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Message par camdav Ven 20 Juil 2012 - 15:11

Bonjour à tous,

Je n'osais pas trop poster sur ce sujet pour tout vous dire.
C'est en essayant de trouver des réponses à toutes mes questions que j'ai pensé à vous en parler.
Alors voilà, j'ai en fait été "zebro-testée" toute petite mais je ne l'ai appris qu'avant hier. C'est à dire à la veille de mes 17 ans !
Il s'est en effet passé du temps. J'ignore pourquoi je ne l'ai jamais su... Ca aurait expliqué un tas de choses bien plus tôt !
Toujours est-il que ça fait plus de trois ans maintenant que mon exutoire consiste à me faire du mal. Je suis assez gravement dépressive depuis 7 ans maintenant, et ça n'a fait qu'empirer au fil des années. Ce fut tout d'abord suite au décès de mon cousin, qui était comme mon grand frère ( aujourd'hui avec le recul et la connaissance, je suis quasi certaine de sa zébritude ). Il a été assassiné et son tueur n'a eu aucune peine après cet acte. Un immense sentiment d'injustice régit alors ma vie depuis, durant ces 7 années qui ce sont écoulées. J'étais donc en 6ème à l'époque, et pendant toutes mes années de collège et de lycée j'ai eu cet horrible sentiment de décalage qui s'est ajouté. De plus en plus fort, de plus en plus ancré et dérangeant.
Je me suis ennuyée réellement entre ces mêmes murs pendant 7 ans. De la 6ème à la Terminale je n'ai pas travaillé, car désinteressée complètement de ces apprentissages, de ce système qui ne me convenait pas. Vous voyez... Si j'avais su pourquoi, tout cela aurait été plus simple.
A partir de la 3ème, j'ai commencé à m'auto-mutilée, pas beaucoup au début. Sauf qu'un jour j'ai compris à quel point c'était pratique, pour sortir toutes ces pensées, toute cette injustice autour de moi, tous ces ressentis dont je ne voulais plus. Et là, l'enfer a commencé. Parce que c'est une réelle addiction et on ne peut rien y faire... Une fois qu'on a commencé et qu'on a vu les "bienfaits" moraux qu'elle apporte, l'auto-mutilation ( AM ) devient si l'on peut dire "la solution de facilité" pour réussir à sortir la tête de l'eau. Depuis je n'ai jamais arrêté et même après deux tentatives de suicide, elle reste très présente parce que non traitée. Je ne crois pas d'ailleurs que ca puisse se traiter.
Au moindre stress, à la moindre frustration, réflexion blessante, l'AM apparaît comme obligatoire.

Je voulais alors savoir si certains zèbres d'ici y avaient recours ou bien y avaient eu recours...
Et si oui vous en êtes vous sortis ? Comment ?
Comment peut-on prévenir d'avantage les plus jeunes de ne jamais commencer ?

Si vous êtes arrivés jusque là merci, et pardon pour ce pavé complètement déstructuré et assez confus.
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Message par Invité Ven 20 Juil 2012 - 15:28

Pas de l'automutilation physique, mais d'autres formes d'auto-punition.

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Message par camdav Ven 20 Juil 2012 - 15:29

Quelles formes par exemple si ce n'est pas indiscret ?
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Message par Invité Ven 20 Juil 2012 - 15:46

Par exemple m'auto-priver de quelque chose que j'aurais aimé faire ou vivre. Ou inversement prendre la responsabilité d'un travail qui m'emmerde prodigieusement alors qu'aucune contrainte ou norme morale ne me l'imposait. Ou détruire certaines de mes peintures. Quelquefois je me colle moi-même des beignes, mais c'est très rare.
Ce n'est pas un soulagement, c'est plutôt l'impression de s'enfoncer mais de le mériter.

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Message par Helix Ven 20 Juil 2012 - 15:50

J'ai pratiqué l'AM de 14 ans à 25 ans environ, pas de façon régulière. Comme j'étais aussi anorexique à l'époque, quand l'un s'atténuait, l'autre revenait en force.
J'ai commencé à découvrant la sensation après une TS ratée. Comme toi, j'ai vite compris son utilité et c'est devenu addictif.
J'ai fait un long travail sur moi-même, différentes formes de thérapie pour me sortir de toute cette souffrance. Ça n'a jamais été focaliser sur l'AM ou l'anorexie mais sur les causes profondes qu'il faut identifier.
Dans un premier temps, j'ai cherché des parades qu'on peut trouver sur des forum de Borderline puisque c'est un problème récurent chez eux. Le but étant de remplacer le couteau/ciseau/ongles ou tout ce qui peut te blesser fortement par autre chose : glaçon dans la bouche, douche glacée, épilation zone sensible...faut trouver sa propre parade.
Tu peux aussi essayer d'identifier quand la crise arrive pour la faire redescendre à temps. Ce que j'avais repéré chez moi si je me souviens bien dans le mécanisme : contrariété/stress/angoisse => sorte d'état de panique qui monte => pétage de plombs/désespoir/idées noires/envie de disparaître => état dissociatif avec besoin d'AM => AM = reprise de contact avec mon corps, arrêt de la dissociation, sensation de calme revient.

Un psy m'avait dit une fois (à prendre ou pas, moi j'aurai trouvé d'autres termes) : que l'AM était une façon de retrouver le contact de la mère maltraitante.
Pour moi, c'était un moyen de me retrouver tout en manifestant mon impuissance à pouvoir changer quoi que ce soit. (Ne pas pouvoir changer sa vie, ne pas pouvoir l'arrêter non plus). J'ai toujours été du genre mutique, j'exprimais ma rage et ma souffrance comme je pouvais.
L' AM s'est arrêté quand je suis passée en phase hard de l'anorexie. Donc je ne conseille évidemment pas ce chemin...

PS : Nicola et Lou en avatar I love you (chantant Atomik Sky je crois?)
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Message par camdav Ven 20 Juil 2012 - 15:57

Merci de ton témoignage Helix ! Smile

Moi aussi j'ai eu cette année ce fonctionnement en balance, entre ano-boulimie et AM. Et tout cela parce que je ne rentrais pas "dans le moule". Que je ne suis pas comme toutes les autres filles qu'il y a autour de moi.
l'AM est aujourd'hui beaucoup moins régulière mais ayant essayé touuuutes les parades possibles elle reste mon seul exutoire.
J'ai en effet été diagnostiquée borderline l'année dernière.
Tout cela peut-il être par être étroitement lié avec le fait que je ne connaissais pas ma zébritude ? Enfin, j'ai toujours eu conscience de ma différence, sans savoir réellement ce qu'elle était. Donc peut être est-ce lié ?

PS : C'est cela même ! Je suis une fan gigantesque d'Indochine. Very Happy
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Message par Invité Ven 20 Juil 2012 - 16:00

que l'AM était une façon de retrouver le contact de la mère maltraitante

Ho, ho ! Je le note...

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Message par Helix Ven 20 Juil 2012 - 16:47

camdav a écrit:Merci de ton témoignage Helix ! Smile
J'ai en effet été diagnostiquée borderline l'année dernière.
Tout cela peut-il être par être étroitement lié avec le fait que je ne connaissais pas ma zébritude ? Enfin, j'ai toujours eu conscience de ma différence, sans savoir réellement ce qu'elle était. Donc peut être est-ce lié ?
J'ai aussi été diagnostiquée borderline dans cette période mais peu de temps après, j'ai découvert ma zébritude (ou plutôt confirmé) et ça a changé ma façon de me sentir différente. Disons que je n'étais plus complètement seule. Ce qui n'enlevait rien à mon sentiment de vide et de solitude malheureusement. On ne trouve pas des gens qui nous ressemble à chaque coin de rue.
Aujourd'hui, je ne peux plus du tout rentrer dans la case borderline malgré les histoires de structure psychotique et blablabla qu'on m'a sorti... alors soit, le diagnostic était mal posé à l'époque, soit c'était bien le cas et le côté "on peut pas faire grand chose pour vous sans grand renfort de médocs" est bidon puisque j'en suis là aujourd'hui sans pathologie particulière.

