Début de roman (sujet: les lamies)

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Message par cracocrac le Mar 28 Mar 2017 - 23:55

(C'est pas twilight)(c'est pas de la bit-lit)(c'est pas twilight)(c'est pas de la bit-lit)


Dans ces landes terreuses et noires de terre, où l’herbe pousse. Le noir de suie de la nuit éclairée par la lune et les lumières électriques laissent le terre-plein des campagnes semi-urbaines dans une atmosphère froide.
Doit-on stopper son attention et sa marche, par craintes, continuer son chemin quand on se trouve à l'arrêt devant ces demi-landes, la nuit, ou le jour, ou au crépuscule; quand on voit ce désert de terres, cela est insoluble. Le néant exprimé devant ces terres et ce danger atmosphérique résidant dans ou au-dessus, ou directement en dessous de ces champs en friche est palpable. A deux ou trois kilomètres on peut trouver des habitations, mais, cependant, la peur ressentie ici est quasi indétectable dans la sphère de la conscience brute, on est donc soumis à l'arrêt total. La conscience a peut-être peur mais c'est avant tout l'effroi, et non en premier lieu la peur, qui est ressenti là. Dans le sens où cette peur ne saurait être nommée et repérée, elle est embrassante comme un vent tiède, quand on y est sensible. Un vent tiède chargé de scories épouvantables, quand on sent mieux. Quand on regarde mieux.
Quand on connaît déjà la nature du danger on comprend cela. Du danger physique couplé au danger psychologique; à savoir, en définitive, le pur danger de mort lui-même. Ô Lamies. Il y a beaucoup de danger ici. Il fait nuit. Peut-être que cette zone est dangereuse. Quand les lamies sont sous la terre elles écoutent.

Elles sont nues, sous la terre, sauvages, à peau blanche, de chairs et d'os immortels, et éternelles. Chairs incorruptibles, sang non-humain sous la peau, crocs rétractiles comme des couteaux à crans d'arrêts dans la continuité de leurs canines, plantées ou plutôt ayant poussé dans leurs gencives à leur naissance au monde de la nuit en tant que vampires par acte surnaturel. A savoir, canines qui grandissent comme quand on sort un couteau de son étui. Les lames sont visibles.
Dentitions pleines et crocs sortis, blancs, crocs qui sortent pour tuer, parfois, ou pour saluer quelque chose de terrible, comme hurlerait un loup dans la nuit. Puis la dentition normale quand les deux crocs rentrent dans la cavité des gencives.

Bouches fermées, intégralement nues, voleuses de vêtements de tous les siècles, la terre et l'air leur sont soumis. Et si un quelconque labyrinthe mental, verbal, psychologique ou humain se trouve quelque part, ces lamies le résoudront. Complexités mentales, complexes identitaires d'un enfant de quatre ans, perversions psychologiques des adultes délicatement et promptement avérées dans l'esprit et dans les actes, douleurs et joies humaines, elles entendent quasiment tout des pensées et des sentiments des êtres qui pensent et ressentent non loin d'elles. Dans la terre, ou sur la nuit, dehors, à hurlasser des couinements de bêtes près des masures étranges. Elles sont ainsi. Complexes, inversées et résolues. En tant que telles, rien de plus étrange, à priori.

Les pensées des hommes heurtent leurs esprits, elles sont en permanence en écoute. Qui criminel ici passe, sera vu ici si crime avéré, et sera tué ici peut-être. Nues, fourrées dans la terre. Il fait froid ici.
On se demanderait, à nôtre époque, ce qu’est réellement en définitive une lamie. Ô lamie. Lamiae. Vocatif latin de Lamie. Entre les nosferatus, strigoïs, moroïs, et l’origine vampire, les lamies sont les plus fortes.
Il se trouve particulièrement qu’en Essonnes, la zone qui vient d’être décrite peut exister en plusieurs endroits. On appelle cela les champs en friche.
Reporté sur les bordures de la Seine en Essonnes, Etampes, Juvisy, Savigny-sur-Orge, beaucoup de champs de fleurs les jouxtent. Territoire vampire. Les habitations les jouxtent. Le vent souffle. On vous écoute.
On vous écoute. Jean Dubellay. Ingmar Bergman. Sophie Duhon. Et Lamia. Des noms. Lamia est Vampire. Vampire est la première Lamie. Lamia est la première Lamie. Elle a 40 000 ans. Une brune.

