Premiers pas dans la savane !

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Re: Premiers pas dans la savane !

Message par Yoda300 le Lun 8 Mai 2017 - 21:01

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Re: Premiers pas dans la savane !

Message par sankookai le Mar 9 Mai 2017 - 9:03

Bonjour Hortense blue, bienvenue dans la savane,
Je trouve ta présentation très touchante. Je me retrouve dans certains de tes errements... c'est bizarre mais ça me fait du bien de lire que d'autres ont pu être touchés durablement par des professeurs "maladroits", dixit les nonhp. J'ai appris à me construire en me pensant "anormale". Maintenant j'apprends à faire le chemin inverse d'une certaine manière.
Je suis aussi en reconversion et aussi dans la com', avec plaisir pour partager avec toi sur le sujet si tu en as envie?
A bientôt!

sankookai
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Re: Premiers pas dans la savane !

Message par Hortense Blue le Lun 5 Juin 2017 - 13:36

Bien le bonjour à toi Kadjagoogoo !

Je réponds effectivement avec plusieurs jours de décalage, j'ai du mal à répondre aux très longs messages car cela me demande beaucoup de temps et de concentration, que je n'ai pas toujours à disposition  Very Happy  (NB : je crois qu'il va falloir faire plus court la prochaine fois  drunken d'autant plus que je ne voudrais pas que d'autres zèbres se sentent gênés de venir interrompre une conversation privée Console Cela dit, merci de partager tes expériences dans cette présentation, j'apprécie !

Kadjagoogoo a écrit:
Vint enfin le jour fatidique de la remise des notes. La prof de français distribue successivement toutes les copies, et je ne vois pas arriver la mienne. Elle prend alors un ton solennel : « J'ai un problème avec la dernière copie... [La mienne, donc] Je suis partagée. De deux choses l'une : soit vous avez recopié cette fiche quelque part, et cela mérite évidemment un 0/20 [Je précise que nous étions là en 1991, et que c'était plutôt galère pour télécharger une fiche de lecture préexistante...] ; soit ce travail impeccable est bien le vôtre, et dans ce cas là il mérite logiquement 20/20. N'ayant pas réussi à me décider, j'ai opté pour le compromis : vous avez 10/20. »
Absolument atterant  Shocked personne n'avait pu te défendre à l'époque ?

Kadjagoogoo a écrit:
Je n'ai en effet plus lu un bouquin intégralement avant la seconde – où L'Étranger de Camus, concis et cinglant, répara quelque peu les dégâts d'antan, pour me réconcilier avec cette activité si dangereuse : lire.
Rien de définitif ni de totalement gâché dans ma pratique culturelle, mais des années perdues dans la défiance butée après cet incident cuisant, que je n'ai donc jamais oublié – la prof, quant à elle, a dû dormir sur ses deux oreilles, à l'antipode de se douter du saccage relatif à son arbitraire choix, et serait consternée de me voir raconter cette dérisoire anecdote ici, un quart de siècle plus tard. Si le trauma (coup porté) fut peut-être anodin et certainement sans intention mauvaise délibérée, la précision de mon récit signe le traumatisme (persistance de la perception affective du coup porté).
Et si j'insiste pour vous rapporter ce témoignage, ce n'est pas tant pour accabler Madame S. (hypermnésie qui me fait me souvenir de son patronyme à consonance italienne ; et de son visage, de sa voix voilée, de cette vulgarité lasse qu'ils dégageaient), cette pauvre prof qui pensait faire équitablement son job. Non, si j'en parle, c'est que ma scolarité n'a finalement guère survécu à ce moment-là, quand j'y pense. J'ai passé mon brevet quasiment sous assistance respiratoire (le toubib, bien embarrassé, avait parlé d'une coqueluche tardive, à défaut de pouvoir comprendre pourquoi je perdais ainsi le souffle sur le chemin de l'école et gênais les cours par mes irrépressibles quintes de toux sèches). Et dès l'année suivante, l'embellie du roman de Camus ne fut qu'un feu de paille. Assez symptomatiquement, je ne me souviens avec acuité que de sa fin : ce magistral monologue révolté d'un homme mutique qui libérait enfin là sa parole inhibée pour dire sa vérité et son mépris exacerbé de l'hypocrisie sociétale. A cette époque, je n'avais pas beaucoup parlé, moi non plus. Peut-être que la lecture, depuis devenue une pratique amie, délivrée du crible académique et autres objectifs chiffrés, m'a épargné d'avoir à basculer dans la criminalité ou le suicide. Elle n'a pas empêché la dépression chronique et les passions tristes, mais comme on l'a vu plus haut (Cioran et Miller), c'est tant pis, tant mieux.
La lecture (définitivement apprivoisée grâce à ma passion post-adolescente pour Stephen King) m'aura en tout cas permis de devenir bibliothécaire durant vingt ans ! Voilà pour répondre à ta question. Wink
Merci pour cette digression édifiante ! Ce roman m'avait moi aussi marquée par le contraste abrupt de ses deux phases. Ton récit fait remonter aussi malheureusement beaucoup d'injustices et un énorme manque de tact de la part de cette Madame S. qui aurait peut-être mérité de recevoir une lettre de remerciements anonyme de la part d'un de ses anciens élèves pour lui confier ô combien elle a pu marquer sa scolarité et plus encore, signé "un bibliothécaire à rayures" par exemple... Ange