L'explication qui me parait cohérente aujourd'hui, c'est que je suis hypersensible, que je retrouve très rapidement une sensation, une angoisse si quelque chose m'y fait penser. Je visualise rapidement et très vite. C'est ce qui fait que je prends tout comme une tornade. Qu'une odeur, un visage, une expression, une voix fait que je recontacte immédiatement ce qui est douloureux et je plonge dedans comme si je n'étais plus la femme d'aujourd'hui mais la fille de l'époque. Je quitte le réel pour revivre le cauchemar comme si j'y étais.
Les gens font tout le temps des projections à mélanger la réalité avec des choses passées, mais là, ça va bien trop loin, il y a trop de perte de contact avec le réel.
Avec un bon psy qui n'a pas voulu me coincer dans un diagnostic, j'ai fait comme des séances de rééducation qui consistent à regarder le précipice, sans y plonger. On a beaucoup travaillé sur la gestion des émotions. La plupart du temps, je n'identifiais pas quand quelque chose qu'il me disait me gênait, me touchait et je ne m'en rendais compte qu'au bord de l'explosion. Bon, ça, déjà, ça change beaucoup quand on le voit dès le début, on peut ainsi avoir une réaction modérée et prendre les mesures qu'il faut pour que ça aille mieux.
Il m'a aidé à reprendre le contact avec moi quand l'état de crise monte et que je suis en train de glisser ailleurs. (ex: se frotter intensément bras et jambes, se mettre dos contre le mur avec les jambes pliées pieds nus si on peut et éloignés du mur et tout ce qui touche à l'ancrage, on peut trouver ses propres astuces).
J'essaie aussi au maximum de m'autoriser à exister, à être moi-même, à prendre ma place. S'accepter tel que l'on est, est essentiel. Y compris les comportements qui peuvent être bizarres pour certains peuvent être équilibrants pour soi-même.

@fusain : cette hypothèse pourrait tout à fait coller à mon cas mais l'idée même de chercher le contact de ma mère me redonne la nausée... What a Face
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Message par camdav Ven 20 Juil 2012 - 16:55

Helix a écrit: J'ai aussi été diagnostiquée borderline dans cette période mais peu de temps après, j'ai découvert ma zébritude (ou plutôt confirmé) et ça a changé ma façon de me sentir différente. [...] S'accepter tel que l'on est, est essentiel. Y compris les comportements qui peuvent être bizarres pour certains peuvent être équilibrants pour soi-même.


C'est exactement ça en fait. Depuis que j'ai confirmé ma zebritude je ne me sens plus tant à ma place que ca dans la case borderline...
Je me sens d'ailleurs beaucoup mieux depuis que j'ai découvert tout cela.
La problème est que moi niveau thérapie... Ca ne va jamais bien loin. J'ai tenté maintes et maintes fois d'aller chez des psychiatres ou psychologues, et rien n'y fait. Tout simplement parce que je reste coincée soit à ne pas réussir à sortir réellement ce qui me fait mal. Dans ma tête je sais, mais je suis incapable de le retranscrire avec des mots. Embarassed

Sinon pour le fait de s'accepter tel que l'on est je suis totalement d'accord. Ca me parait central, zèbre ou non. Mais comment faire ?
Je suis consciente de ma différence mais je ne trouve pas ma place pour autant.
L'année prochaine pour moi c'est la fac, et je ne sais même si je vais pouvoir être moi-même, et d'ailleurs je ne sais même pas comment on est soi-même... J'ai un beau masque blindé depuis...Toujours.
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Message par Invité Ven 20 Juil 2012 - 22:52

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Message par camdav Sam 21 Juil 2012 - 0:12

En effet je retrouve personnellement beaucoup la culpabilité au quotidien.
Culpabilité d'avoir dis quelque chose de maladroit, d'avoir blessé sans le vouloir, d'avoir mangé, de m'être fais plaisir pour telle ou telle chose, d'être heureuse même parfois. Ca n'arrive pas souvent, mais dans ces moments là, je me demande si j'y ai réellement droit.
Se sentir vivant...C'est bien vrai cela aussi ! L'AM est la trace du mal, la trace souvent aussi de mon trop plein d'émotions, de pensées. J'en peux plus; il y a saturation... Alors je cède.
Le sport serait alors un moyen ?
J'avais dû arrêter mais je pense reprendre à la fac.
La danse ce n'est vraiment pas ma tasse de thé ! Mais est-ce que par exemple les sports de combats aideraient ?
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Message par Mélanie Sam 21 Juil 2012 - 0:53

Moi aussi je me suis auto-mutilée, ma psy de l'époque avait parlé d'un rappel de la réalité par rapport à son propre corps. Je le coupe, j'ai mal alors oui c'est bien le mien, c'est mon corps. Elle m'avait parlé de contenu et de contenant rapport à l'absence de séparation entre ma mère et moi.
Bref, j'ai pas tout compris. Mais la petite phrase d'Hélix à propos du contact de la mère maltraitante m'a fait tiquer.

Pour moi, c'était comme une respiration, j'étouffe, j'étouffe, je commence à paniquer, à mourir un petit peu, je me coupe et ouf! je respire à nouveau et ensuite j'étais très calme.

Je ne le fais plus depuis que j'ai intégré que j'étais zèbre, grâce à une thérapie. Les pulsions étaient encore fortes au début mais je pouvais me retenir de passer à l'acte. Il m'arrive parfois d'avoir des envies (que je différencie des pulsions, elles sont moins fortes, moins obsédantes) quand je suis très fatiguée et que j'ai plein de soucis sur le dos.

Amha, un sport de combat ne serait pas utile dans ce cas (mais sûrement utile pour d'autres raisons donc ne t'en prive pas si ça te tente), je pense plutôt qu'il faudrait apprendre à aimer et chouchouter ton corps avec un sport doux comme le yoga ou commencer très doucement par des séances au hammam, des massages, etc. En gros, envoyer des signaux au corps comme quoi on n'est plus dans l'attaque mais dans le réconfort.

Je souhaite à tous les intervenants de ce fil beaucoup de tendresse auto-dirigée. Aimez-vous tout seul! flower

Spoiler:
Ce message n'est pas un éloge de la masturbation. Quoique.
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Message par Invité Sam 21 Juil 2012 - 10:15

Le sport de combat ? Excellente idée !! Vraiment, vraiment.
Un vrai défoulement- exutoire.
La boxe, je conseille, je conseille. Très très bien, la boxe.



Edit :

Pardon pardon, j'ai encore oublié quelque chose.

Le point commun avec toutes ces pratiques d'auto-mutilation, c'est la ''réappropriation'' du corps.
Pour le sentir, etc, je me répète.

Mais aussi pour s'envoyer à soi-même et aux autres le message suivant : c'est MON corps, MA responsabilité, MA vie.
Alors le lien avec la mère, je le vois très bien là. Du genre ''je voudrais que tu restes toujours une petite fille'', ''tu es vraiment irresponsable et immature", "tu te crois intelligente mais tu recherches l'affection comme une petite fille" (oups, expériences vécues).
Le tout, prononcé avec satisfaction.