Lettre
1854


Je ne sais pas, Sophia, comment a disparu ton père, mais c’est insoutenable. C’était un homme infâme. Il s’en prenait aux enfants. A toi, si tu t’en souviens. Il a disparu. J’ai peur de ces champs. Je pars. Tu vas naître. Tu es née. Tu t’appelles Sophia. Tu as une sœur, Angèle. On s’en va des champs.
Ta maman.

1854.


Outre ce roman qui se voudra peut-être terrible, moi Lamia, existe. Ce n’est pas moi qui écris. Cette voix pourrait être celle de Lamia, ainsi qu’elle nous parvient à travers ce papier. Les lamies sont peut-être quarante ou cinquante dans l’existence entière.
Ces champs vides ont l’air terribles. Sûr. Danger. Hommes et femmes se risquent peu sous ce genre d’atmosphères.

En 1950, la police a remarqué la disparition de quatre hommes. Cheveux courts, dont un blond. Corpulents. Leurs corps ont été retrouvés intégralement vidés de leur sang sur un talus de campagne, alignés comme jetés là. L’enquête soulevait des choses qui n’étaient pas admissibles. Des interrogations qui n’appartenaient pas à la sorcellerie connue en 1950. On a pensé aux vampires. On a eu peur.

Rapport du commissariat de San Diego
Octobre 2016


Les corps sans vie retrouvés en France comportent le même modus operandi du tueur dit « aux mains noires ». Sévit en Amérique en 1960, corps vidé de leur sang abandonnés. Une sorte de scientifique qui utiliserait des cellules souches ou nature colle. Ou une aiguille très fine. Tueur méthodique.



La lamie était venue de loin. L’homme marchait avec l’enfant. L’enfant avait peur. L’homme était terrible. L’enfant ne savait pas. L’homme était excité.
Puis la lamie a collé brutalement sa bouche sur le cou de l’homme et lui a maintenu fermement la tête. Les crocs sont sortis. Il les a sentis dans son cou, sous la peau. Pas bouger. Pas bouger. Elle a aspiré. Glop. Glop. Glop. Glop. Ce n’est pas un chien qui ferait cela. Une vampire oui. L’homme est tombé. Mort. Un homme mort. Cette fois-ci. Homme. Et l’enfant. Le regarder. Le laisser regagner la ville.


