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Message par an.a.co.lu.the Sam 19 Fév 2022 - 12:52



Juste pour te dire que je lis, que j'espère te lire encore. Pourvu que tu continues à creuser, à déposer, à recommencer… Merci

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Message par Amocore Dim 20 Fév 2022 - 18:56

@ an.a.co.lu.the : merci infiniment pour ton message   Long hug

@ Miss aux yeux arc-en-ciel : comme je suis longue à la détente... trop contente que tu me lises et de savoir que j'ai une lectrice qui a toute la grille de lecture et qui capte tout tout tout, les clins d'oeil, les références cachées, la subtilité. Merciiiiii  I love you

Ca va, on fait aller. Comme un dimanche d'hiver.



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Message par L'effet-mère Lun 21 Fév 2022 - 14:36

Ahhhhh... enfin une autre personne qui connait et poste cette pub que j'adore !
Du coup ça me permet de dire également mon plaisir à te lire et à entendre ces résonnances... Merci donc, Amo -.
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Message par Amocore Lun 21 Fév 2022 - 18:08

@ L'effet-mère : ouiii quelle claque quand je l'avais vu au cinéma ! Merci beaucoup pour ton message et me faire savoir que tu me lis  Une Zèbre qui s'ignorait! =D - Page 4 1f49b
au fait, c'est quoi l'effet-mère pour toi ?

@ tous : je vous aime.


10.02.2022

Le choix du scélérat



Je rêve de Sonia, la doctoresse de l'inconscient. Elle me dit de tout plaquer et de larguer les amarres. Mon mari essaie de s'immiscer, je dissimule les échanges de son ouïe.
***

Des hommes THQI, j'en ai rencontrés. Concernant ceux qui se sont présentés comme prétendants, je les avais trouvés paumés et faibles de caractère. Un peu comme Pierre à l'époque. Mais cet homme était différent. Un drôle d'oiseau. Le premier homme a m'avoir vraiment, puissamment impressionné. Venant d'un milieu pauvre, élevé à la dure, il s'est bâti une imposante carrière, brique après brique. Il avait commencé avec une formation d'électricien, pour finir chercheur visionnaire imaginant la technologie du futur.

Extrêmement brillant intellectuellement, tout en restant humble, il ne jure que par le travail forcené. Inspecteur Gadget, tout terrain, aussi à l'aise pour retaper un appartement, se repérer dans une forêt, réparer le grille-pain, pirater la voiture pour la reprogrammer, apprendre des langues, organiser des voyages de rêve. Il apprend à grand vitesse, dispose d'une curiosité vorace, il lit, il cherche, il s'instruit, s'empare des concepts et des méthodologies pour appliquer, construire, créer. Je n'ai jamais côtoyé une personne aussi talentueuse, dans des domaines aussi variés. Voyageur aventurier à qui la vie réussit, je voulais absolument être de la partie.

Il est propre sur lui, sportif, actif, beau comme un coeur, en plus il ne boit pas et ne fume pas. Les pieds bien ancrés au sol, il est résolument tourné vers l'extérieur et évolue dans la réalité avec force. Doté d'un esprit pratique, structuré, excessivement organisé et prévoyant, il a tout ce que je n'ai pas et m'inspire un respect que je n'ai jamais ressenti auparavant pour un homme.

De plus, il a du répondant. Ne se laissant pas intimider par mes puissantes tempêtes émotionnelles, il est le seul à avoir réussi à me saisir d'une poigne ferme pour me faire redescendre sur Terre. Il a su à une vitesse éclaire déjouer toutes mes parades, certes pacifiées, pour conquérir mon coeur. Craignant l'engagement, j'ai voulu l'épouser pour ne plus jamais à avoir à dissuader l'amour dans ma vie.

A la sortie d'un célibat endurci, j'avais suffisamment travaillé sur moi, j'étais prête : je lui ai révélé ma carte, lui ai montré la destination et le plan d'action. J'avais développé une vision persuasive du couple : je voulais bâtir un coin de paradis spirituel sur un îlot d'amour, j'avais besoin d'un homme fort et courageux pour m'y aider. Ma détermination et la grandeur du défi ont enflammé son engouement. Issu d'une lignée d'athées invétérés, il est entré dans la religion par la porte de l'amour pour m'épouser.

Par cet homme, j'accédais également à un autre de mes plus précieux rêve : repartir vivre à l'étranger. Il a eu le chic de me laisser choisir sur une carte la destination, Londres, et a orienté ses recherches d'emploi en fonction.

J'avais trouvé une âme soeur, et l'union avait la bénédiction du Ciel sur elle. Je me sortais d'une grande précarité et je mettais à l'abri mon âme vulnérable. Je vivais la grande aventure de ma vie à la conquête du monde à deux. Avec un monstre d'intelligence. Du bonheur à l'état pur.








Dernière édition par Amo - le Ven 4 Mar 2022 - 20:56, édité 3 fois
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Message par Amocore Lun 21 Fév 2022 - 23:04

.
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Message par Amocore Mar 22 Fév 2022 - 20:19

21.02.2022

The Right Club : le droit de s'exprimer

Cette nuit je rêve d'être allée accompagnée dans un sous-sol rempli de boîtes en cartons. La caverne d'Ali Baba. A la sortie, un détecteur de mouvement a déclenché une alerte stridente. Il fallait s'en tenir éloigner pour l'arrêter.
***

Vos messages et votre lecture bienveillante pour moi ? Un cadeau inespéré : une tenue Disney offerte à une enfant pauvre. Elle se dandine, attire l'attention sur elle, regardez-moi, je suis une princesse, regardez-moi, elle s'invente tout un spectacle qu'elle improvise au fur et à mesure, elle sautille, chante à tue tête. La joie, la joie, la joie.

Alors quand on lui dit que la fête est finie parce que le feu de l'enfer éternel toussa, z'auriez dû voir le désespoir tragique dans ses yeux, les pleurs, elle s'agrippait, elle criait, elle se débattait. Elle m'a fendu le cœur. Okay, okay, je vais aller lui parler au Surmoi dévôt, on va voir ce qu'on peut faire, je vais négocier, il y a toujours possibilité de s'arranger. Peut-être éviter certains sujets, d'accord ? Reste sage et maintenant arrête de pleurer petit hérisson.

Et puis c'était trop facile d'écrire comme ça, la chance de débutante. Le Censeur est revenu au galop lui aussi et veut me remettre sous verrou : mais t'es complètement cinglée ma pauvre, tu peux pas raconter des histoires pareilles ! Ferme là et crève en silence, comme tu l'as fait pendant toute ton enfance, crève, et n'oublie pas de fermer la porte en partant. Là encore ça va, il a pu être beaucoup plus sympathique dans le passé.

Je le connais bien celui-là, mon dragon personnel, qui m'a brûlé et saigné sur des années. Et donc ? Il m'a fait souffrir le martyre, j'ai failli y passer, mais je ne me suis pas laissée faire, je me suis battue avec l'énergie du désespoir, car je n'avais pas le choix. Il fallait que je trouve un moyen d'écrire, car ma survie et le sens de ma vie en dépendait. Il le fallait. Ces dernières années, j'avais la paix car je me tenais loin du champ de combat. J'ai oublié que j'avais pourtant appris la parade pour le contrer.

Retour à mes basiques :

Règle numéro 1 : mieux vaut faire quelque chose d'archi nul que rien du tout
Régle numéro 2 : et puis ton travail c'est de faire le travail, pas de juger le travail
Règle numéro 3 : tu ne t'occuperas que de la quantité, Dieu s'occupera de la qualité
Règle numéro 4 : ça n'a pas besoin d'être parfait, ça a besoin d'être fait
Règle numéro 5 : détends-toi, tu ne joues pas ta vie et tout le monde s'en contrefout

Il y a dix ans, un événement malheureux est arrivé comme vous le savez, et ma vie a ensuite basculé. J'allais crever. On entrera dans le détail de cette transition une prochaine fois peut-être. J'ai trouvé de l'aide, qui m'a introduite dans une autre dimension de Paris, des portes d'endroits inimaginés s'ouvraient à moi. La grande aventure humaine et spirituelle allait commencé.

Il y a de cela plusieurs années, neuf ans peut-être, je me suis présentée un dimanche après-midi de printemps au bar de l'hôtel Plaza sur la place de la République. Un livre m'avait conduite à ce rendez-vous. Rym me l'avait donné, elle était comme ma grande sœur. Je divaguais sévère à l'époque, délirante, à lutter pour ne pas m'envoler à tout jamais dans la psychose, un peu comme maintenant. Elle avait la poigne et le cran pour me secouer fermement : ferme ta gueule et écoute. Ferme là !!! Et écoute, capito ? J'étais choquée par sa violence. Ca m'a calmé du coup. J'ai écouté. Ca m'a sauvé la vie, j'ai retrouvé petit à petit le contact à la réalité.

Au rendez-vous, j'ai rencontré Fiona, chanteuse et pianiste amoureuse des tambours. D'un âge incertain, bohème, introvertie, discrète, elle aussi m'a sauvé la vie quelques années plus tard, mais ça, c'est une autre histoire.

Je me présente à elle. Je ne suis pas une artiste. Oui bien sûr j'étais obsédée par la peinture et l'art, j'avais été major de promo au bac d'art plastiques, en étant archi nulle en dessin et peinture, mais non je n'étais pas une artiste. Partout où j'allais, je disais toujours la même chose, c'était plus fort que moi : je ne suis pas comme vous, rejetez-moi s'il vous plaît et fort.

Alors non, je ne suis définitivement pas une artiste. Fiona a souri. Mais oui, c'est ce que le Censeur me dit aussi. Mais moi, j'ai insisté, c'était très important de me faire rejeter partout où j'allais, sinon ça mettait en péril une de mes croyances les plus profondément ancrées, et par le même coup ma psyché déjà bien déréglée. J'ai fini par lui expliquer que j'avais ce mémoire pour la fac à écrire, et que ma vie en dépendait. Elle a souri plus fort. Bienvenue chez toi.


Les principes fondamentaux :

1. La créativité fait partie de l'ordre naturel de la vie. La vie est énergie : une énergie créatrice à l'état pur.

2. Il y a une force créatrice sous-jacente infusant tout ce qui est vivant – nous inclus.

3. Lorsque nous nous ouvrons à notre créativité, nous nous ouvrons à la créativité du créateur en nous et dans nos vies.

4. Nous sommes nous-mêmes créations. Et en retour, nous sommes fait pour poursuivre cette créativité en étant créatifs nous-mêmes.

5. La créativité est un don que le divin nous offre. Utiliser notre créativité est un cadeau que nous Lui faisons en retour.

6. Le refus d'être créatif n'est qu'entêtement allant à l'encontre de notre vraie nature.

7. Lorsque nous nous ouvrons à l'exploration de notre créativité, nous nous ouvrons au divin. (GOD = Good Orderly Direction. Dieu comme la bonne direction dans l'ordre des choses)

8. Alors que nous ouvrons notre canal créatif au divin, de nombreux changements doux, mais puissants, sont à prévoir.

9. Il n'y a rien à craindre à s'ouvrir à une créativité de plus en plus grandissante.

10. Nos rêves et désirs de créativité proviennent d'une source divine. A mesure que nous avançons vers nos rêves, nous avançons vers le divin.

(Ma traduction, Julia Cameron, the Artist's way)







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Message par Le Don qui Chante Mer 23 Fév 2022 - 3:51

AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Un cris qui s'étends dehors en cette nuit.
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH
Et cela continue...
Rien ne s'aurai expliquer le pourquoi de cela. On est à Bruxelles, c'est le nouvel an et on est là en mode punk. Clope et bière en bouche dans cette putain de suite qu'il a loué pour nous. Pour me baiser surement, quoiqu'il l'a déjà fait.
Les souvenirs nous hantent comme des musiques sans que l'on sache pourquoi.
Ma vie est couverte des larmes de ses souvenirs.
On cherche le rire mais au final on récolte les larmes...



Alors on ouvre la porte. Putain cette suite, un chiote sur la gauche, on avance, le couloir, puis le salon... la chambre, la salle d'eau et un nouveau toilette... Et si on passe la carte magnétique sur la porte du fond, on est dans le hammam... Mais non, je préfére fumer des clopes au balcon.
Lui, il ouvre les Chimay. Il commence à picoler seul. Le truc chez lui est qu'il n'a jamais l'alcool triste ou violent. Con par moment oui, très con mais la plupart du temps marrant.
Le bruit que cela vient de faire est le bouchon d'une bouteille de champagne qui saute.
Il m'éclate et il me fait oublier le reste.



Parait que je suis bipolaire... hypomanie qu'elle a dit la dame... Non, pas cela...

Aparté

[00:13:36] ~☆ : après c'est humain de chercher à classifier les choses et les individus

[00:13:41] ^^ : le hpi je n'ai même pas fait le test, ça m'a aidé à un moment de me dire que ce n'était pas de ma faute si j'étais un peu inadaptée mais après ...

[00:14:29] ~☆ : on peut être "inadapté" pour pleins d'autres raisons que le HPI

[00:14:38]^^ : Je me disais avant que tout le monde était comme moi et arrivait à bien vivre, mais pas moi, donc c'était ma faute

[00:14:38] ~☆ : et puis beaucoup de HPI n'ont aucun soucis d'adaptation

[00:15:10] ^^ : oui mais ça correspondait, après peut être ce n'est pas ça je ne sais pas

[00:15:19] ~☆ : Une autre chose qui m'agace particulièrement c'est la volonté de certains de rendre le HPI "pathologique" voire s'approchant d'un handicap... y a de quoi se frapper la tête contre les murs.

[00:15:39] ~☆ : Je suis HPI, j'ai un TDAH, des troubles dys...

[00:15:56] ^^ : oui est ce vraiment important au fond?

[00:16:01] ~☆ : Je peux affirmer que c'est pas tant mon HPI qui m'a causé des problèmes que le reste (et encore c'est multi factoriel)

[00:16:17] ~☆ : je pense que ce qui est important c'est d'être bien avec soi même

[00:16:27] ~☆ : mais j'ai eu ma phase oû j'avais besoin de réponses

[00:16:44] ~☆ : j'en viens à la conclusion que le QI n'a pas réellement d'importance au final

Reprise

Je veux tailler les mots comme des diamants.
Je peux tailler les morts comme des enfants.
Et l'oliphant résonne. La bataille va débuter. Ni un en deux, nous y sommes. Depuis plus de cinq ans je vis avec elle. En intermittence. Ma vie est intermittente Mais on devenu trop sérieux. C'est la faute à personne. On rigole toujours mais on arrête les trucs trash. Enfin, pour certains. Bientôt je vais m'envoler vers la Pologne. Je ne sais pas pourquoi, juste me dire que ma vie y sera plus fun le temps ou j'y serai. Sans parler un mot de Polak, j'adore. Et j'aimerai qu'on parte à deux, mais qu'on vive le truc comme si on allait y mourir. A la Bonnie & Clyde. J'avale mon mauvais vin de Savoie et je rallume sur la clope qui meurt une autre clope. Fumée et désir, on en est là.

Une Zèbre qui s'ignorait! =D - Page 4 00010

Un jour sur un terrain je me suis demandé si y'avait pas un truc freudien à taper dans un ballon, genre on se venge du ventre de nos mères… je ne sais pas.

