La petite histoire

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La petite histoire

Message par versus le Mar 12 Mar 2013 - 23:33

Plutôt qu'une longue présentation, je vais raconter une petite histoire :

J'ai un peu voyagé, et lors d'un de mes récents voyages, j'ai fait une randonnée sur le mont Olympe.
Je suis donc parti le matin de Salonique. Évidement, avec mon organisation, je loupe le bus, et je dois attendre 2 heures pour aller jusqu'au village de départ. Ces 2 heures ne sont pas qu'un détail. J'arrive donc à midi au village de départ, très touristique et pas très beau (la randonnée est faites par beaucoup de monde). Le temps d'acheter des plans et de finir de me préparer, départ, avec comme objectif un refuge. Le soucis est qu'il faut 8H30 pour faire le trajet et que je n'en ait que le refuge ferme dans 7 heures.

Après un peu d’hésitation (rester une nuit au village ou partir), hop, me voilà parti, avec 2000 m de dénivelé devant moi. Naturellement, je me perd au début, et perd encore une 20 aine de minute. La rando est faite au pas de course, mais je dois quand même m’arrêter de temps en temps, marchant sur les flanc d'une gorge et une rivière en contre-bas. Les paysages sont juste magnifique, particulièrement dans un pays sec, alors que la verdure se trouvait tout autour de moi.

Je n'ai pas pu assez en profiter à mon goût quand même, mais je n'ai pas envie de dormir dehors. Au bout de 4-5 heure, je rattrape enfin des groupes faisant la rando et allant au refuge ce qui me rassure. Le chemin était très emprunté, mais jusqu'ici je n'avais croisé que des gens en balade et ayant fait une partie de la montée en voiture ou descendant. Sur la dernière heure, je croise un truc assez surréaliste, quelqu’un faisant un footing en montagne, alors qu'il n'y avais pas de trace d'habitation...

Avant la fermeture, me voilà au refuge, j'en profite pour me reposer et pour discuter avec un Belge au passage.
Le lendemain, les jambes étaient un peu lourde, mais je part avec le Belge pour finir la rando jusqu'au mont une avec un sacré dénivelé mais bon, me voilà à côtoyer les dieux Grecs avec un superbe paysage. Voilà un truc en moins à faire sur ma liste de chose à faire.

Là, les choses se compliquent, le matin dans le refuge, j'avais constaté que le chemin de la rando continuait de l'autre cotés de la montagne, ce qui évitait de faire demi-tour (et ça, c'est un truc, j'aime pas). L’hôte du refuge m'avait indiqué le matin que le village était petit, qu'il y avait peut être des bus, et qu'il y avait un hôtel...

Après quelque hésitation (le Belge avait un camping car, et je suis sur que j'aurais pu me balader quelques jours avec lui si j'avais voulu), je me décide à suivre l'autre route (et puis, sur la carte, le chemin avait l'air gros...) Sauf que sur tout le trajet, je n'ai croisé personne, j'ai failli me perdre 2 fois car le chemin ne se voyait plus, et quand au paysage, il me faisait pensé à ceux vue dans le film « la gloire de mon père », sec et sans eau. Pas rassurant tout ça, et j'ai oublié de préciser qu'au bout de 5-6 heure, je commence à ne plus avoir d'eau, et pas de village en vue.

Au bout d'un moment, j'aperçois le village, perdu, avec une route, sans aucune voiture... pour le stop que je pensais faire, c'était pas gagné. En entrant dans le village, je tombe sur bar/restaurant (le seul du village), ou je me fait accueillir par le patron. Très chaleureux, qui me renseigne sur le village, sur l’hôtel, sur le bus. En lui demandant si il y avais des touristes qui passait, il m'a indiqué qu'une française était passé l'année dernière... Donc effectivement, personne ne prenait le chemin que j'ai pris. L'accueil étant sympathique, le village jolie et calme, je décide de dormir sur place.
Après un petit tour à l’hôtel, je repasse le soir au restaurant, ou j'ai droit à la présentation des anciens du village, et on discute un peu (un gros mélange d'Allemand, d'Anglais et de Grec, pas toujours facile), et je passe la soirée sur place, avec une belle ambiance familiale. Je reste quand même un peu à l'écart ce soir là. L’accueil est très conviviales, et on sent que les gens à qui j'ai parlé sont content de parler avec un étranger.

Le second jour, je choisis de rester une nuit de plus, et de me reposer (la rando m'a bien tué quand même). L’après midi en me posant, un peu hors du village, un petit vieux s’arrête et on commence en discuter (enfin en Grec... et je parle pas un mot de grec), et il partage une bouteille de vin avec moi. Petit moment sympathique. Après cela je retourne une soirée au restaurant, avec un fête d'une famille. Ou bout d'un moment, je sympathise avec certains, on discute ensemble, on passe une super soirée, et y m'ont bien fait picolé les gredins (d'ailleurs, le resto ou le patron rempli notre verre sans rien demandé en disant que c'est pour lui, j'ai pas connu souvent ça.) Et la soirée se finis ou tous le monde me dit au revoir et avec de grande accolade...

