Lexique jamais achevé

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Message par Shadow Boxeur Mer 4 Mai 2022 - 16:53

J'avais écrit voilà pas encore un an une drôle de série de textes. 
Je crois que je voulais donner une sorte de mode d'emploi à ma compagne.
Pour que cessent nos crises trop régulières.
Je ne connaissais pas encore le mot zèbre.
Je ne l'ai jamais fini, ce lexique
Après je suis parti jouer avec mon Mandala qui m'a donné de nouveaux mots

Ce n'est pas tant cette écriture que je partage
Que cette relecture aujourd'hui
A l'heure où j'écrivais ces mots
Je n'avais retrouvé que la mémoire d'une agression, enfant
Pas encore toute la mémoire...je crois

Premier mot de ce lexique dans l'ordre chronologique de l'écriture...Enfermement (21 aout 2021)

Enfermement
Voilà quarante ans que je suis enfermé.
Il suffit de dix minutes de lecture en diagonale de quelques livres pour comprendre comment cet enfermement fonctionne. Encore fallait-il que je prenne la décision de chercher à comprendre.
Sans chercher à comprendre, il devrait suffire d’un regard sur moi je pense pour voir qu’à certains moments je suis blessé au fond de mon enfermement. Mais je suis probablement injuste en écrivant cela.
Je veux bien l’admettre même si au fond je ne le crois pas.
Il doit donc être nécessaire que j’explique, que je me justifie, puisque je ne peux m’en prendre qu’à moi-même, sinon quelqu’un me tendrait la main dans ces moments-là, non ?  
Je vais donc le faire.
 
Voilà quarante ans, les deux personnes que j’aimais le plus au monde, en qui ma confiance était absolue, m’ont abandonné en un lieu à la fois pour me punir je crois, et m’apprendre ce qu’était la normalité.
Je n’en suis pas ressorti normal, si tant est que je l’ai été avant. A moins que je n’y ai acquis une part de la normalité de la vie en apprenant que le monde pouvait faire mal, que l’être humain pouvait être dangereux et que toute votre dignité pouvait vous être volée en un instant.
Si parfois je peux douter des souvenirs qui me restent de cela, que j’ai dû aller retrouver très loin pour essayer de me comprendre, je ne peux pas douter qu’il me soit arrivé quelque chose ce jour et cette nuit-là. De suffisamment violent et abject pour que j’aille alors me cacher au fond de moi pour ne plus rien sentir, et y rester enfermé le temps que cela s’arrête.
Mais cela ne s’est en fait pas arrêté et une part de moi est resté enfermée.
Parfois cette part de moi est réveillée par une situation, un mot, un comportement à mon égard ou simplement dans le paysage qui m’entoure.
Notamment quand j’ai le sentiment d’être laissé au bord du chemin par les êtres qui me sont chers, que j’aime et auxquels j’ai donné aveuglément toute ma confiance, car en dépit de tout je ne sais toujours pas faire autrement que la donner totalement.
Quand ce sentiment est trop violent, sans que je ne contrôle rien, je suis aspiré au fond de moi dans un lieu inconnu, pour ne plus rien sentir, ne plus penser.
Je m’assoie au bord d’un rocher, silencieux dans mon monde, sans aucune pensée consciente, isolé du votre que je ne peux alors qu’observer, attendant qu’une douleur que je ne sais nommer s’éteigne, disparaisse.
Il peut arriver qu’un réflexe de survie me fasse me jeter à l’eau pour retrouver les sensations de mon corps. Pas toujours.
Cela pourrait s’arrêter là, je sortirais au bout d’un moment de cette douleur réveillée pour revenir parmi vous.
Mais le monde ne fonctionne pas ainsi semble-t-il.
Car il vous faut bien trouver une explication à mon comportement. Cela doit vous être nécessaire faut-il croire.
Ce qui n’est pas compréhensible pose question, fait peur peut-être, vous pose question sur vous-même je crois, vous obligeant à trouver une explication que je ne vous ai pas donnée. Que jamais vous ne venez demander car vous savez déjà.
L’explication la plus simple et la plus directe est je suis un sale gamin capricieux, caractériel, orgueilleux, méprisant, méchant et égoïste, intéressé seulement par lui-même et pour lui-même.
S’en suivent bien sûr toujours des discussions puis des disputes dans lesquelles je dois justifier du sale gamin, ou demander pardon pour lui.
Je ne crois pas avoir à demander pardon à qui que ce soit que le gamin que j’étais ait été sali, à vie.
Mais toujours il m’est commandé de demander pardon de mon comportement.
Il n’est pas normal il est vrai, et de cela il faut demander pardon.
Je n’ai quant à moi personne à qui demander de se faire pardonner de me faire mal.
Il serait bien injuste il est vrai de vous demander cela alors que vous n’êtes en rien responsables de ce que j’ai pu connaître il y a si longtemps. Et je ne l’ai jamais demandé. Jamais.
Il ne me semble pas totalement injuste de vous demander de voir que je suis blessé dans ces moments.
Mais cette blessure est alors invisible, donc comment vous le demander.
C’est donc injuste également, mais comment ne pas attendre cela de êtres humains qui vous entourent, vous assurant de leur amitié et de leur amour.
Je ne crois pas possible de ne pas attendre cela. Eternellement. Enfermé également dans cette attente qui n’aura jamais de réponse.
 
Heureusement une solution existe, que le plus souvent vous me donnez bien volontiers, la main tendue.
 
« Tu n’as qu’à t’en prendre qu’à toi-même. »
 
Voilà quarante ans que je le fais, à des degrés divers.
 
Cela vient de s’arrêter, maintenant. Plus jamais.
 
Pardonner au monde entier qu’il puisse parfois me faire mal, voilà aussi quarante ans que je le fais. Toujours. Sans exception. Même si parfois la douleur sans cesse réveillée peut me faire dire des reproches.
 
« Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ».
 
Sans plus avoir de foi en Dieu, voilà quarante ans aussi que du fond de mes blessures, habité par ma foi en vous, quand je suis seul assis sur mon rocher torturé par ce qui n’est même pas un souvenir qui a été réveillé, je me tourne vers le ciel pour y trouver la force de ce pardon et revenir parmi vous confiant.
 
Alors quelques-uns sauront désormais
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Message par Shadow Boxeur Jeu 5 Mai 2022 - 7:22

