Je ne suis pas un numéro (de QI), je suis un homme libre

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Message par onniksi Jeu 9 Fév 2012 - 5:34

Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre. Plus sérieusement, j'apprécie ce forum car il est difficile de trouver un site où les zèbres peuvent échanger, ou simplement déclamer sans forcément se comparer le qi (je trouve cela freudien comme démarche). Pour ma part, ce chiffre me renvoie plutôt à la quantification de ce que je considère comme un handicap. Attention, ces propos et ceux qui vont suivre n'engagent que moi et mon expérience personnelle, je n'ai aucune prétention de considérer que tous rencontrent les mêmes problèmes (nous sommes statistiquement plus d'un million en france), se posent les mêmes questions. Car si nous avons quelques caractéristiques communes, nous restons riches de notre diversité.

N'ayant presque jamais parlé de ma spécificité à mon entourage, je vais essayer de vider mon sac ici, cela m'aidera peut-être.

J'ai été un eip décelé sur le tard (en fait quand j'ai pu me payer moi-même les tests), mais j'ai refusé d'admettre cette différence (au sortir de l'adolescence, on cherche plutôt l'intégration au groupe, d'autant qu'à l'époque il n'existait pas toutes les possibilités d'aujourd'hui).
J'ai donc vécu une vingtaine d'année dans l'imposture, portant un masque et m'efforçant de coller à l'image que l'on attendait de moi. Les stratégies d'adaptation et mécanismes de défense passent par un contrôle absolu des réactions et des relations sociales (en fait mes chers parents m'ont mis en internat à l'âge de 10ans, et là si tu montres tes états d'âme, tu montres tes faiblesses, on pourra toujours toujours parler de blessure narcissique et d'oedipe mal résolu, il est vrai que quand j'ai appris que dans l'oedipe il fallait tuer le père l'idée m'a plu, quand on m'a dit qu'il fallait épouser la mère j'ai plutôt proposé un prix de groupe avec le paternel), un verrouillage complet des affects (ne pas en avoir est plus simple que d'en avoir trop), et pour calmer le cerveau un fonctionnement sous pression en mode stress permanent.
Il en résulte que j'ai réussi à coller au fantasme de réussite sociale : je suis mon propre patron, j'ai une femme adorable et deux beaux enfants, je suis propriétaire d'une maison avec piscine dans le sud de la france, je paye beaucoup d'impôts …
Mais pour tenir ce putain de cerveau sous contrôle, c'est 13 à 14 h de boulot par jour, un dimanche sur deux de repos (au delà je tourne en rond et devient infernal), et deux semaines de congés à l'été (moins que ça c'est le divorce). Et surtout, au final, c'est une vie dans laquelle je ne me reconnais pas, je sais qu'il est plus simple de tenir ce genre de discours dans ma situation, mais le confort matériel, je m'en contrefous, je donnerais facilement tout ce que j'ai (mon épouse un peu moins) contre une once de sérénité.
D'autant que ces mécanismes d'adaptation sont très énergivores, je crois qu'ils commencent à montrer leurs limites. J'ai essayé beaucoup de choses pour calmer mon cher encéphale : alcool, cannabis, médicaments divers et variés (comme j'ai travaillé dans différents hôpitaux, j'ai pu tester du lourd), comportements à risque et sexualité débridée (sans comportements déviants, j'ai toujours gardé la notion de bien et de mal, et je pense que c'est ce qui m'a épargné de verser dans la folie). J'ai eu une période motard sur de grosses sportives, mais j'ai arrêté le jour où, sur l'autoroute, en doublant un poids-lourd, je me suis dit « trop facile, tu te met devant, t'écrase les freins et on n'en parle plus ».
Je ne suis pas en dépression, contrairement à ce qu'une partie du discours peut faire penser (j'ai repassé les tests le mois dernier avec des tests de personnalité, quête d'identité et de sens et pas de composante dépressive, juste personnalité atypique, angoisse, stress, etc...), d'ailleurs si j'avais voulu en finir ce serait fait depuis longtemps, et puis je me suis trop battu pour en arriver là, mais je reste lucide sur la souffrance engendrée par le fait de vouloir nier ma vraie personnalité. Il y des jours où je me dit que dormir rime avec mourir et où je dois lutter pour ne pas me faire sauter le caisson, juste pour faire un peu de place dans ma boite crânienne (c'est de la rhétorique). Je ne crois ni en dieu, ni au diable, ni en l'âme et c'est dommage parce que je l'aurai volontiers vendue.
Voilà, ce post n'appelle pas forcément de réponse, ce n'est pas un appel à l'aide. J'espère juste qu'en l'écrivant, cela m'aidera à me retrouver moi-même, a accepter d'avoir jusqu'ici vécu une imposture juste pour paraître « normal ». L'erreur à été de chercher ma place dans la société, or cette place n'existe pas encore, c'est à moi de la créer. Et pour cela il faut d'abord s'accepter, accepter aussi ses travers, la dyssynchronie et l'immaturité qui va avec, les comportements pas toujours adaptés, les réactions inadéquates, mais aussi le regard et le jugement des autres.

