Epuisement et crise de la quarantaine

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Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Mer 4 Nov 2015 - 14:50

Hmm, hmm.

Les années passent. Je suis diagnostiqué depuis déjà 7 ans.
L'an prochain, j'en aurai 40. Oui, j'ai beau recompter, c'est bien ça. C'est incompréhensible. Je ne m'y fais pas. Déjà ? Déjà vingt ans, mes études ? Déjà dans vingt autres années, le grand déclin physique à prévoir (voire dix) ?
J'ai fait pas mal de choses dans ma vie. Des engagements associatifs en tous genres, un métier lui aussi engagé, des rencontres. Pas souvent de grands projets: je suis trop anxieux pour me projeter sur le long terme. Je suis tiraillé entre le sentiment d'avoir pris trop de temps pour certaines choses et celui de ne pas avoir perdu de temps, en fin de compte, et surtout d'avoir énormément couru. Voulu trop faire. J'ai déjà un burn-out au compteur, non sans séquelles. Je me sens chroniquement fatigué depuis plus de dix ans.
Je suis marié mais pas encore d'enfants - pas par choix. Nous sommes accaparés par un tourbillon d'activités, presque toutes engagées. Disons, pour simplifier et éviter des débats collatéraux, que cela a massivement trait à l'écologie, la décroissance, société plus juste, toussa toussa. Habités par un sentiment d'urgence. Nous ne sommes pas indispensables mais il est indispensable qu'il existe des engagements. C'est anxiogène. Comment ne pas s'inquiéter de ce que sera le monde, le nôtre, dans dix ans, vingt ans, trente ans ? Même quand on s'arrête, impossible de ne pas y penser. Et le temps tourne. Qu'aurai-je le temps de faire, de construire? Je suis en train de chauffer un 2e burn-out, et me sens incapable de baisser le rythme. Comme si, devant la pendule qui marche, je cherchais à vivre plusieurs vies en même temps, faute d'oser renoncer à ceci, ou cela.
Dans ces conditions, difficile d'envisager de laisser une place à des enfants alors que nous le voudrions désespérément. Comme si ça bloquait. Comme si, quelque part, cela me rassurait aussi, malgré mon âge, de ne pas me lancer dans ce truc d'adulte par excellence. Je suis terrifié de constater qu'à 39 ans, j'ai toujours bien plus l'impression de jouer à l'adulte que d'en être un. De me défiler devant les vrais trucs de grandes personnes. Même quand je suis invité à m'exprimer sur un sujet écologique devant 300 personnes. Même quand je discute le coup avec un maire ou un évêque. Il est vrai que "les vraies grandes personnes" me donnent souvent l'impression d'exercer de grandes responsabilités, mais avec un comportement et un sens de la responsabilité à peine digne d'un chiard de 10 ans particulièrement mal élevé.

Je n'en dors plus et j'ai l'impression de sans cesse remettre la réponse à demain. Je continue, nous continuons comme ça, pas au jour le jour, mais au mois le mois.

Quelle impression ça vous fait, ce bouzin, dites ?


Dernière édition par Fusain le Lun 29 Fév 2016 - 11:11, édité 1 fois

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Fata Morgana le Mer 4 Nov 2015 - 15:10


Et si finalement le fait d'avoir un enfant était la réponse à cette suractivité ? Obligé de s'arrêter et de se mettre au pas de plus petit que soi. Ça permettrait peut-être un enracinement, en soi, et autour de soi.
Pour l'écologie, ne cours pas, je crois sincèrement que c'est cuit, plié. Je ne veux plus sauver le monde pour ma part puisqu'en fait il ne veut pas être sauvé.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Mer 4 Nov 2015 - 15:17

Pour l'écologie, ne cours pas, je crois sincèrement que c'est cuit, plié

La seule chose dont je sois sûr c'est que si on se dit tous ça, ça le sera effectivement. Inversement, la seule espérance réside dans le foisonnement d'hommes qui se lèvent pour refuser cette issue. Souvent loin de notre confort de première classe du Titanic d'ailleurs. Et puis, laisser tomber, ça serait assez contradictoire avec le fait d'avoir un enfant. L'élever dans un monde dont on postule qu'il va s'effondrer, c'est pas vraiment un cadeau à lui faire.
Sinon, je ne suis pas sûr que ça suffise pour nous faire freiner. On essaiera juste de vivre cette vie-là en plus des trois ou quatre autres qu'on mène de front. Le toubib s'inquiète, considère que je vais flinguer ma santé. Or, il y a des tas de gens qui sont, par exemple, cadres à 60-70h par semaine, ont quand même trois ou quatre engagements bénévoles comme nous, et s'occupent de leur famille par-dessus le marché. Bon, quand j'ai dit ça au doc, il m'a répondu sèchement "Non, ils crèvent tous". Mais...
Même quand on se pose physiquement le coeur n'y est pas. On n'a pas l'esprit tranquille.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par iiihou le Mer 4 Nov 2015 - 15:26

