Qui suis-je ? Où cours-je ? Et dans quel état j'erre ?

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Qui suis-je ? Où cours-je ? Et dans quel état j'erre ?

Message par Kluh le Sam 17 Juin 2017 - 7:10

Cette présentation est pour moi un exercice très compliqué, j'ai très envie de dire des choses importantes, mais j'ai beaucoup de mal à ne pas ironiser ou humoriser quand je deviens le centre de la discussion, comme une sorte d'échappatoire pour qu'on ne me perce pas au grand jour. Par écrit, c'est quand même plus facile et je promets de faire un effort, mais préparez-vous, ça va être long, très long, peut-être pour vous décourager de lire, certainement parce que j'essaye de noyer mes ressentis intimes dans un flot d'informations, parfois sans intérêts.

« C'est l'histoire de ma vie, le cycle éternelle... »

Durant toute ma vie, jusqu'à il y a un an, j'étais très fier de ma plus grande qualité : l'adaptation.
Dit comme ça, ça paraît très bien, sauf qu'avec le recul cette grande adaptation m'a servi à rentrer dans un moule, ne pas faire de vagues, ne pas sortir du lot. J'ai toujours su que j'avais des « capacités » qui me permettaient de m'adapter et contenter tout le monde. Contrairement à beaucoup de présentation que j'ai lue, j'ai eu une enfance plutôt heureuse, je serais resté toute ma vie au lycée si j'avais pu, mais après avoir demandé à redoubler ma première (pour rester avec une fille dont j'étais éperdument amoureux et qui ne l'a jamais su), ça aurait fait un peu louche et je serais sorti du moule si je m'y étais attardé davantage. J'ai donc eu mon bac en 98, en laissant mon cartable à l'école tous les soirs et en regardant tous les matchs de la coupe du monde de foot (sauf Japon-Jamaïque) alors que je n'étais pas vraiment un fan de foot.
Comme je ne savais absolument pas quoi faire après le bac, certainement grâce au magnifique système d'orientation mis en place par l'Education Nationale, je suis parti en STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives) à Bordeaux et j'ai découvert la vie universitaire, étudiante et toutes ses dérives. J'en ai largement profité jusqu'à un accident qui en plus de blessures physiques a marqué la fin de mon parcours sportif et a fait éclater (géographiquement) mon groupe d'amis.
Il a fallu à nouveau s'adapter et il était temps de grandir un peu, de commencer à regarder le futur, et en général il faut se marier, avoir un métier, des enfants. Du coup, j'ai trouvé l'âme sœur (je m'en suis rendu compte après bien sur), je suis parti à Paris, j'ai réorienté mon parcours professionnel dans le management du sport et j'ai passé des concours de la fonction publique qui ne m'ont jamais permis de trouver un poste. Du coup, j'ai commencé à travailler dans le milieu associatif. L'arrêt brutal du sport, le fait d'être « casé » et de ne pas vouloir être infidèle (l'homme est faible et personnellement jusqu'à lors les tentations ont toujours eu raisons de moi), j'ai laissé lentement mon corps se dégrader (essentiellement par une prise de poids de 30 kg).
En 2006, nous avons quitté Paris pour revenir dans notre sud-ouest natal, et je suis devenu père.
Je suis aussi devenu éducateur spécialisé (sans formation, ni diplôme) afin de gagner un peu plus que le SMIC (mais à quel prix).

Si je donne tous ces détails c'est que même si c'est ma vie, ce n'est pas moi. Je ne sais pas comment l'expliquer, mais au fond de moi depuis mon plus jeune âge, je sais que je suis fait pour quelque chose, sans savoir quoi, alors j'attends. Je m'évade dans des lectures et des films fantastiques, d'aventures, de science-fiction... J'ai l'impression de ne pas avoir grandi, d'être totalement immature alors que professionnellement je n'ai absolument pas le même comportement. Toujours avec ce fichu recul qui remet tout en cause, je dirai que mes parents (instit tous les 2), m'ont inculqué la valeur-travail, le dévouement à l'autre ( je dois dire que je suis plutôt compétent dans ce domaine) mais sans l'ambition. 
Donc voilà, jusqu'à juin 2016, j'avais une vie plan-plan, où je me sacrifiais pour les autres, en pensant trouver un accomplissement personnel dans cette absurde dévotion.
Si je devais résumer un peu ma vie, c'est que je donne sans recevoir, je dis bien sans recevoir et non sans rien attendre parce que secrètement j'attends beaucoup, mais sans rien demander (frustré vous dites ^^). Je crois même que je vais demander à être canonisé de mon vivant ^^.

