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Message par Invité le Mar 7 Mar 2017 - 17:33

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Dernière édition par Lulibérine le Ven 20 Oct 2017 - 12:42, édité 1 fois

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Message par Invité le Lun 27 Mar 2017 - 22:42

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Dernière édition par Lulibérine le Ven 20 Oct 2017 - 12:04, édité 1 fois

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Message par Maxim le Mar 28 Mar 2017 - 18:59

Cela se rapproche de ce que je vis aujourd'hui bien malgré moi. Mais cela fait un moment deja qu un gouffre s est formé entre ma volonté et mes actes.
Merci de l avoir mis en mots de si belle facon.

Ps: Je regarderais ca avec interet merci!

Ps2 après visionnage: Merci pour cette perle! Pour être en plein dedans je dois dire que je suis surpris par la justesse de la description de cet "état". Je me permets d ajouter l interview de Georges Perec pour ceux que ca interesserait: http://www.ina.fr/video/I08261871
Je me permet également de te demander si la lecture du livre apporte plus que le film (j imagine que oui)?


Dernière édition par Maxim le Jeu 30 Mar 2017 - 0:31, édité 2 fois
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Message par Invité le Mer 29 Mar 2017 - 17:40

Merci Maxim pour ce petit mot.

Le deuxième post est, je dois bien l'avouer, très inspiré y compris dans sa forme du très triste Un homme qui dort de Georges Perec. Il en a été fait un film/lecture qui va beaucoup, beaucoup plus loin :



PS du 31 mars : je n'avais pas vu tes éditions. La lecture du livre t'apporte plus si tu es plus sensible à l'écrit. Pour ma part, c'est étonnamment indifférent.
Merci à toi pour cette interview, effectivement le choix de la P2 est commenté. Je n'avais jamais pensé à la chercher mais il est toujours passionnant de voir et entendre Perec. Cet homme est fascinant.


Dernière édition par Lulibérine le Ven 31 Mar 2017 - 18:57, édité 2 fois

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Message par Seed le Ven 31 Mar 2017 - 17:45

C'est brut, c'est chaud, une envolée lyrique enduite d'une crasse d'idées noires.

J'aime beaucoup
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Message par Invité le Mer 12 Avr 2017 - 17:54

Merci, Seed.



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Message par Invité le Mer 12 Avr 2017 - 18:57

J'ai traversé l'adolescence comme un grand désert ; il n'existait que la quiétude du vent, les baisers du soleil et la conversation des livres. Passagers de ma solitude, certains personnages m'ont changée. Au nombre de ceux-ci, Ondine, celle de Giraudoux. Quand son parcours croise celui de Hans, le premier homme qu'elle ait jamais rencontré, elle tombe amoureuse de lui. En une nuit, ils décident de se marier, puisqu'elle l'aime et qu'il ne voit en elle que de la perfection. La fille du lac devient ainsi femme de chevalier mais le peuple de l'eau doute, doute beaucoup de lui et lance un pari : qu'il la trompe et il mourra, elle oubliera sa vie humaine et rejoindra le lac. Confiante, elle accepte.

Comme on ne peut vivre que d'amour, ils partent pour la cour. Là, Ondine découvre le monde, les autres, les conventions, la politesse et le mensonge. On lui attribue un précepteur mais rien n'y fait, elle ne comprend pas pourquoi elle ne devrait pas dire au roi qu'il a sur le nez une verrue puisqu'il en a une. Hans a honte. Hans se rapproche peu à peu de Bertha, la fiancée brune qu'il a délaissée pour Ondine la blonde, Bertha la fille adoptive du roi, d'ailleurs, pour laquelle les us de la cour n'ont nul secret. La princesse des masques, bien dressée, bien cruelle et bien habillée...