Coucou, oh le beau enchaînement de clichés, on dirait un humain ! Voici mes 'inestimables' impressions.
Ces "crises d'âge"-là sont des entités folkloriques sans beaucoup de pertinence, vu que l'individu est en crise perpétuelle, tout se mélange, tout se transforme, insidieusement continuellement toussa. Si cela peut vous consoler, vous étiez déjà en crise il y a vingt ans, au bon vieux temps. C'est vrai qu'après plusieurs dizaines d'années à ruminer sur ce qui se passe autour, on commence à se rendre compte que finalement l'existence tragique des humains n'est pas juste un conte. C'est juste la perception qui évolue, pas les fondamentaux.
Insister sur son engagement, son importance pour la planète, bof, tout le monde a son idée sur la société plus juste, elle est juste différente. C'est naturel de se donner le beau rôle, chacun se croit objectif et sensible et blabla dans sa tourmente tragique et dans ses psychorigidités. Finalement la société ne sera que la somme de toutes les sensibilités et visions. Pour un engagé comme vous dans une direction, il y aura toujours un autre dans la direction opposé. On appelle cela l’équilibre. D'ailleurs ce que vous appelez engagement n'est qu'une souffrance personnelle, à ne pas confondre avec le Bien. Tout le monde souffre et se fait des illusions sur le bien et le mal suivant des trucs qui n'ont aucun mérite personnel. Vous avez vous-même énoncé le mot-clé : c'est anxiogène. Anxiogène, la vie, l'est pour tous. Cela nous inspire à se comporter comme des guignols du matin au soir. Cela serait presque marrant.
Ensuite, pourquoi se soucier du comportement "pas assez responsable" des autres ? Nous avons tout un comportement complexe d'où on peut extraire à tout moment toutes les définitions. Vous, le repère habilité à juger quelque chose, encore une illusion.
Vous n'avez pas encore d'enfants mais pas par choix ! mais parce que bla bla et bla. Des classiques excuses et rejet de responsabilité. Ah tiens, responsabilité, ce que les autres ne possédaient pas assez.
Des trucs d'adulte par excellence ? Oh la belle cerise sur le gâteau des clichés. Ceci et l'écolo qui veut d'enfants ... Very Happy

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Mer 4 Nov 2015 - 15:48

Coucou, oh le beau enchaînement de clichés

Je confirme: vous avez battu un record !

Passons à la suite.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Fata Morgana le Mer 4 Nov 2015 - 15:59


Même si ça urge il y a le temps d'engendrer de jolis petits écolos...Les gens ont le monde qu'ils veulent. Il en faudrait beaucoup pour vouloir autre chose et faire pencher la balance. Mais à ce rythme, avec l'exquise bonne volonté qu'y mettent les lobbys et les banques m'est avis qu'il va falloir être beaucoup plus persuasifs. Quant à tes activités et puisqu'on est paraît-il, dans les clichés: qu'est-ce que tu fuis ? (Réponse non obligatoire.)

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Kadjagoogoo le Mer 4 Nov 2015 - 16:10

