L'auto-stoppeuse

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Message par alyssa le Ven 24 Mai 2013 - 20:27

Une petite nouvelle sur une ambiance celtique comme ça...

L’auto-stoppeuse

Ce soir-là, je n’aurais jamais dû arrêter ma voiture. Ce soir-là, je n’aurais jamais dû regarder sur le côté. Mais je l’ai fait. On m’avait parlé des légendes de l’écosse, mais je n’y croyais pas. J’étais un cartésien, un scientifique pur. Tout ce qui relevait de l’irrationnel n’avait pas sa place dans ma vie. Je me levais le matin, je prenais un café serré pour me réveiller. Je ne rêvais pas de grandes aventures. J’attendais de la vie qu’elle tienne ses promesses, des promesses simples : une jolie fille, une belle bagnole, un quotidien bien rangé et tranquille… Je n’étais pas venu en Ecosse pour vivre des aventures haletantes et frissonnantes mais pour me reposer. On m’avait vanté les catalogues de verdures comme des cures de repos. J’avais signé. Non, ma vie n’avait rien d’extraordinaire, mais je m’en contentais. Si la ville n’était pas aussi étouffante avec ses immeubles en béton, et ses allées de goudron, je ne serais pas partit. Je serais resté à Paris et j’aurais continué ma vie. Mais je suis partit…

Et ce soir-là… Je l’ai croisé. Sur le bas côté, elle attendait, un pouce relevé. Elle avait la tête baissée. Son visage était voilée par ses longs cheveux. Vêtue de blanc de la tête aux pieds, elle m’intriguait. Je me suis arrêté, rien qu’un instant. J’ai ouvert la fenêtre, j’ai demandé « Où habitez-vous ? ». Elle n’a pas répondu. Elle m’a regardé de ses yeux bleus et froids. Un regard intense qui m’a percuté. Je ne sentais plus mes jambes. Mon cœur faisait des hauts et des bas dans ma poitrine. Elle avait des traits si fins, si parfaits… Comme une poupée de porcelaine. Et en même temps, ses joues étaient creusées, elle semblait un peu malade… Fatiguée. Elle s’était probablement perdue, égarée, au milieu d’une forêt, d’une vallée… L’écosse était assez verte et dense pour s’y perdre. Je n’y voyais là aucune coïncidence. Je n’aimais pas toutefois prendre des inconnus dans ma voiture. On ne sait jamais. Derrière le plus doux des sourires peut se cacher un être profondément atteint d’un trouble psychotique. Oui j’étais cartésien, quelqu’un de prudent, raisonnable. Alors pourquoi je lui ai dit « Montez, je vous emmène ! Vous n’allez pas rester toute seule dans le froid ! ». Pourquoi ai-je dis ça ? Où avez-je la tête ? Est-ce que l’étranger provoquait en moi un sentiment de solitude inéluctable ? Où était ce simplement ces yeux d’un bleu glacé ? Ses lèvres fines et parfaitement dessinées ? Son absence de paroles ? Le mystère qui entourait cette jeune inconnue me fascinait. Pour la première fois, je sentais que l’originalité pourrait briser ma vie que je m’y noierais allègrement. Je réalisais à quel point j’attendais cela. Je me mentais. Je souhaitais que quelque chose m’arrive. Prendre une inconnue qui ne parle pas, égarée sur un bord de route, voilà qui était original. Une dose de piment dans mon existence parfaitement terne et sans saveurs. Je sautais d’un grand plongeoir sans regarder en bas. Tanpis si le sol était en béton… Pendant le trajet, la jeune femme ne disait toujours pas un mot. Je la regardais dans le rétroviseur. Elle me fixait aussi. Ses yeux m’électrisaient. Je sentais mon corps parcouru de frissons. Etait-il possible que je la désire ? Je m’étonnais à rêver de son corps, sa peau aussi blanche que son visage. Je tentais un début de conversation « D’où venez-vous ? Vous ne me l’avez toujours pas dit ! » Mais la jeune femme ne disait mot, et continuait de me fixer. Etrange. « Etes-vous muette ? Nous pouvons communiquer par le langage des signes ? J’ai quelques notions grâce à un ami… ». Rien. Pas un mot. Je ne tentais plus rien, et reportait mon regard sur la route. Il se mit à pleuvoir. La pluie battait si fort que je ne voyais plus grand-chose. J’enclenchais les essuie-glaces. Le ronronnement de leur va et vient brisait enfin le silence. L’envie d’arrêtait la voiture net, puis de l’embrasser me prit. Sans doute l’atmosphère pluvieuse et le battement des essuies glaces. Je n’en fis rien. J’étais peut être ravi par cette rencontre inattendue mais je demeurais timide. Mon père m’avait toujours dit que pour séduire une fille, il fallait y aller pas à pas. Je jetais un œil dans le rétroviseur. Son visage se couvrit d’une lumière éclatante. Ca alors ! D’où provenait ce phénomène ? Pendant un instant, la peur me saisit. Puis je vis que cette lueur appartenait aux feux électriques d’une voiture qui passait sur le côté. En voyant la femme qui m’accompagnait, le conducteur pila brusquement, puis redémarra. Je crus voir sur son visage une expression de stupeur. Je continuais ma route. Nous abordions une grande forêt parsemée de hautes herbes sauvages et de buissons. Les branches frappaient contre les flancs de la carrosserie. Parfois j’avais l’impression que nous étions encerclés par une armée de mains sculptées de griffes pointues. J’avalais de travers ma salive. Heureusement que nous arrivions bientôt. Cette région ne paraissait pas très accueillante la nuit.