Liberté conditionnelle
Quand j’ai connu une explosion et me suis retrouvé brûlé sur tous les bras et le visage, je n’ai pas tout de suite été pris en charge et soigné de façon adaptée.
Pendant une semaine ou dix jours, je ne sais plus, j’ai été placé dans un hôpital classique, dans le service pédiatrie ou un lit était disponible si je me souviens bien.
A mon arrivée, l’interne ne savait pas comment prendre en charge une brûlure. Un téléphone coincé sur son épaule, il prenait les consignes d’un expert tout en m’arrachant la peau avec un scalpel, morte comme vivante.
Pendant dix jours, je n’ai eu droit qu’à du Doliprane pour atténuer la douleur des brûlures. La douleur était devenue telle que j’avais peur de m’endormir, peur de fermer les yeux et de ne jamais me réveiller. Telle que je parcourais seul la nuit les couloirs de l’hôpital pour trouver un distributeur de glace et m’en recouvrir pour faire taire la douleur.
Telle que je devais fréquemment appuyer sur ce bouton destiné à appeler les infirmières. Mais ma douleur ne devait pas être compréhensible en service pédiatrie, le Doliprane suffit monsieur, arrêtez de nous embêter. Vous n’avez pas encore compris le message monsieur, alors nous vous poserons votre plateau repas devant vous et vous vous débrouillerez pour manger avec vos bras bandés du bout des doigts jusqu’aux épaules. Vous n’avez pas encore compris ? Alors vous passerez la nuit dans un lit bancal en diagonale, il nous suffit d’appuyer d’un pied sur ses montants pour vous mettre dans une position invivable. Ça y est, vous avez compris ? Ne nous embêtez plus avec vos douleurs, arrêtez et supportez-les !
Heureusement, j’ai été finalement sorti de cet hôpital pour être pris en charge dans un autre, dans un service de grands brûlés.
Là, j’ai été perfusé de morphine pendant des mois, la douleur s’est éteinte. J’ai été reconstruit avec des greffes, puis rééduqué pendant d’autres semaines encore. Puis enfin accompagné dans une convalescence de plusieurs années pour que les greffes se consolident et que je puisse retrouver une vie « normale ». J’étais un malade visible. Sujet de curiosité certes, avec ces drôles de manchons sur mes bras portés pendant près de deux ans et ces soins quotidiens que je devais faire pour guérir définitivement ma peau brûlée.
Le parcours n’a pas été le même avec mon autre blessure, invisible.
Quand il n’y a pas de bouton pour appeler une infirmière ou que l’infirmière est aveugle, il ne vous reste plus qu’à vivre avec votre blessure et votre douleur, la colère en plus.
Quand celle-ci s’est atténuée, que vous croyez la blessure guérie et oubliée, vous retournez dans le monde, bien obligé.
Et vous vous refaites mal, peut-être tout seul, peut-être du fait d’autres personnes. Dans tous les cas vous boîtez, comme un enfant à la jambe fracturée qui n’aurait jamais été soignée. Et vous vous cassez la gueule, parce qu’il manque quelques accès handicapés dans ce monde réel. Mais vous devez suivre le mouvement, vivre comme les autres, comme vous, sans ces accès. Vous ne pouvez vous en prendre qu’à vous de vous être encore une fois cassé la gueule et d’avoir à nouveau mal.
Chaque fois que vous avez mal, vous retournez vous enfermer le temps que la douleur s’apaise. Comme quand vous avez mal à la tête et que vous allez vous mettre dans le noir un moment les yeux fermés le temps que ça passe.
Cela fait, vous ressortez. Mais en liberté conditionnelle quand la blessure n’a jamais été soignée, quand il vous faut trouver les accès handicapés parce que vous boîtez. Et qu’ils n’existent pas toujours ou que l’on ne voit tout simplement pas que vous boîtez.
Alors vous vous adaptez, de multiples façons, vous cherchez sans repères, sans personne. Pour ne plus vous casser la gueule avec votre jambe boiteuse, pour ne plus avoir mal.
Vous devenez hyper vigilant à tout ce qui vous entoure, pour éviter les situations que vous ne pouvez gérer avec votre jambe. Plus grand-chose ne vous échappe, votre regard s’agrandit.
Au point de pouvoir reproduire avec une précision millimétrique n’importe quel dessin ou peinture. Mais vous évitez de trop le montrer. Vous l’avez fait quelques fois et l’on vous a expliqué que ce n’était pas tout à fait normal. Et vous n’aimez pas ça. Votre jambe boiteuse vous suffit déjà amplement pour ne pas être considéré comme normal.
Au point de souvent trouver les mots parfaitement justes qui vont toucher quelqu’un au cœur, sentir ce qui n’est pas dit. Mais cela aussi n’est pas tout à fait normal.
Au point de savoir reproduire avec précision des gestes sportifs seulement observés à la télé ou sur un stade, pour réaliser des performances à peu près incompréhensibles au regard de vos capacités visibles. Vous le faites parce que cela vous fait du bien, mais pas trop, il faut éviter d’être trop anormal.
Au point de ne plus jamais vraiment dormir, avec une partie de vous toujours en éveil, au cas où. Une partie qui travaille, réfléchit la nuit, toujours et encore, et vous livre le matin venu des réflexions venues d’ailleurs, sans que cela soit vraiment compréhensible et normal. Une partie qui vous permet d’écrire d’une traite dans la journée ce que vous pensez, ce que vous pensez d’un sujet de dissertation, sans brouillon et sans rature. Vous pourriez le dire aussi dans des discussions amicales, mais cela n’est pas normal et vous vous abstenez, votre jambe vous suffit déjà.
Malgré votre vigilance, il vous arrive encore de vous faire mal, ou de laisser vous faire du mal, que ce soit volontaire ou non.
Alors vous retournez dans votre enfermement, dans le noir, seul, le temps que la douleur s’estompe suffisamment pour ressortir.
A force d’y vivre, vous le meublez pour qu’il devienne un endroit vivable, vous l’aménagez.
Vous le remplissez de livres qui deviennent votre monde, plus réel que le vrai, plus sécurisant en tout cas. A force de lire, les livres deviennent votre monde, votre langage. Quand vous n’avez plus de romans à lire avec un monde prêt à digérer, vous lisez les encyclopédies, puis même seulement le bottin quand les encyclopédies sont épuisées. De la même façon que dans le monde réel il n’est pas besoin de faire des calculs savants pour traverser une rue en faisant attention aux voitures, c’est ancré, réflexe, d’observer chaque détail de la rue pour comprendre et analyser de façon consciente, vous lisez les livres en diagonale et cela suffit pour comprendre. Si besoin, vous savez exactement dans quel livre, à quelle page retrouver le passage qui vous intéresse le moment venu. Il vaut mieux le cacher cela aussi, ce n’est guère normal. Vous l’avez fait pour essayer de vous sauver mais cela vous blesse finalement, aussi.
Vous le remplissez d’un monde parallèle dans lequel aller vous réfugier, dans lequel vous avez une autre vie, moins douloureuse.  Cela vous protège des vrais rêves, ceux dans lesquels pourrait revenir un souvenir trop douloureux. Vous y revivez la journée passée, en imaginant ce qui que vous auriez dû faire pour ne pas avoir mal et encombrer le monde de votre douleur inconvenante. Vous y vivez la journée du lendemain en essayant de la prévoir pour ne pas tomber, vous faire mal, faire mal à ceux que vous aimez par votre anormalité.
Cela vous conduit parfois au bord de la folie ou de ce que vous redoutez être de la folie. A force de prendre des costumes pour tenter de ressembler à ce qui est attendu de vous, cacher la jambe boiteuse, pour ne pas gêner, pour être normal, car pourquoi boîter quand il n’y a aucune explication, vous ne savez plus qui vous êtes.
Alors sans solution miracle dans votre enfermement, vous créez d’autres douleurs. Elles seront plus compréhensibles celles-là, plus normales, elles justifieront de boîter. Et elles mettront en arrière-plan celle que vous ne savez soigner.
Vous faites du sport à outrance, jusqu’à la blessure, au-delà de vos capacités et de votre résistance. Vous niez les douleurs ou vous apprenez à vivre avec leur permanence.
Vous n’allez plus voir de docteur, il ne s’agirait pas d’éteindre ces douleurs bénignes qui permettent d’en masquer une autre.
Vous vous mettez en danger, vous approchez la mort autant que vous pouvez. Vous l’avez déjà approchée il y a longtemps et vous vous êtes enfermé pour l’éviter. Vous cherchez d’autres voies pour l’apprivoiser.
Dans tout cela, vous construisez un équilibre précaire, insatisfaisant mais un équilibre vivable, supportable.
Mais votre enfermement, celui qui vous sauve parfois sans vous libérer, ne reste pas qu’un enfermement volontaire.
Car il est incompréhensible.
Il devient alors cagibi. Celui auquel on renvoie le sale gamin. Tu ressortiras quand tu auras compris. Tu es puni. Va dans le noir avec les monstres, cela t’apprendra à ne pas tomber et te faire mal.
Le cagibi est différent du monde de votre enfermement volontaire. Car vous voulez en sortir, c’est injuste, libérez-moi.
Alors vous arpentez les quelques mètres de votre cagibi, dans le noir, pour y trouver des repères en attendant que l’on vous laisse sortir.
Quatre pas dans un sens, un verre de rosé.
Quatre pas dans l’autre, une clope.
A force d’aller-retours, les murs du cagibi disparaissent noyés dans l’inconscience de l’ivresse. Et vous n’êtes plus un court instant le sale gamin qui ne sait pas marcher et ne fait que pleurer parce qu’il tombe. Qu’on envoie au cagibi parce que ses pleurs incompréhensibles, de sa faute, perturbent le bon déroulement de la soirée entre amis.
Ce n’est pas bien de faire cela dans le cagibi. Vous y avez été envoyé pour votre bien, pour vous apprendre, et vous faites des bêtises dans le cagibi.
Un autre cagibi est alors nécessaire.
Puisque notre cagibi ne suffit pas à te faire comprendre, va te faire soigner. Terminé pour nous, on lâche l’affaire, trouve toi moyen de te guérir. Va te chercher un cagibi efficace.
Reviens quand tu sauras ne plus tomber, ou ferme là quand tu tombes. Ne compte pas sur nous pour te construire des accès adaptés. Ce n’est quand même pas compliqué, non ?
Liberté conditionnelle donc. Je la connais depuis si longtemps cette semi-liberté.
Me restent l’écriture, le dessin, la photographie, la musique, l’effort physique comme espaces de liberté.
Liberté, solitaire, mais sans conditions.
Me restent mes enfants, dans le regard desquels je suis libre de tomber sans être condamné au cagibi.
Je n’irai plus au cagibi.
Ni même celui transparent dans lequel vous me mettez parfois, souvent, posé au milieu de vous, c’est bien aimable, pour que je puisse observer et « participer » à votre vie sans que ma vue, ma jambe boiteuse et la douleur quand je tombe, ne risquent de vous incommoder.
Le seul dans lequel j’irai encore est celui construit par Sandra pour aller avec elle, accompagné, affronter les monstres dans le noir.
En dehors des cagibis, je suis responsable de faire en sorte de ne pas tomber par ma propre faute, et de ne pas m’y mettre de moi-même.
Je ne suis pas responsable des crocs-en-jambe, même involontaires, ni de l’indifférence volontaire ou de l’aveuglement même innocent.
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Message par Shadow Boxeur Dim 8 Mai 2022 - 10:42

Hallucinations, 28 août 2021
J'ai mis Cagibi sur le mauvais fil, désolé, pas encore habitué au forum.
Je zappe un texte encore trop personnel.
C'est chiant de se relire et de voir que beaucoup de choses étaient écrites que je n'ai pas alors comprises.
Ni ma compagne...j'avais entamé ce lexique pour elle, essayer de lui donner un mode d'emploi...que je ne comprenais même pas.
Plus la peine maintenant...elle m'aura dit une fois de trop d'aller me faire soigner...

Les hallucinations, vous savez ce que c’est.
Une hallucination est une perception erronée d'un stimulus qui n'existe pas. Plus concrètement, l'individu perçoit une information qui n'est pas réelle. Cette information peut être intrapsychique ou sensitive, c'est-à-dire liée à chacun des cinq sens et donc être auditive ou visuelle, plus rarement gustative, tactile ou olfactive, et parfois associer plusieurs sens.
Vous comprenez surtout ce que c’est quand il s’agit des cinq sens. Une information intrapsychique, cela est déjà plus mystérieux.
La littérature est fournie sur ce sujet mais il est vrai que le vocabulaire et la complexité du sujet peuvent le rendre aride et difficilement accessible.
 
J’en parlerai donc avec mes mots, d’expérience. Très probablement en utilisant des notions comme je les comprends, pas nécessairement avec la justesse des experts.
 
Il peut m’arriver dans certaines situations de percevoir des sensations que je ne sais comprendre, encore moins expliquer, dont je ne connais pas le stimulus.
Peur, anticipation d’une souffrance que je ne sais nommer, sensation que le pire va arriver, que « cela » va recommencer. Cela m’est très difficile à décrire. Cela ne touche aucun des cinq sens, mais un sixième que je ne saurais décrire lui non plus.
 
Cela m’est une hallucination. Pas de stimulus compréhensible mais des perceptions incompréhensibles sur lesquelles je suis bien en peine pour mettre des mots et des sentiments.
 
