°L4nge° - Livre I / Chapitre I / Alinea II - Un plumage nuancé

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Message par Heaven le Dim 10 Mai 2015 - 0:18

Bin j'attends que vous me disiez ce que j'dois lui faire rentrer dans le crane moi ^^
Sinon je vais cré bien et vous mister ? ^^

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Re: °L4nge° - Livre I / Chapitre I / Alinea II - Un plumage nuancé

Message par L'ange le Dim 10 Mai 2015 - 1:42

Désolé Vinz, moi aussi, j'ai pas trop le temps de vraiment me mettre à t'écrire des pavés. ^^
Mais promis, je te répondrais à tout ça. Smile
En attendant, on peut parler de sujets plus agréables sans problème. Smile

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Re: °L4nge° - Livre I / Chapitre I / Alinea II - Un plumage nuancé

Message par Heaven le Dim 10 Mai 2015 - 15:36

et on a depassé les 50 pages ici mon bon monsieur ^^

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Re: °L4nge° - Livre I / Chapitre I / Alinea II - Un plumage nuancé

Message par Vincenz' le Mar 19 Mai 2015 - 3:55

Bon ! Quand même ! J'en ai marre de dire "j'ai pas le temps", ce soir j'ai encore une heure et quart et rien à faire alors... au lieu d'attendre bêtement, autant te répondre ! Faut bien qu'on reboot ce topic un jour ou l'autre non ? Allez zou...

@L'ange:

D'une part, tu penses, à tort, que ce n'est pas toi, mais lui qui gère tout. C'est faux.
J'ai été dans le même cas, je sais ce que cela représente. Ce n'est pas lui. Il n'est que le symbole de la motivation qui t'anime. Il est celui que tu prends pour exemple pour avancer. Pourquoi ? Parce que tu avais besoin d'un exemple, de quelqu'un à suivre.

L'homme qui marche dans un long couloir dont on ne peut voir la fin avance-t-il réellement ? S'il en croit les murs et les motifs qui se répètent encore et encore, sans avoir ni début ni fin, la réponse n'est pas si évidente que ça, son entourage serait-il s'il différent s'il courait dans le vide, ou s'il avançait ? Pas vraiment. J'ai l'étrange impression que cette homme dans ce couloir, c'était moi, ou plutôt c'est moi.

Passé oublié et futur flou. Seul mon âge montre mon progrès, mon avancement, et pourtant, suis-je réellement en train d'avancer ? Un pas de plus, sorte de rituel dénué de sens mais sans raison particulière, derrière la jambe fatiguée la courbe s'est tendue, le cercle vide vue cent fois n'était qu'un point ce coup-la. Est-ce la la marque de l(a r)évolution, une simple suite de mon éternel ennui nommé "vie" ou l'absente mais impatiemment attendue folie qui se montre enfin ? Et si c'était moi, qui avait redessiner, redesigner ce mur... mais dans quel but aurai-je fait ça ? Est-ce un message pour moi-même ou une simple tentative de me faire souffrir comme je l'ai fait si souvent ?

Je n'en sais rien, est-ce lui qui m'anime ou moi qui le suis de ma propre volonté ? Est-ce un tournant dans ce couloir que je vois au loin et qui me pousse à courir, émerveillé que je suis dans cette différence si rare, si précieuse ?

N'est-ce pas qu'une question de point de vue ?

Il m'est très difficile d'avancer sans suivre quelqu'un. Certainement le manque d'un père.

Si c'était l'origine de ce fonctionnement alors il serait logique que nous l'ayons tous les deux... m'enfin, je ne me plaint que rarement de ce manque la, j'ai la (mal)chance de le connaître, et il a la chance d'être encore vivant et en bonne santé... j'aurai un peu honte envers les moins chanceux...

Mais tu as le droit d'être fier de ça, de tout ce que tu entreprends, de ta motivation. Car c'est bien de toi qu'il s'agit, et non de lui qui agite une marionnette.

Je ne suis pas d'accord, déjà, je me rapproche plutôt de la vision spinoziste de l'être humain, même si je n'y connais en faite à peu prêt... rien. Je n'ai jamais été fier de moi parce que je ne vois pas où le "moi" agit. Je fais des haltères, mais ce n'est pas parce que je le veux, c'est simplement que le désir de suivre mon meilleur ami est plus important que le désir de ne pas avoir mal, ou plutôt, le désir de ne pas avoir mal est tellement important en moi qu'il m'impose de m'y mettre vu que le contraire m'obligerait à me retrouver dans le rôle du "raté" de notre duo, pas diplômé, pas employé, pas créatif, pas musicien... et pas en bonne santé. M'y mettre est le chemin de la moindre souffrance.

Tu remarqueras que depuis que je m'y suis mis, le poids de l'haltère n'a toujours pas augmenté, 4kg, le poids de base, et même, pour le dernier exercice, il a diminué (j'ai réussi à me faire tellement mal au bras que je n'avais plus du tout de force, et une énorme migraine). Le premier pas a été fait, les premiers résultats sont arrivés... le second pas se fait attendre, déjà depuis trop longtemps...

J'ai été dans le même cas, je le redis. Pour te montrer à quel point je te suis inférieur, contrairement à ce que tu penses. J'ai suivis une personne. Pour moi et pendant longtemps, c'était mon idéal.

La société nous pousse à nous battre pour savoir qui est supérieur, en prouvant que c'est nous, et nous, nous nous battons pour prouver que c'est l'autre... c'est étrange, mais ça me paraît presque plus logique au final... m'enfin bref.

Un petit détail sur cette citation la, je ne crois pas qu'il soit mon idéal dans le sens où mon "moi rêvé"... n'est pas lui, il est plein de défauts... et n'a pas le caractère que je voudrai avoir, même s'il est vrai que dans beaucoup de domaines, il est ce que j'aimerai être...