Alors oui, je vis ma différence comme un combat, et j'envie ceux qui la vivent sereinement, ceux qui n'ont pas à subir quoiqu'ils fassent le jugement des autres (si tu essaies de parler de qi, on te considère comme pétant plus haut que ton cul, si tu essaies d'expliquer que le qi ne te rend pas plus intelligent, mais est juste révélateur d'un fonctionnement différent, on te prend pour un faux cul!)

Je terminerais en tirant mon chapeau à mon épouse et à mes filles, pour la patience dont elles font preuve à mon égard.

onniksi

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Message par Invité Jeu 9 Fév 2012 - 6:35

Bonjour,

Bienvenue ici, c'est vrai que le forum a l'intérêt de vider son sac, ce qui permet d'en varier le contenu, à l'occasion Wink

Une chose me marque en te lisant : autant tu admires ta famille, tu la trouves belle, autant tu en sembles coupé, et je me demande dans quelle mesure ça n'est pas une racine du mal-être. Le jeu social avec des inconnus ou des connaissances, ça n'est pas un véritable souci si à côté on n'a pas à jouer avec ses proches (et qu'on en a, des proches).
Sans cela le sentiment de solitude peut vraiment être envahissant...

Quand je parle de ne pas jouer, ça ne signifie pas forcément leur parler de ta spécificité (encore qu'avec ta femme tu peux je pense lui en faire part, qu'elle puisse partager avec toi tes démarches et leurs conclusions) mais juste te sentir être toi, être bien ; et je suis sûre qu'avec ta femme (avec laquelle tu as eu envie de partager ta vie) et tes enfants la connexion est largement possible ^^

De mon expérience la sérénité n'est pas forcément dans les histoires de qi mais plutôt dans un entourage réellement proche. Le qi me semble trop considéré comme une clef et un prisme par lequel toute problématique devrait passer...Pourtant nos besoins sont avant tout humains, les mêmes que les autres : une intégration, une liberté d'action, un confort matériel...

J'espère que tu arriveras à te sentir moins isolé et bizarre, je sais pour y être passée que c'est désespérant de se sentir seul dans son monde.

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Message par onniksi Jeu 9 Fév 2012 - 6:58

Tu as raison, je suis coupé même de ma famille, je ne vis pas dans le même monde qu'eux. Même à mon épouse, je n'ai jamais "avouer", elle me sent différent, et elle le supporte c'est tout. Il est vrai que le qi ne fait pas tout, mais je le vis un peu comme un secret honteux, car lorsque j'aborde le sujet 'sans m'impliquer dedans), il ressort un paradoxe vu par les autres. D'abord un énorme fantasme, tout est plus simple, les haut qi n'ont pas de problème et réussissent tout. Ansuite de la crainte, crainte de la différence, qui sont ces gens qui ne pensent pas comme tout le monde, tout ce qui est à côté de la norme semble provoquer aussi une réaction de rejet. Pourtant il n'y a aucune hierarchie, nous ne sommes pas différents des autres, nous nous avons les mêmes aspirations, les mêmes envies, les mêmes espoirs, sauf que nous l'exprimons de façon différente.
Plus que la quantification, c'est la qualification qui m'interesse, mais j'ai toujours ressenti chez les autres ce mélange de fascination et de crainte, entrainant finalement une réaction de rejet. Cela ne concerne bien sûr que mon propre ressenti, influencé par mon expérience de vie, sûrement avec un deficit d'objectivité.
Alors plutôt que d'avoir à me justifier et à m'excuser de ce que je suis, j'ai préféré faire comme si, comme si je n'avais pas cette particularité. Bonne ou mauvaise stratégie, je ne sais pas au final.
L'avantage, ici, c'est que l'on ne ressent pas ce jugement permanent, pesant.