Pour montrer, d'une manière somme toute assez maladroite, à l'AUTRE, pas à SOI-MÊME, qu'on a entière souveraineté sur son corps.
Parce que, "soi-même" sait que c'est justement une réaction de l'absence totale de contrôle, l'auto-mutilation.

Je lance l'idée du contrôle. Ont des liens avec le "lâcher-prise", ces questions.
Accepter l'inconnu, la souffrance.
Savoir faire dépendre son "heureuseté" de soi-même... et pas des autres....












Dernière édition par ♥ ZZita ♥ le Sam 21 Juil 2012 - 10:31, édité 1 fois

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Message par Invité Sam 21 Juil 2012 - 10:28

J'ai l'impression que derrière un même phénomène il y a deux mécanismes différents à l'oeuvre, qui sont parfois présents simultanément et parfois pas.
L'AM pour se sentir vivant, se rassurer sur son existence (et incidemment sa capacité à agir sur la réalité), et l'AM comme punition, en réponse à une culpabilité, en lien avec une "mère maltraitante" ne sont-elles pas des choses bien différentes ?
Mutiler, au sens le plus fréquent, ce n'est pas exactement la même chose que blesser : c'est infliger une blessure dont les conséquences sont de rendre la personne irrémédiablement invalide dans des proportions diverses. C'est endommager le potentiel de la personne, réduire sa capacité à agir sur le monde.

Est-ce que cela vous dit quelque chose si je distingue ce qu'on va appeler l'auto-vulnération - cad se blesser, se faire souffrir, agir pour éprouver ponctuellement une douleur, d'une part; et d'autre part l'auto-mutilation au sens strict, qui aurait beaucoup plus à voir avec la culpabilité, qui consisterait à chercher à auto-endommager sa capacité à agir sur le monde plutôt qu'à l'éprouver ou à la rechercher... Par dépit, par honte, par impuissance - à la voir moins forte qu'on n'aurait voulu...

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Message par Invité Sam 21 Juil 2012 - 10:38


Mmmh.
Le sabotage.
Parce que, finalement, "endommager ses capacités", c'est ça, non ?
Saboter.
Mais c'est une excuse ! L'excuse de la souffrance auto-entretenue et vicieuse.

Oui oui, bien sûr, il y a deux mécanismes présents : se rassurer/calmer et se punir/etc.

Chez les "zatypicognitifs" , j'ai souvent remarqué une tendance au sabotage.
À ne pas ''vouloir'' saisir sa chance - mettre le bon verbe à la place de vouloir, parce que ça peut être aussi pouvoir sans comprendre pourquoi.


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Message par Invité Sam 21 Juil 2012 - 10:54

Le sabotage.
Parce que, finalement, "endommager ses capacités", c'est ça, non ?
Saboter.
Mais c'est une excuse ! L'excuse de la souffrance auto-entretenue et vicieuse.

Je ne sais pas si c'est la même chose, le sabotage. La punition vient en aval, le sabotage en amont. Qu'on se punisse d'échouer ou qu'on se punisse de ne pas avoir osé tenter, on reste en aval d'un processus actif, même avorté. Lorsque je me frappe moi-même avec violence, c'est toujours pour quelque chose de (mal) fait (à mes yeux). Après coup, cela me dissuade d'agir, mais peut-on parler de sabotage, puisque la chose a été faite une fois, et puis brisée ?
En fait, je m'aperçois que j'ai introduit une confusion car l'automutilation, dans les faits, n'a jamais de caractère irréversible, on ne s'ampute pas de trois doigts. Mais, s'il ne s'agit pas de s'invalider, la blessure auto-infligée a pour but de se rabaisser, et en cela elle diffère de l'auto-vulnération "sensorielle"...

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Message par Clausule Sam 21 Juil 2012 - 15:14

Je n'ai pas suivi tous les posts mais ce fil m'a fait penser au concept du Moi-peau de Didier Anzieu, que j'avais découvert dans un excellent livre (Créer / Détruire).

" Ce Moi-peau s’étayerait, principalement, sur trois fonctions de la peau : celle de sac, de contenant rempli des expériences satisfaisantes que l’allaitement, les soins, les bains de parole y ont accumulées, celle de surface entre le dedans et le dehors, protégeant l’individu des agressions externes provenant des autres ou des choses et, enfin, celle de zone d’échange et de communication avec autrui, d’établissement de relations signifiantes et de surface d’inscription de traces laissées par ces dernières. L’enfant est donc enveloppé par les soins maternels. Dans ce véritable peau à peau, corps à corps avec la mère, se constitue une interface, figurée par le fantasme d’une peau commune à la mère et à l’enfant, capable de protéger des excès d’excitation : d’un côté la mère (on pourrait dire le feuillet externe du Moi-peau), de l’autre côté l’enfant (on pourrait dire le feuillet interne du Moi-peau). Bien sûr, un écart progressif entre les deux feuillets de cette peau psychique est nécessaire : c’est alors qu’adviennent les fantasmes de peau arrachée, meurtrie. Le dépassement de tous ces fantasmes de peau arrachée permet à l’enfant d’acquérir un Moi-peau lui appartenant en propre. Ainsi, selon D. Anzieu, de même que la peau enveloppe tout le corps, le Moi-peau enveloppe tout l’appareil psychique. "

source : http://www.erudit.org/revue/ms/2006/v22/n2/012392ar.pdf

Un autre article ici également :
http://www.cairn.info/revue-cahiers-critiques-de-therapie-familiale-2008-1-page-227.htm
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Message par Helix Dim 22 Juil 2012 - 23:23

Merci Clausule, je suis tombée sur ce concept il y a très peu de temps.
Beaucoup d'éléments intéressants dans le deuxième article.
Je viens de faire le lien avec le fait de m'être fait tatouer le dos complet avec quelque chose de très coloré et de neutre par rapport au passé. Je voulais quelque chose de "vivant" qui me recouvre. Sans référence extérieure.


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Message par Sélène-Nyx Lun 23 Juil 2012 - 3:04

camdav a écrit:à partir de la 3ème, j'ai commencé à m'auto-mutilée, pas beaucoup au début. Sauf qu'un jour j'ai compris à quel point c'était pratique, pour sortir toutes ces pensées, toute cette injustice autour de moi, tous ces ressentis dont je ne voulais plus. Et là, l'enfer a commencé. Parce que c'est une réelle addiction et on ne peut rien y faire...

