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Message par RonaldMcDonald Ven 1 Avr 2022 - 9:55

Long hug

(et merci pour la liste à la fin, je vais creuser pour ma femme...et pour moi aussi)

RonaldMcDonald

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Message par Invité Ven 1 Avr 2022 - 11:38


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Message par Amocore Sam 2 Avr 2022 - 19:29

@ p2m : merci pour la chanson copain   flower


@ RonaldMcDonald : ton hug me va droit au coeur. Tu penses être concerné également ? Je ne comptais pas étayer sur le phénomène, mais j'ai fait mes devoirs, je me suis bien renseignée, je pourrais faire un épisode dessus. On connaît bien les pervers narcissiques dans la francophonie mais les "covert narc", mais les narcissiques introvertis ? Ouf ils sont moins dangereux mais ils usent à la longue...


Rude prise de conscience, c'est douloureux oui de prendre conscience qu'on s'est tant tromper, mais ce coup, je l'ai relativement bien encaissé, absorbé par cet amour grandissant. Une deuxième prise de conscience va suivre, avec un revers qui, celui-là, va me mettre k.o. par terre. Continuons.




26.02.2022


La destruction des idôles


 C'est comme la douleur indolore, les émotions sont là en moi, mais je ne les ressens pas. J'ai de la distance et d'un côté je n'en ai pas. Puisque je réagis comme si de rien n'était.
 Tu aimes cette sensation de vivre sans vivre?
– Merde non. Mais j'ai peur de vivre, de ressentir.... J'ai l'impression de ne pas me maîtriser, de ne pas m'appartenir.
– Personne ne se maîtrise entièrement, tout le monde se craint soi-même, on a tous peur de ce qui est nous sans être "je''. Le mettre de côté, c'est perdre beaucoup.
– C'est sûr, mais là maintenant, ce serait l'échec.
– Peut-être. La victoire, à quel prix ?
– Je veux Sciences Po, le reste après.
– J'ai à l'esprit l'idée que je parle à une demi-personne. ça a un sens de parler avec quelqu'un qui ressent sans ressentir?


Discussion en ligne avec Pierre, 2008
***


J'étais sa déesse païenne. Le mien de dieu païen était les études. Ma raison de vivre, la définition de mon identité, mon statut social, ma fierté, ma principale source de revenu et mon toit sur la tête, en tant qu'étudiante pauvre boursière logée en résidence étudiante. J'étais prête à sacrifier toute ma vie pour mon idôle. Pierre se qualifiait comme mon plus grand fan, et me disait que je n'avais pas le droit de décevoir mes fans. Il m'a soutenu à bout de bras dans ma poursuite difficile d'études supérieures.

J'étais en quatrième année de Sciences Politiques à la Sorbonne. Jusque là toujours sur le fil du rasoir, je me suis mise à échouer ouvertement et de façon systématique quand Pierre est parti, ce qui a précipité mon décrochage de la réalité. J'ai plongé sec. Il m'a fallu six bonnes années acharnées pour finir mon Master, pour valider une seule petite année et demi. Je raconte aux gens et sur mon CV avoir fait une interruption pour reprendre les études plus tard. C'est totalement faux. Je me réinscrivais à l'Université chaque année, réessayant encore et encore, et me prenant le même mur de briques de plein fouet avec la même violence encore et encore.

L'idée d'aller en cours me faisait badtriper, celle de me présenter à des examens me plongeait dans des obsessions suicidaires, ouvrir mes cours pour réviser provoquait des attaques de panique. La souffrance intense en écrivant mes travaux, comme si je devais me saigner pour écrire avec mon sang. Et comme Pierre l'avait fait avec moi, je ne voulais pas lâcher, j'étais prête à tout pour poursuivre ma chimère.

Et comme Pierre, je suis allée jusqu'au bout de ma volonté déchaînée, je suis détruite à vouloir contrôler l'incontrôlable. Brisée, j'ai finalement dû lâcher prise, mais pas complètement, sur ce qui donnait le plus de sens à ma vie, sur mon idôlatrie, sur mon faux dieu, sur ma fausse raison de vivre pour aller chercher dans l'intense souffrance causée par cette brutale perte un autre sens à mon existence.

En échouant de façon répétée et frontale à la fac, j'ai été forcée de reconnaître qu'aussi acharnée et intelligente que je pouvais être, je n'étais pas maîtresse de ma destinée. La cassure intérieure et le grand désespoir ne m'ont pas laissé d'autres choix que de m'ouvrir à la croyance dont on me parlait à l'Eglise, qu'il y avait un plan divin pour ma vie, qui était meilleur pour moi, même s'il me mettait pas terre et que je ne le comprenais pas. J'ai pu par cette porte découvrir la richesse de ma vie : j'étais bien plus abondante que mon statut d'étudiante ou mes diplômes. Elle m'a apporté un grand apaisement en me faisant comprendre que j'allais survivre et même vivre heureuse, avec ou sans Master. Tout comme Pierre : être heureux avec ou sans moi.

A ma dernière tentative, j'étais en stage à temps plein payé six cents euros par mois, en procédure d'expulsion de ma chambre d'étudiante pauvre, je n'avais nulle part où aller et pas d'argent. Si proche du but, m'écraser aussi misérablement, je ne voyais pas d'issue heureuse. Je préférais l'idée de me prostituer à celle de retourner chez la mère monstrueuse.

La foi puissante de Catherine m'a poussé en avant, chaque pas plus proche du vide, alors que je me voyais déjà écrabouillée en contre-bas. Sa force spirituelle m'a donné le courage de ne pas m'arrêter cinq minutes avant le miracle et d'aller jusqu'au bout de ma destinée. Je l'ai écouté, j'ai continué à avancer vers le précipice, lentement, le pas tremblant, terrorisée. Je n'ai jamais autant prié de ma vie qu'à cette période-ci de ma vie.

Mon amie Fiona, la musicienne qui m'aidait à écrire mon mémoire avec ses méthodes d'artiste, venait de gagner un procès pour harcèlement moral à son travail. Elle était sur le point de se payer un grand voyage en Amérique latine avec l'argent des dommages et intérêts. Comme par hasard, elle avait besoin de quelqu'un pour arroser ses plantes et surveiller son piano. A temps plein. Elle m'a remis les clés de son appartement en me confiant s'être retrouvée à la rue à trente ans. Son tour était venu de renvoyer l'ascenseur. J'ai écrit mon mémoire chez elle, surveillée par le piano et les plantes exotiques, pour être sûre que j'utilisais bien ses techniques créatives.

J'ai écrit ce mémoire avec une passion et une jubilation intellectuelle jusque là inconnues. Je l'ai écrit non plus avec mon sang, mais en me régénérant, comme un hymne puissant à la vie, un hymne à l'amour aussi, car la fiscalité, c'est aussi faire circuler l'énergie de l'argent et donc s'aider et s'aimer les uns les autres. En situation de grande précarité matérielle, j'étais devenue tellement riche et j'allais jusqu'au bout de ce rêve, y vaincre mes démons. Je me réappropriais mes territoires intellectuels après en avoir été expulsée par l'harcèlement scolaire au collège. En effet, je m'étais depuis enfermée derrière le masque de l'élève rebelle je-m'en-foutiste, m'autosabotant sauvagement, alors que les études, c'était toute ma vie.

J'ai rencontré l'homme qui allait devenir mon époux à cette période-ci de ma vie. Il m'a très vite proposé d'emménager ensemble. Ca tombait bien, j'étais belle comme un cœur, je finissais mon sacro-saint bac+5, heureuse, entourée, disponible à l'amour, et surtout sans domicile fixe. On s'est marié religieusement rapidement, c'était mon prix.

J'ai ainsi fini par être diplômée du diplôme dont j'avais toujours rêvé. Pas de la prestigieuse école Sciences Po et sans les lauriers. Mais de la banlieue bleue, du département le plus craignos de France. Et ça m'avait pris dix ans au lieu de cinq. Le plan divin différait bien des miens.

Par cette expérience, j'ai appris que le chemin est aussi important que la destination, un éprouvant, mais magnifique chemin de résilience. Et que la destination est l'amour divin et non l'idôle païenne... Je suis libre de poursuivre tous les buts que je veux dans la vie, à condition d'y mettre une dimension spirituelle et de me rappeler que la finalité n'est pas entre mes mains. Etre heureuse des résultats, qu'ils correspondent ou non à mes attentes égotiques.

Nous en avons parcouru du chemin en dix ans ! J'ai hâte que Pierre me raconte son histoire également.

Je ressens désormais une expansion du cœur en pensant à lui, la culpabilité étant emportée graduellement par les vagues d'amour. Mon quotidien grisâtre est devenu une exquise rêverie. J'imagine une relation hors du commun et hors du temps, nous retrouver après dix ans et refaire connaissance, tout doucement, lentement réapprendre à se connaître, s'apprivoiser tranquillement, pour se retrouver et enfin s'amuser sans gêne.

Dans le mouvement grâcieux de nos intellects, de nos âmes, de nos cœurs et de nos corps, s'enlacer, se délacer, se prélasser, s'entrelacer, se mélanger, s'enrouler, se dérouler, se croiser, se décroiser, se mêler, se démêler, s'entremêler à l'infini. Se passer de mots, et s'aimer une fois encore, plus amplement.















J'ai découvert mon surdon par la porte de l'inhibition intellectuelle. Ce texte est merveilleux.




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Message par RonaldMcDonald Sam 2 Avr 2022 - 19:52

@Amo : je pense que ma femme est concernée à 50%, et moi... Pas à 0% quand même. "Il ne fait pas d'efforts pour te rendre heureuse.", c'est un peu vrai quand même, si je suis honnête avec moi-même.
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Message par Amocore Sam 2 Avr 2022 - 20:53

RonaldMcDonald, la porte que tu ouvres est passionnante. Merci à toi pour ton commentaire, comme tu alimentes la moulinette !


S'il te plaît, ne prends pas à la lettre et séparément les critères, ils sont très schématiques. C'est un tout qui te permet de reconnaître le parfum. Je ne peux que t'encourager à suivre ton intuition : elle est juste. Il suffit ensuite d'aller chercher de quoi la confirmer concrètement, car il peut arriver parfois qu'elle se trompe, mais rarement.


Je t'invite à considérer les troubles narcissiques sur un spectre. Nous avons tous des traits et tendances narcissiques plus ou moins marqués, moi la première, contruction égotique fragile, beaucoup d'egocentrisme, un manque d'empathie à certains endroits. C'est tout à fait normal, et ça ne fait pas de nous de mauvaises personnes je pense. Et le fait d'en avoir conscience montre justement ta capacité de te remettre en question et c'est la qualité numéro 1 qui manquent aux personnalités narcissiques.


Plus on progresse de l'autre côté du spectre, plus on perd en empathie et en capacité de se remettre en question, ce sont les principaux critères. Remettre systématiquement la faute sur l'autre, attaquer l'autre quand il a tort etc. Et à l'extrême du spectre, nous trouvons les fameux pervers narcissiques, en anglais malignant narcs. J'aime l'idée d'esprit malin qu'on ne retrouve pas en français. Le mal causé aux autres comme dégât collatéral du manque d'empathie devient délibéré avec l'intention claire de vouloir nuire. Se nourrir de la peine d'autrui.


Les vampires ne vivent pas que dans des mondes imaginaires, ils existent bel et bien parmi nous. Ils ne sucent pas le sang, mais la substance psychique. Ils vident de l'énergie, de la joie, du désir de vivre... 


Un des principaux symptômes des covert narc est la disphorie. Je me suis retrouvée dedans, cette mélancolie sans fin... 


J'avais envie de t'asséner pleins de conseils du style : force-toi à garder les yeux ouverts, observe en gardant le silence etc. Mais en réalité, nous n'en avons pas besoin, ni toi, ni moi. 


Car quand le fruit est mûr, le fruit est mûr. Et il tombe de lui-même. (proverbe québécois)



Les prises de consciences viennent réveiller un esprit préparé à les recevoir. La vie fait bien les choses. De prise de conscience en prise de conscience, nous grandissons chaque fois un peu plus.


Un jour nous prendrons notre envol. Ne sais-tu pas que Rome n'a pas été construite en un jour ?








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Message par Amocore Mar 5 Avr 2022 - 17:21



11.02.2022


Le pouvoir de l'attente joyeuse




Je rêve de dire à Pierre : tu reviens et tu es intelligent. Aussi dans le regard des gens.
***

Je meurs de curiosité : qu'est-il devenu ? J'ai connu Pierre rechigner pour chercher un job, à faire des petits boulots de courte durée à droite à gauche. Il vivotait et passait beaucoup de temps oisif. De mon côté, j'étais occupée par mes études, et la vie étudiante qui allait avec.

Il a apparemment changé du tout au tout et n'a pas chômé ces dix dernières années. En parcourant son CV sur internet, je vois les marches qu'il a gravies, l'une après l'autre, avec constance, travailleur, régulier, déterminé. Je le vois grandir et s'épanouir. Parti de rien, sans diplôme ni talent particulier, le voici prendre ses fonctions de management senior dans une startup. Il a finalement trouvé sa voie.

Pierre se pose, se fait confiance, développe ses talents, prend sa place, se fait respecter, se déploît, et rayonne comme un lion. Je l'imagine en expansion, dans la matérialisation de ses atouts, dans l'extériorisation de sa puissance. Il est bien ancré dans la réalité, et il construit d'une façon évidente, brique par brique, une belle réussite professionnelle.

Choc en continuant mes recherches. Je me souviens subitement que j'ai une mission de vie à accomplir ! Je la retrouve mot pour mot dans sa présentation sur le site de son entreprise. Exactement celle que j'avais inscrite sur mon profil LinkedIn quelques années auparavant, la même ! Je l'avais oublié... Je me sens subitement honteuse de mon manque d'accomplissement professionnel.

Mon mari m'aime d'un amour brutal qui me contraint à marcher au pas militaire. Travail travail travail. Peu importe lequel, même le plus souffrant, ne tenant pas compte de mon niveau d'études ni de ma sensibilité. Quand j'ai été fraîchement diplômée, il ne m'a pas laissé le temps de trouver ma voie. Sans rebiffade, j'ai renoncé à mes ambitions confuses et fragiles et je suis allée au bagne en serrant les dents, convaincue qu'il me fallait bien commencer quelque part. J'ai pris le premier travail que j'ai trouvé : dans un service clientèle pour une licorne française, basé à Londres.

Le rythme y était effréné, j'écrivais quatre-vingt emails par jour, tout en chattant avec deux clients en même temps ! Robotisée, je ne m'exprimais presque uniquement qu'en copier coller. Au quotidien, les clients mécontents se défoulaient sur nous, le management laissait faire, lui-même abusif et opprimant. Nous étions de prodigieux zèbres surqualifiés et bilingues ou polyglottes, à courir toujours plus vite dans nos roues d'hamsters surexploités. Nous venions des quatres coins de la planète et à nous quarante, nous parlions une quinzaine de langues.

Au bagne, je me suis découverte travailleuse acharnée et d'une patience illimitée face à la bêtise humaine, développant dans l'extrême douleur une bienveillance abusée à longueur de journée par les moins fortunés. J'y suis devenue leadeuse, à former, à guider. Je m'y suis fait des amies fantastiques. J'y ai surtout ressenti la misère de la mère monstrueuse que j'avais vu se disloquer en pièces et devenir une bête hideuse. Une vie passée à l'usine, sa sensibilité tuée sous les coups de la machine, son humanité progressivement broyée par la cadence infernale de la chaîne de montage.

La machine est inhumaine, l'erreur humaine et le pardon divin.

N'aimant pas les femmes qui pleurent, mon mari m'a demandé de souffrir en silence. Et niaisement, je lui ai obéi. Son sens de la rigueur et sa froideur du coeur me rendaient heureuse, car j'avais enfin l'impression de contrôler ma vie en lui en laissant progressivement les commandes. Il semblait savoir ce qu'il faisait et savait me tenir tête. C'est sûr, j'avais fait le bon choix. Mon mari m'a maintenu au bagne malgré ma détresse, je me suis montrée docile jusqu'à friser le burn-out. J'ai abdiqué mon pouvoir personnel par esprit de sacrifice. J'ai fait la même erreur que Pierre à l'époque. L'erreur est humaine, après tout.

Par son exemple, Pierre me donne le courage de devenir meilleure et plus forte. Je me mets à avoir énormément de respect et d'admiration pour lui. Sa réussite le rend magnétique, je me sens attirée comme un aimant par sa vibration rayonnante. Il fallait qu'il apprenne à s'épanouir et qu'il trouve un sens profond à sa vie sans sa déesse païenne. Maintenant que son attente est devenue joyeuse, le moment est venu de nous retrouver.

Mais qu'en est-il de mon cœur brisé ? Qu'en est-il de mon pouvoir personnel ? Mon mari ne détruira pas mon pouvoir, non il ne le pourra pas. Mais comment vais-je faire tandis que je m'effondre ? Comment vais-je m'y prendre maintenant que je me détraque ? Brûler des voitures dans la rue ?

Tirer des leçons et rebondir plus fort comme Pierre aimait à le dire. La vraie affirmation de soi est discrète en vérité. Elle consiste à tranquillement prendre la tangente des attentes des autres qui ne nous conviennent pas, sans bruit affirmer posément ses choix et ne pas se laisser dévier de sa trajectoire. C'est suivre son petit bonhomme de chemin, en écartant les obstacles sur sa route, avec équanimité continuer à avancer. Je remercie mon mari pour cette leçon de vie apprise par l'expérience de la souffrance. Jusqu'à la fin de notre union, il continue à me parfaire. Moi qui n'avais cessé d'être obsédée par le pouvoir politique quand il était dans ma vie, je remercie Pierre de venir réveiller mon pouvoir personnel.

Et le plus dur reste à faire : récupérer mon temps, mon énergie, mon argent, mes billes, ma santé mentale, mes rêves brisés, mes diplômes froissés, mes compétences latentes, mes cliques et mes claques, mon pouvoir, me libérer de mes chaînes lentement, tranquillement, sûrement, pour monter en puissance. A mon tour de me construire et de rayonner professionnellement telle la lionne. Power !










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Message par Le Don qui Chante Mar 5 Avr 2022 - 23:16

Une Zèbre qui s'ignorait! =D - Page 5 0013


Je suis un aimant.
J'attire et j'aime.
Mais, mais...

Ce triangle d’eau qui a soif, cette route sans écriture, Madame, et le signe de vos mâtures sur cette mer où je me noie.
Les messages de vos cheveux, le coup de fusil de vos lèvres et cet orage qui m’enlève dans le sillage de vos yeux...
(Ralle et érection)
Cette ombre enfin, sur le rivage où la vie fait trêve et le vent et l’horrible piétinement de la foule sur mon passage.
Quand je lève les yeux vers vous on dirait que le monde tremble, et les feux de l’amour ressemblent aux caresses de votre époux.

Et l’amour ? Il faut nous laver
De cette crasse héréditaire
Où notre vermine stellaire
Continue à se prélasser

L’orgue, l’orgue qui moud le vent
Le ressac de la mer furieuse
Sont comme la mélodie creuse
De ce rêve déconcertant

D’Elle, de nous, ou de cette âme
Que nous assîmes au banquet
Dites-nous quel est le trompé
O inspirateur des infâmes

Celle qui couche dans mon lit
Et partage l’air de ma chambre
Peut jouer aux dés sur la table
Le ciel même de mon esprit



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Message par Amocore Jeu 7 Avr 2022 - 17:47


@ Le Don qui Chante : merci, ça me touche beaucoup tes posts sur mon fil, le soin, l'agencement, la variété... C'est chouette de me partager ta lecture aussi, j'attends la suite de son expédition en Ecosse. Pour le reste le sens profond m'échappe...

Poupées russes.


---





J'ai rêvé il y a plus d'un mois de cela, un dialogue peut-être : il vaut mieux contrer tout ce chagrin du passé. Passer aux aveux.
Ralentir, calmer la course. Le trou que je creuse est pour moi.
Sensation de chaos retenu et dirigé.

Pour une remise dans le contexte et vous donner une idée du personnage : je n'ai jamais dit « je t'aime » à mon mari. Bien sûr, je lui ai montré mon affection de milliers de gestes mais je ne lui ai jamais dit que je l'aimais. Je ne l'ai peut-être jamais ressenti. Un vrai cœur de Pierre. Vous comprendrez donc que ce qui suit me coûte énormément... J'insiste : ENORMEMENT.