Une hallucination qui fait mal, vraiment.
Qu’il m’est nécessaire d’effacer, cette douleur bien connue n’est pas vraiment supportable. Effacer surtout le fait que cette douleur puisse être en moi, venir de moi, que j’en sois la cause et l’origine. Aucun souvenir en moi ne pourrait l’expliquer.
Alors je fabrique une « contre hallucination », ou une hallucination négative pour l’effacer. Ce n’est pas possible autrement, impossible de vivre en portant la responsabilité de cette douleur.
Si un sentiment indicible d’être à nouveau abandonné m’envahi, ou de ne pas être entendu tel que je suis, mais toujours avec une souffrance indicible au fond, en l’absence de compréhension et de stimulus objectif, je fabrique un stimulus explicatif, pas d’autre solution sauf à admettre que je suis fou et me fais du mal tout seul, ou ressens des choses qui n’existent pas, ce qui est une autre folie.
Je ne peux pas aller chercher ce stimulus, l’origine de cette souffrance, en moi, il est enfermé dans une mémoire oubliée qui n’a pas de mots.
Je construis alors cette hallucination négative, qui permet de nier que cette souffrance vienne de moi, que j’en sois responsable, de nier cette souffrance tout court pour l’atténuer et moins la ressentir.
Si je ressens ces sensations, je n’hallucine pas, c’est parce que les personnes avec lesquelles je suis m’abandonnent, me rejettent, ne me voient pas, ne me comprennent pas. Voilà une explication recevable, acceptable.
C’est cela ou sombrer dans la folie, admettre que j’hallucine, sans en comprendre les raisons, sans accès à l’origine de tout cela en l’absence de mémoire.
Mais ce faisant j’hallucine, négativement, pour supprimer ces sensations dont l’origine est le fantôme d’un souvenir enfoui au fond de moi sans que j’y aie accès.
C’est un cercle vicieux dont il est très difficile de sortir.
 
Savoir que vous hallucinez n’est pas vraiment possible, vous sentez quelque chose que vous ne pouvez décrire, en étant incapable d’en comprendre l’origine.
Sauf à avoir compris que c’est une hallucination, mais cela ne peut en être une, la souffrance est bien réelle, bien là même si vous ne savez la décrire, elle n’est pas une hallucination, même si ce n’est pas la souffrance de l’un de vos cinq sens.
Mais elle est hallucinante, je n’ai pas encore de mots pour la décrire.
Alors halluciner encore pour la supprimer, la nier.
 
Ce faisant, c’est vous qui devenez hallucinant, incompréhensible. Pour ne pas vous croire fou, vous fabriquez une hallucination, ce qui est le propre du fou et vous passez pour fou. Impossible de sortir de ce paradoxe, mais le paradoxe est un autre sujet.
 
Au-delà de ce paradoxe qui ne peut être résolu sans vous supprimer et vous terrifie, réaliser cela, construire une hallucination négative, est une action qui vous coûte beaucoup, vous épuise.
 
Pour peu que l’on vous laisse tranquille dans ces moments-là, vous sortirez de l’hallucination assez vite pour revenir dans le monde réel, sans trop de conséquences.
Mais votre hallucination pose question, n’est pas compréhensible, agresse, vous devez vous justifier, expliquer ce que vous ne savez nommer.
Et alors vous vous enfoncez de plus en plus dans l’hallucination que vous maintenez vivante et active dans les moments d’explication qui vous sont demandés.
Parfois cela peut vous demander plusieurs jours ou semaines pour en sortir.
Quand cela se compte en jours ou en semaines, vous devez continuer à vivre, à tenir votre place dans le monde réel, vous vivez dans deux mondes parallèles, parfois plus, le réel et celui de votre hallucination. C’est épuisant.
Mais vous avez l’habitude. Un « bon côté » est que votre cerveau a appris à fonctionner dans plusieurs mondes simultanément, en permanence. Vous faites une chose, pendant ce temps-là, il continue à travailler à votre insu dans d’autres mondes. Vous vous réveillez le matin et vous écrivez vingt pages sur un sujet. Vous n’y avez absolument pas réfléchi, mais une part de vous si.
 
Mais cela reste épuisant et vous trouvez des moyens de sortir de cela, de limiter la chute dans la folie, comme vous pouvez.
 
Vous fuyez physiquement, vous vous isolez quand vous pouvez, ou vous vous perdez dans une activité physique effrénée, ou dans une hypervigilance permanente.
 
Vous fuyez socialement, en préférant toujours « refaire le monde » et fabriquer de nouvelles hallucinations d’un monde meilleur, quand vous entrez en relation, en essayant d’éviter autant que vous pouvez tout sujet ou sentiment personnels auquel vous ne comprenez rien, que vous savez ne pas maîtriser avec vos hallucinations personnelles.
 
Quand cela ne suffit plus, vous vous anesthésiez pour ne plus rien sentir. « Même pas mal ».
 
Quand vous n’y parvenez plus vous trouvez des addictions toxiques qui vous y aideront.
 
Parallèlement, vous cherchez des domaines où vous investir totalement pour ne plus penser au reste. Vous vous lancez dans des projets, les uns après les autres pour occuper votre esprit et le détourner de vos hallucinations.
 
Tout cela vous rend de moins en moins compréhensible, vous le savez et votre peur grandit, vous n’en sortez pas de ce cercle vicieux, jamais.
 
Il doit exister un moyen que je n’ai pas encore trouvé.
 
Je devrai bien le trouver puisque tout cela est mon problème.
 
Mon problème car il n’est guère compréhensible, je crois le savoir maintenant. Non pas que personne ne veuille m’aider. C’est juste incompréhensible avec ce sixième sens que j’ai en moi, venu d’une mémoire oubliée sur laquelle je ne peux et ne pourrai jamais mettre de mots mais qui agit à chaque instant de ma vie depuis quarante ans.
 
Curieuse mémoire absente comme une hallucination, douleur hallucinante toujours présente sans jamais pouvoir la nommer, nées je crois d’un monde pour moi toujours hallucinant dont je ne voudrais pas et que je ne comprendrai jamais, où des êtres humains peuvent en agresser un autre, inconnu, sans autre raison que de partager les douleurs que le monde leur a fait subir.
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Message par Shadow Boxeur Lun 9 Mai 2022 - 8:16

J'avais écrit ça le 29 août 2021, sur le mot Vivre.
Étonnant comme ce texte me fait penser à une locution d'Amacore, une histoire d'intuition invalidée.

Si vivre nous le faisons à chaque instant depuis notre naissance, il reste pourtant bien difficile de définir ce que c’est que vivre. Sans qu’il soit bien nécessaire de se poser cette question, il n’est pas besoin d’y avoir de réponse pour continuer à vivre.
La question m’intéresse cependant.
D’une part parce qu’il peut m’arriver de me sentir mort-vivant.
D’autre part parce que je suis assez souvent qualifié de survivant. Terme qui ne plaît pas, non pas qu’il soit totalement faux je crois, mais parce que ma survie est pour moi surtout d’une autre nature que la compréhension habituelle du terme de survie.
Et qu’il est rare que je me sente pleinement vivant.

La partie du vivre qui peut me poser problème est celle de la simple vie quotidienne, dans cette partie qui permet à chaque instant de prendre une décision et d’agir pour orienter sa vie, dans la société, celle des amis et des proches.

Je vais commencer par mon expérience physique.
J’ai été gravement brûlé voilà maintenant quinze ans déjà. J’en ai gardé en autres choses une mauvaise perception du chaud et du froid dans mes mains.
J’ai toujours l’expérience et la mémoire du fait qu’il ne faut pas prendre à pleine main une casserole brûlante.
Mais mes sensations sont faussées.
Dans certaines situations, je ne vois pas, ne sais pas qu’une casserole est brûlante, et il m’arrive encore de me brûler, de répéter la brûlure.
Mes proches le savent et prennent soin de me prévenir quand une casserole est brûlante, ou de me proposer de me panser quand je me suis brûlé.
Cela vous le comprenez je pense.

Il en va de même dans ma vie psychique, où j’ai été brûlé voilà longtemps, mais cela semble définitivement plus difficile à comprendre pour que mes proches sachent ou puissent avoir la même vigilance ou prodiguer les mêmes soins.

Restons sur la partie du vivre qui consiste dans une situation donnée, à tirer parti de son expérience et de sa mémoire, pour faire un choix, exercer son libre-arbitre, pour agir et se diriger vers un avenir désiré.
J’appelle cela liberté, même s’il est vrai que bien d’autre arbitres libres eux aussi sont dans le jeu de la vie, et contraignent à la négociation, à la soumission parfois, mais peuvent également entrer dans votre jeu comme vous dans le leur.

Pour réaliser cette partie du vivre, deux termes retiennent mon attention, même si je sais que l’utilisation que je vais en faire n’est que peu conforme à leur signification exacte en psychologie.
Retournement et renversement.

Dans une situation donnée, vous vous retournez vers votre expérience et votre mémoire pour l’analyser, la comprendre.
Puis vous faîtes un choix pour renverser cette analyse et l’orienter vers le futur et agir. A chaque instant, sans même vous en rendre compte, sauf en certains moments où des décisions importantes doivent être prises.

Imaginez qu’une part de votre mémoire ne vous soit pas accessible. Non pas que vous ayez oublié une certaine expérience. Sa mémoire est en vous, mais vous n’y avez pas accès. Cette mémoire quand vous analysez une situation et vous retournez vers votre expérience et votre passé ne vous renvoie que des sensations que vous ne comprenez pas. Des sensations que vous ne pouvez associer à aucun souvenir.

Parfois ces sensations vous retournent littéralement. Ces sensations, elles sont présentes et vous font retourner dans le passé sans le savoir ni le comprendre. Et non pas le retourner, ce passé, pour analyser la situation et faire un choix raisonné, sinon raisonnable.
Quand elles ne vous retournent pas, ce qui n’est heureusement pas trop fréquent, au minimum ces sensations faussent votre analyse de la situation et vos choix. Vous n’êtes plus tout à fait un libre-arbitre, mais dépendant d’elles.

Et vous répétez les mêmes erreurs en l’absence de souvenir. Un passé que vous ne connaissez pas se répète indéfiniment. Ce dont vous vous souvenez, c’est la répétions des erreurs et de leurs conséquences, sans jamais trouver d’où vient l’erreur.
Alors l’erreur ce doit être vous.
Et vous essayez de vous dissocier de ces sensations qui vous induisent en erreur à chaque fois. Elles viennent pourtant de votre mémoire, de votre passé, et devraient être bénéfiques pour faire vos choix.
Ce faisant vous commencez à vous dissocier vous-même. Un monde pour vivre avec ce que vous comprenez, savez de votre mémoire et de votre passé. Un autre monde pour vivre avec ces sensations d’origine inconnue, sans qu’elles puissent autant que faire se peut interagir avec le monde réel. Un monde pour ces sensations mortes-vivantes.

