Envisager le futur

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Re: Envisager le futur

Message par Invité le Mer 17 Juin 2015 - 22:21

Bonsoir Mag et Ours,

Dure journée ?
Bientôt les vacances Console

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Re: Envisager le futur

Message par Invité le Jeu 18 Juin 2015 - 5:14

Oui, les vacances.
Changer de plan de réalité au moins partiellement.
La mer du Nord, la Flandre, le cap Blanc-nez avec s'il ne fait pas trop moche les jeux de lumières et s'il fait carrément beau les falaises de Douvres, les filons de pyrite qui brillent comme l'or sur l'estran découvert par le balancement des marées, les 3 monts des Flandres, (et autres, je devrais recevoir le topo guide Les Flandres à pied), Lille (J'ai reçu le topo guide de Lille pour une 20aine de ballades à pieds dont #10 en ville), revoir des amis très chers, aller saluer à Charleroi la fée qui fait des apparitions dans ma tête et dans ma vie depuis 3 ans, ...

J'ai reçu hier mes nouveaux objectifs : il va falloir que je "cliche" au niveau de ce que j'ai acheté et qui sait.... commencer à imaginer une autre vie. Il y a de joli chardons bleus, symbole du parc naturel, ils seront peut-être fleuris.

Tiens, je me suis réveillé...

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Re: Envisager le futur

Message par Invité le Dim 21 Juin 2015 - 18:10

J'ai pensé à toi en voyant cette image.



http://natarajank.com/2013/06/15/view-from-cockpit-35000-ft-jaw-dropping-images/


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Re: Envisager le futur

Message par Invité le Lun 22 Juin 2015 - 6:42

Oh, merci pour cette image.
Je reviendrai là dessus plus tard

Juste un truc ce matin qui m'a fait penser à Coluche et son match nul.
Voici une copie d'écran (désolé c'est un peu petit)



Source : Google news, ce 22/06 à 7h35

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Re: Envisager le futur

Message par Invité le Jeu 25 Juin 2015 - 5:15

"Encore frissonnant
Sous la peau des ténèbres,
Tous les matins je dois
Recomposer un homme
Avec tout ce mélange
De mes jours précédents
Et le peu qui me reste
De mes jours à venir.
Me voici tout entier,
Je vais vers la fenêtre.
Lumière de ce jour,
Je viens du fond des temps,
Respecte avec douceur
Mes minutes obscures,
Épargne encore un peu
Ce que j'ai de nocturne,
D'étoilé en dedans
Et de prêt à mourir
Sous le soleil montant
Qui ne sait que grandir."

Jules Supervielle, Encore frissonnant

Source Isabelle Alentour via FB

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Re: Envisager le futur

Message par mrs doubtfull le Jeu 25 Juin 2015 - 5:37

Encore frissonnante dela lecture de ce si beau poème...
Impression de sentir l'odeur de corps encore chaud de la nuit, pressentir ceux qui vont monter de l'extérieur à l'ouverture de la fenêtre.
Je vois bien une image avec des à plats et des teintes douces " à la Hopper", lucidité et mélancolie...
Merci pour ce réveil!

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Re: Envisager le futur

Message par Invité le Lun 29 Juin 2015 - 5:36

Quelques jours plus tard...
Jolie multiplicité des sens exprimés et évoqués dans ton post en écho à Supervielle.

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Re: Envisager le futur

Message par Invité le Mar 7 Juil 2015 - 8:30

De temps en temps l'avenir se souvient de nous
si loin soit-il,
souvent nous recevons un vague message
écrit à toute allure
car il part sans cesse
encore plus loin.
Que faire avec ça ?
Des écrits que personne ne lit.
Personne parmi nous ne sait lire
ce que l'avenir écrit.
Si ce n'est quelques rares
et savantes espérances.
On peut toujours courir.

Kiki Dimoula (née à Athènes, Grèce en 1931) – Mon dernier corps (1981)


Source : Beauty will save the world

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Re: Envisager le futur

Message par Phierd'ars le Mar 7 Juil 2015 - 9:27

Bonjour Ours,

Je connais ce suicide social dont tu parles. 2 ans d'absence sur le forum.
Je n'avais pas coupé le lien.
Il a suffit d'un mail sur un post que je suivais pour que cela revienne.