Mais que s'est-il passé en juin, le suspens est à son comble et vous a poussé à lire ma présentation jusqu'ici.

« Ça m'a pris par surprise, quand j'ai eu un gamin, j'regardais passer mes nuits, j'en attendais rien... »

Après des discussions animées et voyant l'évolution de notre fils, j'ai cédé à la demande de mon amie et on a fait passer le WISC à notre fils de 10 ans. Personnellement, je ne voyais pas trop l'intérêt, il n'avait pas de problème scolaire, s'adaptait plutôt bien et je savais qu'il était haut potentiel. Comment je pouvais en être sûr ? En plus de tous les signes que tous peuvent voir, je ne sais pas comment l'expliquer, mais je ressens quelque chose intérieurement quand je suis en présence de quelqu'un « comme moi », ça paraît surréaliste, mon amie se moque de moi quand je lui dis, mais je ne pense pas trop me tromper quand même. J'avais peur qu'à 10 ans il prenne la grosse tête. Mais en fait, le test n'était pas vraiment pour lui, mais pour nous, pour les enseignants, pour ceux qui vont l'accompagner dans son éducation, dans sa construction personnelle, pour qu'on puisse comprendre sa logique, ses réactions, son mode de fonctionnement et l'aider au mieux.
Donc notre enfant a été diagnostiqué EIP ou Haut Potentiel. J'ai donc lu, à la demande insistante de mon amie, le livre de Jeanne Siaud-Facchin « L'enfant surdoué : l'aider à grandir, l'aider à réussir ».

Et le fameux chamboulement est là. A la lecture du livre, ce n'était pas mon fils que je voyais, mais moi, toute ma vie, ma construction personnelle et surtout comment on aurait pu m'aider à m'accepter et non me cacher, me fondre dans la masse et me satisfaire du bonheur des autres et non du mien.

Mon amie (toujours elle) m'a dit qu'il fallait que je passe à mon tour les tests. Je ne voyais pas l'intérêt, j'avais lu le livre et je m'étais reconnu. Mais c'était encore une fuite, j'avais peur des regrets, d'avoir « gâché » ma vie en plus de mon potentiel que durant des années je n'ai pas ou peu alimenté. Mais comme son argumentaire avait été cohérent pour notre fils et que pour moi il le semblait aussi, j'ai pris rendez-vous chez une spécialiste recommandé par l'ANPEIP, j'ai passé le WAIS IV et j'ai eu les résultats en novembre dernier. Verdict sans appel, je suis très haut potentiel. Et depuis, je n'arrive pas à assumer, je sais que je ne peux plus me cacher mais ça fait remonter beaucoup trop de souffrance, de remises en cause, de regrets, de déceptions. Je ne peux plus me satisfaire de ma vie actuelle, je n'ai pas envie de donner à mon fils l'image de quelqu'un qui se cache, qui se satisfait d'un rien et qui n'utilise pas ses compétences et son potentiel. J'en ai parlé qu'à mon amie, à quelques ami(e)s et à mes parents. Et là, surprise, ma mère me demande si ça ne me gêne pas de lui dire combien j'ai eu au test et quand je lui annonce les résultats, elle me dit que c'est bien plus que quand j'étais petit. J'ai donc appris qu'en classe de CP j'ai fait un test et que (pour simplifier) j'avais un QI de 130 et que par conséquent mes parents étaient au courant. Un léger sentiment de colère passé, j'ai réfléchi à pourquoi, ma mère surtout, ne m'a pas « poussé » à développer mon potentiel. Et c'est dans son histoire familiale que je pense avoir compris. Mon grand-père était militaire, a eu 7 enfants et a « choisi » les études de ses 4 premiers enfants (dont ma mère). Du coup, j'imagine qu'elle n'a pas voulu reproduire la pression qu'elle a vécue, qu'elle a voulu me laisser faire ce que je voulais. Dommage.