Quant au renversement de votre analyse pour aller vers le futur, vous apprenez au fur et à mesure que la vie avance, que dans la vie sociale vous vous planterez le plus souvent. Au lieu d’être dans le présent, votre passé retourné, une part de vous est sans le savoir bloquée dans le passé, et c’est vous qui êtes retourné vous ne savez pourquoi. Et retourné, vous faîtes tout à l’envers. Vous vous sentez à l’envers.
Vous sentez que vous allez à l’envers du futur que vous voudriez.

Alors vous ne cessez de renverser les choses dans tous les sens pour chercher.
Et vous vous dissociez encore, en créant un monde des « et si ? et si je faisais comme ça ? et s’ils attendaient ça de moi ? et si c’était ça que je dois faire ? ».

Alors dans la vie, tandis que chacun en un instant dans les choses du quotidien décide et agit de façon spontanée et naturelle en réalisant ces retournements et ces renversements sans avoir besoin d’y penser, vous vivez dans trois mondes, au moins. C’est en cela que je peux me penser sur-vivant.

Le réel dans lequel votre corps est bien présent et vous un peu absent parce qu’en même temps ailleurs.
Celui de votre passé inaccessible qui vous retourne vous ne savez pourquoi, et dans lequel vous retournez malgré vous en certaines situations, qui envahit alors votre présent avec des sensations que vous ne pouvez comprendre et vous conduisent à l’erreur.
Celui des choix et des futurs possibles que vous explorez sans cesse, même la nuit dans votre sommeil, pour trouver vers lequel vous tourner et renverser enfin ces situations qui se répètent sans fin.

Dissocié en vous, vous l’êtes.
De cela vous avez l’habitude, voilà longtemps que vous vivez ainsi. Vous vous êtes adapté comme vous pouvez et vous faîtes avec.

Dissocié de la vie sociale, vous l’êtes parfois aussi à votre corps défendant. Cela vous paraît d’autant plus injuste que vous ne pensez pas être responsable ou coupable de cette dissociation. Responsable de savoir vivre avec, à la limite.

A la limite du savoir vivre avec. Pas au-delà.
L’au-delà de cette limite, qu’est-ce donc ?

C’est quand vous dîtes à un aveugle « Mais tu ne vois pas que … ? ». Non, il ne voit pas.
Si cela vous est arrivé, ce n’était bien sûr pas volontaire. C’était réflexe, les aveugles sont rares, vous vivez la plus grande part de votre vie avec des voyants. C’était peut-être même sympathique en fait, marque du fait que vous ne voyez plus leur handicap, qu’ils ne se résument pas pour vous à leur cécité.

Curieusement, je ne connais rien de tout cela dans ma vie professionnelle, dans laquelle je me crois à peu près reconnu, au détail près de ma « bizarrerie » maintenant acceptée, ou pardonnée par mes compétences.
Ni dans la vie des idées, des concepts, des discussions détachées du monde réel, dans lesquelles je crois pouvoir passer pour agréable.

Non. Seulement dans la vie sociale.
Celle, la plus importante je crois, en laquelle j’espère le plus en tout cas, dans laquelle vous avez besoin de vous reconnaître dans le regard et le visage de l’autre pour vivre et exister.

Curieuse mémoire défaillante qui vous prive de vous connaître vous-même et de pouvoir être pleinement reconnu par l’Autre pour pouvoir vivre libre en société.
Curieux accès fermé à un certain souvenir traumatique auquel vous avez survécu, et vous prive de vie réelle pour devoir vous contenter de survivre en attendant des jours meilleurs.


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Message par Shadow Boxeur Lun 9 Mai 2022 - 8:41

J'ai peu de souvenirs d'enfance.
Ils reviennent peu à peu.
Celui-ci me revient.
Je ne sais pas quel âge j'avais.
Petit, c'était à Paris, je revois le lieu, une aire de jeux au pied des immeubles.
Je devais donc être en maternelle ou au CP, après nous avons déménagé.
Je me revois plonger les mains dans une flaque d'eau, attraper à poignées des graviers...
et me les enfoncer dans les yeux...
Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça...je voulais peut-être faire disparaître ces couleurs que je voyaient.
Je ne sais vraiment pas.
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Message par Shadow Boxeur Mar 10 Mai 2022 - 5:15

Petit écart à ce lexique, à cause des couleurs.
Elles me font revenir à ce premier rêve que j'ai fait, quand c'est enclenché le processus de retour d'une mémoire, en écrivant sur mes photos.
C'était en mars 2021. J'ai rien compris à ce rêve, sur le moment, ni même aujourd'hui, sinon ressenti une immense peine.

Curieux hasard, mais il n'y en a peut-être pas, je l'ai écrit en l'assortissant de la photo que j'utilise comme avatar.

Le plus souvent mes photos irréelles
Me permettent du monde m'échapper à tire d'ailes
Mais cette nuit ces visages sortis de coquilles d'huîtres
M'ont rejoint pour m'anéantir sans libre arbitre

Curieux animal enfermé dans son armure inviolable
De fabriquer perle de nacre ou plomb noir capable
Un homme j'ai suivi avec confiance
Lui livrant je crois librement mes défiances

Pour m'amener dans un sombre cabinet
Où à un fauteuil je me suis retrouvé sanglé
L'homme a disparu pour me laisser seul
Face à un docteur de sinistre gueule

Il m'a dit de mordre à pleines dents dans un pinceau
Celui qui devait servir à peindre ma vie
De faire confiance au poison qu'il m'injectait à nouveau
Qu'à tout cela il n'y avait pas de contre-avis

J'ai mordu à pleines dents apeuré
Et ce pinceau de toutes forces il m'a arraché
Ne me restaient que quelques morceaux coincés dans les dents
Seul relique de mes rêves de peinture d'avant

J'ai voulu à tout prix garder ce trésor
Mais l'homme était là encore
Pour écarter mes mains avides
Et dans ma bouche ne laisser que vide

L'homme bienveillant est réapparu
Dans un costume bien incongru
Pour fermer les portes à double tour
Tu ne seras plus que fantômes de mots, c'est sans retour

Me restent mes gencives torturées à quelques caractères réduites
Quelques poils de pinceau et couleurs comme reliques
Je grince de ne savoir révéler ces caractères élimés
Toutes ces couleurs d'enfant imaginées

Une boule de poils m'étouffe au fond de la gorge
La nausée me réveille voilà que je m'égorge
Reprendre mon souffle, ce pinceau oublier
Pour juste mes couleurs retrouver

Rendez-moi mes couleurs, oublions les pinceaux
Etranger je veux rester à tous vos mots
Spectre vide, débile édenté et errant
Juste revenir faire un tour chez vous, les vivants
               11 mars 2021

J'en ai non pas rêvé mais reparlé sur une photo, de ces couleurs, trois jours plus tard.

Lexique jamais achevé Grue_l10

Si parfois je prends mes photos par hasard
Juste à l'instinct d'un signe niché quelque part
Celle-ci je le savais m'attendait à la Ciotat
Où j'ai un matin décidé de conduire mes pas

Longtemps il a attiré mon regard, cet endroit
Avant ce matin de le voir à l'envers
Ainsi retourné il me donne quelque effroi
Enfin me montrant peut-être un certain enfer

Cette cabine vide aujourd'hui
Je crois avoir longtemps habitée
Manipulant et pleurant ce maladroit pantin désarticulé
A côté de son coeur enfermé assis impavide

Il ressemble si fort à ma peinture d'enfant
Que le retrouver là au fond ne m'étonne même pas
Colorée mais pourtant un effroi de solitude confessant
Elle resta au fond de moi toujours là

Malheureux pantin par des fils aveugles tiré
Sans jamais réussir à apercevoir
Quelle invisible main le tenait dans le noir
Rien à faire pour le libérer de ce coeur cadenassé

Laissant là longtemps dans cette cage oubliée une voix mutilée
Sans âme il a pourtant dansé toute vos pantomimes
Cherchant son public aimant sans en coeur le trouver
Toujours revenant, pantelant, s'asseoir auprès de sa douleur orpheline
                  15 mars 2021
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Message par Shadow Boxeur Jeu 12 Mai 2022 - 5:34

30 août 2021

Vous

Je, tu, il, nous, vous, ils.
Rien de plus familier que ces pronoms. Petits mots qui prennent la place d’un nom déjà cité et connu, remplacent ce nom qui constitue leur antécédent.
Parfois les pronoms n’ont pas d’antécédent, dans la conversation ou l’écrit, créant une ambiguïté. Le plus souvent, cette ambiguïté ne pose aucune difficulté, aucun problème. L’expérience et le sens commun permettent d’identifier l’antécédent.
« L’exposition propose au public des œuvres peu connues. Ils les ont produites au début de leur carrière. » Vous comprenez sans ambiguïté que ce « ils » a un antécédent, des artistes.
Cette compréhension vous est permise parce que vous avez des antécédents dans votre expérience et votre mémoire. Ces antécédents de vie, qui vous ont appris que des œuvres étaient réalisées par des artistes.
 
Il me manque un certain antécédent dans ma mémoire. Qui conduit parfois en certaines situations à ce que je ressente des sensations douloureuses psychiquement, parfois physiquement. Que je ne comprends pas.
Dans ces situations, je deviens probablement ambigu, les relations avec ceux qui m’entourent le deviennent. Ambigu : dont l'interprétation, le sens sont incertains ; dont le caractère, la conduite sont complexes et se laissent malaisément définir.
 
Ces situations et leur sortie, leur résolution, sont difficiles et elles-mêmes douloureuses parfois. De cela j’ai de nombreux antécédents, compris peut-être en partie de moi seul et également connus pour certains de mon entourage.
 
Avec cet antécédent perdu, les pronoms deviennent eux-mêmes ambigus, pour moi, d’abord, et ensuite dans l’usage que je peux en faire.
Le « vous » en est un bon exemple, dans lequel je peux par moment comprendre l’univers entier, sans plus de distinction entre les inconnus, les familiers, les amis, les amours.
 
Quand ces sensations sans antécédent m’envahissent, elles peuvent me faire me replier sur ce « je » en moi pour les écarter, mais avec quelque part, je ne sais où, un « il » qui garde ces sensations que je ne comprends pas, sans que ce « je » et ce « il » ne fassent un « nous » en moi.
 
Mais pour ceux qui m’entourent, je reste un « tu » unique, sans plus d’antécédent pour moi. Il a disparu ce « tu », coupé en un « je » et un « il ».
 