Pour l'anecdote, j'écoutais le morceau de musique qui suit alors que j'étais en couple avec Pierre. Je n'avais aucune idée de sa portée ni de la clé qu'il allait me délivrer en retombant dessus une quinzaine d'années plus tard.

Continuons à monter, jusqu'au sommet.


15.02.2022


Je me fais de la peine. Je tombe en miettes. A vous, je peux le dire. Alors écrire, écrire plus vite que le destin qui vient me chercher, décrire le brouillard qui se dissipe et la lumière dans la nuit...



Quelque chose d'autre à voir



Je rêve régulièrement que je sillonne les rues de Paris. Cette nuit j'y ai mangé un croissant à la terrasse d'un café rue des Petits Carreaux, denrée rare par ici. Et j'imagine mon âme repêchée au petit matin au large de Quimper... Un déclic... et tout devient limpide.
***



Pierre,



Tu es la matière condensée, je suis l'Inspiration. Tu es une Pierre précieuse, je suis l'Amour-au-présent.


Tu ne savais pas quoi demander d'autre, tu n'avais qu'un seul souhait, qu'enfin je comprenne ce que tu avais compris dès le début, que je te reconnaisse comme tu m'as reconnu.


C'était toi sur le chemin, mais je ne pouvais pas te voir, il faisait trop sombre dehors. Depuis toujours c'était toi, mais je ne pouvais pas le savoir.


La lumière éblouissante par delà les ténèbres.


Tu es mon roc, je suis ta merveille. Tu es mon divin masculin, je suis ta divine féminine. Mais je ne pouvais pas le comprendre, il faisait trop sombre dans mon coeur.


Tu m'as suivi en enfer car tu avais vu en moi ton paradis. Tu as tout essayé pendant dix ans pour m'ouvrir les yeux et me faire comprendre.


Flashbacks, cauchemars. Séparation. Soudaines implosions. Interminable nuit noire de l'âme.


Nous en avons fait de la route, mais séparément, il le fallait. Nous en avons dépassé des malheurs, mais seuls, nous n'avions pas d'autres choix que de cheminer l'un sans l'autre.


Si tu es mon roc et si je suis ta merveille, auras-tu des flashbacks et des cauchemars à mon éveil ?


Il n'y aura aucune place pour toi si j'ai encore des secrets. Alors je m'en défais, les uns après les autres, viens en paix. Je fais de l'espace et je les expose sur la place. Dans la discrétion de la flopée, tu verras que je n'ai plus rien à te cacher.


La route devient plus étroite et bientôt nos chemins vont se recroiser.


C'est toi sur le chemin, au loin, je te vois. Je te vois enfin, comme tu m'as vu dès le premier jour. Je te vois après dix ans de souffrance et dix ans d'absence. Je ne vois que toi. C'est toi. Tu es l'évidence même.


Tu es mon roc, je suis ta merveille. Nous sommes les deux fragments de la même entité spirituelle.


Nos chemins vont bientôt se recroiser mais nous avons encore de la route devant nous et des épreuves à surmonter. Cette fois main dans la main, comme au premier jour sur notre chemin.


Aurons-nous la force de dépasser le chagrin du passé ?














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Message par Amocore Dim 10 Avr 2022 - 19:08




      Pierre savait



      Le 09.10.2004, Abednago m'écrit :




Le besoin d'être complet est toujours là.

Le fusionnel paraît bien absurde sous la loi du matériel.
A quel point les cordes qui me tendent me sont inconnues...
Mon corps te demande.
Je voudrais pouvoir t'atteindre.
Le premier influence-t-il entièrement le second ?
Tu es l'objet d'un désir par ce que tu es dans ta globalité.
Je sais trop bien sur certains plans quels sont les causes et les aboutissements de ce désir.
Je sais trop bien que celui qui me dépasse est à l'origine de toute création, invention.
Mes fabulations tendent vers cette recherche d'état perdu.
Pourvu que Dieu existe, je ne voudrais pas être à la recherche de liquide amniotique.
Voilà ce qui me fait tourner.

En attendant, je ne m'en remets pas.
Je te veux.

En attendant, tu es dans une souffrance inerte.
Tu ne veux rien.










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Message par Amocore Mer 13 Avr 2022 - 16:43

Maintenant que j'ai eu ce déclic, je vais partir loin, mais la réalité ne va pas suivre. L'ego mal placé n'arrange rien à l'affaire, au contraire.



13.02.2022

Les coquillages tectoniques sur la plage


Cette nuit, je rêve d'un archipel non répertorié par Google Map ; de minuscules îles paradiasiques, quelque part entre le Maroc et l'Angleterre, où il y fait délicieusement bon de vivre. On y fêtait un mariage intimiste et magnifique dans l'église blanche de l'îlot d'à-côté. Je sautille d'îlots en îlots pour aller à la rencontre d'un homme inconnu. Il me dit vouloir devenir musulman. Il s'appelle Pierre. Je lui prends la main, je sais que je ne veux plus jamais la lâcher, et ensemble nous sillonnons les îlots verdoyants en faisant des bonds fantastiques.
***


Elles s'inquiètent, tu tiens le coup ? Je réponds par message : l'impression qu'un évènement d'une haute importance, que j'ai attendu toute ma vie est sur le point d'arriver. Je me réjouis.

Je plie, je le sens, ma résistance fond devant Pierre. Face à la force de son amour, je ploie complètement, et me retrouve humblement à genoux devant lui.

L'histoire d'amour incroyable avec la femme de sa vie qu'il avait recherché ardemment pendant dix ans, et dont il n'avait pas réussi à renoncer entièrement dix autres années s'offre à lui subitement. Je suis prête maintenant et je me présente à lui, débarassée de l'implant destructeur hérité, transformée par mon long cheminement initiatique, bonifiée par un mariage stable. Je n'ai cessé de cultiver l'amour dans mon coeur avec l'énergie de la résilience et je travaille aujourd'hui à faire de la place à Pierre dedans, une grande place, celle de mon roi.

Il avait été tellement malheureux avec moi et je lui souhaitais à l'époque d'être heureux avec une autre, car je ne savais ni l'aimer ni prendre soin de lui. Aujourd'hui, je lui souhaite d'être heureux et de l'être avec moi, car j'ai appris à devenir une compagne délicieuse et que je prends pleinement conscience de qui il est pour moi, l'homme de ma vie. Je ne veux plus passer à côté de notre bonheur.

Dans mon cheminement initiatique, on m'a enseigné une approche de la vie radicalement différente à celle que j'avais auparavant : j'ai développé une foi indéfectible en un avenir radieux. Et je veux qu'il en fasse partie. Cela va de soi !

Mais dans l'immédiat, devant moi, la montagne à gravir : la fin de mon premier mariage. Et je la veux aussi propre que mon irréprochabilité dans cette union.

Quelle est ma surprise en voyant Pierre détaler aussi vite qu'il est apparu ! Il me tourne le dos ! Il n'est pas sérieux celui-là, il est fou, complètement fou ! Oui, il est fou de moi. Il a tout essayé, tout fait pour m'oublier, toutes ces années, pour arrêter de m'aimer. Mais cet amour est plus fort que lui et cet amour a triomphé. Il m'aime encore, il m'aime comme aux premiers jours de notre adolescence, il m'aime comme fou. Et c'est pour cela qu'il est revenu, malgré sa rationnalité puissante, malgré le chagrin colossal du passé. Malgré son self-control, malgré lui, malgré tout. Il ne pouvait pas s'empêcher de revenir à moi, complètement vaincu par cet amour.

Il ne peut pas avoir de secrets face à moi, même en ne les disant pas. C'est ainsi entre nous.

Et je comprends qu'il se défile car les décharges électriques qu'il se prend à mon contact lui font redéfiler l'histoire horrifiante sous les yeux. Pierre prend peur, et je sens sa cuirasse épaisse, celle d'un homme qui a extrêmement souffert et qui maintenant déploie des réflexes puissants de protection. Je ne peux pas atteindre son coeur. Ce coeur que j'ai transpercé continuellement pendant dix ans.

Je suis contrainte à le laisser disparaître à nouveau dans le silence. Je ne peux qu'écrire cette histoire, envoyer le message à l'univers, dans l'espoir qu'il me suive en ramassant derrière moi les coquillages que je laisse sur la plage.

Il vaudrait mieux tout de même qu'il ne tarde pas trop, car, comme vous avez dû le comprendre depuis, dans cette histoire tout le monde finit par pêter les plombs et ça tourne violent : les coquillages sont tectoniques, ils ne pouvaient pas faire comme tout le monde et être des coquillages normaux-pensants, non non ! Alors ils vont rapidement se lasser de se caresser les uns les autres pour tenter d'emboîter nos continents. Pierre me prive de son amour ! Dans ma poitrine, leur collusion les fera entrer en éruption. N'entend-il pas venir le conflit magnétique et ne voit-il pas la dorsale atlantique dériver pour contrer la distance ?

J'ai fini par comprendre que ce à quoi je résiste, persiste. A son tour de le capter aussi, et de ne pas prendre vingt ans comme moi pour cela ! Car l'éruption volcanique à venir défera la stagnation pour former un noyau commun. Ce sera terrible ! La lave emportera tout sur son passage !

Il ne savait pas que j'avais tout cela en moi. Moi non plus. Enseignements björkiens.












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Message par Lopoverem Mer 13 Avr 2022 - 19:39

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Message par Amocore Jeu 14 Avr 2022 - 20:53

@ Lovoverem : cool de te voir par ici. T'es pas tout à fait nouveau mais tu as mis quelques mois à parler, c'est ça ? Rebienvenue alors.

En 10 ans, j'ai très peu parlé ici... Et maintenant je n'arrive plus à me la boucler hihi

Les coquillages sur la plage auraient pu être hypersensibles et mignons. Rappeler les souvenirs d'enfance, évoquer une douce nostalgie.

Ben non ! Ils voulaient être bizarres et déjantés à la Björkienne, que veux-tu...
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Message par Btok Ven 15 Avr 2022 - 10:06

Bienvenue

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Message par Lopoverem Ven 15 Avr 2022 - 11:53

Amo - coR a écrit:
Ben non ! Ils voulaient être bizarres et déjantés à la Björkienne, que veux-tu...

Ils sont une part de toi, et de ce que tu sèmes sur ta route.
Le conte du Petit Poucet ne serait intéressant, que s'il semait ses cailloux, dans l'idée de rentrer, mais se dirait à un moment "mais en fait, mes parents sont des connards finis, je vais peut-être les ignorer et aller ailleurs."
Semer, oui, mais pour la beauté du geste. "Je sème à tous vents", qu'elle disait la madame.
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Message par Amocore Ven 15 Avr 2022 - 19:22

@Btok : Coucou. Tu es nouveau ou nouvelle aussi ? Bienvenue  alien tu peux nous en dire plus si tu veux sur toi.

@ Lopoverem : c'est joliment dit, oui ces coquillages non conformes, ces textes bizarres, sont à mon image, je n'ai rien d'autre à offrir. Le Petit Poucet ne pouvait pas le savoir, le déni l'a maintenu en vie. On va en parler de ça, des parents monstrueux.

Tu m'as pas dit où tu en étais du coup.

Pour ma part, si on veut résumer, que tu passes par là et que tu ne t'es pas tapé les 30 derniers épisodes : j'avais une petite vie quadrillée au carré, employée de bureau, dans une relation longue durée, projet de bébé. Je reçois mi-Janvier un court email, une petite question pour prendre des nouvelles, d'un homme qui ne fait plus partie de ma vie depuis 10 ans, et avec qui j'étais fusionnelle pendant toute ma jeunesse. Ca me fait exploser ma vie et pêter les plombs. Je suis venue ici pour documenter tout ça. On en est à l'épisode où j'ai capté qu'il était le seul amour de ma vie, et que je ne veux pas le laisser repartir.


Merci de me lire  Like a Star @ heaven


26.02.2022


La gazelle éthiopienne


Je rêve que nous marchons côte-à-côte avec Pierre. Nous nous prenons par la main, nous ne pouvons juste pas nous empêcher de nous toucher, nous avons besoin de sentir le contact physique peau contre peau.
***

Comment trouver le courage de quitter la sécurité et le confort matériel que m'offrent mon mariage ? La dernière fois que j'étais financièrement autonome, j'avais fini sans argent et sans domicile fixe.  

Là, intervient Nouf. Nous nous étions croisées lors d'une session de networking organisée pour les newcomers. Je l'avais trouvé excessivement bien articulée, et intelligente, trop intelligente, plus intelligente que moi. Vive jalousie. Sentiment inhabituel.

J'ai voulu devenir amie avec celle que je jalousais de tant de brillance. Qu'elle déteigne sur moi et me fasse briller. Car nous envions ceux qui ont des qualités qui sont latentes en nous et qui cherchent à se libérer au grand jour.

Ce week-end, je l'accompagne faire du shopping. Après un an de colocation exigue, elle a finalement trouvé son chez soi. Elle m'emmène voir les meubles, et me montre la voie du célibat et de la force de caractère. Etre seule au monde sur autre un continent, sans famille ni attache.

Derrière son apparente fragilité, elle me révèle à chaque fois un peu plus sa résilience. Elegante et avec des goûts de luxe, travaillant dans le secteur bancaire, elle est issue de la classe ouvrière éthiopienne immigrée en Arabie Saoudite. La maltraitance à l'égard des étrangers là-bas l'a traumatisé. Malgré les bâtons dans les roues, elle a réussi à décrocher une bourse pour aller étudier à Londres par des circonstances extraordinaires. Nous avons vécu là-bas en même temps, nous y étions même voisines, mais nous avons attendu d'immigrer au Canada pour nous rencontrer. Nous sommes arrivées en même temps ici, il y a presque un an.

Elle n'a pas eu de nouvelles de sa famille rentrée en Ethiopie depuis des mois, la ligne du village ayant été coupé par les rebelles : la guerre civile y fait rage. Elle contient son angoisse de ne pas savoir si son père et sa mère sont morts ou vivants avec brio, souriante, et continue à flâner entre les rayons dans une apparente légèreté.

Elle me demande quelle couleur je préfère pour sa bibliothèque. S'étant limitée jusque là à quelques valises comme seuls biens matériels, elle me partage son bonheur en me demandant mon avis. Elle me projette du même coup dans ma vie de célibataire avec sérénité. Cette fois-ci sera différente : un CDI confortable, des économies, de la mâturité. Moi aussi je serai heureuse et solide seule sur ce continent. Pas tout à fait seule. Je serai avec elle.

Un seul claquement de doigt de la part de Pierre, j'aurais largué les amarres, comme il m'avait été dit de faire en rêve, j'aurais tout laisser tomber pour le rejoindre dans son village breton. Mais la vie n'est jamais aussi simple. Alors, rester à Toronto, continuer à vivre sans lui, et suivre mon plan initial. Je sens que j'ai quelque chose à accomplir ici professionnellement, que j'y ai une chance qui ne me sera jamais donnée en France.

Un cri du coeur. Est-ce vraiment ce à quoi j'aspire ? Je ne veux pas rester seule ici loin de Pierre. Je ne peux pas le laisser disparaître à nouveau dans le silence. Il est la rivière qui me mène à l'océan, il coule en profondeur, il coule librement. Moi qui avais lutté de toutes mes forces pour ne pas m'abandonner à lui, je ressens le désir irrépressible de me dissoudre complètement dans son courant d'amour. J'emboîte le pas, mais je n'avance pas assez vite avec mes chaussures, je m'en débarasse, je marche pieds nus dans la neige, je me mets à courir. Je suis le cours de la rivière, de ma rivière, qui coule profondément et librement. Je le suis, je veux le retrouver.









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Message par Amocore Mar 19 Avr 2022 - 8:49


Vous m'avez vu monté haut, à un point culminant, c'était beau, c'était surprenant. Voici la brutale chute tant attendue ! Dans l'urgence, l'hyper mental s'activera dans tous les sens et l'ego blessé viendra en renfort pour tenter gérer le choc émotionnel.


24.02.2022



Le fond, la forme et le miroir



Je rêve de Pierre. Il veut à tout prix m'aider, le corps tendu vers moi. Il sait pourtant qu'il faut faire attention pour ne pas retomber dans ce travers. Je lui dis qu'en effet, son chemin de guérison est de savoir dire non, et que mon chemin de guérison est de me souvenir que j'ai besoin de Dieu plus que de lui. Je répète lentement : j'ai plus besoin de Dieu que de toi.
***


Je me suis vue avec la robe blanche, en Bretagne, au bras de Pierre. Je me suis vue avec Catherine et toutes mes amies autour de moi, nagée dans le bonheur. Je me suis vue être la femme de sa vie et la mère de ses enfants. Je me suis vue lui donner raison.

Je ne peux pas m'empêcher de le recontacter, pour lui faire savoir de façon élusive que j'ai compris ce qu'il avait compris dès le départ et ma volonté qu'il fasse partie de ma vie après mon divorce. En réponse, Pierre me demande de ne plus le recontacter, car il a, je cite, un travail, une femme et deux enfants.


Déflagration.


Je reste de marbre. Je le remercie de m'avoir dit la vérité et lui dis être ravie pour lui. Adieu ! Et je m'enfuis, complètement sonnée.


Choc.


Je ne comprends plus rien. Pourquoi est-il revenu ?? Pourquoi venir me chercher après une décennie de silence, détruire mon mariage et capturer mon coeur pour ensuite me rejeter car il n'y a pas de place pour moi dans sa vie ? Je ne comprends pas. Serait-il devenu méchant ?

J'ai avancé dans la vie du plus vite que j'ai pu, j'ai travaillé d'arrache-pied pendant ces dix dernières ans. J'ai fait du mieux que j'ai pu, je me suis tuée à la tâche. J'ai tout donné pour me reconstruire, pour tout redresser. J'ai survécu aux cataclysmes de l'effondrement psychique, je me suis sortie de mes abysses morbides, j'ai soigné mes blessures putrides d'une enfance cauchemardesque, j'ai agonisé de douleur, j'ai échappé à la psychose, j'ai gravi des montagnes, j'ai vaincu mes démons, j'ai surmonté de grands malheurs, je suis devenue une compagne parfaite et une femme de devoir, j'ai traversé les mers et les océans, j'ai accompli un travail de titan. Je suis méconnaissable, je ne suis plus monstrueuse, bien au contraire, je suis devenue splendide. Je suis un miracle divin.

Mais apparemment, je n'ai pas été assez rapide. Apparemment, j'ai compris trop tard. Beaucoup trop tard. Il ne m'a pas attendu. Il a déjà fondé sa petite famille avec une autre femme que moi. Il est revenu pour me le faire savoir. Douleur aigüe.

Je me sens misérable. Je ne suis pas assez bien, je ne mérite pas d'être aimée, l'histoire de ma vie. Je me regarde dans le miroir et je vois ma vie de merde, mon mari inhumain, mon boulot à la con, et toujours pas d'enfant. Je me sens honteuse d'être si peu accomplie. Pour répondre à sa petite question, j'ai mal de récolter si peu de fruits après tant de sacrifices et de labeur. Et toutes les nuits, ces rêves avec lui. C'est sûr, je me suis remise à délirer. J'ai extrêmement mal.

A mon secours, les bras maternels de Catherine s'ouvrent grands pour m'y accueillir. Ils sont chauds et réconfortants, même de l'autre côté de l'océan. Elle me dit que demain je verrai les choses tout autrement. Elle a raison, elle a toujours raison. D'une pertinence implacable.


Le lendemain matin arrive.


Mouvement réflexe, j'appuie sur l'interrupteur : émotions off, mental on. Parfait. Je suis à nouveau la princesse dans son donjon de verre, mon regard vagabonde à l'horizon comme tous les matins, je ne me lasserai jamais de cette vue imprenable sur la ville et le lac. Mon mari n'est plus un problème, il marche à la baguette car il sent qu'il me perd mais ne sait pas qu'il est déjà trop tard.

Mon travail est confortable, et me laisse le temps de rêver et d'écrire. Je me sens fière de moi en me rappelant l'amplitude incroyable de mon parcours de vie. En effet, mes résultats extérieurs sont sûrement moins bons que les siens, mais je reviens de tellement plus loin, des entrailles de la Terre pour m'élever jusqu'au Ciel. Et c'est l'essentiel. Je m'ancre, je retrouve mon alignement. Je suis aimable, je suis quelqu'un de bien. La comparaison à l'autre ne fait pas sens, contrairement à la comparaison de soi à soi. Sa réussite n'est pas le reflet de mon échec. Son rejet n'est pas le reflet de ma valeur. J'étais très bien pendant dix ans sans lui, je n'ai pas besoin de lui pour vivre heureuse.

