elle m'envoie aujourd'hui dès que je me connecte des "bisous baveux" ou des "baisers torrides avec la langue bien évidemment" avec un smiley qui amoindrit son texte et me fait rire, mais n’en exprime pas moins sa véritable émotion de me voir arriver. De fait, je sais parfaitement qu'au fond d'elle, elle me désire, vaguement, sans trop le comprendre, et qu'elle espère pouvoir RP avec mon personnage, pour une amitié sincère et plus si affinités. Comme je l’ai déjà dit, l’ERP est une pratique courante ici.

Il y a encore un mois j'aurais été incapable de reprendre contact avec elle, sachant justement tout cela. Pourquoi ? Tout simplement parce que mon entièreté en tout et surtout en Amour m'incitait à ne rien donner qui puisse laisser espérer ce que je croyais ne pas savoir partager.

Bien évidemment je sais faire la différence entre l'Amour que je porte à mes enfants et celui que j'offre à mon amoureux.

Mais c'est entre l'ami, l'amant, l'aimé, que je me perds. Jusqu'ici je ne faisais pas de différence. Si je m'avançais en amitié avec un homme ou une femme aimant les femmes, donc dans une relation où l'Eros amenait toujours en sourdine un parfum attirant, inquiétant, inconnu et de ce fait incroyablement excitant, je reculais, toujours, et certainement de façon incompréhensible pour l'autre en face, jusqu'à être certaine que celui là était le bon, et qu'il n'y en ait pas d'autre, en tout cas au même moment.

Cela me rendait dingue, c'est un fait. Une douce et délicieuse dinguerie dont certains ont bien profité, certainement, mais dont j'ai souffert, plus souvent qu'à mon tour.

Donc j'ai changé, j'en prends conscience aujourd'hui, avec cette adorable Agnès qui me poque dès que j'arrive sur le jeu (tout en prenant tout de même soin de ne pas trop en faire, par peur que je la repousse, mais je la comprends tellement...), mais aussi ce que j'ai pu lire ici et là sur ce forum qui, au final, continue donc bien de me faire avancer.

D'où mon partage sur un fil ce matin et un autre ce midi,  et mon intention de continuer ma route ici encore un petit moment...
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Ven 8 Déc 2017 - 21:33

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Vendredi matin, le téléphone me sort d'un sommeil lourd. Je me réveille triste, profondément triste. Des bribes de rêve, difficiles à retrouver mais tout est là, LA réponse est là, je le sens.

Une maison, alambiquée, mais je n'y suis pas seule. Un homme, il ressemble vaguement à mon directeur de thèse, encore un qui aurait bien aimé me mettre dans son lit, en l'occurrence le mien, me demandant de l'héberger, avant de comprendre que je vivais avec M. et de trouver une autre solution.

L'homme rentre, à la maison, il est donc chez lui, ce n'est pas “chez moi” mais j'habite là. Il vient vers moi, j'en suis heureuse, je me précipite dans ses bras, l'embrasse amoureusement, j'y crois, j'en ai presque encore le souvenir sur les lèvres au moment du réveil. Mais il me repousse, je l'emmerde, il s'enferme dans une chambre, la sienne ? la nôtre ? Ce n'est pas clair, en tout cas  je n'y suis pas admise.

Et je l'entends se masturber. C'est l'horreur, pourquoi il me met à l'écart de son plaisir ? Pourquoi il m'ignore, me rejette ???

Je me réveille complètement, je vais mal, des souvenirs affluent, mais ne percent pas vraiment la brume du sommeil qui m’a plombée.  J’ai déjà vécu cette scène, ou ressenti cette détresse, plusieurs fois, mais quand où…

Et puis, qu’est ce qui s'est passé hier qui m'a mise dans cet état ?


Un RP où ma Lyly a dû encore une fois se défendre gentiment d'un homme très entreprenant. Ce qui m'a questionnée sur mon jeu et ce que j'exprime. Est-ce que ma gentillesse enjouée donne à penser que je suis ... facile ? “bonne” ? Qu'est-ce qui se dit de moi que je ne vois pas ?

Et avant ça un texte, très personnel, érotique, écrit pour M. en 2013, envoyé à un ami, ou du moins quelqu'un qui pourrait/ est en train de le devenir, et qui m'a répondu que ce n'était pas son fantasme mais que... apparemment il a apprécié.

