Du rhum des femmes et d'la bière non de Dieu...

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Du rhum des femmes et d'la bière non de Dieu...

Message par Vladimir Vissotsky le Lun 29 Juin 2015 - 0:44

sergeï essenine a écrit:C’est exprès que je circule, non peigné,
Ma tête comme une lampe à pétrole sur mes épaules.
Dans les ténèbres il me plaît d’illuminer
L’automne sans feuillage de vos âmes.




sergeï essenine:

Adieu les livres, les poèmes!
Je vais partir, le sac au dos...
Les vagabonds, le vent les aime,
Et de ses chants leur fait cadeau.


On y est, y est... rien de rien, je ne suis rien et ne cherche rien. La vie m'a montré que rien n'était à attendre sinon le rien, alors rien sera mon étendard. Bel étendard. De soie et de sang.
Au revoir, mon ami, au revoir,
 mon tendre ami que je garde en mon cœur.

Cette séparation prédestinée
 est promesse d’un revoir prochain.

Au revoir, mon ami, sans geste, sans mot, ne sois ni triste, ni chagrin.

Mourir en cette vie n'est pas nouveau,
 mais vivre, bien sûr n'est pas plus nouveau.


Alors je suis de ceux qui espèrent désespérer car cela leur donne la lucidité suffisante pour ne pas se tuer.
Que ceux qui sont de ma chapelle suivent mes paroles.

Ni Zarathoustra ou encore Jethro.

On y va, l'aventure commence.
A oui, je n'existe pas, je suis numérique, sans plus.
Vous ne me trouverez pas, ne saurez pas qui je suis et ne pourrez en conséquent me suivre.
Je suis un avion sans ailes, un sous-marins sans sasse de décompression.
Une bombe A sans uranium, plutonium, mais avec des retombées plus que toxiques.

Spoiler:

Nous allons vivre et rire. Le reste n'est que littérature.



Vladimir Vissotsky
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Re: Du rhum des femmes et d'la bière non de Dieu...

Message par Vladimir Vissotsky le Lun 29 Juin 2015 - 1:41


Café du soir espoir, café du matin chagrin...
J'ai envie de lire 'les grands singes' (lexpress.fr/culture/livre/le-livre-de-dave_925208.html) de Will Self.
J'me dis qu'un nom et prénom ainsi cela ne s'invente pas. Mais je n'en ai plus la force. Le livre fait 350 pages et quelques sigles mais l'envie est moins forte que la vitalité qu'il faut pour perdre sa vie à lire des livres...
Alors il est là, devant moi à prendre la poussière, comme pas mal de choses fatalement.

Là, devant moi j'ai aussi un portrait de Mickaël Young. Paradoxe, comme mon être.
J'me dis qu'il a une vie intéressante et que finalement, l'argent aide à rendre nos morts moins lourdes.
Vie absurde...


Mansfield TYA a écrit: À Lyon le jeudi 1er octobre 2015, Le Marche Gare
89 À Auxerre le samedi 10 octobre 2015, Le Silex
44 À Nantes le jeudi 15 octobre 2015, Stereolux
67 À Strasbourg le jeudi 22 octobre 2015, La Laiterie - Grande Salle
59 À Tourcoing le vendredi 23 octobre 2015, Le Grand Mix
77 À Magny le Hongre le samedi 24 octobre 2015, File7
41 À Vendome du mardi 27 octobre 2015 au samedi 31 octobre 2015, Chap.st Jacques - Le Minotaure
41 À Vendome le samedi 31 octobre 2015, Le Minotaure
53 À Laval le samedi 7 novembre 2015, 6 Par 4
75 À Paris 11ème le vendredi 13 novembre 2015, Cafe De La Danse
42 À Saint Etienne le samedi 5 décembre 2015, Le Fil

Ne pas louper ces concerts pour une fois qu'un truc va se passer. Puis bon, je prendrais une foulée de mouchoirs jetables sur lesquels j'écrirai des mots. Et je donnerai ces mouchoirs comme autant de rochers jetés dans l'eau aux gens que je rencontrerai.
Les personnes qui m'entourent m'indiférent de plus en plus. Au point que je peux conjuguer deux verbes qui se suivent sans en avoir quelque chose à faire...
Prendre un avion et me jeter dans les tours du W.T.C.
A la vitesse d'une L.G.V. je sens les neurones de mon cerveau carburer.
Et aujourd'hui j'ai passé ma vie assis, cloisonné à noter des bouts, des monceaux de papier.
Cuirasse et Potemkine jetés en l'air. Il nous donnents (encore une faute d'accord) des airs de soldats russes en fin de siècles.
Et n'allez pas croire que je me délecte de cela. Dans ma vodka je verse du lait en larme et quelques gouttes de citron bien sucré.


Qui comprendra ma logorrhée.
Les Goldoraks ou autres Power Rangers n'existent plus. On en est là.
L'Eldorado a des allures de  ‎CAC 40.
Début d'une guerre qui fera plus de 12 000 000 de morts.

Espérons, espérons.
Vivre, vire en espérant, mais ne pas mourir d'espoir...


Ah, que la vie est belle.
Soudain, elle éblouit,
Comme un battement d'ailes
D'oiseau de paradis.

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Re: Du rhum des femmes et d'la bière non de Dieu...

Message par Invité le Lun 29 Juin 2015 - 8:56

Bonjour Vladimir,

En te lisant, ma première pensée fut affraid  Le loup est revenu.
Mais j'avais quand même bien envie d'être la première pour t'accueillir



Bisous

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Re: Du rhum des femmes et d'la bière non de Dieu...

Message par Ayla le Lun 29 Juin 2015 - 9:59






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Re: Du rhum des femmes et d'la bière non de Dieu...

Message par Vladimir Vissotsky le Lun 29 Juin 2015 - 18:56


El fuego, on a tous le feu en nous. Il parait. Nous sommes porteur d'étincelles et nous pouvons enflammer même les plus humides prairies. Le tout étant d'y croire. Ma chute du haut des étoiles en est la preuves. Ma mère ma évacué d'elle d'une façon obscène et j'ai reproduis l'action. Moi même j'ai été vecteur de vie. Moi même je le suis encore.
Qi ou pas Qi.
Vie ou pas vie.
En fait on ne mesure pas votre intelligence par ce test, mais on vous dit sur quel degrés vous pouvez rêver vos vies.
'Trop honteux d'être intelligent pour être heureux' qu'elle aurait du appeler son livre la taxidermiste à 80 euros la séance.
J'ai connu des putes moins vénales...