Et puis, il a fini par faire ce que je lui ai toujours répété de faire : se trouver quelqu'un, n'importe qui mais pas moi. Et il a bien fait ! Mais pourquoi donc me recontacter ? Pour me le faire savoir ? Il m'a bien promené en revenant, dès le début. Il m'a bien eu. Il a attendu que je lui ouvre mon coeur tremblant et là, il a visé et il a tiré. Il m'a tiré dessus froidement et à bout portant. Il m'a bien baladé, jusqu'à ce que je m'ouvre, jusqu'à que je tombe, jusqu'à ce que je me disloque, pour me dire ensuite que j'allais mal ! Comme je le sentais venir... Car on finit tôt ou tard par recevoir ce que l'on donne.









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Message par Amocore Ven 22 Avr 2022 - 7:31



Le mental est à fond et l'ego gonflé à bloc, suppositions, projections, hypothèses et plan d'action tout azimuts pour tenter de contenir l'émotionnel qui vrille à cause du choc. En vain ! Aller jusqu'au bout du champ du raisonné et du raisonnable pour le quitter complètement. Après tout, l'intrigue principale se base principalement sur des rêves, des ressentis et des intuitions.

27.02.2022


La grande oubliée de l'histoire



Je rêve que le retour de Pierre cache un manque et la vacuité de sa vie et que ça lui est bien surprenant. J'ai vu la vacuité, le manque et aussi qu'il m'aime toujours.
***

Une raison alternative à la vengeance petite et égotique ? L'amour !

Cela expliquerait parfaitement qu'il trouve l'espace et le temps de penser à moi après dix ans, même s'il est excessivement occupé, venant juste d'être promu à un poste senior et avec une vie de famille que j'imagine prenante par les enfants en bas âge. Et de penser si fort à moi qu'il en outrepasse ses fortes valeurs de droiture et de fidélité en m'écrivant.

Je le soupçonne d'avoir déployé pendant les semaines précédant sa petite question des énergies monumentales de contrôle de soi pour se contenir, pour se ressaisir, pour ne pas m'écrire. Moins il m'en dit, plus il m'en révèle, les faits parlent d'eux-mêmes et les apparences sont trompeuses. Avec sa belle vie pleine à craquer, réside dans son coeur la même vacuité. Je lui manque. Rien n'y fait, l'amour persiste, car intemporel, et le temps n'a pas éteint son désir, au contraire.

Je l'imagine aller se coucher à côté de sa femme en pensant à une autre. Il ne serait pas étonnant que je vienne habiter ses nuits comme il habite les miennes. Et ce tourment engendré par sa double-vie, flamboyant et entouré à l'extérieur mais portant un vide à l'intérieur. D'où peut-être ce rêve dans lequel il me décrivait dix années de voyage en solitaire...  

En me recontactant, il a pu vérifier que j'étais toujours aussi fascinante et imprévisible. Il ne s'attendait sûrement pas à ce que mon coeur s'ouvre enfin à lui après l'avoir rejeté une ultime fois. Pour ma part, je réalise que le sien est mon royaume, dans lequel j'y règne en reine suprême, et sans égale depuis une vingtaine d'années. Il n'a pas réussi à m'oublier. Je suis profondément touchée. Aucun homme sur Terre ne m'aimera autant que lui. Il a cependant fait le bon choix en se mariant et en fondant une famille, un choix beaucoup plus sain que de s'endurcir dans le célibat et se masturber en pensant à une vieille histoire d'amour. Tellement plus sain.

Effet de miroir, je me mets à penser que son mariage aussi a été torpillé à mon contact. Je me demande combien de temps il prendra pour couler, lentement mais inexorablement, tel le Titanic. Le connaissant, homme d'action, déterminé et contrôlant, je m'attends à ce qu'il s'acharne pour combler les brèches et évacuer l'eau, qu'il se débatte de toutes ses forces pour le maintenir à flot jusqu'à assister, complètement dépassé, au grand naufrage. Je pense à sa pauvre femme, qui n'avait demandé qu'à vivre paisiblement auprès de lui.

Il faut la prendre en considération, et à la hauteur qu'elle mérite. Il faut chercher à la préserver à tout prix, et limiter les dommages collatéraux que la reprise de contact pourrait lui faire subir. Et surtout leurs enfants innocents embarqués dans cette spirale destructrice.

Alors, je me dois de rester à distance, le plus loin possible, lui offrir le silence qu'il me demande et respecter le caractère sacré de leur union. Ne pas interférer, ne pas rajouter de la souffrance à leur souffrance. Ne pas provoquer plus de malheur dans la vie de cet homme que j'ai déjà rendu extrêmement malheureux.  

A mon tour de ressentir ce qu'a ressenti Pierre pendant toutes années, à me voir dans les bras d'autres, vaillant, il était resté calme et patient. Comment a-t'il bien fait pour supporter ce supplice ?  A mon tour de souffrir en silence la perte de l'être cher et de devoir me frayer un chemin dans la désolation.

Même si le coeur n'y est pas, j'ai mon programme. Prier pour que la bénédiction divine préserve son couple, que le divin accroisse leur bonheur et leur joie d'être unis tous ensemble dans une heureuse petite famille. Prier avec ardeur pour qu'il reste droit et engagé avec sa femme, qu'il se tempère et qu'il m'oublie. Prier jour après jour, comme des perles que j'enfilerais pour faire un long collier spirituel, avec patience, une prière après l'autre, semaine après semaine, jusqu'au jour où le coeur suivra. Le coeur finit toujours par suivre, il suffit de persévérer et de prier sur la longueur. Jusqu'à ressentir de la joie à l'idée de le savoir heureux avec une autre que moi. Prier pour m'en libérer et l'oublier encore une fois.

L'hyper intellect à l'oeuvre, tout est quadrillé, tout est sous contrôle, tout ira bien.

Malgré la poigne mentale que j'exerce sur mes émotions, la douleur ne cesse de grandir et devient rapidement ingérable : la grande oubliée dans cette histoire, ce n'est pas sa femme... Une partie de moi n'accepte pas la présente situation. Elle ne veut pas se plier et encore moins prier. Elle se débat, elle se rebelle.



Elle refuse de continuer à vivre une vie vide de sens, une vie sans lui.






« Pierre, c'est en ton absence que la vérité éclate :
ce n'est pas un vide qu'elle crée, c'est un gouffre. »
2009



.
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Message par Amocore Lun 25 Avr 2022 - 18:37

L'intrigue principale finie là.

J'ai tiré, étiré autant que j'ai pu, j'ai rempli, j'ai meublé, j'ai encodé de toutes mes forces. Le dernier échange remonte à deux mois. Au final, il m'aura envoyé trois pauvres mails, d'une petite phrase chacune. Depuis le silence.

Variation de l'épisode précédent avec un angle d'exploration plus intérieur. Et vous, ça se passe comment dans votre tête ?  


18.03.2022


Le nécessaire revers


Je rêve d'être avec Pierre. Il m'emmène dans une rue commerçante particulière : les boutiques ne vendent pas des biens matériels, mais d'autres choses plus précieuses. Avec lui, j'explore les mots, les grands concepts et je les vis. Nous flânons de magasin en magasin. Il y a à côté une salle de fête pour célébrer les Barmitzvas.
La même nuit, je rêve de sauter d'un quai à un autre dans une gare et de manquer de me faire percuter de plein fouet par un train qui passe à grande vitesse.
***


Le choc émotionnel est trop fort, le bouton off disjoncte.


Elle s'effondre par terre. Elle se tort de douleur. Je la regarde, je ne sais pas quoi faire. Elle se plie dans tous les sens. Moi je n'ai pas mal, je suis le mental à l'état pur, je suis le super cerveau. Nous vivons ensemble dans la même personne, il a fallu apprendre à composer, car j'ai autant besoin d'elle qu'elle n'a besoin de moi.

Oui elle va mal. Pierre revient après dix ans d'absence, elle enlève l'armure et va à sa rencontre bras ouverts, en retour il lui tire dessus à bout portant, pour lui dire ensuite qu'elle va mal, et d'aller chercher de l'aide compétente ! Quel sacré connard celui-là ! Et elle, elle dit merci d'avoir dit la vérité, qu'il est marié avec des enfants, et même qu'elle est heureuse pour lui !!

Une si gentille fille d'avoir agi ainsi. Elle me fait de la peine. Elle a atrocement mal et je sais que c'est grave. Je jette un coup d'oeil autour de nous, la déflagration a tout arraché : les protections, les harnets, les barrières. Tout a été soufflé. Oui c'est grave.

Lors d'un choc, c'est toujours le lien au divin qui saute en premier. Le réflexe égotique de reprendre le contrôle de sa vie. Vite se remettre en mode manuel et utiliser les bonnes vieilles méthodes pourries qui, on le sait pertinemment, ne marchent pas, mais qui restent si réconfortantes. L'illusion de contrôle. Ne plus faire confiance au divin quand les évènements ne tournent pas comme le plan. Quel plan ?

Ensuite vient une prise de distance avec le gang. C'est plus fâcheux. La règle entre nous est de dire la vérité, et surtout quand elle est honteuse, surtout quand on fait des conneries. Aller à l'inverse du réflexe de repli, pour éviter de déraper plus. Dans ce cas-ci, le téléphone est délibérément ignoré depuis déjà deux mois, ça s'appelle faire cavalière solitaire. Garder les secrets, surtout ne pas parler du roman fleuve sur internet qui nourrit le grand délire. Aller cavaler toute seule à sa perte.

Et puis, Pierre ne sait plus à qui il a à faire. Ca fait si longtemps aussi. Elle va s'en sortir, je ne me fais pas de souci pour elle. Une increvable ! Elle va se débrouiller pour retirer la balle avec une pince à épiler, en se vidant de la moitié de son sang au passage et elle va s'arranger pour recoudre sa peau n'importe comment avec les dents. Ca s'infectera, la fièvre la fera délirer pendant plusieurs mois, ç'aurait été tellement plus simple d'écouter la crapule et d'appeler un professionnel.

Elle se met à gueuler dans son supplice. Vas te faire foutre !!! C'est de ta faute sale connasse !!! Allez tous vous faire foutre !!! Je ne réagis pas, l'ombre du bâton me traverse l'esprit. A l'époque je la battais. Je m'en contrefoutais de ses crises et de ses souffrances, il fallait avancer à tout prix. Jusqu'à être allée trop loin. Je n'avais pas vu que je l'épuisais, je me suis acharnée sur elle, je croyais qu'il fallait la battre plus fort pour la faire marcher, ça a mal tourné, j'ai failli la tuer. Ensuite, pendant des années, elle gisait, comateuse, elle ne réagissait plus aux coups et je ne pouvais plus progresser comme je le voulais, c'était compliqué... Ils appellent ça la dépression... J'ai appris de mes erreurs, rangeons le bâton.

Alors que faire ? Moi je sais, j'ai tout compris. Je suis le super cerveau, je suis tournée solution et j'utilise mon intelligence pour réfléchir, je réfléchis beaucoup et fort, je suis la puissance du mental. Une nuit, j'ai eu une intuition, un mot-clé soufflé à l'oreille. Un mot qui ouvre d'innombrables portes, un mot qui change toute la donne, un mot qui détient tout un tas de concepts, un mot qui entraîne un changement de paradigme, un mot qui remet toutes les pièces du puzzle en place, un mot qui révèle l'énigme.

Depuis, je n'ai cessé de sillonner la toile toutes les nuits. J'ai gratté deux carnets de notes. Maintenant, j'ai la carte détaillée, je me repère dans l'espace, je sais précisément où nous sommes et où nous devons aller et comment. Je remarque les points de repères dans le paysage, je décrypte le terrain et devine ce qui n'est pas visible. Je comprends le chemin parcouru, je mets du sens sur les épreuves, les crevasses, les détours, je prends mon envol pour avoir une vision d'ensemble, grand angle et hyperfocus en même temps, tel l'aigle, l'oeil perçant, j'ai compris, j'ai TOUT compris, je peux même prédire le sens du vent, et je connaîs la prochaine escale. Ma petite chérie, ça va aller, j'ai un plan, je gère.

Elle sait ce que je vais lui dire de faire et je sais qu'elle va m'envoyer balader. Lui servir la pilule amère de la vérité. Tiens, avale. Vois qu'il est aujourd'hui l'homme de la vie et le père des enfants d'une autre femme. Sens l'amertume de la vérité se diffuser dans tout ton être, un puissant remède. Et lui montrer ensuite le chemin de carthasis, elle le connaît par coeur. Une saison de pleurs et de prières. A minima. Prier pour cet homme et pour sa famille, que la bénédiction divine soit sur eux. Car il faut lâcher prise et envoyer de l'amour. C'est le prix pour la libérer.

Mais elle ne veut pas, ne peut pas m'écouter. Elle ne me croit plus. Pour le mari aussi, j'avais tout compris. Elle ne coopérera pas, je le sais. Je ne peux pas la forcer. Je ne peux pas la réconforter avec mes explications non plus. La souffrance la rend sourde. Que faire ? J'essaie de choper le fil qui nous relie au Ciel, mais elle a tourné le dos, elle a trop mal, elle se replie sur elle-même en position foetus.

J'ai la solution, mais j'ai besoin d'elle pour la mettre en action. Je ne sais pas quoi faire, je n'ai pas de solution du coup. Je me sens impuissante comme au premier jour de mon chemin. A la grande différence que cette fois-ci, je ne suis plus plongée dans le noir, attaquée violemment par des émotions sans visages. Cette fois-ci, tout est limpide. Je sais d'où le coup de feu vient, pourquoi il était inévitable, son mal nécessaire, le retournement de situation qu'il introduit, le bienfait qu'il nous apportera, les merveilles derrière la montagne de souffrance. Mais comment la dépasser ?

La seule chose qui la soulage est l'écriture, tartiner cette histoire sur ce forum. Quel embarras ! Je me serais bien passé d'outrepasser ma bienséance et d'exposer mon vrai visage. Mais je sais que je n'ai pas d'alternative, cette fois-ci, c'est grave. Je n'arriverai pas à la faire revenir, à la faire marcher au pas militaire, à la soumettre à nouveau à cette discipline ascétique que je lui ai imposé depuis dix ans.


Je sais que je n'ai pas d'autre choix que de laisser le coeur prendre le pas sur la raison. C'est le prix pour la sauver.


J'ai besoin de réfléchir. Je la regarde agoniser.






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Message par Amocore Jeu 28 Avr 2022 - 7:49


Pour le coup, je sèche. Comment faire une transition après ces émotions fortes ?

L'intrigue principale est peut-être finie mais dans ma tête, ça va être la grande fête, ça n'était que le commencement, je vais vriller dans tous les sens.

Le choc psychique se manifestera par le corps, provoquant un désordre hormonal sans précédent, la perte de poids se poursuivra, le sommeil est maintenant bien perturbé.

Le mental exercera une pression impitoyable pour me résigner et passer rapidement à autre chose, engendrant une intense souffrance. Je continuerai à faire le deuil de l'illusion d'une union heureuse dans laquelle je vivais et vais expérimenter les yeux ouverts sa dure réalité. De nombreuses crises de sanglots vont s'installer durablement dans mon quotidien.

En simultané, l'expansion du cœur se poursuivra d'une manière spontanée, me plongeant dans un bonheur extatique. Je n'ai jamais connu de sentiment aussi fort de ma vie, je rentrerai dans le détail dans un prochain épisode.

Etant donné que mon lourd outillage de gestion émotionnelle s'est retrouvé brutalement HS, j'écrirai religieusement toutes les nuits pour tenter de naviguer à vue dans ce chaos émotionnel.

Eh oui il m'arrive de rêver en anglais aussi haha


07.03.2022


La calvitie de ma patronne



Je rêve qu'on est sur le lit avec Pierre, à s'échanger des confidences. Il me dit avoir passé les tests petit, il a 142 ou 145 de QI. Il sait depuis toujours qu'il est extrêmement intelligent. Savoir son QI l'amuse.
Je rêve d'avoir cruellement choisi tout le reste sauf mon autre. Chemin retour. Je réalise qu'il y a peu de gens qui l'ont fait car la route est longue. J'ai une peur bleue de m'offrir la chance d'être à nouveau.
I REGRET EVERYTHING. I did wrong.
***


Je ne sais ni me vendre, ni chercher un travail. Les entretiens d'embauche sont un supplice, alors j'ai pris le premier boulot qu'on a bien voulu me donner à mon arrivée au Canada. Je travaille depuis la maison pour une agence familiale d'une cinquantaine d'employés, au service du dieu Google, mon pire ennemi éthique. J'ai été embauchée par un gros bisounours adorable, haut placé dans la hiérarchie, parvenu car marié à la patronne.

Je travaille avec Sergei, mon manager russe. J'ai hâte d'être divorcée pour lui proposer d'aller boire un verre, non pas pour le draguer, mais pour devenir son amie intime. Sa vie et son intériorité m'intriguent au plus au point. Lors d'un tour de table organisé par les RH, un jeu bidon pour apprendre à se connaître, il fallait avouer nos peurs d'enfant. Sergei, né en ex-URSS, avait peur enfant, non pas des monstres sous le lit mais du méchant capitalisme.

Adolescente, en découvrant le communisme dans les livres d'Histoire, j'avais compris sous quel régime je grandissais. Ma mère était une Staline miniature à qui on devait vouer un culte totalitaire. En me rapprochant de Sergei, je voulais faire une analyse comparative des destins familiaux et nationaux. Chacun ses petits passe-temps, on occupe bien son temps comme on peut.

Mon job est sans intérêt, mais le style managérial de Sergei exquis. D'une grande délicatesse, il prend soin de ne pas réveiller ma haine rebelle de l'autorité, mais au contraire, une surprenante tendresse. Je vois bien, même en visio, que son regard a changé et il s'est rasé ! Moi non plus, il faut bien le reconnaître, je n'ai pas eu la main légère sur le mascara ce matin. Obligée de constater que mon énergie n'est plus la même. J'envoie désormais le signal subtil de la disponibilité. Celui d'une mal-baisée ouverte à y rémédier.

En réunion virtuelle la semaine passée, il y avait cet homme d'une cinquantaine d'années, la chevelure argentée par la force de l'âge, faisant partie du management senior d'un gros client. Quand il s'est passé la main dans les cheveux, j'ai chaviré sur ma chaise, et je crois bien qu'il l'a remarqué, par son insistance à vouloir garder contact via LinkedIn avec nous tous, même la petite main inutile que je suis. J'ai eu envie de cet homme expérimenté, qu'il prenne bien soin de moi en me dorlotant sexuellement, avec ses mains épaisses qu'il parcoure mon corps fin pour me rappeler que je reste une femme désirable.

La grande braderie de mes idéaux, de ma vision grandiloquante de l'amour conjugale. La boutique est en train de faire faillite. Moi qui exhortais les femmes en peine à élever leur prix vaginal, je considère l'idée de tout liquider à cause d'un manque cruel, pour une sensation fugace, celle de me sentir convoitée encore une fois, dans l'excitation du souffle au creux de mon cou ressentir le désir masculin. Cette divagation me rend bien triste.

La boîte est ultra zébrée, j'ai dû passer des sortes de tests de QI dans le processus de recrutement. Mon encartement mensan m'a donné l'assurance nécessaire pour les faire. L'agence s'est donc faite récemment racheter par un mastodonte qui va encore plus loin, jusqu'à s'en vanter, en affichant un cerveau comme logo. Le personnel reste très gentil, on m'a même offert une tasse avec le dit cerveau dessus.

La patronne a attendu d'acter l'acquisition-fusion de l'agence familiale pour déclarer un cancer. Elle harborre depuis son crâne chauve avec violence lors de nos réunions en ligne. Dans notre culture d'entreprise asceptisée, la moue horrifiée d'une collègue trop expressive me divertit au milieu de cette tragédie.


Et puis, un signal. Je sens que le moment est venu. De me lever de mon bureau, et de me mettre en mouvement. Il est temps. J'entends maintenant clairement l'appel, celui du grand voyage. J'ai une longue route devant moi, beaucoup de transport et surtout de la marche. J'entends l'appel au retour. Je connais le chemin par cœur, par le cœur. Ne pas perdre de temps, y aller d'un pas vif et assuré.