C'est amusant : nous avons le même type de parcours. Mois découverte à 42 ans. Sauf qu'effectivement cette précocité de répond pas à toutes les problématiques et donc une amie m'a orienté vers Asperger.
Et je crois qu'il n'y a guère de doute si l'on en crois les tests.

Comme toi, je ne souhaite pas me faire tester.

Au plaisir d'échanger.
Philippe

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Re: Envisager le futur

Message par Mag le Mar 7 Juil 2015 - 16:09

Coucou l'Ours, j'ai dormis à la belle étoile vendredi dernier !!! Sous une forêt de hêtres ...j'étais bien !!! Y'a pas a dire y'a que ça de vrai Pété de rire C'est comme jeûner : t'es plus pareil après, comme un passage vers le futur au présent ...
Tiens pour une fois y'a des dessins pour mes mots, ce n'est pas moi qui les ai fait, pas moi qui les ai trouvés, mais c'est bien moi qui les aime et les fait miens, par Adox !!! Et merci à tous ces "passeurs" qui sont des frères en humanité alien
http://conscience-quantique.com/le-temps-nexiste-pas-bonne-annee-2015/

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Re: Envisager le futur

Message par Invité le Dim 12 Juil 2015 - 8:41

J'ai trouvé cela sur FB.
Cela m'a paru ... bien.
Alors je le recopie ici.
Ne vous semble-t-il pas aussi, qu'une information, une connaissance, une émotion ne s'accomplit vraiment que lorsqu'on la partage avec le plus grand nombre. Il est aussi des choses qui s'amplifie en les partageant : la lumière d'une bougie, la vie et l'amour.
La lumière, la vie, la connaissance et l'amour ; tout, essence d'une même nature, dépassant notre contingence humaine - et la poésie aussi.

"Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d’hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s’ouvrant le matin. Il faut pouvoir repenser à des chemins dans des régions inconnues, à des rencontres inattendues, à des départs que l’on voyait longtemps approcher, à des jours d’enfance dont le mystère ne s’est pas encore éclairci, à ses parents qu’il fallait qu’on froissât lorsqu’ils vous apportaient une joie et qu’on ne la comprenait pas ( c’était une joie faite pour un autre ), à des maladies d’enfance qui commençaient si singulièrement, par tant de profondes et graves transformations, à des jours passés dans des chambres calmes et contenues, à des matins au bord de la mer, à la mer elle-même, à des mers, à des nuits de voyage qui frémissaient très haut et volaient avec toutes les étoiles – et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela. Il faut avoir des souvenirs de beaucoup de nuits d’amour, dont aucune ne ressemblait à l’autre, de cris de femmes hurlant en mal d’enfant, et de légères, de blanches, de dormantes accouchées qui se refermaient. Il faut encore avoir été auprès de mourants, être resté assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte et les bruits qui venaient par à-coups. Et il ne suffit même pas d’avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d’attendre qu’ils reviennent. Car les souvenirs ne sont pas encore cela. Ce n’est que lorsqu’ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu’ils n’ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n’est qu’alors qu’il peut arriver qu’en une heure très rare, du milieu d’eux, se lève le premier mot d’un vers.

Rainer Maria Rilke – Pour écrire un seul vers (1910), Les Cahiers de Malte --
"

Source : Daniel Barbry via FB avec une vidéo de Laurent Terzief invité à Apostrophe

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Re: Envisager le futur

Message par Invité le Lun 13 Juil 2015 - 21:41


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Re: Envisager le futur

Message par Invité le Jeu 16 Juil 2015 - 8:03

si
vaste

était le mystère
de la vie

si
profonde
l'anxiété
qu'elle
véhiculait

que
presque sans raison
nous demeurions émotifs

sans raison ai-je dit

simplement
comme des âmes singulières
doutant de tout
surtout d'elles-mêmes

ainsi se faufilaient les ans
si profond étant notre étrange désir de vivre


Franck Venaille (né en 1936) - C'est à dire (2012)