Ton témoignage me parle assez, Fusain. Non pas sur le principe d'un écho-miroir à mes propres turpitudes, exactement : tu as sans doute accompli infiniment plus de choses que je ne l'ai fait moi-même, l'essentiel de mon expérience résidant dans cet ineffable - pensées, épiphanies, chocs  esthétiques - que je ne peux donc guère résumer ici ni même partager avec mes congénères. Non, ton témoignage me parle dans le sens où je suis moi-même en proie à cette aliénation (perte de sens) que tu exprimes et qui sape tes forces vives.
J'aurai 40 ans dans deux ans et ma situation est peut-être plus dramatique que la tienne encore : célibataire sans enfant, issu d'une famille dysfonctionnelle et trop idéaliste sur le plan amical et sentimental - ces foutues "très hautes exigences morales" qui nous caractériseraient, nous autres -, j'avance totalement seul dans l'existence et le sentiment d'urgence est toujours plus prégnant, à l'instar de la hantise de gâcher cette vie dont je ne sais pas exploiter le potentiel.
Pire : je culpabilise d'être cette "épouvantable force de vie (sans cesse accrue par ma souffrance et ma douleur)" qu'évoquait Artaud, qui achoppe à faire une expérience plus profitable du monde sensible, par trop préoccupé (persécuté) par les affres d'un système de pensée traumatique et des schèmes névrotiques.
Aujourd'hui, quelqu'un a déterré ce commentaire sur un topic invitant à définir de la meilleur façon cette particularité qui nous réunit officiellement ici :
Alex_42 a écrit:HP, définitivement, parce que le "potentiel" est la seule réalité que j'ai vue, surtout quand elle se remarque... par son absence de réalisation Laughing.
Des gens qui ont plus de potentiel que la moyenne, qui pourraient aller plus loin, mais qui restent assis et se font dépasser par tout un tas de personnes qui avancent beaucoup plus lentement, mais aussi beaucoup plus sûrement...
N'en déplaise à d'aucun (iiihou), la prégnance de la possibilité de l'échec absolu est toujours plus forte et lancinante à mesure que l'on avance en âge (à défaut d'avancer réellement dans la vie). A vingt ans, on est logiquement moins lucide et plus insouciant, avec ce champ des possibles grand ouvert face à nous. A deux fois cet âge, la cristallisation des possibles est largement amorcée et certaines potentialités définitivement révolues. C'est l'âge des possibles divisés par deux, dirons-nous.
Et puis cette fatigue, surtout : la fatigue d'être soi ou je ne sais pas, mais quelque chose qui vous fait péniblement ressentir la gravité. Et vous avez beau prétendre sincèrement cultiver l'enfant en vous, vous sentez bien que le dégoût le dispute dorénavant dangereusement à l'émerveillement lorsque vous contemplez ce monde et vos semblables.
Le pire : vous soupçonnez qu'une belle rencontre (amoureuse ou amicale) pourrait sensiblement embellir votre situation, revitaliser votre quotidien et même vous donner envie d'envisager enfin cette impérieuse reconversion professionnelle à laquelle vous songez symptomatiquement depuis des années, mais vous n'en n'avez ni l'énergie ni le courage.
Je suis moi-même au seuil du burn-out et je n'aurai probablement pas de descendance, comme toutes les plus belles personnes que je connais. Malaise.

Ainsi, Fusain, dans la situation dépressive que tu nous décris là, alors que tu peines à surnager dans le maelström d'activités associatives qui vous surbooke, ta compagne et toi, je t'admire de parvenir encore à t'intéresser au sort de notre planète, d'arriver encore à penser à moyen ou long terme. Je me sentirais presque égoïste de ne pas savoir le faire, si je n'étais pas à ce point sidéré psychiquement par ma propre dépression, qui me rend encore plus myope que je ne le suis déjà naturellement.


Dernière édition par Kadjagoogoo le Mer 4 Nov 2015 - 16:39, édité 1 fois

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Mer 4 Nov 2015 - 16:22

Fata >En effet, c'est un peu facile l'explication "les activités pour fuir quelque chose" (y compris soi-même). On pourrait dire: je fuis la parentalité en vrai, mais c'est trop simpliste. Ou je fuis le foyer sans enfants, mais ça nous ramène à ton hypothèse H1. Ce n'est pas faux, mais vu "pourquoi" on n'en a pas, il ne "suffit" pas de le décider pour que ça change.
Je ne fuis pas grand-chose, hormis l'ennui, d'une part, et d'autre part, les gens engagés mais déprimés, aigris, désespérés, en rejoignant ceux qui se bougent et qui y croient, ceux qui font du bien autour d'eux, ceux qui font que ceux qui les entourent se sentent aidés, aimés, soulagés, ce que vous voulez. Je fuis ceux qui planquent leur égoïsme derrière un fatalisme reposant, qui professent l'individualisme de bistrot et l'à quoi bonisme pour justifier de ne penser qu'à leurs miches. Je tente de faire ce que je crois juste de faire, et c'est ce qui me donne, actuellement, tout ce qui va bien dans ma vie : sens, rencontres, humanité, espérance, et puisque j'y gagne tout ça, ceux qui y trouvent à redire peuvent aller se faire cuire un oeuf de nandou. Laughing Mais après une phase d'équilibre, il y a disons deux ans, je suis tombé dans une espèce d'excès d'activisme et je cherche à retrouver une position plus mesurée. Enfin, j'assume totalement l'absence d'originalité des questionnements liés à mon grand âge. Laughing

Kadjagoogoo >

Ainsi, Fusain, dans la situation dépressive que tu nous décris là, alors que tu peines à surnager dans le maelström d'activités associatives qui vous surbooke, ta compagne et toi, je t'admire de parvenir encore à t'intéresser au sort de notre planète, d'arriver encore à penser à moyen ou long terme.