La honte toxique... le pervers narcissique... le polyamour... l'hypersensibilité... l'hypermarché... la révolution du tigre...
On crée des cases et on coche les numéros qui nous parlent plus que d'autres comme on joue au loto.
Sauf que le gros lot, on ne sait pas qu'on nous l'a déjà donné avant de jouer.
La vie.

Rien à faire alors, on conceptualise nos malheurs pour les rendre plus intelligibles.
Le ciel est vide et cela fait peur.
On a un sexe qui nous pousse à l'autre et on ne comprends pas pourquoi.
Machina à gènes qui nous gène de part ses hormones.

Souriez, souriez, souriez, vous sortirez du cercle maudit.


Faust est un docteur qui n'a rien à envier aux souffrances du jeune Werther.
Ou je désire en venir.
Cracher dans la soupe, pas besoin. Elle est pourrie du bas de la marmite au couvercle frémissant de vapeurs.
Le venin est là. Comme disait l'autre, par la libido ils ont tué l'Eros.
On pense expliquer à coup de chiffre l'intelligence d'un être. Mais dans ce cas, fort à penser qu'un robot pourra passer bientot un test de QI.
Et ces gens au nom de l'intelligence justifieront un génocide à base d'I.A.

La possibilité d'une île est proche.

Spoiler:

(...)
"Ma vie, ma vie, ma très ancienne,
Mon premier voeu mal refermé
Mon premier amour infirmé
Il a fallu que tu reviennes.

Il a fallu que je connaisse
Ce que la vie a de meilleur,
Quand deux corps jouent de leur bonheur
Et sans fin s’unissent et renaissent.

Entré en dépendance entière
Je sais le tremblement de l’être
L’hésitation à disparaître
Le soleil qui frappe en lisière
Et l’amour, où tout est facile,
Où tout est donné dans l’instant.

Il existe, au milieu du temps,
La possibilité d’une île."

Michel Houellebecq


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Re: Du rhum des femmes et d'la bière non de Dieu...

Message par ShineFlower le Lun 29 Juin 2015 - 19:58

Bienvenue Viadimir dans la savane Zèbre cheers

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Re: Du rhum des femmes et d'la bière non de Dieu...

Message par Vladimir Vissotsky le Mer 1 Juil 2015 - 17:28


Promenade.
Conjonction de coordination.
Maisouetdoncornicar.

Entre poésie et effrois la vacuité de cet espace infini m’effraye.

J'ai parlé au gens en ce jour.
Cool (Tag)
Et j'ai gagné 600 euros, fou et folie.
Ils ne comprennent rien à rien.
Et moi je me dis qu'ils sont moins encore que des pions dans l'échiquier.
Ils ne vallent même pas la case noire ou blanche.
C'est à pleurer.

Alors je me plonge dans une nuée de mojitos pour éviter de penser à toute cette masse qui fourmille ça et là.
Breton disait descendre dans la rue et tirer.
Mais pleins de connards le font, hein Charlie.
Les frères Kouachich (on dit poix chiche par chez moi) sont ils surréalistes ?
En un sens oui.

Le romantisme allemand a donné naissance au nazisme.
Le surréalisme belge donnera t-il naissance au salafisme ?

Je me demande ce que penserai Breton à notre époque.
Une kalach et pan pan, on est surréaliste...

Cela montre bien que les mots, la pensée, l'intellect... c'est de la merde. Par les mots on peut justifier tout et n'importe quoi...
Fils de pute Breton, fils de pute.


Heureusement hier soir dans un bar j'ai rencontré un mec. Un connard de 1ère... Mais bon, il baise bien.
Du moins il m'a bien baisé. Car je ne pense plus le revoir.
Non.
Non.
Non.

Les mecs pensent qu'avec leur bite ils comblent un vide que la femme a.
La question est erronée.
Quel vide ?
Et ensuite pourquoi le combler ? ? ?
Puis je me dis que je dois un jour pondre mon mioche, c'est génétique. Alors je le ferai. Mais je pense en PMA.
Qu'ils aillent se faire foutre.
Et si le petit ou la petite me demande pourquoi maman, je lui dirai parceque je suis une femme... et que la nature m'a fait ainsi... sans que je choisisse. Mais je pourrai choisir le néant, le rien. Ben non.
Ego.
Égoïste.
J'ai pensé à l'adoption mais j'aime pas les chiens...

Allez je termine sur deux zic zac qui donnent le moove.


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Re: Du rhum des femmes et d'la bière non de Dieu...

Message par Invité le Mer 1 Juil 2015 - 17:43

Excellent ce Demon Kitty Rag Trance

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Re: Du rhum des femmes et d'la bière non de Dieu...

Message par Vladimir Vissotsky le Ven 10 Juil 2015 - 22:09


J'ai traversé un désert ces derniers jours. Sans sables, sans glaces, sans rien hormis des gens.
Aller au bureau en tailleur et sourire ça et là aux cons.
Je suis asociale et pourtant je passe mes journée à parler au téléphone ou à boire des cafés en baissant les yeux devant les potins du jours...
On me parle de la Grèce, me demande ce que j'en pense, putain, rien à foutre.
C'est pas à moi qu'ils doivent des thunes les grecs...
Pardons ce connard qui ne m'a pas payé mes heures sups du mois passé, lui il m'en doit...
Alors je me suis enfermé dans les toilettes, j'ai branché mon Iphone sur ce groupe.
Et j'ai écouté pendant quarante minutes cette zic en boucle.
Je me suis mis à pleurer...
Pleurer...

La barque de l'amour s'est brisée contre la vie courante. Comme on dit, l'incident est clos...

J'pense être en dépression, mais c'est normal en un sens. Logique. Boulot de merde, vie de merde, et tutti quanti. Pourtant, par moment je me sens belle et légère. Douce et indocile. Eve est morte... comme Marie... Europe s'est faite violer par Zeus, les grands mythes n'existent plus. On est dans l'époque de l'érotisme télévisuel. La Grèce, le coeur d'une Civilisation endetté et sommé par l'Allemagne de rembourser une dette qui n'existe pas. Oui, ce soir, mojito et tequila.
Je lèverai mon verre à la santé de la lune et je sais que ce soir encore, je ne dormirai pas seule.
Les hommes sont des porcs.
Ils pensent me baiser mais en fait, c'est moi qui leur fait la nique.
Comme le disait La Bruyére ;
Un homme éclate contre une femme qui ne l’aime plus, et se console ; une femme fait moins de bruit quand elle est quittée, et demeure longtemps inconsolable.