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Message par boule-d-ombre Jeu 9 Fév 2012 - 7:57

bonjour bonne ou mauvaise strategie il y a une chose qui est primordiale c est que de temps en temps il te faut decompresser etre toi meme pendant un moment sinon tu vas craquer je le sais car je fais pareil (sauf que je n ai pas ni femme ni enfant)
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Message par Saphodane Jeu 9 Fév 2012 - 8:15

Pourquoi pas un bon mois de vacances ? De VRAIES vacances ? Tu (oui, bon, la norme internet voudrait qu'on tutoie plus facilement, j'espère que ça ne pose pas de souci) prends quelques affaires, tu pars tout seul quelque part où TU as envie de partir, sorte de "pèlerinage à la rencontre de soi", en expliquant clairement pourquoi tu en as besoin, et comment ça va se passer.

Ou alors, tu fais une réunion de famille et tu expliques que tu as l'impression de porter des chaussures pas à ta taille depuis plusieurs années, et que tu as besoin de marcher un peu pieds nus pour retrouver ce que ça fait. Que ça veut pas dire que tu ne les aime plus, mais que tu as besoin d'aménager les choses différemment, en accord avec eux.

Enfin, ce sont des idées en l'air, mais après tout, chacun sait ce qui est le mieux pour soi. Et je plussoie Cherokee et Boule-de-Neige.
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Message par Ysée Lun 13 Fév 2012 - 18:00

Salut (si tu me permets)

Très beau post, tu m'as touchée. Je comprends intensément ton besoin de "lacher la pression" via ton post, surtout si tu t'es nié toute ta vie. Bref, rien à dire, si ce n'est que je te comprends et te reçois 100% (et pourtant je suis une femme mariée avec deux enfants et heureuse en couple - bon, j'ai plus de chance que toi, je peux en parler à mon mari librement de mon HQI).

Tout me parle. Que dire d'autre ? Continue de lâcher la pression, tu es sur la bonne voie.

Mince, cest toujours quand on veut dire quelque chose que le temps nous manque, faut que je rentre !

Dire plus serait de toute manière inutile ou trop long. Sad

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Message par Invité Lun 13 Fév 2012 - 20:19

Compère d'internat, bonsoir et merci du témoignage.
Tout ce que tu en dis est vrai.
Pour moi cela a été très dur, 7 ans d'enfermement, du 1°Septembre au 1° juillet, tu dois comprendre tout ce que cela sous-entend.
Il y avait aussi son lot de joies et de rencontres.

Tu es dans le sud ?
CE serait une joie de se rencontrer.

En attendant, bienvenue dans ton second chez toi et au plaisir partagé (j'espère) de se lire.

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Message par onniksi Mer 15 Fév 2012 - 11:45

Tout d'abord, un grand merci à tous ceux qui m'ont lu.
Je ne viens pas tous les jours sur le forum, parce que, en général, je surcharge mon agenda de façon à ne pas avoir de temps pour laisser divaguer ma pensée, le stress m'aide à la fixer sur quelque chose.
Je prend cependant le temps de lire d'autres posts, de façon à appréhender le ressenti des autres zèbres.
Le plus dur, dans la démarche sur l'acceptation de soi, c'est que cela passe aussi par l'acceptation du regard et du jugement des autres.
Pour répondre à ours, j'habite dans le var, à draguignan, mais je me déplace très régulièrement sut Toulon.

