ET LES ETOILES S'ETEIGNERENT... PUIS LE CIEL, INONDERENT.

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Message par CarpeDiem le Dim 13 Jan 2013 - 12:43

Bonjour à tous! Voilà, j'avais envie de partager ce que j'ai écrit il y a un petit moment sur une série que j'aime beaucoup: Castle.

Ceci est donc une fanfiction.

Résumé : ce qui se passe dans l’épisode « Always » ( 4x23) à la fin quand Beckett rejoint Castle chez lui ( et un peu avant ce moment).

Pour ceux qui ne connaissent pas, en gros, l'histoire se passe entre une femme flic (Kate Beckett) et un romancier (Rick Castle) qui la suit dans ses activités policières pour, au début, écrire un livre (avoir l'inspiration) et ensuite, parce qu'il naît des sentiments entre eux.
Dans un trailer, après avoir joué au jeu du chat et de la souris pendant 4 saisons, on les voit s'embrasser...

Sans avoir vu l'épisode, j'ai voulu décrire ce qui pouvait se passer, du point de vue de Beckett.

C'était un moment très onirique pour moi et j'ai voulu le retranscrire en tant que tel, de manière très esthétique, poétique... Bien qu'écrivant beaucoup de poèmes, lorsque j'écris autre chose, je n'écris pas forcément tant dans la métaphore et dans le poétique mais l'instant s'y prêtait tellement que je suis partie dans mon délire...

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ET LES ETOILES S'ETEIGNERENT... PUIS LE CIEL, INONDERENT.

Chap.1:

Que faisais-je ici? Le froid engloutissait la nuit sous une brûme envoûtante,
je frissonnais d'angoisse... une angoisse lourde et culpabilisatrice...

Où en étais-je exactement? J'avais beau être là, sur cette balançoire, allant doucement
dans un mouvement ensorcelant. La pluie battait ça et là autour de moi, elle s'enroulait
autour de moi, elle s'enrollait autour de moi, virevoltant dans mes cheveux, caressant
les sillons de mes sourcils arqués en une inquiétude démesurée... De minces filets d'eau
ruisselaient, vagabondaient sur mon corps transi de froid et s'acheminaient jusqu'à mes jambes
flageolantes. On eût dit qu'ils emportaient mes pensées, mes remords, mes doutes...

Depuis combien de temps étais-je là déjà? Aucune idée... Le monde autour de moi me semblait
en mouvement perpétuel, une fourmilière noctambule, un essaim d'abeilles butinant les allées
de la vie, s'échinant sur les trottoirs des envies, tournoyant autour des magasins environ-
nants.

Et puis, il y avait moi.

Il y avait moi en deça de la réalité, au-delà des songes, perdue dans cette immensité,
dans ce trouble inhérent au monde... Je devais faire pâle figure au milieu
de ces scintillements que projetaient de lointains réverbères, une figure quasi-fantasmagorique
plongée dans la cohue infernale qui animait étrangement cette nuit.
Il y avait moi, immobile sur la balançoire vertigineuse de mes désirs.

Mes désirs? Quels étaient-ils? Que voulais-je au fond de moi? Ne le savais-je pas depuis
bien longtemps?

Je repensais alors, malgré moi, à cette discussion avec Castle. Rick Castle. Une partie de moi, presque choquée,
ne voulait même pas y songer, ne pas réfléchir, ne pas tergiverser, juste laisser cela de côté...
Il avait prononcé ces mots forts et érigé autour de nous une insoutenable vérité... qu'il me fallait
affronter: il m'aimait,il m'aimait... il m'aimait! Non, ce n'était pas que cela... il m'aimait,
il me désirait, il n'en voulait pas d'autres, il me voulait moi, cette femme remarquable qu'il
décrivait... tandis que ses prunelles bleus réflectaient la sincérité la plus totale.

Etais-je prête à être cette femme? Etais-je prête à me livrer? A aimer? D'abord, qu'est-ce que l'amour?
Comment se comporte-on?

J'ignore ce que je dois faire, comment je dois agir, comme je dois survivre?