Au manoir, j’allumais quelques chandelles. La lueur des bougies oscillait sur les murs, découpant des ombres inquiétantes. La jeune femme me suivit dans le hall, sur le tapis rouge sang. Un grand châle blanc couvrait ses épaules. Elle l’enleva pour me le donner. J’effleurais ses doigts qui étaient aussi froids que le corps d’un cadavre. Avez-t-elle attrapé un mal ? Je lui proposais de l’aider à monter dans une chambre, et de passer la nuit ici. Je lui promettais de la ramener le lendemain. Elle s’accouda sur mon épaule et nous montâmes les escaliers. Ils craquaient à chaque pas. Le vent au dehors sifflait, avec violence. Le toit vibrait sous ses hurlements. J’amenais mon illustre inconnue à sa chambre, et allumait un chandelier pour éclairer la chambre. « Je suis désolé, j’ai des problèmes d’électricité » marmonnait-je maladroitement. En vérité, je n’avais pas un sou. Ce voyage était tiré de mes économies, et je préférais éviter d’utiliser trop d’eau ou de lumière. Je me cantonnais donc dans des attitudes dite « archaïque » en songeant qu’après tout, ce n’était pas plus mal. La lueur des bougies attribuait à ce lieu une sorte d’aura magique. Le dépaysement était plus fort. Mais je ne pouvais laisser toutefois mon invité dans cet état et proposait amicalement « Désirez-vous prendre un bain ? ». Comme à son habitude, la jeune femme ne répondit pas mais acquiesça. Je lui montrais la salle de bain. Elle regardait les étagères, examinait les parfums, ouvrait les tiroirs. « Que cherchez-vous ? ». Elle ne répondit pas mais son regard s’illumina quand elle aperçut une serviette blanche négligemment accrochée sur un porte manteau. Elle la saisit et la serra contre elle. Je ne posais pas plus de question même si cette réaction face à la serviette me laissait perplexe. En effet, je la vis la caresser doucement, et effleurer avec son visage. Pouvez-t-on porter un amour à un objet ? Qui plus est : une serviette ? Je lui montrais ensuite comment ouvrir l’eau, et rajoutait des sels de bains parfumés aux pins, et aux algues marines. « Voilà, vous sentirez la mer comme ça ! » m’exclamait-je joyeusement. Une tentative pour lui faire esquisser un sourire qui se conclut par un échec. Elle tourna ses yeux vers moi, froidement, sans sourciller, ses yeux d’un bleu pénétrant. Je la laissais donc et fermais la porte. D’une humeur romantique, je décidais de disposer quelques pétales de rose sur son lit, après avoir tiré les draps, et lissé la couverture en satin.