Et on est de nouveau sous la couette. Elle a un sourire qui lui défigure le visage de plaisir. Dans le lit sont étoiles les restes de notre festin.
J'avais acheté des entrées toutes faites, sorte de petits bouchées que l'on avait réchauffé au four.
Des spaghettis aux crevettes et du fromage, l’ensemble arrosé de Ruinart et de Chimay. Drôle de mélange à notre image. Iconoclaste et instable, sans sens.
Des miettes dessinent sur les draps, nappe de Sabbat, des constellations que nous détruisons simplement en nous caressant. Et l'on se ressaute dessus.
J'adore sa poitrine. Ses seins sont comme des pommes et dans mes mains ils ont la texture de la mie de pain ; légèrement mouillée et en un peu plus dure…
J'aime les sucer, caresser, mordiller.
Passer sous leur galbe ma langue pour pleinement les lécher. Et tout en caressant son sexe, aspirer ses tétons pour les sentir petit à petit se gonfler.
Elle n'en est pas en reste.
De sa main droite elle me masturbe pendant qu'ainsi décrit plus en haut, je m'applique à lui donner du plaisir.
Le téléphone bip, elle vient de recevoir un texto de Nathalie.
Elles ont un paris.
Nathalie a parié un repas au restaurant que Laurie ne serait pas là ce soir, qu'elles ne se verraient pas en ce jour de nouvelle année.
Nathalie connaît bien Laurie. Elle sait les mots à utiliser pour la voir.
Sans regarder son téléphone Laurie me dit que c'est elle. Qu'il faut cesser nos jeux sexuels car elle ne veut pas perdre un paris. Ce à quoi je réponds que non, elle ne va pas le perdre. Et que oui, je vais avant d'y aller la faire jouir. Et de ses seins je descends alors vers son sexe qui sous mes coups de langue s'humidifie un peu plus. Dès que ma langue la touche, Laurie abdique. Je l'ai séduite par les mots. Cela n'est pas un hasard. Je dessine une à une les lettre de l'alphabet dans son sexe qui s'ouvre de plus en plus à moi. C'est une amie lesbienne qui m'a donné l'astuce. Je sens ses lèvres s'écarter et ma main caresse en même temps son clitoris. Des halètements me font savoir qu'elle aime cela. Lentement, millimètre par millimètre j'enfonce ma langue dans son vagin. Seconde à seconde je parle à dieu.
J'essaye alors de la caresser de l'intérieur. Elle aime cela.
Elle gémit et je sens l'étau de ses cuisse se serrer sur ma tête.
Sa main me tire les cheveux, que j'aime cela.
Mon index fait des vas et vient dans son sexe pendant que je lèche avidement son clitoris. Deux doigts entrent maintenant en elle. Je suis rythme ma pénétration sur sa respiration et je l'entends souffler presque indistinctement un « je vais jouir »…
Mon visage est couvert de cyprine et j'accentue la pression dans son vagin. Mes coups de langue ne font plus qu'un avec ses battements de cœur.
Un long hululement de plaisir sort de sa bouche en même temps que je stoppe mon action. Ma tête remonte vers la sienne et nous nous embrassons. Totalement détendue elle me glisse un « je t'aime » avant de glisser dans la salle de bain pour se rhabiller. Un paris est un paris.
Je me sens heureux et en dix minutes nous sommes tous deux vêtus pour aller rejoindre Nathalie.
Dans le métro elle me glisse un « je sens le sexe… », mon érection passée reprends aussitôt vie…



Clope au bec
Biére en main
Bite à nu
Elles viennent et s’empalent en moi sans espoir de lendemain
Pas que je ne veuille pas
mais ma vie n’est pas la leur
Alors elle passent,
trépassent
et je suis là
seul
mais vivant
la bite droite comme un I
comme mon corps debout
pas couché comme
l’horizon
ma vie est
V
E
R
T
I
C
A
L
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Message par Amocore Jeu 24 Fév 2022 - 21:12

@Le Don qui Chante : Je me suis dit "c'est pas possible, il a dû se tromper de fil"  Shocked . Ici tu es sur le fil d'une bigotte !!! Sur le fil qui parle d'Amour conjugal, divin, inconditionnel... des amours de jeunesse qui donnent des papillons dans le ventre...

Tu m'as juste tué mec Pété de rire

Pour la forme, même si je ne suis pas crédible, je vais quand même le dire : mon âme sensible a été choquée, mon âme pure et immaculée conception Razz

Bon sinon, on fait quoi ? Cette histoire commence sérieusement à m'embêter, plus envie de raconter. Mais il ne faut pas décevoir son public. En fait, je vais éviter de te poser la question, que tu ne me proposes pas un de tes passe-temps lubriques hahaha en tout cas un grand merci de mettre l'ambiance copain, on s'amuse, on s'amuse !!

Allons nous dégourdir les jambes, je sais pas, faire le tour de la maison.

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Message par L'effet-mère Ven 25 Fév 2022 - 10:17

Il a un don c't homme-là. ^^

Je vois que tu as fait du ménage par le vide... ça m'arrive régulièrement aussi...

L'effet-mère, parce que je veux me rappeler que je ne dois plus prendre racine dans le virtuel (ce n'est pas mon premier compte, mais je ne suis pas aussi ancienne que toi).
L'effet-mère, parce que je suis ce que je suis en très grande partie à cause de mes relations avec ma mère (ça c'est pour la partie négative) et grâce à mes relations avec mes enfants (ça c'est pour la partie positive ^^). Mais même ça est éphémère, en tout cas doit le devenir.
L'effet-mère, parce que je suis souvent prise d'envie de disparition.

Amo - a une signification particulière ?
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Message par Le Don qui Chante Ven 25 Fév 2022 - 13:53

Bon sinon, on fait quoi ? Cette histoire commence sérieusement à m'embêter, plus envie de raconter. Mais il ne faut pas décevoir son public. En fait, je vais éviter de te poser la question, que tu ne me proposes pas un de tes passe-temps lubriques hahaha en tout cas un grand merci de mettre l'ambiance copain, on s'amuse, on s'amuse !!

Non non non, écris, et rigole. Il faut s'amuser le reste est d'un sérieux triste à mourir. Je ne voulais pas polluer nocturnement Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy ta page, là était ma seule peur.
J'aime bien ce pseudo de Don qui chante. Il est à mon image. C'est le seul livre qui m'a fait rire du temps ou je lisais. Et je préfère le voir chanter et danser plutôt que de s'enfoncer dans la folie.
"Je fais des chants et je les chante, et quand je fais des chants, je ris, je pleure et je murmure : c'est ainsi que je loue Dieu."


L'effet mère, tu devrai retirer un "e", la mer va et vient tout en restant ou elle-est... Smile
Au plaisir de vous lire. Car c'est un réel plaisir.
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Message par L'effet-mère Ven 25 Fév 2022 - 14:52

L'effet mère, tu devrai retirer un "e", la mer va et vient tout en restant ou elle-est... Smile
J'y penserai au prochain dimanche où on peut changer de pseudo (si je ne loupe pas le coche encore une fois...^^).

Et j'aime à vous lire également, des styles différents certes mais un même thème : l'amour. I love you Câlins
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Message par Amocore Ven 25 Fév 2022 - 18:36

@ Le Don qui Chante : tu ne pollues rien du tout, tu mets de l'ambiance, et on en a bien besoin. Oui continue à danser et à chanter et à nous le montrer Smile je suis une sauvage qui vient déposer mon truc ici et repars de suite, j'irai faire des gribouillis et des dessins de fleur sur ton fil à l'occasion.  Twisted Evil

@ L'effet-mère : belle résilience, j'aimerais en apprendre plus si tu as envie d'en parler, ici ou sur ton fil aussi, venir te rendre visite. Il y a cette femme qui m'appelle petite soeur, sa mère est perverse narcissique, une histoire de vie très dure. Elle a la plus belles des relations avec sa fille, qui a été diagnostiquée THQI d'ailleurs. Vous me faites rêver.

Amo - c'est l'Amour en langue étrangère. Le tiret rappelle qu'elle n'a pas toujours été ainsi, que dans le passé elle était Amovible, comme un vulgaire meuble Ikea dont on disposait à sa guise.



Le coeur n'y est plus, mais il me faut expulser du disque dur de ma psyché ces foutus textes. Partager le plaisir exquis que j'ai pris à écrire celui-ci que je trouve le plus beau d'une histoire qui me tord par ailleurs les boyaux.

Merci pour votre soutien, alors continuons le tour de table si vous le voulez bien.










18.02.2022

L'adoration païenne contre la noblesse des sentiments : dans la tête de Pierre

« La solution est ton essence que je ne touche pas encore, faut-il encore que tu la touches. »  2004
***

Pierre, le vilain caillou dans ma chaussure tandis que je dois continuer à marcher droit devant : il gêne, il embête, il attire toute l'attention sur lui. Il ne dit rien, il fait son petit gravier, mais il sait prendre toute la place, l'incruste tenace dans l'espace de ma pensée. Bien joué.

Quand on s'est connu, Pierre était un ado qui avait juste trop de cervelle pour profiter de sa jeunesse : il se posait des questions existentielles angoissantes en fumant des joints, ce qui n'arrangeait rien à l'affaire. Je crois qu'il avait seulement besoin de parler, partager ses réflexions avec une fille qui pouvait éventuellement le comprendre et il m'a trouvé, jetant instantanément sa dévolue sur moi.

Les paroles s'envolent, les écrits restent. Je déterre les archives, et retrouve une épaisse correspondance d'emails. Comme nous n'habitions pas la même ville, nous nous sommes écrits à bâtons rompus pendant toutes nos années lycéennes, avant de nous retrouver à Paris après mon bac.

Il avait pris le pseudo d'Abednago, prénom signifiant en araméen serviteur de Nabu, le dieu babylonien de la sagesse. L'Araméen est une langue sémite venant d'une très ancienne région de Syrie et qui a donné leur alphabet à l'arabe et l'hébreu. Oui, j'ai fait mes recherches.

Dans un récit biblique du livre de Daniel, un homme prénommé Abednago s'était fait jeter dans une fournaise ardente pour avoir défié l'ordre du roi Nebucadnetsar, par son adoration pour une idôle païenne. Il en était ensuite sorti indemne. L'idôle païenne qui l'avait précipité en enfer, c'était moi.

Il m'écrivait des déclarations d'amour, mais comme il avait cet irrépressible besoin d'explorer ses réflexions avec moi, il prenait bien soin de mettre en sandwich entre deux tranches très épaisses d'essai philosophique ardu l'expression passionné de son amour pour bien s'assurer que je lise l'intégralité de ses messages.

Voici ce qu'il aurait pu écrire s'il ne se taisait pas. Je ne fais que le paraphraser.

Il avait dix-sept ans, et il voulait que nous puissions expérimenter entièrement, complètement, ce dont nous parlions tout le temps. Il disait m'aimer sans majuscule et qu'il voulait m'Aimer avec un grand A : il doutait à l'époque de la noblesse de son sentiment, lui qui voulait un sentiment noble. Il était prêt à l'épurer jusqu'à qu'il le devienne dans sa nature. Il disait m'aimer car il ne connaissait pas de sentiment plus noble, mais il savait que ce n'était pas encore parfaitement noble donc il ne m'aimait pas : il y tendait. Pierre, la simplicité incarnée.

Juste après l'amour qu'il me portait, il y avait son amour de la mort. Elle représentait un sérieux problème pour lui par l'absence de la religion dans sa vie et l'incapacité de se complaire dans l'ignorance. Comment pouvait-on bien tolérer de ne plus être ? Quel intérêt à être l'éphèmère ? L'humanité était-elle un prolongement de nos individualités ? Ces questions sans réponse avaient un effet désagréable sur lui, car elles faisaient tendre son esprit cartésien vers le mystère et l'incompréhensible, ma sphère.

Il était accroc à la dialectique, l'unique moyen d'investiguer les choses d'après lui : Pourquoi ? Parce que ? C'est tout. Toujours se demander pourquoi à chaque chose, ne jamais s'arrêter et toujours répondre pourquoi ? à chaque parce que. Il n'y avait pour lui que des pourquois et trés peu de parce ques, une explication offrant des milliers de questions. Mais de cette façon, chaque segment des choses était poussé en profondeur. On ne répondait jamais assez mais on pouvait aller voir beaucoup plus loin. Plus on allait loin, plus on se rapprochait de l'essence des choses, de leur raison les plus profondes, de la question de l'existence. Bien sûr, il était possible de poser une question au hasard qui serait venue bien plus tard qu'après cette méthode. Mais cette question, lorsqu'elle se trouvait dans un groupe de questions formait en elle-même avec l'ensemble une réponse à quelque chose, une réponse au questionnement le plus profond qu'il ne savait nommé mais qui pouvait ressembler à "qui est Dieu et qui suis-je ?".

Profondément humaniste, il croyait en la bonté humaine. Tout son être ne désirait qu'une chose : être en harmonie avec le bien et il était persuadé d'atteindre la complétude et d'être pleinement lui une fois qu'il l'aurait touché. Pourquoi l'atteindre ? Pour attendre la mort sans anxiété. Mais ce bien qui n'était bien parce qu'impossible à remettre en cause n'était qu'une cause perdue. La philosophie ne lui laissait décidément pas de répit.

Après le bac, il n'a pas étudié, malgré les facilités que lui offraient son milieu d'origine aisé. Il n'arrivait pas à trouver sa voie professionnelle, il se cherchait avec peine. Et j'étais sa déesse, il me vouait un culte chronophage. Seule la sagesse, le dieu babylonien qu'il voulait incarner, pouvait lui montrer le chemin pour sortir de ses affres intellectuelles et de ses limbes romantiques.

Relation à l'opposé polaire d'avec mon mari. Avec Pierre, l'alchimie intellectuelle et la mise en abîme fascinante de nos esprits. Les échanges comme un kaléidoscope psychédélique, une infinité d'idées chatoyantes, une myriade de réflexions philosophiques, un arc-en-ciel d'émotions ondoyantes.

Lorsque je lui avais présenté mes excuses l'an dernier, il m'avait rassuré en me confiant s'être construit dans cette relation. Je ne voyais pas ce qu'il voulait dire. Ma vision des choses était beaucoup plus sombre, avec la conviction de l'avoir détruit plus qu'autre chose.

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Message par Amocore Lun 28 Fév 2022 - 18:39

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2009, Disneyland Paris, avec Pierre






15.02.2022

La course poursuite détraquée

« Au pays des merveilles, le lapin blanc confie à Alice : la première fois que je t'ai vu, j'ai fait un pacte avec moi-même. J'éviterai de t'aimer tant que tu n'auras pas appris à t'aimer toi-même. C'est la raison pour laquelle je ne t'aime pas. »
***

Pendant près d'une décennie, j'avais bien pris soin d'éviter de penser à Pierre pour ne pas réveiller les visions d'horreur. J'avais fui le souvenir de cet homme qui m'évoquait un passé sombre, si sombre, celui d'une fille monstrueuse.

Comme deux enfants orphelins jetés dans l'immensité de ce monde insensé, sans repères ni adultes auxquels se référer, nous nous sommes désespérément accrochés l'un à l'autre. Nous étions notre seule vraie famille et ressentions un vide existentiel déprimant. Et puis on a trouvé des bouquins. Nous nous sommes mis à lire, Sartre, Camus, Nietzsche, Baudelaire et Dostoïevski. Nous nous sommes tenus compagnie et construits intellectuellement ensemble, grâce à eux.

Pierre m'a aimé comme un fou sur une décennie. Il ne s'en est jamais caché. Il a essayé de toutes ses forces de me faire échapper à ma tragique destinée, tout en m'y précipitant. Son amour était du dissolvant jeté régulièrement sur mes plaies béantes, ce qui me faisait vivre le martyre et provoquait des réactions de fuite chez moi. J'étais toutefois profondément attachée à lui. Pour composer, je répondais strictement à la règle du « suis-moi, je te fuis, fuis-moi, je te suis ».

Pierre n'avait pas froid aux yeux. Il était habité d'un amour puissant et indestructible à mon égard. Guerrier déterminé à délivrer sa belle, il s'est battu vaillamment contre mes défenses pour tenter de conquérir mon cœur. Pierre était existentialiste je crois, et dans l'absurdité de sa vie, je lui offrais un sens profond et transcendant. J'étais son Saint Graal, son but ultime.

Et puis la pression et les accès dépressifs majeurs en classe prépa. Moment de faiblesse, j'ai cédé et ai accepté une relation amoureuse.

Dans notre lien, je me suis toujours sentie contrainte et forcée. J'avais un besoin vital de l'avoir dans ma vie, mais j'étais trop endommagée pour pouvoir recevoir son amour et à un tel volume. Et encore plus pour lui en redonner à la hauteur de ses exigences. Mon coeur restait fermé, et plus il en forçait la serrure, plus je resserrais l'étau sur le sien.

Comment pouvait-il bien m'aimer ? Et autant ? J'étais persuadée qu'il se trompait sur mon compte, car il ne savait pas que j'étais la fille de la sorcière, monstreuse et saccagée.

J'avais développé l'art de me dissimuler. Maintenir l'autre à distance, ne jamais baisser la garde, ne pas faire confiance, ne pas m'ouvrir. Ainsi je me sentais libre et à l'abri. Il n'avait que l'ombre de ma présence à ses côtés. Il me montrait sa joie d'être avec moi, mais je ne pouvais pas toujouts la voir ni en profiter pleinement car je me recroquevillais à l'intérieur de mon cœur pour ne pas ressentir. Construite en faux-seulf fragile, son amour intense menaçait de m'anéantir, tout en me maintenant en vie. J'en avais terriblement besoin tout en ayant le terrible besoin de m'en protéger en même temps. L'ambivalence qui a fini par lui crever le coeur.

Mais Pierre insistait, il me voulait toute entière, et n'a fait qu'escalader la violence dans ma lutte contre son amour. Pierre a de beaux yeux bleus azur. Son visage angélique excitait mes démons. S'il voulait vraiment entrer, je ne pouvais que lui montrer le monde pervers duquel je revenais, je n'en connaissais pas d'autre. Je l'ai emmené loin, trop loin, dans les terrains vagues de l'abus, tourmenter son âme, reproduire la maltraitance, lui montrant la fille monstreuse que j'étais vraiment. Je pensais ainsi me défendre contre celui qui me faisait intensément souffrir à persister à m'aimer. Quand je suis partie étudier à l'étranger, j'en ai profité pour brutalement le quitter. Il fallait trouver une porte de sortie à ce cauchemar, à ce lien intimement souffrant qui nous liait et duquel nous ne pouvions nous libérer. Fuir ce miroir cruel de nos coeurs, qui n'en faisait pas ressortir le meilleur.