Kadjagoogoo a écrit:
Idéalement, l'école ne devrait pas rassasier mais donner faim. Et je crois qu'elle travaille hélas d'une part à épuiser la curiosité intellectuelle des plus « normaux », qui cessent traditionnellement tout apprentissage significatif après la période où ils sont contractuellement invité à se gaver méthodiquement de matières ; et d'autre part, elle a ce pouvoir délétère de sevrer prématurément le jeune (sur)doué, qui se verra souvent découragé - « arrête de faire ton intéressant ! » - et écœuré par un enseignement et des approches rédhibitoires.
Absolument, tu l'as dis dans cette première phrase, l'école devrait être un support bienveillant, et non un moule qui formate et décourage les plus vaillants. Râleur

Kadjagoogoo a écrit:
Sa maîtresse, ignorante et impuissante face à ce phénomène, l'avait en effet confiné, depuis des mois, au fond de la classe, son bureau tourné face au mur (!), pour l'isoler de ses petits camarades qu'il « perturbait » en répondant systématiquement aux questions posées à la classe. Le gamin vivait manifestement mal cet ostracisme, qui lui avait faire implorer sa mère : « Maman, y a une bête dans ma tête ; faut la tuer... »
La guerre contre soi...  J'ai cet espoir : les enfants précoces d'aujourd'hui, mieux recensés, mieux détectés que jadis (on n'en parlait guère à mon époque, si peu vigilante et réactive en la matière) et mieux accompagnés par un corps médical et enseignant plus éclairés sur la question, ils la gagneront plus sûrement, cette guerre, que ceux des générations précédentes qui devaient la mener seuls, avec son cortège de suicides et autres auto-sabotages (auto-mutilations symboliques).
Ignoble !!!  Shocked  No  Mad
J'espère aussi tout comme toi que les petits zèbres de demain s'en sortiront plus aisément que ceux d'hier ; quant à aujourd'hui, je ne crois pas que l'information soit encore suffisante, et je constate beaucoup de personnes qui se croient "fins psychologues" alors qu'en réalité ils court-circuitent le diagnostic et /ou font parfois beaucoup de dégâts (je pense notamment aux zèbres non reconnus et étiquettés pathologiques)

Kadjagoogoo a écrit:
Pas de malentendu, surtout : je ne tire aucun mérite de ne pas avoir connu le chômage. Déjà, si je ne l'ai pas connu et ne pourrait pas le connaître, c'est mon statut spécifique qui le veut : même en cas de révocation (licenciement pour faute grave ou lourde), je ne toucherai pas le chômage, n'ayant logiquement jamais cotisé à cet effet.
C'est étrange quand-même...En étant salarié même dans le public, si le départ n'est pas à ton initiative tu devrais avoir une indemnisation (tout dépend du régime bien-sûr, certaines institutions cotisent à Pôle Emploi et tout est géré par eux par la suite, ou alors c'est l'institution qui t'indemnise directement, mais tu devrais normalement avoir une solution il me semble ?)