Perso, c'est à partir de mon entrée en seconde que j'ai commencé à m'auto-mutiler: des griffures sur les mains et les bras (avec la pointe du compas, principalement), de plus en plus profondes ... pendant pratiquement toute l'année scolaire.
Dés que ça faisait mal, que je souffrais, ne serait-ce qu'un peu, physiquement, alors, moralement j'allais beaucoup mieux!
Et puis, l'été est arrivé, les bras nus, et ... les remarques de mes parents, celles du médecin de famille, et surtout la réflexion d'un prof qui avait remarqué une nouvelle égratignure, qui ne pouvait pas avoir été faite par mon chat (explication au départ), puisque j'étais interne ... Après un "tu es folle, ma pauvre fille", suivi d'un "je crois que tu es malade", il est venu me parler, à part, et en chuchotant pour que les autres n'entendent pas, en me demandant ce qui n'allait pas et m'a ordonné d'aller à l'infirmerie ... il avait l'air grave et m'a suivie dans le couloir (il se doutait que je n'y serais pas allée) et m'a posé un tas de questions (sur d'éventuels problèmes familiaux, des difficultés personnelles etc ...). Comme je répondais que j'ignorais précisément ce qui me faisait souffrir (et là, j'ai éclaté en sanglots) car le monde dans lequel on vivait m'était, tout bonnement, insupportable et m'effrayait, que, souvent, je n'avais qu'une seule envie, c'était de le quitter, alors, il est allé me conduire à l'infirmerie du lycée, et a dit à l'infirmière que je devais "faire une dépression", que j'avais des propos "bizarres" et il lui a montré mes marques sur les bras: ce n'était pas "normal"!
Mes parents sont venus me rechercher, visite chez le médecin sur le chemin du retour et médocs "pour aller mieux!" avec 3 ou 4 jours de repos que j'ai passés alitée, en n'arrêtant pas de pleurer car j'avais honte que ma "souffrance" ait été découverte ... (surtout, je commençais à me dire que je n'étais pas normale, et probablement folle).

Et ce genre de mutilation a pris fin! (remplacé par d'autres, comme l'auto-punition, certaines privations... autres choses ??? qui découleraient d'un même processus auto-destructeur??)

Nos histoires se ressemblent beaucoup ... Alors, ça commence à faire beaucoup de "fous", je trouve! Rolling Eyes
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Message par camdav Lun 23 Juil 2012 - 11:15

Sélène-Nyx je ne crois pas que nous soyons fous justement.
Ce sont les autres qui le sont, de ne pas tenter de comprendre ce processus qui à moi en tous cas, m'apparaît comme logique.
Vouloir sortir sa douleur, l'exprimer. C'est un moyen comme un autre quand on y pense, même si c'est pas quelque chose de bon pour nous apparemment.
Je n'arrive plus à juger tout cela je crois, je suis trop impliquée.
Il m'arrive par exemple d'aller extrêmement bien et de me faire du mal quand même. Je crois que plus le temps avance, plus j'ai peur d'aller bien.
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Message par Sélène-Nyx Lun 23 Juil 2012 - 21:53



Non, nous ne sommes pas fous! Quand je dis que ça commence à faire beaucoup de "fous", c'est ironique, car je pense qu'au contraire, il faut ne pas être normal pour vivre comme on nous le demande dans un monde qui "marche sur la tête" .... Et cette facilité d'adaptation face à l'injustice, voire à la barbarie, n'est pas "humaine"! Ça ressemble à de la folie ...
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Message par Sélène-Nyx Lun 23 Juil 2012 - 22:20



Vu qu'on parle d'une façon de maltraiter son corps (en le mutilant), j'aimerais en profiter pour poser une question qui me taraude depuis ... toujours:
Certains d'entre vous ont-ils remarqué un "décalage" entre la pensée (qui va très vite) et le corps, qui n'arrive pas à suivre ... Question

Même dans des moments où j'étais très active (et sportive), je ne parvenais pas à faire ce que je pensais faire: j'avais l'impression de traîner mon corps comme un boulet, ce qui me décourageait. Par exemple, alors qu'il ne fallait que 5 mn pour accomplir une tâche, je pensais à tellement de choses en même temps que j'avais très rapidement l'impression de ne pas avancer, et, au final de n'avoir rien fait. D'où une insatisfaction constante, même pour des tâches quotidiennes insignifiantes.

(Excuse-moi, Camdav, d'avoir profité de ton fil pour poser cette question ...)
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Message par thkwarine Jeu 26 Juil 2012 - 13:34

Bonjour camdav et les autres intervenants de ce fil Smile


Je ne connais rien en AM, donc mon témoignage n'a que peu de valeur, par contre, côté gestion des émotions, j'ai du beaucoup travaillé sur moi, donc, je viens juste mettre quelques petites pierres à cette réflexion.

camdav a écrit:
La problème est que moi niveau thérapie... Ca ne va jamais bien loin. J'ai tenté maintes et maintes fois d'aller chez des psychiatres ou psychologues, et rien n'y fait. Tout simplement parce que je reste coincée soit à ne pas réussir à sortir réellement ce qui me fait mal. Dans ma tête je sais, mais je suis incapable de le retranscrire avec des mots. Embarassed.


Pour le psy, as tu trouvé le bon ? (y'a un paquet de charlots déjà, ou de personnes qui seront dépassés par ton (ou tes) problème(s), alors qu'un autre sera au top.).
Un psy calé en zébritude et en AM, et qui te convienne, il n'y en a pas tant que ça, faut dénicher le bon sans doute.

Dans ma tête je sais, mais je suis incapable de le retranscrire avec des mots.


Ca j'ai connu aussi, as-tu essayé de l'écrire avant d'en parler ?
(l'écriture a de nombreux avantages, entre autre celui de clarifier les idées en tête, ou d'avoir le temps pour trouver les bons mots ou concepts).



Je réagis aussi suite au témoignage de Helix sur la difficile (mais possible) gestion des émotions, juste pour copier ici la phrase qui pour moi a été le déclic pour gérer mes "sur-émotions", on ne sait jamais, ça peut peut-être être utile:

(extrait de JFLaurent):
"Moi, quand j’écoute d’autres APIE plus grands qui ont travaillé sur eux, c'est-à-dire qui ont suivi une thérapie ou un truc de ce genre, ils disent qu’ils prennent du recul après. Quand une situation de la vie les secoue, ils se posent toujours la question de savoir si c’est la situation qui est grave ou si c’est leur mode de fonctionnement qui amplifie la situation. Si c’est le deuxième cas de figure, ils se donnent du temps, trouvent quelqu’un qui les rassure et peuvent ensuite traiter la difficulté de manière plus juste et plus sereine".

( APIE est le petit nom qu'il a choisi pour parler des zèbres: Atypique.Personne.dans.l'Emotion.et.l'Intellect).


Voilà, prenez tous soin de vous, a+, flower


Dernière édition par thkwarine le Jeu 26 Juil 2012 - 13:36, édité 1 fois (Raison : grammaire :P)
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Message par une (gaufre) Jeu 26 Juil 2012 - 17:51

j'adhère totalement à zita ^^
je crois que c'est un moyen de revenir à son corps quand on est trop loin dans les limbes de notre pensée sur le monde... vérifier qu'on est bien réels et qu'on peut être considéré comme une personne qui peut souffrir mais aussi être aimée comme les autres...
c'est aussi un moyen de se punir de tout ce que la lucidité pose comme questions: quand tu parles d'avoir mangé etc...je connais...
c'est un moyen d'extérioriser sa souffrance et de lui donner moins de puissance parce que le pire c'est ce qui se passe dans notre tête- le physique ce n'est rien à côté
ça passe quand on arrive à surpasser le problème principal du moment: il faut se poser des questions sur ce que c'est, pourquoi, le rationaliser
ça fait mal... et c'est très dur mais tu vas y arriver parce que tu es forte et que tu veux aller mieux.