Je ne sais pas à qui il s’adresse dans ces moments et ne suis guère réceptif.
Je sais que ce « tu » a Arnaud pour antécédent, le Arnaud « habituel ».
Mais je ne suis pas cet Arnaud « habituel » dans ces moments.
 
Je ne suis guère expressif non plus, le « je » ne m’est pas dicible, ne peut être dit.
Alors ce « nous » que « je » ne comprends plus, encore impossible à concilier avec ce « il » autant mystérieux qu’oublié, s’immisce dans la vie réelle.
Et c’est alors au sein de ce nous, constitué de ceux qui m’entourent et de moi, que tout tend à devenir de plus en plus incompréhensible et irréconciliable.
 
De manière généralisée, en tout cas dans mes perceptions, cassant ce nous espéré pour ne laisser qu’un « vous ».
 
Il n’y a pas de « ils » dans ces moments, qui pourraient expliquer les sensations douloureuses. Pas de « ils » dans le présent. Ni non plus dans ma mémoire sans antécédent de cette douleur.
C’est peut-être ce « ils » sans nom ni existence, que je ne sais différencier, qui ne me permet plus dans ces moments de distinguer le nous réel parmi mon « vous » imaginaire.
 
Je, tu, il, nous, vous, ils. Je comprends cette grammaire.
 
Il manque un « ça » dans ma grammaire personnelle, pour pouvoir me conjuguer comme il le faudrait à vous sans plus d’ambiguïté. Mais l’on ne sort de l’ambiguïté qu’à ses propres dépends dit-on. Je verrai si cela est vrai.
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Message par Shadow Boxeur Jeu 12 Mai 2022 - 17:34

Le 31 août 2021, j'avais écrit un texte sur COLERE dans ce lexique jamais achevé. Mais celui-là, il n'est pas le temps ou le lieu de le partager ici.

Je m'aperçois que le grimoire noir que j'avais écrit sur mes photos, qui m'a fait retrouver une part de ma mémoire, se terminait sur ce mot, colère.
Le 4 juillet 2021. tiens, je pense à né un 4 juillet.


Sans plus de rêves au petit matin
Peut-être maintenant revenir à quai
De quelques chaînes enfin libéré
Pouvoir mes lendemains construire de mes mains

Mains sans plus d'entraves
Tordues de cicatrices et de cals
Qui pourtant ne sauront écrire ce mal
D'un certain oubli restant esclave

A quoi bon chercher les mots
Pour dire ou écrire ce qui ne saurait exister
Alors que jamais entendre vous ne pourrez
Ce sort dérangeant de votre pourtant jumeau

Alors entre les signes entendez
A l'encre d'un sang versé noir sur blanc
Le murmure d'une colère oubliée
Du fond d'une galère enchaîné à vos bancs

Tendez l'oreille vous l'entendrez
Ce murmure qui monte des oubliés
Ces galériens condamnés à disparaître
Pour de votre bon plaisir vous laisser vous repaître

Murmure d'un chant aveugle écrit dans le noir
Tenant la cadence sans du monde ne plus rien voir
Un ailleurs construisant de ses seuls souvenirs
A chaque coup de rame, se dire que ça pourrait être pire

Bien obligé dans les entrailles de la galère
Construire un monde pour oublier
Une Terre pour les oubliés
Ceux qui ne peuvent même plus prier

Il me reste ce douloureux murmure
M'assurant que je suis sorti des murs
Je n'ai rien à vous demander
C'est moi qui maintenant vais vous oublier

Pas tous, non, pas ceux qui ont su m'entendre pleurer
Pas ceux qui sont toujours restés
Là à m'attendre sur le quai
Ni celle qui est venue au fond me trouver

Mais avant de vous tourner le dos
Entendez ce murmure de desperado
Montant de bouches bâillonnées
Pleurant la douleur de corps torturés

Mon livre de murmures va se refermer
A nouveau de Shadow vous n'entendrez plus parler
Mais vous saurez que je sais
Et mon chant de galérien encore vous entendrez

Longtemps
Aussi longtemps que vous ferez des enchaînés
Ce qui malheureusement devrait durer

Partager un banc
Ou un chant
J'aurai toujours le temps
Un murmure au fond des yeux hors du Temps

Aujourd'hui : pas sûr que je sois encore sorti de mes murs, finalement, ce soir. Peut-être ai-je trouvé un banc pour reprendre mon souffle un instant...
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Message par Shadow Boxeur Sam 14 Mai 2022 - 8:40

20 novembre 2021...je zappe pas mal de mots de ce lexique

Hier j’ai visité la cabane de bois d’un petit garçon
Perdue dans l’immensité d’une plage de galets
Posée sur des eaux de silence menant à une mer espérée
Celle tant cherchée d’un certain pardon
 
Dans son fourbi de souvenirs
J’ai compris qu’il ne m’avait jamais quitté
Tandis que moi je l’avais oublié
Je l’ai aperçu au loin, il avait le sourire
 
Il revenait de je ne sais où
Devinant que j’étais venu le visiter
Son pas plus léger
Heureux de n’être plus seul sur ces cailloux
 
Du coin de l’œil il m’a souri
Ça y est tu as enfin compris
Ton attente est finie
Nous n’y serons plus jamais soumis
 
Notre attente a pris fin dans ce regard au travers du temps
L’attente d’un pardon qui ne se pourra jamais
L’attente de la fin d’une vie retirée
Celle d’un petit garçon sacrifié
 
Là-bas sur ces galets de mémoire cristallisés
L’attente de l’Autre a pris fin
Comme celle d’attendre toujours de l’Autre trouvé
Dans nos silences ne plus jamais avoir faim
  
Faim de soi, faim d’amour
Sur un chemin partagé
Toujours nous serons rassasiés
D’avoir simplement écrit « je serai là, toujours »
 
Je n’ai pas sorti mon canif, pourtant je le tenais, replié
Pour le graver sur les planches de sa cabane
D’un clin d’œil elle m’a dit « je sais, banane ! »
Cela suffit sans lame ni larmes dans le monde à s’en retourner
 
L’âme pleine
Lexique jamais achevé Brume10
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Message par Shadow Boxeur Dim 15 Mai 2022 - 9:02

Interdits inter-dits que je ne sais interdire

Levé tôt, parti marcher au hasard dans les rues de Marseille.
Pas sûr que ce soit une bonne idée.

J'ai croisé un jeune, pas mal bourré, des idées de bagarre dans la tête, des comptes à régler avec je sais pas qui.

Une bande qui finissait la nuit sur le cours Julien, des bonnes ondes, z'arrivaient pas à se quitter, à mettre fin à la nuit. Le brun, il aurait bien dit des trucs à la fille mais il osait pas avec les deux autres copains présents. Elle, elle entendait, mais elle attendait aussi que les deux copains dégagent. Je me demande s'ils se seront retrouvés seuls pour se dire ce qu'ils avaient à se dire. J'espère.

Deux zigotos à trottinette, du vent et de la liberté plein la tête, je devrais faire comme eux, si je pouvais.

C'est parfois chiant tout çà.
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Message par Shadow Boxeur Jeu 19 Mai 2022 - 5:40

Je venais d'écrire sur le mot découverte ce matin.
Dans l'ouverture d'un nouveau lexique.
Je ne sais pas ce que j'ai fais comme manip mais j'ai tout perdu de ce que j'avais écrit.
Un acte manqué ? Curieux.

J'y reviendrai une autre fois.
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Message par Amocore Jeu 19 Mai 2022 - 7:21


Oooh pour les problèmes de traitement de texte, je compatis... Je me dis que ce n'était qu'un premier jet pour me consoler.

Tu as la langue déliée, et tu choisis bien tes mots. Je te lis, et tu m'ouvres la voie de la deuxième partie de l'histoire que je raconte.

Il y a les traumas, mais pas que. Je lis beaucoup de THQItude type HPE (émotionnel) dans tes lignes. Cela attire d'autres traumas aussi, certes. Mais faire la différente est important. Tout ne tourne pas autour des traumas, tu es tellement plus que tes traumas.

Et une grande richesse intérieure est née de ces mécanismes de survie et de ton don rare. J'aime te lire.

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Message par Shadow Boxeur Sam 21 Mai 2022 - 7:18

Devant une Femme toujours se découvriR
Evidemment çA on l'sait tous mais sI
Cela T'amène à découvert voulant vous rasasieR
Oublie pAs ce que disait à table ce père de kieV
Une chose essentieLle qui se passe à ton insU
V'la d'un coup de dés sortIs les couverts nonO
Et dévoré tu fileraS encore sous les coups sans deC
Ramper sous Terre comme ver c'est ça t'es niquE
T'es pas sataniquE oublie ça, sur terre retourne plutôt prendre ton pieD

J'écris n'importe quoi, n'importe comment ce matin, mais comme n'importe qui, non ?

Retour dans le passé plutôt. Je devais mettre ici un truc écrit dans mon grimoire noir.
Je ne me souvenais plus pourquoi, mais j'ai retrouvé.
A cause de la façade d'un immeuble que je vois depuis ma loggia et qui semble m'obséder.
On en parlait hier avec une curieuse et sympathique louve qui m'amène à découvert.
C'est l'immeuble où je suis né. J'y ai vécu mes deux premières années, partagé entre ma mère et ma grand-mère pour entrer dans la vie.

Lexique jamais achevé 20220510

Mars 2021

Il a fallu que rompant mes habitudes
Non pas le soir mais au très petit matin
Je vienne sur cette terrasse contempler ma solitude
Découvrant de bien étranges signes un café à la main

Chose rare de savoir se trouver pile au bon instant
Pour assister noyées dans le ciel naissant
A la disparition des étoiles dans leur coucher héliaque
N'en restaient à ce moment magique que les plus grandes du zodiaque

Une grande Ourse comme exactement posée
Sur cette façade que maintenant vous connaissez
Et solitaire brillante au Septentrion dégagé
Cette étoile polaire qui toujours permet de se retrouver

Les ourses sont deux dans quelques mythologies
Tournant leurs colères autour de l'axe de mon univers
Envoyées au ciel pour de leurs jalousies protéger
De l'enfant né de leur fils ou époux leur combat éviter

Dans d'autres temps les ourses sont devenues Charriot
Non par des Cygnes mais par neufs bœufs tiré
Signes éclaireurs du chemin pour ce menacé marmot
Contraint dans toutes ces colères à devoir toujours demeuré caché

Sur d'autres Terres enfin ces étoiles sont pour partie cercueil
Non de mort mais de résurrection
Trois femmes étoiles mettant fin à leur deuil
Priant cette naissance d'apaiser leurs démons

Mais au tombeau de Lazare
Elles n'étaient que deux
Louant l'avènement du miraculeux fils d'un Dieu
La troisième je crois doit être mon Quasar

Source de rayonnement quasi stellaire
C'est avec elle que ce cahier s'est ouvert
Dans cette Voie Lactée qui sépare les Ourses Mères
Je vogue ma galère les voiles gonflées de son vent solaire
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Message par Shadow Boxeur Dim 22 Mai 2022 - 6:53

Vélo. Aujourd'hui.