C'est que, justement, je ne suis ni en dépression ni en manque de sens. Du sens, il y en aurait plutôt trop, et il y a beaucoup moins de dépression que d'épuisement physique à force de vouloir partir dans toutes les dimensions qu'offre ce sens. Ce qui aggrave le sentiment d'urgence. Urgence pour moi, pour notre couple, pour ces enfants que nous n'avons pas encore pu avoir, pour nos frères, pour le monde. (et non franchement la tirade "t'as qu'à penser qu'à ton cul comme tout le monde", c'est bon quoi. Laughing ) Pas de dégoût, mais une inquiétude et un sentiment de gâchis (idem). Les possibles se réduisent, en effet. On constate tout ce qu'on n'aura pas le temps de faire ni même d'apprendre. Il y a encore peu j'avais l'impression d'être toujours en train d'apprendre-avant-de-me-lancer. Maintenant, je vois que le temps manque.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Fata Morgana le Mer 4 Nov 2015 - 16:32

1) Qu'y a t-il tapi au fond de l'ennui ?

2) Qu'appelez-vous "réussir" ?

Déjà, être intégré quelque part ou à quelque chose c'est bien. Moi je ne fais rien. j'avale mes sept pilules d'AD et d'anxiolytiques par jour en attendant que ça passe. J'aide seulement les gens en détresse que j'ai croisé ici ou là.

Pour moi la réussite est pareille à la fortune: on n'en n'a jamais assez, c'est à dire que finalement c'est une impasse. Comment des activités extérieures pourraient elles solutionner des questionnements intérieurs ? C'est une chose que je me dis souvent.
Il est possible que l'une des raisons de la pollution du monde soit l'activité. Que le "travail" détruise bien plus qu'il ne construit.
Si les gens apprenaient à être un peu plus contemplatifs, au lieu de vouloir accumuler des choses, objets, titres, postes, ils seraient heureux de posséder et de jouir du peu qu'ils ont. (Journée gratuite "enfoncer les portes ouvertes") mais il paraît que quand on perd le fil, il faut revenir au point où on a commencé à dévier...



Dernière édition par Fata Morgana le Mer 4 Nov 2015 - 16:41, édité 1 fois

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Pieyre le Mer 4 Nov 2015 - 16:36

La crise de la quarantaine, j'ai connu, en quelque sorte. Le fait qu'à l'approche et au passage de 40 ans on prend conscience de soi d'une façon particulière est symbolique, puisque cela dépend du système de numération, mais ce serait peut-être assez proche dans un autre système.
Dans mon cas, c'était le moment où je me suis dit avec plus d'insistance que c'était le moment où jamais, qu'il fallait se décider, y aller enfin. Mais avec les femmes que j'ai rencontrées il n'était pas possible d'avoir des enfants.
Alors maintenant c'est, en quelque sorte là aussi, la crise de la cinquantaine. J'ai beau me croire encore 25 ou 35 ans parfois, je sais que l'acmè, ou tout moins le mitan de ma volonté, voire peut-être de ma vie intellectuelle est passé, et qu'il s'agit désormais de prendre la mesure des projets jetés çà et là, de les rassembler, de les accomplir peut-être, mais, sinon seul, du moins sans famille.


Dernière édition par Pieyre le Mer 4 Nov 2015 - 16:55, édité 1 fois (Raison : orthographe)

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Fata Morgana le Mer 4 Nov 2015 - 16:43

Spoiler:
Salut Maître es rayures Smile

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Pieyre le Mer 4 Nov 2015 - 16:51

Respect ! :
J'aurais préféré Maître ès ramures, mais, bon...

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Mer 4 Nov 2015 - 16:56

1) Qu'y a t-il tapi au fond de l'ennui ?

L'ennui, c'est ne pas avoir le bon niveau de stimulations. On peut très bien être dans une attitude totalement contemplative et s'ennuyer beaucoup moins que dans une activité frénétique. L'ennui peut être le fond du bocal. Il n'y a pas forcément toujours de pertinence à chercher derrière: on est alors sorti du bocal et on risque la réponse toute faite (se fuir, ne pas se retrouver face à soi-même, etc etc.) Crouler sous les activités n'empêche pas du tout d'être aussi face à soi-même, de réfléchir sur soi-même. Le questionnement qui ouvre ce topic en est la preuve. Nous sommes tous capables de mener de front une ou deux activités et une pensée réflexive (dans la même minute). Ce serait trop simple si ces activités savaient me plonger dans cet état d'absolu où l'on ne pense à rien d'autre, ne voit rien d'autre, ne sent rien d'autre. ça n'arrive jamais. Même pas quand je taquine le luth.

2) Qu'appelez-vous "réussir" ?