Puis je descendais dans la cuisine, et préparais le repas. Une recette purement française : Hachi Parmentier de canard. Quelques choses de chaud, consistant, et délicat à la fois. Je comptais bien la surprendre avec cette recette, lui faire découvrir un peu de mon pays. Et pour le dessert, j’avais préparé une tarte aux myrtilles, mon gâteau préféré. J’espérais qu’elle serait enthousiaste et se déciderait à me parler où à me faire des signes. En épluchant les pommes de terre, je rêvais secrètement d’elle. Je la voyais, dans son bain, sa peau blanche offerte. Sous son pull se dessinait de petits seins pointus. Elle avait des mains qui me torturaient ; que n’aurais-je pas donné pour recevoir une de ses caresses ?
Je me coupais légèrement le bout du pouce mais saignait abondamment. Je me levais pour appliquer un désinfectant et embaumé mon doigt d’une compresse. Quand je montais, les escaliers craquaient de plus belle. Parfois je me demandais s’ils n’allaient pas se rompre, révéler un monde par-delà, teinté de surnaturel. Le monde des morts peut être ? Et quand l’escalier se fendrait, je sombrerais dans ces abymes.

Quand je m’approchais de l’armoire à pharmacie, mon geste fut arrêté. La porte de la salle de bain était ouverte. La belle inconnue nageait dans l’eau au milieu des bougies. Elle ressemblait à une sirène. Elle fermait les yeux en appréciant les vapeurs chaudes. Puis sa main saisit fermement la serviette blanche posée près du lavabo, et elle sortit. Son corps incroyablement blanc était recouvert de perles d’eau. Des gouttes qui glissaient sur ses petits seins parfaitement tendus. Elle enveloppa son corps avec la serviette, et se sécha. Je n’osais plus bouger, ni respirer. Mes pieds semblaient cloués sur le sol comme dans une mare de béton. Mon cœur lui, battait à tout rompre. Elle m’aperçut à travers l’entrebâillement de la porte et me sourit pour la première fois. Une chose étrange se produisit. Je crus percevoir des flammes au fond des yeux. Du feu. Non j’avais du rêvé ! Je perdais la tête. Cette fille me rendait dingue. Il était tard, et mon esprit brouillait les frontières entre le réel et l’iréel… Oui c’était ça ! Un regard trop électrisant. La fascination poussée à son vice.
Je me dirigeais vers le bureau, et auscultait la bibliothèque. Le dîner était prêt. Je ne savais pas comment passer le temps. Je m’emparais d’un livre intitulé « Légendes celtiques » et le survolait. Il y avait de magnifiques gravures de la cité d’Ys, du roi Gradlon, de Dahut, des poèmes autour de banshees, des histoires de druides…Une légende attira particulièrement mon attention : la dame blanche. Auto-stoppeuse, fée, sorcière, lavandière, elle apparaissait aux voyageurs, ou aux passants, annonçant une mort prochaine… Certains disaient qu’elles attrapaient leurs victimes en faisant semblant de laver le linge en chantant au clair de lune. Et en demandant un peu d’aide, elles cassaient les bras des malheureux. Je sentais une boule dans ma gorge. Etait-il possible que ? La dame blanche était décrite comme toute vêtue de blanc, parfois transparente comme un spectre… Elle pouvait, comme la banshee émettre un cri terrifiant au moment de la mort… Non, je délirais ! L’inconnue que j’avais ramenée ne pouvait pas être une dame blanche. Et puis c’était une autre époque, un autre temps. Ce n’était que de vieilles légendes rapportés par vieilles femmes aux mémoires un peu usées, ou des directeurs d’agences de tourisme en mal d’affaires. Je n’allais pas avalé de telles sornettes ! Encore moins douté de l’intégrité de mon invité ! Si elle devait me tuer, ne l’aurait-elle pas déjà fait ? Elle aurait eu l’occasion à de nombreuses reprises. Une ligne en dessous semblait m’apporter la réponse « Son plaisir est de faire durer la souffrance de ses victimes comme la banshees, de retarder le meurtre… Elle canalise son énergie en faisant éprouver à l’homme un désir intolérable, qui le dépasse. ». Non… Non ! Non ! Je refermais le livre avec fermeté. Je ne me laisserais pas si facilement avoir. J’étais un homme droit, avec un esprit cartésien. Je n’avais jamais cru au surnaturel. Ce n’était pas aujourd’hui que je commencerais !
Je rangeais le livre et redescendais pour dresser la table du dîner.