Je ne sais pas pourquoi je pense à "vélo" ce matin.
Peut-être parce que je suis las de ce petit vélo dans ma tête.
Ou de toujours dérailler dans la vraie vie.
Comme une fatalité.
Je sais que ce n'en est pas une, que je devrais pouvoir apprendre à faire du vélo en tandem.
Mais je n'ai pas encore la technique, la bonne coordination, faut croire.
Ca me permet de revenir en arrière dans ce lexique, pour ne pas avancer et ne pas utiliser de nouveaux mots.
Il faudra bien que j'avance, mais pas ce matin.

Cela fait pas mal de semaines que je n'ai pas rêvé.
Je ne sais pas ce qui déclenche ces rêves nocturnes bien étranges.
Cela fait plus d'un an maintenant, ce rêve où je déraillais sur mon petit vélo.
A l'époque il ne m'avait rien suggéré comme interprétation.
Guère plus aujourd'hui.
Si ce n'est ce vélo qui déraille, peut être un homme à la pensée arbre qui rempli son univers.

17 avril 2021

Etrange rêve que celui-ci
Ni triste, ni douloureux
Hors de ce monde pas vraiment ici
Dans un espace bien curieux

Petit garçon sur ma bicyclette
Je m'amuse dans mon lotissement
Drôle de jeune homme au bord du chemin, étonnant
Préparant des arbres, pourquoi ? Devinette

Mais si, là, cette pièce d'eau bien ordonnée
Un nénuphar flottant perdu comme par hasard
Une petite île plantée de bambous à aménager
Surprise s'en échappe à petits pas un étrange homme-arbre

Je ne comprends pas
Que fait-il là ?
Ce doit être pour observer quelque grenouille
Qu'il se déguise ainsi pour ne pas lui donner la trouille

Mais où va-t-il je ne sais
Continuant sur mon vélo devenu grand
Me voilà à la sortie du lotissement
Beaucoup trop de voitures mais il faut y aller

J'arrive finalement à m'insérer dans la circulation
Sur une grande ligne droite sans horizon
Fichu vélo qui déraille entre mes jambes
Obligé de courir pour prendre la tangente

Voilà je repars l'équilibre retrouvé
Je ne sais où l'on m'attend ni quand
Mais voilà mon sac est vide, j'ai à la maison tout oublié
Retourner là-bas je sens j'ai le temps

Revoilà ma maison troublante
Mais quoi !
Leurs arbres espions ils plantent
Autour de chez moi !

C'est bien ma maison
Ce toit qui cache de la nuit les étoiles d'or
Ces vitres partout qui ferment du dehors
Drôle d'intérieur rempli d'un océan prison

Me revoilà petit dans cette éternité
Sur l'eau je flotte dans mon baquet
Tranquille je bois mon café
Avant de par dessus bord me vider

Mais alors quoi ? Devinez !
J'aurais la maison noyée ?
Il a dû en falloir bien du temps
Pour remplir cet océan

Debout résigné je dérive sans pilote
Des souvenirs autour comme des meubles qui flottent
Ces arbres sans racines là dehors mouvants
Dans quelque mémoire plantant leurs dents


Aujourd'hui.
Je dois dérailler si je crois trouver dans ce rêve aujourd'hui quelque message, maintenant que je connais le mot Zèbre.
Mais il est troublant quand même, ce rêve de vélo.
Je devrais peut-être relire mes autres rêves.
Mais un autre jour.
Assez déraillé pour aujourd'hui.
Je vais aller voir si une princesse veut bien embrasser une grenouille et la changer en prince.
Même si je sais bien que non. Mais j'aurais vu des princesses déambuler dans les rues.
Ca réchauffe un peu le cœur.
C'est déjà ça.

Lexique jamais achevé B0003111
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Message par Shadow Boxeur Dim 22 Mai 2022 - 8:56

Canard
Aujourd'hui

Vilain petit canard
Toujours trop noir
C'tait con cette idée 
Des bonnes rayures vouloir trouver
T'es chiant
C'est chiant
Fais chier
Oublier
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Message par Shadow Boxeur Dim 22 Mai 2022 - 12:03

Jardin d'enfant.
Aujourd'hui.

C'est le tout premier rêve dont je me souvienne.
Je ne l'ai fait qu'une fois, je n'y suis jamais revenu.
Je ne sais pas quel âge j'avais quand j'ai fait ce rêve.
Tout gamin, ado, je ne sais plus.
Suffisamment marquant, douloureux dans les tripes pour que je m'en souvienne encore.

Je suis devant un jardin d'enfants, séparé par une grille fermée.
Ils jouent de l'autre côté, j'aimerais bien le rejoindre mais je n'ai pas le droit.
C'est comme ça, faut s'y faire.
Va savoir pourquoi, ça m'est interdit.
Alors j'ai une longue pente à monter.
En haut il y a une maison blanche, toute carrée, elle à l'air jolie.
Mais je n'avance pas dans cette pente.
Mes pieds glissent dans la boue.
Je n'ai pas les bonnes chaussures.
Pleins de gens me doublent, avancent, sans piétiner.
Ils sont grands, moi je suis tout petit, et je n'avance pas.
Je ne comprends pas.
Je baisse les yeux sur cette boue.
Et je vois que je marche dans des monceaux de cadavres, de squelettes
Ca roule sous mes pieds, impossible d'avancer
C'est effrayant de patauger dans des crânes
Finalement j'arrive à cette maison
Pour y entrer
Ce devrait être la mienne
Mais elle est peuplée de gens qui ne me voient pas
Je cherche ma chambre, mon placard avec mes habits
Mais quand je la trouve, ils ont tout vidé
Je n'ai plus d'habits
Plus de maison
Plus de vision

Alors je quitte la maison
Pas grave
Il y aura bien quelque chose
Au bout du chemin

Dans le second rêve qui me reste de mon enfance, je me tiens devant un garage fermé, avec quelque chose à réparer mais le garage est fermé, je vois les épaves attendant leur tour.
Alors je pars dans les ruelles de la ville chercher mon chemin, ma maison.
Je tourne en rond.
Toujours je passe devant cette façade.
Je sais que c'est ma maison, mais il n'y a pas de chemin.
Je regarde à travers les vitres, c'est déjà ça de me croire exister derrière, avec les autres, ils ont l'air si bien ensemble.
Mais non, je n'existe pas.
Alors continuer à errer.

Je repasserai devant cette maison.
Qui sait
Un jour
Peut-être
Un chemin
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Message par Shadow Boxeur Dim 22 Mai 2022 - 14:16

Poster.
Aujourd'hui.

Un mot que je comprends pas.
Parce que je suis c... ou parce que j'en veux pas de ce mot, ça reste à voir.
L'option 1 reste statistiquement la plus probable.
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Message par Shadow Boxeur Dim 22 Mai 2022 - 16:40

Vitesse limite.
Aujourd'hui.

Celle qu'il faut pas dépasser.
Variable selon les espaces.
Mais avec les mêmes résultats.
Tu crois pouvoir t'élancer
Suivre à l'envie les courbes
Mais non
Y a une vitesse limite

Sortie de route
Direct dans le mur
Retour aux murmures
Ca t'apprendra

Va plutôt lire des bouquins
Pas sûr vu c'que ça m'a aidé jusque là 
Recettes en kit
ou kits de reset

j'vais garder ma bécane
elle file pas droit
je sais  y'a pas le droit
tss...tsss...file de là sale gosse

faudrait que je la lave
un peu négligée ces temps derniers
résultat je dois lui mettre de gros coups de kick
pour la démarrer et la lancer

un autre jour
elle tient encore la route
c'est l'essentiel
mais faut que j'y pense
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Message par Shadow Boxeur Lun 23 Mai 2022 - 16:02

Je m'ennuie à pourir dans un séminaire...heureusement en visio.

Le mot du jour...
Le premier truc que m'a balancé ma psy quand j'ai trouvé les mots pour mettre sur le tapis quelque chose qui doit s'apparenter à la zébritude, peut-être (le 18 avril dernier). On échange plus par mail parfois qu'en rendez-vous...je trouve toujours une bonne excuse pour décaler les rendez-vous.

EROTIQUE, alors.

http://www.planete-douance.com/blog/2018/06/25/adultes-haut-potentiel-rapport-corps-impact-sexualite/#_Toc517343042
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Message par Shadow Boxeur Mer 25 Mai 2022 - 5:50

Le mot du jour...MOT

Tu ne seras plus que fantômes de mots.
Je crois que j'ai écrit ça en racontant un rêve.
Fantômes de mots....c'est sans retour

Retour vers quoi, ou vers qui.
Vers qui je crois l'avoir trouvé avec ce petit garçon qui habite mes rêves.

Je suis bien avec mes mots, dans mes mots.
J'aime leur musique, les modeler, les voir s'élancer dans l'espace.

Mais c'est vrai que la plupart du temps, il partent dans le vide sans que personne ne les reçoive. A l'oral tout du moins.
A l'écrit c'est différent. Ils touchent parfois quand je me laisse aller à "écrire".
Je met des guillemets parce que je ne sais pas encore expliquer cet état dans lequel j'arrive à me mettre ou me plonge dans le vouloir, pour écrire différemment.
Comme avec le cœur. Comme avec un autre coeur que je sens, des couleurs oubliées que je revois et pose sur la papier.

Comme cette lettre écrite pour un bouquin que la promo de mon école voulait écrire, 25 ans après notre sortie d'école.
Une simple lettre à un filleul imaginaire, qui bientôt allait sortir de la même école, 25 ans plus tard.
Je ne sais pas combien de potes m'ont contacté pour me dire les larmes qu'ils avaient versées à la lecture de cette lettre.