La petite Ondine, dans sa perfection, sait bien qu'elle sera trompée, elle sait bien que Hans n'a qu'une âme toute petite, incapable de donner plus que ça. Elle ne comprend qu'après que chez les humain, il est possible de choisir et que sans doute elle aurait dû choisir quelqu'un de plus intelligent. Pour tromper les ondins et sauver son amour, elle fait croire qu'elle a commis un adultère mais c'est ridicule et le secret, vite éventé, mène malgré tout à la mort de Hans et l'amnésie d'Ondine. Voyant son cadavre, elle en tombe amoureuse…


Ondine est belle. Elle porte une candeur qui n'a rien à voir avec de la stupidité. Elle voit les choses de haut, ne comprend pas l'intérêt des intrigues toujours mesquines car tout lui est limpide. Elle ne crée pas de complexité, elle vit à fleur de peau, fascinée une humanité qu'elle a tôt fait de découvrir dans sa laideur et elle aime Hans, en dépit de sa bêtise profonde, d'un amour sans intérêt personnel.

Souvent, les soirs de grande fatigue, je me demande s'il y a de la place pour un ondine parmi nous. Il s'en trouve çà et là, des êtres qui ne vivent pas aux dépends des autres, des personnalités qui cherchent sans détruire. Souvent, c'est la désertion qui l'emporte. Puissions-nous leur faire un peu de place…

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Message par Seed le Mar 18 Avr 2017 - 1:55

Un soir de grande fatigue, comme ce soir par exemple.

Il ne me semble pas avoir croisé un être qui ne vit pas au dépend des autres. Nous sommes tous liés, d'une manière plus ou moins direct, ce qui ne nous permet pas de nous affranchir ni du regard, ni du de la critique.

Je ne connais pas ce livre, mais la manière dont tu le rends me donne envie de le lire. Cependant,ce que j'en ressens, c'est qu'Ondine n'est qu'une illusion.
Il me semble que la pureté fantasmée ne fait que travestir la réalité bien plus grotesque de la vie, a savoir naître, manger, se reproduire et mourir. De ces quatre verbes on résume la misérable condition du vivant, dans ce qu'elle a de plus biologique, froid, inhumain. C'est pourtant de ces quatre conditions que l'homme doit orchestrer sa vie, composer son degré de liberté et de liens aux autres.
Le fait que Ondine, pure, soit confrontée à la réalité, trahie par la bassesse de son mari, se rende elle aussi coupable d'un pécher par le mensonge, ne nous aide pas à apprécier ce royaume. Pourtant, Ondine semble bien incapable de s'adapter, de s'intégrer. L'organisation codifiée ne permet que de verrouiller l'accès à une hiérarchie sociale établie. Hans semble vouloir s'y conformer, sous le regard complice de Ondine. Pourquoi se laisse t elle "sacrifiée", pourquoi accepte t elle ce jeu qui se termine par la mort de son époux ? règle qu'elle connaissait par ailleurs depuis le début.
Sous cette apparence pureté immaculée, qu'elle est son degré de complicité ?

Pour moi, sur ce que j'en ai compris, Ondine n'est qu'une illusion que l'on appelle, ici bas, "destin". Pour ceux qui y croient, faut il s'y soumettre ou s'y rebeller ?
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Extravagances Empty Le miroir

Message par Invité le Mar 25 Avr 2017 - 16:11

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Message par Invité le Ven 18 Aoû 2017 - 1:26

Résonances, échos, bruit, boucan, brouhaha, raffût, bordel mais quel est ce tonnerre métallique que j'entends et qui me casse les oreilles ? ; interne, il me renverse, me chant boule et m'apesantit dans la chair la plus sordide. C'est la vie, je crois bien. La vie qui reprend ses droits dans la puanteur des fluides et de la merde, la sueur, la vie qui me rappelle que nous sommes tous, marcheurs, des bouts de viande encore en place, des se décomposant en puissance, des cadavres avant l'heure.