Source : Beauty will save the world

La découverte de la ma surdouance (3 ans après, j'ai toujours du mal à me l'approprier réellement surtout dans ses conséquences), la rencontre de mes congénères zèbres et zèbres-aspi, le test qui s'en est suivi ont fait éclater ce qui pouvait être considéré comme une architecture interne, une sorte de squelette psychique.
S'en est suivi une dépression, enfin, je crois que cela s'appelle comme cela, tout au moins une désintégration, une lyse de ma structure. Visuellement, je me représente cela comme une château de sable à la marée montante, comme les scènes d'Inception quand Di Caprio doit revenir des limbes.
Cette dépression est partie, il reste la tristesse et la solitude, une sorte de montgolfière affaissée, l'inadhérence au monde. J'ai en quelque sorte abandonné la surface du monde.

Du monde dans lequel nous sommes plongés, je m'aperçois conserver 4 utopies :
l'espérance de la rencontre féminine en tant qu'espérance de l'altérité intime dans une complémentarité active, sorte de réplique à l'échelle de l'individu de l'harmonie globale que je crois ressentir.
l'art en tant que perturbateur des certitudes et dans ce sens toute réflexion profonde et systémique est une geste artistique. L'art dans la mesure où la création de l'un est moteur pour l'autre, l'art en tant que force de développement puis de croissance rhizomateuse, c'est à dire de proche en proche.
la création en tant que pro-action globale de l'individu vers son milieu, en tant que matérialisation de notre verticalité physique et spirituelle, en tant que surgissement de l'inattendu, en tant que trahison constructive du milieu ambiant.
la tribu "magique" (je n'ai pas encore de mots à mettre à la place), constituée de groupe d'amis différents, à la fois "Maison bleue" dématérialisée, à la fois égrégore à courants alternatifs, temps de rencontres physiques où 2 gestes et 10 mots suffisent à une vibration, une résonance commune durable. Il est d'ailleurs signifiant que dans ces temps de rencontre, il y ait souvent l'évocation des psychotropes dont chacun usât ; en quelque sorte, dernier terrain connu avant la plongée dans les eaux inconnues de la connexion. Il y a du Matrix dans ma perception. En fait à la place de "magique" je devrai mettre "chamanique", bien qu'il n'y ait pas de maitre à cette cérémonie.

Quel rapport avec l'extrait poétique cité ci dessus ? Je crois bien que le chemin que je parcours depuis quelques années m'a fait laisser mon "anxiété", pour n'être plus que "sensible", ressentant en tant "qu"âme singulière" "un étrange désir de vivre".

(Publié en 2 lieux différents)

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Re: Envisager le futur

Message par Invité le Mer 22 Juil 2015 - 19:26

Aujourd'hui, c'est la veille de la rentrée.

Je suis rentré à la MAZ hier soir après 10h00 de route. Journée de pause pour changer de répertoire, remettre dans la bonne cadence, se préparer à quitter ma vraie vie pour être dans la vie des autres.

Aujourd'hui, c'est la veille de la rentrée.

Hier c'était encore les vacances, presque. C'était samedi. Aujourd'hui, c'est dimanche soir. On parle de "no man's land", on pourrait évoquer le "no feeling time". Depuis que je suis seul, les week-end sont de vrais temps de pause, mais le dimanche soir reste le dimanche soir. Je me rends compte combien le temps des autres contrevenait le mien. Alors, pour être certain de repartir l'année prochaine, j'ai loué à nouveau dans le même lieu, le même gite, pour la même durée, aux mêmes dates.

Aujourd'hui, c'est la veille de la rentrée.

Pour ne pas plonger, j'ai fait des signes. J'ai écrit aux uns, téléphoné à un autre (un seul, il ne faudrait pas abuser... et encore, parce qu'il avait pris l'initiative de m'appeler sans succès), posté un message, répliqué quelques photos. J'ai même répondu longuement à une annonce où j'ai cru voir une lueur dans les yeux du genre de celle du lièvre dans les phares. J'ai reçu des réponses, des signes - je vis encore, rien n'est perdu.