J’étalais sur la table en bois vernis, la plus belle nappe, brodée d’orchidées, et de lys. Je posais quelques bougies flottantes dans un vase en forme de cube au centre de la table. Tout au fond, j’avais disposé quelques galais. Ils scintillaient à la lueur des bougies. Je prenais mon cd préféré dans mon sac à dos et le glissait dans le lecteur avec délicatesse. J’appuyais sur le bouton on, et me délectait de la sonata nocturne de Chopin. Je m’asseyais sur le canapé en fermant les yeux. Je rêvais. Je voyais la belle inconnue en train de danser. Ses longs cheveux filèrent étaient gonflés par le vent, les plis de sa robe vaporeuse se soulevaient pour découvrir la finesse de ses jambes, et elle se laissait emporter, comme une danseuse de ballet, au clair de lune. Un cygne blanc. Puis je m’approchais. Doucement. Je me posais derrière elle, et effleurait ses épaules, respirait son parfum. Je prenais sa main d’un côté, et sa taille de l’autre. Elle callait son visage de poupée contre ma joue, et on dansait ensemble. On oubliait le monde. On était juste là, deux corps qui valsaient dans le néant. Un océan d’obscurité. Puis mes doigts s’agrippaient aux rubans de sa robe, et les défaisaient un à un, dévoilant ses épaules nues… Là mon rêve se rompait. J’ouvrais les yeux. Elle était là, face à moi. Elle s’était parée de ses plus beaux atouts : une robe blanche pailletée, un tour de cou sertis de faux diamants, ses lèvres joliment dessinés avec un rouge à lèvre carmin, ses grands yeux bleus relevés par une touche de mascara. Sa peau me semblait encore plus blanche, presque translucide. Je me levais, et prenais sa main gelée pour la guider vers la table. « Ce bain ne vous a pas réchauffé ? Etes-vous souffrante ? » Questionnais-je un peu inquiet. Elle ne répondait pas, et prenait place sur une chaise. Je soulevais le couvercle du plat. Le Parmentier était encore fumant. Des volutes de fumée recouvraient à présent le visage de la jeune femme. « Voilà qui vous réchauffera une bonne fois pour toute ! » disais-je. Toujours pas un mot. Je la servais avec bienveillance. J’attendais toujours que son regard s’illumine, un geste de vie de sa part. Je désirais ardemment la sentir vivante, présente, un brin joyeuse. Peut-être espérais-je secrètement terminer ma nuit avec elle… Je ne sais pas. Pendant le repas, je continuais mon monologue, terriblement têtu « Alors ceci est un plat typiquement français. J’espère qu’il vous plaira. J’ai également fait une tarte aux myrtilles avec des myrtilles fraîches achetées ce matin… ». Comme elle ne disait rien, mais plantait sa fourchette dans le plat, je continuais « Je me sentais un peu seule dans cette grande maison. Cela me fait du bien d’être avec vous. Même si vous ne parlez pas… J’aimerais vous dire en tout cas que vous yeux sont magnifiques. Je n’en ai jamais vu de plus bleus. ». Je m’arrêtais et piquait un morceau de canard sur ma fourchette. Le silence était rythmé par le crissement des couverts sur la porcelaine, et de légers bruits de mastications.