Finalement, pour moi, il était moi-même, en version amélioré.

Moi-même en mieux. Ne te rend-tu pas compte... que ça, pour moi, c'est toi ?

Il avait des côtés, certes mieux que les miens. D'autres, moins bien.

Ça, c'est la différence entre ton histoire et la mienne, j'en suis déjà conscient depuis longtemps, en faite quand on a commencé à discuter, lui et moi, je me considérais comme un dieu vivant (période maniaco-dépressif...) et donc, lui n'était qu'un humain, certes meilleur que les autres mais bon, comparé à moi, il n'était pas grand chose, un humain au pays des fourmis comparé à un aigle royal.

Aujourd'hui, certes, la situation s'est un peu inversé, je le vois comme supérieur et moi comme l'incompétent, mais il n'est pas un dieu, il a des défauts, il n'arrive pas à faire ses projets, il souffre beaucoup quand il s'attache et plus encore quand il fait des erreurs, ce genre de chose... il a des défauts que j'ai, il a des défauts que je n'ai pas.

Imaginons, dans dix ans, nous avons tous les deux réussit nos rêves... il est fort probable que je sois bien plus connu que lui, que j'ai réussi des choses bien plus impressionnantes que lui, et dans un univers parfait, il marquerait son temps, je marquerai l'humanité, l'Histoire toute entière, ses idées sont géniales, bien fondés, réalisables et je pourrai parier sur le fait qu'il deviendra sans doute un artiste reconnu et fera de grandes choses, mais à côté, moi, même si mes idées sont infaisables, même si elles sont trop folles et trop stupides, si elles marchent, on s'en souviendra longtemps, c'est un domaine où mon caractère me rend "supérieur" à lui, en somme, je monterai plus haut, mais j'aurai plus de difficulté à grimper.

Pour être honnête je pense que mon fonctionnement se rapproche plus de celui d'un aspie, et lui d'un Z / HQI, je me sens proche de lui, mais il n'est pas moi, il ne fonctionne pas comme moi.

Et encore, pour le suivre, même avant ça, il fallait qu'on discute régulièrement, sinon, ma motivation redescendait en flèche.

Ce weekend, il est parti en vacance, ça faisait longtemps que je n'avais pas passé quelques jours sans avoir envi de rien faire ^^

Quant à me battre... Je suis trop fragile. La moindre défaite me fait faillir.

Tu appel ça une faiblesse ? L'idée même de la possibilité d'échouer me fait faillir. "Tu n'arrives à rien parce que dés le début, tu t'attends à être parfait, mais tu ne l'es pas, alors tu abandonne", dixit ma mère.

Mon superviseur m'a dit récemment, avec son sourire bien à lui, "T'es un battant toi, non ?!"

Bien sûr que t'en es un. T'es la, à discuter ici, t'as discuté avec moi et t'es pas parti en courant. J'appel ça du masochisme, mais "être un battant", ça fonctionne aussi ^^

Et elle m'a dit en gros, qu'elle ne pensait pas que c'était grâce aux diplômes, mais surement parce que l'une des employées de McDo France (une très haut gradée) avait dit que Benjamin était intéressant et qu'il ferait un bon coach.

Ma mère travail dans le social, l'année dernière, elle a eu sa VAE d'éducatrice spécialisée, donc, elle a le diplôme pour un post qui est plus ou moins ce qu'elle fait (mais pas sous ce nom la), et a fait plusieurs remplacements d'éduc spé vu que... sans le diplôme... elle savait déjà faire le job aussi bien que quelqu'un qui l'a (c'est le but de la VAE au final, de valider ça), accessoirement, quasiment tous les jeunes qui bossent avec elle s'en sortent bien alors que ses collègues sont des incapables. Depuis son diplôme, elle n'a pas eu le moindre remplacement, alors qu'il y à eu de la demande, tu sais quelle a été la raison ?

"Maintenant que vous avez le diplôme, il ne faudrait pas que vous vous habituiez au poste, sinon vous allait demander à l'avoir !"

Il y à quatre ou cinq ans, une de mes cousines, au chômage depuis longtemps, voit une offre pour un emploi qui colle parfaitement à ses compétences, elle va au pôle emploi, ou à son équivalent à l'époque (je sais pas si ça avait déjà changé ou pas, ça commence à dater), ils ont refusé, tu sais pourquoi ?

"Désolé madame, mais vous êtes bien trop diplômée pour ce poste"

Sauf que ces diplômes qu'elle a... sont ceux qui étaient demandés, plus d'autres qui n'auraient pas été utilisés pour ce job.

Je vais être salaud, mais franchement, choisir qui a quel job, j'ai bien l'impression que ça oblige les gens à avoir des logiques stupides, il ne faut jamais les écouter.

Je reste campé sur ma position sur le fait que je suis cent fois meilleur que Ben, que j'ai su démontrer mes capacités et qu'à l'heure actuelle, il n'y a qu'une employée qui puisse prétendre à m'égaler.

Le monde de l'entreprise est un monde dégueulasse, où le meilleur n'est pas toujours celui qui est le plus écouté, ou plutôt, où le meilleur n'est jamais celui qui est le plus écouté, tu ne fais pas assez de lèche botte ou ce genre de chose...

Je n'ai plus la force de m'affirmer comme étant un bon employé. Je n'ai plus la force d'affirmer que j'aurais dû évoluer à sa place. Je n'ai plus la force de vouloir, ou même espérer évoluer. Je n'ai plus aucune force pour me battre.

Burnout ?

Si je ne suis pas le meilleur, je suis nul.

Si je ne suis pas parfait, je ne suis rien, ou dans sa version plus habituelle, si je ne suis pas parfait, à quoi bon exister ?