Aujourd'hui, c'est la veille de la rentrée.

Une femme dont j'apprécie la faconde élégante, l'intelligence et les qualités professionnelles, commerciale d'une grande marque, souhaitait m'inviter à déjeuner en tête à tête dans un établissement un peu au dessus du lot. Pour une fois, j'avais accepté. Je ne savais pas vraiment ce qu'elle pouvait avoir en tête (je ne le sais toujours pas, d'ailleurs). J'avais envisagé toutes les possibilités de repas et de début d'après-midi... au cas où, cette invitation ayant été précédée par quelques SMS dont j'avais cru percevoir un sens second. J'ai compris durant le repas que j'étais hors sujet, à moins que je n'ai pas su profiter d'appels que je n'ai pas vus ; comme d’habitude, au fond. J'ai retrouvé le sens de "Aujourd'hui, c'est la veille de la rentrée", le sens "des autres".

"Les autres" qu'on ne s'y méprenne, ces mots pourraient être péjoratifs, ils sont simplement différenciant entre ceux que je comprends instantanément et les neurotypiques dont je n'assimile toujours pas l'idiome. Car bon sang, il doivent bien en avoir un, non ? Une amie m'a dit un jour qu'elle s'éloignait désormais de la fréquentation des zèbres et qu'elle réussissait à construire, après ces années de doutes. Il est vrai qu'elle n'a pas de signe d'aspi. Nous ne partageons que la zébritude et c'est ce qui cimente notre amitié mais crée effectivement quelques incompréhensions.

Et puis j'ai lu ce texte sur Facebook. La médiatisation de l'autisme et du syndrome d'Asperger conduit certains à s'en réclamer sans raison fondamentale et d'autres, "certifiés" à brailler contre ces imposteurs. Entre ces deux pôles, il y a les silencieux, testés ou non, qui par moment se manifestent.
Je suis entre les deux, pas testé et ne désirant pas vraiment l'être. Je ne sais pas ce que j'ai à gagner à 56 ans à être identifié comme porteur de symptômes d'Asperger, la douance compensant partiellement un certain nombre de comportements.

Pourtant, à chaque fois que je suis en vacances "des autres", j'ai tendance à l'oublier. Cette atypicité me revient alors en pleine face, ce repas de midi en est un exemple concret.

Si vous saviez combien j'aurais aimé vivre vraiment, si vous saviez combien j'aimerai vous aimer, ...

Hier c'était encore les vacances, presque.

Aujourd'hui, c'est la veille de la rentrée.

=============================================

Citation :

"Ai-je le droit d’être agacée ?

Depuis la parution d’un billet dénonçant les faux autistes, l’agitation gagne la mouvance autiste sur le réseau et plus particulièrement son satellite le plus actif, la blogosphère aspergirl.
Ce billet*, je l’attendais depuis un certain temps. Je ne suis qu’une spectatrice dans ce monde, pas une activiste ; je porte en moi 45 ans d’autisme, approuvée et reconnue par un CRA*. Je devrais me sentir légitime, moi qui ne me suis jamais sentie légitime chez les non-autistes, pourtant j’en ai fait des sacrifices, j’en ai commis des stratégies pour qu’ils m’acceptent et qu’ils m’aiment au point de m’oublier, de me perdre. Aujourd’hui, je marche à nouveau dans mes pas, ceux de la petite fille, sauvage, pas comme les autres, qui entend mieux, mais qui n’y comprend rien à leur drôle de vie, à leurs mensonges, et à la nécessité des apparences trompeuses.
Le paradoxe est là. Passer d’un monde à l’autre, et retrouver dans son monde des personnes qui veulent à tout prix en être, qui pensent qu’il suffit de quelques traits pour devenir autiste, sans en avoir le vécu, ni la souffrance qu’impose la différence.