Mais il était encore là à mon retour à Paris, compagnon indéfectible. Et je l'avais toujours sous la peau, mon ange gardien, mon meilleur ami, la prunelle de mon œil, ma jambe droite qui me permettait de tenir debout. Malgré l'insupportable calvaire que nous nous faisions vivre, sur un plan plus élevé persistait étrangement un amour pur et absolu. Derrière les barrières infranchissables des egos meurtris, nous sentions la complétude à portée de main.

Malheureusement, la distance que j'avais imposée dans notre lien n'a pas pu arrêter la dynamique malsaine. Mon état psychique se dégradait inexorablement par l'insoutenable tourmente de mon auto-sabotage dans les études. Le déchaînement émotionnel au paroxysme, je l'ai travaillé au couteau de la souffrance jusqu'au bout.

Monstrueuse mais pas inhumaine, j'avais une mauvaise conscience aigüe, fléchette qui s'enfonçait toujours plus profondément dans ma chair. Il fallait la soulager. Alors, je me suis esquintée plus fort. Abandonner la fac, écumer le fond des bars, me briser à la vodka, me jeter dans la gueule du loup, me faire détruire par plus monstrueux que moi. Il fallait que ça cesse mais je ne savais pas comment. Quand il est finalement parti, les pervers narcissiques ont fini de m'achever et j'ai voulu en finir. Je ne voulais plus de cette vie-là.

Je l'ai longtemps détesté de m'avoir forcé la main et de m'avoir eu à l'usure, d'avoir bafoué ma volonté de ne pas m'engager amoureusement. Je me suis profondément haïe de me voir abîmer ainsi la personne à laquelle je tenais le plus au monde. Je ne me suis jamais pardonnée d'avoir agi ainsi et j'ai vécu hantée par les remords pendant près d'une décennie. Ne plus jamais repenser à cet homme. Prier avec ardeur pour racheter mon âme.

Son plus bel acte d'amour a été de m'abandonner à mon triste sort. De renoncer à la concrétisation de son désir d'amour. De lâcher prise sur sa volonté de fer de me soustraire à ma destinée. D'avoir confiance en la vie et en ma résilience. De montrer du respect pour lui-même en refusant d'accepter plus de maltraitance. Et surtout, de me laisser enfin aller jusqu'au fond de l'enfer que je puisse m'offrir entièrement au diable.

En dépit de l'immensité de notre amour, je ne lui avais qu'imperceptiblement ouvert mon coeur et il n'avait pas réussi à sauver mon âme. Je ne lui en veux pas, car il ne le pouvait tout simplement pas. Seul l'amour divin le pouvait. En perdant Pierre, j'ai pu trouver Dieu et le chemin de la rédemption.










Dernière édition par Amo - le Mar 1 Mar 2022 - 18:30, édité 1 fois
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Message par Invité Lun 28 Fév 2022 - 18:55

J’aime bien ta plume affutée qui cisèle ces recoins de toi. En miroir, ça permet de sentir des saillies de ce qui parait parfois être des abîmes de lissitude.

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Message par Amocore Lun 28 Fév 2022 - 19:03

C'est superbement exprimé, merci beaucoup p2m  I love you  ça me fait plaisir de savoir que tu me lis.
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Message par Invité Lun 28 Fév 2022 - 22:26


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Message par Le Don qui Chante Mar 1 Mar 2022 - 2:13

Alice s'est perdue dans ses Merveilles
Elle ne voit pas le trésor en Elle
Elle s'émerveille de pique en cœur
De voir un vieux fou écrire son histoire
Le temps d'un loir en théière
Et Alice  vieillit
A en casser son miroir
Elle saigne
Saigne
Non plus des larmes de son vagin
Elle saigne des larmes sèches
Celle d'une dame de cœur
Qui a perdu sa vie
A rêver
Plutôt
Qu'à créer...


Le champignon a son/sa corolle renversé/e
Comme une jupe soulevée.
Il fait grandir en moi des idées tordues.

Nous nous aimons par-dela l’amour et par deça la mort
Et encore les mots sont faibles par rapport au lien qui nous unis.

Comme les cinq directions, le Nord, le Sud, l’Ouest, l’Est et l’Endroit ou nous sommes,
Notre Amour est multiple.
Et je ne dis pas nos amours
Non, un seul A M O U R à plusieurs formes
Je ne suis pas polyamoureux
je ne passe pas
de corps en corps
mais
d’être en naître.
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Message par L'effet-mère Mar 1 Mar 2022 - 9:48

@ L'effet-mère : belle résilience, j'aimerais en apprendre plus si tu as envie d'en parler, ici ou sur ton fil aussi, venir te rendre visite.
Arf... Je suis certes résiliente mais je trébuche encore régulièrement... Mais je suis heureuse de la relation que nous avons réussi à développer, mes enfants et moi, malgré mes erreurs, malgré mes blessures. Je me flagelle encore régulièrement parce que je ne suis pas une aussi bonne personne, une aussi bonne mère que je l'aurais souhaité, mais bon, j'essaye de relativiser... Spafacil mais j'essaye. Wink
Et tu es la bienvenue sur mon fil évidemment. Wink
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Message par Amocore Mar 1 Mar 2022 - 18:40

@ p2m : merci pour la musique, des enfants qui chantent, le coeur est tout de suite plus léger. 

@ Le Don qui Chante : j'aime bien ta façon d'investir l'espace, visuellement parlant, c'est équilibré et léger. Mais "les larmes de son vagin", whaaaaaat ? Tu me tues mec  Pété de rire
Elle devient cruelle ton histoire, quoiqu'on commence à entrevoir les sentiments sous l'épaisse peau charnelle. A suivre....

@ L'effet-mère : tu le sais comme moi, pas besoin d'être parfaite pour être résiliente. Merci de me partager ton histoire, oui il faut que je passe te voir, excuse moi je suis une farouche.





12.02.2022

Il m'a fallu du temps pour mûrir mes excuses, trouver le bon ton, purifier mon intention, rassembler mon courage, être au claire avec cette affaire. Six mois de préparation minutieuse sous l'oeil aidant de Catherine.

J'avais quadrillé le terrain avec précaution : je reprenais contact dans l'unique but de demander pardon, je ne voulais pas refaire partie de sa vie et ne lui laissais aucune ouverture. Avec pour seule préoccupation : comment puis-je payer ma dette et réparer le tort causé ?

La veille de la missive, j'avais écrit ce texte drabrowskien, depuis l'étroit appartement londonien dans lequel nous vivions mon mari et moi. Un jour de semaine dans l'hiver pluvieux, j'étais seule avec le chat. J'avais quitté mon job infernal, au bord du burn-out, et je pensais avoir dépassé plus forts une crise conjugale à ce sujet ; la brèche majeure à l'édifice.

En le relisant, et en sachant ce que je sais maintenant, il m'est évident d'avoir fait une incursion clandestine dans la tête de Pierre, pour y trouver l'inspiration stoïcienne, le temps d'un pardon.


Une Zèbre qui s'ignorait! =D - Page 4 Imgp1411
Porte Saint-Denis, Paris, 2009







18.01.2021



La sauvagerie du lâcher prise



Contrôler son destin n'est qu'une illusion. Des évènements inattendus et malheureux – en apparence seulement – tels qu'une violente rupture sentimentale, un décès, une maladie grave, une perte d'emploi subite, un accident de la route, viennent nous rappeler que nous n'avons pas prise sur le cours de notre destinée. Une certaine routine, certes celle d'une vie banale, mais tellement confortable, vole en éclat. Et par le même coup le sens de nos vies bien rangées ou dérangées.

Surtout ne pas s'en vouloir si l'on s'aggripe désespérément pour tenter de maintenir cette précieuse routine, ce mode de vie obsolète, cette vision du monde réduite et triste. Ne pas s'en vouloir de se débattre comme un fou car c'est un réflexe tout à fait normal et compréhensible. Même si le connu est morgne à mourir ou extrêmement souffrant, il est bien plus réconfortant que l'inconnu, car l'inconnu terrorise ; il contient les projections glaçantes de l'esprit.

La vie fait bien les choses, nous pouvons lui faire confiance. Elle apporte ses drames imprévisibles qui viennent nous briser jusqu'au plus profond de nos êtres. Elle donne la souffrance nécessaire pour nous poser les questions essentielles, les questions d'ordre existentiel. Elle nous force à chercher un sens profond à nos vies et à nous renouveller sans cesse.

Une vie sans accident ne mérite pas d'être vécue, et puis cela n'existe pas, une vie intacte et protégée, loin des peines et des dangers. La vie est par définition dangereuse et nous la vivons à nos risques et périls. Encore faut-il comprendre ce qu'elle nous jette à voir : le fond de nos âmes, l'intérieur de nos entrailles, notre place dans l'univers, notre lien au divin.

Il y en a qui s'y refusent et se perdront dans tout ce qui pourrait les en extraire : ils courent au pub s'engourdir de bières pression, ils vont danser sur de la musique trop forte, ils s'agitent, mangent à outrance, scrollent sans répit sur les réseaux sociaux, s'épuisent au travail, se perdent dans l'enchaînement de séries ou s'oublient dans des histoires d'amour foireuses. Je ne saurais les blâmer, car j'agis comme eux, en bonne citoyenne de la société de consommation. On nous a éduqué ainsi et on se sait pas faire autrement, après tout.

Heureusement, la fuite en avant ne marche qu'un temps. Tôt ou tard, la vie se charge de nous arracher de notre somnolence, en chahutant notre bâteau désoeuvré, jusqu'à le fracasser et provoquer son naufrage. C'est le prix à payer pour les plus résistants. Et il faudra résister, de toutes nos forces, au processus inexorable de destruction de nos vies, sous nos yeux impuissants, avec la frayeur aux tripes de mourir trop tôt, de ne pas avoir assez vécu, de ne pas avoir assez bien vécu. Nous courrons à notre perditition et pour les plus chanceux, la vie en fait son affaire d'accélérer l'anéantissement.

Mais est-ce là la fin de l'histoire ? Par cruauté du sort, une minorité n'y survivra pas, et finira ici sa course terrestre par une mort prématurée et violente : overdose, suicide, assassinat... Des vies gâchées. Le désespoir était trop fort. Pour le reste, le soleil se lève sur la plage sur laquelle ils ont échoué. Le miracle de vivre un jour de plus, d'être encore en vie. Tout est détruit, ils sont désorientés, ils sont en lambeaux, ils ont froids, ils ont faim, mais ils sont en vie. Leur joie est aigüe, aussi aigüe que le supplice du catalysme de leur vie passée. Mais c'était hier, aujourd'hui est un nouveau jour, ils sont en vie et c'est la seule chose qui compte. Ils n'ont rien mais ils ont la vie, alors ils ont tout. Une nouvelle chance s'offre à eux.

Très peu d'entre eux à ce moment-là retourneront à leur ancienne vie de mort-vivant, car il est quasiment impossible de faire marche arrière. Une fois que la porte de la conscience a été ouverte, elle ne peut être refermée. Ils retourneront tout de même parmi leurs semblables mais un mur infranchissable les séparera maintenant d'eux : leur expérience de mort imminente les a désormais fait passés de l'autre côté de la barrière invisible. Leur ancien mode de vie leur apparaitra insensé, creux, frivole. Et celui des gens qui les entourent aussi.

Alors, comment vivre maintenant ? En lâchant prise. Sauvagement.

N'étant plus duper par l'illusion de l'importance des affaires courantes, ils verront l'insignifiance en toute chose. Ils devront chercher ailleurs, autre chose. Au fond de leur âme, y trouver le sens d'une vie qui vaut la peine d'être vécue.


« En acceptant ta mort, tu vis pleinement ; en aimant celui qui t'a fait du mal, tu le guéris. »







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Dernière édition par Amo - le Sam 5 Mar 2022 - 19:43, édité 3 fois
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Message par Le Don qui Chante Mar 1 Mar 2022 - 20:01

Spoiler:
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Message par Amocore Jeu 3 Mar 2022 - 16:13

@ Le Don qui Chante : tu fais bien de préciser, j'avais pas compris, je pensais que c'était ta petite fixette hahaha tu m'as donné des idées d'ailleurs copain...


14.02.2022

« Laissez vous transformer par le renouvellement de votre pensée pour pouvoir discerner la volonté de Dieu. » Romain 12 :2

J'ai écrit pour trouver le courage de dire la vérité à Pierre. Ma démission et les confinements à répétition m'avaient laissé du temps pour parcourir cet espace de mon être que j'avais soigneusement maintenu hermétique à son amour. En écrivant, je cherchais le moyen de dire la vérité, et que la vérité, de le laisser entrer et de lui montrer, à cet homme que je n'avais cessé de balader dans un labyrinthe de mensonges entrelassés fermement.


14.01.2021

La force intérieure


Si l'on veut être complètement honnête avec soi-même, c'est notre lumière, le pouvoir que l'on porte en notre sein, au plus profond de soi que l'on redoute le plus au monde. On l'ignore, on creuse et on l'enterre, on l'oublie, on s'oublie, on s'égare le plus loin possible pour ne plus y penser. Car grand pouvoir implique grandes responsabilités.

Qu'allons-nous faire de ce pouvoir immense donné grâcieusement par le divin ? Qu'allons-nous faire de toute cette énergie et cette détermination qui n'attendent qu'un ordre pour se mettre en action et engranger d'énormes changements ?

Pourquoi le mal est-il si mauvais ? Pourquoi y a-t'il autant de mauvaises personnes sur Terre ? Pourquoi le mal domine nos sociétés ? Il faudra lire la Bible et l'eschatologie, pour tenter de comprendre les signes annonciateurs.

Pourquoi alors oeuvrer pour le bien quand l'apocalypse est inoxerable ? Parce qu'il n'y a pas d'autres choix valables, pas d'autres voies pour ceux qui embrassent la vérité. Et puis, parce que le monde a besoin de nous.

Où aller ? Par où commencer ? Que faire ?
Je n'ai cessé de lire et d'entendre des conseils disant « d'écouter au plus profond de son cœur, que l'intuition sait ». Okay. J'y crois, j'ai essayé, j'ai cherché. Je sais d'où je reviens et où je ne veux définitivement pas retourner, j'ai une vague idée de là où j'aimerais aller, mais je ne sais pas comment ni pourquoi. Et c'est très bien ainsi. C'est un très bon début, car il faut bien commencer quelque part même si ce n'est juste qu'un trait sur une feuille. En traçant d'autres traits, le plan apparaîtra.

Dans mon cas, c'est un mot, sur une feuille blanche. Je n'arrive pas à le déchiffrer, ou je fais semblant de ne pas savoir lire. Je le refuse, je ne veux pas disserter dessus. Je suis persuadée d'avoir d'autres choses à raconter.

Peut-on en parler de vive voix ? Peut-être essayer d'autres moyens ? Dans tous les cas, il faut que la parole se délie. Si ce n'est pas à l'oral, ce sera à l'écrit. Si ce n'est pas un examen clinique, ce sera une histoire fantasmagorique.

Il faut que cela sorte de soi, afin de finir d'exorciser les démons, sublimer ce passé morbide, expulser la tumeur qui ronge de l'intérieur.

Ce sera une histoire d'amour et de malheur, d'abus et de pardon. Une histoire sur Dieu et les démons, sur le pire qui côtoie de meilleur, une histoire nuancée pour effleurer la complexité de l'humanité.

Délier la parole pour renouer les liens de parentés, d'une famille éclatée par un hideux secret. Parler pour recoller les morceaux du miroir brisé qui nous a éventrés, le miroir de la vérité, de l'affreuse, de l'insoutenable vérité. Celle d'une maison hantée, d'une famille gangrénée, d'une mère possédée, tu n'as pas besoin de romancer, il te suffit juste de raconter ce qu'il s'est passé.

Et que s'est-il passé ?














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Message par Amocore Sam 5 Mar 2022 - 20:00

Ce texte comme pour faire une pause, trouver du courage, et prendre une profonde inspiration avant le saut de l'ange. Je vais plonger profondément après celui-là. Me suivrez-vous ?


09.09.2021


Le programme d'une vie sauvée


         - Prier pour que mes talents soient utilisés pour soutenir ceux qui ont besoin de ce que j'ai à offrir

         - Prier pour savoir ce que j'ai à offrir au monde

         - Prier pour le bien de ceux qui m'ont fait du mal ou qui cherchent à me nuire, prier pour qu'ils aillent mieux. Garder en mémoire qu'ils sont des      
            gens en peine, car il n'y a qu'une grande souffrance qui pousse à agir ainsi.

