Pbs d'enfance et entêtement

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Message par Mad Max Sam 8 Déc 2018 - 16:51

Bonjour à tous,

Je me dois en premier de contextualiser le problème, voici : je suis une fille qui n'a pas eu de père réellement présent, a contrario de ma mère avec qui j'ai (ou j'avais ?) une relation très fusionnelle. Il passait ses dimanches soit à travailler soit à regarder des courses de formule 1 (bruyant et ennuyant au possible). Il arrivait qu'il aie envie de me prendre dans ses bras et qu'il ne me laisse plus partir. J'étais petite, je ne pouvais pas quitter ses bras, alors je riais toute de gêne et d'angoisse en me débattant. Un peu comme ces petites grenouilles qu'on voit des fois sur internet, qui gonflent puis poussent des cris bizarres pour se protéger d'un ennemi potentiel, mais passons. Je me rappelle avoir eu des comportements à la limite de la folie, à certains moments : j'ai aboyé et grogné contre lui à un moment donné. Un peu plus grande, je ne supportais pas qu'il me prenne dans ses bras et lui faire la bise n'était pas quelque chose d'agréable non plus.
Je ne me suis pas sentie reconnue non plus par cet homme. Pas reconnue et rabaissée par ses remarques.
Je n'étais jamais assez grande pour faire quelque chose, je n'étais jamais assez. L'aide aux devoirs finissait en crise de larmes pour ma part, larmes que les menaces paternelles aggravaient ("donne-moi ton carnet que j'écrive un mot au professeur pour lui dire que tu n'as pas voulu faire ton travail").
Il promettait un cadeau à mon frère et à moi : le soir où il rentrait, il donnait le cadeau promis au frère tandis que j'aurais droit au mien plus tard.
Déception, injustice, compétition engendrée entre frère et soeur.

Moi qui ressentait un tiraillement intérieur, qui choisir : ma mère ou mon père ?, j'ai vite décidé. Je n'ai plus respecté l'autorité paternelle, je lui faisais des gestes injurieux en sachant pertinemment que je franchissais les limites, mais j'étais fière de déroger à cette autorité. Fière et révoltée.

Pour ce qui est de la fratrie, j'ai 2 frères, tous plus grands. Contexte tout autant difficile. L'un des frères (disons-le deuxième) a été addict aux jeux vidéos et mauvais perdant, qui plus est. C'est simple : en l'absence des parents, il piquait une crise, je devais m'enfermer quelque part pour ne pas le sentir passer. Passer du bon temps avec ce frère le soir était un défi. Comme à l'école, où je ne souhaitais pas attirer l'attention sur moi et évitait de mettre trop en évidence ma présence afin de ne pas être rabaissée, je faisais terriblement attention aux mots utilisés. Lorsque l'énervement venait, j'étais remerciée et renvoyée, plus ou moins brutalement.
Deux épisodes choquants : 1 - Toute petite, j'ai dû m'enfermer dans la salle de bain et appeler mon père pour qu'il revienne à la maison. Mon frère était rentré dans ma chambre et avait décidé, pour je ne sais plus quelle raison, de "bordelliser" ma chambre.
2 - Dans mes moins jeunes années, cette fois, il n'y avait plus de biscuits. Il est entré dans ma chambre un soir, a enlevé ma couverture et m'a demandé qui avait mangé tous les gâteaux (violemment, il va sans dire). S'il m'a frappé, je ne sais plus.

Quant au plus grand, je défiais aussi son autorité et me prenait des baffes, je ne pense pas être capable de vous dire si c'était souvent ou non.

La situation actuelle est que mon père biologique est mort d'un cancer du foie fulgurant. J'ai attendu sa mort dans les couloirs de l'hôpital en lisant une biographie sur Benjamin Netanyahou, c'est vous dire le niveau du no fuck given. Je l'ai même fini avant qu'il n'expire. C'était divertissant, sans plus.
Ahem, revenons au sujet.
J'ai pu lui dire à quel point il n'a pas été un père aimant pour moi. J'ai pleuré devant mon père pour son inexistence en tant que père aimant et apprécié.
Avant qu'il décède, j'aurais fait pleuvoir ma peine sur lui, mais il était amorphe. Je n'ai pas de réponses et je n'en aurais jamais.
Ma reconnaissance, je ne l'aurais pas eue et malgré le fait que j'aie dit ce qui me peinait devant le lit d'hôpital.

Ma relation avec la fratrie est inexistante, je ne la souhaite pas. Au grand dam de ma mère, que j'aime pourtant beaucoup, je ne réussis pas à me sentir bien avec le deuxième frère. Je m'entête à dire que je ne partage aucun lien familial avec celui-ci.
Je ne me sens pas bien en sa présence. Je ressens un froid, comme une absence complète d'amour, aussi étrange que cela puisse paraître.
J'ai essayé à la mort de l'un de mes chats, pourtant. Lorsqu'il m'a pris dans ses bras, j'ai ressenti un vide intersidéral au niveau du coeur.
Ma peine n'est pas reconnue et l'on me dit que je me considère encore comme la petite fille victime qui ne peut pas se protéger.