Dans la cour de l’école, j’étais entre les ordinaires et les déficientes, les handicapées. Seule, isolée et ne saisissant aucune des subtilités de ce que signifie le vivre ensemble.
Encore hier, je me suis surprise à considérer qu’un enfant de 3 ans a plus de capacités sociales que je n’en ai. Je peux certes donner le change pendant une heure, je peux faire semblant à un guichet, je peux sourire lorsqu’il faut et même lorsqu’il ne faut pas, si jamais je suis en dépassement de mon quota d’heures sociales. Mais, jamais, je n’aurais cette facilité à communiquer qui fait de nous des êtres humains fonctionnels et sans cette capacité, obligatoirement, vous êtes rejetés à la marge. Mais il ne suffit pas d’être à la marge pour être autiste. Il ne suffit pas d’une dépression, l’autisme ne s’acquiert pas. Il est en vous, voyage avec vous tout au long de votre vie, c’est votre compagnon de route et vous devez chaque jour vivre avec, vivre un peu à part tout en appréciant votre vie, parce que c’est la vôtre, et c’est votre place.

Je n’ai découvert l’expression « je suis pareille » « comme toi, je « je ressens la même chose » « oui, moi aussi. » « j’aurais pu écrire ça » seulement lorsque j’ai rejoint les groupes aspergers/autistes.
Enfin, le sentiment de ressembler à d’autres êtres humains sans la nécessité de tricher et sans ressentir de honte.
Écrire que marcher dans la rue à une heure d’affluence est une épreuve pour moi. Oser écrire que je m’habille tous les jours de la même façon. Je ne change de tenue qu’à la nouvelle saison météorologique. Je mange tous les jours la même chose. Je bois dans la même tasse et seulement des tisanes aux fruits rouges à la Volvic, je ne vais jamais dans un café, trop de bruit, trop de gens et puis, ils ne servent pas de tisanes aux fruits rouges à la Volvic. Je n’ai jamais pris l’avion. Je n’ai pas peur de l’avion, j’ai peur de l’aéroport, des immenses couloirs, des multiples portes qui se ressemblent toutes, du bruit, du monde, des informations successives qui s’enchaînent trop vite.
J’anticipe tout, chaque sortie, chaque heure de ma vie sont organisées, préparées, formatées automatiquement dans mes fichiers mémoire. Un imprévu, un impondérable et je m’effondre, je fais une crise de panique, qui peut devenir une crise de colère et ainsi j’ai ruiné toute relation amicale ou amoureuse.

Elle continue, à vous faire rêver ma vie d’autiste ??

En revanche, je peux être fascinée par un son naturel, le chant de l’eau qui court, au point de sentir l’odeur du ruisseau dans ma bouche, et sur ma peau, sa fluidité. Une musique peut m’envelopper et physiquement m’émouvoir. Je garde en mémoire des goûts, des sensations, et je les ressors quand je veux comme des berceuses pour calmer l’enfant au fond de moi. Je dis bonjour aux chiens et aux chats, je souris aux oiseaux et à un coin de ciel bleu.

C’est ma vie. Il faut tout prendre, le bon comme le mauvais. Comme dans toute vie, puisque nous n’en avons qu’une seule, alors vivons la nôtre, au plus près de nous, sans chercher à nous travestir, sans perdre de temps à nous déguiser. Nous sommes tous beaux comme nous sommes. Acceptons-nous et nous serons encore plus beaux, encore plus grands, encore plus heureux, et nous rendrons les autres encore plus heureux, en leur démontrant que chacun peut s’épanouir en étant soi-même dans sa différence, son unicité, sa particularité, son humanité et sa réalité."

Source : http://lecoeurauboutdesdoigts.overblog.com/2015/07/un-agacement-passager.html

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Re: Envisager le futur

Message par Doom666 le Mer 22 Juil 2015 - 19:42

Bonsoir à tous,
De la très belle écriture, pas seulement les mots mais aussi les sensations inhérentes à leur lecture. Emouvant également. Merci de les avoir écrits. Téléportation Téléportation
Cordialement.
Alain.

