le doute (la crise?) post-test

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le doute (la crise?) post-test

Message par eucalyptus77 le Dim 30 Sep 2012 - 20:21

Hello.
A J+14 des résultats du WAIS IV Adult, je suis en situation (en phase?) de doute sur certains points du test. Etes-vous passé par cela aussi?

* Je me dis surtout que les personnes de l'échantillon ne se sentaient sans doute pas dans la même situation cruciale que moi. N'ont-ils pas pris les tests par dessus la jambe?

* Et si les résultats étaient tout simplement truqués, dans le style : "c'est fait pour les gens qui n'ont pas confiance en eux, on va leur faire croire qu'ils sont xième sur 1000 ou 10000 en QI."

* De manière plus accessoire, j'ai trouvé la partie information un peu partiale, même si je sais qu'elle ne fait pas partie de la note finale. J'ai compté 4 questions de géographie contre aucune d'histoire. Beaucoup de questions liées à l'environnement (écologie) aussi.

Alors voilà... A certains moments, je repasse des centaines de visages que j'ai pu croisés dans ma vie, et je me dis que de fait, ce classement n'est pas fallacieux, mais à d'autres moments, je me sens tellement stupide, et je me dis que 'monsieur tout le monde' ferait tout aussi bien que moi.

Le doute est le sel de l'esprit, mais quand même...

Peut-être que le déni est aussi lié à la question de l'après : que faire avec un tel résultat? Le psy a vite fait : "Je comprends bien que ce n'est pas facile avec un tel décalage." Sous-entendu : il n'y a rien à faire.
Pourquoi ce sentiment de responsabilité, comme si, au lieu de pouvoir se décharger de tant de situations autrefois incomprises, il faudrait d'autant plus se sentir redevable de ces résultats ?

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Re: le doute (la crise?) post-test

Message par Invité le Dim 30 Sep 2012 - 20:45

J'ai été testé il y a plus de trois ans. Et je suis toujours habité par le doute. C'est complètement normal. Je ne sais pas comment accepter la validité du test, malgré ses défauts. Je ne sais pas comment me dire "mais si, c'est vrai, ce n'est pas qu'un artifice pour me ferrer comme client".

C'est un long chemin d'acceptation de soi.

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Re: le doute (la crise?) post-test

Message par Invité le Dim 30 Sep 2012 - 21:23

client
Tu sais ce que tu es, pas ce que les autres voient de toi.
A la limite tu es client de ton esprit, mais comme en plus tu en es le magasinier, la boucle se boucle.
Un test, une épreuve est là pour nous aider à nous surpasser.
Nous sommes humains.
Que l'on y arrive ou non, cela ne change pas notre essence mais juste, la perception que nous avons (ou les autres ont), de notre essence.
Soyez fiers de vous, vous êtes aussi bien que vous pouvez l'être.
Et ce n'est que si vous ne l'êtes pas que là, vous pouvez légitimement vous en prendre à vous.

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Re: le doute (la crise?) post-test

Message par Pieyre le Dim 30 Sep 2012 - 23:17

Un test, ce n'est jamais qu'un élément de plus parmi des réalisations susceptibles de fournir des signes objectifs, ou du moins des signes exprimés, affirmés dans un langage où ils ne sont pas niables.

Le mieux serait peut-être de n'attendre du test qu'une confirmation, après avoir passé en revue des résultats de ce type dans notre vie.

Si nous n'en trouvons aucun, et si le test correspond à une sorte de révélation, alors il faudrait ne pas en rester là, et accomplir ce qui n'est indiqué qu'à la façon d'une promesse.

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Re: le doute (la crise?) post-test

Message par Laurinette le Lun 1 Oct 2012 - 9:46

Bonjour !

J'ai "crisé" moi aussi après le test... Pas tout de suite, d'abord j'étais euphorique, et peut être que j'imaginais inconsciemment que puisque maitnenant c'était prouvé, tout le monde allait le voir et enfin me traiter à ma "juste valeur" (problème d'estime de soi, mais bon, c'est d'un classique...). Et puis finalement non, ça n'a rien changé... Donc gros doute.