Le moment est venu de rentrer à la maison.







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Message par Amocore Lun 2 Mai 2022 - 7:35

07.03.2022


Les infusions de mémé


Je rêve de me rappeler que dans ma chute, je ne peux qu'être humble.
***

Dans la tasse avec le logo du cerveau dessus, j'y bois mes infusions de mémé la nuit quand j'écris. Je varie selon les envies, verveine, citron, fruits rouges, gingembre, rose... Mais surtout pas camomille.

Je ne supporte pas la camomille. Elle me rappelle ma première réunion chez les Alcooliques Anonymes, peu de temps après que Pierre soit parti. J'étais complètement à l'arrache dans ma tête. Houri, un homme maghrébin rencontré à l'Eglise que j'appelais tonton, m'y avait amené. Ils pouvaient m'aider qu'il m'avait dit.

Là-bas, quelqu'un qui voulait être gentil, m'a dit de m'assoir et qu'il allait m'offrir quelque chose à boire. Il m'a tendu un gobelet en plastique contenant un sachet de camomille dans de l'eau chaude. J'étais entourée par ces gens qui avaient facilement vingt à quarante ans de plus que moi, pour certains la gueule bien cassée par l'alcool. La plupart avait l'air normal.

Assoiffée, j'ai trempé mes lèvres dans son infusion. Elle avait un goût horrible : celui de la grande vieillesse avec un pied dans le tombeau. J'ai pensé : putain j'ai ving-quatre ans, je suis trop jeune pour être alcoolique !!! Je suis trop jeune pour boire ce truc de grand-mère dégueulasse !!! Mais il n'y avait que ça à boire et comme j'ai toujours été une fille très polie avec les gens, j'ai remercié et j'ai tout bu, j'avais tellement soif aussi.

Cette première réunion, j'ai mis mes bras contre mon ventre et je me suis pliée de douleur, la tête entre les jambes. Impossible de regarder dans les yeux ces gens qui racontaient l'enfer de l'alcool. Tout en les écoutant, j'ai pleuré sans pouvoir m'arrêter pendant une heure et demie, pliée en deux sur ma chaise. En moi, un bloc massif a lâché.

Non je ne me considérais pas alcoolique, mais je savais que si je continuais à boire, ça allait me tuer, car la désinhibation que la boisson induisait allait provoquer un passage à l'acte. Cette fois-ci, je le sentais, j'allais aller jusqu'au bout. Le bon Dieu est gentil, Il est même tout Miséricordieux, Il m'avait déjà repêché une fois, mais il ne faut pas pousser mémé dans les orties non plus. Alors, à ving-quatre ans, pas d'autres choix que d'adopter un mode de vie de petite grand-mère, arrêter l'alcool et boire du thé à la place, tricoter en bavardant, le badtrip pour la jeune femme agitée que j'étais. Je ne suis arrivée qu'après de longues années à adopter un mode de vie plus posé, toujours aussi attirée par le monde de la nuit. Mais j'étais devenue sobre, coûte-que-coûte.

Ce printemps, cela fera dix ans que je n'ai pas bu une goutte. Je ne me suis jamais sentie aussi jeune et vivante, à boire mes infusions de mémé en vous écrivant ces histoires. Elles me permettent d'entrer par effraction dans le cœur de Pierre et d'y danser.










« L'HUMILITÉ est une perpétuelle paix du cœur.
C'est n'avoir point de trouble,
C'est n'être jamais fâchée ou vexée,
Irritée ou endolorie.
C'est ne m'étonner de rien qui puisse m'arriver.
De ne rien ressentir comme étant dirigé contre moi.
C'est rester calme quand personne ne me louange et
Si je suis avilie ou méprisée,
C'est trouver en moi un lieu béni où je puisse me rendre,
Refermer la porte,
M'agenouiller devant mon Dieu en secret.
Être en paix,
Comme au sein d'une mer
Profonde et calme,
quand tout autour de moi semble trouble. »




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Message par Le Don qui Chante Lun 2 Mai 2022 - 22:50

Une Zèbre qui s'ignorait! =D - Page 5 2875010

Je ne vais pas bien. Qui objectivement "va bien"... Plutot se laisse aller à se sentir, penser, songer... bien...

Personne ici n'est bien.

Constat.

Kalthu, qui n'est plus içi a une vie et je pense qu'il se sent mieux que bien. Bertrand. Je pense encore à toi. Tu existes dans un monde, mon cerveau ou tu n'es pas. Et c'est étrange car en parallèle je me dis que moi, Nicolas, j'existe dans des matrices ou je ne suis pas..
Nuance entre lui et moi, je pleure.
Beaucoup.
Et sans raison...
Ainsi.

Alors, le désert, les socles, c'est conneries. Y'a rien.
Rien de plus qu'un être et un autre et leur coït intemporel.

Ne pas faire jouir ma femme est un crime qui est punit de mort. Car elle n'a pas vibré sous mon être. Et elle me pardonne le crime et me gracie... Et moi aussi, j'éjacule sans jouir et je lui dis. Et ce truc devient en lui même un plaisir plus fort que la jouissance car en un sens nous la dépassons.

Je veux mourir.
Lisez le.
Imprimez le.
Je veux mourir.

Et vous me demandez pourquoi. Je ne pose pas le point d'interrogation. Je n'ai rien à dire sinon, "pour rien". Car cela est.
Et en cela prouve qu'aucun Dieu n'est.
Car je meurs sans souffrance ou dépit... Juste par un Fatum qui accompagne cette absence d'Absolu.
Le triste de nos vies...
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Message par Amocore Jeu 5 Mai 2022 - 7:56


O my God la suite de l'histoiiiiiiiire  bounce comme c'est cruel de le couper au milieu d'une phrase.

Le Don qui Chante a écrit:
Alors, le désert, les socles, c'est conneries. Y'a rien.
Rien de plus qu'un être et un autre et leur coït intemporel.

Par contre la mienne d'histoire, s'il te plaît, ne la détruis pas. Il n'y a PAS de coït dedans, je vais te décevoir, il n'y a rien, que du vent, du vide, et oui pour l'intemporalité, je prends.

Et sinon reste avec nous l'ami. Vraiment. Ca va passer, ça finit toujours par passer. Tu comptes, ta vie compte. Et puis, je ne vais pas te lâcher, tu le sais, ça. On est embarqué dans le même bâteau. Il y a la lumière au bout du tunnel, il faut se concentrer dessus et avancer coûte-que-coûte.



Continuons.

On en était après que je me sois pris le rejet de ma vie, le mental n'arrive plus à gérer le débordement émotionnel que ça provoque, car la chape en béton m'enroulant le coeur explose. Le coeur continue à s'ouvrir.



07.03.2022


Paysages intérieurs


Je rêve que j'ai bien mis les choses au clair, je sais comment Pierre est. Je fais un copier-coller « Pierre, mon identique » que j'envoie. Au bord de la mer, je le décris, je continue à parler de lui. Je fais une topographie du terrain et de lui en même temps, un parallèlisme évident.
***


J'ai écrit pendant dix ans des bouts de phrases qui ne voulaient rien dire dans des carnets secrets. Je l'ai fait pour dépasser le blocage de la feuille blanche, il le fallait pour réussir à la fac. J'ai surtout écrit pour survivre psychiquement au non-sens total qui me broyait les os.

« Plus tu sueras à l'entraînement, moins tu saigneras au combat ». Aujourd'hui j'écris pour être lue, non sans appréhension. Mais ce n'est plus un combat. En écrivant au sujet de Pierre, je n'ai rien à gagner et plus rien à perdre.

Je ne cherche pas à lui nuire, ni à le dominer et encore moins à me soumettre. Je cherche à dire la vérité, et également à me relever, car le tsunami qu'il a déclenché il y a deux mois m'a mise à terre et je suis depuis restée étalée de tout mon long. Et je me souviens que Dieu ne m'a pas sauvé de la noyade pour me laisser mourir sur la plage.

A force de me confronter à la feuille blanche sur une décennie, l'angoissante abysse qui ramène au vide intérieur s'est lentement transformée en une invitation au voyage, sur une simple plage déserte. Je fais une petite prière, sous le soleil divin, je suis en sécurité, je peux ainsi m'y aventurer sereine.

A mesure que je découvre le paysage par les mots, je pose le décor en enchaînant les phrases, j'étire l'horizon à l'infini avec des points de suspension. Par la mélodie des syllabes, je mets des paillettes scintillantes sur l'eau calme, et à l'aide du rythme, je fais ressortir le relief des rochers. Le ciel est clair, il fait si doux aujourd'hui.

Et si un jour Pierre est amené à me lire, ce dont je suis persuadée, je ne ferais pas de performance, je ne me mettrais pas la pression, je ne me prendrais pas la tête, car mon but ici n'est pas de lui plaire, je n'ai pas été faite pour cela, plaire aux beaux yeux bleus de Pierre, non, je n'ai qu'à être moi-même, transparente comme l'eau de la mer aujourd'hui, n'être que moi-même, cette femme singulière qui raconte des histoires toutes aussi singulières, celles qui constituent dix ans de ma vie, dix longues années sans lui. Et ce sera amplement suffisant.

J'écris cette saga zébresque car il me faut trouver un moyen de lui dire, de lui expliquer, tandis qu'il me demande le silence, un silence que je ne supporte plus, un silence qui me tue. Il m'a fallu dix ans de travail sur moi soutenu pour retrouver l'usage de la parole. Je ne peux pas et ne veux plus me taire. Alors, j'écris ici. Le moment venu, je l'attirerai sur le sable fin, qu'il ressente la chaleur des rayons divins, la fraîcheur de l'eau et la finesse de la brise.

Dans notre excursion, cette plage, ce paysage, dépeignent son intériorité. D'une présence éthéré, je parcours ce superbe espace laissé vaquant par mon absence. Je le sillonne, je le contemple, c'est lui que je décris, c'est lui qui me fait écrire, c'est pour lui que j'écris.

C'est chez lui, nous sommes au plus profond de son coeur. Je m'y promène tranquillement, et je continuerai à habiter et à cartographier ses paysages intérieurs, avec la même légèreté nonchalante, malgré l'absence et le silence. Y retrouver notre îlot d'amour.






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Message par Amocore Dim 8 Mai 2022 - 21:26



Voici ce qui m'a fait quitter le champ du raisonnable et raisonné.
Je revendique mon inspiration björkienne.


25.03.2022


Balade dans l'hyper espace onirique



Je rêve de dire à Pierre : j'espère juste que tu n'es pas un hologramme et que je ne suis pas en train de devenir folle.
Je rêve que le rêve est la partie circulaire de mon être.
***


J'ouvre les yeux. Un stylo à la main. Dans un lit conjugal, un autre homme que lui. Tous les matins, la même sensation. La joie de l'avoir retrouvé encore une fois, et le vide, qu'il ne soit pas à côté de moi. La réalité suggérée dès les premières secondes, tenter de l'accepter pour ne pas plus dériver.

Finie la routine matinale spirituelle, plus de prières ni de méditations, je prépare le café directement. J'émerge, j'allume l'ordinateur du travail en retard et je me jette sur le petit carnet des rêves, découvrir nos aventures nocturnes. Pour compléter les images fugaces, des fragments cristallisés sur le papier, quelques mots écrits n'importe comment, des messages, parfois directs, d'autres fois cryptiques.

Ces rêves, quasi toutes les nuits, non-stop depuis qu'il m'a recontacté, depuis plus de deux mois déjà. Il s'est emparé de ma vie onirique, il l'a monopolisé. Il s'est accaparé l'espace de ma pensée également, en diurne, il n'y a plus que lui. Pierre partout partout partout, je ne vois rien d'autre. Je n'arrive plus à travailler, je ne comprends rien dans les réunions professionnelles, je n'entends pas quand on me parle, mon mari n'existe plus, il est devenu une ombre, car je nage dans une autre dimension, dans l'immensité de son amour.

Et je ressens dans tout mon être, je comprends de l'intérieur, quand nous avions vingt ans, pourquoi il rechignait à chercher du travail, pourquoi il n'arrivait pas à se concentrer, pourquoi il ne voulait qu'être avec moi, il ne demandait que ça. Je comprends maintenant la puissance de l'amour qu'il m'a toujours porté. Un amour qui emporte tout sur son passage.

Car je suis moi aussi maintenant totalement envahie par cet amour. Quel sentiment fabuleux, irréel, exaltant, galvanisant, stimulant, enivrant ! Mon coeur s'est ouvert et n'arrête pas de s'ouvrir, nous sommes à égalité désormais, sauf que depuis le temps, il a appris à gérer ce flux puissant pour pouvoir faire sa vie, et moi je suis en immersion totale dedans et ça la détruit. Je flotte, je ne touche plus terre, je suis en orbite.

Je me souviens des années sombres, quand il était parti, ma terreur à l'idée de m'endormir, les cauchemars... Ce temps est bien loin. Même si mon rythme de sommeil est à nouveau perturbé et que je reste éveillée une bonne partie de la nuit, je n'ai jamais été aussi heureuse de ma vie d'aller me coucher. Car à présent, chaque nuit, je pars en balade dans l'hyper espace onirique de notre microcosme d'amour.

Depuis deux mois, nous nous rencontrons presque toutes les nuits.

Nous nous envoyons des mails oniriques aussi, de longs mails, dans lesquels nous partageons nos secrets. Il me décrit sa solitude, je lui explique pourquoi je ne suis pas amoureuse de mon mari. Je lui écris des textes pour lui donner accès à mon intériorité.

Je vais à sa rencontre, je m'approche de lui, il me parle, il me prend par la main, il ne peut pas s'en empêcher. Il m'embrasse avec passion, il est tellement heureux de m'avoir à ses côtés. Nous varions les plaisirs, il m'emmène faire les boutiques, nous nous retrouvons à la fac, je lui offre un verre de thé, nous rigolons à plat ventre sur le lit.

Je lui dis qu'il est intelligent, maintenant même dans le regard des gens, il me répond que je suis abondante  : c'est tout d'abord une richesse, une toute petite richesse, une merveilleuse richesse.

Il m'observe, il me scrute, il me déshabille de l'intérieur, et il attend. Tout est en suspens. Il vaudrait mieux contrer tout le chagrin du passé et passer aux aveux. Je réponds que nous avons tout notre temps et je cherche à ralentir la course.

Je lui partage que je suis touchée au coeur, que je n'ai jamais été aussi touchée de ma vie, je suis en pleine crise. Et si je le touche aussi au cœur avec les textes que je lui envoie, grand bien nous fasse ! Je prends conscience que mes remords infinis m'ont maintenu loin de lui. Que tout ce temps, je me suis privée de son amour, et qu'il est comme du jus pour mon corps. Il me fait comprendre qu'il m'aime toujours et qu'il m'attend, je sais qu'il est revenu à la maison. Il m'avoue même avoir racheté des graines. Je reconnaîs m'être trompée sur toute la ligne et que le déni m'a pourri de l'intérieur. J'ai pris ma décision : je suis sur le chemin retour.

Après m'avoir dit qu'il avait fondé une famille, je lui ai fait remarqué le grand cirque de sa vie, comme il y avait plein de gens autour de lui mais qu'ils ne partageaient pas cela avec lui. Il m'a demandé si je l'attendrai, s'il pouvait me réserver, poser une option. Je lui ai répondu que personne au-delà du divin ne le pouvait.

Nous nous rappelons que nous sommes parfaitement complémentaires et aussi, sur bien des points, identiques. Nous posons les mots justes : nous nous aimons d'un amour électromagnétique. Nous sommes joyeux car nous savons que nous allons bientôt nous retrouver.


Nous nous sommes même donnés rendez-vous.









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Message par Amocore Jeu 12 Mai 2022 - 19:23

Avec Pierre, j'ai eu le mauvais rôle. Vous savez mes remords infinis et comme j'en ai énormément souffert, sans savoir pour autant ce que je lui ai fait. On va y venir, chaque chose en son temps.

Je ne cherchais pas à me donner un meilleur rôle en écrivant cette histoire. J'ai peut-être de l'imagination, mais j'ai puisé l'idée ailleurs, elle ne vient pas de moi. Celle du rôle d'initiatrice. Pourquoi pas ?

Ca pourrait s'appeler faire du hors-piste conceptuel. Toi qui me lis, tu me suis ?

Let's go !



18.03.2022


Comme Yula et son beau : amour initiatique



Je rêve de mes anciens collègues. Je leur raconte ce qu'il m'est arrivé. Je suis tombée amoureuse et la mascarade de ma vie aussi. Je leur montre comment elle était bien rangée. Je leur explique comme j'ai empêché, comme j'ai voulu combler les trous.
***

Ce matin, j'avale mon café pour me réveiller et pouvoir découvrir mes fragments de rêve de la nuit. En lisant les quelques mots inscrits, je suis prise d'une urgence de contacter une ancienne collègue et amie perdue de vue. Il faut absolument que je la prévienne, l'heure est grave.

Yula, belle italienne polyglotte, travaillait en italien, anglais et français avec moi à Londres. Aux portes de la trentaine, elle a les dents du bonheur, les cheveux frisés, mais surtout une personnalité excentrique et exubérante. Elle a le pouvoir de tous nous détendre en remplissant la pièce de ses nombreuses envolées de rire : nous avons le droit d'être pleinement nous-mêmes en sa présence, jusque dans nos bizarreries habituellement cachées.

Yula adorait que je lui parle de Dieu et du sens profond de la vie, elle qui avait voulu être pasteure enfant. Après quelques déceptions, elle avait pris de la distance avec sa spiritualité tout en ressentant un appel constant dans cette direction. J'y répondais et nourrissais ce besoin de son âme.

Je la recontacte par message. Je me passe des politesses et rentre directement dans le vif du sujet en lui racontant brièvement ce qu'il m'est arrivé : un homme disparu demande de mes nouvelles. Cela me bouleverse au point de détruire l'illusion de ma vie posée. Il me réveille de mon croupissement, me reconnecte à mon essence profonde et à ma mission de vie. Il me montre le désamour dans mon couple en contraste de son immense amour. Yula est connectée et réagit sur le champ, mais je lui demande de me laisser finir. Je lui parle du résidu de rêve de cette nuit : comme Yula et son beau.

Il est évident pour toutes les deux que « son beau » est un autre collègue. Lui et Yula sont les meilleurs amis du monde, toujours ensemble. Elle me dit qu'ils se sont d'ailleurs disputés ce matin même. Plus âgé, d'une quarantaine d'années, à la personnalité tout aussi excentrique, mais dans un autre genre : cet homme incarne pour moi l'étrangeté même. Je me souviens l'avoir vu souvent ricaner tout seul, se racontant sûrement des blagues à lui-même pour se divertir de la rudesse du travail. D'un humour dérangeant de pertinence, celui du rebelle de service, qui dit tout haut avec piquant les non-dits gênants.

Je suis paniquée : je sais qu'elle ne comprend pas, et qu'elle ne comprendra pas, que mon message ne lui pénétra pas l'âme et qu'elle restera dans son inconscience insouciante. J'insiste toutefois lourdement : Yula, écoute moi attentivement. Ne fais pas n'importe quoi, Yula, c'est d'une haute importance, prends soin de lui, fais attention à lui. Tu n'en as aucune idée mais je vais te le dire et il va falloir que tu me crois et que tu l'ancres en toi : cet homme est la personne la plus importante de ton existence, il va avoir un impact phénoménal sur ta vie et il en fera partie pour toujours. Yula, s'il te plaît, il faut que tu m'écoutes et que tu me crois...

Yula, je peux te prédire la catastrophe à venir car mon passé est ton futur. Voici ce qui va se passer.

Les larmes n'arrêtent pas de couler sur mon écran de téléphone, rendant mon message plus difficile à taper et à faire passer. Elle ne s'arrête pas de parler. Je sais pertinemment que c'est peine perdue mais que je dois tout de même le faire. J'aurais tellement aimé être prévenue... mais mon intuition me dit que même prévenue, ce qui devait advenir serait advenu quand même : l'irréparable. Elle lui flinguera le cœur, lui infligera les pires blessures, le poussera à bout, le poussera à fuir par instinct de survie.... car cela fait partie du schéma de la relation.

Il fallait que la vie brise Pierre, et que cela vienne de ma main, de celle qu'il a aimé plus que lui-même, pour le faire mourir à lui-même. Pour cela, le pousser le plus loin possible au-delà de ses limites, au bout de sa programmation défaillante, afin de provoquer son effondrement psychique et la crise existentielle majeure de sa vie.