Peut-être n'en as-tu pas l'air, mais tu me paraît bien optimiste par rapport à moi. Enfin, parfois.

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Re: °L4nge° - Livre I / Chapitre I / Alinea II - Un plumage nuancé

Message par Vincenz' le Sam 23 Mai 2015 - 15:39

Meuh. Je vous hais les gens.

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Re: °L4nge° - Livre I / Chapitre I / Alinea II - Un plumage nuancé

Message par L'ange le Dim 24 Mai 2015 - 0:49

Désolé Vinz', j'ai pas trop eu le temps de te répondre ces derniers temps, mais j'ai bien lu ton texte. Smile
Je vais juste te répondre sur un ou deux trucs, et je te ferais une réponse plus longue sous peu. ^^

Moi-même en mieux. Ne te rend-tu pas compte... que ça, pour moi, c'est toi ?
Je ne suis certainement pas meilleur que toi. Mais nous pourrions en débattre toute la nuit sans en voir le bout. xD

Vincenz' a écrit:

Quant à me battre... Je suis trop fragile. La moindre défaite me fait faillir.

Tu appel ça une faiblesse ? L'idée même de la possibilité d'échouer me fait faillir. "Tu n'arrives à rien parce que dés le début, tu t'attends à être parfait, mais tu ne l'es pas, alors tu abandonne", dixit ma mère.

Mon superviseur m'a dit récemment, avec son sourire bien à lui, "T'es un battant toi, non ?!"

Bien sûr que t'en es un. T'es la, à discuter ici, t'as discuté avec moi et t'es pas parti en courant. J'appel ça du masochisme, mais "être un battant", ça fonctionne aussi ^^


Je vais te citer la conversation d'avec ma psy, très récente :

Psy : Vous avez des idées noires ?
Moi : Oui, souvent. Mais je n'ai jamais eu le courage de passer à l'acte.
Psy : C'est pour vivre en souffrant qu'il faut du courage.
Moi : Non, c'est pour affronter la vie qu'il faut du courage. Pour souffrir, nul besoin de courage.
Psy : Oui...

Le fait d'être là ne fait pas de moi quelqu'un de fort. Je suis passif devant les difficultés de la vie. Pour affronter ces difficultés, il faut de la force et du courage. Mais quand on ne fait que subir, il n'y a absolument pas besoin de courage. Je n'ai ni la force de vivre, ni la force de mourir.

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Re: °L4nge° - Livre I / Chapitre I / Alinea II - Un plumage nuancé

Message par valerian le Dim 24 Mai 2015 - 20:13

m'en fautra aussi du courage ... pour revêtir mon habit de patron (slg) a l'imagination art expo ;...

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Re: °L4nge° - Livre I / Chapitre I / Alinea II - Un plumage nuancé

Message par Vincenz' le Mar 26 Mai 2015 - 2:46

Je ne suis certainement pas meilleur que toi.

Tu es indépendant, tu as un job, tu es un "adulte", tu as déjà excellé.

Comment pourrai-je ne pas t'être inférieur ? Serait-ce une simple question de faits récents, ou de potentiel ?

Mais quand on ne fait que subir, il n'y a absolument pas besoin de courage.

D'un côté, je suis d'accord avec toi, de l'autre il y à subir et subir, il y à subir en baissant la tête, en acceptant, en oubliant et en ne souhaitant plus rien d'autre que d'avancer, et il y à subir en rêvant qu'un jour ça ira mieux et en essayant de garder la tête droite. Je crois que celui-ci peut pour certains demander beaucoup de courage, quand pour d'autre, ce n'est que l'évidence et c'est l'autre option qui demanderait un courage immense, en tout cas, les gens d'une catégorie paraissent très courageux à ceux de l'autre, et inversement.

Il y aura toujours des gens pour nous dire courageux, c'est pour ça que l'on peut le prendre comme un terme qui ne nous décrit pas, qui ne veut plus rien dire, tout comme l'on peut se dire l'exact opposé, c'est selon notre caractère et l'époque dans laquelle on est que ce changement se fait.

Laisse moi rêver et croire que demain je vais me connecter et te voir heureux après avoir passer cette énième phase sombre de ta vie, parce que si c'est impossible, alors j'avance dans le vide sans rien attendre depuis bien trop longtemps. Souviens-toi de ce que tu me disais : on est peut être pas des clones, mais on est suffisamment proche pour que tu puisse me dire, contre toute logique, que j'ai la force de m'en sortir, parce que tu sais ce que ça fait d'être dans la phase dans laquelle je suis, laisse moi te retourner le compliment et l'espoir.

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Re: °L4nge° - Livre I / Chapitre I / Alinea II - Un plumage nuancé

Message par L'ange le Mer 27 Mai 2015 - 1:13

Vincenz' a écrit:
Je ne suis certainement pas meilleur que toi.

Tu es indépendant, tu as un job, tu es un "adulte", tu as déjà excellé.

Comment pourrai-je ne pas t'être inférieur ? Serait-ce une simple question de faits récents, ou de potentiel ?

Pas vraiment. J'ai un job, oui. Mais ce n'est rien de plus qu'un jeu pour moi. J'y intègre un personnage, qui doit réussir à évoluer dans ce monde ouvert en étant le meilleur, en gagnant chaque partie pour évoluer en société et être reconnu comme le vainqueur. Pour le moment, j'échoue, et je ne sais combien de temps cette partie doit durer, ni quand est-ce que j'aurais dépassé le délai.