Doom666
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Re: Envisager le futur

Message par Invité le Jeu 23 Juil 2015 - 16:34



Spoiler:
Il vivait Valparaiso le cœur chargé d'un lourd secret
Le monde était un brasero dont Valparaiso le tirait
Tant de lumières et de couleurs et tant de beautés délabrées
Déplaçaient les poids que son cœur ne parvenait plus à lever
Sur les hauteurs de Valparaiso par une journée dégagée
Elle observait les grues charger le ventre affamé des bateaux
Elle regardait la vie passer en répertoriait les couleurs
Jamais déçue jamais lassée le cœur chargé comme un tankeur

Dans le restaurant Sinzano ils s'étaient donnés rendez-vous
Une vieille dame chantait "Solo tu" tout en reprisant son tricot
Il causait là d'à peu près tout sauf bien sûr de ce qui comptait
C'était se voir qui importait c'était entendre "Solo tu"
"Solo tu"


Il ne savait pas qu'elle savait et lui était bien obligé
De ne pas chercher à confier ce qu'avec elle il oubliait
Un jour pour faire comme chacun fait
Il parla d'amour mais trop tôt
Elle lui dit je sais ton secret et il se leva sans un mot
Oh comme c'est beau Valparaiso
Ces couleurs, ce délabrement
Ce pédalo, ces garnements
La femme qui chante ses amours
Un secret la ville le prend
Et le garde sous son manteau
Et laisse celui qui l'apprend
Faire de même à Valparaiso

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Re: Envisager le futur

Message par Invité le Ven 31 Juil 2015 - 7:58

Et bien des choses de ce compositeur....



Slow living, slow listening, slow eating, slow cuddling...

source - http://art-sheep.com/erotic-photographs-of-the-tangled-bodies-of-lovers-by-daisuke-yokota-nsfw/ :




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Re: Envisager le futur

Message par Invité le Ven 31 Juil 2015 - 10:59



C'était bien ces vacances alors ?



Beach art


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Re: Envisager le futur

Message par Invité le Ven 31 Juil 2015 - 15:20

C'est toujours beau les aquarelles. Je me suis demandé si la première était de toi.
Et toi, rentrée ?

Sinon, ce nouvel avatar... quel charme !

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Re: Envisager le futur

Message par Invité le Ven 31 Juil 2015 - 15:26

Oui rentrée mais bientôt repartie.

Les deux premières aquarelles sont de Yann LESACHER (Yal). J'aurai adoré que ce soit de moi Very Happy
Et mon avatar est de Malika Favre. Elle a fait des illustrations du Kamasutra qui sont bien sympas (mais j'ai pas osé aller jusque là, je crois que la modération n'aurait pas apprécié, faut pas pousser le bouchon Maurice ^^)

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Re: Envisager le futur

Message par Invité le Ven 31 Juil 2015 - 15:54

J'ai oublié de préciser que mon avatar c'est Lisa Minelli ^^

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Re: Envisager le futur

Message par Invité le Sam 1 Aoû 2015 - 13:01

Trouvé cela....
Comparaison n'est pas raison, mais enfin.