Il fallait que nos chemins se séparent pour qu'il puisse renaître lentement de ses propres cendres et se révéler ainsi à lui-même et à la face du monde.

Je remets à Yula la clé et la carte. Je conclue : on pourra en reparler plus tard, mais il faut que tu comprennes d'abord par toi-même la nature du lien extraordinaire qui te lie à cet homme.

Je sèche mes larmes et expire profondément, satisfaite d'avoir fait ce qui me semblait être mon devoir.

Cet échange avec cette ancienne collègue me rappelle le chapitre de ma vie londonien : mon premier « vrai travail » dans un bureau à plein temps et avec un vrai salaire. Je travaillais quarante heures par semaine avec deux heures de transport par jour. Je prenais le tube pour traverser Londres d'Islington à Kensington. J'avais une vie asceptisée et réglée comme une horloge. Je pensais que c'était cela, la vraie vie. Jusqu'à frôler le burn-out et traverser une crise, professionnelle et de couple. J'avais alors choisi de quitter ce job plutôt que mon mari. Nous avions ensuite choisi de quitter Londres, la faute à cette ville. Les premières brèches à l'édifice factice. J'avais recontacté Pierre pour lui demander pardon pendant cette période-là.

Un an plus tard, il me recontacte et l'édifice fragile de ma vie rangée ne tient pas le choc de son retour.

Le temps est venu, qu'à son tour, il déclenche un tsunami de destruction de ma vie et de ma construction en faux-self, me forçant à des changements majeurs de choix de vie et à faire émerger mon vrai visage. Ma voix singulière.





Les hommes courageux disent la vérité.
Quant au sage, ses outils sont des analogies et des énigmes.
La femme tient sa langue,
Sachant que le silence parlera pour elle.

Et partout où je vais,
Il y a toujours quelque chose qui me rappelle
Un autre endroit dans le temps,
Où l'amour qui voyageait loin m'avait trouvé...












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Message par Lopoverem Jeu 12 Mai 2022 - 19:47

Chaque histoire est différente. Chaque histoire est unique.
Et chaque pan de chaque jour de la même histoire, devrait, l'être, unique, aussi. Smile

On récolte ce que l'on s'aime ?
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Message par Amocore Dim 15 Mai 2022 - 23:19




@Lopoverem : Sur un plan je te rejoins : chaque histoire et unique et on récolte ce que l'on sème. Sur un autre plan, je diverge complètement, et c'est le fond de l'histoire que je raconte.

Merci beaucoup pour ton commentaire qui me fait cogiter très fort et me montre mes angles morts.
Je prends conscience que je peux donner l'impression au lecteur de sortir de grandes affirmations de mon chapeau à cause d'un rêve, mais il n'en est rien. J'ai des bases béton.

Je n'écris pas du vent, je n'écris pas dans le vent. Je sais ce que j'avance et je sais où je vais.
Je te réponds au prochain épisode.


25.04.2022


Je me réveille



Je rêve d'exprimer mon désir pour Pierre directement et sans retenue.
Je décris en détail tout ce que j'ai ressenti et ressens aujourd'hui encore.
***


Comment expliquer l'effet de son faisceau lumineux dans la pénombre de ma psyché ?

J'étais à mon bureau, je travaillais, j'avais ma petite vie rangée, et d'un coup, par la brèche réouverte par sa prise de contact, son torrent d'amour est venu m'emporter.

Toutes mes certitudes, à ce moment-là, ont volé en éclat. Mon job, mon beau mariage, ma volonté d'avoir un enfant, d'acheter une maison, mon projet de vie, tout a explosé. Par la puissance de ses mots. Sa petite question m'a grillé les neurones, elle m'a jeté par terre, m'a fendu le cœur en deux, elle m'a fait triper par une drogue dure, si forte, si bonne, si douloureuse.

Quel goût ? Celui des vagues langoureuses s'écrasant dans mon cœur à longueur de journée, le corps parcouru d'exquis frissons remontant la colonne vertébrale, la sensation de chaleur enveloppante, celle d'être plongée dans l'amour à l'état pur. Et les rêves, toutes les nuits, insistants, de lui, de nous.  

Je vis avec dix-huit ans de décalage ce qu'il avait vécu, je suis projetée dans une autre dimension, avec le sentiment d'avoir enfin trouvé ce dont j'ai manqué toute ma vie, ce que j'ai toujours en vain recherché, cette sensation incroyable de complétude. Le ciel s'ouvre en grand, je prends une douche de lumière et me vois propulsée au paradis. Le bonheur est intense. Pierre avait vécu cette expérience unique à mon contact, et j'étais à ses côtés, il avait tenté de m'expliquer.

De mon côté, je me réveille brusquement dans le manque, dans l'absense, dans une décennie de silence. Je me prends en plein visage le boomerang d'une dette émotionnelle colossale, deux décennies de déni.

Je me réveille loin de lui, jetée dans un passé désastreux, dans le tournoiement en boucle des mauvais choix. Je me réveille dans la douleur, dans la brutale prise de conscience d'avoir tout monumentalement gâché, d'avoir fui l'amour de ma vie.

Je me réveille avec les remords qui me sautent à la gorge et qui m'harcèlent.

Je me réveille à la cruelle réalité qui me plonge dans la détresse.

Mes pleurs n'y feront rien malgré les interminables crises de sanglot, plusieurs fois par jour, du matin jusque dans la nuit, sans crier gare, au réveil, en réunion de travail, au supermarché, avec mon mari, tous les jours, pendant des semaines, des mois.

La béatitude coupée au bad trip de voir à quel point je me suis trompée. Le manque, l'extase, la douleur, tout mélangé, encore, et encore et encore. C'est trop bon, mon cœur s'est ouvert en grand, pour la première fois, il déborde d'un amour extatique pour Pierre, mais je me réveille trop tard, il a fondé une famille avec une autre. Déchirement atroce. Je suis inconsolable. Les sanglots incontrôlables. Et je tripe, encore cet intense bonheur, encore cette intense douleur, aller-retour en enfer et au paradis plusieurs fois par jour. Aller. Retour. High. Redescente. En boucle.

L'effet euphorisant se dissipe petit à petit, au cours des semaines, jusqu'à disparaître et ne laisser que la redescente, les crises et le manque. Il me laisse dans un bad trip complet. Il me plonge dans le noir le plus total.

Je me réveille brutalement à côté d'un homme qui m'abîme, qui devient plus maltraitant maintenant que je suis à terre, maintenant que j'ai enfin reconnu ce qu'est l'amour, et que je vois clairement son désamour.

Je suis sur le dos, la carapace ouverte, avec deux hommes branchés sur moi qui me pompent toute mon énergie vitale. Je cherche la force pour me relever, pour sauver ma peau, pour me sortir de là. Mais je reste au sol, ravagée par le déchaînement émotionnel.

Mon cœur s'est ouvert et j'émets maintenant, j'envoie malgré moi avec force tout cet amour pour Pierre que j'avais jusque-là vérouillé au fond de mon être par les murs infranchissables de la culpabilité.

A son retour en Janvier dernier, je l'avais rejeté violemment, pour protéger mon mariage. L'ultime fois, celle de trop, celle qui le fera me rejeter à son tour. L'onde de choc de son rejet a explosé la chape de béton scellant mon coeur, a fait sauter mon déni d'amour,m'a brisé le cœur. Il a réveillé l'amour incommensurable que j'ai pour lui. Il a réveillé le manque de lui en moi. Un manque abyssal, une décennie de manque.

Je prends ainsi conscience qu'il n'avait cessé de m'aimer toutes ces années loin de moi, il avait continué à nourrir notre lien d'amour dans le secret de son cœur, car il en était le protecteur. Il était resté coincé dedans, à devoir gérer cet amour puissant, tout seul, affreusement seul car je l'avais fui, totalement emmurée : je refusais d'évoquer le souvenir de l'homme que j'ai traîné en enfer.

A mon tour d'être seule, horriblement seule, avec cet amour trop fort pour moi, surdimensionné, effrayant. Seule, piégée dans ce lien, bombardée de rêves, d'émotions, de sensations, de frissons, de pensées obsessionnelles, seule, je plonge dans un chagrin sans fond, déchue du paradis de notre amour...

Je me réveille brusquement de mon inconscience, de ma mort à petit feu, dans ce tsunami émotionnel.

Je me réveille totalement accroc à son faisceau de lumière venu inonder la pénombre de ma psyché.

Je me réveille en manque.
Je me réveille dans la douleur.
Je me réveille dans le noir.

Je cherche désespérément l'interrupteur à tâtons. Sa lumière. J'ai maintenant le doigt dessus, mais je n'ai pas le droit de l'allumer. Tout mon être brûle de le faire. Mais il me l'a interdit. Surtout ne pas lui écrire. Non pas parce qu'il a « un travail, une femme et des enfants », ce n'est pas la vraie raison, il ne m'aurait pas recontacter sinon. Je connais la vraie raison, je sais ce qu'il me contraint à faire. Cruel et bienfaiteur.

Devoir aller chercher la lumière ailleurs. Au plus profond de mon être.










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Message par Amocore Jeu 19 Mai 2022 - 19:10



Merci encore Lopoverem pour ton commentaire, s'il te plaît continue à me brosser à rebrousse poil. J'ai besoin d'apprendre à parler comme vous les HPI, car je m'adresse surtout à vous. Et je n'ai pas l'habitude de montrer mon jeu. Je suis venue ici pour me prêter à cet exercice, alors, allons-y.

Voici les fondations de mon aplomb. Sans elles, j'aurais arrêté d'écrire cette histoire... Sans elles, je serais retournée en dépression car le choc était trop violent. Et même en sachant, le tsunami m'a balayé et ravagé pendant plusieurs mois... J'ai pu revenir rapidement parce que tout faisait sens...

Et devine ? Mes découvertes ont été guidées par l'intuition elles aussi.

Cette relation est complètement différente et ne ressemble à aucune autre relation. De l'extérieur, on est fou. De l'intérieur aussi. Car elle apparaît incompréhensible, inadmissible, sadomaso. Elle revêt les apparences d'une relation toxique, d'un amour impossible. Alors on se tait. Il est bien honteux de ne pas arriver à oublier quelqu'un, et qui plus est, quelqu'un qui nous a infligé de grandes blessures.

Et nous ne le pouvons pas car nous ressentons qu'au-delà de l'inévitable et souffrante guerre des egos, un amour pur nous lie.




12.05.2022

A match made in heaven



En rêve, je ressens une énergie différente dans mon corps. Je deviens la femme interstellaire. Une version améliorée de mon être.
***

Comment ai-je lu l'avenir de Yula ? Par une intuition puissante délivrée en rêve. Voici la raison courte et mystérieuse.

Pour la raison rationnelle, cette intuition se base sur plusieurs mois de recherches de milliers de témoignages d'une communauté qui rassemble des dizaines voire centaines de milliers de personnes sur internet.

Chaque histoire relatée est unique en effet. A quelques variations près, la nature et la trame qui sous-tendent ce type particulier de relation est tout aussi unique. Ils rapportent tous la même intensité, les mêmes difficultés, la même dynamique relationelle, les mêmes psychologies opposées, la même succession d'évènements, les mêmes phénomènes extraordinaires que je décris et vis. Je n'invente rien.

Chaque relation dans une vie est unique mais cette relation est d'un autre ordre. Elle est le soleil alors que les autres sont les planètes. Elle remplit une autre fonction et est d'une autre dimension, les autres relations gravitant autour, la servant ou la desservant. Elle est centrale dans une vie, elle est pour toute la vie, intemporelle et indéfectible. Elle n'a pas pour vocation de vivre paisiblement et de fonder ensemble un foyer. De nature initiatique, extrêmement confrontante, elle se vit principalement dans l'absence de l'autre. Il est question ici de deux personnes liées par l'amour divin. Et qu'est-ce que le produit de l'amour divin sinon l'élévation spirituelle par la désintégration de l'ego ?

C'est pourquoi cette relation provoque des souffrances intenses qui forcent à des transformations profondes, en suivant une progression précise. Une succession d'étapes phares dans le but de devenir la meilleure version de soi-même. Ces étapes sont partagées unanimement dans la communauté, et pour en avoir vécu personnellement une bonne partie moi-même, et remplissant les caractéristiques, troublantes d'exactitude, je m'y suis retrouvée. Comme pour le surdon.

J'ai fait ces découvertes en écrivant mon histoire particulière car je ne comprenais pas ce qu'il m'arrivait, cette intensité, cet amour puissant, après dix ans d'absence. Je n'avais strictement aucune idée des sous-bassements de notre relation, de sa dimension spirituelle, de sa puissance et de son sens lorsque j'ai commencé à poster dessus. Alors j'ai recherché, lu et écouté. En écrivant ces épisodes, je la décris en détail, parce que mon histoire personnelle s'est déroulée elle aussi ainsi et porte ces éléments. Elle colle parfaitement. Je n'ai pas fait exprès.

Sachant cela, j'ai eu cette intuition délivrée en rêve. J'ai ensuite recollecté rapidement mes souvenirs de Yula et son beau, que j'ai eu le loisir d'observer dans notre open space londonien, y ayant vécu ensemble quarante heures par semaine pendant un an. J'ai passé les données au crible de ma nouvelle grille de lecture et de ce prisme précis. J'ai checké les cases les unes après les autres. J'ai validé ce rêve avec ces faits concrets. Voici ce qu'il s'est passé en prenant mon café ce matin-là. J'ai ainsi pu prédire la tournure de la relation de Yula avec certitude. J'ai écrit que je lisais dans son avenir et que son futur était mon passé pour le style seulement. J'aime me donner ce style.

Ceux et celles qui voient de quoi je parle, par pitié, ne le dites pas en public. C'est la pierre angulaire de ce récit. Pour les autres, je vous livre les éléments au fur et à mesure, nous faisons le puzzle ensemble, profitons du voyage dépaysant, bientôt tout prendra sens.

Pierre connaissait le début de cette histoire. Je connais la fin.

Pierre avait le livre mais ne savait pas le lire. Je sais lire mais je n'avais pas le livre. Nous venons de nous retrouver à mi-chemin, et maintenant qu'il me l'a remis, je vous fais la lecture. Avec ma voix, avec notre contexte. Cela fait partie du scénario également, que je reprenne le flambeau.

Notre histoire est unique. L'histoire est universelle.
Est-ce que pour autant tout le monde vit ce type de relation ? Je ne pense pas.

Des Pierres, hommes ou femmes, il y en a sur le forum, qui se sont vus crever le cœur et qui pourtant continuent à vibrer pour cette personne si particulière, parce qu'elle les a profondément changés, comme personne d'autre ne le pourra. Parce qu'ils sentent que leur lien est extraordinaire. Ils n'arrivent pas l'oublier, malgré un mental puissant qui les raisonne, malgré le temps qui passe. Ils font des rêves dérangeants, essaient de se convaincre qu'ils sont mieux avec leur conjoint.e actuel.le pour les plus apaisés. Pour les autres, ils ou elles souffrent de ne pas pouvoir s'en défaire car cette personne fait partie de leur être. L'arracher de leur cœur revient à s'arracher le cœur. Ils apprennent à composer avec, à arrêter de lutter et travaillent à se réinventer loin de l'être aimé, tout comme Pierre l'a fait. Voilà leur chemin.

J'écris au nom des Amos.
Car ils ou elles sont muettes et trop compliquées pour se comprendre.
Le cœur scellé, ils s'obstinent à repousser l'amour de leur Pierre.
Je n'écris pas pour les Amos.
Ils ne se sentiront pas concernés, car ils sommeillent encore.
Tout comme la belle Yula.
Elle s'éveillera au moment voulu.
Le mien est venu.
J'écris pour Amo qui s'éveille à l'Amour à ce moment charnière de l'histoire.
J'écris car elle se révèle à elle-même ainsi.

J'écris pour les Pierres du forum.
Hommes ou femmes.
Donner du sens à leur souffrance.
J'écris pour Pierre.
La longue lettre qui lui revient.
J'écris pour les zèbres.
Ceux qui rêvent d'une relation transcendentale.

Apprenons à appréhender l'amour sous un angle diamétralement opposé à ce que nous avions toujours connu.

A ce que l'on nous a enseigné.

Gardons l'esprit et le cœur ouverts.









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Message par Lopoverem Ven 20 Mai 2022 - 9:51

Amocore a écrit:


25.04.2022


Je me réveille

...


Il y aurait beaucoup à dire, sur le plan idéal et sans accrocs qui consisterait à fonder une famille, procréer, le job, la maison, le garage, le chat, les poissons rouges, et passer la tondeuse le dimanche matin après 10h parce que le règlement de la mairie interdit les nuisances sonores avant.Sur le fait que ce serait le but ultime et la seule voie du bonheur. Mais je vais encore passer pour un hérétique.

« L'erreur est indissociable de l'apprentissage. En fait, c'est l'erreur qui permet l'apprentissage. »

J'allais parler de la lumière intérieure. Mais le chemin se dessine déjà sous vos pieds (oups, j'en dis trop).


Amocore a écrit:


Merci encore Lopoverem pour ton commentaire, s'il te plaît continue à me brosser à rebrousse poil. J'ai besoin d'apprendre à parler comme vous les HPI, car je m'adresse surtout à vous. Et je n'ai pas l'habitude de montrer mon jeu. Je suis venue ici pour me prêter à cet exercice, alors, allons-y.

Voici les fondations de mon aplomb. Sans elles, j'aurais arrêté d'écrire cette histoire... Sans elles, je serais retournée en dépression car le choc était trop violent. Et même en sachant, le tsunami m'a balayé et ravagé pendant plusieurs mois... J'ai pu revenir rapidement parce que tout faisait sens...

Et devine ? Mes découvertes ont été guidées par l'intuition elles aussi.

Cette relation est complètement différente et ne ressemble à aucune autre relation. De l'extérieur, on est fou. De l'intérieur aussi. Car elle apparaît incompréhensible, inadmissible, sadomaso. Elle revêt les apparences d'une relation toxique, d'un amour impossible. Alors on se tait. Il est bien honteux de ne pas arriver à oublier quelqu'un, et qui plus est, quelqu'un qui nous a infligé de grandes blessures.

Et nous ne le pouvons pas car nous ressentons qu'au-delà de l'inévitable et souffrante guerre des egos, un amour pur nous lie.


Amour et haine sont semblables. Ombres et lumières s'enlacent sans cesse, en permanence, et c'est pure folie de ne voir qu'ombres ou que lumières dans quelque chose. L'opposé de l'amour, c'est l'indifférence.

Raison et passion ne peuvent être « utilisées » ou « vécues » en même temps. Tout l'enjeu est justement là : arriver à les transcender.

Mais la fascination de l'autre nous fait aussi oublier cette évidence : il n'y a pas que le miroir qui réfléchit. Qu'avons-nous à offrir, à dégager, à partager, à inspirer, à faire vivre ? Pour l'autre, mais aussi pour soi, dans ce qui n'est pas un égoïsme judéo-chrétiennement coupable, mais bien un égocentrisme nécessaire, pour ne pas dire vital, où la charité bien ordonnée commence par soi-même ?

Amocore a écrit:[justify]
12.05.2022

A match made in heaven


- silence -
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Message par Amocore Dim 22 Mai 2022 - 1:29

- silence -

Tu peux m'expliquer ce silence ? Car je le perçois comme du mépris. C'est en rapport avec le titre du dernier épisode ?

Oui je sais, ça paraît complètement fou dit comme ça.
C'est ce que je disais en intro, de l'extérieur, on a l'air fou, à l'intérieur on se sent fou aussi. Je reconnais sans problème que cette histoire m'a rendu complètement dingue. En fait, je l'étais avant mais je le dissimulais. Je l'ai écrit dans le premier épisode d'ouverture qu'il est venu réveiller ma folie silencieuse. J'avais juste fait passé à un niveau subconscient à quel point je suis dingue. Dingue de lui.

Tout fait sens pour moi avec ce que j'ai vécu avec et sans lui et ce que je vis depuis sa reprise de contact. Pierre est bel et bien l'homme de ma vie et nous vivons une relation incroyable, ça fait un paquet d'épisodes que je le développe et je vais continuer. C'est lui que je veux.

Je précisais aussi dans le dernier épisode que j'écris pour ceux qui vivent cela ou qui rêvent de relation transcentale.