Kadjagoogoo a écrit:
Hortense : puis-je savoir depuis quel domaine exactement de la communication te reconvertis-tu (actuellement ?) ? Et vers quel autre domaine, donc ?
J'étais dans le graphisme et je me tourne vers l'événementiel pour répondre à ta question, mais je préfère rester vague sur le sujet.


Kadjagoogoo a écrit:
J'ai d'ailleurs paradoxalement pondu ce roman en écoutant en boucle l'album Haïkus de Pascal Bouaziz (ça, c'est pour répondre à ta question sur mes goûts musicaux ! Wink Une sympathique question que je te retourne, bien évidemment), le principe même de ces courts poèmes japonais minimalistes étant censé m'inspirer un style plus ramassé et succinct. Mais le laconisme attendra donc ! (Mais j'ai bon espoir : juste avant de poster cette missive babylonienne sur ton fil, j'ai posté deux très brefs messages sur d'autres fils, ouf ! Le signe indien serait-il enfin vaincu !? Huhu What a Face )
Hahaha  Laughing C'est bien, tes efforts finiront par payer j'imagine : "qui a la volonté a la force" il parait ! study Je ne connais pas Pascal Bouaziz mais j'écouterais à l'occasion. De mon côté, j'ai des goûts assez variés mais mon identité musicale reste très rock on va dire  Punk mais j'aime aussi Charles Trenet par moment, IAM à d'autres, et parfois un petit son plus electronique  Danse

Kadjagoogoo a écrit:
Nos affinités de vécu et de sensibilité se déploient donc autour de ces thèmes : la rupture brutale avec le groupe amical ; le sentiment d'étrangeté parmi nos congénères (camarades de classe), qui ne sont donc pas nos « semblables » ; la désertion successive des sphères scolaire et professionnelle ; défiance à l'autorité parentale (ta mère, mon père ; une défiance qui aura trouvé sa réitération plus tardive face à ma direction) ; les institutions d’État (l'école pour toi ; la fonction publique pour moi) qui se lassent de nous, nous poussent vers la sortie, nous éjectent inexorablement...
Tu as raison, c'est vrai, mais il faut garder à l'esprit que rien n'est jamais perdu et que il y a toujours des portes qui s'ouvrent quand d'autres se referment, ils suffit juste de les trouver  Wink (et j'ai une petite expérience de contractuelle dans la fonction publique d'ailleurs, donc je vois très bien ! J'ai détesté  Very Happy )

Kadjagoogoo a écrit:
Je comprends parfaitement qu'il faille du temps pour répondre – regarde ce délai dans ma réponse (à croire que j'ai fait aussi long et quasi-exhaustif pour compenser celui-ci, huhu !). Aussi, prends tout ton temps pour commenter éventuellement ceci, si le cœur t'en dit, si tu trouves par chance matière à résonance : je serai ravi de recevoir un écho de ta part, encore une fois.
Merci pour ces échanges en tout cas, c'était avec grand plaisir Wink Je te dis à très vite au détour d'un topic ou ici à l'occasion ! Bien à toi Au galop !
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Re: Premiers pas dans la savane !

Message par Hortense Blue le Lun 5 Juin 2017 - 13:44

Merci pour votre accueil Yoda300 et Sankookai !

sankookai a écrit:Bonjour Hortense blue,  bienvenue dans la savane,
Je trouve ta présentation très touchante. Je me retrouve dans certains de tes errements... c'est bizarre mais ça me fait du bien de lire que d'autres ont pu être touchés durablement par des professeurs "maladroits", dixit les nonhp. J'ai appris à me construire en me pensant "anormale". Maintenant j'apprends à faire le chemin inverse d'une certaine manière.
Je suis aussi en reconversion et aussi dans la com', avec plaisir pour partager avec toi sur le sujet si tu en as envie?
A bientôt!

Merci de ce petit mot Sankookai, j'ai du voir ta présentation il me semble, je vais aller me rafraîchir la mémoire de ce pas !
Oui n'est-ce pas, on se sent moins seul quand on est compris par d'autres, quand on a des forces ou des failles en commun... Wink
Quant à ta reconversion, dans quel domaine professionnel étais-tu avant ? Pour ma part j'étais graphiste mais je me reconvertis dans l'événementiel, envie de changer un peu car je suis arrivée au bout d'un cycle je pense, besoin de renouveau !

Au plaisir de te lire alors ! bounce
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