Mais finalement, aujourd'hui, très lentement le travail d'acceptation se fait, et je considère plutôt que ce test est un départ, plutôt que l'aboutissement d'une vie de questionnements.

Je SAIS que je suis capable de faire des choses que le commun des mortels ne sais pas, et je "m'auto-teste" régulièrement dans ce sens...

Le plus dur est de me débarasser de ce sentiment de culpabilité, d'imposture. Quand je présente quelque chose que tout le monde encense, j'ai toujours l'impression d'avoir "triché". Parce que pour moi la valeur d'un travail ou d'une oeuvre se mesure à l'effort qui lui a été nécessaire (foutue éducation judéo-chretienne). Et comme généralement je fais ça d'un doigt en regardant ailleurs... Je me sens illégitime.

Le sentiment est là, mais au moins je l'ai identifié pour ce qu'il est. J'ai toujours l'impression désagréable de prendre les autres pour des cons, mais maintenant au moins je me dis que eux ne le ressentent pas comme ça.

(et Pieyre, j'ai grandi dans le quartier latin... Je jouais du piano dans les bars de la rue Mouffetard, toute ma jeunesse, ça ! Very Happy)

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Re: le doute (la crise?) post-test

Message par Pieyre le Lun 1 Oct 2012 - 10:16

Je déborde (à peine) du sujet pour faire un sort à ce sentiment de trop grande facilité que tu indiques. Illégitimité, triche, imposture, et finalement culpabilité : c'est beaucoup trop se mettre en question sans doute. Et pourtant il ne s'agit pas je crois que d'éducation judéo-chrétienne. Prends notamment la théorie marxiste. Là aussi la valeur du travail se mesure au temps effectué pour l'obtenir, sans appel à la culpabilité mais avec autant d'arbitraire et de volonté de limiter l'individu.

Plus encore que cela, il doit y avoir un invariant anthropologique, peut-être pas dans le sentiment de culpabilité, mais au moins dans celui d'illégitimité. Je me souviens qu'en classe de troisième j'ai éprouvé un tel sentiment. C'était sans doute la première fois que je prenais nettement la tête en mathématique, avec facilité et même avec plaisir. C'est étrange que ces deux éléments soient sources d'interrogation et de doute. Je savais que c'était faux, mais j'en venais à imaginer que ma prof avait une affection quasi-maternelle pour moi, voire même qu'il y avait quelque chose d'irréel dans cette situation.
C'est ce qui prouve, s'il en était besoin, qu'il faut stimuler en enfants qui ont des dons, et les confronter à leurs propres limites, plutôt que de les ramener à la norme.

(Laurinette, j'ai beaucoup fréquenté la rue Mouffetard à la fin des années 1980, entre Jussieu, les bibliothèques et les restaurants universitaires. Mais tu étais peut-être un peu jeune pour jouer dans les bars.)

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Re: le doute (la crise?) post-test

Message par Invité le Lun 1 Oct 2012 - 10:28

Et pourtant il ne s'agit pas je crois que d'éducation judéo-chrétienne. Prends notamment la théorie marxiste. Là aussi la valeur du travail se mesure au temps effectué pour l'obtenir, sans appel à la culpabilité mais avec autant d'arbitraire et de volonté de limiter l'individu.

A mon avis, à la base, il y a un sentiment très ancien, assez universel et d'ailleurs très sain à la base : le refus de l'injustice, or, rien n'est plus injuste que l'existence d'individus plus doués de naissance pour ceci ou pour cela, surtout quand il s'agit de compétences qui ont à voir avec le pouvoir (à part ceux qui font de l'athlétisme et du foot, tout le monde s'en fout d'avoir le talon moins élastique qu'Usain Bolt ou la cheville moins hyperlaxe que Juninho Pernambucano). L'homme a très tôt eu l'occasion de mesurer à quel point le fait de posséder une compétence qui donne du pouvoir (qu'il s'agisse de force, d'adresse, d'intelligence...) ne garantit pas, mais vraiment pas, d'en user avec sagesse et pour le bien de tous. Il ne restait donc plus qu'à chercher à raboter les possibles ouverts par ces compétences, si on ne voulait pas systématiquement tomber aux mains d'un dictateur d'autant plus puissant qu'il serait doué.