G R A T U I T

Samedi 11 juillet, 19h
Princesse + Tropical Horses - BitterSweet(paradise)2015
@ La Fabrique Balades Sonores, Glass
1 avenue Trudaine 75009 Paris
Du lundi au samedi / 11-20h
Métro: Anvers-Barbès-Cadet


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Re: Du rhum des femmes et d'la bière non de Dieu...

Message par jolindien le Sam 11 Juil 2015 - 6:17

Les gens que tu rencontres sont à l'image que tu veux qu'ils soient...
Ou peut-être à l'image que tu veux donner de toi.
Mais cet extérieur est-il finalement responsable, initiateur de ce mal être
Ou bien l'illusion que tu te donnes de cette réalité?
Comble du tout, comble du rien ou paradoxe de l'être qui à tout
Tout pour se sentir bien et tout pour se foutre en l'air

J'ai porté toute la douleur du monde qui m'entoure pendant au moins 30 ans
Et je croyais que c'était ma souffrance, ma peur
Alors j 'ai opté pour cette vision noire et pessimiste de l’extérieur
Et ce coeur battant par saccade en s'accrochant au dualisme que je me créais à chaque instant
Bons, mauvais...sale con ou personne agréable, fatalité de l'homme que de voir ce que sa conscience lui permet...donc une certaine illusion.
Cet incessant tumulte que je cachais (ou pas...) derrière quelques masques...
La fumette me faisant croire que je pourrais être ainsi plus en phase avec le monde
Mais l'amplitude et la fréquence ne se sont jamais harmonisés avec l'extérieur.

A la faveur d'être papa j'ai découvert, me suis ouvert à moi-même,
car on ne peut aimer vraiment l'autre que si on s'aime soi
...
...
Aujourd'hui, la plupart de mes sentiments, affects négatifs se sont dissipés...
Et la nature à horreur du vide?!
Et bien la joie (de vivre) à pris la place qu'elle devait

Voilà le résumé des choses

C'est triste de subir à chaque instant le monde et ce que l'on est
Mais les larmes peuvent aussi être celles du bonheur

Les gens sont égaux à eux-même...et tu n'y peut pas grand chose
La seule chose que l'on puisse faire et de se placer en haut...en haut de notre égo
Et se demander si tout le négatif qu'on projette est utile
Il est utile le temps de comprendre que c'est inutile

Voilà quelques mots posés là
Si tu veux discuter, avec plaisir
Si tu ne veux pas c'est aussi avec le même plaisir

Juste pour rigoler un peu sur les gros porcs...!
Oui certainement pour beaucoup
Mais curieux(ou non) le fait de vouloir attirer à toi le contraire ce que tu sembles être

Tiens ma soeur a rejeté et méprisé les hommes pendant super longtemps
Et merci papa d'avoir était l'être malfaisant par excellence...
Si cela te parle...





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Re: Du rhum des femmes et d'la bière non de Dieu...

Message par jolindien le Sam 11 Juil 2015 - 7:05

Bah j'ai bien l'impression de me poser en figure paternaliste là...
Je crois qu'il est difficile de traduire à travers les mots
un élan du coeur


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Re: Du rhum des femmes et d'la bière non de Dieu...

Message par Vladimir Vissotsky le Dim 12 Juil 2015 - 22:43

Jo;indien a écrit:Bah j'ai bien l'impression de me poser en figure paternaliste là...

Les gens que tu rencontres sont à l'image que tu veux qu'ils soient...
Mais quand je regarde un miroir, est ce que le reflet de ce que je vois est à l'image de ce que je veux qu'il soit ?
Tu dois connaître le mythe de la caverne ?
Je doute que le pauvre bougre assit sur une chaise ne voit que ce qu'il désire voir ?
Oui nous fantasmons sur les gens, nous les prenons pour ce que nous pensons qu'ils sont, en un mot, nous les conceptualisons.
Disons que dans ma vie, j'ai décidé deux choses...



Il y a pour comme disait Descartes, les humains/outils, oui j'ai déformé le concept... Des humains que je ne considère pas, mais attention consciemment et réellement, qui ne m'intéressent pas. Eux j'en cure en soit de les inventer, imager, penser, conceptualiser...
En plus, conne comme je suis, je leur dis directement. Vous me faites chier, vous en voulez qu'à mon cul, ainsi soit-il.
Discours de la Méthode (1637), Ve partie. Œuvres et lettres, La Pléiade, pp. 164-165:

[...] ceux qui, sachant combien de divers automates, ou machines mouvantes, l'industrie des hommes peut faire, sans y employer que fort peu de pièces, à comparaison de la grande multitude des os, des muscles, des nerfs, des artères, des veines, et de toutes les autres parties qui sont dans le corps de chaque animal, considéreront ce corps comme une machine qui, ayant été faite des mains de Dieu, est incomparablement mieux ordonnée et a en soi des mouvements plus admirables qu'aucune de celles qui peuvent être inventées par les hommes.