Mais comment te dire R..... ce n'était pas non plus mon fantasme, avant que M. ne me pousse doucement à expérimenter ce genre de jeu. Moi ce serait plutôt l'extrême inverse, sauf que je le sais aujourd'hui, c'était un fantasme, écrit et raconté aussi, plusieurs fois, mais que j'ai pu vivre avec M. là aussi et... en vrai c'est moins excitant.

Par contre j'ai adoré écrire ce petit moment punitif d'une Domina toute en soie... et si tu savais R., j'ai fait bien "pire"... un long texte très explicite sur une éducation sentimentale très particulière, déroulée en échanges littéraires dont j’étais l’instigatrice. Et là encore c'était pour un jeune homme, que j'avais rencontré, à sa demande, à tort, et dont je ne savais plus me dépêtrer,  alors je lui ai proposé ce jeu, sur un scénario dont je le savais friand, et il a adoré. Malgré mon rejet il me voue désormais une admiration toujours intense et me cherche sur le jeu, encore...


Je commence à comprendre ce qui se trame en moi... Des textes, des identités, des réponses, j’en ai eu des tas, toujours pour donner ce qui était espéré, attendu. Mais qui suis-je au final ?



Bon, attention. Je le sens, ce post va être très intime. Pourtant,  je préviens,  je ne suis pas dans l’exhibitionnisme,  je veux juste vivre. Libre, déchaînée, enfin.

Il est question d’Amour, mais dévoyé.

Âmes sensibles s'abstenir, et les voyeurs et bien... enjoy, je m'en tape, c'est du lourd qui va sortir. Mais je le sais, une fois sorti, on ne pourra plus m'atteindre avec, et c'est pour cette raison que je me prépare à sauter dans l'abîme.

Écrire me dit, écrire m'anime, écrire me sauve. Me retirer dans ma cave m'a sauvée mais j'étais morte. Maintenant il me faut sortir à la lumière pour vraiment vivre. Et c'est ici que ça se passe, alors que certains d'entre vous peuvent me rencontrer, c'est donc un risque que je prends, de paraître ce que je ne suis pas vraiment si on s'en tient à ce que j'écris, mais tant pis, c'est comme ça.

"Miroir de l'âme"... miroir de son/ton/vos fantasmes... cadeaux que j'offre à qui veut bien les prendre... textes érotiques, oui, mais pas que.
Textes d'amour, toujours.



Pourquoi ai-je si peur d'être intrusive.... c'est tellement évident.

On m'a violée, on m'a salie, on m'a détruite, on m'a utilisée, on a tué l'enfant qui ne demandait qu'à être aimée. On, qui on ? Eux, mes géniteurs. Et le pire, c'est qu'il ne s'est RIEN passé.... du moins avec eux.

Un premier souvenir, parmi d'autres. Mes frères et moi sommes au bord d'une rivière. Ma mère range les reliefs du pique-nique. Mon père a construit un petit barrage fait de morceaux de bois et de cailloux et mes frères sont aux anges. Il fait beau, les enfants s'amusent et rient.  Vision idyllique de la vie de famille.... fondu au noir....

Ma mère fait signe à mon père, signe de connivence que je connais et que j’appréhende. Mon père se relève et conseille à mes frères de ne toucher à rien. Elle m'appelle ensuite, me dit que je dois surveiller mes frères, les empêcher d'aller "voir plus loin", car "je sais" ce qui se passe derrière les buissons là-bas, n'est ce pas. En effet je n'ai rien vu (???) mais je sais, elle me l'a dit, j'ai des images.

Qu'est ce qu'elle m'a dit ? Je ne sais pas, je ne sais plus. Je ne m'en souviens pas mais je sais que j'en ai des images, qui me hantent et qui me troublent sûrement à ce moment là. Maintenant je ne m'en souviens plus. J'en aurais d'autres, qu’elle me donnera cinq ou six ans plus tard, ceux là je m’en souviens et ils me dégoûtent encore.

Là, dans cette scène bucolique, je n'ai pas 10 ans mais je suis l'aînée et cela fait bien longtemps que je sais qui est l'unique adulte dans cette famille de tarés, et c'est moi.

Je suis une enfant morte, mais je ne le sais pas encore.



Second souvenir... et on plonge vraiment.