         La compassion vaincra l'animosité.
         ***


L'importance de comprendre sa vision personnelle : elle est l'étoile qui guide le marcheur vers sa destination, vers sa destinée. Bien sûr il y a des outils, des GPS, des techniques, plus ou moins sophistiquées, mais l'essentiel est dans ce point de repère qui permet de ne pas se perdre en chemin, surtout dans la nuit la plus noire, la plus profonde, la plus longue de son existence. Cette étoile constante qui veille sur le voyageur solitaire n'est pas son dieu, mais un point de repère que le divin lui a envoyé pour l'inspirer. Le divin est partout ailleurs, Il est la mer, la terre, la montagne, le ciel et le vent. L'étoile est un moyen pour accomplir sa destinée, autrement dit, la vision n'est pas la destination.

Alors, vers où je chemine ? Ma vision n'est que le moyen de voyager en direction du divin. La noblesse de cette cause ne réside pas dans la masse d'argent qu'elle pourra produire, ni au nombre de personnes qu'elle touchera, ni encore à son côté « hype », sa noblesse commence dans l'intention que je mets dedans, dans l'énergie qui la matérialisera – ou pas.

Et si je ne connais pas ma vision ? Eh bien, continuer à aller tout droit, de bon cœur, y mettre tout mon cœur, y mettre plus de passion que le passionné en action. Car cela fait partie du plan parfois de ne pas savoir, entourée d'une brume épaisse et mystérieuse quand je suis mon petit bonhomme de chemin ; pour ne pas voir la montagne massive à escalader, et ne pas être effrayée par son imposante grandeur. Telle est la vision, majestueuse, cachée aux yeux par un voile divin. Mais ça, je ne le sais pas, alors avançons en paix.

Et si le manque de sens me fait peur en m'aboyant dessus méchamment, et menace de me mordre la jambe tandis que je marche, alors je lèverais les mains au Ciel et remercierais pour ces tracas. Cela me permettra de me souvenir que je reviens d'un non-sens délirant et que j'ai failli en crever, mais que j'y ai survécu et que je suis donc vaillante. La mise en perspective et la remise dans le contexte toujours me rendront heureuse, en me rappelant que lorsque la caravane passe, il est dans l'ordre naturel des choses que les chiens aboient.

Et si je m'ennuie en marchant, alors y aller en dansant et en chantant sur le rythme des tambours d'Orient, de la derbouka et des rythmiques d'un pays lointain que j'aurais pu appeler « bladi », ma patrie. Dieu ne m'a pas donné cette sécurité identitaire, et en ce faisant, Il voulait me rendre libre. Ce sentiment de déracinement permanent et de mal « du pays » sans objet fait de moi une pure étrangère en ce monde et c'est mieux ainsi car c'est ce que Dieu voulait pour moi.

Le rester, une étrangère à ce monde, car il n'est dans le fond qu'une illusion. Chérir mon mal-être et cultiver mon sentiment d'étrangeté parmi les autres humains, moi qui cherche à élever mon âme. Assumer mon choix d'être radicalement différente à ce monde. Mon chemin déviera forcément de l'autoroute de la pensée dominante.

Accepter cette réalité qui est mon mektoub. Et ne plus leur en vouloir. Me souvenir qu'ils ne savent pas, et qu'ils font du mieux qu'ils peuvent, tout comme moi. Garder en tête que leur comportement n'a rien de personnel, rien de diriger personnellement contre moi. Ils évoluent dans leur réalité qui leur est propre, et qui est bien différente de la mienne, et j'en fais de même.

En étant au clair avec la réalité et les limitations des autres, je deviens ouverte à mon champ des possibles et à son horizon infini. Ne pas m'en faire car je ne serai pas longtemps seule sur ce chemin, bien des gens croiseront ma route et feront un bout de route avec moi sur cette trajectoire alternative. Ce n'est pas parce qu'elle n'est ni éclairée ni balisée qu'elle n'est pas sillonnée.

Le brouillard est épais, mais cela ne fait rien car je connais le chemin, je le connais par cœur, par le cœur. Je sais intuitivement que la route apparaîtra à mesure que j'avancerai sur cette voie qui est la mienne, car tracée par le Ciel.

La peur ne pourra pas me maintenir encore immobile bien longtemps, elle résiste de toutes ses forces pour me retenir, mais elle est bien faible en comparaison de la puissance de frappe que le divin m'a insufflé. Car la sublime vérité grandit en moi, elle s'agite, elle cherche à se libérer. Et comme le bourdon d'une fleur magnifique, elle finit par s'ouvrir, éclater au grand jour, et accomplir sa mission : éblouir le monde de sa beauté. Rien ni personne ne peut l'en empêcher, car sa mission est bénie, elle vient directement du divin.

Ceux qui la retienne se gangrènent, elle pousse mais ne trouve pas de place ni d'exutoire. Leur vérité continue à grossir mais elle tourne mal, elle devient tumeur veineneuse, maligne, qui ne trouve pas comment sortir de la boîte cranienne et qui ne peut cesser de croître, elle se met à appuyer sur le nerf optique pour pouvoir se faire voir si on persiste à la nier, elle fait courir le risque de devenir véritablement aveugle, et d'être plongé dans un brouillard permanent à force de ne pas vouloir la considérer.

Tout se paie, mais pas en cash. Après tout, l'argent ne se mange pas. Le prix à payer du déni est implacablement exubérant, il prend à la gorge, il étrangle, il rend fou, il finit par tuer violemment.

Mais le prix de la vérité est tout aussi implacablement exubérant, voire plus cher. La vérité, elle, ne se salit pas les mains. Ses méthodes sont bien différentes. Elle impose qu'on se prenne à la gorge soi-même, délibérément, qu'on plaque tout, qu'on s'expatrie dans des contrées lointaines et menaçantes, laissant derrière soi le confort du connu. C'est choisir de s'aliéner pour espérer échapper à l'absurdité de sa vie.

Ainsi je sauverai ma peau. Elle est certes déjà brûlée au second degré, repentie revenue de l'enfer, mais ce sera mieux que laisser la gangrène et la vermine me manger de l'intérieur. C'est mieux qu'être morte et vivante en même temps. Et ce n'est pas parce que c'est la norme d'avoir un cœur mort que je peux me reposer sur mes lauriers, ou pire, rebrousser chemin pour vivre comme eux. La chaleur de la masse et de la normalité. Au moins ne pas être tout seule. Même si je l'oublie souvent, sur le chemin de la vérité, je suis déjà accompagnée, et de la meilleure des compagnies.

«La beauté sauvera le monde» Dostoïevski, l'Idiot









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Message par Le Don qui Chante Dim 6 Mar 2022 - 14:35

Comme la beauté est perçue par les yeux de l Homme, faut il en conclure que c’est lui qui sauvera le monde?
https://youtu.be/rXF1Si3LEEU
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https://rhesussocial.wordpress.com/

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Message par Amocore Dim 6 Mar 2022 - 21:41

@ Le Don qui Chante : Oscar Wilde, j'adore ! bounce
Je faisais référence à la beauté divine... toujours pareil, fil de dévôte haha !  Copain tu m'as inspiré celui-là avec tes histoires vaginales Very Happy je l'ai coupé en deux car trop long.

01.03.2022

La prétentieuse prêtesse de l'amour

Partie I : En parlant de vagin


Cela faisait sept ans que Pierre m'avait quitté et que je cheminais, j'allais bientôt réaliser un de mes plus précieux rêves : aller vivre à l'étranger à nouveau, à Londres avec mon mari. Je me faisais rare à l'Eglise, ce qui rendait mes apparitions que plus désirables. Mon mariage me faisait scintiller, j'étais la princesse qui faisait le tour du monde. Elles avaient trente, quarante, cinquante ans, et elles buvaient mes paroles quand je l'ouvrais, mais très peu les appliquaient. J'étais leur jeune prêtresse de l'amour.

Dis moi ton secret. Je lui ai souri coquin en pointant son entrejambe. C'est combien ton vagin ? Elle m'a regardé étonnée. J'adorais jouer à ce jeu-là, alors je l'ai bousculé plus fort. Oui, c'est combien pour pouvoir te pénétrer ? Un resto ? Quelques mots d'amour ? Te faire miroiter une promesse de relation ? La honte sur son visage. J'ai posé la main sur son épaule. Ma chérie, ce que tu as entre les jambes, c'est une vraie mine de diamants. Il faut vraiment que tu l'intègres et que imposes le prix à la hauteur de cette richesse. Quel prix ? C'est toi qui choisis. Pour moi c'était le mariage religieux, tout le reste était négociable, mais l'union devant le divin...

Cette femme, de dix ans mon aînée, prénommée Hélène, avait insisté pour que je l'aide. Je ne la sentais pas bien mais je lui ai tout de même donné une chance. Je suis prête à tout t'enseigner, mais la technique est terriblement rude et cruelle dans les souffrances qu'elle inflige. L'usine et le cloître en même temps sur plusieurs années, t'es bien sûre ? Oui, oui, oui, qu'elle m'a répondu, désespérée. S'il te plaît, je veux être heureuse en amour. Ils m'ignorent, ils couchent et ensuite me rejettent, ils me baladent. Je suis lamentable, je souffre tellement, je suis prête à tout.

Je l'ai regardé avec mon petit air imbu. T'as une idée de pourquoi ? Tu t'es vue ? Regarde toi, comment tu te comportes là ? Je vais te dire la vérité : tu es une mendiante de l'amour. Et tu sais ce qu'on leur donne aux mendiantes ? Des miettes. Voilà pourquoi ils te malmènent autant. Bang ! Bim ! Bam ! dans sa gueule.

Pas de prince charmant Disney qui viendra chercher sa peau d'âne car il aurait vu l'étincelance de la princesse sous ses couches de crasse. Non ma chérie, personne ne viendra te sauver de ta misère. Il va falloir arrêter de faire les poubelles. Oui je sais, quand on t'a affamé toute ton enfance, tu manges la viande pourrie sans soucis et tu as même appris à aimer ça car tu n'as connu que ça. Je le sais, je l'ai mangé aussi, mais il va falloir arrêter maintenant et changer.

Comme tu ne peux malheureusement pas te transformer de crasseuse à duchesse du jour au lendemain d'un coup de baguette magique, on va procéder autrement, par palliers pénibles. Je vais te montrer la marche à suivre. Ton désespoir est ton meilleur allié. Seul un immense chagrin d'amour pourra te donner le courage de te jeter dans ce rouleau compresseur qui va te broyer les os, je pèse mes mots.







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Message par Amocore Mar 8 Mar 2022 - 17:38

Vous êtes nombreuses et nombreux à visiter mon fil. Un grand merci pour votre lecture bienveillante.  Long hug

Vous savoir avec moi dans cette aventure compte beaucoup pour moi. Vous me guérissez profondément de ma blessure du rejet en me laissant l'opportunité de faire tomber le masque.

Allons de ce pas continuer à explorer les bizarreries de la vie.



La prétentieuse prêtesse de l'amour



Partie II L'ascension à tout prix




L'orgueil maudit et l'humilité sauve. L'orgueil précède toujours la chute.
***


Voici le secret que j'aurais pu partagé à Hélène avant de l'aider. En réalité, je lui avais juste dit de se préparer mentalement à intensément souffrir.

Petite mendiante de l'amour, il va falloir lâcher sans réserves tes anciens modes de fonctionnement et ta façon de pensée pourris et te reposer sur moi. Je serai ta guide, la voix de ta conscience. Tu vas devoir être à mes ordres.

Commence par aller à la soupe populaire pour mieux te nourrir et te tenir chaud, avoir un peu d'énergie pour t'occuper de toi et te trouver des vêtements de récup' mais propres. Ensuite, je vais te montrer comment cuisiner ta propre soupe, plus consistante, et te constituer un gang d'alliées, avec lesquelles la partager et échanger, vous nourrir les unes les autres. C'est un sport d'équipe, tu ne survivras pas en restant seule.

Une fois que tu auras pris des forces, tu vas apprendre à tisser. Tu vas tisser, des saisons entières, tisser, tisser, tisser. L'éreintement, la peau des mains arrachée, les cloques, le dos brisé, tu vas devoir serrer les dents et persévérer, petite ouvrière s'exploitant elle-même avec résolution.

Quand tu seras suffisamment cassée par le labeur, tu auras gagné en endurance et en habileté. Je t'enseignerai alors, comme on me l'a enseigné, à soigner tes blessures putrides, de ta propre main t'ouvrir au scalpel de la vérité et bien sûr sans anesthésiant. C'est terrifiant oui et je ne vais pas te mentir, ça fait aussi atrocement mal, tu vas croire mourir de douleur à trifouiller dans tes tripes. Mais il va le falloir, que tu te charcutes toi-même et de toutes façons personne ne pourra le faire à ta place. Il y a sûrement d'autres méthodes, plus douces, assistées, mais je n'avais pas d'argent à l'époque pour me les payer, alors on va faire avec les moyens du bord, ceux que je connais, et ils sont hardcores.

Les résultats et la guérison vont être très longs à arriver, et avant qu'ils n'arrivent, la douleur t'aura plaquer au sol et tu n'auras pas d'autres choix que de ramper misérablement pendant des années. Tu vas vivre l'agonie, une éternité. Sous le regard des gens. Tu verras la pitié et la frayeur dans leurs yeux, ils t'éviteront comme une pestiférée. Car tu seras en état de décomposition. Il va falloir t'y habituer.

T'habituer aussi au chagrin sans fond dans lequel tu seras plongée, et de passer le plus clair de ton énergie et de ton temps à te débattre avec tes boulets aux pieds pour juste garder la tête hors de l'eau. Ta vie ne sera que ruines à perte de vue et tu vas devoir lutter de toutes tes forces pour ne pas te noyer, ne pas craquer nerveusement, ne pas t'enfuir dans la psychose, ne pas te jeter par la fenêtre pour que tout s'arrête. C'est là que ton tissage se révèlera utile et tu pourras t'y raccrocher afin de ne pas te faire avaler par ces abysses.

Dans ton grand désespoir, ton seul soulagement sera la prière. Tu vas pleurer, gémir et te tordre par terre, supplier le Ciel de te délivrer de ce supplice que tu auras délibérement provoqué. Car seul l'amour divin pourra te guérir et te porter sur ce chemin de désolation psychique qui est humainement impossible à parcourir. Tu seras obligée d'aller chercher au plus profond de ton être une énergie latente à activer pour développer une foi plus puissante que ton agonie.

Je te garantis qu'au fil du temps cette souffrance va te transformer, lentement mais profondément, car elle est pleine de sens et de sagesse. Petit à petit, tu renaîtras de tes cendres et tu reviendras à la vie. Imperceptiblement, tu monteras en expansion et gagneras en prestance.

Et au bout de quelques années, cinq ou sept ans peut-être, si tu es vraiment déterminée et que tu as travaillé avec acharnement, et quand le Ciel le voudra bien, tu sortiras un beau jour de ce tunnel sans fin de la nuit noire de ton âme. Il fera doux dehors, la brise sur tes joues sera exquise. Tu auras des doigts de fée, tu seras devenue une couturière hors pair. Tu seras émotionnellement riche et indépendante, Dieu seul te suffira. L'amour divin t'aura guérie et métamorphosée. Ton coeur sera léger et joyeux. Tu te revêtiras alors d'une robe splendide, en fine dentelle brôdée, taillée sur-mesure par tes soins.

Tu émaneras une aura majestueuse et à ce moment charnière, tu auras l'embarras du choix quant au prince. Personne ne pourra deviner qu'auparavant tu étais une mendiante qui faisait les poubelles, ce sera ton précieux secret. Personne ne pourra soupçonner la désolation passée qui se cache derrière ton beau sourire, ça en fera son charme mystérieux.

Mais il va falloir travailler comme une chienne pour en arriver là, une sacrée chienne, sous ce régime exigeant et impitoyable. Il y aura la violence du dénuement à supporter, et l'agonie de ton ancien self à survivre. Un engagement sur plusieurs années. Prends-tu pleinement la mesure de ce qui t'attend là ? Tout à un prix, et celui-ci est exorbitant, es-tu vraiment prête à le payer ?

Les crises de manque, les pertes de maîtrise chaotiques, les conditionnements trop forts. La souffrance la cruxifiait. Elle s'est alors rebiffée, l'ego tenace. En chienne enragée, elle a même mordu ma main qui tenait le bâton pour la faire avancer. Elle n'a pas tenu deux ans. Elle crevait tellement de faim, elle portait des blessures surinfectées et si profondes, elle avait été terriblement carencée en amour, ayant été élevée à la DASS et abusée sexuellement en maison d'accueil. Elle est retournée manger la viande pourrie dans le caniveau de l'amour.

Amertume de voir les années et l'énergie investies en elle partir en fumée. Son échec était le mien. Et puis, la sagesse de Catherine à la rescousse : le résultat importait peu. J'avais assis mon rang et l'avait étoffé en partageant mon savoir-faire astreignant. En continuant ainsi, un jour, c'est sûr, je deviendrai reine.










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Message par Amocore Jeu 10 Mar 2022 - 18:40

Transition délicate, comme une page de journal intime tombée du carnet.



