Recommencer des études après bac+5, savoir ce qu'on veut réellement

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Message par Invité Mer 16 Juin 2021 - 17:20

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Dernière édition par Electractinium le Mer 30 Juin 2021 - 14:07, édité 1 fois

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Message par My_illusion Mer 16 Juin 2021 - 17:50

Hello Electra,

C’est un choix cornélien en effet. Mais à se décider mnt car plus tard, tu ne le feras plus.

Préambule sur mon cas : j’ai commencé par un master en biologie. A mon époque ça se faisait en 4 ans et j’ai pu avoir l’équivalence pour les 5 années. Ensuite, j’ai directement enchaîné avec la médecine vétérinaire car j’ai tjrs eu besoin de me sentir utile, vraiment utile et un diplôme en bio c’est pas très folichon pour combler ce genre de besoins. Comme j’étais diplômée en bio, j’ai pu entrer en seconde année veto en repassant un ou deux cours de première. Donc 5 ans au lieu de 6. Au total, ça a donc fait 9 ans d’études consécutives pour commencer à jobber à 27 ans.

Ce n’est pas la longueur des études qui doit faire peur mais plutôt le fait d’être sûr de son choix car tant qu’on est pas dans le métier on ne se le représente pas avec exactitude. J’ai sous-estimé mon anxiété face à la peur de commettre des erreurs et la fatigabilité du métier vétérinaire. Pour autant, j’ai assumé pleinement et sans erreurs ce métier pendant 4 ans en full time. J’en ai eu assez de vivre dans le stress continu, sans congé et avec un salaire minable comparé à mon investissement et l’amputation de mon bien-être personnel. J’ai kiffé de pouvoir apprendre et faire des tas de choses extraordinaires. Et je kiffe encore aujourd’hui mais je ne le fais plus qu’à temps partiel. J’ai un full Time en tant qu’experte scientifique + veto le samedi. C’est toujours « trop » mais c’est beaucoup plus tenable que veto en full Time. Car je peux parfois vider mon esprit. Je peux prendre deux semaines de congé d’affilée (voire plus) et je me fais rarement réveiller la nuit. C’est moins anxiogène même si c’est tjrs bien fatigant. Chaque métier apporte son lot de désagréments, aucun n’est parfait. Et comme toi je présume, j’adore la polyvalence. La médecine a ce truc unique d’être intarissablement passionnante, il n’y a aucune limite aux connaissances. Encore hier, j’apprends que les caniches sont prédisposés génétiquement au sialocèle (accumulation de salive dans une glande salivaire). On me pose des questions régulièrement. Des radios à interpréter, mon avis sur un chien agressif, etc. C’est stimulant à l’infini. Mais voilà. Il y a aussi la part moins folichonne. En tant que médecin pour humain, l’etendue des possibles est encore plus large. Tu te dirigerais vers généraliste je présume (sinon t’es parti pour 12 années). Tu peux bosser en hôpital, en cabinet privé. Et là tu peux avoir des congés sans qu’on te réveille la nuit, participer ou non au tour de garde de ta région. Mais c’est bien réglementé. C’est encore différent. Y’a moyen de maintenir une certaine qualité de vie je dirais.

Ce qui me semble important dans ton cas, c’est de côtoyer des médecins et leur demander leur témoignage. Si tu as qqn de proche qui peut également te montrer le devant de la scène, en te prenant une journée avec lui, c’est l’idéal.

Il faut savoir que le métier de médecin (humain ou animaux) a un taux élevé de suicide. Car si tu es à fond avec ta conscience pro, c’est pas évident de poser des limites et d’avaler les échecs. Exemple en médecine humaine : passer à côté d’une hémorragie cérébrale car la patiente est sous anti-coagulant depuis des années et se plaint de maux de tête à répétition, le médecin ne prend pas le temps de l’écouter, la remballe car part en vacances —> elle finit à l’hosto, crâne ouvert une première fois pour évacuer le sang accumulé. Puis refait une hémorragie et en décède. Perso, à la place du médecin, je m’en veux à vie et c’est le genre de chose qui me pousserait au suicide car trop lourd pour ma conscience.

Les émissions telles que grey’s anatomy c’est pas du tout le réel.

Si tu sens que c’est fait pour toi, alors la durée des études ne doit pas te rebuter. Ça passe vite en fait et tu apprends des milliers de choses passionnantes.

Sinon en tant qu’ingénieur de gestion (si c’est bien ça), tu peux peut-être te spécialiser dans la vente/promotions de produits médicaux.