L'heure. La clef du bonheur, c'est se lever avec le jour, de bonne heure, comme des poules — pas des loups — car elles ont des œufs, elles font et refont des eux, regrets des loups qui n'y voient rien. Faute de loupe, que dis-je, péché de loupe, ont rate sa vie, loupé pour avoir négligé qu'il faut d'abord être l'happé, le Pendu, pour trouver l'aile — laisse Elle, celle aux bras raccourcis, c'est l'aile qui compte, pas la cuisse. La poule a l'aile, la poule aux eux d'or va s'envoler vers des cieux en gel hic — et nunc, surtout. Mais avant de trouver la fée licite et de t'envoler dans l'heure, au pot, petite poule, au pot de chambre et que ça saute ! Et que ça pue ! Laisse ta chair au tout de tes os blanchir, durcir, noircir, laisse ta peau dorer sous les baisers du feu, perds donc toutes tes plumes et laisse-les manger ce qui dépasse.


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Message par Invité le Lun 28 Aoû 2017 - 4:27

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Dernière édition par Lulibérine le Ven 20 Oct 2017 - 12:41, édité 1 fois

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Message par Invité le Mar 29 Aoû 2017 - 21:27

Quelle délicieuse prose.
J'avais fait un commentaire de texte sur l'Ondine dont tu dresses un portrait vitriolé.
Je  te vois en elle, je me vois en toi.
Une plume sensuelle et forte, romanesque aussi. Une femme cherchant celui qui sera sa coupe, celui dans lequel elle saura déverser tout ce qu'elle a à offrir de beaute lyrique, et qui se laissera faire. Un etre à l'âme un peu féminine, doté de lettres et de sensibilité , fait de finesse et force tour à tour, assez confiant en lui pour te suivre.

Nous savons pourtant que ces vases  sont aussi rares que précieux.
La quête et le reve peuvent piétiner une réalité moins belle, moins pure surtout .
A te lire encore,
Merci.

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Message par Invité le Jeu 19 Oct 2017 - 17:45

Je n'avais pas osé répondre mais ton message m'a beaucoup touchée, d'autant que je sais qui l'envoie…



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Message par Invité le Jeu 21 Déc 2017 - 2:50

Wink

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Message par Invité le Sam 23 Déc 2017 - 2:33

Dans cette chambre, là, encore, je croyais presque que je n'aurais plus jamais à revenir mais si, bien sûr, bien sûr que le temps a passé, partout dans le monde sauf ici.

Sur mes joues des torrents de larmes, dans ma gorge le hoquet du sanglot et dans mon cœur l'impression d'un rongeur invisible qui picorerait, de ses petites dents pointues, mon palpitant.

Je voudrais être morte. Et enterrée. Depuis longtemps. Le fait de revenir ici change tous mes repères et ma syntaxe et je me noue, me noie, m'épuise et me délaisse. Ici la souffrance est si forte que le souffle est altéré, décomposée je laisse le vide dévorer ma carcasse encore animée. Mais par quoi ?

Putain... Encore jusqu'à jeudi... Je ne sais pas si je vais tenir. C'est le cauchemar.

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Message par Invité le Sam 23 Déc 2017 - 11:23

Oh luli :-(
Ca me tort dedans ce que je lis là.

Jeudi n'est pas si loin.
Vois deja dimanche. Demain. 

Et viens ici déverser tes sanglots, ta douleur, comme une cocotte minutes- heures ou jourS lache les vannes de la vapeur de tes larmes.

Je t'envoie un peu de force, et j'aime ta prose, ton talent, ca c'est à toi.

Plein de courage ma luli, plein.

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Message par Invité le Sam 23 Déc 2017 - 22:37

Hello. L'ambiance est pas hyper joyeuse mais ça va mieux. Je me suis souvenu de ce livre qui traînait dans la liseuse de mon téléphone. Je reprends patiemment ça. Évidemment, c'était un peu con, juste parce que c'est les fêtes, d'aller me bloquer dans cette campagne pluvieuse, le noyau de ma Terre. Je pensais aller mieux. J'allais mieux. Je vais essayer de considérer ce lieu comme un accélérateur et de l'utiliser pour résoudre des choses. Même si ça ne fonctionne pas, ça m'occupera l'esprit.