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Message par une (gaufre) Jeu 26 Juil 2012 - 18:04

pour les causes déjà d'office il y a le décès de ton cousin qui t'as fait beaucoup de mal... je connais quelqu'un a qui c'est arrivé... est-ce que tu as l'impression quelque part que tu aurais du pousser plus les gens pour que le gars qui a fait ça ait ce qu'il mérite? et pour le fait d'être mise à l'écart à l'école ce ne serait pas un sentiment global de culpabilité qui fait que tu voudrais te punir parce que tu penses que c'est ta faute? ça ne l'est pas...
tu es abandonnique?
gros bisous
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Message par camdav Ven 27 Juil 2012 - 10:24

Sélène-Nyx oui moi aussi ça m'arrive d'avoir cette impression de trainer mon corps. J'ai relié ça un peu hier avec un passage du livre de JSF où elle parle de la capacité des zèbres à voir dans le passé, le futur ( même à court terme ) et du coup qui ne vit jamais dans le présent. Cela m'arrive de me dire par exemple" je vais faire ça ça ça et ça va donner ça ça ça." et mon corps ne va pas aussi vite que cette pensée. Au final c'est assez frustrant. ><


thkwarine... NON je ne crois pas avoir trouvé le bon. Je t'avoue être complètement découragée de ce côté là. J'en ai essayé tellement. Donc bon.. Je vais tenter d'en trouver un pour Septembre, ou simplement d'aller au CMP à côté de chez moi pour trouver quelqu'un qui m'oriente vers un psy plus spécialisé justement si possible. Smile
Et j'avais en effet écris à l'une de mes psys. Elle n'a rien pris en compte dans cette lettre... Longue de 3 pages ( et encore j'avais synthétisé à peu près ) où j'expliquais TOUT ce que je ressentais. Elle était resté borné sur son diagnostique. Et je m'étais alors 2 fois plus renfermée sur moi même...


Une. Bien sur que sa mort..Ca a été ça le déclic. C'est certain d'ailleurs...
Et oui j'ai étrangement cette culpabilité qui revient souvent mais pourtant au fond de moi je sais que je n'y suis pour rien, ce n'est pas ma faute et pourtant " J'aurais du être là " revient souvent dans ma caboche.
Est-ce que par abandonnisme je peux entendre peur de l'abandon ? Parce que ça je l'ai toujours eu. Cette peur est assez profonde et j'avais d'ailleurs été diagnostiquée borderline à cause en partie de cette peur qui est très ancrée chez moi. Je demande d'ailleurs à toute les personnes que j'aime de ne pas me laisser tomber. Bon bien sûr quand IL est mort, j'ai pris ça comme une trahison.

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Message par TortueNoire Dim 12 Aoû 2012 - 2:33

Bonjour.
Je n'ai pas tout lu les réponses, j'ai j'ai lu le post principales et quelques réponses.
Je me reconnais beaucoup dans vos écrits. Je me soupçonne zèbre depuis peu, pas encore vérifié.

Mais je vois toutes les ressemblances avec vos témoignages de ce post:
J'ai moi aussi été diagnostiquée borderline vers 18 ans, mais ça a été réfuté par la suite. Sinon; dépressions, anorexie, ts, et bien sûr, automutilation, c'est pour ça que je réponds à ce post bien sûr. Ce que tout mes comportements ont en commun: l'autosabotage, l'autodestruction.

Pour ma part, c'est un témoignage heureux: j'ai réussi à me sortir de l'automutilation. Smile Je me suis automutilée de mes 14 à 20 ans environ. Soit un bon 6 ans, minimum. J'ai eu une petite rechute il y a un mois, mais je ne pense pas le refaire. Ma psy m'a dit que je dois apprendre à "tolérer l'inconfort" (des émotions négatives).
Sinon je n'ai pas de truc précis. C'est comme toute addiction: un jour à la fois, et à chaque rechute, on ne s'en fait pas, on continue, on va de l'avant.

Par contre, ce qui peut aider dans certains cas: la thérapie, les médicaments (les nouveaux antidépresseurs qu'on m'a prescrits cet hiver sont absolument merveilleux!), travailler sur soi, se trouver des passions, un exutoire sain.

Sinon, je me sors tranquillement de tout le reste, les dépressions et troubles alimentaires sont partis et revenus plusieurs fois, mais je crois que cette fois-ci est la bonne.
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Message par camdav Dim 12 Aoû 2012 - 9:16

Oh bah dis moi, ça fait plaisir de se dire qu'on peut s'en sortir !
C'est bien de lire ça. Smile

Les antidépresseurs c'est bien beau mais encore faut-il accepter la thérapie ! ^^'
Tous mes psys à moi ont laissé tomber l'affaire donc... Pas de solutions miracles, je tourne en rond.
Si j'ai une chose à dire aujourd'hui, c'est que l'amour ( ou une forte amitié ) peut faire qu'on se sort ( plus ou moins longtemps ) de l'automutilation. Parce que ça nous pousse à ne pas vouloir décevoir, à repousser nos limites.

En tous cas, heureuse de lire que tu es sur la bonne voie ! Smile
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Message par TortueNoire Dim 12 Aoû 2012 - 15:50

Merci. Smile

L'amour ou l'amitié... moi je pense qu'il faut d'abord vouloir arrêter pour soi, pas pour les autres. Comme pour toutes les dépendances. Sinon, à plus long terme, je crois que ça donnera des résultats moyens. L'amour, l'amitié, ça peut se perdre. Si on le fait pour soi, c'est plus "fiable".

Oui, les antidépresseurs, c'est sûr, c'est pas miraculeux, et c'est plus efficace lorsque combiné à une thérapie. Et encore faut-il trouver la bonne molécule! Les premiers antidépresseurs que j'ai pris ne m'ont jamais aidée.

Et la thérapie.. c'est sûr que c'est pas facile de tomber sur le bon psy. J'ai de la chance, je suis tombée sur une psy exceptionnelle, je l'adore. Ajouté à ça un médecin très dévoué, et un bon psychiatre.
Mais j'ai fait plusieurs psys avant de tomber sur la bonne. Il s'agit de ne pas se décourager. C'est normal de ne pas trouver le bon/la bonne du premier coup. Pareil pour le psychiatre, j'en ai vu 3 avant de tomber sur le bon. Les psys et thérapeutes, je ne les compte plus...
Mais j'étais très motivée à guérir (de l'automutilation et de mes autres problèmes). La motivation est un facteur clé. Mais c'est sûr qu'en pleine dépression (l'am s'accompagne assez souvent de dépression), c'est dur d'être motivé, je conçois.
Il faut être patient. Un jour à la fois.
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Message par camdav Dim 12 Aoû 2012 - 18:29

Faut y aller étape par étape oui. Smile
Ce que je voulais dire c'est que grâce aux gens qu'on aime, on se motive justement. Parce qu'on sait que ça blesse. Et puis ca peut quand même pas mal aider !
Je ne me décourage pas de toutes manières il faut que je rencontre encore une psy à la rentrée. On verra après !
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Message par TortueNoire Dim 12 Aoû 2012 - 19:13

Oui, c'est sûr. À chacun sa motivation. Mais je crois qu'il faut le faire aussi pour soi, parce que nous sommes aussi importants que les autres.

Bonne chance!

ps: si tu veux en reparler, ici ou ailleurs, hésite pas à m'envoyer un mp Wink
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Message par Mélanie Dim 12 Aoû 2012 - 20:44

TortueNoire a écrit: parce que nous sommes aussi importants que les autres.

