Suppression des Classes Préparatoires Aux Grandes Ecoles

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Message par Marie J. Jeu 20 Fév 2014 - 23:40

Merci Shua, je ne vois même pas comment certains peuvent être aussi catégoriques sur les points évoqués plus haut...

Marie J.

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Message par ZeBrebis Ven 21 Fév 2014 - 8:13

Shua a écrit:La prépa, c'est pas fait pour être spécialisé... Je vois pas pourquoi on oppose prépa et université ! Le trois quart des élèves qui ont fait prépa vont en université ensuite, et il s'avère qu'ils s'y ennuient et qu'ils sont souvent majeurs de leur promo, et qu'ils deviennent enseignants chercheurs, etc.

Et cela n'a rien à voir avec le fait que la prépa sélectionne les étudiants sur dossier, évidemment.


Les profs en prépa, agrégés, ont souvent fait une thèse, donc ont souvent bossé sur un sujet pendant des années et des années, tout autant que les profs qui sont en fac. D'ailleurs, bcp de profs de prépa sont issus de la fac, alors non, je ne vois pas de dichotomie entre la prépa et la fac. Pour moi, la fac est souvent la continuité de la prépa, et la prépa est vraiment utile avant d'aller en fac, précisémment pour acquérir des bases solides et des méthodes de travail efficaces.

Les profs en fac continuent de travailler leur discipline à haut niveau et en équipe, ce qui n'est pas le cas de l'enseignant de prépa. Ce sont très souvent de très bons professeurs, mais ils n'ont pas cette coloration recherche, curiosité (sauf recherche de résultats aux concours).


La prépa, comme son nom l'indique, c'est une PREPARATION. Ca donne des méthodes de travail. C'est tout. Ca vous apprend à travailler plus qu'autre chose. A travailler bien, rapidement. Or, qui sait travailler pourra aller loin.

Possible...Encore que je pense qu'il faut déjà savoir travailler correctement pour réussir sa prépa. Si on débarque en touriste on repart sans en avoir retiré de méthodes de travail approfondies.

Au final, je n'ai rien contre la prépa, pourquoi pas, par contre le mépris de la fac j'en ai ma dose  Surprised
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Message par Khaorix Mar 25 Fév 2014 - 4:59

J'ai un oncle bien placé dans l'éducation Nationale (vice recteur de Mayotte) qui pense qu'on se dirige vers un système anglo saxon comme aux USA: un public pourri et un privé cher.

Les classes prépas, c'est une étape logique et ça ne me surprend pas. Mais ça ne veut pas dire que je vais être content, parce que je vais en prépas dans quelques mois et j'apprécie peu qu'on m'enlève la seule voie qui me convienne.
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Message par Ainaelin Mar 25 Fév 2014 - 6:26

Khaorix a écrit:J'ai un oncle bien placé dans l'éducation Nationale (vice recteur de Mayotte) qui pense qu'on se dirige vers un système anglo saxon comme aux USA: un public pourri et un privé cher.

Ca fait 20 ans que je le pense, et plus de 50 ans que certains le veulent. Il y a certainement des dirigeants qui le désirent, mais il y a aussi beaucoup de résistance à cela en France, même parmi les politiciens, d'où le fait que ça avance très lentement. Cependant, si l'économie continue dans la même direction, on va y arriver tôt ou tard. On le fait dans d'autres domaines (asurances et sécu, transports en commun, poste, électricité, etc.).
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Message par Pieyre Dim 2 Mar 2014 - 2:31

Ce qui est étonnant, c'est qu'un certain libéralisme comme un certain progressisme semblent conduire au même résultat. Ne pourrait-on introduire le troisième terme de l'orientation politique, le conservatisme, pour en trouver l'une des causes ?
En effet, on retrouve l'opposition entre l'ordre et le mouvement, le premier qui risque de figer mais qui conserve l'acquis, le second qui est présent aussi bien dans le libéralisme et le progressisme, qui promeut des initiatives au risque de tout détricoter ?
Je prends ici le conservatisme au sens général. Il s'agit de conserver une tradition qui peut elle-même avoir été inspirée par le progressisme. Ainsi l'école républicaine issue de la Troisième République.

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Message par Bayadère Lun 10 Mar 2014 - 20:28

Je me permets de rajouter de l'eau au moulin.

Je suis en prépa dans l'un de ces deux grands parisiens qu'en province, on avait coutume de décrire comme l'antichambre de la mort, genre Auschwitz à côté c'est une promenade de santé avec un complexe thermal (si vous voyez le millionième degré de la comparaison). Oui - une de celles qui prépare en majorité à Ulm, X, HEC, Sciences Pipo, Mines, Centrale, Essec, ESPCI et (éventuellement) autres Grandes Ecoles.