Aujourd'hui, je suis allée voir ma plus vieille amie. Elle était à l'hôpital. Mon père m'a déposée en chemin, il allait à un enterrement. Ça donne une idée de l'ambiance ô combien folichonne.

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Message par Kreach le Dim 24 Déc 2017 - 22:00

Ici, ailleurs, étreint dans l'espace,
Spasmes mortuaires, spatiale déconvenue,
Tissus décortiqués des vautours et rapaces,
Rustres cerveaux d'atomes malvenus,

S'échinent la délicatesse fugace,
A primer les iris de sourires,
A l'envers le grand cirque coriace,
Salace tend à dépérir,

Rouges sont les larmes de sang,
Ruisselantes à l'abondance,
Qui couvrent les dorures du soleil,
Comme des lèvres maquillées à l'éveil,

Épaisse brume de cire,
Sciant l'élan qui transpire,
Quitte à lire des cercles de pas,
Qui tournent au frimas,

Embusqué dans les blocs de glace,
Tournoyé à la vogue des vents,
L'affable âme s'esclaffe des menaces,
Qui accablent les fleurs des champs.
Kreach
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Message par Invité le Dim 24 Déc 2017 - 22:24

Ma chère luli,

Ton courage et le dépassement émotionnel dont tu sembles faire preuve suscitent encore de ma part les plus vifs encouragements.

Je ne doute point que tu sauras raisonnablement les faire tiennes et les dépasser pour en retirer toute la substance, fut- elle amère, pour nourrir encore de futurs récits et un dépassement de soi.

Sois forte, prends l'expérience pour ce qu'elle est, se confronter à ses maux pour mieux les maîtriser et mettre en mots le Mal Qui te ronge en ce moment même.

Reçois également ma sororale amitié,

Un Bien joyeux noel ma virtuelle amie.

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Message par Invité le Mar 2 Jan 2018 - 19:07

J'aime garder des notes de ma vie, pour que le temps ne soit pas simplement perdu, qu'il ne file pas entre mes doigts dans l'oubli et la répétition. Alors j'aime les agendas.

Vendredi 22 décembre 2017
Covoiturage de plus de six heures. J'aime les covoiturages, ça me permet de tester ma capacité à comprendre les autres rapidement. Le conducteur est fort sympathique, au bout d'un moment nous parvenons à dépasser les conversations impersonnelles et polies que je hais tant et nous parlons d'un sujet de préoccupation commun : les addictions. Il m'avoue ses penchants à l'alcoolisme, aux addictions sexuelles et affectives, son usage de stupéfiants par le passé. Il me demande s'il peut me recontacter après le covoiturage. Il ne le fera jamais.
J'arrive chez mes parents, contente de les revoir. Rapidement, je me rends compte que ma dépression est tabou, que mes frères et moi n'auront aucune réelle conversation. On mange en regardant les infos et mon père reprend son festival permanent : antivax, antisémite, homosexuel, complotiste. Pour pleurer discrètement, je vais faire la vaisselle. Puis je sors fumer. Puis je monte dans ma chambre. J'ai envie d'être morte.