*


Il eut fallu que les histoires racontées ici puissent être vraies. C’est une hypothèse. L’hypothèse du vampire est réelle. On dit « j’ai vu cela ». A ce point du roman, nous n’aborderont plus l’hypothèse mais la possibilité d’une existence.
Les jeunes enfants en sont à l’hypothèse du vampire. Là où l’imagination est féconde, tenue par peu de brides, et où la peur et les lointaines légendes influent comme le vent et le soleil, comme la lune entraperçue, sur l’imagination comme l’eau et la terre sur des graines de fleurs étranges, formant bientôt tout un champ compact et odorant. Imaginer un vampire pour un enfant qui a lu peu de contes, a eu vent de certaines histoires, non pas les plus modernes ; le vampire est avant tout une créature de la nuit. La nuit est son aurore, son palais, à cette imagination vampirique, et ce n’est non pas la douce vague crépusculaire nocturne de l’adolescence qui vient bercer la légende du vampire, mais la plus noire peur de la nuit, berceau des créatures et de l’imagination enfantine. La peur tenace de la nuit, là où tout danger rôde, où tout le monde est rentré chez soi, couché, et dort. Là dans la nuit, ou sous la terre, dans les bois et les contrées inconnues, dans les maisons abandonnées des vieilles villes ou les tombes des cimetières vivent les vampires. Ils se nourrissent de sang humain, chassent, tuent, arrachent les chairs, crient, hurlent, murmurent, et ont une force et une rapidité de reptile agressif. Ont des crocs dans les gencives, sont faits de chairs immortelles et ne peuvent vieillir, ni mourir, Sont non-humains, n’appartiennent pas à la communauté française, anglaise, japonaise ou américaine des adultes et des civilisés qui payent leurs impôts et conduisent des voitures, ont un travail, mais vivent de sang, et appartiennent à tous les pays, toutes les communautés alliées à la nature, et sont les prédateurs du genre humain. Des bêtes nocturnes prêtes à tuer quiconque.
Dire Lamiae c’est dire « Toi, Lamie ! ». Mais la lamie est avant tout humaine. C’est ce qui justifie son existence. Peu d’auteurs en ont réellement fait mention. C’est la caste des intouchables guerriers ? Faux. Vampire, c’est les Dieux. Lamia, à l’ère préhistorique, est à l’origine de la formule Dies Ira. Colère de Dieu. Quand une femme bafouée et violée par les hommes dominateurs du clan de Gurath, sauvage chef des contrées asiatiques, berceau de l’Europe entière il y a quarante mille ans, contrée d’hommes et de femmes aux cheveux noirs  où les muscles, les cris et la domination masculine aidée de chiens apprivoisés et domptés pour tuer et dominer, Lamia la fragile un jour de sombre pluie de nuit réclama vengeance et aide. Par delà les contrées vides et désertiques, la grotte où foisonnaient des plantes et des arbres difformes qu’on n’eu jamais arraché ni touché et laissé grandir depuis mille ans ; elle, la Déesse noire impie contre les hommes et pour la femme, ainsi érigée humainement, intellectuellement et surnaturellement en Déesse Vampire isolée, qui contribuera comme toutes les femmes passées et futures au mythe de la déesse Hécate, descendante de la Grande Mère Vampire Läysa, femme de Caïn. Ainsi la déesse eu pitié de Lamia, et lui donna son sang au crépuscule, et ils passèrent la nuit à discuter de sorcellerie, de dialectique, de culture et de révolte, de mots terribles acceptés par la lune.
Quand Lamia rentra dans sa contrée elle était nue, maculée de sang de fou violeur et tueur,  elle avait bu le sang d’un homme qui avait fait d’une petite enfant son esclave, et elle s’était bâfrée de sang et de barbarie avec cet homme. Elle en avait partout. Du sang séché. La jeune enfant lui avait raconté qu’elle avait été volée à sa mère par cet étranger et que depuis elle était son esclave sexuelle et qu’il la battait. Il y avait de plus une liaison avec la souveraineté clanique de Gurath, goûteur du Tout, consommateur de chair humaine, violeur d’enfants et violeur de femmes. Les femmes et les enfants représentaient un pouvoir non négligeable mais les chiens dont disposait l’oligarchie Gurathienne empêchait les révoltes. Ils avaient la violence pour eux.