Soudain, la pauvre tâcha sa robe. Un geste maladroit qui fit atterrir un gros morceau de canard bien gras sur ses genoux. La jeune fille se leva, avec une étrange tranquillité. Je me souvenais qu’en de pareils cas, je voyais plus souvent les jeunes filles se précipiter vers le lavabo le plus proche. Mais non pas elle. Elle demeurait calme en toute circonstance. C’est donc avec une attitude presque figée qu’elle monta les escaliers. En la regardant ainsi partir, je croyais voir un fantôme, une sorte de pantin désarticulé, qui répondait à un dessin diabolique. Mon esprit allait trop loin… Cette pauvre fille était juste épuisée et perdue. Elle ne comprenait probablement pas ma langue, et je ne connaissais pas assez la sienne pour communiquer.
Je me levais et décidais de la rejoindre pour l’aider. J’avais un bon dégraissant dans un placard à côté de la mousse à raser. Je la retrouvais dans la salle de bain. Elle chantait. Incroyable…Pas un chant véritable, plutôt une berceuse qu’on fredonne. A travers la fenêtre, la lune projetait ses faisceaux argentés. En attendant, elle trempait son linge dans le lavabo, et essayait de le tordre en vain pour l’essorer. On aurait dit un tableau. Je me souvenais alors des tapisseries de la dame à la licorne que j’avais vu au musée du moyen-âge vers Cluny. Puis une vision frappait mon esprit : la gravure de la dame blanche. Elle y ressemblait trait pour trait à cet instant : la délicatesse de son geste, ses longs cheveux qui tombaient en cascade, son air absent… Je devais partir, et vite ! C’était bien elle ! Quelle folie ! Pourquoi avez-je refusé de voir ce qui était sous mes yeux ? Mes jambes tremblaient, ma respiration devenait saccadée. J’entrouvrais les lèvres pour parler, puis je me ravisais. Et si je la noyais dans l’eau du bain ? Non… Je devais juste partir, et vite. Tout abandonner. Ma vie était en jeu. Il y avait la valise qui était juste à côté… J’aurais peut-être le temps d’embarquer quelques affaires à la sauvette… Sinon je pouvais aussi l’assommer avec le sèche-cheveux qui se trouvait dans le tiroir tout près de moi, ou la menacer avec un ciseau à ongles… Mais que pourrais-je faire contre un spectre ? Et si elle me traversait le corps ?
Je m’apprêtais à tourner les talons. Ma tête avait commencé le compte à rebours, et à mettre en ordre mes actions. Sortir, puis foncer dans les escaliers, attraper au vol mon sac à dos avec les clefs de la voiture, courir à la voiture, mettre le moteur, partir sans me retourner… Un plan parfait. Oui… Parfait… Alors pourquoi tout s’est si facilement écroulé ?
Dès qu’elle a entendu le craquement de mes chaussures sur le bol, mon invité s’est retourné. Elle m’a fixée, de ses grands yeux d’un bleu électrique. Elle m’a fixée puis a esquissé un sourire coquin. Elle a laissé tomber sa serviette et à dit « Tu viens m’aider ? » en désignant la tâche sur sa robe. « Je n’arrive pas à l’essorer » a-t-elle repris. Oui elle parlait… Sa voix suave m’envoutait, tout comme la vue de son corps incroyablement nu, incroyablement beau… Un corps de statue, sculpté dans le marbre, ou la glace… Une déesse… A toute vitesse, des pensées se fracassaient dans mon esprit « Etait-elle vraiment la dame blanche ? Non puisqu'elle parlait ? Et si c’était un piège ? Non… Le surnaturel n’existe pas. Je me laisse engloutir par des superstitions, ça ne me ressemble pas… Et puis, si c’était une banshee ou autre, elle ne parlerait pas ! D’ailleurs je ne pourrais même pas la toucher ! Et elle ne laverait pas sa robe ! Son corps serait totalement transparent… Un fantôme. ». Mu par la vue sublime, je ne pouvais résister. Je m’approchais. Je ne réfléchissais plus. Je saisissais le linge entre ses mains, et l’essorait. Elle caressait alors mes mains. Mon corps était parcouru de frissons de plaisir. Je me tournais face à elle. Elle m’embrassait langoureusement. Un baiser glacé. Je sentais un courant d’air entre ses lèvres. « Qu’est-ce que… » Mais je n’eus pas le temps de finir ma phrase. Des flammes surgirent dans le fond de ses yeux et elle agrippa fermement mes bras puis les tordit jusqu’à ce qu’ils se brisent. Je tombais au sol, étreint d’une douleur insurmontable. Elle me regardait de haut, avec cette lueur de folie dans le regard, et ce sourire sarcastique. Sa bouche s’ouvrit et elle émit un cri, un cri à me déchirer les entrailles. Je me tordais par terre, tentais de me boucher les oreilles mais mes bras ne répondaient plus. Je sentais la vie quitter mon corps en même temps qu’elle criait. Son cri était aussi dur qu’une lame de couteau, et mon corps s’entrouvrit. Des flots de sang jaillissaient. Elle prenait alors la serviette blanche que je lui avais prêtais pour essuyer mes plaies, puis enveloppait mon corps avec. Mon Linceul. A l’instant de mon dernier souffle, elle se penchait sur moi, m’offrant pour une dernière fois, la vue de ses seins nus, et ses yeux d’un bleu glacé.



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Message par __Byzantin__ le Sam 25 Mai 2013 - 14:44

Joli texte qui exprime beaucoup de choses.

Simplement, la fin m'a un peu surpris : je trouve, si je puis me permettre, qu'elle manque peut-être un peu d'intensité, à tel point qu'on a l'impression que le protagoniste assiste à sa propre mort passivement, extérieurement, comme s'il ne s'agissait pas de lui, comme s'il était spectateur de sa propre fin...

Sinon merci pour le petit voyage et bonne continuation sur les sentiers de l'encrier.
__Byzantin__
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