Note que je n'ai à aucun moment utilisé ce mot. Je ne cherche absolument pas à réussir. D'ailleurs, j'aimerais plutôt, à des moments, récolter ce qui est semé, me dire que là c'est bon, on peut faire une pause comme le paysan qui a moissonné, battu, serré sa récolte dans ses greniers, achevé les semailles d'hiver et peut se reposer quelque temps. Quant à la réussite matérielle, à l'accumulation, alors là... On est plutôt dans l'inverse. Je ne me dis à aucun moment que je suis en train de rater ma vie. Jamais. Elle contient un déséquilibre qui est dangereux parce qu'il risque de provoquer un 2e burn-out, ce qui n'est pas conseillé dans une vie. Après, il y a aussi que Madame et moi-même avons des métiers qui paient vraiment mal, tout en exigeant énormément d'efforts, de réseau etc... qui bouclent justement avec nos engagements. Tout est lié ( Wink ) mais du coup, la crainte, c'est que l'effort pour avoir de quoi vivre (et nos besoins sont bien simples !) dépasse nos forces. D'où (x2) nécessité de trouver un équilibre et ne plus être jeté dans l'hyperactivité par l'inquiétude.

Comment des activités extérieures pourraient elles solutionner des questionnements intérieurs ?

Oh si, sortir de son entre-soi personnel peut être la réponse. S'épanouir, c'est écarter les bras, pousser le tronc vers le ciel, c'est aller vers l'extérieur. La solution peut résider en des choses faisables seulement hors de soi-même.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Fata Morgana le Mer 4 Nov 2015 - 17:00

Je ne sais pas. Comme ce que tu écris me sert de miroir, je regarde simplement ce que je vois dedans.
Le mot "réussir" à été employé par un commentateur (ou bien "échec", ce qui revient au même.)
J'ai rebondi sur l'ennui parce que pour moi il ouvre sur: le désespoir, l'absurde, l'horreur.
Je conclus de ta réaction que tu n'as pas touché ce fond là. Dommage, j'aurais bien pris conseil !!! What a Face

Je ne suis pas en ce moment en capacité de supporter la plus légère tension. La moindre me tréfile. Du coup je me replie pour le moment. A+

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Mer 4 Nov 2015 - 17:48

je me pose des questions sur le sens de la vie depuis que je suis gamin, la crise de la trentaine, quarantaine, cinquantaine.. je connais , chez moi c'est permanent depuis ma naissance ou presque

ce que j'ai eut comme parcours de vie j'en suis fier, j'ai fait des choses qui me plaisent et ce que je suis devenu me convient, j'aurais pu mal évoluer oh combien , les fées sont tombées en masse sur le berceau lol, mais je suis costaud

la seule chose qui me rend triste est d'être célibataire sans enfant, c'est toujours ce qu'on n'a pas qu'on recherche il paraît, et j'aurais pu , quoique pas faute d'avoir essayé de trouver la bonne personne

mais la vie c'est comme cela aussi

je pense que les crises permettent de faire le point et de chercher ce qui va et ce qui ne va pas

la notion de réussite... c'est très personnel et si relatif.. on finit tous par crever au bout, vous voulez avoir fait quoi au bout ? je vois plus les choses de cette manière

le principal selon moi est d'avoir des projets, peu importe lesquels, des choses qu'on a envie de faire

et quand on croise le gouffre, moi je le connais depuis très très longtemps.. ce qui permet de le passer c'est de se connaître soi et ce qu'on veut, veut on encore ou se laisse t on tomber dans le gouffre ?

ou passe t on tous les gouffres pour arriver à être heureux de ce qu'on est et de ce que l'on a accompli

moi même à mon âge très avancé, dans ma tête j'ai 1000 ans ou 10 selon .. je garde une âme d'enfant et juste à côté il y a le génie qui n'a rien d'un enfant, je suis un être complexe comme chacun et je suis

j'ai donc des projets, qui sont importants pour moi ,être en couple un jour avec quelqu'un qui me convienne et inversement notamment

se mettre en couple est d'une banalité pour la plupart des gens, mais pour moi c'est ce que je souhaite désormais, mais les autres eux n'ont pas fait ce que j'ai fait, ni ne sont ce que je suis, et jamais ils ne le pourront .. chacun ses voies donc

il n'y a pas de jugement, juste des besoins réalisés ou non, il faut parfois avoir le courage d'affronter ses douleurs et de savoir si on peut ou non y faire quelque chose

l'important est d'avoir des projets, participer à des associations, vouloir changer le monde, faire des peintures, de la moto, que sais je .. 100000 choses , futiles ou pas, on s'en fout !






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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Mer 4 Nov 2015 - 18:02

Fata Morgana a écrit:Je ne sais pas. Comme ce que tu écris me sert de miroir, je regarde simplement ce que je vois dedans.
Le mot "réussir" à été employé par un commentateur (ou bien "échec", ce qui revient au même.)
J'ai rebondi sur l'ennui parce que pour moi il ouvre sur: le désespoir, l'absurde, l'horreur.
Je conclus de ta réaction que tu n'as pas touché ce fond là. Dommage, j'aurais bien pris conseil !!! What a Face

Ben ça m'étonne un peu parce que pour autant que je sache, on donne l'un et l'autre le même sens à Tout ça.