Lamia, nue et en sang, miaulait à Gurath qu’elle était sa Reine et qu’elle se réclamait de son culte, qu’elle serait son esclave. Elle faisait les yeux noirs doux au chef des deux-cents habitants de la contrée. Il s’avança pour en prendre possession, excité et fasciné par son allure guerrière et sensuelle, dans tout ce rouge pour peu de blanc, alors Lamia leva la tête, à la vue de tous, ses crocs sortirent peu à peu de sa bouche ouverte, d’un grand ivoire immaculé de loup, avec pour toile de fond un ciel blanc. Ce fut le silence. Elle hypnotisa Gurath, qui vint près d’elle, mais comme elle le voulait, comme un chiot apprivoisé. Il était frêle, hagard, et elle planta ses crocs dans sa gorge, non à la manière moderne, c'est-à-dire d’une façon si subtile qu’elle en devient quasi insensible, mais d’une façon brutale, et lui pris l’intégralité de son sang en cinq minutes. Il était blanc cadavre émacié par la mort quand il tomba. La bouche de Lamia n’était pas maculée de sang frais et liquide, on aurait dit un enchantement, mais au vu des crocs de la Vampire, et des deux trous comme des bourgeons noirs au cou mort de Gurath, tout le monde su qu’elle l’avait bu.
Elle lisait dans le sang de Gurath-le-mort, et compris les étranges et ténus liens politiques qui unissaient certains hommes. En place publique, elle révéla les liens, les histoires arrivées avant sa naissance dont il était impossible qu’elle en fusse au courant, des mots prononcés par certains que Gurath avait recueillit et de ce fait les dix hommes du clan, les dompteurs et les tueurs, eurent peur. Elle compris en lisant dans les souvenirs de Gurath que la violence de la femme et son intelligence sont mille fois plus venimeuses et subtiles que celles des hommes aux gros muscles et aux gros chiens, et de ce fait, elle défit les manipulations du chef en libérant les consciences des femmes et des adolescents violés ; les esclaves. Leur esprit et leur colère pouvaient vaincre le pouvoir des onze, dont Gurath-le-mort, et ainsi, galvanisés par le concept de bande de coléreux en furie légitimés par leur victimisation, à savoir le crime, à savoir la justice, les esclaves violés parlèrent chacun à leur tour. Les dix du clan étaient vieux à présent, et leur petit savoir manipulatoire ne faisait pas le poids face à la colère même d’esclaves violés en groupe. Un ordre venu du bafoué. Le cri de la douleur. Les murmures de la colère. Pouvoir à Lamia la vampire ! Les adolescents et les adolescentes violés, ainsi que les enfants approchant dix ans, montrèrent leurs dents et ramassèrent des pierres. Les chiens commençaient à glapir devant une bestialité qui les dépassait. Une bestialité humaine. Les dix furent tués. Lamia devint chef. Le Dies Ira fut dit.
On imagine comment une femme bafouée par des hommes violents en arrive, par le sang d’une vraie déesse vampire, à se révolter intérieurement, comme Hécate, et dire « Dies Ira ». Colère de Dieu. Et Lamia est toujours la colère de Dieu. Le prénom Lamia. Le Dies Ira des sorciers.
On peut supposer que Mozart fut maltraité. On peut supposer une justice divine. On peut supposer la colère de perdre son père. Colère simple. Le deuxième morceau du Requiem de Mozart est très « Dies Ira ». Quand les tambours et les violons sont comme une montée fraîche et en même temps acide de vent, et que les chœurs martèlent avec les tambours noirs de la colère.
Carmina Burana de Carl Orff est aussi parfaitement « Dies Ira ». Beau, colérique, humain, et juste. Une justice vampirique. Ainsi fut la colère de Lamia il y a 40 000 ans.
Mais le crime perdura pendant longtemps. Jésus de Nazareth instaura une vraie compassion. Une vraie Raison. Mais le crime ! Terrible. Cela n’est pas Chrétien. Il y a peu de restes des anciennes colères d’antan. Des anciennes mélodies d’antan.
Certes ici nous parlons des lamies, et peut-être des autres vampires. Nous parlons avant tout d’humanité, d’une certaine justice. Quand les hommes et les femmes sont humains, c’est toute la vie du monde. Mais il y a des viols issus d’envies, de maladies perverses et des crimes réels, et pour les lamies et les autres vampires, et les lycanthropes, quand c’est trop, il faut stopper l’horreur.






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Message par cracocrac le Mer 29 Mar 2017 - 2:14

Une petite bande son pour le livre (ça me plait comme cela) clown



Dernière édition par cracocrac le Jeu 8 Juin 2017 - 22:51, édité 1 fois
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Message par Jovuf le Mer 7 Juin 2017 - 18:50

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