Et je m'étais ici particulièrement arrêté à faire voir que, s'il y avait de telles machines qui eussent les organes et la figure extérieurs d'un singe ou de quelque autre animal sans raison, nous n'aurions aucun moyen pour reconnaître qu'elles ne seraient pas en tout de même nature que ces animaux ; au lieu que, s'il y en avait qui eussent la ressemblance de nos corps et imitassent autant nos actions que moralement il serait possible, nous aurions toujours deux moyens très certains pour reconnaître qu'elles ne seraient point pour cela des vrais hommes. Dont le premier est que jamais elles ne pourraient user de paroles ni d'autres signes en les composant, comme nous faisons pour déclarer aux autres nos pensées. Car on peut bien concevoir qu'une machine soit tellement faite qu'elle en profère quelques-unes à propos des actions corporelles qui causeront quelques changements en ses organes, comme si on la touche en quelque endroit, qu'elle demande ce qu'on veut lui dire; si en un autre, qu'elle crie qu'on lui fait mal, et choses semblables ; mais non pas qu'elle les arrange diversement pour répondre au sens de tout ce qui se dira en sa présence, ainsi que les hommes les plus hébétés peuvent faire. Et le second est que, bien qu'elles fissent plusieurs choses aussi bien ou peut-être mieux qu'aucun de nous, elles manqueraient infailliblement en quelques autres, par lesquelles on découvrirait qu'elles n'agiraient pas par connaissance, mais seulement par la disposition de leurs organes. Car, au lieu que la raison est un instrument universel qui peut servir en toutes sortes de rencontres, ces organes ont besoin de quelque particulière disposition pour chaque action particulière ; d'où vient qu'il est moralement impossible qu'il y en ait assez de divers en une machine pour la faire agir en toutes les occurrences de la vie de même façon que notre raison nous fait agir. Or, par ces deux mêmes moyens, on peut aussi connaître la différence qui est entre les hommes et les bêtes. Car c'est une chose bien remarquable, qu'il n'y a point d'hommes si hébétés et si stupides, sans en excepter même les insensés, qu'ils ne soient capables d'arranger ensemble diverses paroles, et d'en composer un discours par lequel ils fassent entendre leurs pensées ; et qu'au contraire il n'y a point d'autre animal tant parfait et tant heureusement né qu'il puisse être, qui fasse le semblable. Ce qui n'arrive pas de ce qu'ils ont faute d'organes, car on voit que les pies et les perroquets peuvent proférer des paroles ainsi que nous, et toutefois ne peuvent parler ainsi que nous, c'est?à?dire, en témoignant qu'ils pensent ce qu'ils disent ; au lieu que les hommes qui, étant nés sourds et muets, sont privés des organes qui servent aux autres pour parler, autant ou plus que les bêtes, ont coutume d'inventer d'eux?mêmes quelques signes, par lesquels ils se font entendre à ceux qui, étant ordinairement avec eux, ont loisir d'apprendre leur langue. Et ceci ne témoigne pas seulement que les bêtes ont moins de raison que les hommes, mais qu'elles n'en ont point du tout. (…) Et on ne doit pas confondre les paroles avec les mouvements naturels, qui témoignent des passions, et peuvent être imités par des machines aussi bien que par les animaux; ni penser, comme quelques anciens, que les bêtes parlent, bien que nous n'entendions pas leur langage; car s'il était vrai, puisqu'elles ont plusieurs organes qui se rapportent aux nôtres, elles pourraient aussi bien se faire entendre à nous qu'à leurs semblables.


Puis les autres, ceux que je n'imagine pas, que je prends brutalement.
Par brutal, entendez de façon brute.
Les vrais quoi.

Ceux qui ne mentent pas, qui ne cherchent pas, qui trouvent de temps en temps et qui sont ce qu'ils désirent être.
Le meilleur exemple que je pourrai donner fut un de mes profs de fac. Un dieu à mes yeux. Il engueulait les étudiants comme du poisson pourrit mais alors, des cours de toute beauté. Quand on passait deux heures en amphi, on sortait de là en pesant plus lourd de toute l'intelligence qu'il avait réussi à nous transmettre. Pour une fois que j'ai aimé prendre des kilos.

Dans un sens, si je métaphorise ma première catégorie d'être humain, je parlerai de l'animateur Arthur qui sous le couvert d'une réalité télévisuelle s'invite chez tout le monde sans y être autorisé et nous parle comme ci on était ami. Quel connard.

Et dans la seconde catégorie, je mettrais les personnes qui ne vivent pas que pour eux, ni pour les autres, mais qui vivent sans se demander si respirer est bien ou mal, juste pour se sentir être et exister.
Comme mon prof de fac qui vivait pour vivre et pour qui passer son savoir était essentiel.

A la faveur d'être papa j'ai découvert, me suis ouvert à moi-même
La je dirai que l'argument fait mouche, que je ne suis pas encore maman...
Il paraît qu'on ne naît pas femme, qu'on le devient... je ne suis pas née maman, je le deviendrais.

Jolindien a écrit:Les gens sont égaux à eux-même...et tu n'y peut pas grand chose
La seule chose que l'on puisse faire et de se placer en haut...en haut de notre égo
Et se demander si tout le négatif qu'on projette est utile
Il est utile le temps de comprendre que c'est inutile
De l'utile dans l'inutile... je suis de ceux qui ne crois pas (j'ai hésité à écrire croix...) que rien n'a de sens et que c'est bien ainsi. Même mieux ainsi. Que le sens tue la réalité, que le sens dénature la vie. Ce qui se passe en Syrie et en Irak a du sens, voir même plusieurs sens, mais qui ici en Europe s'en soucie réellement. Alors que l'avenir de notre 21es se joue là bas.
Tu voix Joe, le sens, on lui donne aussi le sens que l'on veux, belle lapalissade.

En tous cas, merci à toi de m'avoir fais écrire.


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Re: Du rhum des femmes et d'la bière non de Dieu...

Message par jolindien le Lun 13 Juil 2015 - 22:28

Sympas ces vidéos.

Je trouve à ta vision des choses une pertinence certaine, mais la triste réalité à t-elle besoin de ta souffrance à son égard...(à ton égard alors)?

Pourquoi le pessimisme n'est-il pas blanc?
Car sinon il éclairerait nos idées noires...
(elle est peut-être pas marrante la blague mais bon!)

Allégorie de la Caverne oui je connais...
Et il est vrai que beaucoup ne croit à l'existence que de ce qui existe dans leur réalité
Ils rejette avec peur le reste
Un peu de gaieté
J'essaye aujourd'hui d'être juste et tolérant dans ma vision de l'autre et du retour que je lui donne...de toute façon pourquoi m’énerver puisque on s’énerve avant tout contre soi...
Je n'ai plus envie de donner de prise aux connards en rentrant dans leur jeu
D'ailleurs j'ai même plus envie de leur en vouloir d'être des connards.

Je donne mon intérêt parfois de façon singulière et impromptue aux autres
j'évite de me demander trop pourquoi (si c'est pour commencer à analyser et réfléchir quand cela se veut ...naturel)
Je le fais si j'ai envie, c'est un élan.
je crois qu'un sourire échangé accompagne avec délice une discussion.
Souvent les discussion se fait "par le bas", mais le bas de quoi...