Sinon, réussir et échec, je le maintiens, ne font pas partie du regard que je porte sur ma propre vie. Oui, si on veut, je peux dire que ma vie est réussie si elle est pleine de rencontres, de choses faites avec entrain et sentiment de faire de la bonne ou belle ouvrage, si je ne me demande pas ce que je fous là et pourquoi j'y suis. Mais dans ce cas le mot réussite est tellement fourre-tout... Ce n'est pas un objectif lointain, c'est là en ce moment. Je préfère parler de ce qui nourrit, de semer et de récolter, de construire, tout ceci dans le registre immatériel, s'entend. Pour ce qui est du matériel, du moment que "ça boucle" et qu'on peut se payer quelques moments de détente...

on finit tous par crever au bout, vous voulez avoir fait quoi au bout ?

"Il restera de toi ce que tu auras donné"...

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Pieyre le Mer 4 Nov 2015 - 18:05

On peut aussi citer Goethe : « Si tu veux que le monde te prête de la valeur, prête de la valeur au monde. »

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Kadjagoogoo le Mer 4 Nov 2015 - 19:06

Fata Morgana a écrit:Je ne sais pas. Comme ce que tu écris me sert de miroir, je regarde simplement ce que je vois dedans.
Le mot "réussir" à été employé par un commentateur (ou bien "échec", ce qui revient au même.)
J'ai rebondi sur l'ennui parce que pour moi il ouvre sur: le désespoir, l'absurde, l'horreur.
Je conclus de ta réaction que tu n'as pas touché ce fond là. Dommage, j'aurais bien pris conseil !!! What a Face

Je ne suis pas en ce moment en capacité de supporter la plus légère tension. La moindre me tréfile. Du coup je me replie pour le moment. A+
Wouah... En voulant découvrir ce verbe que tu emploies là et qui m'était inconnu : tréfiler, je tombe sur cette définition idoine du sens métaphorique de ce terme :

http://www.cnrtl.fr/ a écrit:métaph., empl. pronom. Tandis qu'elle essayait de réagir contre le découragement, elle entrait dans le laminoir de la vie purgative, et s'y tréfilait (Huysmans, Ste Lydwine, 1901, p. 95).
C'est peut-être dérisoire à vos yeux, mais je crois que je vis pour ce genre de chose : ces perpétuels télescopages d'idées et d'événements disparates auxquels j'accorde plus volontiers du sens que le commun des mortels, un phénomène passablement mystique que Jung a énoncé sous ce concept de synchronicité. Idea
Ce genre de phénomènes - que j'appelle abusivement épiphanies - me réconcilie avec tant de choses, vraiment. Et il est fort probable que mes périodes de crise, de plus en plus fréquentes à l'approche de la quarantaine, me rendent toujours plus vigilant et prompt à reconnaître ces grâces infinitésimales que je célèbre là et qui font pourtant le sel de ma vie - l'ineffable que j'évoquais plus haut.

zebulonlezebre a écrit:la seule chose qui me rend triste est d'être célibataire sans enfant, c'est toujours ce qu'on n'a pas qu'on recherche il paraît, et j'aurais pu , quoique pas faute d'avoir essayé de trouver la bonne personne
[...]
j'ai donc des projets, qui sont importants pour moi, être en couple un jour avec quelqu'un qui me convienne et inversement notamment
se mettre en couple est d'une banalité pour la plupart des gens, mais pour moi c'est ce que je souhaite désormais, mais les autres eux n'ont pas fait ce que j'ai fait, ni ne sont ce que je suis, et jamais ils ne le pourront .. chacun ses voies donc
Je partage ton projet, étant moi-même occupé à cette quête de la personne avec qui je pourrais m'accorder sur tant de plans. Et je vois que nous sommes tous deux en train de tomber amoureux de la même Youtubeuse ! Twisted Evil  Wink

zebulonlezebre a écrit:je pense que les crises permettent de faire le point et de chercher ce qui  va et ce qui ne va pas

le principal selon moi est d'avoir des projets, peu importe lesquels, des choses qu'on a envie de faire

il n'y a pas de jugement, juste des besoins réalisés ou non, il faut parfois avoir le courage d'affronter ses douleurs et de savoir si on peut ou non y faire quelque chose
Voilà : les vérités les plus essentielles sont les plus évidentes. Et je dis moi-même que ce qui me raccroche à l'existence, c'est que l'homme que je deviens m'intéresse passionnément, a fortiori qu'il n'est clairement qu'une ébauche de l'être d'exception (sage) qu'il pourrait devenir si je prends soin de lui et l'autorise à se réaliser dans l'acception de son potentiel et de ses possibles. Un inimaginable tour de force qui me fait très envie, malgré ce terrain dépressif qui me rogne actuellement les ailes.
Merci à toi, Fusain, d'avoir judicieusement distingué le "burn-out" de la dépression - qui excède le cadre professionnel.
Et merci à Pieyre pour son art de la citation toujours ad hoc. Impec !