Maintenant que j'y pense, ça doit bien être le seul écrit de moi qui traîne dans un bouquin édité.

Ah si. Il y l'une de mes théories qui traîne mais dans le bouquin d'un autre, d'une autre en l'occurrence. Mauvaise idée d'envoyer votre projet de bouquin à des lecteurs éclairés et des labos de recherche, pour avis. Pour retrouver mes graphiques et des phrases mots pour mots un peu plus d'un an plus tard en feuilletant des bouquins à la librairie.
Pas grave.
J'y suis en fantômes dans ces bouquins.

Reste à imaginer "retour" vers quoi...
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Message par Amocore Mer 25 Mai 2022 - 6:00

Je te lis dans le désordre.

L'âme pleine  I love you

Tu es la princesse, le crapaud, le petit garçon et la cabane. 

Retour... à soi ? A ton écriture ? A l'incarner ce fantôme ? Hantée par le passé, l'ancrer dans le concret et la faire vivre au présent ?

Si tes anciens camarades pleurent de ta lettre et que d'autres te plagient... 

J'ai pensé à toi, à notre point de contact : j'ai rêve être allée au fond des océans pour chercher mes réponses... dans le cadre de l'histoire d'amour avec un fantôme du passé que je déroule.

Chacun ses fantômes  Razz

J'aime la façon romancée avec laquelle tu développes tes rêves. Chacun sa façon de rêver et de les relater. Qu'il est bon de s'enrichir de notre diversité !
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Message par Shadow Boxeur Mer 25 Mai 2022 - 7:27

Modèle, aujourd’hui et hier.

Ça me fait penser à ce bouquin plagié.
C'était un mémoire de master au départ. Je m'emm...tellement au boulot que je m'étais lancé dans un master en cours du soir. Bien failli ne pas aller au bout. Ils m'ont retenu quand j'ai voulu arrêter après la première année en me laissant donner des cours.
Ça remonte à 2009, ça date maintenant.
Je me suis presque fait engueuler quand je l'ai soutenu. Je n'avais pas respecté le cahier des charges...c'était plus un mémoire de thèse.
C'est pour ça que je l'ai envoyé à différents labos de recherche et quelques auteurs dont j'avais lu les bouquins et qui m'avaient intéressé.
J'ai finalement été déçu. Il a reçu un très bon accueil, des labos m'ont proposé de continuer avec eux.
Le problème c'est que j'avais mélangé des approches disciplinaires différentes, systémique, sociologie, théories du langage, psychologie..pour en faire ma petite théorie de conduite du changement en entreprise. Et que les trois labos que cela intéressait, me demandaient tous de m'engager dans une seule voie en respectant l'école académique. Chacun sa cour de récréation...hérétique !
Bref, je n'ai pas poursuivi et je suis passé à la construction d'autres modèles.
Curieux de revoir le montage photo que j'avais mis sur la couverture. Un peu frappé le gars...
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Message par Shadow Boxeur Mer 25 Mai 2022 - 18:17

TEST, aujourd'hui.
Ce mot me retraverse l'esprit.
Je n'aime pas quand j'écris comme ça, j'écris avec ma tête, pas avec "???", je ne sais ce que c'est.

J'en avais fait des tests. Ca fait une vingtaine d'année. C'était juste pour savoir si ma mère me racontait des conneries sur mon enfance.
Ma mère tiens...je l'ai eu au téléphone hier. On habite à deux pas.

Je lui avais filé à lire mon grimoire noir, celui écrit sur mes photos et mes rêves, qui raconte au jour le jour une mémoire retrouvée; Il y a quelques semaines. Elle avait eu une réaction curieuse, comme si ce grimoire avait une force terrible, "non, je peux pas le lire", instantanément. Elle l'a lu finalement.
On en a parlé hier. Sur son mode à elle, "tu comprends bien qu'on pouvais pas savoir", autant pour l'agression que j'ai subie que pour les talents que j'avais peut-être en moi enfant. Pas grave…

Test aujourd'hui. Pas tellement pour moi. Je ne vois pas ce que ça pourrait m'apporter. Pas envie que ce soit à moi  de devoir m'adapter parce que je suis sur les bords d'une courbe de Gauss...j'ai rien fait de mal après tout. Ou de découvrir que je suis dans la courbe...alors chercher ailleurs les 50 ans de désordres passés.

Je refais comme il y  a vingt ans. Je fait des tests de "couillon" sur internet, qui valent rien. Je suis jamais en dessous de 140. Pourtant je les fais à vitesse mach 2, ça serait mieux en fait que ça me dise que je suis dans la courbe. Il y a vingt ans, finalement je suis allé faire un vrai test, juste pour savoir, c'est maman qui raconte des conneries. Et après basta, j'en ai tiré aucune conséquence.

Peut-être pour ma fille.
Je voudrais pas être un mauvais papa.
Et si elle a "hérité" de certains de mes travers, lui apprendre à les gérer mieux que je ne l'ai fait.
Je vois bien qu'elle est sur bien des aspect en dehors de la courbe.
Faut que je trouve comment lui préparer une belle vie.
Depuis qu'on en parle, quelques jours ou semaines, elle s'épanouit.
Elle est belle ma fille à voir, quand elle se libère sans crainte de ses idées créatives.
Quand elle écrit ses sentiments.
Mais c'est fragile tout ça, exposé à bien des chocs destructeurs.
J'ai pas envie qu'elle connaisse ça.

Je vais devoir y réfléchir.

Avis de parents bienvenus.
Faut que j'en parle avec ma psy, aussi. Je vais essayer de pas escamoter le prochain rendez-vous.
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Message par Shadow Boxeur Mer 25 Mai 2022 - 21:26

BOLOSS, aujourd'hui ,maintenant.
Je ne sais même pas comment ça s'écrit ce mot.

Une longue discussion avec ma fille en dînant.
Je ne sais rien cacher, et donc je lui parle de mon cheminement.
Du coup, elle s'ouvre et me parle du sien, enfin.

Les boloss de sa classe. Je n'aime pas ce mot, je lui explique que boloss ou pas boloss, on est ce qu'on est, et que c'est pas "boloss/pas boloss " qui nous définit.
Sauf que je m'énerve depuis le début de l'année avec cette école.
Pas vraiment eu le choix. Le juge a rendu son jugement fin juillet 2021 pour qu'elle vienne vivre avec moi. Imaginez les service publics juillet-août pour inscrire votre enfant à l'école.
J'ai réussi à l'inscrire deux jours avant la rentrée. Avec les regards réprobateurs de ces femmes, désolé, c'est une majorité de femmes dans l'éducation nationale, "mais monsieur vous êtes un père indigne, on s'y prend pas comme ça à l'arrache pour inscrire sa fille". Déjà envie de distribuer des baffes.
Ces profs qui l'engueulent à la faire pleurer avec des devoir sur table : elle a fini au bout de dix minutes. Pourquoi tu fous rien toi ! Ben j'ai fini, m'dame...Comment ça t'as fini, n'importe quoi ! Ah ben si...Ben donnez moi du travail m'dame...Non...ben t'expliquera aux autres
Généralisé dans cette école : les profs renvoient les élèves entre eux pour comprendre les cours...génial.
Je suis malheureux pour elle de tout ce qu'elle me raconte.
Je pourrais dire, et c'est vrai, j'ai des potes qui sont des super profs. On a des discussions passionnantes sur les méthodes d'enseignement.
Mais là raté pour ma fille.

Notez que je me suis assagi.
Réunion parents profs, vers février si je me souviens bien. La prof d'anglais qui veut me voir. Ok, pas de soucis.
J'arrive.
- bonjour monsieur
- bonjour madame
- alors votre fille, son plan éducatif...je sais plus de quoi elle m'a parlé
-...je la laisse parler
- bien, écoutez madame, si ma fille a un plan éducatif, étant son père, je pense que je devrais être au courant, donc de quoi me parlez vous ?
-hein, quoi, comment ça ? mais t'es qui toi toi, s'adressant à ma fille. T'es dans quelle classe déjà, c'est quoi ta place dans la classe ?
- ah, pardon monsieur attendez que je prenne le bon carnet de classe...
- allez y faites
- monsieur ne vous énervez pas
- je ne m'énerve pas connasse. Si je m'énervais, tu serais crucifiée au tableau qui est derrière toi, mais j'ai arrêté ces conneries, t'as de la chance. On va en rester là. Ah, si, si possible, passez des films en anglais en cours aux élèves, parce que vous faire vos séances ciné perso en français pour pas en branler une, c'est limite.

Et j'en passe de toutes les matières.

Sa prof principale. Trop géniale cette prof, la vocation chevillée au corps. Réunion parents profs de rentrée. Message clé : bon alors, comprenez que vos gamins valent rien, pensez direct aux filières pro, ça vous évitera des illusions et ça nous fera gagner du temps pour les dossiers d'inscription. Comprenez aussi que c'est aux parents de bosser, hein, nous les profs, c'est pas notre taf, tout se passe à la maison.
C'est pas parce qu'elle se fait tabasser par son conjoint et qu'elle arrive pas à avoir le gosse qu'elle voudrait avoir avec lui que je ressens quelque compassion pour son comportement avec les élèves que des parents lui confient.
Ok, je suis un boloss très dur, parfois, souvent, mais merde...
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Message par Shadow Boxeur Jeu 26 Mai 2022 - 7:15

AVENIR, aujourd'hui

Avenir
Un mot que je conjugue au passé
Rêvant de tout ce qui aurait pu advenir
Plus que de ce qui pourrait librement arriver

Rares moments de présent
Sans passé ni avenir
Juste dans une caresse aveuglément
Que rien ne pourra jamais salir

Sinon le reste du temps
Traverser le monde des yeux
Le corps ici présent
Ailleurs perdu guenilleux

Des parasites toujours en tête
M'accrocher à d'autres avenirs
Pour l'illusion d'un deux-venir
Cherchant encore mon épithète

Curieux morpion autochtone
Haut comme trois pommes
D'une invisible Eve
Cherchant encore la sève

Avenir
Il faudra un jour que j'y vienne
Dé-faillir
Il faudrait qu'enfin j'apprenne

(Je trouve encore des mots, c'est rassurant, ces jours derniers j'étais devenu trop sérieux comme éloigné)
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Message par Shadow Boxeur Jeu 26 Mai 2022 - 7:44

COMPRENDRE, demain

Je comprends pas comment je fonctionne.
Ca m'énerve.
Suffit que je pense à un mot et j'écris en deux minutes un truc comme au-dessus sur AVENIR.
Le pire c'est que ça a du sens, des sens à tiroir même. Parfois du rythme.
Je sais pas quoi faire de ça.
Arrêter de chercher à comprendre.
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Message par Shadow Boxeur Ven 27 Mai 2022 - 8:21

Ronin
26 novembre 2021
Je ne me souviens plus pourquoi ce mot m'étais venu.