Et j'ai un appartement... Cela ressemble plus à une chambre, que j'aurais eu chez ma mère. Ici, je dois simplement faire le ménage et me faire à manger en plus. Chose que je ne fais guère. Tout au plus, une ou deux fois par semaine, je me fais des pâtes. Je fais le ménage de temps en temps...
J'ai aussi des responsabilités, comme payer mes factures, faire des papiers importants... Que je ne fais pas. Je n'en ai pas la force. Aucune motivation n'émane de mon être, je ne suis pas simplement en déprime, je meurs à petit feu. J'attends juste la fin en fait. Le soir, je pleure, encore et encore. Le matin, ou plutôt l'après midi, je me réveil avec de l'anxiété et surtout, une grande culpabilité de ne pas avoir été sérieux, de ne pas avoir été "adulte" justement, de ne pas avoir réussi à m'endormir tôt et me réveiller à 17h...

Est-ce ça, un adulte pour toi ? ^^


Vincenz' a écrit:
Mais quand on ne fait que subir, il n'y a absolument pas besoin de courage.

D'un côté, je suis d'accord avec toi, de l'autre il y à subir et subir, il y à subir en baissant la tête, en acceptant, en oubliant et en ne souhaitant plus rien d'autre que d'avancer, et il y à subir en rêvant qu'un jour ça ira mieux et en essayant de garder la tête droite. Je crois que celui-ci peut pour certains demander beaucoup de courage, quand pour d'autre, ce n'est que l'évidence et c'est l'autre option qui demanderait un courage immense, en tout cas, les gens d'une catégorie paraissent très courageux à ceux de l'autre, et inversement.

Il y aura toujours des gens pour nous dire courageux, c'est pour ça que l'on peut le prendre comme un terme qui ne nous décrit pas, qui ne veut plus rien dire, tout comme l'on peut se dire l'exact opposé, c'est selon notre caractère et l'époque dans laquelle on est que ce changement se fait.

Laisse moi rêver et croire que demain je vais me connecter et te voir heureux après avoir passer cette énième phase sombre de ta vie, parce que si c'est impossible, alors j'avance dans le vide sans rien attendre depuis bien trop longtemps. Souviens-toi de ce que tu me disais : on est peut être pas des clones, mais on est suffisamment proche pour que tu puisse me dire, contre toute logique, que j'ai la force de m'en sortir, parce que tu sais ce que ça fait d'être dans la phase dans laquelle je suis, laisse moi te retourner le compliment et l'espoir.

Je ne sais pas vraiment à quel groupe j'appartiens... Est-ce que je garde la tête haute...?
Espérer... Je n'ai plus que ça, c'est mon fort. Je garde toujours espoir, je ne sais même pas pourquoi...

Tes paroles me font plaisir en tout cas Vinz', vraiment. On peut s'en sortir, toi comme moi. Tout dépend du chemin que l'on prendra et des gens que l'on rencontrera. Mais surtout, il faut savoir se motiver. Et de la motivation, c'est ce qui me manque cruellement en ce moment.

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Re: °L4nge° - Livre I / Chapitre I / Alinea II - Un plumage nuancé

Message par Vincenz' le Mer 27 Mai 2015 - 17:58

J'ai un job, oui. Mais ce n'est rien de plus qu'un jeu pour moi.

Ben t'as un salaire à la fin du mois non ? Il paraît que pour les gens qui ne sont pas moi, c'est le principal !

Et j'ai un appartement... Cela ressemble plus à une chambre, que j'aurais eu chez ma mère.

Ouais sauf que t'es plus chez ta mère, t'as un apart, t'es indépendant. Si jamais il arrivait quelque chose à ma mère je serai à la rue sans aucune source d'argent ni des connaissances suffisante en cuisine pour pallier mon ultra-sélectivité / hyper-sensibilité et permettre ne serait-ce que ma survie. T'en es clairement pas la, sur le "chemin de la vie" t'es bien plus avancé que moi, y à des ados de 17ans qui sont plus indépendants que moi, et pourtant en juillet j'en aurai 21. Tu n'es peut être pas ce que les gens appelleraient un adulte, vu que tu n'es pas épanoui dans ton travail et tout ça, mais tu l'es beaucoup plus que moi.

Aucune motivation n'émane de mon être, je ne suis pas simplement en déprime, je meurs à petit feu. J'attends juste la fin en fait.


On est deux...

Le soir, je pleure, encore et encore. Le matin, ou plutôt l'après midi, je me réveil avec de l'anxiété et surtout, une grande culpabilité de ne pas avoir été sérieux, de ne pas avoir été "adulte" justement, de ne pas avoir réussi à m'endormir tôt et me réveiller à 17h...

Chaque soir depuis une semaine, j'ai envi d'écrire un texte qui me passe par la tête, sur les "dictats" du système, le fait que nos vies ont été écrites pour nous et tout ça... toute la journée je me dis "vivement ce soir, que j'écrive, j'en ai tellement envi !"... et tous les soirs, au moment de m'y mettre, j'ai toujours la même réaction "bon, j'ai pas la force ce soir, je le ferai demain".

Chaque matin, ou plutôt, chaque après-midi, je me lève en me disant "super, hier je n'ai rien fait, encore une journée gâchée" et je pense à ce que je pourrai faire, puis je me met devant l'ordi, et le temps passe, et le soir arrive, et je n'ai rien fait, enfin si, j'ai passé une journée à souffrir, entre somatisation et courbatures, toujours les même zones qui font mal, toujours les même muscles, aucun changement, aucun progrès, aucun projet.

Je ne fais qu'attendre que mon meilleur ami soit en vacance, parce que les vacances d'été si l'on suit ce que l'on a dit je pourrai me (re)mettre à la guitare, me mettre à l'écriture, essayer de faire quelque chose de mes os. Il est frustré parce que ses projets créatifs n'avancent pas, et j'essai de servir à quelque chose comme ça, en le suivant pour tenter de créer une sorte de compétition entre nous et le pousser vers le haut, parce que c'est la seule et unique chose que je puisse faire pour l'aider.

Et de la motivation, c'est ce qui me manque cruellement en ce moment.