Je suis lucide sur cette formation : elle représente du bourrage de crâne parfois inepte, servi par de professeurs quelquefois très dogmatiques, centrés sur une seule voie d'excellence, qui se targue d'être meilleure que l'université française et qui se comporte comme telle  - au point que ces filières tende parfois à devenir non de l'enseignement supérieur mais de supériorité.
Oui, il y a des clichés très vrais : le rythme de travail est intense, les exigences faramineuses en ce qui concerne l'allure de travail. Et pour cause : l'entrée de Normale Sup, un élève de ces établissements est censé, en lettres du moins, avoir l'équivalent du CAPES dans les six matières qui lui sont enseignées.
Oui, le fossé est gigantesque à franchir. J'ai été dans un bon lycée de province ; pourtant, je constate chaque jour la médiocrité des programmes scolaires du secondaire. Ce n'est qu'aujourd'hui que je découvre ce à quoi ressemble une approche "mature" des Lettres (à mon plus grand regret d'ailleurs, cela en ôte toute la magie).

En revanche… Je n'ai jamais eu autant l'impression de devenir "queulqu'un de bien" lors de ma formation. Je n'ai jamais eu autant l'impression de grandir, m'épanouir intellectuellement et moralement. En bref : la prépa, parce qu'elle nous confronte à un système à la fois élitaire et prétendument égalitaire, est un premier contact avec le "vrai monde", féroce, de l'emploi, de la survie, des problèmes quotidiens et administratifs. Et en cela, elle est salvatrice. Je n'enlève bien entendu pas cette capacité à l'université ; mais, comme la prépa constitue un choc fondamental et radical, souvent une séparation du domicile familial, elle entraîne une prise de responsabilités et la découverte d'un monde bien plus complexe que celui présenté par le lycée. C'est avant tout une expérience de vie troublante, mais extrêmement formatrice.

Les ambiances dans les classes de ma prépa sont géniales : les soirées d'intégrations sont arrosées ; les sorties au musée entre amis monnaie courante ; les anniversaires, journées déguisées, blagounettes se multiplient. L'administration et les professeurs savent être d'une grande bienveillance, l'internat ouvert jusqu'à 2h du matin, les pions sont des 5/2 ou des khûbes qui veillent sur la masse des petits nouveaux avec beaucoup de sollicitude de gentillesse. Nous sommes en outre encadrés par des parrains/marraines de l'année supérieure qui nous expliquent gentiment les règles du jeu, et je pense qu'un bon quart de la classe est boursier.
Je ne tombe pas dans le monde des bisounours ou dans un sentimentalisme béat en vous disant cela - on souffre aussi bien physiquement que psychologiquement, parce que oui, rattraper trois ans de néant intellectuel que l'on se tape avant le bac, c'est affligeant et épuisant. Je suis maintes fois sortie plus d'une fois en rage de mes colles, les larmes aux yeux - mais ce n'était pas par humiliation. Des professeurs m'ont dit des choses que je ne voulais pas entendre - pas au sujet des capacités, que tous les élèves de prépa ont, et que l'on nous reconnaît à chaque conseil de classe - mais parce que des adultes m'ont pour une fois mise à jour, en m'expliquant mes faiblesses, mes qualités, les défauts de mes qualités et les qualités de mes défauts. C'est surtout cela qui est terrifiant : se sentir au centre de l'attention constante d'une équipe pédagogique qui a foi en nous, et croyez moi, cela peut être pesant.

Quant à ces enseignants, ils ont le mérite de répondre à des mails à 2h du matin, corriger des paquets de 600 feuillets, rester jusqu'à 21h pour des khôlles, gérer les sorties de classe, l'administration, les paniers-repas des élèves, s'occuper de ceux qui craquent. Ils sont disponibles, essayent d'instaurer une ambiance de travail mais aussi quelque chose de sain, loin de l'esprit de concours. Ce sont des passionnés. Et, si j'ai horreur du formatage effectif auquel on nous soumet parfois, je dois également rendre justice à ces intervenants qui ont tous une thèse derrière eux, parfois même deux (un prof de Français ex-matheux à l'air de troll halluciné retiendra ici mon attention), qui s'inquiètent autant que nous de notre avenir et qui, s'ils ne sont effectivement plus enseignants-chercheurs, ont souvent bifurqué vers les prépas après une longue carrière universitaire.

Vouloir fusionner le sprépas et l'université pour un campus à la EPFL ou Ivy League, qui ne serait pas celle du nivellement par le bas, et avec des coûts d'inscriptions dérisoires,  je ne m'y opposerais pas. Encore faudrait-il que l'on soit capable de se hisser au rang de MIT, Cambridge, Harvard, Oxford - des Universités que nombre de mes camarades intégreront lors de leurs cursus post-prépa (quoi que l'on en dise, les lettres de recommandation de nos enseignants continuent de faire de l'effet au près de ces mastodontes).  
En attendant, le système n'est pas parfait, je m'en rends compte tous les jours. Mais ne nous comportons pas comme les demi-habiles de Pascal : il a aussi ses bons côtés.

Signé : une Magnoludovicienne qui a appris à aimer LLG.
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