Je ne suis pas là pour te convaincre que l'amour divin entre deux personnes existe. Si tu ne veux pas y croire pas, c'est ton bon droit. Moi-même, je ne savais pas que cela était possible avant. Mais pour continuer à me lire, garde l'esprit et le coeur ouverts. Sinon bonne continuation.

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Message par Lopoverem Dim 22 Mai 2022 - 21:11

Non, aucun mépris.

Il relate des vécus personnels et des faits, ou éléments rapportés comme faits.
Cette partie semble rédigée telle quelle et ne pas appeler de réaction.

Ce silence-là est respect.

L'initiation commence par apprendre à écouter et à se taire (se terre > s'ancrer ?).
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Message par Amocore Mer 25 Mai 2022 - 4:55

Okay cool Lopoverem ! 

Elles me font drôles tes affirmations bien tranchées "l'amour et la haine sont semblables" : ah bon ? Pas chez moi ! 
" L'initiation commence par apprendre à écouter et à se taire" : tu peux m'en dire plus ?


Avec Pierre, nous étions en couple seulement pendant deux ans. Nous nous sommes connus ados, nous avons grandis ensemble, nous étions avant tout les meilleurs amis du monde pendant une décennie, un refuge l'un pour l'autre. J'en parle dans l'épisode 9 "l'amour païen" et 10 "la course poursuite détraquée". J'y décris la guerre des egos aussi et qu'on s'aimait malgré les disputes...

Je voulais rajouter les numéros, mais je me retiens de les toucher pour ne pas les effacer.

Cette relation n'est pas passionnelle, mais d'un amour intense qui perdure. C'est très particulier et radicalement différent de toutes les autres relations. J'en ai fait une description dans un ancien épisode appelé "la pépite d'or".


01.05.2022


44. La comédie a assez duré.


Je rêve que mon mari et moi, nous ne nous aimons pas.
***

Je lui ai doré le blason, je l'ai élevé spirituellement, je l'ai éduqué émotionnellement, j'ai cru en lui et l'ai soutenu pour se développer professionnellement, je l'ai poussé à postuler au job de ses rêves, ce qui a multiplié par presque trois son salaire. Je lui ai tenu compagnie, je l'ai égayé, je lui ai tenu chaud, je lui ai préparé des soupes d'amour, je lui ai cuisiné ses lunch boxs, des petits plats exotiques qui réchauffent le cœur. Je l'ai conseillé habilement, je l'ai rassuré, sans cesse, avec constance, j'ai tellement cru en lui, en son potentiel, en sa réussite. Je l'ai rendu fier, abondant, confiant, heureux.

J'ai reçu tout l'inverse.

J'étais l'épouse parfaite. J'étais dévouée. J'étais sa couronne. Aujourd'hui je ne l'honore plus, plus à mes dépends. A l'inverse, je le déshonore, je le bafoue en public, pour ne pas me rendormir, pour ne pas oublier, pour ne pas pardonner une énième fois, pour m'accrocher à cette nouvelle donne, pour me sortir de ce mariage trop parfait. Un mariage en carton, un décor de cinéma. Je suis devenue la carie dans son os, la pire des femmes, et je serai maudite pour cela. Pas par Dieu. Par mes propres mains. Je récolterai ce que je sème.

J'accepte de payer les conséquences de mes choix et de retourner en enfer, mais je m'interroge : en étais-je sortie au moins ? N'est-ce pas déjà vivre en l'enfer que d'être mariée à mon ennemi sournois, qui sous couvert d'amour m'a destructuré lentement, avec patience m'a détruite brique par brique ?

Bien sûr que je me juge sévèrement pour mon comportement, la pire des salopes. Il faudrait réussir à fermer ma gueule suffisamment longtemps, d'acter la séparation avant de déclamer mon amour pour un autre, qui de surcroît m'a rejeté. Mais je n'y arrive pas. Au moins, je ne lui écris pas et je n'entretiens pas de relation parallèle. Ou que dans ma tête. Est-ce que cela compte ?

Et de votre jugement ? Je m'en libère. Et le ridicule ? Il ne me tuera pas, ou s'il me tue, je ressusciterais, ce n'est pas le ridicule qui me fait douter, mais un certain sentiment de moralité.

Je me suis présentée à vous comme dévôte, proche de Dieu, aimant les religions, mariée, propre sur moi. Comme une femme respectable, d'une moralité irréprochable. Intouchable.

L'avatar qui cache le passé. L'immoralité transparaît.

Je ne suis pas venue ici pour continuer à jouer la comédie, elle a assez duré. Je suis venue ici pour dire ma vérité. J'ai toujours eu de hautes valeurs, mais malheureusement je n'ai pas toujours eu les moyens de les honorer. J'étais auparavant ce que l'on peut qualifier une mauvaise fille. Et le décalage entre les deux a nourri une haine de moi impitoyable. Et Pierre m'a connu ainsi.

Dix ans de prières, de repentance et de travail sur soi pour me retrouver à nouveau à un carrefour : un choix s'impose a moi.

Le choix moral, le choix digne, celui de me taire, patienter que les papiers soient faits, finir proprement ce mariage dans lequel j'ai été parfaite vis-à-vis de mon conjoint. Continuer à faire concorder mon comportement avec mes belles valeurs. J'avais dit à Pierre que j'avais changé et c'était bel et bien le cas. Jusqu'à son retour.

Ou dérouler l'histoire, continuer à vous dire comment mon cœur s'est ouvert en grand, pour la première fois de ma vie pour un homme, qui est lui aussi marié. Comment je suis tombée éperdument amoureuse d'un fantôme du passé. Comment je suis en transe dans un fantasme.
La folle vérité.
L'amour fou.
L'immorale vérité.
L'amour sans morale.


Aujourd'hui, comme je le lui disais à nos vingt ans, je le répète, j'aime Pierre comme un fou.







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Message par Amocore Lun 30 Mai 2022 - 7:32

22.05.2022


45. Femme de la nuit recherche âme sœur


Partie I La lettre et l'esprit



Je rêve que je raconte tout ça, qui j'étais avant.
***

Quitte à regarder le plafond toute la nuit, autant être payée : voici la pensée logique qui m'a amené à travailler en boîte de nuit. Je m'étais résignée à enchaîner les nuits blanches à cause de la terreur des cauchemars.

Et puis, j'étais abonnée aux insomnies depuis l'enfance, aux nuits blanches et sorties nocturnes depuis mes quatorze ans. Crescendo jusqu'au basculement. Dormir le jour, émerger quand le soleil se couche, vivre la nuit, plonger dedans, me perdre sans fin dans ses ténèbres.

Quatre ans que Pierre était parti, quatre ans de changement de vie, de thérapie et de cheminement spirituel. Quatre ans de dépression carabinée de laquelle je m'extrayais lentement, pouvant désormais travailler à mi-temps, à condition que ce soit le soir. Je m'étais bien évidemment réinscrite à la fac, en cinquième année de Sciences Politiques, après avoir quadriplé la quatrième année, et bien évidemment j'allais échouer encore une année de plus.

Alors, tout naturellement, par l'entremise d'une amie de la fac, je m'étais retrouvée, apprêtée comme une poupée, aux Bains Douches, hôtel cinq étoiles, bar et resto chics de la capitale, dans les environs de Châtelet. J'y ai travaillé pendant sept mois. Vous pouviez m'y trouver au comptoir d'entrée, côté club.

J'avais terriblement besoin d'argent, et il m'était devenu insupportable d'être pauvre. Je ne pouvais pas refuser deux mille euros net par mois pour un mi-temps, en partie financé par de généreux pourboires, après des années de privation à vivoter avec les minimas sociaux. Un luxe d'aller à nouveau au resto et de m'acheter des blondes, griller mon paquet de fines Vogues mentholées par jour, par nuit.

Avant le service, je faisais parfois un saut aux soirées ZC du coin, au Bar avant la fin du monde, y jouer à une partie de cartes, et sinon j'allais souvent boire un café serré avec mes copains ex-toxicos repentis, rue Montorgueil, à quelques pas. De la terrasse du Jet Lag, ils me voyaient arriver féline sur mes talons hauts et je les voyais me reluquer les jambes fines dessinées par le vélo avec surprise à chaque fois. Ils m'avaient connu en état de décomposition avancée, enroulée par la mort. Ils posaient ensuite un regard bienveillant sur moi en me rappelant de rester bien tranquille avant de me voir partir.

Endurcie dans le célibat, je continuais en parallèle à travailler sur moi pour ne plus reproduire les mêmes erreurs traumatisantes. Celles d'avec Pierre. Celles d'attirer les pervers narcissiques. Les nuits étaient longues, et j'avais souvent du temps pour lire sur mon téléphone, quand je ne m'engueulais pas avec les clients bourrés. J'étais obsédée par un livre que j'apprenais par cœur. Le mode d'emploi pour trouver une âme sœur par le dating :  Mars & Venus on a date. D'âme sœur, nous n'en aurions pas qu'une, mais plusieurs. J'ai rencontré mon mari peu de temps après avoir quitté ce job, pensant avoir bien compris la leçon.

Après le service, j'allais régulièrement en after avec quelques habitués ou des collègues. Buvant mon Coca, je les regardais faire couler l'alcool, préparer les rails et se les enfiler. Ils m'en proposaient. Non, juste vous regarder. Juste être dans l'ambiance, juste parler avec vous déchirés, juste danser ensemble en titubant, juste sentir vos haleines alcoolisées. Juste m'immerger dans le monde de la nuit me suffit.

Craignant que je ne retombe dans une spirale d'autodestruction, Catherine insistait froidement pour que je démissionne, car elle savait que le temps jouait contre moi. Malgré son autorité sur moi, j'y retournais à chaque fois, accroc.

A l'aurore, je rentrais en bicyclette non loin, sur les collines de Belleville, poussant sur mes jambes qui flageolaient. Il fallait m'y prendre à plusieurs fois pour mettre la clé dans la serrure de la porte car le trousseau me glissait des mains tremblantes. Une fois dans mon studio d'étudiante pauvre, je me déshabillais et me démaquillais grossièrement, mais il me fallait encore une bonne heure pour redescendre. Affalée, j'écoutais alors un livre audio d'Eckart Tolle dans le noir. Il m'expliquait la vie spirituelle dans un agréable tournis. Au matin, je pouvais m'endormir sans crainte. Je rêvassais de rencontrer une âme sœur en fermant les yeux, tandis que la ville ouvrait les siens.











Les 5 étapes:





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Message par Amocore Jeu 2 Juin 2022 - 16:42

Je ne me souviens plus de leurs prénoms...

27.05.2022


Femme de la nuit recherche âme soeur


Partie II Tous sex addicts


Je rêve de faire du sexe lesbien.
***


Le restaurant des Bains Douches nous servaient de bons plats, nous dînions tous ensemble avant de se mettre en piste. Chacun y racontait ses histoires de fesses de la semaine. Vraies ou fausses. L'une des serveuses étudiait pour devenir osthéopathe, et à côté, travaillait en mini tenue sexy au club où elle se laissait butiner sans complexes. C'était sa fierté d'être bonne.

Le videur nous rapportait des renseignements pour adultes qu'il disait apprendre des clients. Il nous a fait savoir une fois pourquoi les prostituées bellevilloises, celles de mon quartier, étaient dégueulasses. Parce qu'elles acceptaient tout le monde. On ne se rendait pas compte. Les gars, elles acceptent tout le monde !! Et il a enchaîné avec celles d'un autre quartier, d'un autre standing. Il était apparemment bien renseigné.

Il y avait un des barmen qui parlait toujours de ses virées au Dépôt, boîte gay d'à côté. Que la dernière fois un mec était revenu comme une fleur chercher sa culotte perdue. Il avait fait carrière dans le monde de la nuit. Il m'avait dit qu'il avait des contacts, et que j'étais physiquement suffisamment qualifiée pour devenir hôtesse dans le carré VIP d'une des boîtes les plus huppées de la ville et que j'allais devenir riche.

Je voyais cette option défiler sous mes yeux en l'écoutant : à moitié nue servir le champagne, puis resservir le champagne, puis perdre le contrôle, puis me déchirer au champagne, puis me faire déshabiller par un client, puis recommencer le soir d'après, et recommencer jusqu'à me haïr et faire une tentative de suicide. Non finalement, j'étais bien à mon comptoir, près de la sortie et des courants d'air qui me faisaient porter des cols roulés.

Quand mon tour arrivait, les collègues le sautaient avec gentillesse, n'osant pas me poser la question car la réponse était évidente : ils me voyaient faire ma traversée du désert. J'étais la pucelle fleur bleue qui ne buvait pas et qui s'était enfermée dans une abstinence sexuelle rigide, alors que les prétendants défilaient à mon comptoir, me laissant leur numéro en allongeant un pourboire.

Quant au directeur du club, il nous répètait volontiers que les femmes n'en avaient que pour l'argent, et qu'il n'en avait que pour les femmes. Il était un dur, issue d'une famille de mafieux, et dans son temps libre, il allait se battre avec ses copains loubards dans d'autres boîtes. Son film préféré était Shame. Il en faisait une analyse fine et sensible. Je l'avais visionné deux fois. La première fois, j'étais jeune et j'avais vu l'esthétisme, tout comme lui. Du grand art ! La seconde fois, j'étais passée de l'autre côté de la barrière. Je l'avais trouvé extrêmement triste : l'histoire d'un sex addict, bel homme, accompli professionnellement, dominé par ses pulsions sexuelles, et incapable d'avoir une relation charnelle dans le cadre d'un couple. Le boss ne partageait pas mon avis, comme sur tout ce qui avait trait à l'amour. Nous campions sur nos positions opposées avec une animosité larvée.

Une fois, au dessert, il a évoqué cette chanson de Barbara. Il nous a regardé avec défiance. De quoi parle-t'elle celle-là avec son rêve d'aigle noir qui vient lui caresser la joue avec son bec et lui glisser son cou dans la main ? Vous savez-vous ? Elle-même savait pas, ou elle savait sans savoir. Un cri dans mes oreilles. Silence. Personne n'a semblé comprendre, l'oeil vide. Pourquoi il nous raconte ça le chef ? Puis, on est vite retourné aux histoires de cul de chacun. N'avaient-ils pas entendu ? Etaient-ils sourds ?

Dans le brouhaha, échanges de regards. Malgré tout ce qui nous séparait, à cet instant-là nous étions réunis, et mes yeux aux cils lourds de mascara lui ont chuchoté : je t'ai entendu, je t'ai compris, ô toi, mon patron sex addict à l'âme écorchée.

J'ai démissionné quand ils ont voulu me faire passer derrière le bar : c'était me faire signer mon arrêt de mort. Malgré la dépression, malgré ma fascination pour le monde de la nuit, j'avais choisi la vie.

Et de la vivre différemment.









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Message par Lopoverem Ven 3 Juin 2022 - 10:23

Ame au corps (où pourrait-elle s'incarner autrement ?)

Je m'excuse pour la réponse tardive.
Mes erres-ment vont parfois au delà des nuages.

L'amour et la haine, ne sont évidemment, pas la même chose.
Mais ce sont, bien, les extrêmes polarités d'une énergie identique, celle d'un lien.
Quand tu aimes/déteste quelqu'un :
- tu ne fais que penser à lui,
- une simple évocation de lui produit une perturbation dans tout ton organisme,
- cela fait quelque chose de spécial dans le ventre,
- pas moyen de l'ignorer, de le "sortir de ta tête".

Un ami me disait "la haine, c'est de l'amour donné au mauvais moment". J'ai encore à cheminer, beaucoup, intérieurement, pour intégrer cela, mais au cas où je le partage.

"L'initiation commence par apprendre à écouter, et se taire."

Je ne peux pas dire ce qui se vit, à savoir, une initiation.
Cependant, l'initiation n'est autre qu'un processus de "décalage" qui fait rentrer l'individu dans un monde nouveau, différent, inédit. Un monde pour lequel il n'a absolument pas les codes, pas les règles, ne connait pas les limites, le fonctionnement.
Lorsque l'on arrive dans un univers comme cela, il y a forcément une phase de découverte, et donc d'observation. L'individu se met en mode "réceptif". Je parle de ce type de silence-là (qui devient un silence très concret et codifié dans certaines voies).


Je m'excuse aussi pour ne pas avoir suivi tous les épisodes. Je suis un bien piètre follower.

Que cet amour soit particulier, radicalement différent, intense... c'est ma définition de l'amour à moi ? Comment cela, le même amour que dans le duo amour-haine, ou un autre amour d'un autre niveau ? J'ai plein de questions en stock, et si peu de réponses. Les réponses m'ennuient. Le chemin qui peut mener aux réponses m'intéresse, lui.
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Message par Lopoverem Ven 3 Juin 2022 - 10:34

De "la comédie a assez duré"

"Je rêve que mon mari et moi, nous ne nous aimons pas."
Certains rêves dépassent la réalité.

Si l'on parle, encore, d'aimer, l'amour est-elle cette douce certitude, fier bateau qui vogue malgré les tempêtes ?
Ou cette improbable bicoque, qui prend l'eau de toutes parts, maintes fois démâtées, maintes fois réparées, à caréner à chaque étape ?

On ne peut être parfait, on ne fait qu'approcher la perfection.
Et, l'enfer est pavé de "bonnes intentions".
"Jouer la femme parfaite", ce n'est qu'un rôle. Tout comme "jouer la femme immorale".
La réflexion sur le "don" est intéressante. D'un côté, que vaut vraiment le don, essentiel, intégral, si l'on en attend quelque chose en retour ?
Mais que vaut l'amour, si l'on ne "reçoit" rien de l'autre, si tout est évident, tout va de soi ?

Pour ce qui est du jugement, il y a bien assez de gens pour nous juger, et ils mettent bien tellement d'ardeur à cette tâche. Pourquoi en rajouter une couche en se l'infligeant à soi ?
Cela se trouve notamment chez ceux qui nous sont les plus proches. Ils "croient" nous connaître, et se confortent dans l'idée qu'ils se font de nous. Alors que, nous ne nous connaissons nous-mêmes que très mal, et sommes en perpétuel mouvement (ou devrions l'être). Lorsque l'autre ne fait plus ce pas, ce simple mais si précieux pas, pour s'approcher de nous, de notre vérité, de qui on "essaie" d'être, alors la relation est terminée, finie, close, il n'y a plus rien à en retirer. Et rien à en espérer, si le pas ne se fait pas de nouveau.
Je dis cela pour un mari immobile. Je dis cela pour le tribunal des grands in-stances, pardon, la famille et les amis, qui aiment taper du marteau tout en haut du prétoire, tant qu'ils ne cognent pas sur leurs propres doigts.
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Message par Amocore Dim 5 Juin 2022 - 2:53

Merci pour ta contribution. Je note, je note. Je réfléchis. Tu me fais réaliser que je dois mettre la triple couche.

Il est évident que toutes les relations amoureuses ne se valent pas. Il y a différents types d'amour, plus ou moins nourissants. Je ne parle pas d'une relation amoureuse classique dans cette histoire mais de celle entre deux moitiés d'âme. Je suis la parfaite complémentaire de Pierre et réciproquement. Nous sommes littéralement faits l'un pour l'autre. Il est en quelque sorte mon ultime âme sœur, même si la nature et la fonction de cette relation est très différente.

D'ailleurs, nous serions tous issus de la même âme originelle, et formerions une grande famille élargie humaine, d'après la tradition musulmane. Les âmes sœurs seraient des âmes particulièrement compatibles car proches, faisant partie de la même branche d'âme. Pour ceux croyant à la réincarnation, nous aurions même vécu plusieurs vies antérieures ensemble.

Dans le cadre du lien que je décris, étant donné que toutes les autres relations se font en fonction de celle-ci, qui reste centrale dans une vie, les âmes soeurs viendraient remplir une mission spécifique d'amour, qui peut se présenter sous forme d'aide, et repartiraient une fois le travail effectué.

Les âmes sœurs pourraient être amies aussi, ou même faire partie de la famille, pas forcément amoureuses. Celle dont il est question ici est repartie aussi vite qu'elle est venue. J'ai eu beaucoup de chance de l'avoir rencontré précisément à ce moment charnière. Une très belle âme. I love you

26.03.2022


47. Ne pas mourir d'amour


Je rêve de dire à Pierre : Ah non, ça n'est pas moi qui vais revenir en rampant.
Briller, scintiller.
***

Pour la première fois de ma vie, mon coeur est ouvert, grand ouvert. Impossible de le refermer. Je dois le reconnaître : je suis totalement vaincue par l'amour. Il s'est ouvert et il a été flingué. J'agonise de douleur.