Le creux de la vague voyageuse


20.02.2022


Je rêve que je reçois un mail de Pierre dans ma vieille boîte mail. En pièce jointe un long texte narrant les dix dernières années de sa vie. L'objet : récit d'un voyageur solo.
***


Un jour longuet de Janvier, Pierre s'ennuyait au travail. Il a alors décidé, comme ça, pourquoi pas, après dix ans, de venir aux nouvelles. Il aurait pu prendre l'air ou regarder des vidéos de chats sur Youtube. Non non, venir m'embêter moi. En se faisant, il me fracasse mon mariage et mon équilibre mental en quelques mots bien choisis. Bang ! Bim ! Bam !

Qui croit encore aux contes de fées ? L'ange-gardien venu réveiller sa grenouille engourdie qui s'ébouillantait à feu doux. Au feu de l'ennui mortel d'une vie creuse et futile qui se voulait rangée et réaliste. Je me pensais heureuse, amoureuse et à l'abri. Le réveil est rude. Merci l'ami.

Comment expliquer qu'on puisse décider sur un coup de tête de mettre à la poubelle cinq années de relation parce qu'un homme disparu est venu poser une petite question pour prendre des nouvelles ? D'ailleurs je ne sais plus compter, quatre ans je crois. Et quelle différence ça fait ? Pourquoi vouloir mettre en lumière la face sombre d'un être humain, faillible, limité, pour justifier son choix ? Pourquoi se justifier et se trouver des raisons ? Pourquoi vouloir laver son linge sale en public ? Je me souviens qu'ado, Pierre m'avait appris à me questionner.

Je ne lui en tiendrai pas rigueur. Il m'a aussi appris par l'exemple à être grand seigneur. Et puis, mon inconscient savait, mon corps savait, mon intériorité savait, et doucement, ensemble, me faisaient cheminer vers cette décision. Pierre n'a fait que précipiter l'inexorable.  

Je ne blâmerai pas non plus mon mari, malgré la tentation, car trop facile justement. Le tango se danse à deux, toujours. Prendre mes responsabilités et laisser à l'autre l'opportunité d'en faire de même. Il ne m'a jamais menti, il m'a toujours montré qui il était. Un homme dur qui avance dans la vie à la dure. Un monstre d'intelligence sous-doué émotionnellement, manquant cruellement d'empathie. Un homme tourné vers l'extérieur, incapable d'introspection et encore moins de se remettre en question. Personne n'est parfait. A prendre ou à laisser. J'ai pris, en mon âme et conscience.

Je m'abstiendrai au mieux de me blâmer également, car je suis allée jusqu'au bout de la haine de soi et j'en reviens avec peine. Pour cela, je garderai en tête que j'avais fait le meilleur des choix qui s'offrait à moi à ce moment-là de ma vie et que ce mariage faisait partie de mon destin. Il a été la plus belle bénédiction de ma vie, après mon retour vers le divin, me couvrant de grands bienfaits spirituels.

Mais aujourd'hui, je me demande ce que vaut vraiment la grande intelligence sans celle du cœur. Les fleurs fragiles de mon coin de balcon sont toutes écrabouillées. J'ai laissé faire, elles n'étaient pas belles de toutes façons. Elles me font malgré tout tellement de peine. Le doux regard de Pierre me laisse deviner qu'il les aurait trouvées splendides. Alors, je choisis de laisser, en mon âme et conscience. J'ai changé.

Je passe par tout le diapason des émotions. Le déchaînement émotionnel me détraque. Je n'arrive plus à me concentrer, encore moins à travailler, je suis épuisée du manque de sommeil et affaiblie par l'estomac noué, et les pleurs, les pleurs... Je ne parviens pas à parler à mon mari qui s'inquiète. J'ai retiré ma bague que je ne supporte plus de porter, je divague, je ne prie plus, je ne médite plus, je ne réponds plus au téléphone, je ne suis plus là, j'ai replongé dans le passé que je revisite, je suis en immersion totale, je l'écris et sur internet l'étale, j'ai décroché de la réalité. Je vais bientôt complètement disparaître, corrodée par le torrent d'un amour trop puissant pour moi.


Je suis la prêtresse de l'amour déchue.



Ô mon âme, tu es fatiguée mais je t'en supplie ne te rendors pas, ne retourne pas te coucher dans cette vie au rabais. Accroche-toi petit hérisson.









Ya msafer wahdak
Ô voyageur solitaire





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Message par Amocore Sam 12 Mar 2022 - 8:25

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Message par Amocore Dim 13 Mar 2022 - 18:48

J'ai envie de varier les plaisirs, pour ne pas se lasser, explorer ensemble l'éventail des émotions et situations. Je vous aime, je vous envoie beaucoup d'amour.

07.03.2022

J'ai ressorti les archives oubliées. Pierre venait de partir. Combattre les pervers narcissiques et aller jusqu'au bout de ma déchéance.

Son départ m'a permis de réaliser deux choses : que j'étais sacrément tordue et doublement tordue. Mes comportements insensés et déviants ont pris tout leur sens en compagnie de pervers narcissiques. J'étais à l'aise, car en terrain connu : la destruction de l'autre sous couvert de l'amour et pour ce faire, tous les coups étaient permis, retour à la maison hantée. Tristement, la maîtrise du vice, le jeu de dupes, les coups de couteaux dans le dos et les fléchettes empoisonnées m'ont permis de les vaincre. Entre gens monstrueux, qui sera le plus fin dans l'art de la perversité ? J'étais bien la fille à sa mère, façonnée à son image monstrueuse. Mais à cette époque-là, je n'avais pas ce niveau de conscience. Plongée dans le noir, je ne ressentais juste que des émotions terrifiantes sans visages.

Un fond d'humanité peut-être, le suicide qui me tournait autour depuis l'enfance s'est présenté à moi comme une évidence.

Dix ans jour pour jour.



Une jouissance perverse à se voir mourir


07.03.2012

Enfin réécrire.
Ecrire l'indescriptible.
La misère humaine.
Vision post-apocalyptique.
Avoir vu de ses yeux-vus le vide intérieur.
Le visage du diable.


17.04.2012

Famille dysfonctionnelle. Le pavé lancé dans la mare paisible aux canards. L'eau vaseuse est glauque et les canards malades.


19.04.2012

Ouvrir les yeux dans la semi-inconscience. S'apercevoir que l'on a totalement perdu le contrôle de la machine. La violence est inouïe.

Refermer les yeux en ayant vu tout ça. Retrouver cet état si connu. Nocif, on le sait depuis longtemps. Devenu insupportable. Mais depuis le temps, on a appris à supporter l'insupportable.

Ne plus vouloir y rester. Vouloir ardemment rouvrir les yeux. Se voir foncer dans le mur, courir à sa perte et surtout, en toute connaissance de cause.

S'auto-détruire mais sans se l'expliquer par des causes alambiquées.

Paradoxalement, atteindre le paroxyme de l'engourdissement. Se shooter le plus fort que l'on puisse, mais pas trop quand même, car l'on sait très bien qu'il y a un risque d'effet contraire.

On sait aussi qu'en le faisant en pleine conscience, on n'en sort pas non plus. Dernier sursaut, dégoût que l'on espère. Rien de tout cela. Une jouissance perverse à se voir mourir.






« La poésie est parole aimante,
Parole émerveillante,
Parole enveloppée sur elle-même,
Pétale d'une voix tout autour du silence. »









Je voulais prendre l'échelle et grimper dans le cerisier.
Faire un clafoutis, j'y ai pensé.

Je voulais prendre l'échelle et grimper dans le cerisier.
Mais de cerises, il n'y avait plus.
Les oiseaux avaient tout mangé.

Je voulais prendre l'échelle et grimper dans le cerisier.
D'y attacher une corde, je n'y avais pas encore songé.



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Message par Amocore Mar 15 Mar 2022 - 18:02


10.03.2022


Je rêve de ne rien vouloir imposer à Pierre, juste qu'il sache que je suis là, persistante.
Je rêve d'être l'âme à l'état pur.
***


La puissance du torrent de son amour me fait disparaître dans la grande explosion de ma vie rangée. En écrivant cette histoire et en compilant d'anciens textes retrouvés, je prends conscience du lien de causalité entre son départ et mon effondrement psychique qui l'a immédiatement suivi.

Je suis embarrassée à l'idée de vous raconter cette histoire. Je n'avais aucun problème au début à le faire mais je l'ai rapidement tu à cause les regards étranges qu'on me jettait. La singularité fait peur, elle bouscule la façon de penser normée. La paresse de la conformité est si réconfortante...

Entre gens différents, je peux oser.

Je vous offre un autre point de vue de la tentative de suicide, une anecdote cocasse. En y repensant, quel drame ridicule ! Et pourtant, aussi ridicule qu'il puisse être, il a été le point de bascule qui m'a fait prendre une trajectoire opposée à celle sur laquelle j'avais été propulsée : il m'a fait échapper à la vie d'une alcoolique dépressive qui allait battre ses enfants avec énergie pour se soulager de sa misère. En tout cas, c'est ce que j'ai vu quand ma vie a défilé devant mes yeux.



Une Zèbre qui s'ignorait! =D - Page 4 Just_a10
L'avalanche, 2011


15.10.2012


Le CV de la mort-qui-tue-pas


Décembre 2011 : j'ai quitté mon job de serveuse. Suicide matériel.

Janvier 2012 : je ne me suis pas présentée à mes examens à la fac. Suicide de ma raison d'être.

Février 2012 :  j'ai pris de la distance avec ma famille qui n'était pas au courant de ma situation, j'ai rompu avec mes rares amis, dont le plus cher, mon Pierre, j'ai désactivé mon Facebook, mon téléphone a arrêté de sonner. Suicide social.

Début Mars 2012 : affaiblie par un premier pervers narcissique à la fac, combat à la mort avec mon ex pervers narcissique qui m'a bien saigné et a fini de me crever le coeur. Suicide affectif.

Mi Mars 2012 : j'ai fait des réserves, j'ai fermé la porte à double tour, j'ai brisé mes dernières barrières jusqu'à en venir à ressentir au plus profond de ma chair l'absurdité de mon existence. J'ai basculé, et me suis vidée de ma substance psychique. Suicide psychologique.

C'était mon anniversaire, pliée en deux par la souffrance, à nouveau seule, désespérément seule face à mes démons.

Fin Mars 2012 : j'avais les mains libres, effroyablement libres, la corde ou le couteau de cuisine, j'ai opté pour le second. M'étriper, me faire un Hara-kiri comme une brave samouraï. Planification du suicide physique.

Je voulais mourir, mourir et mourir sans fin. La fin, d'ailleurs, était là, imminente.

Et cette fameuse nuit, dans le couloir final, les dernières secondes, entre le couteau de cuisine, le bout de mes doigts et la mort, une irruption puissante.

Comment avais-je osé ? Comment aurais-je pu savoir ? J'avais oublié d'achever cet élément-ci, l'ayant pris pour mort depuis la fin de mon enfance, mais seulement plongé dans un profond coma. Mon noyau dur, la source de mon essence. La partie immobile de mon être quand tout vole en éclat. Mon lien au divin.

Une lueur. D'une beauté éclatante dans la noirceur de la nuit. Inspiration divine. Décharge électrique dans tout le corps. Sanglots, suffocations, cris étouffés.

Le couteau de cuisine sagement immobile, le carrelage immaculé. Et moi, vivante.

Voilà l'histoire de ma tentative de suicide. Propre, pas une goutte de sang à éponger sur le sol. Le sang, c'est galère à nettoyer. Pas de pompiers non plus, pas de bruit, pas de drama drama. Gentille voisine.

Comment je me suis tuée sans me tuer. Mourir à soi-même avant de mourir. Mourir, mourir, mourir sans fin. La fin finie, le début a pu commencer.

J'étais prête pour une nouvelle vie.

Pas de rapide happy-end comme dénouement, oh non, pas de facilité. Les pulsions suicidaires ne se sont pas envolées par magie au petit matin. Elles étaient là, bien campées.

Avril 2012 : j'ai poussé la porte d'une Eglise, celle d'un nouveau monde, une dimension parallèle. « Est-elle vraiment prête? », regards soupçonneux. J'étais agonisante, momie revenue de l'au-delà. Je n'ai jamais été aussi prête ! Essayer quelque chose de radicalement nouveau, jusqu'alors verrouillé, inimaginable, hors de portée. Cheminer spirituellement.

Je croyais avoir bien épuré pour en finir, mais ma démarche jusque-là, briser les barrières intérieures, n'avait été que purs préparatifs. Préparatifs au déclenchement de l'auto-destruction spontanée de mon petit monde, qui s'est alors mis a ouvertement implosé.

J'ai troqué mon couteau de cuisine pour un marteau psychique. Délibérément abattre les ruines, m'attaquer à la chair sensible de mon faux-self. M'atteler à détruire les fondations pourries de ma psyché monstrueuse. Déclencher consciemment d'atroces souffrances en me détruisant, pour la bonne cause cette fois. Et pour cela, à la va-vite acquérir quelques outils de bases et accrocher un harnet à mon noyau dur, le fil me reliant au Ciel comme seule garantie. J'étais prévenue, à peine préparée, le temps était tout de même venu d'y aller, là d'où personne ne viendrait me sauver.

Dans mes abîmes, j'ai plongé, dans le vide, j'ai fait le saut de l'ange.

24 Avril 2012 : découverte de mon surdon. Accélération de ma révolution copernicienne.

Avril – Juillet 2012 : amorce de la phase 3 de ma désintégration positive, celle de tous les dangers. Le délire à chaque coin de rue.

C'est comme ça que ma nouvelle vie a commencé, en allant jusqu'à la mort de l'ancienne et en y consentant pleinement.

Fin juillet 2012 : Chute libre de poids, de cheveux, de tension, mais arrêt de la chute intérieure. Arrivée dans le coeur de mon antre. J'ai survécu. J'allais pouvoir renaître.

Rajout du 10.03.2022 : J'allais pouvoir renaître mais seulement après plusieurs années interminables de dépression majeure... Je ne le savais pas en écrivant ce CV pour aller postuler à la vie. Chômage conjoncturel, la crise de l'emploi etc. on connaît la rengaine. En attendant, l'enfer de la dépression et de la folie est plein à craquer d'âmes sans-emplois.

Parti l'ange-gardien, enfin pouvoir aller jusqu'au fond de l'enfer m'offrir au diable ! Enfin pouvoir aller jouer pleinement avec les démons envoyés par la gentille mère sorcière pour veiller sur sa fille monstrueuse ! Pierre m'en avait empêché pendant tellement d'années...

La règle du jeu ? Se laisser bander les yeux par eux pour ne surtout pas voir la vérité en face. Tellement corrosive, l'affreuse vérité dans les yeux fait gicler un acide vert fluo sur ceux qui la refuse ! Bang ! Bim ! Bam ! Et pire, elle est abomination contagieuse, et tout le monde en devient fou et finit par en crever dans un bain de jus oculaire phosphorescent. Faire enfin ce que je veux !








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Message par Wich Mer 16 Mar 2022 - 8:14

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Message par Amocore Jeu 17 Mar 2022 - 15:03

Merci Wich.


J'adore la vidéo, le clip, la musique, le message, le geste ! Je l'ai mise en boucle hier, elle m'a accompagnée lors d'une de mes séances quotidiennes de pleurs. Continuer à nettoyer le chagrin.... Ca introduit parfaitement la suite car il sera question de tornade, d'accident et de requin.

Je vous propose de faire avancer d'un iota l'intrigue principale, mais juste d'un peu car il n'y a plus grand chose à dire, et c'est devenu bien secondaire. On reprendra ensuite les histoires de pulsions suicidaires, dépression, psychose et autres joyeusetés, histoire de bien mettre l'ambiance. L'intrigue secondaire finit bien, elle.

Merci toutes et tous pour votre présence  I love you




Une Zèbre qui s'ignorait! =D - Page 4 Au_crz10

Le Prophète, Khalil Gibran




12.02.2022


Les dents de la mer


Je rêve que nous avons vingt ans à nouveau avec Pierre et que nous souhaitons nous marier, nous parlons des préparatifs du mariage. Ca va de soi car nos personnalités s'emboîtent à la perfection.

***

J'ai signalé la veille la durite pêtée de ma maison conjugale à Catherine. Marchant dans la neige, j'ai pleuré de ne pas l'avoir écouté plusieurs années auparavant. Notre seul désaccord. En réponse, l'enveloppe de son amour maternel : ce mariage faisait partie de ton chemin. Maintenant passe sous le radar en préparant ton départ. Je ne veux pas retrouver tes valises dans la neige.

Il me faudra plusieurs mois pour m'en extirper agilement et discrètement. Préfrontal activé. Deux autres femmes dans la confidence, la corrossive Naje et l'élégante Elisa : applaudissements de l'une et peine de l'autre de voir un pilier tomber.

Ce matin-là, mon inconscient me trahit, ma langue fourche et j'appelle mon époux par le prénom « Pierre ». Il ne semble ne pas avoir remarqué. Soulagement. Quelques heures plus tard, il dérape sur du verglas et se fracture la jambe. La culpabilité vient mordre soudainement mon coeur fracturé par le même délinquant.