Je ressassais alors mon attitude lors de cette discussion pour le moins hoûleuse. Après qu'il m'eût
avoué ce qu'il avait sur le coeur, j'étais tellement hors de moi, je me sentais tellement trahie et en même
temps si émue, touchée au plus profond de mon être par tant d'amour que je ne sus pas bien comment
me comporter... que dire à quelqu'un qui vous trahi de la pire manière qu'il soit, mais pour vous protéger?
Que lui dire quand cette personne vous avoue, pour la seconde fois, ses sentiments de la manière la plus
émouvante et puissante qu'on puisse imaginer?
C'eûrent été des questions auxquelles j'aurais pu réfléchir pendant des heures si Castle n'avait, une fois
de plus, pris les choses en main.

En effet, après sa volubile déclaration, il ne me laissa pas le temps de répondre, réagir, de me ressaisir..
Il parti alors d'un pas empressé, et clôtura cette infernale distance qui le séparait de la porte d'entrée de mon
appartement... Toutefois, il se figea un instant, sa main saillie de veines exacerbées, se raccrochant à la poignée, et
se retourna, les yeux embués, avant d'assener cette vérité à l'origine de ce fossé lacunaire entre nous:
" Tu sais, Kate, tu n'as qu'un geste à faire..."
L'instant d'après, la porte se refermait prématurément, symbole de cette cassure entre deux mondes liés, entre deux
êtres dévastés, mais deux êtres scellés, solidement ancrés dans l'histoire comme n'importe quel fait qui aurait historiquement
eu lieu.

Et maintenant, j'abhorrais le silence et le désarrois comme un prêtre porte la soutane.
"Tu n'as qu'un geste à faire". Ces mots résonnaient, tournaient, vertigineux, dans mon esprit renversé.
A croire qu'un arbre fictif tissait sa toile dans mon cerveau, où surnageraient alors les branches de la colère et du mal-être, cependant supplantées par les racines de l'espoir et du désir...

Et si..? Et si je laissais mes doutes de côté? Et si je faisais confiance? Et si je lui faisais confiance?
Et si je me laissais guidée par cette ébauche très prometteuse qui renaissait à chaque fois dès lors que mon
regard croisait celui de Castle? Ces sentiments indescriptibles qui parcouraient mon être entier, pour le faire vibrer
jusqu'à pousser le vice jusqu'au bout... et me transporter alors de ce désir intense qui vrille mon âme chaque jour un peu plus?

Et c'est à ce moment-là, le corps gelé, le regard embué de cette pluie intempestive, que mon coeur vacilla sous le poids des silences et se résolu à ouvrir ses veines pour que coule à flôts un bain d'attirance et d'amour à la couleur des roses rouges...
Chap.2:

Me relevant avec peine de cette balançoire, quittant symboliquement l'abîme de mon éternelle solitude face à cette perpétuelle bataille intérieure, mes jambes s'articulèrent jusqu'à se mouvoir dans cette danse frénétique, dans cette course atypique... Pendant que l'enclume de mes sentiments assaillait mon être tout entier et enfouissait mon esprit dans un tourbillon onirique mais nébuleux.

Les couleurs défilaient, les allées se succédaient, striées par le rythme crescendo de mon coeur qui battait à tout rompre en mes tempes, rougies par l'afflux sanguin de mon entrain. J'étais ailleurs... dans cette infinité de possibilités. Enfin, mon âme ouvrait la porte... non... il n'y avait plus de porte... pas de serrure... pas de mur.

Et mon âme courait tandis que mon corps scandait. L'un était l'autre et réciproquement. Tout deux clamaient la vérité, tout deux pourchassaient l'origine de cette vérité. Ma conscience battait le pavé et mon corps harcelait mes sentiments. Je ne me reconnaissais plus. Qui étais-je à présent?

Mes cheveux, jadis délicatement posés en un ruban soyeux qui caressait mes épaules prenaient à présent le vent, se gonflaient de plaisir, ondulaient en rythme dans l'air épuré, éclairci, frais et humide qui succédait à cette pluie champêtre. Humide comme ces larmes qui continuaient malgré tout leur course, dessinant le chemin suprême vers cette esquisse de sourire qui muait mes lèvres en ébauche de promesses... quel genre de promesses?

Je n'étais pas Castle et il n'était pas moi. Allait-il me comprendre? Allais-je le comprendre? Allais-je ME comprendre?