Samedi 23 décembre 2017
J'ai réussi à contacter ma plus vieille amie. Mon père me dépose en bagnole, il a un enterrement. Ah, il me dépose à l'hôpital, ma pote cumule sciatique et calcul biliaire. C'est chaud à traiter, elle a déjà deux maladies dégénératives, chacun incompatible avec l'un des maux. Elle risque la paralysie des jambes. Notre conversation est brutalement coupée par une visite impromptue,

Dimanche 24 décembre 2017
Noël. Ma sœur a différé sa venue, ses enfants ont la gastro, ça vomit dans tous les coins. On fête le Réveillon sans elle. Ça consiste en un repas plus gras que d'habitude. Personne ne parle particulièrement, la télé est toujours en route, mon père et ma mère critiquent les gens, pour qui Noël n'est qu'une affaire de bouffe. Et puis les catholiques, dont la messe de minuit n'est même plus à minuit. Il n'y a pas de cadeaux. Quand le repas est fini, mes frangins partent chacun sur son PC.

Lundi 25 décembre 2017
Mon père et moi allons voir ma grand-mère.  Elle me demande qui je suis. Elle aimerait bien mourir.
À notre retour, ma sœur est arrivée avec son mari et ses enfants. Pas de chance, elle a découvert sur la route que sa fille avait des poux. Elle lui peigne les cheveux, la gamine hurle parce que ça lui fait mal. J'essaie de la peigner pour qu'il y ait moins de nœuds, ma sœur m'engueule. Il paraît que je suis défaitiste, que ça fait mal dans tous les cas et que c'est comme ça. En la voyant faire, j'observe son corps et je suis effrayée par sa perte de poids. À 34 ans, elle a les mains d'une femme de 60 ans, au moins. Elle raconte qu'elle perd des cheveux à cause de je ne sais quel problème d'hormones dû soi-disant aux grossesses.
Le repas se déroule plutôt bien. Après, on parle d'islam. Une heure et demie. Ma mère reprend la litanie qu'on a entendue toute notre vie : « Moi, j'ai toujours dit : "Un Algérien, un Marocain, un Tunisien, même un noir, vous me ramenez ce que vous voulez tant qu'il est musulman !" » C'est à ce moment que je craque et que je file dans ma chambre, chialer.

Mardi 26 décembre 2017
Je retourne à l'hosto, voir ma pote. Son mec arrive — on s'est connus en CE1, c'est rigolo qu'ils se soient rencontrés. Il y a une amie à elle aussi, que je connais depuis des années maintenant. On passe un bon moment. Elles me demandent pourquoi je ne rentre pas dans la région. Je leur explique qu'à part eux, je n'ai plus personne dans le coin et que plus je suis loin de ma famille, mieux je me porte. Elles m'invitent à revenir en mars, mais en secret. Pourquoi pas ?

Le soir, j'ose parler d'autisme avec ma sœur et son mari. Évidemment, on s'engueule. Elle m'explique qu'ils sont tous sous régime pour soigner l'autisme du cadet, qu'ils vont y arriver et clouer le bec à tous ces gens qui lui ont dit que ça ne se soignait pas. Elle s'excite. J'essaie de lui expliquer que c'est pas une maladie mais une atypie, que les autistes sont différents mais qu'ils ont en général une plus grande droiture que les autres et que son fils, qui est très intelligent, apprendra sûrement à compenser assez pour avoir une vie plus ou moins normale. Elle s'énerve et me demande :
« C'est pas une espèce différente, ou alors quoi, il est dégénéré ? » J'ai bien fait de ne pas lui parler de HPI. Elle pense me clouer le bec en affirmant que le problème dans notre famille est que personne n'ose rien et qu'elle, elle ose tenter de guérir son fils, y croire, etc. Je m'abstiens de lui dire que tous les psys que j'ai vus disent que le problème dans notre famille, c'est la maltraitance dont nous avons fait l'objet. Personne ne s'en doute. En digne héritière de l'esprit familial, voilà, elle est en train de pourrir la vie de ses enfants et sa santé avec. Je remonte dans ma chambre et je chiale.