On est deux l'ange, on est deux...

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Re: °L4nge° - Livre I / Chapitre I / Alinea II - Un plumage nuancé

Message par r'Eve le Mer 27 Mai 2015 - 19:39

Vincenz' a écrit:
Aucune motivation n'émane de mon être, je ne suis pas simplement en déprime, je meurs à petit feu. J'attends juste la fin en fait.

On est deux...

Non, 3

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Re: °L4nge° - Livre I / Chapitre I / Alinea II - Un plumage nuancé

Message par L'ange le Sam 13 Juin 2015 - 3:02

En ce moment, je me sabote.
Quand dans la soirée, je n'ai esquissé un sourire à aucun moment et que l'euphorie et le sentiment d'accomplissement n'apparaissent que lorsque mon manager m'annonce que mon directeur va me convoquer sous peu, l'on peut commencer à se poser des questions sur mon niveau de santé mentale.
Mais cela reste jouissif, sur le coup.

C'est étrange, cette façon de ne plus ressentir sa propre douleur, en prenant un malin plaisir à la tester. Wink

Colère. C'est certainement le sentiment qui m'habite le plus en cette période. Sentiment que je n'avais que peu ressenti à une telle intensité ces quelques dernières années.

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Re: °L4nge° - Livre I / Chapitre I / Alinea II - Un plumage nuancé

Message par Vincenz' le Sam 13 Juin 2015 - 3:26

Si je peux aider...

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Re: °L4nge° - Livre I / Chapitre I / Alinea II - Un plumage nuancé

Message par valerian le Sam 13 Juin 2015 - 21:07

heyyyy  

salut l'ange !  


ta deja vue un zèbre en noir ? moi oui et putain y fait chaut dessous !

ici :

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Re: °L4nge° - Livre I / Chapitre I / Alinea II - Un plumage nuancé

Message par valerian le Sam 13 Juin 2015 - 21:18

s'est drôle j'arrête pas de penser a marie qui me dit " j'suis juste debile!" quand je lui dit qu'elle est intelligente et sa me fait exploser de rire a penser que tout les nouveau qui arrive ici sans avoir passer les test dise la même chose .. j'aimerais bien qu'elle passe ses fichue test juste pour voire ( t'façon j'ai raison elle est surdouée... enfin j'en suis sur a 98% )

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Re: °L4nge° - Livre I / Chapitre I / Alinea II - Un plumage nuancé

Message par Vincenz' le Sam 13 Juin 2015 - 21:41

En parlant de test, le 27 novembre 2013 j'avais reçu le formulaire à remplir pour passer la fameuse batterie de test pour savoir si oui ou non je suis un aspi, vu qu'il y à un test de QI au milieu et que c'est gratuit... il y à une semaine, je l'ai rempli et désormais... envoyé... j'attends leur réponse... un pas de fourmis de fait... c'est un peu déprimant de me dire que j'ai dû attendre la moitié d'une année pour remplir des bouts de papiers... j'ai pas volonté Sad

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Re: °L4nge° - Livre I / Chapitre I / Alinea II - Un plumage nuancé

Message par Vincenz' le Mar 16 Juin 2015 - 2:54

Désolé du double post, mais...dites les gens, petite question... ceux qui ont des relations conflictuelles / grosse séparation avec un de vos parents, vous faites quelque chose de particulier pour la fête des mères / pères ? C'est une question qui revient chaque année pour moi, vu que j'ai toujours eu du mal à m'entendre avec mon père...

En soulevant mon haltère, l'idée m'est venue de lui envoyer un gros pavé pour dimanche, en lui exprimant ce qu'est ma situation aujourd'hui, mes projets, tout ça... vu que la dernière fois que j'ai eu des nouvelles de lui c'était... parce qu'il avait décidé que n'en ayant plus, il n'avait plus à donner de l'argent pour moi chaque mois... en plus j'ai presque réussi à ne pas oublier son anniversaire cette année... je sais pas trop si je dois le faire ou pas, d'où le fait que je vous pose la question *-*

Désolé l'ange de te piquer ton topic pour ça d'ailleurs... j'ose parce que je sais pas trop si ça te dérange ou pas... si ça te dérange suffit de le dire et j'arrêterai hein ^^

Ah et au passage, rapidement... mes bras, lorsque je les plie, change légèrement de forme pour laisser apparaitre sous les couches de graisse une forme étrange moins molle que ce qui l'entoure... même chose pour mes jambes, mais elle, c'est quand je ne les plie pas du tout... mon programme de retour à un corps d'humanoïde serait-il en train d'avoir un effet palpable ? Même si c'est un lien de causalité mécanique, j'avoue que j'y croyais pas... et c'est aujourd'hui que je l'ai remarqué, en soulevant cet objet de torture qui atteint désormais l'incommensurable poids de 6kg... je vais avoir du mal à dormir cette nuit je sens, et pas que parce que j'ai vraiment mal partout. J'ai l'impression de vivre une seconde adolescence, la conscience de son corps, l'immaturité, tout ça, c'est assez étrange mais plutôt plaisant au final, même si je m'y attendais vraiment pas *-*.