Ici je peux échanger à mon niveau (et bien plus)
Mais la réalité et plus restreinte (du moins dans l'espace...)
Pourtant
une journée agréable, j'ai rencontré des gens inconnus et échangé des petits moments de vie, de joie;
J'ai aussi discuter plus tard avec une copine venue à la maison...tout de même vous êtes jolies les femmes!





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Re: Du rhum des femmes et d'la bière non de Dieu...

Message par Vladimir Vissotsky le Lun 13 Juil 2015 - 23:57

Plus rien ne va

Sommeillant, je vois, la nuit, des crimes lourds où l'on saigne
Pauvre moi, pauvre de moi ! L'outre est pleine à craquer
Au matin, comme il est âcre, le goût du vin maudit !
Va, dépense tout mon crédit, car j'aurai soif aujourd'hui

Rien ne va, plus rien ne va
pour vivre comme un homme, comme un homme,
comme un homme droit.
Plus rien ne va pour vivre comme un homme doit

Dans tous les cabarets sans fond où je m'enterre chaque nuit,
je suis l'empereur des bouffons, le frère de n'importe qui.
Je vais vomir mon repentir au pied des tabernacles,
mais comment prier dans la fumée de l'encens des diacres ?

Rien ne va, plus rien ne va
pour vivre comme un homme, comme un homme,
comme un homme droit.
Plus rien ne va pour vivre comme un homme doit

Et comme un vieux loup dans les bois, en fuyant le pire,
je suis resté tout seul avec moi, près des montagnes où l'on respire.
C'est là que je voulais trouver un air nouveau sur un sommet plus haut,
mais qui reconnaît de loin un vrai sapin d'un faux sapin ?

Rien ne va, plus rien ne va
pour vivre comme un homme, comme un homme,
comme un homme droit.
Plus rien ne va pour vivre comme un homme doit

Loin de tout manège, je suis ma vie en laissant ma trace dans la neige
Pour qu'il me trouve, l'ami qui me suit loin de tout cortège
Ah venez, levez-vous, venez par ici, devant et derrière !
Nous n'avons que faux amis, faux amours, faux frères

Rien ne va, plus rien ne va
pour vivre comme un homme, comme un homme,
comme un homme droit.
Plus rien ne va pour vivre comme un homme doit

Vois-tu les sorcières ici ou là, dans la forêt qui bouge ?
Vois-tu le bourreau tout là-bas avec son habit rouge ?
Plus rien ne va ici, déjà sur nos chemins de terre,
mais j'ai bien peur que l'au-delà ressemble à un enfer

Rien ne va, plus rien ne va
pour vivre comme un homme, comme un homme,
comme un homme droit.
Plus rien ne va pour vivre comme un homme doit


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Re: Du rhum des femmes et d'la bière non de Dieu...

Message par jolindien le Mar 14 Juil 2015 - 6:24

Et du chaos nait la lumière
nous pouvons tirer le meilleur de l’extérieur
et le faire nôtre
nous pouvons tirer le pire
et l'inviter aussi à nous abaisser (faut-il ne pas ramper comme un larbin déjà!)

Rien ne va, plus rien ne va
pour vivre comme un homme, comme un homme,
comme un homme droit.
Plus rien ne va pour vivre comme un homme doit

Je veux bien mettre ce refrain au passé
je laisse le passé au méandres de ma mémoire
Et je laisse à mon coeur l'immensité des choses
Cette immensité là devant nous
Que nous restreignons tant et trop
Quelle devient alors notre triste réalité

prenons la vision par l'absurde
puisque que rien ne vas
devenons noirs
et apprécions ce joyeux malheur...

La névrose colérique j'en rie (mais je suis juste un enfant pour rire de tout)
j'en rie quand je la vois chez autrui
Je ne m'en moque pas, j'accueille cela avec le sourire
Elle a été mienne tant d'année
j'ai cru qu'elle était moi...
mais non je ne suis pas elle!

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Re: Du rhum des femmes et d'la bière non de Dieu...

Message par jolindien le Mar 14 Juil 2015 - 6:30

Faisons danser nos esprits, ensemble
sans penser au lendemain
Il faut juste apprécier ce qui est
ce qu'on est


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Re: Du rhum des femmes et d'la bière non de Dieu...

Message par jolindien le Mar 14 Juil 2015 - 7:01

Si l'on pouvait seulement profiter d'un instant présent agréable
Et ne pas subir quand il se présente son pendant négatif

C'est fou ou c'est moi qui l'est (cela dit la norme normée est normale, et le fou ne voit pas qu'il l'est?!Mais comme tout devient normal on s'y perd)
Je t'aurais bien accompagné avant dans la fatalité,
moins par moins ou moins plus moins à vrai dire je ne sais plus...
Là j'ai juste envie de t'accompagner avec un peu...de joie, c'est le mot le plus juste que j'ai trouvé.
Et le juste est bon
A défaut d'être normal!

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Re: Du rhum des femmes et d'la bière non de Dieu...

Message par Vladimir Vissotsky le Mar 14 Juil 2015 - 11:32

Jolindien a écrit:Si l'on pouvait seulement profiter d'un instant présent agréable
Et ne pas subir quand il se présente son pendant négatif

C'est fou ou c'est moi qui l'est (cela dit la norme normée est normale, et le fou ne voit pas qu'il l'est?!Mais comme tout devient normal on s'y perd)
Je t'aurais bien accompagné avant dans la fatalité,
moins par moins ou moins plus moins à vrai dire je ne sais plus...
Là j'ai juste envie de t'accompagner avec un peu...de joie, c'est le mot le plus juste que j'ai trouvé.
Et le juste est bon
A défaut d'être normal!
Je ne subis rien, je suis vivante simplement. Et ma vie à ce que d'autres appelle des hauts et des bas (débat ou des bas résilles...)
Moi je pense simplement que respirer est déjà en soit un acte fatiguant et qu'on aurait du créer un organisme qui existerait sans cela.
Les microbiens respirent ils ???

Bref, par delà le bien et le mal(e) comme disait l'autre.
Par delà...


On ne veut pas être rattrapé par le passé, mais même ici, dans un lieu virtuel on est rattrapé...