De là, peut-être, dénigrement systématique du don, par refus de l'injustice (bien réelle) que constitue la possibilité d'avoir des résultats sans effort, et valorisation du travail qui permet à chacun de parvenir à un résultat, grâce à un effort conscient, volontaire. Je ne crois pas qu'il s'agisse de limiter l'individu, mais d'une méfiance bien compréhensible au vu de l'histoire. Malheureusement, pour la personne objectivement douée, elle se traduit par une injustice en retour.

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Re: le doute (la crise?) post-test

Message par Pieyre le Lun 1 Oct 2012 - 10:51

Oui, c'est assez convaincant. Cela explique pourquoi nous aurions intégré, sans doute de façon innée, cette inquiétude relative à des résultats qu'on ne peut pas justifier aux yeux des autres par un travail effectué ou un temps passé.

Mais on peut se demander ce qui motive un tel sentiment d'injustice chez les autres (et chez nous sans doute dans d'autres configurations). Alors mon interprétation sera sans doute moins positive que la tienne.
Je crois qu'à la base il y a deux sentiments en nous quant à l'appréciation que nous avons de l'égalité : la jalousie (au sens premier) de celui qui a un avantage et l'envie (au sens fort) de celui qui ne l'a pas. Le premier va tenir à conserver cet avantage, voire à en profiter de façon immodérée, et le second à le considérer comme un privilège inacceptable. Et qu'y a-t-il de plus inacceptable qu'un don intellectuel ? Même si cela peut paraître élitiste et méprisant, je ne me lasse pas de citer Jan Greshoff : « L'envie que les pauvres éprouvent à l'égard des riches est une plaisanterie en comparaison de la haine des imbéciles à l'égard des gens capables de penser. »

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Re: le doute (la crise?) post-test

Message par Invité le Lun 1 Oct 2012 - 11:53

On a tous appris ça à l'école : il y a bien longtemps, les sujets du roi de France croyaient que celui-ci avait le pouvoir de guérir les écrouelles. Le jalousaient-ils ? Non pas, parce que ce don, dans la propagande royale, constituait une sorte d'archétype, de symbole du fait que le roi, qui occupe le trône "par la grâce de Dieu" possède des privilèges, des dons, mais pour les mettre au service de son peuple. Ce thème du roi-serviteur est même encore plus ancien, puisque dans la religion chrétienne, Christ est dit "prêtre, prophète et roi", entendu au sens de roi pour servir.

Où veux-je en venir ? Simplement à ceci : le don, si arbitraire qu'il paraisse, peut être fort bien accepté s'il est utilisé avec sagesse et humanité. La jalousie ne naît-elle pas précisément des abus de position dominante qui jalonnent l'histoire de tous les dons ? La haine des imbéciles à l'égard des gens capables de penser, je mettrais bien en face d'elle le mépris voué par ceux qui s'estiment capables de penser à ceux en qui ils voient des imbéciles.

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Re: le doute (la crise?) post-test

Message par Pieyre le Lun 1 Oct 2012 - 12:04

En fait, oui : je crois qu'il y a une symétrie jalousie vs envie, et que des deux côtés il faut accepter et se faire accepter. Mais je crois qu'il y a eu des variations de cette symétrie dans l'Histoire, en harmonie peut-être mais surtout au détriment d'un côté ou de l'autre.
Je crois que nous avons un problème dans l'Occident contemporain tout au moins, mais c'est assez général, avec ce qu'on a appelé la passion de l'égalité.
Je n'ai pas de solution, mais il me semble qu'il y a là un défi à relever pour dépasser une certaine modernité.