Source : Lyne Laporte sur FB

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Re: Envisager le futur

Message par Invité le Dim 2 Aoû 2015 - 17:06

Pour toutes celles et tous ceux qui partent, sont ou reviennent de vacances

Source Facebook : ART of AIR - DJ MISS FTV

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Re: Envisager le futur

Message par Invité le Dim 2 Aoû 2015 - 19:30

Clément Rosset – Loin de moi – Essai sur l'identité.
Je ne suis pas un autre, je ne suis jamais un autre, voilà ce qu'affirme la conscience commune, contre la formulation contraire de Rimbaud dans Une saison en enfer : Je est un autre. Autrement dit : je suis moi et je suis toujours moi de la naissance à la mort. Je puis naturellement paraitre autre ; mais c'est alors le moi social qui change à la faveur par exemple d'une double identité rendues possible par de faux papiers ou l'appartenance à des réseaux d'espionnage – le moi social et pas le moi réel qui ne change jamais. Le problème tourne ici autour du sentiment, véritable ou illusoire, de l'unité du moi, dont on nous assure qu'il est indubitable et constitue un des faits majeurs de l'existence humaine, encore qu'on soit incapable de le justifier ou même simplement de le décrire. On sait que c'est David Hume qui mit le doigt le premier sur cette impasse philosophique dans un passage important de Traité de la nature humaine
…/…
Le sens de l'argument de Hume est qu'il n'y a pas de perception du moi – comme il peut y avoir perception d'une chaise ou d'une table  - mais seulement des perceptions des qualités ou d'états psychologiques ou somatiques que nous prouvons éprouver à un moment donné ; ainsi ajoutait Pascal dans un passage des Pensées qui annonce (sans toutefois encore la constituer) l'analyse de Hume, que des qualités qui me représentent aux yeux du monde :
"Qu'est-ce que le moi ?
Un homme se met à la fenêtre pour voir les passants, si je passe par là, puis-je dire qu'il s'est mis là pour me voir ? Non ; car il ne pense pas à moi en particulier. Mais celui qui aime quelqu'un à cause de sa beauté, l'aime-t-il ? Non : car la petite vérole qui tuera la beauté sans tuer la personne, fera qu'il ne l'aimera plus.
Et si on m'aime pour mon jugement, pour ma mémoire, m'aime-t-on moi ? Non, car je puis perdre ces qualités sans me perdre moi-même. Où est donc ce moi s'il n'est ni dans le corps ni dans l'âme ? Et comment aimer le corps ou l'âme sinon pour ses qualités qui ne sont pas ce qui fait le moi puisqu'elles sont périssables ? Car aimerait-on la substance de l'âme abstraitement, et quelques qualités qui y fussent ? Cela ne se peut, et serait injuste. On n'aime donc jamais personne, mais seulement des qualités.
Qu'on ne se moque donc plus de ceux qui se font honorer pour des charges et des offices, car on n'aime personne que pour des qualités empruntées"
Cette dernière réflexion – "Qu'on ne se moque dons plus, etc.." – explique un fait curieux mais à mes yeux indubitables sur lequel j'aurai l'occasion de revenir mais que je voudrais dire et commencer à analyser dès à présent : chaque fois que se produit une crise d'identité, c'est l'identité sociale qui est la première à craquer et à menace le fragile édifice de ce qu'on croit éprouver comme le moi : c'est toujours une déficience de l'identité sociale qui en vient à perturber l'identité personnelle et non le contraire comme on aurait généralement tendance à le penser. On reconnait aisément cette vérité d'apparence paradoxale au fait que je commence à m'inquiéter "quant à moi" ou "quant au moi", non pas quand je cesse de me reconnaître (qui pourrait d'ailleurs se reconnaître ?), mais bien au contraire lorsque ce sont les autres qui cessent de me reconnaître …/…


Extrait des paroles :
…/…
Et les gens m'aiment parce que je suis triste, alors,
pourquoi ils veulent que je change? Et les gens m'aiment
parce que je suis seul, et les gens m'aiment parce que j'ai
mal, et les gens m'aiment parce que je meurs à leur place en
quelque sorte, drôle d'histoire, j'y comprends rien
.../…


Philosophie Magazine – Hors série Nietzsche – Georges Liebert, Nietzche et la musique.
…/… Au piano, le jeune Nietzsche s'habituait surtout à interpréter : une notion qui occupera une place centrale dans la pensée du philosophe. "Non, il n'ay a pas de fait seulement des interprétations" : cette formule célèbre où s'exprime ce que l'on a appelé son perpectivisme, est d'abord d'un musicien. La musique, en effet, n'existe qu'interprétée. Aussi précise paraisse-t-elle, la partition offre seulement de l'œuvre un état virtuel, que chaque exécution, pour autant, bien sûr, qu'elle satisfasse à la correction technique, transmue en une réalité sonore différente, unique et légitime. Une interprétation sera plus ou moins séduisante, convaincante, sans qu'on puisse du tout la qualifier de plus ou moins "vraie".