Mais il paraît qu'il n'est jamais trop tard. J'ai demandé une rupture conventionnelle et j'ai terminé mon boulot d'éducateur spécialisé en décembre, pour me lancer sur un projet que j'ai malheureusement du laisser tomber. Du coup je me retrouve quasiment sans rien, pas de diplômes intéressant pour une ambition qui commence à naître, et pour la première fois de ma vie, je me retrouve sans projet professionnel.
Comme dans les livres et les films, je rêve, pas au prince charmant, mais tout comme, à quelqu'un qui me prendrait sous son aile, ne regardant pas mes diplômes, se satisfaisant juste de mon potentiel, de ma capacité d'adaptation qui au niveau professionnel reste quand même un atout, de mes valeurs et qui me guide vers un accomplissement personnel auquel j'aspire à présent. En attendant, je commence un bilan de compétence

Je cherche donc un psy qui pourra peut-être me faire comprendre que tout est en moi, que je dois m'accepter. J'en ai essayé 3 depuis et c'est avec la psychologue du travail de pôle emploi (que je n'ai vu qu'une fois pour le moment) que j'ai eu le plus d'accroches.

Bref, je suis un peu perdu.

Ce forum est pour moi un premier pas vers l'acceptation de ce que je suis. Il est riche d'informations, de témoignages. C'est peut-être une première main tendue, j'ai vu que des sections locales peuvent même me mettre en relation avec des personnes compétentes et spécialisées.
Je vous remercie donc d'avoir lu jusqu'ici, de m'accueillir parmi vous et de me permettre de m'aider à savoir qui je suis et où je dois aller.

Merci
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Re: Qui suis-je ? Où cours-je ? Et dans quel état j'erre ?

Message par truth le Sam 17 Juin 2017 - 11:02

bienvenue :-)

Kluh a écrit:J'ai donc eu mon bac en 98, en laissant mon cartable à l'école tous les soirs et en regardant tous les matchs de la coupe du monde de foot (sauf Japon-Jamaïque)

ahaha  Very Happy
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Re: Qui suis-je ? Où cours-je ? Et dans quel état j'erre ?

Message par Invité le Sam 17 Juin 2017 - 15:14

Bonjour et bienvenu,
Tu as aussi l'humour du zébre : "je crois même que je vais demander à être canonisé de mon vivant" Pété de rire Moi, Moi d'abord.

Tu ressens de l'incompréhension, car ta mère le savait et ne t'as rien dit :
Pourquoi tu ne lui demande pas pourquoi elle ne t'as rien dit ? Ca t'évitera de te faire des films en 16/9e, heu pardon, maintenant c'est la 3D. Dent pétée

Pour répondre au "gâcher sa vie" :
Ci-dessous, la deuxième vidéo que j'ai vu : (les autres sont toutes aussi constructives)
www.youtube.com/watch?v=JJdWF2nVuuE

Tu n'es pas perdu, tu cherches à exister. La vrai définition de toi, suite faux-self, en fait comme beaucoup ici. Qui suis-je ? Y a de moi dans le faux self....

Je note une chose très positive dans ta missive : "un premier pas vers l'acceptation"

Et c'est pas une raison de mettre ce que tu as construit en miette. Y a du bon aussi. Avant de prendre d'autres résolutions de manière hâtive : pause toi. Trouves du sens.

Courage.

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Re: Qui suis-je ? Où cours-je ? Et dans quel état j'erre ?

Message par Kluh le Lun 19 Juin 2017 - 21:47

Il faut un peu d'humour dans la vie, sinon bonjour tristesse.
Même si j'avoue que j'ai souvent eu des problèmes car j'étais, plus jeune, incapable de m'arrêter et surtout de voir que des petites taquineries, qui pour moi étaient un mode de communication, pouvaient énerver les autres.

Alors que j'avais fait mien le proverbe "qui aime bien, châtie bien". J'étais, et le suis encore un peu, persuadé que mes "taquineries" étaient bienveillantes et montraient mon fort attachement à la personne.

Enfin, on apprend souvent à ses dépends.
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Re: Qui suis-je ? Où cours-je ? Et dans quel état j'erre ?

Message par pholcid le Lun 19 Juin 2017 - 22:17

Bienvenue Kluh. Et bcp de courage pour ta démarche, une sacrée remise en question. Si le bilan est effectué par des gens compétents, ça devrait t'éclairer... Wink
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