Quinze ans ans plus tard, j'ai donc 25 ans. J'ai déjà un premier fils, divorcée, je suis donc loin d'être ignorante, normalement. Je suis sortie en boite de nuit, pour m'éclater à danser... et à boire. Je vis de nouveau seule, avec mon fils, mais je connais déjà R. qui passe de temps en temps la nuit chez moi, et il a la clé. Cette nuit là il m'aura attendue.

Je suis sortie avec mon frère cadet, F., plus jeune de 4 ans, homo non assumé encore mais homo quand même, et bien zingué, déjà. Il m'adore, je suis la Reine de son cœur, je suis tout pour lui, il me l'avouera bien plus tard, pauvre erre perdu dans l'alcool, tout comme mon autre frère, d'ailleurs, J-M, tout aussi perdu dans l'alcool et qui vit maintenant seul avec sa mère. Mais lui, J-M., il est malveillant, peut-être parce qu'il est hétéro, on ne peut sans doute pas aimer sans la casser une sœur qui est son unique objet de désir…


F. qui m'adore et ferait tout pour moi, connaît mon fantasme d'être le jouet d'un couple. Bah oui, chez les tarés on partage tout, et le pire c'est qu'on ne sait pas que c'est fou, et malsain.

Dans la soirée il me présente à un couple de ses amis, moi je bois et surtout je danse, je me déchaîne, littéralement, et je ne vois rien de ce qui se joue. Quatre heures du matin, l'heure de rentrer, on ne va pas en rester là, n'est ce pas. On file à quatre chez le couple. Mon frère dirige le tout. C’est mon frère, j'ai confiance, je le laisse m’emmener, et puis je suis tout de même bien imbibée.

Chez eux, petit appartement cosy, canapé, nouveau verre, câlins, baisers, douceur, il ne leur faut pas longtemps pour me déshabiller. Mon frère est là, juste derrière le canapé, voyeur, voleur, violeur, il ne connaît que ça, lui aussi. Comment lui en vouloir.

Je ne me souviens plus de ce qui s'est passé ensuite. Je m'en doute mais je n'en ai pas d'images ou… non, je ne veux pas les ramener à la surface. A quoi bon. Aucune violence, mais pas non plus de plaisir. Surtout une immense solitude. Car il n’y a que de l’indifférence de leur part, je ne suis là que pour qu’ils s’excitent l’un l’autre, ils se servent de moi.

Seules me restent deux images, moi nue assise entre eux deux sur ce canapé, moi que je regarde de l'extérieur. Brunette aux cheveux courts…. Et le visage de mon frère, au dessus, il fume, et il mate.

Quelques heures plus tard, je rentre chez moi, victorieuse. Oui, victorieuse. R. est là qui m'attend. La victoire devient vite horreur, à mesure que je dessaoule en lui racontant ma "victoire".

Puis c'est la honte qui m'étreint et en quelques secondes je sens que je me retourne physiquement comme un gant. Je cours dans les toilettes pour dégueuler tout ce que j'ai ingurgité pendant la nuit. L'alcool et le reste. Je tombe en semi catatonie. Rideau.

Plus tard, F. me dira qu’il pensait “me faire plaisir”.






Heureusement pour moi, je finissais à 12 heures aujourd’hui,  et je suis allée chercher ma fille à Saint Etienne, pour faire quelques courses chez Ikéa.

C’’est la plus jeune mais elle sait tout de moi. J’ai pu lui raconter. Tout cela je le savais déjà mais là… je l’ai ressenti dans mes tripes, comme jamais. Je suis désemparée, je pleure devant elle. “Que veux tu que je construise maintenant ?”. Elle me rassure. “Tu n’as jamais été aussi vivante, bien sûr que si”. Je souris dans mes pleurs. Elle a tout compris. Vivante, oui, je suis vivante. Tout cela m’arrive parce que j’ai su/pu/voulu/décidé de rester vivante.


J’ai eu la rage toute la journée.  J'ai écrit ce texte au fil des heures, par petits bouts.
Là je vais mieux.

J’étais pressée de finir ce texte, m’en libérer.
Je vais aller RP ensuite, je crois, je ne sais pas trop.  

Je suis vidée.



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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Simonie le Ven 8 Déc 2017 - 21:51



bonsoir fleur de lotus ,
c'est pour te faire sourire je te lis  
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

Message par Fleur de Lotus le Ven 8 Déc 2017 - 22:12

Merci de cette petite attention Smile
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Re: Et rebondir de bumper en bumper...

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