Mon époux ne fait jamais de rêve. La sensation de vive brulûre lui fait prendre des dérivés de morphine prescrits par l'hôpital. Il se met à avoir des nuits agitées et moites. Une fois n'est pas coutume, il fait un cauchemar. Il me décrit trois énormes et dangereuses abeilles venues le piquer, s'infiltrer dans sa jambe, la remonter tout du long, et provoquer une intense douleur qui le réveille en nage.

Je l'écoute, pensive. Des abeilles... Au nombre de trois... et dangereuses. Je sens tout mon monde conspirer contre lui. Me marier religieusement, c'était m'assurer de la bénédiction divine, je me sens protégée. L'ultime cataclysme est à venir. Je ne redoute plus l'arrivée de la tornade car je la considère maintenant autrement ; comme le moyen de m'emmener là où je suis destinée à aller. Je me mets à entendre une ritournelle venant de l'océan, elle me fait danser le coeur et me donne l'énergie nécessaire pour prendre cette décision difficile et de m'y tenir.

Mon mari veut compter ses points de sutures. Il m'explique que dans son monde d'aventurier, il s'est fait mordre par un requin et veut savoir avec combien de dents il l'a attaqué. Je n'ai aucune idée du nombre de dents qu'a le requin, par contre, j'ai son prénom sur le bout de la langue.



Major symptoms of narcissistic abuse : Lifelong dysphoria, a far overreaching sadness.









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Message par Invité Jeu 17 Mar 2022 - 20:47


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Message par Amocore Sam 19 Mar 2022 - 17:23

Merci p2m pour ta contribution ici  Very Happy ça me fait plaisir de te voir repasser par là  Bisous
Malheureusement, je n'arrive pas à lire ta vidéo, j'ai le réseau français pourtant... Tu peux m'envoyer le titre ?

Voici l'origine de ma piété. Tous les chemins mènent à Rome il paraît.




04.03.2022


Sur le chemin du suicide y rencontrer le divin


« Ton heure n'est pas encore arrivée ! Tu as oublié Dieu mais Dieu ne t'a pas oublié ! Vas, cours, vole, trouver de l'aide! »
***

Cela faisait plusieurs jours, voire semaines que je n'étais pas sortie, repliée dans ma petite chambre étudiante dans une extrême douleur. Ce soir-là, un lundi de Pâques, le lendemain de la commémoration de la résurrection de Jésus, j'avais été oppressée par l'urgence d'une force mystérieuse à aller pousser la porte d'une respectable église, située rue Saint-Denis à Paris, au milieu des magasins de fringues vulgaires et des sex-shops glauques.

Même au bout de ma vie, je restais coquette. Garder la face, toujours. J'avais mis ma jolie robe noire, mais rapetissée au lavage, donc courte, beaucoup trop courte, découvrant mon jeu de jambes enfilées dans des collants fins et sombres. J'étais pâle comme un cadavre et je tremblais comme une feuille. Je me suis assise discrètement dans un coin. Au bout d'un moment, tout le monde s'est retourné vers moi. Qu'est-ce qui t'amène là ?  La surprise ! Parcourue de violents spasmes, j'ai éclaté en sanglots. Aidez-moi... Pitié.... Je vais me suicider... Pitié....

Dix ans plus tard, presque jour pour jour, ce souvenir reste toujours aussi net, gravé au fond de mon être. Tous ces gens inconnus se sont alors mis à m'entourer, à me sourire, à me prendre dans leurs bras, à me dire que ça allait passer et que je n'étais plus seule. Toute cette bienveillance, trop de bienveillance, je n'en avais pas reçu autant dans ma propre famille.

J'ai pris peur. Il y avait anguille sous roche, ces inconnus ne pouvaient pas être aussi gentils gratuitement. Et j'ai pensé : voilà où tu en es petite conne, tu es tellement perdue que tu as mis les pieds dans une secte. Ils vont te décerveler et te désosser. Et tu sais quoi ? T'as tellement nulle part où aller, et plus personne à aimer que tu vas y entrer dans cette secte et y rester. Pauvre merde.

Le groupe s'est ensuite dispersé. Une femme m'a alors parlé de Dieu qui allait me sauver. Ouhla, du calme ! Dieu et moi... C'est compliqué... Oui j'y crois, pour les autres, mais pas pour moi... Dieu ne peut rien pour les gens mauvais n'est-ce pas... Et puis le Christ et compagnie, ça me parle pas du tout, je suis née musulmane...

Elle a voulu me rassurer : t'es pas obligée de devenir chrétienne, on t'impose rien ici, t'es libre. Si tu as déjà une base religieuse, c'est très bien aussi, reprends ta religion et bâtis ta foi dessus.

Quoi, l'Islam ?! Cette religion de barbares ?! Elle allait rentrer chez elle. Je me suis alors cramponnée à elle, je voulais rester, surtout ne pas rentrer chez moi, car chez moi m'attendaient les démons et le suicide. Je me souviens parfaitement de son calme et de sa confiance à ce moment si fragile de ma vie... Elle m'a fermement prise par les épaules, a planté ses yeux dans les miens et m'a dit : ça va aller, tu vas pas mourir. Rentre chez toi et prie. Ca va passer. Reviens nous voir vite. Et d'un pas tranquille, elle est partie. Je tremblais encore.

Je lui disais que j'allais me tuer et elle me répondait de prier ?! Dans quel délire je vivais ? Qu'est-ce que j'étais allée faire dans cette secte des fous de Dieu ? Je ne savais pas quoi faire, perdue, infiniment perdue, et sa certitude... Je suis donc rentrée chez moi à regret et je me suis demandée comment on priait. Dans un recoin oublié de ma mémoire, j'y ai retrouvé la sourate de l'Ouverture, l'équivalent de la prière « à notre Père », apprise par cœur quand j'avais six ans, petite fille dévôte, comme un poème d'écolière préservé par le temps.

J'avais honte de m'adresser à Dieu, je me sentais si monstrueuse, si perverse, si indigne de Lui parler... Et puis, Il m'avait abandonné enfant quand j'avais eu le plus besoin de Lui... J'avais appris à me débrouiller loin de Lui... Relation complexe... Avec hésitation, je me suis mise à réciter la sourate. Et encore une fois, et puis en boucle la répéter, encore et encore car je ressentais la poigne du suicide me serrer le cou.

Cette inconnue avait raison, les boucles de religiosité retrouvée ce soir-là m'ont offert une nuit de sursis. Et les nombreux soirs qui ont suivis aussi, ne me doutant pas de la place que cette Eglise allait prendre dans ma vie, et de la tournure invraisemblable qu'elle allait lui donner.





 

Réalisme



Ressenti

Dans la mythologie des Lakotas, tribu autochtone amérindienne,  Škaŋ désigne le Mouvement de l'univers.




Une Zèbre qui s'ignorait! =D - Page 4 Al-fat12



1. Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
2. Louange à Dieu, Seigneur de l'univers.
3. Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux,
4. Maître du Jour de la rétribution.
5. C'est Toi [Seul] que nous adorons, et c'est Toi [Seul] dont nous implorons secours.
6. Guide-nous dans le droit chemin,
7. le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés.
Amine



Une Zèbre qui s'ignorait! =D - Page 4 Notre_10


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Message par Invité Sam 19 Mar 2022 - 17:40

Spoiler:

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Message par Amocore Sam 19 Mar 2022 - 17:57

Cool, merci p2m I love you



C'est comme être enfermé dans une boîte sans lumière, dans laquelle le temps s'arrête.
C'est comme être dans les lymbes en fait, tu peux plus aller en avant, tu peux plus aller en arrière, tu peux plus aller dans aucune direction. T'es complètement bloqué, à l'arrêt, en panne.
T'as les pieds dans le ciment.

Je me suis senti comme un requin-tigre.


Merveilleuse transition avec le prochain épisode.
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Message par Le Don qui Chante Dim 20 Mar 2022 - 1:17

Rien et rien. Rien n'est.
Même mon existence n'est pas.
Nihil.
On en est tous là. On cherche tous le regard des autres pour se sentir être.
Que celui qui me dit que non reçoive la pierre.
Car le simple fait de me répondre indiquera qu'il cherche, par cela, en un fait mon regard et ma réponse...

Vie de merde et de merde.
Si un truc était, on en serait pas là.
Quel divinité aimerait créer une chose inférieure à lui, soumise au doute et à la peur constante de mourir.
Sinon un tyran...
Ce que sont les parents qui baisent pour enfanter...

Vie de merde.

Mois de juillet
Mes juillets,
Merdes parmi les merdes
Il brille sans briller, sans parler
Putain de sa mère,
Mois de merde qui me chauffe la peau alors que le cœur est froid
Et il ne pleut pas
Il ne pleut plus
Pus

Mois de merde parmi les merdes
Enculé de sa mère
Fils de pute
Vas te faire enculer
Putain de moi de juillet de merde

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Message par Amocore Dim 20 Mar 2022 - 19:07

Le Don qui Chante a écrit:
Que celui qui me dit que non reçoive la pierre. 

Je dis non, donne moi la Pierre, comme ça c'est fait.

Sinon, trop contente de te voir passer par là copain  clown

On va en parler de la vie de merde, et comment transformer la merde en terreau fertile pour travailler la terre cramée, patiemment... Moi aussi j'ai résisté à cette idée d'un Dieu d'amour, moi aussi j'ai cru que ça allait être la merde toute la vie. Mais la vie est tellement plus, une surprenante aventure. Je t'envoie de l'amour.

Soyons fou, c'est le week-end.

Petit détour, merci p2m d'alimenter la machine ! Du coup, j'ai coupé le texte initial en deux en y faisant un rajout, ça ne ressemble plus à rien ce truc. Je comptais passer directement au décrochage de la réalité, mais ça ne fait rien, vu que cette histoire s'écrit au fur et mesure, sous vos beaux cils à rayures. 

19.03.2022

Je rêve de dire à Pierre : là où je commence, tu finis, c'est trop chiant. Je lui raconte une histoire, encore !, avec une grande clé à la fin. Les énergies rentrent et ~ent. Beaucoup faire la fête.
BONBON SUCRÉ
SUPERFICIALITÉ
FAUSSETÉ
***

J'ai écrit pendant ma longue dépression, j'ai tenu des journaux intimes, mais je n'ai pas écrit sur la dépression. Sujet difficile. Comment rendre compte de sa réalité ? Et puis, Fauve l'explique tellement mieux que moi... Pourquoi écrire sur un sujet qui a été traité des milliers de fois par d'autres, de façons beaucoup plus habiles et belles ? C'est la question que j'étais allée poser à un groupuscule d'écrivains américains avec lesquels je m'étais accoquinée en arrivant au Canada. Les Etats-Unis, je les vois de ma fenêtre, je n'ai jamais été aussi proche, et confinements aidants, ils se sont retrouvés sur internet, et je les ai trouvés par hasard au fil des rencontres. Avec eux, nous étions réunis autour du même livre, les disciples de Julia Cameron, la devancière de la créativité spirituelle. 

En les joignant, je me suis présentée : me, a writer ? Are you kidding me ? Of course not ! S'il vous plaît, rejetez-moi, jetez-moi des caillous et chassez-moi, comme d'habitude. PLEASE GUYS. J'ai quand même posé ma question, tant qu'à faire. Question bien rhétorique, la réponse n'attendant que cette occasion pour sillonner à grande vitesse le fond de mon être pour se libérer par ma bouche : parce que même si le sujet a déjà été traité des milliers de fois, il n'a pas été traité par moi, par ma façon unique de l'aborder, de le dépeindre, par ma voix, et si je ne le fais pas, personne ne le fera comme moi car nous sommes tous uniques. Ne pas le faire, plus que de me léser et de décevoir le divin, c'est priver le monde de cette perspective singulière, de ma contribution, aussi modeste soit-elle. 

Ils ont adoré, je n'y suis plus jamais retournée.

--------

07.07.2014
Faut-il normaliser ?



Partie I : Intense, trop intense 



Il a mis une chemise bleue, pour habiller ses yeux, comme à son habitude. Il s'appelle Kjetil, prénom d'origine scandinave signifiant « chaudron sacrifiel servant à recueillir le sang de la bête immolée ». Un homme d'un grand charme, malgré le sens de sa mission, venu récupérer la bouc-émissaire ensanglantée. A sa question de comment je me sens, pas de préliminaires de politesse, les joues creuses, les cernes violacées, je lâche. Usée jusqu'à la corde. 

Pas de reprise possible des combats, ni de négociations. J'avais dû conclure la fin de la guerre, par capitulation inconditionnelle, le front honteux, me reconnaître totalement vaincue. Rendre les armes, pour pouvoir commencer un nouveau combat, d'ordre spirituel. La lutte à mains nues, deux printemps, une éternité. 

Guerroyer, à traquer et être traquée par des ombres, à me souvenir, à cauchemarder, à en perdre le sommeil, à rouvrir les blessures putrides, à faire pousser des fleurs sauvages et à les offrir en bouquets, dans mon cloître dans l'hypercentre parisien, et les mains rêches, à m'être désespérement accrochée au fil si fin, prêt à casser sous le poids, sous la force du vent de l'adversité, m'accrocher à ce bout de cordelette là, le fil conducteur d'une vie, et en bas, les abysses, la folie sans fond et sans fin. Celle d'un monde quitté par démission, l'extra-terrestre rejetée, l'antenne atrophiée, tordue, dans une faille systémique je m'étais retirée, pour mourir en paix pensais-je, mais en réalité hantée par le tourment de l'insoutenable vérité qui m'harcelait, jour et nuit, le suicide s'étant alors présenté à moi, fermement, comme le seul échappatoire à mon cauchemar éveillé.

Au moment fatidique, un faisceau de lumière qui m'avait électrifié tout le corps engourdi, et trois injonctions, d'une force inouïe, qui aurait pu être divine : « Ton heure n'est pas encore arrivée ! Tu as oublié Dieu mais Dieu ne t'a pas oublié !Vas, cours, vole, trouver de l'aide! ». Je n'avais aucun contrôle sur ma vie, et n'en avais pas sur ma mort non plus, prétentieuse d'avoir cru le contraire. 

Cette voix, cette voie, nouvelles, d'où elles venaient, où elles menaient, je n'en avais strictement aucune idée, ce que je savais, c'était qu'elles étaient finement entrelassées, et que j'avais quelque chose à faire avec cette destinée qui s'esquissait. Je me suis alors exécutée, dans ce sens-là. 

Comme une claque dans la gueule, que je percute : si je vois où ça nous amène?! Moment en suspens. Je n'arrive plus à soutenir le regard de Kjetil. La cohérence entre le message qu'il émet, ce que me raconte son corps et le ton bienveillant de sa voix, se dissout. Je suis confuse, je pleure, je pleure comme une madeleine, ça fait des mois qu'il me voit comme ça, je commence et je ne m'arrête plus. C'est triste, c'est si triste ce qu'il m'arrive là. Il attend, scrute d'un oeil inquiet mon visage, reflet de ma vie émotionnelle intense, trop intense. Il faut normaliser. 


 





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Message par Invité Mar 22 Mar 2022 - 3:44

N'ayant rien de mieux sous la main et étant limité dans les grandes idées


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Message par Invité Mar 22 Mar 2022 - 3:59



rien que pour l'immense voyage que peut etre la spiritualité, rever aux anges, les emotions formidables, pures, cristallines , le transport que procure l'idée du divin, alors je laisse la porte ouverte, tant de chef d'oeuvres on vu le jour par ces inspirations, ce serait criminel envers moi même de me fermer à elles



Dernière édition par alienware le Mer 23 Mar 2022 - 2:03, édité 1 fois

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Message par Amocore Mar 22 Mar 2022 - 18:11

@ Nolimit : merci pour la vidéo copain, trop contente de te voir de passage par ici  alien
@ alienware : merci pour ta contribution ici  cat  bien vu, la seule chose qu'on m'a demandé et qu'on n'a pas cessé de me répéter sur ce chemin : garde l'esprit ouvert. La spiritualité est un grand voyage intérieur en effet. 

La deuxième partie de l'épisode. Une fois n'est pas coutume, je mets le rêve à la fin.


Faut-il normaliser ? 


Partie II : Les bonbons sucrés


Kjetil retient son souffle. Je lui jette un coup d'oeil furtif, et j'acquiesce d'un hochement. Vous faites du bon travail, je vous aime bien. Il expire de soulagement, le feu est vert, il se passe la main dans les cheveux, encore une fois, à chaque fois que je vais dans son sens, son corps qui n'arrête pas de me parler, l'invitation à en faire de même, passer la mienne de main dans ses cheveux à lui, le blondinet dont l'empathie me colle à la peau. Cette pensée me fait pouffer de rire. Il a déjà pris son stylo et griffonne, affairé.