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Re: °L4nge° - Livre I / Chapitre I / Alinea II - Un plumage nuancé

Message par r'Eve le Mar 16 Juin 2015 - 3:11

Primo, cette année j'ai envoyé un texto (histoire de pas culpaliser)

Deuzio, c'est drôle de se rappeler l'existence de certains muscles hein ? Wink
Au début on râle à cause de la douleur (courbatures ...) mais après ... on finit par y prendre goût
Si si j't'assure ! What a Face
Moi non plus j'y croyais pas avant de l'avoir vécu
Mais ca ... c'était avant Papy Wink

PS : Terzio (j'dis comme j'veux d'abord), laisses tomber l'idée du pavé Evil or Very Mad
Il risquerait de te coller un procès pour te réclamer de la tune What a Face (dommages et intérêts pour acte blabla AVEC préméditation blablabla)

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Re: °L4nge° - Livre I / Chapitre I / Alinea II - Un plumage nuancé

Message par Vincenz' le Mar 16 Juin 2015 - 4:04

Very Happy

Je confirme pour les douleurs, aujourd'hui j'ai appris que j'avais un muscle à la base du cou j'ai été un peu... surpris o_o après autant ça je m'y habitue et c'est vrai que ça ajoute un sentiment de réussite, autant... chez moi, tout est lié à mon estomac, donc quelque soit le muscle qui me fait mal, j'ai envi de vomir. C'est un peu handicapant mais je finirai par m'y habituer, ou mon corps finira par changer, je sais pas trop lequel arrivera en premier par contre, et puis ça ne peut pas être pire que mes quelques séances chez le dentiste (oui, ma langue est accrochée trop bas, donc la le lien est littéralement direct ><)...

Mais c'est vrai que se mettre à une activité physique, ça permet de découvrir plein de muscles, et vu comment ma curiosité fonctionne, je pense que d'ici quelques mois je vais finir par bien les connaître... internet est la pire chose qui soit pour un curieux, tant de choses à voir... m'enfin, ça, au moins, j'en ai vraiment l'habitude *-*

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Re: °L4nge° - Livre I / Chapitre I / Alinea II - Un plumage nuancé

Message par Heaven le Sam 20 Juin 2015 - 21:41

<3

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Re: °L4nge° - Livre I / Chapitre I / Alinea II - Un plumage nuancé

Message par Vincenz' le Lun 22 Juin 2015 - 15:20

Message envoyé cette nuit à 22h... je l'ai fais sur libreoffice (l'équivalent d'openoffice que j'ai sur mon notebook)... il faisait... 4 pages... je vais devoir attendre longtemps pour avoir une réponse *-*

Et je suis content, mon projet général commence à vraiment porter ses fruits, vu que... l'idée de me mettre à manger des pommes n'est plus impensable, donc mon idée de "faire des trucs pour avoir confiance en moi pour faire d'autres trucs" est un concept qui a l'air de fonctionner =D

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Re: °L4nge° - Livre I / Chapitre I / Alinea II - Un plumage nuancé

Message par Vincenz' le Lun 13 Juil 2015 - 2:43

Hey les gens ! Pourquoi vous postez plus ? L'ange, donne des news un peu, ça fait un moment... mon côté parano aime pas ça du tout... et les autres, faut le motiver à revenir, lui redonner le moral s'il l'a perdu, faire de ce topic un topic ultra-positif pour qu'on puisse tous venir chercher un peu de confiance et de bonheur si on en a besoin !

A part ça... vu que j'avais partagé quelques textes... ce soir mon meilleur ami m'a proposé un jeu d'écriture, on prend un mot et on a une heure pour faire un texte... le wikitionnaire a choisi pour nous le mot "cible", j'ai pas été inspiré... voila le résultat, j'ai relu mais il doit y avoir des tas de fautes, et vu que c'était que pour le texte, c'est à des années lumières de mes valeurs politiques... mais bon, je le trouve pas trop mal pour un truc fait à la va-vite donc... si y en à que ça intéresse...

Spoiler:

Trente mètres avant que la cible soit en position.

Qu'est-ce que je fais la, pourquoi suis-je en train de faire ça... Vingt-cinq mètres. « Non, tu ne dois pas te poser ce genre de question, tu dois le faire, une bonne fois pour toutes ! ». Vingt mètres. Une colombe s’envole sur le toit en face, comme ce jour, il y à dix ans…

Ce jour la, pour la première fois, père m'avait emmené à son travail, enfin, c'était plutôt le travail qui était venu à moi, sous la forme d'une dizaine de barbus énervés qui criez « plus de salaire » et « moins de travail ». Je n'avais que dix ans mais je me souvient encore de ce qu'il leur avait répondu…

« Et si je n'étais pas la ? Que feriez vous  ? Que deviendrez vos femmes et vos enfants  ? Vous voulez aller à la mine c'est ça ? Travailler quatorze heures par jour, dans le noir, pour une bouchée de pain ? Vos familles, pensez à elles, qu'est-ce qu'elles en pensent, de votre révolte à trois francs  ? Vous ne voulez plus travailler, soit, vous n'êtes pas irremplaçables. Vous avez déjà des avantages conséquents par rapport à la concurrence, alors maintenant, soit on dégage, soit on arrête de se plaindre et on retourne au travail immédiatement! »

Bizarrement, les barbus s'en étaient allés, comme s'ils avaient reçu ce qu'ils étaient venus chercher. Ce n'est pas que mon père avait été méchant mais, au final, c'était lui le chef, c'était tout à fait normal que ce soit lui qui touche le plus d'argent. Les barbus n'étaient plus revenus, jusqu'à ce qu'il engage un certain Lantier qui semblait très qualifié malgré son jeune âge. Il ne l'a jamais su mais mon père a longtemps cru qu'il deviendrait son futur successeur, jusqu'à ce fameux jour de septembre, il y a six ans… il pleuvait fort dehors, et de nouveau, les barbus sont venus, mais ce coup-ci, ils ont crié dans la rue, sans même ouvrir la porte.