Alertes tes mains, avide ta bouche, attrape-moi !
Butine-moi, découvre tous mes trésors, dépêche-toi !
Câline-ma croupe ou claque là, je suis à toi !
Dénude-moi, oui vite, défroque-toi !
Entame, esquisse, achève, essouffle-moi !
Fruit juteux sous ta langue, je coule pour toi !
Gland gonflé en mon palais, régale-moi !
Harcèle-moi de tes doigts, à bout, pousse-moi !
Introduis-toi, agite-toi, prend-moi !
Joue-toi de moi, joue avec moi, je m’offre à toi !
Kidnappe-moi, otage volontaire, abuse de moi !
Lape-moi, lèche-moi, je veux ta bouche sur moi !
Malaxe-moi, mordille-moi, oui masturbe-moi !
Nourris le feu en moi, embrase-moi !
Ondule sur moi, loin, enfouis-toi en moi !
Pénètre-moi, perfore-moi, je crie pour toi !
Quitte ta torpeur, je veux tout, fort, baise-moi !
Retourne-moi, retire toi, plus fort, reprend-moi !
Sidère-moi, je veux expier pour toi !
Terrasse-moi, ma tête, mon corps, tout est à toi !
Use-moi, submerge moi !
Vandalise-moi, vénère-moi, vis en moi !

Wagon d’eau saline, soudain, je me liquéfie pour toi !
Xérès entre mes cuisses, tu m’offres le meilleur de toi !
Yeux dans les tiens, je m’envole pour toi !
Zénith tu resteras, en tête le souvenir de toi !

Vladimir Vissotsky
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Re: Du rhum des femmes et d'la bière non de Dieu...

Message par Invité le Mar 14 Juil 2015 - 12:01

Vladimir n'est pas femelle,
ça colle pas avec la case que j'ai créé pour les femelles.

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Re: Du rhum des femmes et d'la bière non de Dieu...

Message par Ayla le Mar 14 Juil 2015 - 13:10

Rock Edit: Attention!! Post Juxebox!!! Rock

Là encore je découvre cette chanson des Têtes Raides, et pourtant c'est un groupe que j'affectionne beaucoup et écoute régulièrement! (par contre, Cayenne, j'la connaissais! souvenirs et flash-backs de mes 14-15 ans Wink

En résonance aux amis de ta femme, me vient La Rue Ketanou et les VRP... :

 

En résonance à ton dernier post, me vient cette flopée musicale (merci pour la balade musicale^^):


Paroles de Notre Besoin De Consolation Est Impossible à Rassasier, Stig Dagerman:

Je suis dépourvu de foi et ne puis donc être heureux, car un homme qui risque de craindre que sa vie soit une errance absurde vers une mort certaine ne peut être heureux. Je n'ai reçu en héritage ni dieu, ni point fixe sur la terre d'où je puisse attirer l'attention d'un dieu : on ne m'a pas non plus légué la fureur bien déguisée du sceptique, les ruses de Sioux du rationaliste ou la candeur ardente de l'athée. Je n'ose donc jeter la pierre ni à celle qui croit en des choses qui ne m'inspirent que le doute, ni à celui qui cultive son doute comme si celui-ci n'était pas, lui aussi, entouré de ténèbres. Cette pierre m'atteindrait moi-même car je suis bien certain d'une chose : le besoin de consolation que connaît l'être humain est impossible à rassasier.

En ce qui me concerne, je traque la consolation comme le chasseur traque le gibier. Partout où je crois l'apercevoir dans la forêt, je tire. Souvent je n'atteins que le vide mais, une fois de temps en temps, une proie tombe à mes pieds. Et, comme je sais que la consolation ne dure que le temps d'un souffle de vent dans la cime d'un arbre, je me dépêche de m'emparer de ma victime.

Qu'ai-je alors entre mes bras ?

Puisque je suis solitaire : une femme aimée ou un compagnon de voyage malheureux. Puisque je suis poète : un arc de mots que je ressens de la joie et de l'effroi à bander. Puisque je suis prisonnier : un aperçu soudain de la liberté. Puisque je suis menacé par la mort : un animal vivant et bien chaud, un cœur qui bat de façon sarcastique. Puisque je suis menacé par la mer : un récif de granit bien dur.

Mais il y a aussi des consolations qui viennent à moi sans y être conviées et qui remplissent ma chambre de chuchotements odieux : Je suis ton plaisir - aime-les tous ! Je suis ton talent - fais-en aussi mauvais usage que de toi-même ! Je suis ton désir de jouissance - seuls vivent les gourmets ! Je suis ta solitude - méprise les hommes ! Je suis ton aspiration à la mort - alors tranche !

Le fil du rasoir est bien étroit. Je vois ma vie menacée par deux périls : par les bouches avides de la gourmandise, de l'autre par l'amertume de l'avarice qui se nourrit d'elle-même. Mais je tiens à refuser de choisir entre l'orgie et l'ascèse, même si je dois pour cela subir le supplice du gril de mes désirs. Pour moi, il ne suffit pas de savoir que, puisque nous ne sommes pas libres de nos actes, tout est excusable. Ce que je cherche, ce n'est pas une excuse à ma vie mais exactement le contraire d'une excuse : le pardon. L'idée me vient finalement que toute consolation ne prenant pas en compte ma liberté est trompeuse, qu'elle n'est que l'image réfléchie de mon désespoir. En effet, lorsque mon désespoir me dit : Perds confiance, car chaque jour n'est qu'une trêve entre deux nuits, la fausse consolation me crie : Espère, car chaque nuit n'est qu'une trêve entre deux jours.

Mais l'humanité n'a que faire d'une consolation en forme de mot d'esprit : elle a besoin d'une consolation qui illumine. Et celui qui souhaite devenir mauvais, c'est-à-dire devenir un homme qui agisse comme si toutes les actions étaient défendables, doit au moins avoir la bonté de le remarquer lorsqu'il y parvient.

Personne ne peut énumérer tous les cas où la consolation est une nécessité. Personne ne sait quand tombera le crépuscule et la vie n'est pas un problème qui puisse être résolu en divisant la lumière par l'obscurité et les jours par les nuits, c'est un voyage imprévisible entre des lieux qui n'existent pas. Je peux, par exemple, marcher sur le rivage et ressentir tout à coup le défi effroyable que l'éternité lance à mon existence dans le mouvement perpétuel de la mer et dans la fuite perpétuelle du vent. Que devient alors le temps, si ce n'est une consolation pour le fait que rien de ce qui est humain ne dure - et quelle misérable consolation, qui n'enrichit que les Suisses !