Alternance de pleurs et de vagues d'amour. La dure réalité fait la guerre au grand délire. Il n'y a pas de place pour moi dans la vie bien remplie de Pierre. Je suis en souffrance, coincée dans un mariage avec un homme qui m'a abîmé. Les remords infinis que je ressentais à l'égard de Pierre m'ont poussé dans l'extrême inverse : l'amour sacrificiel. Il fallait bien lui régler ma dette. Avec mon mari, j'ai payé et nettoyé tout mon karma. Mais j'ai peur de m'être bousillée à trop donner... A mal aimer, je me suis perdue. Il faudrait réparer... mais où trouver le courage ?

Lors de cet épisode mélodramatique de ma vie, j'ai fait une rencontre. Elle a immédiatement piqué ma curiosité mais est restée discrète, le déchaînement émotionnel brouillant ma vue. Elle joue pourtant un rôle capital quant à la tournure de cette histoire. Par sa touchante vibration d'amour, dûe à une histoire compliquée qui a engendré une souffrance sourde, elle m'a influencé sans le savoir dans mes choix, dont celui qui allait me faire basculer : me retourner sur le passé et reconsidérer Pierre. Elle m'a inspiré, et donné le courage d'oser rouvrir la porte à son souvenir pour ensuite tomber dans notre lien d'amour intemporel et m'y abandonner totalement, non sans résistances préalables.

Dans mon écartèlement entre deux hommes m'infligeant de grandes tourments, elle est mon refuge. Entre mari toxique et amour indéfectible mais impossible, il existe une voie médiane.

Son contact est extrêmement agréable, elle est si confortable, une protection de douceur qui m'enveloppe le coeur. A l'intérieur d'elle, je me sens à l'abri, belle, acceptée, et aimée. Elle est mon guide et mon alliée. Nous comprenons nos peines, nous n'avons pas besoin d'en dire plus. Le fait de se savoir comprise l'une par l'autre nous guérit. Nous n'avons pas besoin de plus, cela nous suffit. Ceci est notre mission l'une envers l'autre.

Elle me donne un immense espoir dans ce chagrin qui me semble sans fin, car elle me montre le chemin : j'ai besoin, pour être heureuse en amour, d'être aux côtés d'une belle personne comme elle, d'une douce âme sœur, qu'on se marie et qu'on fasse un enfant. Vivre en harmonie ensemble. Se la couler douce, se guérir nos blessures, se donner beaucoup d'amour et surtout faire beaucoup l'amour. Pierre est marié, avec des enfants, nous ne nous sommes pas attendus et il m'a rejeté, il faut que j'avance dans la vie moi aussi et que je construise. Je peux et vais être heureuse après mon mariage toxique. Je le serai sans Pierre, comme il a appris à l'être sans moi. Le chemin se dessine.

Mais comment avait-il réussi à occulter notre lien pour se marier avec une autre ? Comment vais-je faire maintenant pour fermer les yeux à nouveau sur tout notre amour ? Comment vais-je pouvoir refaire ma vie avec un autre maintenant que je sais le porter dans mon cœur ouvert en grand ? En aurai-je le courage ? L'envie ? Ne désirer que lui, ne vouloir que lui... La douleur est si vive, j'en agonise...

Le mal qui me ronge est sérieux, elle fera de son mieux. Je ne mourrai pas d'amour, mais j'ai appelé une âme soeur au secours.


« The day that you stop running is the day that you arrive. »






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Message par Shadow Boxeur Dim 5 Juin 2022 - 8:03

Ne pas mourir d'amour...incroyable comme j'ai pu écrire des trucs avant d'avoir lu ton texte. Ca aurait pu en être le titre.
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Message par Amocore Mar 7 Juin 2022 - 17:47

@ Shadow Boxeur : hihihi bounce

Nous n'allons pas mourir d'amour, ça non ! Comment faire pour sortir d'un chagrin d'amour dont la chute semble sans fond ? Essayer tous les moyens qui nous rattrapent habituellement, pour se rendre compte qu'un à un, ils ne marchent plus. A quoi se raccrocher ? A qui ? Persister à chercher la solution à l'extérieur de soi ?

J'ai hésité pour celui-là, mélodramatique encore, pleureuse encore, mais j'avais envie de vous présenter mes amies, et cette façon de fonctionner en réseau de femmes qui s'entraident. L'amitié.

Et puis, n'écartons aucune solution ! Un peu de légèreté !


04.04.2022


48. La plage Kinka


Venant d'un milieu prolétaire sans éducation, je pensais avoir besoin d'un bac+5 pour avoir le droit de travailler dans un bureau... J'ai donc enchaîné des petits boulots jusqu'à l'obtention du fameux diplôme. J'étais tétanisée à l'idée de surmonter les murs élevés de la classe ouvrière.

J'ai rencontré Gwen et Corinne à ce moment-là. Au tournant de la cinquantaine, elles finissaient aussi une formation, pour se lancer dans une reconversion professionnelle après une première carrière, mais elles, allaient vers leur vocation : professeur de yoga et coach de vie. Elles étaient tout aussi tétanisées que moi. Voici comment mon trio de choc s'est formé. Nous nous sommes mises à nous suivre les unes les autres au quotidien par messages audios, appels, cafés en terrasse pour nous soutenir dans notre construction professionnelle, mais pas que. Nous sommes restés en étroit contact, même lorsque je suis allée tenter l'aventure à l'étranger.

Pour la première fois en quatre ans, je suis aux abonnées absentes. Elles se soucient énormément pour moi car je ne réponds plus de rien, la douleur me murant dans un silence inquiétant. Elles finissent par avoir recours à l'ultime moyen pour m'atteindre : elles contactent Catherine. Catherine ne m'appelle jamais, c'est toujours moi qui la sollicite. Les rares fois où elle décroche le téléphone pour me joindre ? Un sérieux rappel à l'ordre. Cela signifie que j'ai fait un gros écart dans ma ligne de conduite, et qu'il va vite falloir revenir sur ma trajectoire. Elle m'appelle donc, et je décroche, étant bien la seule que je ne peux pas me permettre d'ignorer.

Oui ton mariage s'effondre, mais il va bien falloir te pardonner tes choix.
Je ne réponds rien.
Oui c'est un connard, mais prends de la perspective, tu reviens de loin !
Je pleure sans rien dire.
Tu sais d'où tu reviens, hein !
Silence...
Je vais te le rappeler au cas où t'aurais oublié : tu reviens de la grande maltraitance. L'intimité, c'est le dernier endroit où l'on en guérit. Il va falloir te pardonner tes choix. Tu as vraiment fait de ton mieux. Et rappelle ton trio, elles sont mortes d'inquiétude.

J'obéis à Catherine, je réponds présente à un rendez-vous Skype avec Gwen et Coco. Je pleure, je n'arrive pas à m'arrêter de pleurer. Je bedrouille : mon coeur s'est ouvert... il est grand ouvert.... Tout cet amour que je ressens... c'est trop, trop d'amour d'un coup.... Ca me bouleverse tellement... Je perds pied !!

Mon amie yogi me dit que l'amour que je ressens pour Pierre est un amour qui est en moi et qui a une source divine, cet amour est pour moi, pour le divin, pour la vie. Elle rajoute que c'est magnifique ce que je vis, je fais l'expérience de l'ouverture de mon chakra du cœur qui était resté fermé jusque-là.

Je gémis : mais il m'a brisé le coeur...
Elle continue sur sa lancée d'amour divin partout mais mes sanglots prennent le dessus, je suis désemparée : j'ai le coeur ouvert maintenant et il l'a flingué !!  Je fais comment ?? J'arrive pas à le refermer !! Je veux le refermer mais j'y arrive pas !! Il m'a flingué et je continue à ressentir tout cet amour !! Trop d'amour !! Ca va crescendo !! Comment je fais pour arrêter de l'aimer ?? J'ai trop mal, ça fait trop trop mal....  

Je cache mon visage dégoûlinant de larmes. Je fais de la peine à voir. Je les avais évitées pour qu'elles ne voient pas mon état. Le chagrin m'a rendu misérable, moi, auparavant si fière, l'oeil prétentieux.

Je suis malgré tout ravie de les retrouver. Des amies chères. Je les aime tellement, malgré nos différences, pour nos différences. Souvent, elle me parlent de leur approche beaucoup plus libre de l'amour et de leur sexualité décontractée, loin de mes carcans étroits de religiosité. J'ai toujours envié leur légèreté. Me demander à quoi ressemblera ma sexualité à cinquante ans me fait esquisser un sourire...

Elles aiment me parler de leur plage des délices. C'est un coin perdu sur l'Atlantique, un endroit exotique et fantastique. Ce n'est pas Paris et ce n'est pas Londres. Sur la baie, il y fait bon de vivre, les femmes sont nues, les hommes aussi. Rien à se cacher.... Elles pourraient me montrer, pour y aller c'est très facile.

Fermer les yeux et laisser s’entremêler mes cils.








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Message par Finch Mar 7 Juin 2022 - 18:41

Pardon pour cette intervention à fort capital culturel, mais l'île magique funky groove, y'en avait déjà une dans les adieux de Line Renaud au Casino de Paris. On l'oublie trop souvent. Moi je l'aime bien.


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Message par Le Don qui Chante Mer 8 Juin 2022 - 23:39

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Rien ne saurait sortir de rien.
C'est pour cela que je me décompose, atome par atome, neutrons en protons...
Comme un chanteur punk en pleine symbiose avec son publique.
Je meurs chaque jour un peu plus et je rends cela vivant auprès de mes proches.
Par moi, ils comprennent leur mortalité et leur manque de divin...

Comme dit mon fils, "papa il est mieux qu'un livre. Il a en lui les idées et les images.".
Je lui dis alors -" Je suis aussi con qu'une couverture ou qu'un lodiciquarte.

Et là il rigole, "oui mais tu es plein de couleur et même si tu veux puer la mort, tu me fais rire".

"L'homme est un pont entre l'animal et le surhumain."
Je suis entrain de bâtir cela, un être qui ne craindra pas la mort. Qui la vivra comme une sorte de moteur de Vie.



Spoiler:
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Message par Amocore Sam 11 Juin 2022 - 19:22



@ Lovo : Je ne t'oublie pas, je réfléchis, j'ai commencé à faire des recherches. Je t'écrirai sûrement un épisode "la substance inique" pour explorer la question de l'incarnation de l'âme.

@ Le Don qui chante : ça me fait plaisir d'avoir de tes nouvelles. Je ne sais vraiment pas par quel bout te prendre, quoi te dire... veux-tu entendre ma vérité ? Pas sûr qu'elle te plaise... Tu sais que je me suis prise d'amitié pour toi. Je comprends que trop bien ta peine et en même temps, je refuse d'être complaisante, ce que tu racontes sur ton fils me dérange.


@ Finch : s'il te plaît ne t'excuse pas, ça me fait toujours plaisir d'avoir de la visite. Ta chanson m'a mis la banane hahaha groovy vibs en effet !

Le morceau La baie est une reprise, l'originale est de Metronomy.





J'adorais ce morceau, je m'en souviens comme hier. Il passait l'été 2011 au restaurant dans lequel je travaillais, place de Clichy à Paris. On avait pris des distances avec Pierre, ça devenait très souffrant, j'allais de plus en plus mal. Il allait sortir de ma vie pour me laisser rencontrer le PN qui allait finir de m'achever, et me pousser au suicide, ce qui allait provoquer ma première crise existentielle. Ici il est question de son second rejet, d'un autre homme toxique, et que le tout déclenche une seconde crise existentielle. L'histoire se ressemble mais ne se répète pas.

Adorable âme-soeur qui a amorti le choc émotionnel et a épongé une partie de ma peine. Amies soutenantes qui ont cherché à me ramener sur le rivage, ne comprenant pas la puissance du courant qui me faisait dériver au loin.

Malgré les rêves, ressentis incroyables et la découverte de la nature de notre lien, j'ai lutté de toutes mes forces pour me résigner et dégager Pierre de mon cœur. J'ai exercé une pression mentale implacable pour reprendre le contrôle de mes émotions et refermer la porte intérieure que Pierre avait ouverte. J'ai des mécanismes de défense bien tenaces et un ego qui veut garder l'illusion qu'il gère.

Cela a aggravé mon état. Face au débordement psychique et au risque de retomber en dépression majeure, j'ai fait le choix de prendre le taureau par les cornes.

Je reprends dans cet épisode le format de conte initiatique, en métaphore d'une crise existentielle. Je lis qu'elle a pour fonction de finir une existence précédente, un cycle de conscience. Elle vient détruire subitement tout ce qui ne correspond plus. Elle fracasse les certitudes. Il ne reste plus rien auquel se raccrocher.

La crise existentielle pousse à aller chercher la lumière au plus profond de soi au cours de l'effrondrement spontané de son ancienne construction egotique et de son monde intérieur. Elle est un accélérateur qui propulse vers l'éveil spirituel et la reconnexion avec son soi supérieur en déclenchant un besoin viscéral de donner un sens profond à sa vie.


10.04.2022


49. Dans la vallée des Larmes


Partie I : Ego et écho


En rêve, je dis à Pierre : la beauté de notre lien, sa majesté. Je suis allée vers elle pour prendre le large.
***

J'ai pris mon backpack et deux Kitkats. Je me suis remise en mode manuel, l'ego blessé, l'ego gonflé à bloc, l'ego aux commandes, l'ego qui ne gère rien du tout, l'ego qui finit toujours par faire de la merde, mais je n'en peux plus, j'ai trop mal.

Je n'en suis plus à ma première expédition, j'en ai fait des traversées périlleuses. Depuis le temps, je peux me permettre de faire ma maline. J'ai même mis mes lunettes de soleil, ça me donne un look de rockeuse.

Mais cette fois-ci, je dois l'admettre, je fais moins ma maline. Au coeur de la traversée, je me retrouve à terre, acculée par la douleur, je n'arrive plus à avancer, même en rampant. Pourtant, j'ai appris à ramper en état d'épuisement sur de longues distances, ça ne me pose plus de soucis. Mais je n'y arrive plus. J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps, des premières secondes éveillée jusqu'au dernier soupir d'endormissement pendant trois mois. J'ai arrêté de manger. Je ne dors presque plus. Je suis amaigrie et désséchée. Le chagrin m'a brisé. Il va me tuer.

La joue contre le sol, je sens le cagnard qui cogne, et qui me cogne et me cogne encore, il s'acharne sur moi. Il me brûle la peau, mes cheveux vont finir par prendre feu. Et tout mon corps sec avec. Je vais devenir une torche vivante. Une braise qui s'immolerait. Je mange le sable, j'en ai tellement mangé que j'ai du mal à respirer. Un rocher m'écrase le dos, l'énorme Pierre, qui m'enfonce et qui creuse ma tombe. Le poids des remords accumulés sur près d'une vingtaine d'années. Coincée là, je passe en revue toute ma vie. Les mauvais choix défilent en boucle, m'accablent et m'enterrent à chaque fois un peu plus.

Comment peut-on faire autant de la merde ? Comment peut-on être aussi intelligente et aussi conne en même temps ? Comment peut-on se tromper à ce point dans sa vie, tout en étant persuadée d'être dans le vrai ? Comment peut-on se mentir à soi-même aussi longtemps ? Comment peut-on rater sa vie comme ça ?

L'expérience de la détresse me donne l'avantage de ne pas paniquer. Je devrais pourtant. Je me suis mise dans une situation critique, je suis en train de crever dans un no man's land intérieur. Je me suis embarquée dans cette traversée pas préparée, impulsivement, mais surtout j'ai fait cavalière solitaire. Sans escorte, sans renfort, sans plan, sans Dieu. L'erreur fatale à ne jamais faire.

D'ailleurs, Dieu, je lui ai tourné le dos depuis cette histoire. J'ai fait tout bien pendant dix ans, j'ai prié comme une dévôte, j'ai été raisonnable, gentille, travailleuse, conscientieuse. Et le résultat ? Le sable a un goût bien amer... Je vois une décennie de cheminement spirituel partir en fumée. Ma foi s'envoler en cendres. Le feu.

Finies les longues journées dans le silence, les méditations, les prières, les lectures spirituelles, les confessions au téléphone. La putain de secte ! Ils m'ont récupéré jeune et paumée, ils m'ont fait un lavage de cerveau. Je n'en veux plus. J'ai mis du rock à fond pour masquer mes sanglots. Le son ne masque pas la douleur, l'ego se fait lui aussi attaquer par les flammes.

Mon intuition me dit que rien ne sera épargné, et que tout brûlera. Dans ma tête écrasée dans le sable, la phrase réverbère. Tout brûlera.

Comme un écho persistant de l'au-delà, venant de nombreux autres mondes.

Un écho qui transforme mes horizons en un infini dans le présent.

Un écho qui commence à faire tourner mon véritable horizon.

Tout brûlera.







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Message par Shadow Boxeur Sam 11 Juin 2022 - 19:34

Tu brûles Amacore.

Petit j'avais plusieurs façon de m'amuser avec les flammes.

A les tenir dans ma main...même pas mal...mais si ça fait mal...mais faut peu être passer par là.

Ou à souffler sur une flamme des heures et des heures...la flamme est là, elle existe...tu apprends à respirer avec sans la perturber et sans qu'elle ne perturbe ton souffle. Tu souffle dessus et rien ne bouge...tu traverses les flammes...c'est possible, promis.

Tout peut brûler...et tu peux survivre, et même vivre. Foi de grand brûlé.

Prends soin de toi.
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Message par Amocore Sam 11 Juin 2022 - 20:04


Shadow Boxeur a écrit:
Tout peut brûler...et tu peux survivre, et même vivre. Foi de grand brûlé.

Hahaha je te crois sur parole cher Shadow Boxeur !

Oui tout peut et doit brûler. Je le savais que j'allais traverser et survivre. Je savais parfaitement où j'étais, le pourquoi du comment et ce qu'il allait se passer. Fallait juste traverser émotionnellement. C'était intense, ça a brûlé oui.

J'écris avec un décalage temporel. Je te rassure, j'en suis sortie de la vallée des Larmes depuis quelques semaines.
Je finis de casser, je déblaie les ruines, je me demande ce qui a changé, je fais l'inventaire.

Je reprends des forces en préparant la prochaine expédition. Quelle aventure !
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Message par Amocore Mar 14 Juin 2022 - 22:15



Au cours d'une crise existentielle, l'ego death est la petite mort de l'ego, une mort intérieure douloureuse, accompagnée d'une dissolution du sens de sa vie, de son sentiment d'identité, de ses repères. Elle est un processus nécessaire à la transformation profonde de la psyché.


Dans la vallée des Larmes


Partie II : Ego death trip



La tête dans le sable, je suis pensive. Et désespérée. Mais pas complètement. Pas assez pour me laisser mourir là. Alors je pense au futur. Faire des plans, trouver une issue, une raison pour trouver la force de me relever. Je me demande ce que je vais faire de ma vie une fois ce chapitre fini. Je veux me casser d'ici, encore bouger de ville. Seule sur le continent. Seule dans la vie. Je n'irai pas à Montréal, les hivers y sont trop brutaux. Partir encore plus loin, sur la côte Est, vivre à Vancouver, entre montagne et océan Pacifique, et pourquoi pas en Californie après.

Y faire quoi ? Qu'est-ce que je vais bien y faire toute seule avec mon utérus malade et vieilli ? Il va finir aussi aride et dur que mon coeur. Je n'aurai plus le courage de réessayer, de me remarier, je n'arriverai pas à fonder un foyer, je n'aurai jamais d'enfant. Mon rêve d'avoir la famille que je n'ai pas eu. La mère monstrueuse a réussi son coup, elle m'a trop saccagée. Je traverserai la vie sans famille. Seule.

J'irai où ? Nulle part. Je serai qui ? Nullipare. Ma vie ? Désespoir. Les flammes me lèchent de toutes parts. Je m'effrondre psychiquement et me destructure à nouveau. Ma vie n'a plus de sens. Les flammes m'encerclent.