« Vous croyez qu'on a besoin de lui ? Camarades ! Qui se tue à l'usine chaque jour ? Qui produit l'argent et qui le reçoit ? Il ne serait même pas capable de travailler deux jours ici ! On nous parle de concurrence qu'on écrase, mais si on est meilleur, c'est grâce à nous et pas à lui ! Pourquoi devrait-il tout recevoir quand nous nous n'avons rien ? Levez vous camarade ! Il est puissant mais il est seul, et c'est ensemble que nous vaincront ! »

Mère m'emmena dans ma chambre, et je n'entendis pas la suite, mais dans les jours qui suivirent, père semblait moins heureux, il répétait  « leurs augmentations ils les ont eu, ils sont content j'espère ! Ces bolcheviks se plaignent beaucoup trop si tu veux mon avis !». Je me souviens que la nourriture est devenue moins diversifiée et les cadeaux plus rares, mais ce n'était que la première étape, la seconde, c'est à la radio que je l'appris…

« Souvenez-vous camarades… la dernière fois que le peuple s'est soulevé, qui a gagné et qui a plié ? Il nous menace mais souvenez vous que même Hilter, tout roi du monde qu'il était, n'a pas tenu face à la force du peuple français ! Levez vous camarades et battez vous ! Que le travailleur soit payé pour ce qu'il produit et que le bourgeois soit laissé aux cochons ! Comme il y à trois ans… ensemble, nous vaincront ! »

Lantier était passé de gréviste à politicien, sa parole portait et l'usine s'embrasait, les travailleurs n'en pouvaient plus des conditions de travail, ils demandaient le paradis, trente heures par semaine et même des vacances ! Quel honte, ne voyait-il pas que l'argent qu'ils touchaient, ils le volaient à mon père et à nous tous ? Que nous étions en train de mourir à petit feu ? Et encore, ce n'était que le commencement, de voyage chez une tante, devant ce nouvel outil nommé télévision, je vis de nouveau sa face de rat, qui scandait un nouveau discours dont il avait le secret…

« Françaises, français… écoutez mon appel ! Écoutez donc l'appel d'un être que la bourgeoisie à réduit en esclavage et qui s'est libéré de ses chaînes ! Nous sommes les enfants du général et des résistants ! L'envahisseur vient de chez nous et nous ne devons pas le laisser nous enchaîner ! L'on vous dit faible, l'on vous dit pauvre, mais écoutez moi, françaises et français, ce que l'on ne vous dit pas, c'est que vous êtes nombreux, et qu'ensemble, nous nous libéreront du joug de la bourgeoisie et du capitalisme ! Ensemble, nous vaincront! »

Quelques minutes après, le téléphone sonnait. Père avait préféré la corde à la hausse de salaire. Cette pourriture l'avait envoyé dans l'au-delà avec ses pathétiques idées et ses discours, mais aujourd'hui, enfin, il allait être vengé, enfin il allait pouvoir souffrir autant que nous avons souffert, grâce à ce fusil et à la balle qu'il contient.

Quinze mètres. Dix. Neuf. Père. Huit. Sept. Père, aide moi. Six. Cinq. Père, par pitié… Quatre. Trois. Deux. Non ! Je ne veux pas tuer quelqu'un ! Un.

Zéro.

Vincenz'
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Re: °L4nge° - Livre I / Chapitre I / Alinea II - Un plumage nuancé

Message par L'ange le Mer 22 Juil 2015 - 2:13

Je voulais te répondre normalement Vinz', mais ton message m'a donné l'inspiration. Donc je vais m'essayer à une petite impro.
J'essaierais de venir plus souvent également. Smile


"My road, my hope"

Je vois ma vie comme une route. Une longue route filant à travers les terres et les villes, à travers les montagnes et les océans. Le temps guide mon pas et chaque année qui passe est un instant au cœur de celle-ci. Mes rencontres sont diverses, ponctuelles et éphémères. Mais chacune d'elles m'en apprend un peu plus sur la vie.
Cette vie que certains trouvent si dure, si dramatique, si contraignante. Moi-même, je me prend quelques fois à espérer de meilleurs moments, quand je repense aux dettes qui me suivent, aux souvenirs douloureux, aux dépenses présentes et à mon avenir si incertain. Quid de l'ambition ? Ma route me mène droit vers un océan de médiocrité, de normalité, d'ennui.
Mais lorsque mon objectivité revient, lorsque ma capacité à relativiser se réveille, je me souviens. Cet homme qui avait le visage brûlé, qui s'était attaché à moi comme à un ami avant que je m'en aille loin, cette femme dont le mari était mort et qui semblait elle-même tout droit sortie d'une tombe, ma mère dont le frère et la sœur sont décédés dans des conditions affreuses...
Ou encore cet homme, qui pour surmonter sa misérable existence se noie dans l'alcool, ce jeune qui à peine majeur doit s'endormir sous overdose tous les soirs, cette fille qui à vingt ans a connue plus d'hommes que toute la ville pour compenser ses terribles blessures...
Le monde connait beaucoup de tristesse, tous ceux là me la rappellent.

J'ai toujours voulu être le meilleur, en tout. Et j'ai parfois l'impression de vouloir les rattraper, pour des raisons qui me sont propres et qui remontent bien trop loin pour que je puisse en conter les racines. Certains souvenirs me torturent, comme ce souvenir vague de mon premier passage au foyer à un an, certains moments gravés dans mon esprit du second, les diverses années de mon adolescence, le cri de ces enfants qui pensaient, comme moi, que j'avais sans doute tué leur père lorsqu'il s'est effondré... Le visage de ma mère, cette fameuse nuit où j'ai enfoncé le mur du salon à coup de poing... Les paroles de cette femme, sa voix assurée, blessante, me renvoyant à tout ce qu'il pouvait y avoir de mauvais en moi...
Le visage de mon père, lorsqu'au bord de son cercueil, je lui rappelais que j'avais promis de venir le voir un jour...
Autant de souvenirs qui ne sont finalement rien dans la balance du malheur. Comment mesurer les plus endurants, les plus à plaindre, les plus méritants de vivre ?
J'aime me balader sur cette route, en essayant tant bien que mal de relever les gens que je croise et qui auraient trébuchés. J'aimerais tant pouvoir me proclamer bienfaisant, utile. Il m'est arrivé de délivrer une jeune femme de l'emprise de la rancune, en lui décrivant mes regrets personnels, en la guidant vers le pardon. Elle me raconta le lendemain sa journée passée avec son père qu'elle n'avait pas vu depuis des années, avec qui elle avait reprit contact grâce à moi. Je n'ose décrire ici ma joie ce jour là...