Pour le départ, le lendemain, les gens du restaurant m'ont même trouvé quelqu'un pour m'emmener à la ville la plus proche (à 1H de route quand même). Et le départ fut triste.

Pour conclure, j'ai été touché par l’accueil de ces gens. Il ne me connaissait pas, nous ne parlions pas la même langue, mais il m'ont laisser partager leur joie, et était simplement ouvert et avec de grands cœurs. Il s'agit d'un instant de bonheur brut. De partager quelque chose de vrai. Après avoir vécu ça, peut on dire que l'homme n'est que mauvais, et qu'il n'a rien à donner ?

Pourquoi cette histoire : Parce que c'est la manière dont je veux vivre ma vie... Avoir un objectif qui vaut le coup et pour lequel on est prêt à faire des efforts, ne pas traîner et tout faire pour l'atteindre, avec un délai limite, avoir ensuite le choix de la route, en choisir une que personne ne prend, sans savoir exactement ou l'on va, parfois peu rassurantes. Et au bout de la route, trouver un havre, savoir s’arrêter pour en profiter. Finalement trouver un lieu qui valait le coup et qui donne des raisons d'être optimiste, pouvoir se dire que le chemin, même difficile, était le bon.

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Re: La petite histoire

Message par L✭uphilan le Lun 18 Mar 2013 - 18:58

Merci pour ce joli partage, Versus :-)

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Re: La petite histoire

Message par Ardel le Lun 18 Mar 2013 - 19:03

C'est une super histoire ! Merci de l'avoir partagée avec nous ...

C'est un beau mode de vie aussi. Attention tout de même aux routes que personne ne prend, parfois c'est à raison ^^

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Re: La petite histoire

Message par Lalala le Lun 18 Mar 2013 - 19:11

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Dernière édition par Lalala le Dim 14 Sep 2014 - 21:09, édité 1 fois

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Re: La petite histoire

Message par Invité le Mar 19 Mar 2013 - 9:47

Merci pour ton histoire.
Comme quoi, choisir son chemin, ce n'est pas forcément se perdre, bien au contraire!
ça vaut le coup de sortir des sentiers battus!

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Re: La petite histoire

Message par versus le Jeu 21 Mar 2013 - 0:45

Merci ! Merci !

Ardel: Quand on est pas fait pour vivre comme les autres (enfin, ça j'aurais bientôt la réponse), il faut savoir prendre des risques, sinon on prend le risque est de ne jamais pouvoir être heureux.

Il faudra que je mette quelques petite photo pour illustrer l'histoire.

En attendant, j'ai envie de rester positif, donc je partage une petite musique qui va avec.


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Re: La petite histoire

Message par coeur sensible le Ven 22 Mar 2013 - 21:46

Voyageur inconnu,
sur ce chemin perdu,
Si tu parles en HP,
tu te sentiras intégré,
si tu parles en versus,
tu te sentiras bien plus...

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Re: La petite histoire

Message par versus le Lun 1 Avr 2013 - 23:08

Merci pour ce jolie texte, coeur sensible, même si je ne m'en sens pas réellement légitime. Embarassed


Je me revois dans cette salle de cours. Cela faisait une semaine que je m’interrogeais sur ce que je devais faire, partir ou rester, que tout se bousculait dans ma tête, que les nuits étaient courte, j'avais un choix difficile à faire. Et puis. Puis d'un seul coup, une impression étrange, celle d'avoir rêvé de ce moment, exactement à la même place, comme un vieux souvenir. Cette impression est resté, avec une sensation de bien être malgré toutes ces questions, et le sentiment que j'aurais pris ma décision dans les instants qui allait suivre. Et cette décision allait avoir une grande influence sur le reste de ma vie. J'ai refais un petit tour rapide de toutes ces idées que je ressassais depuis quelques temps, j'en suis arrivé à la conclusion qu'il n'y avait pas de réponse rationnelle, les deux choix se valant. Je me suis donc tourné vers moi, cherchant ce que qu'au fond de moi je désirais vraiment. La réponse est venue, comme une évidence. Le temps de la réflexion était terminé. La décision dont je pressentais l'impact, sans comprendre réellement pourquoi, serait définitive et ferme.