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Que Clément Rousset disserte autour de cette notion soulevée par Hume ou que Nietzsche qui "allégorise" la vie comme une partition musicale ne s'incarnant que parce qu'on la joue, on peut lire ces deux extraits comme l'affirmation de la constitution duale de notre identité : la réelle, inaccessible et quelque sorte non constituée et la sociale construite par l'action sur notre réalité et par le feed-back de la réalité sur nous-même (on n'est d'ailleurs pas loin du fond conceptuel de la théorie des Gender Studies de Judith Butler…)
Pour en faire quoi et quand quelle mesure y-a-t-il un intérêt à commenter ou au moins souligner ces éléments ici ?
Pour penser différemment, pour arriver à segmenter la fureur qui circule dans nos têtes.
Pistes de réflexion :
- Quelles sont nos actions, nos positions, nos mots, nos certitudes proférées qui ne sont que des positions de principe constituant une identité sociale que nous construisons espérant ainsi la rendre aimable ? Mais également construction qui nous autorise ou nous impose d'entrer si souvent en conflit ?
- Comme par notre humanité, nous sommes dotés d'une capacité réflexive et que nos actions suivent intensément une certaine logique gouvernée par l'adhésion à des "valeurs", sorte de métaphysique chimérique engendrée par la raison et la foi, que se passe-t-il quand la vie réelle contredit les qualités de cette construction, notre personnalité sociale ?
- Dans la mesure de l'intensité qui nous caractérise et de la confrontation de notre identité sociale avec les aléas de la vie, que reste-t-il de notre cohérence au moment du "choc" et dans quelle mesure la violence de ce choc n'est-elle pas une explication au moins partielle à notre prévalence au suicide ?
- La distinction à faire entre personnalité réelle inaccessible et construction d'une identité sociale mouvante n'est-elle pas un rempart à la tentation du passage à l'acte ?

Petit extrait de film pour conclure : la fille de nulle part - film de Jean-Claude Brisseau avec Virginie Legeay, Jean-Claude Brisseau



La fille de nulle part – extrait de dialogue :

- Qu'est-ce que vous faisiez avant ? Vous étiez prof ?
- De philosophie ?
- Non, de mathématiques.
- Vous seriez gentil de ma raconter un petit peu plus ce qu'il y a dans votre livre ?
- Je risquerai de trop vous barber.
- Si vous n'êtes pas d'accord pour me répondre c'est une chose mais moi j'vous dis qu'en principe le sujet m'intéresse beaucoup.
- Cela veut dire quoi en principe ?
- Cessez de minauder. Racontez ! Comme quand vous étiez prof
- Bon ! Mais vous n'irez pas raconter après que je vous ai forcé.
La naissance de l'idée remonte à Mai 68. J'étais syndicaliste et participant actif à un mouvement qui pour nous était un mouvement d'insurrection révolutionnaire. Sur le tas, je me suis fait un très grand ami : un camarade ouvrier communiste. Lui, comme moi, comme nous tous, nous pensions être à la veille du Grand Soir. On pensait même que la société capitaliste vivait ses derniers jours. Et là, De Gaulle, autoritairement, a fait rouvrir toutes les pompes à essence, à fait rétablir le tiercé. Du coup, toute la France est partie se balader, les élections ont ramené la droite au pouvoir dans un raz de marée ; tout s'est effondré pour mon copain ; il s'est pendu.
- Votre malheureux copain avait peut-être de profonds problèmes personnels qui n'avaient rien à voir avec Mai 68.
- C'est d'abord bien sûr ce que j'ai pensé. Mais après analyse j'ai constaté que non. C'était tout simple. Son grand rêve s'effondrait, sa vie ne valait plus le coup d'être vécu ; il a mis fin à ses jours. Et c'est là que j'ai commencé à me demander quelle était l'importance de l'illusoire dans notre vie à tous.
- C'est pour cela que vous avez toutes ces gravures dans votre ordinateur ?
- Là on commence à rentrer dans le domaine de la religion

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Re: Envisager le futur

Message par Invité le Dim 2 Aoû 2015 - 20:24

C'est une absence qui nous accompagne
un vide
qui nous approfondit

c'est l'ombre
qui a pouvoir d'éclairement
et mûrit le silence à la lueur des sèves

c'est un aria inapaisé
la voix troublante dans sa nudité
l'accord irrésolu

qui portent l'invisible chant
au coeur
de notre incomplétude désirante.

Gilles Baudry – C’est une absence…


Mais aussi



C'est aussi un choix (a-)social....

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Re: Envisager le futur

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