Si je n'étais pas si las et Fata Morgana déjà si replié (parti), je lui dirais que l'ennui n'est pas seulement une "ouverture sur le désespoir, l'absurde, l'horreur", mais qu'il peut surtout être, avec son corollaire : la fatigue, la condition sine qua non à la réflexion métaphysique. Tous les philosophes dignes de ce nom l'ont dit : ils n'ont pensé que dans la mesure où il se sont ennuyé.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Mer 4 Nov 2015 - 19:12

"Et je vois que nous sommes tous deux en train de tomber amoureux de la même Youtubeuse !"
preums preums si j'étais plus jeune je ne lui dirai pas non Wink




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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Mer 4 Nov 2015 - 19:22

Pieyre a écrit:On peut aussi citer Goethe : « Si tu veux que le monde te prête de la valeur, prête de la valeur au monde. »

je n'avais pas vu les choses comme cela mais pourquoi pas en effet .. mais il faut que je trouve ce qui me plaît dans ce monde et qui a de la valeur à mes yeux et cette partie du monde alors dont j'espère qu'elle me prêtera aussi valeur

le monde est beau, le monde est laid
un escabeau et j'y serai !
y seras tu ? lui demandai-je ?
j'y suis déjà me répondit-elle !
c'est que je suis aveugle et ta beauté sans pareille
la beauté n'est rien on ne voit qu'avec le cœur
c'est que mon cœur est en panne d'âmes en sœur
le prochain étage est encore si loin

mmm poeeet poeeeet ! je ne serais jamais publié ça c'est certain mdrrrrrr




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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Lord Brett le Mer 4 Nov 2015 - 21:43

Bonsoir,

Il me semble plus qu'urgent de réagir vu ce que tu décris : fatigue chronique + burn-out du à un surmenage, à vouloir trop en faire et ne jamais vouloir s'arrêter,car la guérison ne se comptera pas en jour, ni en semaines mais très certainement en mois, voir en années, la sauvegarde de la planète pourra certainement attendre encore un peu.

Je te rassure, j'ai fait "pareil" mais je me suis rendu compte que j'allais droit dans le mur et que le jour ou j'allais taper dedans, je n'allais pas m'en sortir ce coup-ci ...

Moi aussi malgré que je faisais plein de choses, j'étais un véritable gamin, et quand tu à l'impression d'être très bon dans ce que tu fais, crois-moi qu'une fois que j'ai résolu tous mes soucis, je me suis rendu compte que je n'utilisais qu'une toute petite partie de mon potentiel rapport à ce que je suis capable de faire aujourd'hui.

Ca n'est pas facile à faire, il faut se cracher dans les mains et se retrousser les manches, se relever je ne sais combien de fois parce que l'on à encore échoué, et accepter de lâcher le morceau niveau boulot et autres occupations qui te bouffent littéralement la vie, il faudra donc assumer de repartir à zéro, mais c'est une véritable renaissance qui permet de repartir sur des bases saines et solides.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Mer 4 Nov 2015 - 22:03

Moi aussi malgré que je faisais plein de choses, j'étais un véritable gamin, et quand tu à l'impression d'être très bon dans ce que tu fais, crois-moi qu'une fois que j'ai résolu tous mes soucis, je me suis rendu compte que je n'utilisais qu'une toute petite partie de mon potentiel rapport à ce que je suis capable de faire aujourd'hui.

Je crois avoir déjà passé cette étape-là. Je n'aurais pas imaginé, il y a dix ans, ce que je fais/où j'en suis aujourd'hui. Mais laissons ça. ça n'a pas d'importance. Je n'ai pas du tout le sentiment d'être en-deçà de mon potentiel. Donc peu importe où j'en suis vraiment par rapport à lui et je n'ai pas de temps à perdre à me poser, en plus, cette question: c'est comme la réussite, ce n'est pas l'angle sous lequel j'envisage ma vie. J'ai déjà dit plusieurs fois ce qui manquait le plus à mon existence, ce n'est pas une question de "potentiel". Etre actif, donner, transmettre: c'est ça le programme, c'est ça qui me rend heureux. Et si je me sens bien en faisant tout ça, quelle importance de me situer par rapport à un "potentiel" ? Quelqu'un viendra peut-être me dire que "si j'avais voulu, j'aurais fait/été ceci ou cela"... Et bien qu'il le pense. Moi, je ne le pense pas. Alors qu'est-ce que j'en ai à faire de ce que soi-disant j'aurais pu être mais que je n'ai jamais voulu être, ni souffert de ne pas être ?