Il lève le nez. Je suis triste, c'est très triste. Je continue à pleurer, la madeleine ! Et mon pouffement monte en amplitude. C'est pour ça qu'il faut normaliser. Il me regarde, désemparé. Je ne peux plus m'arrêter, comme à chaque fois que je le vois, ça fait déjà deux mois. Depuis deux ans, tout autour de moi, ça vole en éclat. Tous mes points de repères, un par un, se sont effondrés. Il ne reste rien, c'est le chaos, un champ de ruines !! C'est pour ça qu'il faut normaliser. Il me regarde d'un oeil perplexe, c'est que je me tords maintenant de rire, à gros sanglots. Mais il y a en à une, là, à côté, qui se marre bien. Elle va se calmer. Faites. Et d'un signe de la main, lui ordonner de la condamner, la normaliser.

J'attends, deux jours, deux nuits. Fixer le papier remis, plié, en fumant une quarantaine de clopes. Et puis, j'y vais. Virée nocturne sur la place de la République, la foule entassée, un concert de mauvais rock. Financé par Ricard. Une moue de dégoût, je n'ai jamais aimé ça. Un Saint-Emilion, je n'ai jamais dit non. N'avais. C'était avant, du monde d'où on ne revient plus, une fois quitté, plus rien n'est plus jamais comme avant.

A la pharmacie de garde, peut-être ma gueule enfarinée ou ma non-couverture sociale, je dirais le bout de papier, oui le bout de papier, me voit exonérée des frais nocturnes. Je remercie, et une fois sur le trottoir, je le déplie : des antipsychotiques, de l'hôpital psychiatrique de Saint-Anne, service d'addictologie. Je refoule un fou rire, l'absurdité de la situation, c'est une blague ! Il y a erreur sur la personne. Surdouée, bipolaire, en voie de marginalisation. Vite une explication, trouver quelque chose de logique à tout ça, à ce sens qui se perd, moi l'effrenée, l'assoiffée, qui en a oublié de dormir, de manger, de me doucher, de payer mon loyer, de vivre. L'effrontée indomptable qui n'arrive plus à aller en cours, qui ne peut pas garder un emploi, qui s'encanaille avec des personnalités hautes en couleurs, aux histoires tout droit sorties de mauvais polars.

Sans concessions. Effet cliquet, et embrasement, plus de retour en arrière possible, radicalisation de mes positions. C'est dommage. J'aurais bien pris une bière dégueu, aller écouter du mauvais son au milieu de la masse puante. Comme au bon vieux temps, faire semblant d'être dans la norme et m'engourdir dedans. Anormalité goûtée, rien à faire, c'est pire que du Ricard. Deux ans déjà que je n'y ai pas touché.

Alors ? Etre sage, bien sage, raisonnable, écouter le beau docteur qui essaie de me raisonner, qui a refusé la Ritaline comme solution, m'a rabroué, il ne sera pas mon dealer qu'il m'a dit en souriant, qui en pince déjà un peu, essayer ses bonbons? Après tout, faut-il normaliser ? J'ai un problème docteur, c'est vous.
A quoi répond sa collègue psychothérapeute, quelques jours plus tard, faisant partie de l'équipe de soins qui me suit de près à l'hôpital de jour : si vous ne commencez pas immédiatement votre traitement Mademoiselle, je serais au regret de ne pas pouvoir vous laisser rentrer chez vous ce soir. Je vais vous faire interner.



-------
Les zombies, le 18.04.2011, à peu près ; envoyé par email à Pierre

Comme dans un bon vieux remake de film de morts-vivants, la morsure qui fait passer du côté sombre de la force. Des zombies de partout. Nous, nous fuions. Encerclées, il ne reste que Lily et moi, nous nous réfugions dans une pièce qui ressemble à notre ancien salon, quoique plus étroite et délabrée. Très vite, on met des objets, meubles, tout ce qui tombe sous la main devant la porte. Des grattements, grognements derrière, et bientôt des bras affamées transpercent le bois et cherchent dans le vide.

Une question de minutes. Pas d'échappatoire, perte d'espoir. Un chien, petit et tout noir, arrive à se faufiler entre nos barricades de fortune. Ensanglanté et l'air malicieux. Mon sang ne fait qu'un tour. Lénor ! En vie ! … Ou à moitié. Je le savais bien. Mais ça m'est égal à présent. Ma joie m'aveugle. Je cours vers lui, lui ouvre mes bras. Il bout de colère, plein de rancoeur, malgré un regard furtif de chien battu. Je le caresse, je lui fais la fête, même s'il est grognon, tandis que ma soeur, plaquée contre le mur derrière moi, effarée par ce spectacle, proteste en gémissant mais n'essaie pas de m'arrêter. Il montre les crocs, et se rebiffe. Je persiste. Il me mord l'avant-bras. J'hurle en regardant le sang qui gicle de la morsure profonde. Je le savais bien.
***

Le premier cauchemar, les zombies, d'une longue série qui allait durer des années et me déglinguer le sommeil avec toutes les conséquences sur la santé mentale qui vont avec. Mes démons se manifestaient aussi sous cette forme-ci. Lente descente la dernière année avec Pierre, plongeon après son départ. Sans lui, la lumière s'est éteinte, plus de protection, retour dans un monde horrifiant. Un monde bien connu.


It is a feeling of relief.
Almost of pleasure.
At knowing yourself at last genuinely down and out.
You have talked so often of going to the dogs.
And well, here are the dogs.
And you have reached them, and you can stand it.


It takes off a lot of anxiety.



George Orwell













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Message par Wich Mar 22 Mar 2022 - 20:45

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Message par Amocore Mer 23 Mar 2022 - 19:14

@ Wich : merci de passer par ici l'ami  Like a Star @ heaven

16.02.2022


Le mariage spirituel et l'amour au conditionnel


Je rêve que je poste mon ressenti sur le mariage en parallèle. Je voulais faire comprendre à Pierre. Expérimenter mon mariage trop parfait les yeux ouverts. Destructurer à l'abri, l'explorer.
***

Pour l'éternité, pour le meilleur comme pour le pire. Très peu pour moi.

Ma conception du mariage m'est propre, comme celle du divin ou de la religion. J'ai appris à réfléchir, et à me faire ma propre opinion. J'ai osé sortir des sentiers battus, des carcans prépensés et explorer des endroits moins fréquentés, plus libres. J'ai une approche de la chose pragmatique et spirituelle. Il m'a fallu du temps pour forger mes propres croyances, du temps, des rencontres, des lectures, des réflexions.

Je vois le mariage comme un commun accord, une cohabitation tranquille qui offre des avantages aux deux parties. L'amour au conditionnel. Le mariage comme un contrat moral, facilement dissoluble si une des parties ne remplit pas sa part. L'idée est d'y accéder facilement et de pouvoir en sortir facilement également. Non pas à la légère, l'engagement permettant de s'installer dedans durablement, mais pas à n'importe quel prix, ni à la vie à la mort. Une approche moins lourde pour apprivoiser l'intimité sans provoquer de crise de claustrophobie. 

Puissant rempart spirituel, il m'offre une protection contre certains de mes démons. Tel un refuge qui tient chaud, il est l'endroit privilégié pour une sexualité alignée et sacrée.  Il constitue un chapitre fondamentalement différent dans ma vie amoureuse, comme la chance de ma vie. Son bonheur repose sur le gigantesque malheur que j'ai dû surmonter.

Toutefois, le mariage reste un moyen de travailler sur soi et non une finalité. Il n'encroûte pas, bien au contraire. Intense épreuve, cruel, il écartèle l'ego et lui sert copieusement sa ration de coups quotidiens. Il ne lui laisse aucun répit, il tape de partout pour provoquer une réaction égotique et travailler dessus, la démanteler et ainsi de suite, le but étant de devenir quelqu'un de meilleur. Il enseigne. Il élève. En ayant toujours en tête mes hantises : va-t'elle reproduire les vieux schémas familiaux ? Va-t'elle se mettre à hurler comme une dégénérée et jeter les assiettes une par une dans les dents de son pauvre mari ? Va-t'elle le pousser à la faute, pour le faire payer éternellement ? Va-t'elle laisser entrer les démons et faire de sa maison le temple du Diable ? 

J'avais fait un point d'honneur d'être aussi sucrée que du miel en entrant dans cette union. En retour, elle m'a compacté l'ego, elle m'a appris à serrer les dents jusqu'à me les casser. J'en ai fait réparer non pas une, ni deux, mais sept cet hiver. J'ai serré des dents puissamment, je me suis contenue, j'ai développé une étonnante maîtrise de moi-même et de mes réactions, je peux le dire. Mon mari m'a provoqué, m'a poussé toujours plus loin, il a appuyé sur tous mes boutons, et j'ai pris note, et j'ai travaillé à les désactiver, l'un après l'autre, mettre H.S. l'ascenseur émotionnel, et à devenir de plus en plus centrée et affirmée. Mon mari comme un miroir pour me parfaire, un défaut de caractère après l'autre. Le programme pour devenir flegmatique. Continuer à grandir coûte-que-coûte.

Ce mariage  m'a élevé un peu plus près du Ciel, et m'a éloigné un peu plus loin de l'enfer. Il m'a rendu aimante et miséricordieuse, même si le coeur n'y était pas. Constante même si l'humeur déraillait. Oui les émotions comptent, mais les actions encore plus. Comment jauger l'amour si ce n'est par ses expressions extériorisées ? Comme Victor Hugo, désillusionnée, je pensais que l'amour n'existait pas, seulement les preuves d'amour. 

J'ai appris à devenir une femme de devoir. Mieux, je suis devenue la femme idéale. A quel prix ? Tout a un prix, mes molaires y sont passées. Arrêtons la casse. 

Je dois faire mes choix, seule, sans modèle. Mon mec, ma soeur... Y'a pas d'aide. Y'a pas d'aide... Je verrai, plus le temps passera, plus je saurai.









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Message par Le Don qui Chante Jeu 24 Mar 2022 - 23:11

Rien ne va...


Ben Mazué me fait réagir...



Je l'ai vu en concert... Dans une semaine, je suis à Lille, deux soirs... je sais qu'une femme que je ne connais pas encore baignera dans mes draps pour une nuit... C'est ainsi... Et la mienne, celle que j'aime ne sera pas là.
Alors pourquoi...
Pour vivre, car sinon j'arrête le truc.

Mon kiff était là avec Laurie, que l'on baise et que l'on se bute après, mais non, elle est morte sans moi.

Voila, je le sens, voila les jours heureux qui se pointent, rien à changé pourtant, tous est bien mieux... C'est le temps des jours heureux.
(je crache par terre)
(trois fois)
(et avec un cutter je coupe ma langue à défaut de ma bite)


Pour l'espoir.
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Message par Amocore Ven 25 Mar 2022 - 17:42

Pour l'espoir cher Don qui chante. 

Laurie, je l'ai connu. Dans les soirées parisiennes. Pourquoi Dieu m'a empêché ? Pourquoi il m'a repêché et m'a fait trouvé cette Eglise ? Pourquoi moi et pas elle ? Pourquoi elle, a pu aller jusqu'au bout ? 


Je n'en sais rien... La détresse en y pensant. Les pleurs. On va trouver un chemin ensemble.

---


J'aimerais faire avancer l'intrigue principale. On reprendra peut-être plus tard les thèmes de l'ouverture à la spiritualité, de la maladie mentale et des pulsions suicidaires. J'ouvre des portes que je ne referme pas, je vous emmène tout de suite ailleurs. L'inverse de la dépression de Fauve : on part à gauche, à droite, en avant, en arrière. J'ai envie de vous secouer dans tous les sens. J'ai arrêté d'essayer de soigner mes transitions, j'espère que cette destructuration temporelle ne vous gêne pas. Surtout que je change tout le temps d'avis... d'envie... changer de mari...

Je vous propose de m'accompagner dans une phase ascendante, dans laquelle la destruction de mon mariage et la douleur qui l'accompagne sont provoquées, entremêlées et absorbées par l'amour grandissant pour Pierre. L'expression mièvre de bons sentiments dégoûlinants n'a jamais été mon fort, ce sera l'exception qui confirme la règle. Une marche après l'autre, monter en puissance, monter là où je n'ai jamais osé aller, tout en haut du diaspason, jusqu'à l'ouverture totale du coeur. La chute n'en sera que plus vertigineuse !

C'est quoi vos kiffs de super cerveaux ? Pour ma part, les souvenirs du futur et les changements de paradigme. Joui – ssifs.



07.10.2020

Au printemps de ma vie


La veste trop étroite de la mélancolie, usée, déchirée, est en lambeaux. Elle ne me protège plus du froid, elle ne ressemble plus à rien, elle fait pitié. 

La mélancolie, hier suave, ondulait et aguichait dans une danse hypnotique. Si affriolante. Aujourd'hui, elle m'apparaît fardée et vulgaire, elle a mal veilli. Elle tourne en rond avec sa même rengaine. Elle ne m'intéresse plus.

Envie de passer à autre chose, de tourner la page et de changer drastiquement de saison. L'hiver interminable est fini. La mort temporaire qui efface et qui régénère. La saison des grands froids qui nettoie la terre et les arbres pour laisser la place au renouveau.

Au printemps de ma vie, je suis pressée, je veux les fruits à foisons, j'ai labouré pendant une éternité. Ma vieille terre spoiliée et brûlée... Débarrassée des carcasses, des mauvaises herbes, déminée au peigne fin. Tout a fini par repousser, en plus grand, en plus fort. J'ai fait la chasse ouverte aux parasites, j'y ai installé des clôtures blanches. J'ai appris les techniques de cultivation et les ai appliquées religieusement. Avec une patience infinie, j'ai cultivé l'amour dans mon jardin intérieur.

Il y a certainement une perte de spontanéité, moins sauvage, moins artistique, mais si c'est le prix à payer pour une plantation prospère, alors je le paie à la sueur de mon front. 

Je ne veux plus avoir l'âme torturée et les roseaux pris dans les vents violents. J'aspire à un jardin paisible mais grouillant de vie et d'émerveillement. 

Rajout du 14.02.2022 

Réponse par anticipation à la question à venir : est-ce que mon choix de vie a porté ses fruits ? 

Mon ange-gardien veille au grain comme protecteur de mon verger, évidemment. Revenu pour y chasser le dernier importun.

Ce secret, je vous le donne, ne le dites à personne.









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Message par Invité Ven 25 Mar 2022 - 21:36

J'ai envie de vous secouer dans tous les sens.
Les masques à oxygène ne sont pas encore tombés, tu peux mettre les gaz.

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Message par Amocore Dim 27 Mar 2022 - 18:45

@ p2m : ô la belle Bruxelloise, comme ton message tombe à point nommé ! J'ai mis la main sur des archives ultra compromettantes et le Censeur s'est empressé pour les classer top secret. 


12.03.2022

La pépite d'or


Je rêve de refaire l'histoire de notre relation. L'intensité. Je rentre dans le détail.
***

En écrivant cette histoire, je retire les voiles superposés devant mes yeux, un à un, lentement, me permettant d'explorer ce lien qui me lie à Pierre, et de redécouvrir, une couche après l'autre, une profondeur et une intensité que j'avais choisi de complètement blackouter depuis son départ. De découverte en découverte, je me sens tomber des nues, et tomber encore, tomber sans fin dans ce lien d'amour, d'un amour si particuler.


Je ressens à nouveau comme je l'avais sous la peau, je ne pouvais tout simplement pas me passer de lui, ni me lasser de lui. Pendant dix ans. Je l'ai maintenu à une distance de sécurité, « d'ami », même s'il ne l'a jamais été à strictement parler, pendant presque tout ce temps côte-à-côte. Il a accepté le peu que je lui donnais car il avait une peur bleue que je l'abandonne et je lui donnais peu car la mienne était de m'abandonner à son amour.


Je n'ai cessé de flirter avec d'autres hommes, n'importe qui, pourvu que ce ne soit pas lui !Quand je l'ai laissé s'approcher de plus près, j'ai rapidement voulu me libérer de ce lien d'amour absolu qui m'aspirait toute entière. Cet amour trop grand pour moi m'envahissait, son intensité me faisait suffoquer. Je me suis débattue avec violence pour m'en éloigner... tout en ne pouvant pas lui échapper. Parce qu'en vérité, j'étais toute à lui. Même si je le niais, j'étais tout de même à lui. Entièrement à lui. J'ai fait n'importe quoi pour me prouver et lui prouver qu'il avait tort, que tous les deux, ça n'était pas possible, que cet amour n'était pas si grand, qu'il n'allait pas durer, qu'il ne fallait pas s'attacher autant, qu'il se trompait. Je suis ensuite devenue cruelle car je n'y parvenais pas et que son amour tenace me poussait dans mes derniers retranchements.


Car aimer, c'est souffrir, c'est souffrir atrocement, c'est se faire briser le cœur par la main de l'être chéri, c'est être trahi profondément, c'est se faire rejeter, c'est être moqué, humilié, rabaissé, torturé par la personne aimée, c'est se faire abandonner misérablement sur le bas côté, c'est être jeté cruellement en patûres aux prédateurs. Aimer, définitivement, c'est agoniser dans les pires tourments.