Mais la vérité, c'est que je n'ai fait que peu de choses. Sur cette route, tout le monde s'entraide et tout le monde porte un fardeau sur les épaules. Moi-même, je me suis effondré plusieurs fois et l'on m'a relevé. C'est cela la vie, la route. Nous ne sommes pas seul et tant que notre cœur bas, nous pouvons affronter la vie sans honte.
Je revois le visage de ce grand brûlé qui venait au bar, ou celui qui sous son unique bras portait son journal le sourire aux lèvres. Ces gens là nous prouvent que la vie ne s'arrête pas aux premiers malheurs et que même dans les pires moments, l'espoir perdure.

Il n'y a aucune peine qui mérite que l'on désespère. Mais toutes les joies méritent que l'on se batte.

L'ange
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Re: °L4nge° - Livre I / Chapitre I / Alinea II - Un plumage nuancé

Message par L'ange le Mer 22 Juil 2015 - 2:20

Et j'aime beaucoup ton texte Vinz'. Tu as su prendre un autre parti politique que le tiens, en montrant une vision de "l'autre côté" plutôt bonne. C'est une preuve d'ouverture d'esprit. ^^

L'ange
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Re: °L4nge° - Livre I / Chapitre I / Alinea II - Un plumage nuancé

Message par L'ange le Mer 22 Juil 2015 - 2:27

Quelques textes récents. Smile



"Bercé est mon cœur quand je m'endors,
Rouge est la couleur qui en ressort,
Comme le sang qui s'écoule au dehors,
De cette masse inerte qu'est mon corps.

Chaque nuit je me prend à espérer,
La fin de cette terrible épopée,
Et que le calme survienne enfin,
Pour signer l’œuvre du destin."

_________

"L'égo est mon fardeau,
A tel point que je m'éteins,
Chaque fois qu'il me fait défaut."

_________

"Le paradoxe de l'écrivain

L'inspiration ne vient qu'avec la tristesse.
Mais la retranscrire rend heureux.
Quelle peine alors, de n'avoir qu'une phrase à écrire..."

___________

"La frustration de ne pas avoir ce que l'on désir sera toujours inférieur à celle de n'avoir rien à envier."

___________

Cette nuit j'ai rêvé que je discutais avec des anglais et qu'avec mes quelques connaissances, j'arrivais à me faire plutôt bien comprendre.
La question qui demeure est, est-ce qu'au fond de ma mémoire, j'ai acquis les connaissances nécessaires pour m'exprimer basiquement dans cette langue, chose que je ne pourrais faire en état conscient, ou est-ce que la pensée est universelle et que, bien que lorsqu'on pense, on imagine nos mots acquis, il n'en est rien, et que nos pensées représentent un assemblage d'idées que nous transformons, inconsciemment, en les mots que nous connaissons ?
Dans mon rêve, me serais-je réellement exprimé en Anglais ou bien, sans m'en rendre compte, je ne faisais que penser sans distinction de langue, tout en m'imaginant dans un fantasme de puissance, parler en Anglais ?
Le mystère est complet.

____________

"Si l'on est pas le meilleur, alors c'est qu'on est nul."

___________

Esprit bouleversé, renversé et désorienté,
Dans l'intimité est née une idée insensée,
Si dure à conclure qu'elle ne dure,
Pourtant pure, sans censure ni brodure.

Alors est né l'espoir...

____________

Prison d'illusion sans nom je te maudit au plus profond de ma raison, poison à foison, jamais de guérison tandis que l'horizon se dérobe à ma vision, laissant pour seul fond, corrosion, lésions et contusions, aucune occasion d'évasion, seulement la division, l'occlusion et la confusion pour seule conclusion...

___________

Beaucoup de larmes versées... Mais pour quoi ?
Une amie perdue, un amour terminé ?

Ne pleure pas garçon, c'est dans l'ordre des choses.
Au fond, qu'est-ce que le temps face aux sentiments ?
Une amitié devrait-elle durer toute une vie ?
Sans quoi sa présence n'aurait eu aucun sens ?

Un jour, tu quitteras la vie de tous ceux qui t'accompagnent aujourd'hui et tu iras en embellir d'autres.
Que te resteras-t-il alors du passé ?
Des souvenirs, rien que cela. C'est un beau cadeau que t'offre la vie, ne le gâche pas.
Il ne faut pas regretter la perte d'une relation, seulement regretter de ne pas en avoir assez profité.
Alors maintenant, appelle cette personne qui t'est chère et raconte lui ta journée.
Et si demain cela ne t'est plus possible, n'en pleure pas et souviens toi. Juste, souviens toi. Tous ces bons moments sont une offrande qu'elle t'a fait et que tu dois respecter.

Beaucoup s’apitoient sur ce qu'aurait pu être une relation, en oubliant ce qu'elle a été...

___________

"L'amour véritable se suffit à lui-même.
Mais s'il n'est partagé, son amertume transformera tout ce qui est blanc en noir, la passion devenant addiction extravagante et implacable."

___________

"Si l'amour survit malgré l'absence de broderie, c'est qu'il s'agit à présent d'une amitié si intime qu'elle restera imperméable au temps."

___________

"La beauté n'est superflue que si l’œil n'est attentif."

___________

"Les larmes d'un cœur ne perçoivent pas le bonheur d'un instant."

___________

"L'expiation est une étape du pardon de soi. L'auto-destruction en est l'échec."

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