Pour ce qui est de freiner, c'est une autre histoire. Un tourbillon...

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Ven 6 Nov 2015 - 10:01

En fait, si je parle de crise de la quarantaine, ce n'est pas au sens (apparemment très répandu) "oh merde, qu'est-ce que je suis en train de faire de ma vie, je me suis planté" mais "oh merde, avec tout ce que j'ai encore envie de faire, il me reste si peu de temps ?" Ou bien j'ai l'impression de ne pas avancer assez vite. Que d'autres sont tellement plus brillants, plus efficaces: ils arrivent à en être à 30 ans là où j'en suis à 40. Ce ne serait absolument pas un problème si le temps n'était pas si chichement compté.

Et c'est ce sentiment qui risque de me dissuader de ralentir la cadence, de peur de ressentir une immense frustration. Quand je suis malade, au point de ne rien pouvoir faire (par exemple quand j'ai eu la grippe A), je ne me repose même pas parce que je bous intérieurement de ne rien pouvoir faire, je m'ennuie horriblement, je suis furieux de perdre tout ce temps... Même sur mon temps libre, le soir, je me sens plus satisfait quand j'ai été "efficace": fait mes exercices de luth, envoyé quelques mails de boulot-bénévole, préparé une note de blog ou une intervention programmée pour dans quelques semaines. Quand je n'ai fait que me détendre (y compris aller nous balader, voir un match ou au restau) j'ai passé un bon moment, mais je n'éprouve pas le même genre de satisfaction apaisante.

Il y a aussi peut-être là une éducation qui rabâchait le dogme "on peut prendre du temps de repos ou de détente quand on a fini tout son travail". Seulement, ben quand on est enfant, ça veut dire qu'on va jouer quand on a fini ses devoirs. Quand on est adulte, on comprend vite que des devoirs, on en a à l'infini et que si on veut dormir la nuit, cela veut dire chaque soir dire à un moment: j'arrête, et parmi tout ce qu'il serait utile/judicieux/pertinent/nécessaire que je fasse, il y en a 90% que je ne ferai jamais, parce que cela nécessiterait des journées de deux cent cinquante heures.

Mais la frustration reste et aussi la conscience aiguë de ne faire que 10% de ce qu'il faudrait. Surtout qu'à tous les coins de rue on trouve des personnes plus efficaces.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Ven 6 Nov 2015 - 11:07

"Mais la frustration reste et aussi la conscience aiguë de ne faire que 10% de ce qu'il faudrait. Surtout qu'à tous les coins de rue on trouve des personnes plus efficaces."


dans le livre de siaud facchin si j'ai bon souvenir il est expliqué que l'on trouve l'intelligence chez les autres et qu'on est rarement conscient de la sienne propre, on voit surtout ce qu'on ne sait pas faire alors que souvent on sait faire plein de choses

le surdoué n'est pas omniscient, ni surdoué en tout, donc n'être efficace qu'à 10% cela ne me gêne pas, ce qui compte c'est que je fasse des choses que j'aime et là je suis efficace à 3000% et ce sont les autres qui pleurent.. :-)))



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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Pieyre le Ven 6 Nov 2015 - 11:13

Je connais ce sentiment d'urgence et cette satisfaction apaisante d'avoir été efficace dans la journée. Mais je connais aussi la vertu de l'ennui, quand rien ne vient plus et que, malgré le temps perdu, nous sommes placés dans un autre état d'esprit que celui de l'exigence de produire. Une fois la phase de colère contre soi passée, nous nous trouvons plus ouvert à la rêverie et à la recherche de voies inédites, voire d'une cohérence plus grande de son existence...

Alors ne faudrait-il pas recentrer son activité, moins chercher à abattre du travail qu'à construire une œuvre ? Cela ne signifie pas se détourner d'occupations utiles et d'intérêts multiples mais les faire converger en deux ou trois projets qui nécessiteront d'y appliquer un temps long qu'on ne peut pas planifier comme un travail. En effet, une œuvre (que ce soit dans le domaine de l'art, de la science ou des bonnes œuvres) ne s'accomplit sans doute pas de façon linéaire et proportionnelle à l'effort que l'on y consacre. C'est fait d'enthousiasmes et de découragements, d'activité effrénée et d'inhibition. Ne faut-il pas en effet accepter de se confronter à ce qu'il y a de plus difficile pour obtenir de soi ce qu'on peut faire de mieux ? Et ce n'est pas l'effort le plus difficile...

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

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