Je venais de reprendre mon année, la seconde depuis ma reprise d'étude, après ma pause de deux ans. Je m'étais prouvé ce que j'avais à me prouver cette première année, commençant très bas, et finissant bien, avec une belle réussite aux examens, moi qui était plutôt à classer dans les cancres par le passé. Donc en ce début d'année, en suivant ma petite route pour finir tranquillement mon cursus. Mais ayant atteint mes objectifs, je commençais à me poser de petites questions. Ma copine se trouvait loin de moi et Petit à petit, une petite idée commençait à germer et à se concrétiser, et si je faisais cette année en apprentissage. Pas d'apprentissage pour ma formation dans ma région, donc si je voulais faire cela, il fallait aller à Paris. Comme par hasard, ma copine se trouvait se là bas. Donc après une petite réflexion, je me renseigne pour trouver une école, en trouve une qui accepte mon dossier, je m'absente une journée pour passer un entretien, fait une après midi de formation, dépose quelques CV, puis au bout de quelques jours, reçoit deux appels pour des entretiens avec des employeurs, je me déplace à nouveau sur Paris, passe mes entretiens à Paris. Les réponses ont été positives, me voilà devant ce choix à faire (jusqu'ici, mes démarches ne m'engageaient en rien) .

Et cette décision c'est avéré très dure à prendre: J'étudiais à 100 km de chez moi. Chez moi, tout ce passait bien, j'étais bien entouré, de bon amis, des relations que j'appréciais , ma famille, bref, un lieu ou j'avais tout dont j'avais besoin, mais ou je n’étais là que le week-end. A cotés de cela, la semaine, un petit studio, des études intéressantes, mais un certain ennui, tous mes collègues étant du coin, avaient leur vie à cotés. Malgré cela, je m'entendais bien avec tout le monde, et j'étais proche de certains d'entre eux. Mais restait cet ennuis. Ajouté à cela, peu d'argent pour vivre (200 € hors logement et transport), donc avec des fins de mois difficile. Bon un ensemble qui faisait que si je n’étais pas malheureux, je n'étais pas complètement épanouie.

A cotés de cela, ma copine se trouvait loin, je ne la voyais pas souvent, et je sentais qu'avec la distance, cette relation à laquelle j'étais attachée, ne se poursuivrait pas ainsi. Donc pour qu'il y ait une chance que ça continue, je devais partir.
Au passage, je sentais également que l'année scolaire allait être longue, et que je n'avais pas la même motivation qu'au début. De plus j'avais envie de travailler, je l'avais déjà fait pendant deux ans, et une année supplémentaire en étant uniquement étudiant allait être dur à supporter. D'un autre cotés, j'avais commencé à m'attacher à certains de mes collègues, et je sentais que si partais maintenant, je perdrais contact au bout d'un moment, et surtout cette fille, avec qui nous avions une relation étrange, nous étions souvent ensemble, la plupart du temps assis à cotés en cours, et une impression d'être intime, sans avoir de grandes conversation. Elle ne connaissais pas grand chose de ma vie. Peut être qu'on se sentait simplement bien ensemble (nous ne sortions pas ensemble), sans avoir besoin de le dire. Et donc que je reste ou que je parte, je perdrais, quoi qu'il arrive, des choses qui avaient de l'importance pour moi.

Et donc après semaine d'intense réflexion, à tout peser, à chercher ce que je désirais, à voir ce qui me tenait le plus à cœur, me voilà assis sur cette chaise et cette impression de déjà vu, avec des émotions très intenses qui me traverse, et pourtant je suis serein. Je devais simplement décider, même si je sens que le choix ést plus important que rester ou partir . Et c'est maintenant que ça se décide. Calment, je réfléchi, me rend compte que ce n'est pas comme ça que je dois faire, je me recentre, qu'est ce que je veux ? Je reste concentré ainsi, et au bout de quelque minute, la réponse est venu.

Je n'ai jamais pu expliquer cette sensation, ça peut paraître fou et je n'en ait pratiquement jamais parlé, mais j'ai la certitude que ce jour là, j'avais le choix entre deux routes bien différentes l'une de l'autre. Et que cet instant est le moment clé de mon existence. Il m'arrive d'ailleurs d'entrevoir ce qu'aurait donné l'autre chemin, je ne peux en être sur, mais je sens ce qu'il aurait été complètement différent.
Il m'est arrivé de le regretter ce choix, et j'ai même tenté de faire marche arrière à un moment, mais les deux routes ne peuvent se rejoindre désormais. Les dernières années n'ont fait que confirmer la réalité de cette impression.

Le soir là, des collègues venaient passer la soirée chez moi. J'annonce aux premiers arrivé ma décision, et La question a retenti,
Et tu as dit à C. que tu partais ?
Pas encore, je lui dirais quand elle arrivera ce soir...

versus
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Re: La petite histoire

Message par versus le Lun 1 Avr 2013 - 23:20

Et bien sur, la petite chanson qui va avec.



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Re: La petite histoire

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