Il me semblait que je n'étais plus moi, comme en-dehors de moi-même. Mon essence me regardait d'en haut, j'étais fourmi au microscope, animal sauvage au zoo de mon étourdissante folie. Pourtant, ce n'était pas une forme de recul envers moi-même. Mais j'étais là, coupée de mon propre corps, observant de haut cet organisme fragilisé par l'amour, endurci par l'espoir, étreint par le désir... J'étais émondée, mon souffle intérieur avait fuit la coquille qui me protégeait des tornades émotionnelles, des sempiternels attachements... vains. J'étais là, au coeur de l'histoire. Histoire unique.
Je vivais, je revivais ou...je commençais à vivre?

Mais...j'étais seule. Ce mur, ressuscité, avait à présent la forme de cette porte boisée. Un ultime rempart à mes intimes attentes, perdues quelque part au gré de mon escalade intérieure, qui parfois retombait et se rattrapait in extremis à une dalle, allégorie d'une ancre jetée dans l'immensité de la mer.
Mes yeux, éperdus, fixait obstinément cette porte. Le silence faisait rage au dehors tandis que la rage faisait silence en mon corps. C'est tout naturellement que ma main vint sceller l'accord entre mon corps et mon coeur, entre cet abîme au-dedans et cette réalité face à moi.
Je passais alors cette main sur ce rempart, caressant les sinuosités de ce vulgaire morceau de bois et me mis à rire, rire, rire... de ce rire démoniaque, époustouflant, fou, psychédélique... la furie gondolait mon corps, crispait mon abdomen et me faisait onduler, ombre téméraire mais échevelée et quasi-chimérique dans la pénombre de ce couloir obscure, éclairé de petites lampes, façon médiévale.
Tellement d'ironie dans ce geste de ma main... Le relief de cette porte était comme cette voie entre Castle et moi, irrégulière, menaçante mais envoûtante.
J'aimais sentir ce côté râpeux et sailli de ce bois comme j'aimais sentir la maladresse du désir et des sentiments entre Castle et moi.

Je me laissais choir contre la porte, mon corps effleurant cette cloison. Lentement, mon corps se calma et les soubresauts marquant cette effroyable crise s'estompèrent... Les minutes s'égrenèrent et je restais là, plantée dans le décor, côtoyant le tapis, rabaissée plus bas que terre, mordant presque la poussière.
La colère se fit alors en moi, forte, passionnelle, inquisitrice, énonciatrice des événements à venir...
Chap.3 :

L’animosité qui secouait mon corps était à la fois douce et
violente : elle me rendait vivante !

J’exécrais ainsi mon mal-être intérieur, cette réserve qui
me dévorait, qui m’emprisonnait dans mon propre corps… La tension en moi
montait subitement, violemment. C’était maintenant, je le sentais en moi. Le
moment était venu…

Je réalisais alors que j’étais là, à la porte de l’appartement de Castle,
Castle qui ne voulait plus avoir affaire à moi en ce moment-même…

Pris dans un élan de considération et de concession, malgré
cette renversante ire, je décidais de l’appeler. Je me relevais alors
prestement et le feu salvateur qui m’habitait intensément me fit soudainement sourire,
rien n’était fait, rien n’était joué mais j’étais dans la place, je me battais
enfin pour ce que je voulais, pour celui que je voulais. Je lançais alors
l’appel, un sourire indécent collé aux lèvres, le regard flamboyant… et
attendit… Une sonnerie, puis deux, puis trois, puis… le répondeur de
Castle ! Je poussais alors un soupir de désarrois tout en levant les yeux
aux ciel et éteignit brutalement mon portable afin de couper court à cette voix
que je chérissais tant et qui me paraissait maintenant si cruelle…

Biensûr, je savais qu’il était fâché mais… ne pas vouloir prendre cet appel, ne
pas daigner me parler ne serait-ce que… deux minutes… Cela me paraissait si
significatif entre nous. J’avais des difficultés à me l’expliquer… mais c’était
sans conteste le fruit d’une cassure indéfectible…

Je compris alors à quel point il était plongé dans ses
retranchements, à quel point j’avais pu le heurter dans mon emportement, mon
empressement à trouver cette vérité. Vérité qui avait tissé le voile de ma
vie. Le voile. Le mur. Oui, sans le savoir, sans le vouloir, j’avais bâti une
forteresse autour de moi.