Ma mère a beau dire qu'elle reconnaît ma souffrance, je ne la crois pas. Je sens cette envie qu'elle a de rabibocher tous ces fils cassés par un pater qui se complaisait dans la vulgarité et la moquerie.
Le passé a beau être passé, il a un poids auquel personne ne peut échapper quoi qu'on en dise. J'ai décidé de préserver ma santé et de ne pas côtoyer quelqu'un que je déteste au plus haut point. Je suis comme un vase que mon frère/mon géniteur aurait lancé par terre. J'ai été brisée mais on a recollé tous les petits morceaux. Toujours est-il que les fêlures sont là, bien présentes, tangibles. Plus rien ne sera comme avant, j'aimerais qu'elle le saisisse.
Mais elle attend encore. Je le sens, au fond. Je ne sais pas comment lui dire que me remettre ok avec le frère est impossible avec tout ce que j'ai vécu.

Je suis dans une situation qui est de nouveau bloquée : je vis dans le même appartement que ce frère, avec ma mère. Je reste dans ma chambre le plus de temps possible pour éviter de voir le deuxième et ne supporte pas d'être dans la même pièce que lui.
J'ai 20 ans, 21 ans presque et je me dis qu'il est temps pour moi de trouver du travail pour, ensuite, partir.
Seulement je suis flemmarde (et je suis à l'université).

Je poste ici surtout pour me décharger. Si vous voulez donner un avis, en bien ou en mal, le fofo est fait pour ça.
Route libre pour tous ceux qui voudraient me traiter de victime, j'en suis une et je devrais l'assumer même si je suis en difficulté relationnelle avec ce terme.

Mad Max
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Message par Weigela Sam 8 Déc 2018 - 22:16

Être une victime n'est pas une insulte.
En revanche, cela peut être réducteur, car tu es plus que ça Smile

Ton histoire me touche personnellement, du fait de certaines ressemblances...

J'entends le regret de ne pas avoir eu la reconnaissance par ton père de ce qu'il t'a fait subir... Mais il y a une autre reconnaissance qui me paraît être manquante et à la frontière de ton conscient : la reconnaissance de ta mère.

Face à cela... le deuil à faire. Pas tellement le deuil réel de ton père (du moins je suppose), mais surtout le deuil symbolique de cette reconnaissance de la maltraitance et de la souffrance impliquée que tu as vécues. Tu n'as pas eu cette reconnaissance de ton père, et tu ne l'auras probablement jamais de ta mère. Et c'est beaucoup de douleur qui doit se trouver là I love you . Beaucoup de douleur à accueillir. Pas t’apitoyer sur ton sort, non, simplement accueillir la tristesse, éventuellement la rage et la colère, leur laisser un espace où elles puissent éclore, se déployer, flêtrir, et laisser la place à quelque chose de nouveau, de plus doux, de plus serein.

Si tu ne connais pas, je te recommande chaudement la lecture du drame de l'enfant doué d'Alice Miller. Il m'a personnellement beaucoup aidé dans ces problèmes de reconnaissance.
Cet article sur les étapes du deuil pourrait t'aider aussi : http://www.cdeville.fr/article-32408659.html

Chaudoudou sunny
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Message par siamois93 Sam 8 Déc 2018 - 22:28

Le seul conseil c'est occuppe toi de ton AVENIR, laisse ton passé, tu l'as présenté de manière très claire alors oui trouve ton chemin, il sera bancal comme tous les chemins mais ce sera ton chemin a toi.
Perso, quand je ne me prends pas la teté sur mon passé, tout baigne. Un peu d'air, un peu de calme, quelques animaux. Chacun sa recette.
Tu fais quoi à l'université ? Tu as encore beaucoup d'années d'études ? Tu as des pistes pour avoir de l'argent ?
Quelqu'un récemment m'écrivais «Arrête de réfléchir, agis !» Parce que le brainstorming c'est que de la tempête dans la tête.
Bonne chance, trouve ton tigre ou ton lion ou ton dragon, ou ta colère Smile
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Message par Mad Max Jeu 13 Déc 2018 - 18:59

Je tenterai de convaincre ma mère d'acheter le livre dont tu parles, fleurdesel.

Je suis en première année de droit donc oui j'ai encore beaucoup d'années à faire, encore.
Je suis complètement d'accord avec cette phrase que l'on t'a écrit, je tente quelques fois de la mettre en pratique, siamois93.

Merci pour vos réponses.
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