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Re: le doute (la crise?) post-test

Message par Invité le Lun 1 Oct 2012 - 12:51

Pour en revenir aux questions initiales et dépasser la simple question de la culpabilisation :

Peut-être que le déni est aussi lié à la question de l'après : que faire avec un tel résultat? Le psy a vite fait : "Je comprends bien que ce n'est pas facile avec un tel décalage." Sous-entendu : il n'y a rien à faire.
Pourquoi ce sentiment de responsabilité, comme si, au lieu de pouvoir se décharger de tant de situations autrefois incomprises, il faudrait d'autant plus se sentir redevable de ces résultats ?

Non, pas sous-entendu il n'y a rien à faire : il y a au contraire beaucoup à faire, mais pour cela, il est indispensable de s'accepter.
Pour la seconde question, les deux ne sont pas incompatibles. Je crois assez à la parabole des talents. Le surdon est comme toute autre compétence "innée" : c'est un devoir d'humanité de tâcher d'en faire quelque chose qui profite à tous. Sachant que cette phrase abrupte recouvre des possibilités extrêmement larges et que s'attacher à être heureux soi-même est déjà un acte d'humanité car le bonheur rayonne. Ce n'est évidemment pas un appel au sacrifice. Mais la douance, autant en faire quelque chose. En revanche, ce n'est nullement incompatible avec le fait de se décharger de situations autrefois incomprises.

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Re: le doute (la crise?) post-test

Message par eucalyptus77 le Lun 1 Oct 2012 - 23:23

Merci pour vos interventions.
Journée up aujourd'hui, avec une possibilité de voir tout là-bas au fond les prémisses possibles de faire quelque chose de ces potentialités. A voir.

Concernant vos commentaires sur l'injonction d'égalité que l'on intériorise (et peut-être plus encore que les autres par souci de justice), je me dis que mon perfectionnisme idiot et à la limite du TOC a sans doute été une réponse à mes facilités : une façon de finalement prendre autant de temps que les autres pour faire les choses, toujours tout vérifier à la limite de la folie. Pour me prouver à moi-même que je ne méritais pas que les imbéciles s'en prennent arbitrairement à moi. Et le pire a sans doute été l'ambiguïté haineuse de certains profs à mon égard.

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Re: le doute (la crise?) post-test

Message par Dolp78 le Jeu 4 Oct 2012 - 22:30

Well j'ai passé le test il y a plus d'un an et je commence à en digérer les résultats, à lentement intégrer ses implications et à stopper ces mouvements intérieurs d'auto-culpabilisation et de sensation d'imposture. Je comprend mieux la sensation de décalage, de facilité qui m'habite depuis toujours, même si je ne peux m’empêcher de me trouver bête, stupide et idiote parfois et de me dire que "franchement c'est bien la peine d'être surdouée, tien" ... Mais bon je pense que tous nos doutes sont "normaux", ils sont "nous" me semble-t-il.

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Re: le doute (la crise?) post-test

Message par Segva le Dim 28 Juil 2013 - 5:42

UP ! 

Je suis au J-21 (aprox)
Passé le WAIS IV il y a 2 jours, en attente de la deuxième partie le 06 août pour finalement recevoir les résultats environ le 20 août.

Sans attentes, j'ai l'impression de ne pas avoir 'passé le test'.
Les questionnements et les doutes sont plus présents que jamais, je crois bien qu'ils se poursuivront mais en espérant qu'ils iront en s'atténuant.

Le pire de tout: pourquoi avoir ressenti le besoin si fort de passer ces évaluations? Si je confirme quoique ce soit ça ne changera rien. Finalement je souhaite qu'on me confirme le contraire de ce que je ressens.


J +1: ........................................... vraiment aucune idée de ce qui m'arrive. Je croyais que confirmer allait soulager. On dirait que c'est pire, pcq pas tout à fait convaincue qu'il y a bien eu confirmation. Mais si je me fie à d'autres témoignages il faudra attendre que les jours passent pour comprendre quoi en faire finalement.



Dernière édition par Segva le Mer 21 Aoû 2013 - 20:49, édité 1 fois (Raison : pour mettre à jour après avoir eu les résultats)

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