Jusqu’à quel point peut-on vouloir une réponse par-delà même
la réalité qui s’offre à nous ? Jusqu’à quel point le passé peut-il
surplomber le présent, ou même l’avenir ?

Oui, je réalisais soudainement que, durant toutes ces années, durant mon
enfance, empreinte de peur, de désir de vengeance, de désir de vérité, j’avais
mis ma vie entre parenthèses, vécu au travers de ce meurtre immonde qui avait
soulevé ma fureur comme jamais on ne le peut auprès d’un enfant…

Puis-je réellement dire que j’avais vécu ? Ce n’était
pas vrai, pas vraisemblable, ce n’était pas la vérité. Cette vérité que je
recherchais à tout prix, n’était-elle pas là ? Face à moi ?
N’était-ce pas elle qui me fixait chaque nuit dans l’obscurité de mes songes,
dans le noir incrédule de la nuit, dans mes drames cauchemardesques les plus
profonds ?
Il m’incombait à présent, je le savais, de voir la vérité en face, de prendre
possession de cette vie et d’abandonner cet autre monde où l’émanescence de ma
mère prenait corps et âme en ces lieux… Oui, un peu de son ADN marquait mes
origines comme un fer pointe son sceau en brûlant et rougeoyant votre être…
mais non, je n’étais pas plus ma mère que quiconque autour d’elle… j’étais moi…

Vaste mot.

Lorsque l’on s’est construit autour d’un personnage, peut-on alors se
définir ?

Car… ma mère ne demeurait, somme toute, qu’un personnage
fictif, arrosé ça et là de ma vérité, de mon immanité à la faire renaître… car
je me devais de reconnaître que j’avais épicé ma vie et surtout celle des
autres de mes incroyables, irrépressibles et horribles simulacres pour la
réanimer. J’étais vile dans ce dessein. J’étais vile dans mon destin.

Pourtant, je l’avais très peu connu… et pendant tout ce
temps, je l’avais dénaturé, je l’avais adulé, érigé en personnage digne du
panthéon comme on dresse un étendard, fier de ses origines… Oui, je l’avais
hissé au plus haut sommet, au plus intense des sommeils quand elle hantait mes longues
et effroyables nuits, comme je m’étais noyé dans les profondeurs les plus
sombres que l’être humain puisse porter.

Aujourd’hui, j’étais comme un nouveau-né. Je découvrais le monde à ma portée et
l’incidence de ma portée. Je pouvais vivre, je devais vivre.

Je regardais ce monde avec des yeux vifs, neufs, où
miroitait l’étendue des possibilités…
Aujourd’hui, c’est moi qui renaissait et tandis que l’oiseau meurtri, cette
mère tant chérie, se descellait de part en part, j’étais ce somptueux phénix
qui renaissait de ces cendres-là.

En d’autres termes, j’avais tué ma mère! J’existais à ces
dépens. Quelle atroce et douloureuse vérité ! Comment tuer et vivre en
même temps ? Comment détrôner et rayonner en même temps ?

Mais n’avais-je pas la raison, la réponse à portée de main ? Et puis…
n’avais-je pas le droit de vivre, d’être ? D’être simplement moi, un être
indépendant régit par sa vie, ses envies, ses peurs, ses propres sensations
sans que rien d’autre n’eût le loisir d’y planter sa lame et d’en rayer l’étau
rassurant de ses bras immaculés ?

Oui, en ce jour nouveau, j’étais. Je suis. Je serai. Je me perpétuerai. Je me
réinventerai chaque jour pour créer indécemment une aube nouvelle, sincère et
rassurante, honnête et lénifiante.

Me retournant alors face à cette porte, prémisse d’une
nouvelle ère, mon regard se fit sûr, franc, net, imperturbable, mon cou se dressa,
droit et fier comme un paon et c’est ainsi que ma main se leva, prête. Je
savais alors ce qui se passerait plus tard. Je le savais car je le voulais et…
c’était normal. Au fond, c’était écrit, c’était inéluctable, je le sentais,
c’était là, au fond de moi mais c’était aussi là, jouxtant la face du monde, la
vérité était aérienne, troublante mais vibrante dans l’air orageux de cette
soirée… pas comme les autres.
CarpeDiem
CarpeDiem

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Date d'inscription : 26/12/2012

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