Et cette histoire avec ce fantôme du passé ? Pourquoi est-il revenu celui-là d'abord ? Pour me flinguer ? Je ne veux plus entendre parler de lui. Les remords à son égard me tuent. J'ai tout gâché, il m'en avait laissé des chances pourtant, à l'infini, pendant dix ans, je les ai toutes grillées. Il est revenu après dix ans, l'ultime chance, et en retour je l'ai laminé, une dernière fois, le poids de l'habitude. Trop trop conne, irrécupérable conne. Et puis il est marié avec sa famille, lui ! Il me faut absolument l'effacer à nouveau de ma mémoire. Profonde brûlure. Le bouton off est hors service, j'insiste, le feu me transperce. Je veux l'oublier ! Hoquet incontrôlable, larmes, larmes, brûlure. Shit !

Je me sens rentrer dans le sable cuisant, il va bientôt complètement m'ensevelir. La fournaise. Je me fais pitié. Ca fait trois mois que je dépéris pour ses yeux bleus. L'ange-gardien qui a tout éclipsé dans ma vie, même Dieu. Je ne pourrai plus à le chasser. Je suis raide, asséchée, désespérée, brûlée.  Mais pas complètement pour crever.

Je n'arrive pas à me redresser, je n'ai pas prise, j'ai la tête engluée. Je suis trop enfoncée. Dans quelle galère je me suis encore fourrée ! Comment me tirer de là ? Qui viendra me sauver ? Je suis allée jusqu'au bout de la vallée, et qui y ai-je retrouvé ? En face à face, la Mort. Pas de tentative de suicide cette fois-ci, non ma Belle, pas cette fois-ci. Elle me sourit, voici pour toi. Mourir à moi-même dans d'intenses douleurs psychiques. Toute ma vie brûle sous les rayons impitoyables de la vallée des Larmes. En pleurs, regarder mourir mon déni, mon mariage, mon ancien masque, mon ancienne vie, mes anciens projets, mes anciens modes de pensée, mes anciennes certitudes, mes anciens rêves, mon ancien sens de la vie. Les sentir se consumer en moi, brûlés par le cagnard cruel. Regarder les cendres se former. Spectacle hypnotique.

Sursaut, je crache le sable. Je vais finir carbonisée si je reste trop longtemps, je n'ai pas dix mille options pour me sortir de là. Je ne le veux pas, je n'en peux plus. Je sais pourtant que c'est ma seule solution. Plus je refuse à consentir, plus je brûle. Chaque seconde, une torture. J'expire profondément. Je me mets à chuchoter. Je dis des petits mots tout bas. Mes larmes s'écrasent.

La brise se lève, m'aère la tête d'idées fraîches. Il va falloir lâcher du lest, et consentir à ma destinée. Laisser le rocher des remords sur mon dos s'effriter, arrêter de me torturer avec les erreurs du passé, d'avec Pierre, d'avec le choix du mari, et pratiquer à la place l'acceptation radicale. J'ai fait comme j'ai pu, et je ne peux pas changer le passé. Lâcher prise totalement sur la tournure des évènements pour effleurer le plan divin : tout est advenu dans un ordre parfaitement orchestré pour mon plus grand bien. Faire confiance. Lâcher prise. Nullement abandonner ou me résigner, mais juste cesser de refuser ce que la vie me présente, cesser de m'acharner à vouloir contrôler ma vie, tordre le cou aux évènements, à l'idée que je me fais de ma vie, de la façon dont elle devrait être, et des émotions qui vont avec. Et puis, vraiment, s'affamer pour un homme, est-ce bien sérieux ? Moins sept kilos en sept semaines ! Quitte à garder l'estomac noué, changer d'intention, et jeûner pour le divin. Remonter ainsi en vibration et récupérer de l'énergie.

Accepter la vérité : que ce fantôme du passé, je l'aime comme jamais je n'ai aimé, d'un amour qui me dépasse. Accepter cette réalité délirante, et que je ne pourrai plus m'en défaire. Ne plus essayer de le nier de ma conscience, mais au contraire consentir à lui faire une place en mon sein. Même si j'aurais préféré le blackouter à nouveau. Même si je le déteste de m'avoir flingué. Même si ça me tue de le savoir marié en famille avec une autre. Tout accepter.

Sentiment d'allègement. Souffle divin. Respiration à plein poumons. La vie. Elle me donne la force de m'extirper du sable. Je me redresse, allégée de mon chagrin. Il est parti en cendres lui aussi. Je peux me relever et me mettre en marche lentement. Sensation étrange de mutation... Je m'y habituerai et assimilerai totalement cette partie réintégrée : mon divin masculin. Je n'ai plus à lutter contre lui. Plus jamais. Je m'apaise et me remets en route.

Prise de hauteur. Je profite de la magnifique vue qui remet ma vie en perspective. Je ne l'ai pas raté,  j'ai cheminé vaillamment mon chemin tortueux. Je sors de la vallée des Larmes en chuchotant ces petits mots qui changent la donne du tout au tout. La seule certitude qui m'a été épargnée. Mon point d'ancrage inamovible.


Faire confiance.


Faire confiance quand je ne comprends pas, et surtout quand je ne maîtrise plus rien.







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Message par Shadow Boxeur Mar 14 Juin 2022 - 23:22

Quand tu ne comprends plus. ...
Fermer les yeux et sur ton fil, celui de ton avatar, faire un pas, deux, trois, en aveugle essayer

Et miracle tu es toujours sur ton fils quand tu rouvres les yeux. ...

Et recommencer les yeux fermés jusqu'à pouvoir danser sur le fil les yeux ouverts.

Faire confiance, c'est fermer les yeux et avancer d'un pas dans le vide qui sera rempli. ...chiche !
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Message par Amocore Sam 18 Juin 2022 - 19:43

Fermer les yeux et faire confiance, chiche Shadow Boxeur !

Souvenir de la fameuse « secte » qui m'a recueillie il y a dix ans, à ma première crise existentielle, et qui m'a sauvé la vie. Je l'ai écrit pendant la traversée pour retrouver au fond de mon être tout ce qu'ils m'ont enseignés...


06.04.2022


51. Ils m'ont dit de changer de perspective


Je rêve qu'on me demande pourquoi ils font ça. Je réponds : par amour. Des rêves pour expliquer leurs comportements, leur désespoir, leurs choix. Ils sont tous un segment d'un grand tout.
***

Au fond d'une église parisienne, ils m'ont dit : viens par ici petite brebis galeuse, approche-toi, n'aie pas peur.

Ils m'ont dit que tout ce qu'ils allaient me dire n'étaient que des suggestions, que j'étais libre à tout moment de m'en aller, mais que si je voulais m'en sortir, je devais les écouter et appliquer leurs conseils à la lettre.

Ils m'ont dit que je comptais et que ma vie était précieuse. Ils m'ont dit de rester en vie pour voir le miracle à venir. Ils m'ont dit qu'ils étaient des miraculés et que j'avais beaucoup de chance de les avoir trouvé jeune. Que moi aussi, j'allais devenir un miracle vivant.

Ils m'ont fait de la place, et m'ont dit de m'assoir parmi eux, bien au chaud. Ils m'ont dit qu'ils étaient ma nouvelle famille, ma famille de coeur. Qu'ils allaient être plus proches de moi que mon père et ma mère.

Ils m'ont dit qu'eux aussi s'étaient haïs et détruits et qu'ils allaient m'aimer jusqu'à que je puisse m'aimer moi-même. Ils m'ont dit qu'ils avaient été abîmés par la vie aussi et qu'avec eux, je pouvais baisser ma garde et qu'ainsi, j'allais laisser entrer l'amour et guérir les blessures. Ils m'ont dit que j'étais aimée, aimante et aimable.

Ils m'ont dit d'oublier tout ce que je croyais savoir sur Dieu et d'avoir l'esprit ouvert, très ouvert, et qu'ils allaient me montrer la bonne manière d'appréhender le divin. Ils m'ont dit d'oublier l'enfer, le paradis et le Dieu qui juge et qui punit. Ils m'ont dit qu'il y avait une force suprême d'amour surpuissante qui veillait sur moi en permanence, qui me voulait beaucoup de bien, et qui allait faire pour moi tout ce que je ne pouvais pas faire par moi-même. Que c'était ça Dieu, un bon Dieu d'amour. Qu'Il allait me transformer profondément et me régénérer.

Ils m'ont dit que j'étais folle, atteinte de la même maladie spirituelle qu'eux, une maladie qui détruit des vies, mais qu'avec le bon traitement, elle pouvait être arrêtée et contenue mais que je n'en guérirai jamais. Qu'il faudra toute ma vie, telle une diabétique, faire attention et suivre scrupuleusement mon traitement si je voulais espérer vivre décemment. Et ce traitement était un nouveau mode de vie, exigeant, spirituel, et qu'ils allaient me montrer comment bien vivre. Ils m'ont dit que les grands maux nécessitaient de grands remèdes et que ça allait être militaire.

Ils m'ont dit qu'ils étaient embarqués dans la même galère, alors ils ramaient tous dans le même sens, et ensemble ils pouvaient espérer s'en sortir. Ils m'ont dit que seule je n'allais pas faire long feu, et que c'était pour cela qu'il me fallait rentrer dans leur rang, marcher au pas comme un soldat et d'apprendre par coeur leur rythme de base : un deux trois, un deux trois, un deux trois.

Un : je renonce à vouloir régler mes problèmes avec les anciennes méthodes, à la puissance de mon cerveau et la force de mes bras. Je reconnaîs n'avoir rien compris à la vie, mon ego a failli, j'ai perdu la raison.

Deux : bonne nouvelle, le bon Dieu d'amour peut me sauver et Il le fera si je Le laisse faire. Il m'envoie des gens, des livres, des circonstances. Je fais preuve d'ouverture d'esprit en apprennant des méthodes différentes des miennes pour régler mes problèmes, les leurs : prier, méditer, parler, écrire. La spiritualité commence.

Trois : je lâche le contrôle de ma vie, je laisse Dieu entrer et prendre les rennes. En faisant confiance à Dieu, je me fais confiance et je fais confiance à la vie. Je fais baisser la pression, je me détends, j'apprends à relativer, je lâche du lest et je Le laisse faire Son œuvre. J'accepte que ma vie ne prenne pas la tournure que j'avais prévu avec sérénité car Dieu sait mieux et Dieu me veut du bien. Je me mets à croire au plan divin de bonté pour ma vie.

Ils m'ont dit de m'habituer à la souffrance car elle était ma guide et de ne pas en avoir peur. Ils m'ont dit de verbaliser pour pouvoir la supporter et la travailler. Ils m'ont dit qu'eux non plus ne savaient pas parler en arrivant, et que j'allais apprendre le bon usage de la parole, celle qui guérit les cœurs.

Ils m'ont dit qu'on en crevait des émotions toxiques du passé traumatique, qu'elles transperçaient, qu'elles faisaient faire n'importe quoi, qu'elles rendaient fous, qu'elles faisaient s'anesthésier avec n'importe quel moyen destructeur, tout pour ne pas les ressentir. Ils m'ont dit d'arrêter de m'anesthésier et de me laisser traverser par le torrent de ces émotions négatives si je voulais m'en libérer et qu'ils allaient me montrer comment faire pour y survivre. Ils m'ont dit que mon corps était mon temple à honorer et mes émotions des alliées.

Ils m'ont dit qu'il n'y avait pas de honte à ramper si je n'avais plus assez d'énergie pour marcher, tant que je continuais à aller de l'avant. Ils m'ont dit d'avancer droit devant, contre vents et marées, de persister et de ne jamais abandonner.

Ils m'ont crié de m'accrocher aux branches quand je menaçais de m'envoler à tout jamais. M'accrocher à n'importe quoi, me cramponner à eux, de toutes mes forces pour ne pas décrocher définitivement de la réalité. Ils m'ont dit que j'étais forte, très très forte, et d'aller chercher ma force au plus profond de mes tripes.

Ils m'ont dit qu'un jour je sortirai de la dépression, tout comme eux l'avaient fait, et que je deviendrai une citoyenne honnête, responsable et productive de la société. Ils m'ont dit que j'allais être réintégrée au système, que j'allais avoir une vie posée, bien banale pour beaucoup de gens, mais un luxe cher payé pour nous autres les parias, les dérangés, les drogués, les marginaux.

Ils m'ont dit qu'un jour j'allais me tenir droite et digne et que personne, non personne ne pourra deviner ma déchéance passée. Ils m'ont dit qu'un jour je dirai toutes ces choses-là à une fille paumée, et que je lui sauverai la vie comme ils m'ont sauvé la mienne et que je n'aurai pas d'autre choix que de le faire, car c'était comme ça que ça marchait pour nous.

Ils m'ont dit d'avoir la foi et que mes rêves les plus fous ont été mis dans mon cœur par la Force suprême d'amour pour être poursuivis. Ils m'ont dit de ne pas m'en faire, que j'allais m'en sortir, que ma vie allait changer en grand, que j'allais devenir la meilleure version de moi-même, et qu'un jour toute ma misère passée prendra un sens transcendental.

Ils m'ont dit de revenir les voir parce que ça marchait et j'y suis retournée parce que je n'avais nulle part d'autre où aller. Et il faut bien croire qu'ils avaient raison à force de persévérance.

Je me souviens qu'ils m'ont dit d'appréhender la vie avec un autre angle de vue. Pour cela, un bon éclairage, un recadrage, une lumière vive sur ce que je capture en images mentales. Des images photographiques. Dans l'obscurité, je les développe avec des mots. Lumière vive. Chambre noire. C'est tout ce dont j'ai besoin. Le processus me fait du bien. Et aujourd'hui, jour de chance : la photographie se révèle superbe. Je suis ravie.








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Message par Amocore Mar 21 Juin 2022 - 19:13



Soyons clair : Je ne prône pas l'adultère et j'adhère à l'institution du mariage, il y a eu des épisodes consacrés sur ma vision du mariage. J'aurais adoré pouvoir retrouver Pierre après mon divorce. Et je souffre que ce ne soit pas possible, qu'il n'y ait pas de place dans sa vie pour moi.

Alors, j'avance à mon rythme, vers cet espace où je pourrai l'aimer librement et sans souffrance. L'aimer inconditionnellement. A quoi cela correspond-il ? J'ai fait mes petites recherches. Aimer hors des schémas traditionnels d'attachement. Sans attaches, sans liens, sans possessivité, sans conditions. Je cherche à l'aimer de loin, qu'il soit dans ma vie ou non. L'aimer inconditionnellement est la porte de sortie de la souffrance, c'est aller au-delà de mon impérieux désir égotique de le retrouver et être sincèrement heureuse pour lui, de son bonheur dans un mariage avec une autre et tous ensemble en famille avec leurs enfants.

Une invitation à s’ouvrir à un plus haut idéal de l'amour que simplement être en couple avec l'être aimé. L'amour qui va au-delà et en dehors de la vie de couple.


25.04.2022


52. Où mon esprit est-il allé divaguer ?


Je rêve d'un endroit où Pierre et moi pouvons nous aimer librement.
***

La bague au doigt.
Le lit conjugal.
La maison en banlieue.

Amour matériel, amour temporel.

Loin des yeux, loin du cœur ?
Hors de la vue, au creux de l'âme.

Ne pas s'être vu depuis une décennie.
Communiquer la nuit par rêves interposés.

Inconscients connectés, cœurs entrelassés.

Amour divin, amour intemporel.

Une relation peut-elle être faite de silences ?
D'absences ?

Amour enflammé,
Amour abrasif,
Amour électromagnétique,

S'il rend la proximité trop dangeureuse.
Si être trop proche, c'est se brûler vif.

S'aimer d'un amour trop puissant
Pour rentrer dans les cases,
Pour se normer,
Pour s'ancrer dans le quotidien.
Hors normes,
Il explose le cadre.

Car il n'est pas fait pour le vivre au quotidien.
Pas tant que nous ne serions aussi puissants que lui.
Pas tant que les egos ne seront maîtrisés.

En attendant,
Il se vit seulement pour les grandes occasions.
Il provoque des vagues d'amour extatiques,
Des transes délirantes,
Des crises existentielles.

Il inflige les plus grandes souffrances,
Apparente toxicité,
Destruction égotique,
Libération ultime de l'âme.

Amour exigeant.
Amour cruel.
Amour impitoyable.

Il n'a pas pour fonction de nous rassurer la nuit avant de nous coucher,
Comme la présence de la personne qui partage notre lit et notre vie.
L'illusoire sécurité.

Par essence, il en est l'inverse.

Profondément confrontant,
Il vient nous arracher de notre vie semi-éveillée.
Il désactive le mode automatique.
Il disrupte le quotidien sans s'annoncer.
Il nous met la tête à l'envers.
Il fait dérailler notre illusion de contrôle,
Et nos certitudes bien ancrées.

Il nous pousse dans nos derniers retranchements,
Nous force à nous regarder en face.
Sans masque.
Sans échappatoire.
Nous sommes contraint à nous examiner,
A nous confronter,
A nous dépasser,
A nous réinventer.

Il nous montre à quel point nous nous sommes fourvoyés.

Est-ce bien cela la vie ?

N'y a-t'il pas autre chose à voir ? A expérimenter ?

Où est notre essence profonde ?

Ravivée par cet amour débordant de partout,
Jailli d'une autre dimension,
D'un endroit duquel on s'aime comme des fous
Et sans aucunes conditions.








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Message par Shadow Boxeur Mar 21 Juin 2022 - 20:45

Très puissant et beau texte Amocore.
Tu ne l'as pas écrit dans le même état émotionnel que tes autres textes, je pense.

J'entends des chevaux sauvages lancés au galop, et Amocore perchée sur l'un d'eux, ou sautant de l'un à l'autre, qui va dompter cette marée  sauvage jusqu'au bord du précipice pour au dernier moment savoir la retenir et lui imposer un arrêt, ou un changement de direction pour ne pas tomber.

Divague...cela te réussi de mon modeste point de vue dans ton écriture.
Qui sait dans ta vie...divaguer...casser les vagues immuables qui se répètent, en inventer de nouvelles...



Pas grand monde pour divaguer dans ce monde...portés par des vagues anciennes, addictives et pour certaines toxiques.

Tu divagues bien.

Je crois savoir le prix d'écrire ainsi.
Comme les vagues, il doit y avoir flux et reflux, trop éreintant d'écrire toujours sur le fil d'une vague qui se brise.
Mais si vrai, alors.

Je me demande ce que tu as ressenti à l'écriture de ce texte.
M'est avis que des émotions oubliées ou étouffées ont jailli.

Curieux et joli fil que tu déroules.
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Message par Le Don qui Chante Mar 21 Juin 2022 - 23:43

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Message par Le Don qui Chante Mer 22 Juin 2022 - 20:41



Tu vas aimer cette chanson.

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Message par Amocore Jeu 23 Juin 2022 - 1:54

@ Shadow Boxeur : wahoo merci I love you

Je ne me mettrai pas la pression après ton commentaire élogieux tongue

Je l'ai écrit au pic du déchaînement émotionnel, je cherchais la sortie et peu importe mon positionnement, je me faisais transpercer par la douleur. Ne pouvant ni me résigner, ni l'oublier, ni courir dans ses bras, ni tout plaquer et partir loin. Il paraît que l'intérieur d'une tornade est silencieux comme la mort. C'est à cet endroit, dans la paix d'une nuit sacrée ramadanesque que j'ai écrit ce 'poème', à la suite de la lecture du blog d'une Pierrette qui préconisait de vite faire son deuil de la conception d'une relation romantique et de partenariat de vie pour dépasser la douleur. Car cette relation est tellement plus que cela. Le mystère s'épaissit...

@ Le Don qui chante : quand j'ai vu le titre de la chanson, je me suis dit que tu avais lu dans mes pensées. J'ai failli ne pas le poster ce poème d'amour inconditionel car ma mauvaise conscience me fait la misère. J'avais nettoyé tout mon karma en étant irréprochable, je gâche tout, et je me condamne sévèrement de dérouler cette histoire d'amour.

Et puis j'ai écouté les paroles, et j'ai hurlé de rire, tu restes fidèle à toi-même : sentir nos corps en feu. Euh comment dire...

Je préfère la lecture que tu m'offres qui prend une tournure intéressante : la recherche d'absolu dans l'Absolute Vodka, en se posant des questions existentielles avant de baiser une femme rencontrée au bar.

L'absolu : qui n'admet aucune restriction, aucune exception, ni concession. L'a-t'il trouvé dans son shoot vodka/miel/thé ?

Je me disais des Dons qui chantent il n'y en a qu'un seul et s'il n'existait pas, il faudrait l'inventer.
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