Merci pour cette phrase. J’essaierai de ne pas l'oublier.
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Message par camdav Dim 12 Aoû 2012 - 21:05

C'est vrai que cette phrase est une belle leçon !
A ne pas oublier... Notre altruisme pourrait nous tuer. ><
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Message par TortueNoire Dim 12 Aoû 2012 - 23:15

Razz

Heureuse de pouvoir vous aider. Smile
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Message par phinou Lun 13 Aoû 2012 - 9:06

Il y a une chose qui me trouble dans vos récits, une impression. Vous êtes vous automutilé "froidement"?
Personnellement mes TS n'ont jamais aboutit car je n'ai jamais su faire un choix. L'automutilitation a suivi les mêmes traces. Je me suis infligé beaucoup de choses mais ça n'a jamais été prémédité. Toutes les violences que je me suis faites l'on été dans un emballement. Un coup de poing dans le mur, un claquement de porte sur les doigts, un coup de pieds dans un rocher, une gifle... à chaque fois une douleur violente pour shunter, pour stopper net des pensées (et des émotions) qui s'emballent. C'était à l'époque la seule façon que j'avais trouvé pour que ça s’arrête. Peut être n'est ce pas de l'AM au sens strict. Ca n'a jamais été ni prémédité ni addictif. C'était comme une soupape. A partir du moment ou la pression redescend, la soupape devient inutile...
Bon courage à vous tous qui êtes encore dedans. Bear hug
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Message par camdav Lun 13 Aoû 2012 - 9:51

Parfois c'est personnellement un emballement aussi. Mais c'est souvent un trop plein surtout. Trop plein de mauvaises pensées, de négatif... Même parfois trop de bon, trop de choses tout simplement. Ca explose, mais je sais que le seul exutoire que je puisse utiliser alors c'est ça. Je ne suis pas certaine qu'on puisse parler de préméditation. Mais en effet, je sais que parfois, tel jour, ou bien à tel moment...Je ne pourrais plus faire autrement.
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Message par TortueNoire Lun 13 Aoû 2012 - 16:41

Même chose pour moi.
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Message par Bidibulle Lun 13 Aoû 2012 - 17:27

Plop les gens,

Mon expérience est légèrement différente. L'automutilation a commencé vers 20 ans et a fini à 22 ans environ. Ca parait pas très long, mais on va dire que j'ai eu un peu de "chance".

Personnellement, quand j'ai commencé j'étais vraiment pas bien. J'étais rentrée en mode "tu approches de moi, libre à toi mais ne te plains pas si tu as mal". J'étais froide et distante avec tout le monde, avec la perte absolue de toute motivation. Je ne me nourrissais plus et au fond de moi j'avais mal, toujours. Je me sentais coupable, souvent (pour ne pas dire tout le temps), alors un jour j'ai voulu me punir différemment, directement.

Avant de le faire pour la première fois, j'ai demandé à un ami "Pourquoi ce geste est mal ? En quoi ceci est mal ? Pourquoi ne pourrais-je pas le faire ?". Il n'a pas su répondre, et cette incertitude m'a confortée dans mon idée que ce n'était pas interdit. Donc j'ai pratiqué l'AM. Souvent pour me punir, parfois pour ne plus penser, juste pour rentrer dans cet état génial où je m'endormais l'esprit complètement inconscient du monde.

Ca m'a valu des déboires à l'école d'ingé. La direction a fini par vouloir me faire interner pour m'aider. J'ai refusé, enfin bon.

Je m'en suis sortie quand j'ai rencontré un de mes ex. Il ne me regardait pas avec dégout comme les autres, acceptait ce côté-là de moi, ce qui m'a enlevé finalement l'envie de me punir, ou de me faire du mal pour oublier : ma culpabilité avait trouvé une légitimité quelque part.

Au final depuis, j'ai recommencé quelques fois, souvent pendant les périodes de grand changement où je souffre beaucoup de devoir faire des choix qui impliquent d'autres personnes que moi, mais l'envie n'est plus omniprésente comme auparavant.

Le sport est un bon moyen de s'y tenir, c'est vrai ! Moi c'était la danse, maintenant n'importe lequel est le bon du moment que quand tu le pratiques, tu te sens libre et vidé(e) de toute émotion négative trop forte je pense.
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Message par ClaraBL Lun 13 Aoû 2012 - 19:09

Bonjour à tous,

J'ai lu le sujet en plusieurs fois, alors j'ai surtout les derniers message en tête.
En ce qui me concerne, l'am à commencée au collège et à durée entre 2 et 3 ans. Je ne sais pas si je faisais ça parce que j'étais en dépression, je sais juste que je me sentais toujours très mal, j'avais l'impression de ne jamais faire quoique ce soit correctement, de ne pas être assez bien (c'est un problème récurrent chez moi qui rejoint, je pense, le problème du manque de confiance en soi).

J'ai décidé d'aller voir une psy (et j'ai eu de la chance, cette fois, elle m'a convenue) après avoir arrêtée l'am au début du lycée, et je ne lui en ai pas parlé tout de suite parce que j'avais peur. Je ne crois pas que qui que ce soit autour de moi ai été au courant (a part 2 ou 3 amies qui l'ont découvert fortuitement). Je lui ai dit un peu comme un cheveux sur la soupe, et je ne me souviens pas qu'elle ai réagis brutalement comme je m'y attendais, genre "oh mon dieu, mais c'est grave, c'est interdit, c'est affreux!!!! :O ".
Elle sait que mon caractère est fait d'excès et que je gère mal mes émotions (positives autant que négatives je crois), elle me dit que je me coupe... dans le sens, je me coupe des autres, du monde quand ça va pas, et ça m'a fait penser que ces coupures que je me faisais sur les bras, c’était ma façon de me couper du monde de façon visible... L'am me permettait aussi de me couper de mes émotions, parce qu'après, je ne ressentais plus rien.
J'ai arrêté parce que j'avais toujours peur que quelqu'un voit mes marques, en tout cas dans un premier temps, et puis, j'ai arrêté pour moi, en me promettant de ne plus jamais recommencer. Et comme TortueNoire, je pense que c'est important de le faire pour nous même d'abord. En tout cas, j'ai tenue la promesse que je me suis faite, même si parfois j'ai envie de recommencer. Mais ce n'a jamais été prémédité, c'est plutôt une sorte de pulsion, et se battre contre n'est pas toujours facile.

Bidibulle, je suis d'accord avec toi, le sport est un bon moyen de s'y tenir. Peut être parce que ça nous occupe l'esprit, nous permet de ressentir dans notre corps plutôt que toujours dans la tête et le coeur, et parce que oui, ça épuise, ça vide. Mais pour moi ce n'est pas le propre du sport, ce qui m'a beaucoup aidé c'est le chant. Very Happy

Et merci TortueNoire de nous dire que nous sommes aussi important que les autres, ce n'est pas toujours évident. Smile
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Message par TortueNoire Lun 13 Aoû 2012 - 22:35

De rien !

Il faut apprendre à tolérer l'inconfort selon ma psy.

Je cherchais un exutoire "aussi intense" pour mes émotions, ma psy m'a dit que je ne trouverais jamais quelque chose d'aussi intense (et sain, bien sûr). Aller courir dehors, peu importe la température, pourrait tout de même être un bon compromis. À essayer.
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Message par oufy-dame Lun 13 Aoû 2012 - 22:43

@Helix, Melanie et d'autres :

Un grand merci de ces pistes.

Pour les borderlines, il y a http://www.aapel.org/ qui explique plein de choses que je trouve intéressantes (les borderlines son parfois pris pour des pervers...) ; on y indique plusieurs thérapies, dont la Therapie Comportementale Dialectique (TCD ou DBT en anglais).

Récemment, il y a eu cette info qui, après que j'aie creusé, semble concerner les borderlines :
http://www.rts.ch/video/info/journal-19h30/3745896-des-chercheurs-de-l-unige-ont-decouvert-que-les-abus-laissent-une-trace-biologique-dans-l-adn-des-victimes.html
J'ai contacté la généticienne citée, qui m'a renvoyée vers un psychiatre, et j'ai trouvé la publi cosignée par une doctorante à Montpellier (en médecine) ; le psychiatre qui m'a répondu a évoqué la TCD.