Mercredi 27 décembre 2017
Je montre Les cygnes sauvages, la version russe de 62 à ma nièce. Puis Le roi et l'oiseau. Ça la fait marrer, "le roi Charles 3 et 5 font 8 et 8 font 16 de Tachycardie". Elle fait des coloriages, moi des origamis.
Dans l'après-midi, on passe chez ma tante, voir les cousines qu'on a pas vues depuis au moins dix ans. C'est chouette. On fait comme si ça allait bien.
Dans la soirée, je reçois des messages super mignons de mon "plan cul" qui m'avait dit des horreurs. Bon, en fait je l'aime bien quand même et il m'a présenté ses excuses plein de fois, il a l'air vraiment désolé. On décide de se voir le lendemain.

Jeudi 28 décembre 2017
Retour à Lyon. Libération. La pote à qui j'avais laissé mon appart me l'a laissé impeccable, c'est trop bien ! Les chats vont bien, il y en a un qui me boude un peu mais c'est tout. Je suis heureuse d'être chez moi, avec mon absence de famille et ma liberté. Je me prépare un café en pensant à celui qui doit venir me rejoindre, je me dis que ça va être chouette et que j'aurais dû lui pardonner plus tôt. le café sort, je reçois un SMS d'une ex-collègue : « Monsieur J. est décédé dans la nuit du 24 au 25. » Et là, je comprends que c'est un suicide. Je repense au repas de Noël de l'an dernier, quand je lui ai dit que je ne pensais pas aller voir mes parents. Il m'avait répondu que Noël, c'était un des rares moments de l'année où chacun faisait l'effort d'être bien, comme une trêve et qu'il fallait faire vivre ça. J'appelle ma collègue et elle confirme : il s'est pendu.
Je décale légèrement le RV mais il arrive et nous passons une soirée parfaite. Ça me fait du bien.

Vendredi 29 décembre 2017
J'ai RV avec l'assistante sociale pour parler de mes problèmes de dettes. J'ai le choix entre la Banque de France ou la mise sous tutelle.
IRL, c'est cool. Smile

Samedi 30 décembre 2017
Enterrement. Mes collègues sont super mal. Les gens qui travaillaient le plus avec notre défunt chef se sentent coupables, on chiale tous. On apprend qu'il ne se sentait pas aimé. On ne comprend pas. Et puis, au bout d'un moment, on percute : à part ses enfants, qui semblent dévastés, nous sommes les seuls à être si émus. Il n'avait vraiment que nous, en fait.
Je rentre.
Je ne sais pas pourquoi mais j'invite un pote que je n'ai pas vu depuis quelques mois à venir chez moi. Il me gonfle à boire autant, à juger chaque femme dont on parle sur son physique. Il me coupe la parole. À la fin, il me fait des avances. Je lui demande pourquoi et je comprends qu'il est juste en rade de partenaires. Du coup, il tente sa chance. J'ai les boules.

Dimanche 31 décembre 2017
Aucune motivation pour la soirée qui aura lieu chez moi mais je finis tout de même par m'affairer. La soirée se passe bien, c'est chouette.

Lundi 1er janvier 2018
Réveil difficile, beaucoup de rangement à faire. À 15h04, le fameux plan cul m'envoie un message pour me souhaiter une bonne année. À 15h11, il m'annonce qu'il a rencontré une nana qui lui plaît et que donc il ne sait pas si on va coucher ensemble à nouveau, que ça dépendra de la fille. J'appelle ma meilleure amie pour lui raconter, elle m'apprend que sa chef la remplace par quelqu'un qu'elle peut exploiter encore plus moins cher. Elle a les boules. Moi aussi.
Je me décide à lui envoyer un mail incendiaire pour lui dire ce que je pense de lui et de son rapport aux autres. J'en parle à des gens. Un ex qui lisait sans rien dire me tombe dessus pour m'accuser de l'avoir calomnié. Mais il ne veut pas développer. Super.

Mardi 2 janvier 2018
Je reprends mon projet de roman. J'écris. Je regarde un film. Je ne parle à personne. C'est mieux comme ça.

Tu vois, Cacendre, c'est pas complètement perdu. ^^

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