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Message par Invité Mer 15 Fév 2012 - 12:37

Tout d'abord, chic, les sudistes auront la joie de te croiser.

Je réagis sur les commentaires de ta présentation initiale :

de toi : "Tu as raison, je suis coupé même de ma famille, je ne vis pas dans le même monde qu'eux. Même à mon épouse, je n'ai jamais "avouer", elle me sent différent, et elle le supporte c'est tout." J'ai eu quant à moi une stratégie de dissimulation et de soumission. Comme toi, je n'ai jamais pu partager cette situation durant 30 ans. Il est vrai que je ne connais ma zèbritude (si tant est que cela puisse se connaître) que depuis quelques semaines. Ce que j'ai pris pendant des années pour un fond dépressif-décallé-triste, je l'ai enfoui et porté un masque, allant jusqu'au contraire ou presque de ce que je suis. Mais le naturel revient au galop. A la 50aine, le masque a craqué. Je suis maintenant dans une cohabitation solitaire et silencieuse, car ma "renaissance" a conduit à une crise de confiance et un sentiment de trahison de sa part. Je ne sais à quel stade de vie tu en es, mais si je pouvais remonter le temps, j'aurais choisi une autre voie (pas une autre femme). Néanmoins, on ne peut faire que ce que l'on peut. Il n'y a aucun "décalque" possible, d'une situation à l'autre mais mon commentaire peut peut-être servir. Parallèlement, un adage dit "trompe ta femme si tu ne peux faire autrement mais démerde toi pour qu'elle ne l’apprenne jamais". En matière de confiance et de fidélité (y compris affective et intellectuelle), il n'y a pas de recette.

de Saphodane : "Pourquoi pas un bon mois de vacances ? De VRAIES vacances ? Tu (oui, bon, la norme internet voudrait qu'on tutoie plus facilement, j'espère que ça ne pose pas de souci) prends quelques affaires, tu pars tout seul quelque part où TU as envie de partir, sorte de "pèlerinage à la rencontre de soi", en expliquant clairement pourquoi tu en as besoin, et comment ça va se passer." Je me souviens d'avoir éprouvé une intense sérénité lors d'une marche particulière : nous avions fait quelques étapes du chemin de Compostelle entre l'Aubrac et le Lot. Le pèlerinage, même en obérant complètement l'aspect religieux permet de penser au rythme de ses pieds. Après 2 ou 3 jours de colères diverses, furieuses et noires, les pensées commencent à s'organiser, l'avenir réfléchi se structure, les collines et le sac s'impose à ton esprit. C'est très organisé si tu le veux : portage de bagage, réservation d’hôtel, ... bref ce qu'il faut quand on n'a pas envie forcément de se rajouter "de l'aventure" et tranquillité garantie si tu le fais en dehors des vacances scolaires. 8 jours, c'est déjà bien et cela reste compatible avec les affaires. Procure-toi le DVD "Saint Jacques - La Mecque" et FORCE-toi à le regarder. Ce n'est pas un chef d’œuvre, c'est plaisant et surtout le film reprend bien la mécanique physique du pèlerinage. Cela peut t'ouvrir une piste.

C'était la minute de conseil de M.Ours.....

A part cela, j'essaye d'organiser un diner zèbre, le samedi 3/03, apéro et porte ouverte à partir de 18h30. Viens et part qui veut, qui peut, à l'heure qu'il veut. Pour avoir participer à l'une, samedi dernier, il n'y a aucune question, quantification et jugement. ... juste quelques paroles et regards pour comparer nos jolies zébrures.

Allez, salut, je vais manger....

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Message par Saphodane Mer 15 Fév 2012 - 13:23

J'suis absolument pas catholique, ni monothéiste, mais j'avais vu le film en question, et depuis, j'ai très envie de le faire, ce pèlerinage... xD Justement, sans la dimension "crainte de Dieu", mais plutôt avec la dimension "le caractère divin est en toute chose". Ne plus foncer dans le mur, mais courir droit devant dans ma tête jusqu'à être crevée, me reposer, et repartir tranquillement, droite dans mes bottes.

On se fait un pèlerinage ZC ?... Very Happy
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