Pouvez-vous svp nous dire comment s'appellent les thérapies qui vous ont aidé(e)s ? Voire même le nom des psys en MP si vs le voulez bien.

Merci d'avance,


Dernière édition par oufy le Lun 13 Aoû 2012 - 22:59, édité 1 fois
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Message par TortueNoire Lun 13 Aoû 2012 - 22:47

Pour ma part, ma psy est dans le cognitivo-comportemental, gestalt (et peut-être humaniste).
Mais j'avais déjà arrêté l'am quand j'ai commencé à la voir, mais elle m'a beaucoup aidée à gérer les rechutes (et toutes les autres impulsivités que je peux faire, on classe tout ça dans la même catégorie: autodestruction).
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Message par Bidibulle Lun 13 Aoû 2012 - 23:02

Pareil, la psy que j'avais (sur Grenoble) faisait de la TCC = Thérapie Comportementale et Cognitive. Et ben franchement... c'est ce qui m'a convenu le mieux jusqu'ici. C'est actif, pas du tout comme mes psys précédents, et on sent un vrai échange. On se sent pas juste comme une poule aux oeufs d'or avec un gars qui nous comprend à peine en face.

Par contre, elle m'a aidé à un moment où je ressentais de nouveau le besoin de m'abimer, et ça a bien fonctionné. L'avantage en fait, c'est qu'elle te donne des outils réutilisables à vie, et qui te sont adaptés en fonction de ta façon d'être, d'agir, de penser, etc. Donc ça crée un bagage très intéressant.
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Message par oufy-dame Mar 14 Aoû 2012 - 0:18

J'ai lu tout ce fil et bcp d'autres choses...

Je pense que l'AM ou d'autres réactions (boulimie...) sot liées à un même problème : émotions ingérables sur le moment / "action" pour ne rien ressentir. Pourquoi ? Ben parce qu'on souffre parce qu'on a subi des trauma, été maltraitée.. C banal (cf. alice-miller.com oveo.org ...)

Au lieu de s'autoflageller sur nos soi-disant responsabilités, le plus simple serait de trouver une thérapie qui guérisse des souffrances passées afin de ne plus souffrir au présent. Chercher des explications... c bien, mais je n'ai pas encore rencontré de personne ayant "tout compris grâce à la psychanalyse" (je simplifie) et qui aille vraiment bien SANS maltraiter son entourage...

J'ai rencontré une TCCiste censée être spécialisée dans les pires traumas (et patients apparemment borderlines) et elle ne m'a pas convaincue qu'elle pouvait m'aider à GUERIR : accueil froid, chat hystérique...

Bon j'arrête, l'essentiel est que certaines aillent mieux :-)
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Message par Isambour Mar 14 Aoû 2012 - 10:00

@ camdav (mais aussi à tous ceux que ça intéresserait, si ma vie intéresse)

Si je couche sur le papier virtuelle ces lignes qui seront sans doute désordonnées (comment pourrait-il en être autrement, avec nos modes de pensée ?), c’est parce que d’une certaine manière, oui, je m’en suis sortie. Mais ça n’a pas duré aussi longtemps que vous.

Je ne sais plus exactement comment ça a commencé. Par une bête histoire d’amour, je crois.
Il était au cours de piano avant moi, il avait un sourire à faire pâlir les anges. Je ne savais rien d’autre, mais j’étais jeune, j’étais bête et fleur bleue à crever. Seule excuse : c’était mon premier amour.
Mais il n’était pas seul.
Je n’ai pas su exprimer ma souffrance par des mots, je n’ai pas su me confier.
Alors zou, petit coup de rasoir. J’ai écrit son prénom, heureusement qu’il était cours, mais je t’assure, le résultat n’était pas terrible ! Sauf quand t'aimes le genre Frankenstein, c'est sûr...

Curieusement, à la même époque, j’ai écrit une histoire sur l’anorexie. J’ai lu tout ce que je trouvais, sans tomber dedans, je n’y suis pas restée indifférente, ni mentalement, ni physiquement. En vous lisant, je me dis que ce n’est sans doute pas le « hasard » qui m’a fait m’intéresser à ce sujet à ce moment-là… Bref.

J’ai commencé des cours supérieurs que je détestais, qui ne me correspondaient pas, mais alors pas du tout ! La première fois que j’ai vu ma psy actuelle, elle m’a dit, au premier coup d’œil : je ne vous voyais pas là-dedans. Ce qu'il y a de bien, c'est que moi non plus.

Désormais, à chaque fois que ça n’allait pas, zou, petit coup de rasoir. Une engueulade avec ma mère ? Une petite estafilade. Un problème en cours ? Allez, pour ça, mettez m’en deux.
En fait, je ne savais pas exprimer ma souffrance. C’était un SOS gravé, c’était un « s’il te plaît, aide-moi » en lettres vermeilles, c’était un aveu de détresse trop visible pour être remarqué.

Ma mère ne trouvait pas ça malin mais… voilà.
En cours, on a fini par le voir. A l’infirmerie, on m’a conseillé des choses comme… me teindre les cheveux en blond plutôt qu’en noir. Hmm, c’est sûr, j’imagine, quand tous les matins tu te vois avec les cheveux clairs plutôt que sombres, ça doit te remonter le moral d’un coup. Twisted Evil
Mes plus proches amis le savaient… et s’en fichaient.

Le docteur m’a donné des anxiolytiques.
Tout s’est précipité. Fatigue accumulée d’une année de merde, un deuxième chagrin d’amour, l’examen de piano pour lequel je ne me sentais pas prête du tout, et bien sûr, « l’habituelle » souffrance que vous connaissez…
J’ai pris la boîte. Direct, radical.

A l’hosto, on a écrit « autolyse », c’est trop gentil ! Pfff… quelle langue de bois, pourquoi ne pas dire crûment les choses ?
Oui, j’en avais ma claque et je voulais foutre le camp. Puisque personne n’avait su comprendre mes blessures physiques, images –bien pâles- des morales…

Mais quel atterrissage… ça n’a rien changé, une fois de plus. Apparemment, je pouvais me découper de tous les côtés, me détruire, vouloir en finir… c’était normal, il faut bien que jeunesse se passe.
Je vais pas me la jouer « grand sage », ça m’a carrément totalement blessée. Rien que le souvenir… bref, je suis au boulot, donc larmes… aux toilettes !

Mais l’essentiel, c’est que j’ai fini par comprendre que l’automutilation comme une tentative de suicide n’apportaient rien. Si ce n’est le goût du charbon, absolument dégueulasse, y a pas d’autres mots.
Donc… j’ai cherché une autre façon de m’en sortir.

J’ai bouffé du Bollywood (et oui, on retombe dans le fleur bleue) et ça m’a curieusement aidée. Mais il y a sans doute eu plein de choses qui se sont croisées, sans que je m’en rende compte, et qui ont contribué à m'aider.
Puis j’ai bossé. Là où je suis encore aujourd’hui.

C’est pas le grand bonheur. Parfois, quand je souffre, quand, une fois de plus, je n’arrive pas à m’exprimer simplement, je souhaiterais me faire du mal. Mais je sais que ça ne servirait à rien, ou, au pire, si je persiste, ça risquerait de m’envoyer chez un psy genre CMP où j’ai dû aller à la sortie de l’hosto. Le mec a passé son temps à regarder sa montre, et en sortant, j’avais qu’une envie : me foutre en l’air.