Bon choix ^^
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Message par 3615chuna Mer 16 Juin 2021 - 18:49

C'est sur que tu ne fais pas les choses à moitié en reprenant en médecine ^^ (yen a pour une dizaine d'années d'étude, c'est ça ? Je savais même pas qu'on pouvait y rentrer autrement qu'après le bac.

J'ai vraiment pas de conseil à te donner. Mon orientation a été également très compliquée, mais parce que j'avais une passion principale que je n'ai pas voulu suivre (les chevaux, je sais qu'on gagne pas sa vie correctement là dedans).

Reprendre à zéro, c'est rude, mais tu es encore jeune, je suppose, et donc encore plein de ressources, ce qui sera moins le cas dans 10 ans.

Est-ce que voir un psy du travail ne pourrait pas être une bonne idée ?

Est-il possible de tenter de travailler un an pour voir si ton ressenti se confirme avant de renter de rentrer en médecine ?
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Message par dr-korbo Jeu 17 Juin 2021 - 11:56

Le domaine de la santé est très vaste, avec beaucoup de professions différentes.
En médecine les spécialités peuvent amener à pratiquer de différentes façons: médecin généraliste, spécialiste, chirurgiens, biologistes, radiologues, psychiatres, santé publique...

Pour ma part je suis interne en santé publique et je sais que je pourrai travailler dans plein de domaines différents: recherche clinique, épidémiologie, politiques de santé, économie de la santé, prévention, santé environnementale...

Est-ce que c'est le contact avec le patient qui t'intéresse? Ce que tu peux apprendre pendant ces études? Le salaire? (oui ce n'est pas un gros mot c'est normal de vouloir bien gagner sa vie)
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Message par Entelekia Jeu 17 Juin 2021 - 15:20

Santé c'est tendance, effectifs trop longtemps (encore) jugulés par les numeri clausi, démographie critique dans certaines spécialités * déserts médicaux, et problématiques publiques en augmentation: un bon filon durable, quoi qu'il en soit.

Si ton passé de "financier" doit rejoindre l'appétit pour un salaire nourricier (après insertion) et une qualité de vie (~au travail) sans doute quand même moins plafonddeverredisée que celle de l'aide soignant ou infirmier lambda, à investissement pour le collectif comparable, surtout si tu es motivé par une spécialité (miamiam en clinique privée) ou une bifurc' technico-scientifique comme celles listées par Dr-Korbo, voire politique à terme (les notables professions libérales curieusement s'y retrouvent): là aussi bien vu.

Pour ce qui est de reprendre des études: les ornières habituelles, en dehors de retarder l'entrée dans la vie pro, et pouvoir vivre (manger) en attendant, sont aussi avoir à ensuite expliciter (=justifier et faire accepter) son cheminement singulier (tiens, une vieille rengaine statutaire, dirait-on...), mais je ne crois pas qu'en médecine au vu du parcours actuel, ils demandent guère trop de compte sur leur niveau d'empathie, d'abnégation et d'engagement, aux aspirants (à la différence des écoles d’infirmières, par exemple, où un jury peut tout à fait décider que ta tête ne leur revient pas niveau cursus /j'en ai fait les frais après un bac+8 scientifique, et une expérience recherche qui apparemment me cataloguait à leurs yeux d'emblée dans les "antisociaux" de laboratoire, specimen donc à écarter du sacerdos... /
puisque je parle de moi, après un doctorat assorti d'un an de chômage/maternité, j'ai repris une licence pro HSE par hasard, et repassé ensuite des concours de la fonction publique, catégorie A; je passe, 15 ans plus tard, et après encore un détour par un M2 professionnalisant en formation continue, mes journées à observer, écouter, synthétiser, argumenter, donner des conseils condescavants holistiques en ergonomie de conception, respect de la règlementation et organisation du travail: dans le genre savant fou featuring prêcheur fanatique, on est bien, blouse blanchitude (et saletés toxiques ionisantes de paillasses) et gros émoluments en moins ; c'est pas démentiellement productif, mais certainement que ça me correspond, car j'ai toujours eu, allez comprendre, l'esprit d'analyse et de contradiction).

Et pour te faire une moins mauvaise idée des études/du métier, tu peux tester dans l'ordre Première année, Hippocrate, film ou série, Nip-tuck (dans un autre style plus luxucratif) et occuper au frais tes nuits de canicule d'ici la prochaine rentrée, ou juste t'installer dans une salle d'attente des urgences un dimanche soir ...
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