Je peux rester assis devant un feu dans la pièce la moins exposée de toutes au danger et sentir soudain la mort me cerner. Elle se trouve dans le feu, dans tous les objets pointus qui m'entourent, dans le poids du toit et dans la masse des murs, elle se trouve dans l'eau, dans la neige, dans la chaleur et dans mon sang. Que devient alors le sentiment humain de sécurité si ce n'est une consolation pour le fait que la mort est ce qu'il y a de plus proche de la vie - et quelle misérable consolation, qui ne fait que nous rappeler ce qu'elle veut nous faire oublier !

Je peux remplir toutes mes pages blanches avec les plus belles combinaisons de mots que puisse imaginer mon cerveau. Etant donné que je cherche à m'assurer que ma vie n'est pas absurde et que je ne suis pas seul sur la terre, je rassemble tous ces mots en un livre et je l'offre au monde. En retour, celui-ci me donne la richesse, la gloire et le silence. Mais que puis-je bien faire de cet argent et quel plaisir puis-je prendre à contribuer au progrès de la littérature - je ne désire que ce que je n'aurai pas : confirmation de ce que mes mots ont touché le cœur du monde. Que devient alors mon talent si ce n'est une consolation pour le fait que je suis seul - mais quelle épouvantable consolation, qui me fait simplement ressentir ma solitude cinq fois plus fort !

Je peux voir la liberté incarnée dans un animal qui traverse rapidement une clairière et entendre une voix qui chuchote : Vis simplement, prends ce que tu désires et n'aie pas peur des lois ! Mais qu'est-ce que ce bon conseil si ce n'est une consolation pour le fait que la liberté n'existe pas - et quelle impitoyable consolation pour celui qui s'avise que l'être humain doit mettre des millions d'années à devenir un lézard !

Pour finir, je peux m'apercevoir que cette terre est une fosse commune dans laquelle le roi Salomon, Ophélie et Himmler reposent côte à côte. Je peux en conclure que le bourreau et la malheureuse jouissent de la même mort que le sage, et que la mort peut nous faire l'effet d'une consolation pour une vie manquée. Mais quelle atroce consolation pour celui qui voudrait voir dans la vie une consolation pour la mort !

Je ne possède pas de philosophie dans laquelle je puisse me mouvoir comme le poisson dans l'eau ou l'oiseau dans le ciel. Tout ce que je possède est un duel, et ce duel se livre à chaque minute de ma vie entre les fausses consolations, qui ne font qu'accroître mon impuissance et rendre plus profond mon désespoir, et les vraies, qui me mènent vers une libération temporaire. Je devrais peut-être dire : la vraie car, à la vérité, il n'existe pour moi qu'une seule consolation qui soit réelle, celle qui me dit que je suis un homme libre, un individu inviolable, un être souverain à l'intérieur de ses limites.

Mais la liberté commence par l'esclavage et la souveraineté par la dépendance. Le signe le plus certain de ma servitude est ma peur de vivre. Le signe définitif de ma liberté est le fait que ma peur laisse la place à la joie tranquille de l'indépendance. On dirait que j'ai besoin de la dépendance pour pouvoir finalement connaître la consolation d'être un homme libre, et c'est certainement vrai. A la lumière de mes actes, je m'aperçois que toute ma vie semble n'avoir eu pour but que de faire mon propre malheur. Ce qui devrait m'apporter la liberté m'apporte l'esclavage et les pierres en guise de pain.

Les autres hommes ont d'autres maîtres. En ce qui me concerne, mon talent me rend esclave au point de pas oser l'employer, de peur de l'avoir perdu. De plus, je suis tellement esclave de mon nom que j'ose à peine écrire une ligne, de peur de lui nuire. Et, lorsque la dépression arrive finalement, je suis aussi son esclave. Mon plus grand désir est de la retenir, mon plus grand plaisir est de sentir que tout ce que je valais résidait dans ce que je crois avoir perdu : la capacité de créer de la beauté à partir de mon désespoir, de mon dégoût et de mes faiblesses. Avec une joie amère, je désire voir mes maisons tomber en ruine et me voir moi-même enseveli sous la neige de l'oubli. Mais la dépression est une poupée russe et, dans la dernière poupée, se trouvent un couteau, une lame de rasoir, un poison, une eau profonde et un saut dans un grand trou. Je finis par devenir l'esclave de tous ces instruments de mort. Ils me suivent comme des chiens, à moins que le chien, ce ne soit moi. Et il me semble comprendre que le suicide est la seule preuve de la liberté humaine.

Mais, venant d'une direction que je ne soupçonne pas encore, voici que s'approche le miracle de la libération. Cela peut se produire sur le rivage, et la même éternité qui, tout à l'heure, suscitait mon effroi est maintenant le témoin de mon accession à la liberté. En quoi consiste donc ce miracle ? Tout simplement dans la découverte soudaine que personne, aucune puissance, aucun être humain, n'a le droit d'énoncer envers moi des exigences telles que mon désir de vivre vienne à s'étioler. Car si ce désir n'existe pas, qu'est-ce qui peut alors exister ?

Puisque je suis au bord de la mer, je peux apprendre de la mer. Personne n'a le droit d'exiger de la mer qu'elle porte tous les bateaux, ou du vent qu'il gonfle perpétuellement toutes les voiles. De même, personne n'a le droit d'exiger de moi que ma vie consiste à être prisonnier de certaines fonctions. Pour moi, ce n'est pas le devoir avant tout mais : la vie avant tout. Tout comme les autres hommes, je dois avoir droit à des moments où je puisse faire un pas de côté et sentir que je ne suis pas seulement une partie de cette masse que l'on appelle la population du globe, mais aussi une unité autonome.

Ce n'est qu'en un tel instant que je peux être libre vis-à-vis de tous les faits de la vie qui, auparavant, ont causé mon désespoir. Je peux reconnaître que la mer et le vent ne manqueront pas de me survivre et que l'éternité se soucie peu de moi. Mais qui me demande de me soucier de l'éternité ? Ma vie n'est courte que si je la place sur le billot du temps. Les possibilités de ma vie ne sont limitées que si je compte le nombre de mots ou le nombre de livres auxquels j'aurai le temps de donner le jour avant de mourir. Mais qui me demande de compter ? Le temps n'est pas l'étalon qui convient à la vie. Au fond, le temps est un instrument de mesure sans valeur car il n'atteint que les ouvrages avancés de ma vie.