Je ne veux plus de tout ça. J’ai trouvé une psy bien (même si elle a le culot de prendre des vacances, non mais vraiment !), et après réflexion, la mort ne me dit plus grand chose.
Je ne peux pas te dire exactement comment et pourquoi je m’en suis sortie. J’arrive à être terriblement optimiste et tourmentée. Ça arrive, quand je dis que « ouiiiin, tout va mal, j’ai raté ma vie, j’aurais jamais dû naître ! ! », que cinq minutes après, on m’entende dire « on va pas se laisser abattre comme ça, allez haut les cœurs ! »

En tout cas, sache que ce n’est pas une fatalité ni très utile, malgré le plaisir un peu malsain que l’on peut retirer sur le moment.
C’est quelque chose que tu cherches à exprimer, mais tu ignores comment.
Si je peux t’aider ou te soutenir, je suis là, j’essaierai de faire de mon mieux. Qui vaut ce qui vaut, je te le concède.
L’essentiel, mon credo, c’est qu’il ne faut jamais JAMAIS JAMAIS désespérer, même si… même si tu désespères, en fait.
Ouais je sais, c’est tordu. Mais pour une fois… je me dis que c’est une « tordition » qui sera comprise ! Wink

PS : d’habitude, je trouve le moyen de mettre beaucoup de bêtises pour faire drôle, mais là, j’ai pas trouvé. J’espère que tu m’en voudras pas trop…

PPS : après relecture, je doute d'avoir trouvé les mots justes. Disons que ça te fait le témoignage de quelqu'un qui a les poignets propres et "bien comme il faut".
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Message par camdav Mar 14 Aoû 2012 - 10:29

Merci à tous Smile

En effet... Il semble que ce soit un gros SOS, mais même après mes deux tentatives de suicides ( qui sont maintenant... à peu près derrière moi ), personne ne voit rien. Je crois qu'ils sont AVEUGLES. C'est pas possible de rien faire. On m'envoie chez tous les psys mais aucun ne comprend, aucun n'arrive à mesurer strictement l'ampleur des dégâts.
Quand tout va mal, on me demande "Ca va ? " et je ne sais que dire non. Mais la réponse au pourquoi ? ne vient pas ! Je sais pas pourquoi. Je sais pas comment l'expliquer de toutes manières. Ca apparait sur le coup comme une grosse fatalité. Genre "aujourd'hui ca va pas, bon bah..Tant pis. "
Alors que j'aimerais réellement aller bien alors je me fait engueuler de tous les côtés parce que soit disant je " fais la gueule tout le temps ". Mais si c'était si simple de ne plus me mettre à l'écart, de ne plus vouloir m'isoler etc, ca irait très bien !
En tous cas merci beaucoup pour vos pistes ! ( Merci oufy pour ton MP ! )
@Isambour : Merci pour ton témoignage, très touchée que tu aies partagé tout cela. C'est encourageant de se dire que c'est possible de ne plus trouver de sens à ce mal.
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Message par Bidibulle Mar 14 Aoû 2012 - 11:05

@oufy > Je regrette que tu sois tombée sur une psy TCC si mauvaise. Il faut forcément qu'il y en ait en même temps. Personnellement, je ne l'ai jamais vu regarder l'heure (elle le faisait discrètement en tout cas), aucun chat chiant et ... elle était vraiment humaine. Il lui arrivait même de temps à autre de glisser une référence personnelle sur elle, dans un contexte très approprié. Pourtant au début, j'étais bien résistante... jusqu'à ce que je vois que je pouvais lui faire confiance. Et du coup, j'ai des outils en poche qui m'aident au quotidien.

Ce qui m'a le plus marqué, c'est qu'elle m'a clairement dit "Ici, nous n'essayerons pas de vous changer, aucun intérêt. Mais juste d'atténuer certains aspects de votre personnalité pour vous aider à vivre avec vous-même comme vous êtes. Vous devez apprendre à vous connaître pour ensuite savoir vous contrôler sur les points qui vous dérangent vous, pas les autres." D'un coup, tu te sens avoir le droit de vivre différemment, ou en tout cas, tu t'autorises une ou deux petites différences dont tu sais qu'elles t'habitent sans pouvoir jamais te quitter.

@Isambour > Très beau témoignage. Moi je trouve qu'au contraire tes mots étaient très bien choisis. Effectivement, je crois que l'inutilité de la chose joue un grand rôle dans l'arrêt de cette pratique. Et surtout... les marques qui restent.

Mine de rien, les voir au quotidien me rappelle que si je recommence, le jour où j'irai mieux, je vais de nouveau détester ces marques définitives qui couvrent mon bras... et ça me freine.

@camdav > Contente que tout ça t'aide. Quand on est en plein dedans, c'est difficile de voir le mm² de lumière qui est là à côté de nous mais vers lequel on ne se tourne jamais. Et pourtant elle est là. Alors si on peut réussir à te la montrer, franchement, moi ça me va !
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Message par TortueNoire Mar 14 Aoû 2012 - 16:18

Aussi, je ne crois pas en la psychanalyse pour aider pour tout ce qui est am et autres autodestructions. Bon, faut dire que je ne crois pas trop en la psychanalyse tout court, ici au Canada, on s'en sert très peu, fort heureusement.

Je crois aussi que d'avoir une bonne relation avec sa psy est très important. J'ai eu un psy que j'aimais bien, mais sans plus. Il me semble que je n'avançais pas vraiment.

J'ai longtemps cru que j'étais un cas désespéré, mais je suis la preuve qu'on peut s'en sortir. J'ai eu besoin de m'enfoncer profondément pour y arriver, mais bon.. Maintenant, j'en suis à gérer les cicatrices.
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Message par oufy-dame Mar 14 Aoû 2012 - 22:25

Bonsoir,

Merci de tous ces témoignages. Pour les personnes pas encore "guéries", il y a des "béquilles" suggérées dans "Guérir" de D Servan-Schreiber : oméga 3 pour la régulation émotionnelle, sport (à mon humble avis il faut faire les sports qui nous font envie et pas ceux que les autres nous conseillent), contact avec un animal et la nature, méditation (vérifier s'il n'y a pas de contre-indication dans votre cas avec votre psy ou sur
http://www.cps-emotions.be/mindfulness/programmes-mindfulness.php ), acupuncture ?...

Bon courage,
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Message par Mélanie Mer 15 Aoû 2012 - 13:14

Je réponds un peu tard à ta question oufy. Ma première vraie thérapie était avec une psychothérapeute spécialisée dans les adolescents (j'avais déjà 26 ans). Elle m'avait été conseillée par le CMP du coin qui ne me proposait de rdv que 3 mois plus tard, après avoir expliqué mon cas (TS) ils m'ont parlé de cette psy qui avait travaillé pour eux.
Elle m'a aidée pendant un an et demi à maintenir la tête hors de l'eau mais ce qui a fait disparaître le besoin impérieux de couper pour de bon c'est la thérapie avec la psychothérapeute spécialisée dans les surdoués.

En écrivant ce post, mes yeux se pose sur le bout de phrase "couper pour de bon" et ça me fait penser au cordon ombilical. Mes thérapies m'ont donné le droit de me mettre à le couper symboliquement. Peut-être que c'est ça qui a calmé la tendance à le faire physiquement.

J'étais pas venue poster pour réfléchir sur moi mais pour aider avec mon expérience. Ben, telle que vous me voyez je suis toute perdue dans mes pensées maintenant!
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