Seul le temps porte la vérité. Il devient évident que notre lien semble évoluer dans un espace-temps différent. J'avais pris soin d'éviter de penser à Pierre pendant une décennie. Les remords infinis comme gardiens ont maintenu sa pensée loin de moi. Sa petite question comme clé, je la faufile timidement dans la serrure, et rouvre avec hésitation la porte. A l'intérieur, je vois le temps et la distance se dissoudre jusqu'à ne plus exister. Dix ans d'absence ? La sensation de s'être quittés la veille.


Le temps séparés ici n'a aucune prise, il ne diminue pas le sentiment d'amour que je lui ai toujours porté et que je redécouvre, après l'avoir déterré d'une boîte hermétique enfouie profondément dans ma psyché. Le temps n'a pas affaibli la force de cette énergie entre nous. A l'inverse, il semble l'embraser et je la sens grandir en moi à mesure que j'explore notre connexion. En se déployant, elle révèle graduellement son caractère surnaturel et inexplicable.


Entre nous, rien de passionnel. Je ne peux pas dire que ce soit un amour amoureux non plus. Charnel, encore moins. C'est autre chose... Un lien énergétique intense, une attirance intellectuelle magnétique, une puissante vibration émotionnelle, électrique, une attraction de cœur à cœur irrépressible. Et son amour incommensurable, persistant, inconditionnel, intemporel que je ressens depuis qu'il m'a recontacté. Ces vagues perpétuelles qui s'écrasent dans mon cœur au quotidien.


Je me demandais et continue à me demander comment il avait bien pu m'aimer autant. Je me sentais indigne de son amour. Et j'ai été si méchante avec lui... Alors je cherche encore, retrouver les anciens mots de passe, accéder à la plus ancienne de mes boîtes mail, je fouine, je lis et relis tous les mails, je les parcoure dans tous les sens.


Et je finis par comprendre. Pierre savait. Il me l'avait expliqué, avait tenté de me faire comprendre, mais à l'époque, je ne pouvais pas l'entendre, et encore moins l'accueillir. Très tôt, il avait saisi au plus profond de son être la dimension mystique de notre lien... Pierre savait.


Depuis qu'il m'a recontacté, malgré le détraquement émotionnel et l'effondrement de mon mariage que cela a provoqué, je sens tout mon corps vibrer. Il est parcouru d'exquis frissons. Je continue à pleurer mais je danse aussi, je ne peux pas m'empêcher de danser et chantonner à longueur de journée. Comme si son simple contact avait le pouvoir de me ramener à la vie alors que j'étais en train de m'éteindre à petit feu. Je m'amuse à nouveau dans mon terrain de jeux amoureux. Il me fait me sentir si vivante, heureuse.


Comment ai-je pu ne pas le voir ?! L’or ne rouille pas, ne s’oxyde pas, il est toujours noble, précieux, rayonnant. 




Pierre : la pépite d'or qui fait étinceler mon âme.












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Message par Wich Dim 27 Mar 2022 - 19:14

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Message par Amocore Mar 29 Mar 2022 - 17:38

@ Wich : merci de prolonger mes bandes son, continue ! Excellent choix, on va en parler des rêves intenses depuis 2 mois... 

Continuons à faire avancer l'intrigue principale.



16.02.2022


La fin d'une union bénie



Je rêve d'envoyer à Pierre un long et superbement bien écrit email lui expliquant pourquoi je ne suis pas amoureuse de mon mari.
***

L'amour rend aveugle et le mariage rend la vue. Pierre est venu me redonner la prunelle de mon oeil borgne afin que je puisse voir correctement. Mon mariage n'a pas tenu à l'épreuve de sa petite question. Pierre est venu me donner une leçon sur l'amour, moi qui pensais avoir tout compris ; c'est certain, je m'étais trompée sur toute la ligne. Et il était la seule personne au monde à avoir la force de frappe pour m'en faire prendre conscience. 

Cette nuit en m'endormant, je pleure, ce matin au réveil les larmes coulent aussi. J'écris à Pierre ces mots et je pleure. Je continue à maigrir et à rester éveillée une bonne partie de la nuit. Je pleure cinq années de travail acharné que je vois partir en fumée, mon rêve de mariage et de famille bienheureuse, mon ultime projet de vie. Je pleure parce que j'y ai cru, pour la première fois de ma vie, je me suis investie et j'ai été sincère.  

Je pleure aussi d'un immense soulagement. Je sens que je solde le compte, je paie la dette faramineuse que je dois à Pierre jusqu'au dernier centime, je vais prochainement être libre, complètement libre de l'enfer du passé. Je pleure de joie.

Je m'apprête à sortir d'un mariage qui m'a parfaite moralement et spirituellement. J'ai été une épouse hors-pair, loyale, dévouée, aimante, constante. Je suis devenue une compagne formidable. J'y suis arrivée, j'ai réussi l'impossible, j'ai tout redressé. Je me tiens droite, je me sens si digne. Je suis en paix. J'ai été irréprochable, mon seul faux pas a été Pierre, qui est venu défaire de ce même pas cette union. 

Selon moi, le mariage constitue surtout un incroyable voyage terrestre à deux vers le divin. Il passe par le développement personnel et la croissance spirituelle côte-à-côte. En effet, je considère le mariage comme un vecteur de l'éveil de l'âme et non comme sa lente extinction. Le conjoint comme soutien et ressource indispensable sur ce chemin. 

J'ai appris de la vie à n'en retirer que le meilleur. Le grand avantage du mariage de raison et de l'amour au conditionnel ? Si le mari me déçoit au point de non retour, car je sais qu'il ne changera pas, s'il se révèle être une entrave plutôt qu'un tremplin, je le laisse glisser et nonchalamment tomber comme ma chemise de nuit au petit matin. S'en défaire et ne pas s'en faire. Se séparer, cheminer seule et pourquoi pas à nouveau à deux, plus tard, mais cela reste accessoire, l'essentiel est ailleurs. Dans le fond, je persiste à garder un coeur de Pierre. 

J'ai été honorée de faire cette expérience, je ressens la bénédiction divine sur moi. je n'ai presque aucune amertume. Presque. Je ne regrette rien, excepté une chose : mon orgueil, qui a précédé ma chute.
 
Allez, je divorce. Ne vous méprenez pas, j'ai adoré être mariée. Et s'il fallait recommencer demain, je le referai avec le même entrain, le coeur dansant sur l'éternelle chanson de l'amour. Par contre, une autre danse que la capouera de violence conjugale contenue. 

Je divorce et je démissionne de mon titre de prêtresse de l'amour. Mais pas aujourd'hui, la journée a été longue et émotionnellement épuisante... La nuit porte conseil, alors bonne nuit ! Je vais bien dormir, je dormirai jusqu'au petit matin, jusqu'à que le soleil brille, jusqu'à qu'il me rende heureuse, jusqu'à qu'il me brûle, jusqu'à qu'il fasse un joyeux trou dans mon coeur. 









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Message par Le Don qui Chante Mar 29 Mar 2022 - 23:20

Je suis fatigué…
Plus moralement que physiquement…
J’ai longtemps marché pour trouver un désert. Mais à la place d’une étendue de sable, je n’ai vu que des mers de larmes. Avenir rouge ou noir, selon les horizons… Rarement mêlé de couleurs…souvent monochromes…
Pourtant, j’ai créé des mondes, je n’ai pas à en rougir. Là encore dans ma paume de main, quelques traces d’un univers passé subsistent.
Mais au fond, tout cela reste dérisoire…

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J'ai envie de vous secouer dans tous les sens.
Les masques à oxygène ne sont pas encore tombés, tu peux mettre les gaz.
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@ p2m : ô la belle Bruxelloise, comme ton message tombe à point nommé ! J'ai mis la main sur des archives ultra compromettantes et le Censeur s'est empressé pour les classer top secret.


Je prends l'avion pour Cracovie, ou Varsovie, je ne sais pas... Enfin je ne veux pas savoir. Je ne sais même pas ce que je fout là sinon que le taff me paye tous. Putain de pays de merde ou on a pas assez pour vivre mais ou le taff te file 800 boules pour une semaine de taff en Pologne. En une semaine je vais claquer 40% de mon salaire... Putain de monde...
J'ai peur en avion, pour l'aller je prends 3 cachets de Quiétapine et j'en craque un dans ma bouche avant l'envol... Erreur...
Au retour, je ne fais pas la même bêtise mais ma montre connectée indique que je suis à 18 de tension une fois l'avion posé...

On mélange tous car de toute façon même si les souvenirs sont récents, tous se mélange...
Je dors juste après l'envol. Je n'ai pas peur de mourir, non, juste que dans l'avion même si je comprends la portance de la chose, je ne contrôle rien dans mon environnement. Et la promiscuité... La vrai pauvreté est là, comme dit l'autre ; "La vrai pauvreté est de ne jamais pouvoir être seul". J'ai longtemps réfléchis à cet axiome. Mais quand on y pense plus profondément c'est vrai. Les pauvres vivent les uns sur les autres. Et les riches, si ils veulent voir du monde, il sortent.

Spoiler:

L'avion se pose. Les médicaments me tournent. Il est arrêté. Je suis en Pologne et il fait -4°C. J'ai mon polaire du club de foot. Je sens un relent monter en moi. De la bile sort en jet de ma bouche. J'ai mis mon coude en "mode Covid" pour retenir le jet mais une partie gilcle sur ma voisine polonaise de gauche. Je me sens mal. Même les allemands ou les russes n'ont pas fait cela en 39...
L'avion se pose une nouvelle fois. J'ai pas pris de médicament et je ne sens pas mon estomac se retourner. Pourtant il fait de plus en plus chaud. Je retire mon pull et je transpire à grosse goute. J'ai une main sur le dossier devant moi et l'autre sur la fenêtre du zinc. Ma montre sonne, je regarde. Je ne vois rien qu'une tache noir. Cela bourdonne dans mes oreilles. Je me relâche sur le dossier du siège de l'avion, mes voisins ne sont plus là depuis 5 minutes. La respiration se calme... Fatcho, je suis monté à 18 de tension... Plus de risque de mourir d'un A.V.C. que d'un crach aérien, pas de quoi faire les gros titres. Monde de merde.


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Message par Amocore Jeu 31 Mar 2022 - 18:05

@ Don qui chante : Merci pour ce post garni, de prendre le temps, de construire une histoire, de raconter des passages de ta vie, de mettre les chansons... J'ai envie de rebondir, de te parler de mes voyages solo aussi, en Ecosse, en Pologne, mais ramener toujours tout à soi... L'egocentrisme, ça fatigue à la longue... 

Je me demande quel travail tu fais. Comment tu te ressources, où est-ce que tu trouves du répit... 

Et la promiscuité... La vrai pauvreté est là, comme dit l'autre ; "La vrai pauvreté est de ne jamais pouvoir être seul". J'ai longtemps réfléchis à cet axiome. Mais quand on y pense plus profondément c'est vrai. Les pauvres vivent les uns sur les autres. Et les riches, si ils veulent voir du monde, il sortent.

Excellent. On s'en souvient surtout dans les transports oui !


Sans transition.



Une Zèbre qui s'ignorait! =D - Page 4 Gray-r10




17.02.2022


Grey Rocking


Je rêve d'un homme avec d'immenses mains. Il saisit mon corps minuscule du bout de ses gros doigts. Il se met à le balancer dans tous les sens violemment. Je me réveille en sursaut. Il ressemblait à mon mari. Déclic.
***


« Le gaslighting est une forme d'abus mental dans lequel l'information est déformée ou présentée sous un autre jour, omise sélectivement pour favoriser l'abuseur, ou faussée dans le but de faire douter la victime de sa mémoire, de sa perception et de sa santé mentale. »

Les contractions, les sueurs froides, les vomissements... Madame, vous ne pouvez pas avoir d'enfant dans ces conditions ! Il faut soigner et préparer la matrice. Combien de temps ? Six mois au minimum.

L'ultime gaslighting. La perche est trop belle pour ne pas être saisie. Alors oui, je serais en dépression. Cela expliquerait mon subite changement de comportement. A cause des médicaments prescrits par le gynéco. Même s'il n'a pas lu la notice et ne sait strictement pas de quoi il parle.

Dans ma vie, j'en ai connu des épisodes dépressifs, majeurs et répétés, je me maquillais et me parfumais lourdement pour cacher ma décomposition avancée et le fait que je n'arrivais plus à me doucher, les fois où je réussissais à me traîner hors du lit tombal. Donner le change à tout prix. Aujourd'hui, la situation est bien différente. Je me force pour ne pas sourire, pour feindre le malheur, quand dans mon cœur une immense joie fleurit. Je ne peux pas m'empêcher de danser, je danse tout le temps, je sursaute quand mon mari me surprend. C'est que tout mon corps s'est mis à vibrer ! Mais je serais en dépression ! La vie est drôle et décidément me surprendra toujours.

Il n'y a plus rien pour cacher la platitude et l'ennui de nos conversations. Au petit déjeuner, mon mari me raconte l'histoire du passionné disparu en voulant traverser l'Atlantique à la voile. Il me dit être satisfait de la réaction des médias qui acclament son courage. Je l'écoute distraite. Et puis, je ris. Il ne comprend pas. S'il est blanc et s'il le fait par passion, ça fait toute la différence ! Bah quoi, c'est pas un sale arabe qui fuit la guerre ! D'ailleurs, que ça ne donne pas des idées bizarres, ne fais pas ça Pierre, d'accord ? Il y a l'avion, c'est moins fatiguant. Blague à part.

La balle est entièrement dans mon camp, j'ai repris le contrôle de la relation et de ma vie. Je lui sers sa soupe préférée, préparée avec soin, nous nous attablons comme tous les soirs. Je le regarde, il est bel homme, il me plaît toujours autant, et je me demande avec quelle lame je vais le saigner de m'avoir autant trahi. A moi de voir, la cohabitation sera aussi infernale ou tranquille que mon bon souhait le voudra.

Et puis, qu'ai-je appris depuis une décennie ? 'Dans une vie qui ne dure qu'un demi-soupir, n'y planter que de l'amour'. Je suis fatiguée des combats au coeur-à-coeur, des émotions toxiques, des conflits stériles. J'aspirais juste à vivre paisiblement auprès d'un homme. Je pensais avoir compris l'amour et je le prêchais...

Cet hiver, mon nouveau hobby sera le grey rocking. L'arme imparable devant les narcissiques. Le répulsif naturel. Utiliser cette méthode signifie : je le vois, je l'entends mais je choisis de ne pas m'engager sur un plan émotionnel avec lui. Rétraquer tout mon monde intérieur, en retirer l'accès. A nouveau, me voici totalement insaisissable et inaccessible.

Je repense à Pierre, honteuse de me voir retrouver mon ancien mode de fonctionnement, les mensonges, la fausseté, la dissimulation... ça attaque l'estime de soi. Je lui avais dit que j'avais changé. Il n'est pas là pour m'aider, il faut bien que je trouve un moyen pour m'en sortir, et ceux-là me sont innés. Alors, à défaut de l'avoir à mes côtés, pratiquer le grey rocking et devenir comme une Pierre.

« Comment j'ai bien pu faire pour survivre dix ans sans toi Pierre ? J'ai trouvé Dieu... »











L'art du Grey Rocking

  1. La règle du Fight club : ne jamais parler du Fight club. Ne révèle pas ta stratégie.
  2. Keep it short & sweet : reste brève et aimable « oui, non, mmh je vois ».

  3. Deviens ennuyante et sans intérêt : laisse le penser que le problème, c'est toi. Reste bien éloignée des sujets chauds, ne demande rien, ignore ses accusations.

  4. Détache-toi émotionnellement : protège-toi en prenant de la distance émotionnelle, cache lui la plus belle partie de ton être, ton âme.

  5. Nourris-le à un régime strict pauvre : ne partage aucune informations intéressantes, surtout pas le fond de ta pensée et encore moins ton aventure romancière sur ZC.

  6. Désengage-toi : évite le contact visuel, ne vas pas à sa rencontre, reste silencieuse, garde tes distances.

  7. Ne te justifie pas : il va essayer de te gaslighter en te faisant croire que tu es mentalement malade, ne le confronte surtout pas, laisse-le penser !


Covert narcissist check list :

  • Il n'a d'intérêt que son gain personnel.
  • Il projette ses propres problèmes sur toi.
  • Il ne fait pas d'efforts pour te rendre heureuse.
  • Il ne te connaît pas vraiment.
  • Il pompe toute ton énergie mais ne t'en donne pas.
  • Il te gaslighte, te fait douter de ta réalité, te rend confuse.
  • Il se montre condescendant avec toi sans aucune raison.
  • Il est en colère quand tu es malade.


J'ai coché toutes les cases... L'océan d'amour alterne avec l'océan de larmes....


Source : Doctor Ramona sur Youtube (en anglais, ma traduction)
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Message par RonaldMcDonald Ven 1 Avr 2022 - 9:55

Long hug

(et merci pour la liste à la fin, je vais creuser pour ma femme...et pour moi aussi)
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