Mais tout ce qui m'arrive d'important et tout ce qui donne à ma vie son merveilleux contenu : la rencontre avec un être aimé, une caresse sur la peau, une aide au moment critique, le spectacle du clair de lune, une promenade en mer à la voile, la joie que l'on donne à un enfant, le frisson devant la beauté, tout cela se déroule totalement en dehors du temps. Car peu importe que je rencontre la beauté l'espace d'une seconde ou l'espace de cent ans. Non seulement la félicité se situe en marge du temps mais elle nie toute relation entre celui-ci et la vie.

Je soulève donc de mes épaules le fardeau du temps et, par la même occasion, celui des performances que l'on exige de moi. Ma vie n'est pas quelque chose que l'on doive mesurer. Ni le saut du cabri ni le lever du soleil ne sont des performances. Une vie humaine n'est pas non plus une performance, mais quelque chose qui grandit et cherche à atteindre la perfection. Et ce qui est parfait n'accomplit pas de performance : ce qui est parfait œuvre en état de repos. Il est absurde de prétendre que la mer soit faite pour porter des armadas et des dauphins. Certes, elle le fait - mais en conservant sa liberté. Il est également absurde de prétendre que l'homme soit fait pour autre chose que pour vivre. Certes, il approvisionne des machines et il écrit des livres, mais il pourrait tout aussi bien faire autre chose. L'important est qu'il fasse ce qu'il fait en toute liberté et en pleine conscience de ce que, comme tout autre détail de la création, il est une fin en soi. Il repose en lui-même comme une pierre sur le sable.

Je peux même m'affranchir du pouvoir de la mort. Il est vrai que je ne peux me libérer de l'idée que la mort marche sur mes talons et encore moins nier sa réalité. Mais je peux réduire à néant la menace qu'elle constitue en me dispensant d'accrocher ma vie à des points d'appui aussi précaires que le temps et la gloire.

Par contre, il n'est pas en mon pouvoir de rester perpétuellement tourné vers la mer et de comparer sa liberté avec la mienne. Le moment arrivera où je devrai me retourner vers la terre et faire face aux organisateurs de l'oppression dont je suis victime. Ce que je serai alors contraint de reconnaître, c'est que l'homme a donné à sa vie des formes qui, au moins en apparence, sont plus fortes que lui. Même avec ma liberté toute récente je ne puis les briser, je ne puis que soupirer sous leur poids. Par contre, parmi les exigences qui pèsent sur l'homme, je peux voir lesquelles sont absurdes et lesquelles sont inéluctables. Selon moi, une sorte de liberté est perdue pour toujours ou pour longtemps. C'est la liberté qui vient de la capacité de posséder son propre élément. Le poisson possède le sien, de même que l'oiseau et que l'animal terrestre. Thoreau avait encore la forêt de Walden - mais où est maintenant la forêt où l'être humain puisse prouver qu'il est possible de vivre en liberté en dehors des formes figées de la société ?

Je suis obligé de répondre : nulle part. Si je veux vivre libre, il faut pour l'instant que je le fasse à l'intérieur de ces formes. Le monde est donc plus fort que moi. A son pouvoir je n'ai rien à opposer que moi-même - mais, d'un autre côté, c'est considérable. Car, tant que je ne me laisse pas écraser par le nombre, je suis moi aussi une puissance. Et mon pouvoir est redoutable tant que je puis opposer la force de mes mots à celle du monde, car celui qui construit des prisons s'exprime moins bien que celui qui bâtit la liberté. Mais ma puissance ne connaîtra plus de bornes le jour où je n'aurai plus que le silence pour défendre mon inviolabilité, car aucune hache ne peut avoir de prise sur le silence vivant.

Telle est ma seule consolation. Je sais que les rechutes dans le désespoir seront nombreuses et profondes, mais le souvenir du miracle de la libération me porte comme une aile vers un but qui me donne le vertige : une consolation qui soit plus qu'une consolation et plus grande qu'une philosophie, c'est-à-dire une raison de vivre.







Edit 2: Oups, j'en ai vraiment mis une flopée... Rolling Eyes Embarassed si y'en a trop, fais signe, j'épurerai mon post pour pas trop m'étaler, m'avachir, (sur)charger ton fil...

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Re: Du rhum des femmes et d'la bière non de Dieu...

Message par 'C.Z. le Mar 14 Juil 2015 - 13:29

re

'C.Z.
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Re: Du rhum des femmes et d'la bière non de Dieu...

Message par Ayla le Mar 14 Juil 2015 - 23:57

Les drunkun dwarfs déjantés m'ont fait resurgir ce pitbull...







Au dodo !

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Re: Du rhum des femmes et d'la bière non de Dieu...

Message par jolindien le Mer 15 Juil 2015 - 0:07

Vlad ...(si le noir te sied à raison)
Je ne subis rien, je suis vivante simplement. Et ma vie à ce que d'autres appelle des hauts et des bas (débat ou des bas résilles...)
Moi je pense simplement que respirer est déjà en soit un acte fatiguant et qu'on aurait du créer un organisme qui existerait sans cela.
Les microbiens respirent ils ???

Bref, par delà le bien et le mal(e) comme disait l'autre.
Par delà...

on peut aussi tirer (par) le bas, ça reste plus ou moins intéressant c'est selon
Au fait si les microbiens ne respirent pas c'est qu'ils en ont pas besoin...
La respiration est un réflexe non...c'est fatiguant car nécessaire?!
Par delà...sans bien ni mal alors?Une logique d'absolu?
C'est quand même un concept bien humain le bien, le mal
A force de concepts la vie s'étiole peut-être bien
Et nous avec
Le tout ou rien comme le tout blanc ou noir je l'ai mis de coté
Même-moi, surtout pas moi...n'aurait crû pouvoir m'extirper de cette dichotomie de l'humeur


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Re: Du rhum des femmes et d'la bière non de Dieu...

Message par Vladimir Vissotsky le Dim 19 Juil 2015 - 10:51

http://www.arte.tv/guide/fr/046190-000/planete-corps

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Re: Du rhum des femmes et d'la bière non de Dieu...

Message par Ayla le Dim 19 Juil 2015 - 14:05

très chouette documentaire...superbes images, et très bon comparatif écosystème Terre-corps humain...
cela a bien agrémenté mon début de dimanche!

Ayla
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Re: Du rhum des femmes et d'la bière non de Dieu...

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