Longtemps j’ai cherché une voie
Sourd je crois à une voix
Etouffé par ce cœur qui bat
Sans qui je ne serais pas
 
La voie, toujours, du guerrier
L’unique pour encore se relever
Du moins nulle autre ne se présentait
Battement après battement pour continuer à marcher
 
Dans le silence de douze mots encore aux abois
Tisser les fils déjà mille fois tricotés
D’une scène pourtant par soi toujours arpentée
Sans jamais avoir encore pu entendre leurs voix
 
Elle est si forte, si naturelle
La voie du cœur
Vivace, encore, même dans l’erreur
Battement après battement, toujours la suivre si belle
 
Mais terrible de douleur
Si un jour en plein envol abattu
Ne reste alors qu’au secret du cœur
Une voix sans plus de maître qui jamais ne sera entendue
 
De douze mots la retrouver là-bas
Par la voie de ces maux inaudibles
Au fond du cœur toujours en équilibre
Leur danse pour encore seule voix
 
Une voie pour cette voix
Maintenant là pour toujours, malgré tout cela encore droit
Le cœur de ces battements d’antan allégé d’un poids
Sans plus de maître, libre de ses choix
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Message par Shadow Boxeur Sam 28 Mai 2022 - 6:56

Attente, aujourd'hui

Suppliciante torture que cette attente
Qui ne sait vers où tendre
Dans cette vide absence permanente
D'un visage où s'éprendre
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Message par Shadow Boxeur Dim 29 Mai 2022 - 14:31

Mots épars des semaines et mois passés

Et pourquoi pas
Je sais où demain au lever du jour j'irai
La ou tout a commencé
Ou j'entends les murmures...la bas

******

Dans la tête mon vélo de ferraille
Fatigué que toujours ça déraille
Cherche toujours tandem
Parait que pour ça
Faut qu'on s'aime
On récolte ce qu'on sème
Je dois être de la mauvaise graine
Voilà ça doit être ça

*******

Silence
Sentence
Va te faire soi-nier
Bien enregistré
Comme un disque offert
Un livre ouvert
Jamais lu, c'est pas beau
Remballe tes mots
C'est con de pas savoir lire trois mots
Sûre, pas envie de porter un fardeau

******

Avenir
Un mot que je conjugue au passé
Rêvant de tout ce qui aurait pu advenir
Plus que de ce qui pourrait librement arriver
Rares moments de présent
Sans passé ni avenir
Juste dans une caresse aveuglément
Que rien ne pourra jamais salir
Sinon le reste du temps
Traverser le monde des yeux
Le corps ici présent
Ailleurs perdu guenilleux
Des parasites toujours en tête
M'accrocher à d'autres avenirs
Pour l'illusion d'un deux-venir
Cherchant encore mon épithète
Curieux morpion autochtone
Haut comme trois pommes
D'une invisible Eve
Cherchant encore la sève
Avenir
Il faudra un jour que j'y vienne
Dé-faillir
Il faudrait qu'enfin j'apprenne

*****

C'est curieux de relire d'anciennes lettres
Se trouver con, tout était écrit
Je ne veux que les bons moments ici
Les mauvais je t'envoie paître
J'ai pas su, pas voulu lire
C'était écrit, qu'est ce à dire
Que c'est pas ma vie
Jamais de la vie
Jamais

******

T'es gentil vas te faire soi-nier
Pour a mon plaisir être moi compatible
Ben non plus possible
Le clown parfois enlève son nez

******

Par un silence cousu de fils d'or
Tu le sais pas mais t'es mort
Façon peloton d'exécution
Qui ne dit pas son nom

*****
Derrière les mots, entre les lignes
Au fond de regards insignes
J'entends des silences parlant
Et vois des couleurs de sentiments
C'est ainsi j'avais voulu l'oublier
Pourquoi a vrai dire je ne sais
Curieuse parfois douloureuse intimité
Capable d'à mort blesser
Pourquoi encore en douter
J'en ai eu témoignages ces jours derniers
D'inconnus lire des sentiments cachés a la vue
De quelques lignes simplement lues
Au delà des couleurs de la vie
Et de leurs mouvements
Orage ou tonnerre qui ne ment
Ou mer étale assagie
Parfois j'entends un silence sans nom
Sans plus aucune couleur épithète
Silence de mort par décapitation
Éjecté oublié effacé d'une certaine tête
Plus douloureux qu'aucun coup
Disparition par effacement
Du déjà vu mais cette fois pas de mes mains
Des yeux chercher des couleurs de lendemain




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Message par Shadow Boxeur Dim 29 Mai 2022 - 15:16

Clowns, aujourd'hui

Curieuse comédie incomprise
Qu celle de ces clowns vos miroirs
Colorés ou non finalement tristes
Toujours quand viens le soir

Coloré il vous égaye jusque tard le soir
Vous ne le comprenez pas
Mais de vos seules couleurs
Les siennes sont invisibles dans vos regards

Qu'importe il existe et danse
A reflétez vos couleurs intenses
Tant que vous les aimez
Vous continuez à l'accepter

Suffit que vos propres couleurs
Vous fassent quelque peine ou douleur
Qu'aussitôt il en devient le responsable sans merci
Pas de quoi, c'est sa fonction sans possible déni

S'il était prudent
Clown triste il resterait
De noir et de blanc seulement habillé
Sans plus de miroir vous tendant

Transparent il ne dérangerait pas vos soirées
Vous laissant libres de babiller sans montrer vos couleurs
Simple spectateur d'une larme invisible habillé
Sans personne pour voir sa douleur

Retournant à la nuit s'asseoir dans la lune
Pensif, ses couleurs tenues au loin inoffensives
Attendant que vienne le silence du sommeil
Pour venir la visiter dans sa veille

Doucement la rejoindre dans son souffle alangui
Contre son dos se lover
Ses formes épouser
Sans plus de couleurs dans le noir de la nuit

Du bout des lèvres respirer
La pulsations d'une veine de vérité
Du bout des doits caresser
Le satin d'un voyage espéré

Du bout des lèvres murmurer
D'un souffle ces secrets

Du bout des doigts dessiner
Des frissons oubliés

Du bout des lèvres embrasser 
Endormie cette aimée

Du bout des doigts lui écrire
Mes couleurs impossibles à dire

Du bout des lèvres apaiser
Ses tourment qui reviennent la gagner

Du bout des doigts en sensations
Accompagner sa respiration

Du bout des yeux
De toutes ces maudites couleurs
Sans plus de peur
Dire en aveux

Un dernier souffle, une dernière inspiration
Avant que le jour ne se lève et ses douleurs
Que reviennent belles et maudites ces couleurs
Qu'a nouveau ses yeux ne soient que négation

Elle se lèvera
Le café sera prêt
Elle ne me verra pas
Dans ses yeux chaque matin je le sais

Je remettrai mon costume de clown à son hymne
Tant que ses propres couleurs lui plairont
Simple miroir pantomime
Jusqu'à ce qu'elle dise non

Tristes répétitions
D'un clown certainement tragique
Peut-être simplement pathétique
Mon clown à moi...mais comment lui dire non ?

J'écris n'importe quoi à la volée, oui pathétique, au sens plein du mot. Pas la peine d'y réfléchir même une seconde avant de l'écrire. Ca sort comme ça, pathos.
Il faudra que je m'essaye à éros. J'ai esquivé ce mot jusque là.
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Message par Shadow Boxeur Dim 29 Mai 2022 - 15:41

Eros, aujourd'hui.

Eros, je n'y comprends pas grand chose.
J'ai dû l'approcher en quelques occasions, mais pas si souvent finalement.
Ce mot reste encore marqué d'un lien...erroné ?...coupable ?...vulgaire ?...avec la sexualité...je ne sais

Peut-être vulgaire. Pas dans le sens d'une opposition à ce qui serait "bien" ou "élevé".
Mais dans le sens de pas extraordinaire, reproductible...reproductible fait sens.

Je cherche si un jour j'ai connu avec une femme la force, la puissance primordiale, le partage fondamental que j'ai connu en faisant la sieste avec mes enfants encore très jeunes respirant sur mon ventre les poings fermés. Cette paix, cette communion, ce plaisir simple qui n'appelle aucune dégradation, éternel dans le souffle partagé d'un instant.

Dans les moments d'éros, je veux dire. Dans le silence de la nuit, un silence et une respiration me sont parfois plus puissants.

Faut que j'arrête ces conneries...je suis grave.
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Message par Shadow Boxeur Dim 29 Mai 2022 - 15:46

Sieste, aujourd'hui.
On est rentré d'Arles, on a vu de très belles choses.
Ma fille fait la sieste dans le canapé.
Avec son amoureux.
Ils sont touchants tous les deux.
Pudiques, mais besoin d'être en contact.
Je l'impressionne cet amoureux.
Je fais pas exprès, mais bon c'est l'amoureux de ma fille, forcément je le regarde avec mes yeux pleins.
Je sais qu'ils peuvent faire peur, ils vous rentrent à l'intérieur.
Mais il a l'air de s'y faire, au "papa un peu zarbi" de sa copine.
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Message par Amocore Lun 30 Mai 2022 - 7:57


Ohlala j'ai de la lecture à rattraper. Heureuse de te savoir si productif.

Oui le cloisonnement des disciplines, quelle limite... C'est génial et nécessaire ce que tu as fait, j'ai personnellement suivi des doubles cursus interdisplinaires, j'ai énormément bénéficié du croisement des approches pour enrichir les recherches. Je crois, j'espère que ça a commencé à bouger depuis dans le monde académique...

Du coup, ça me rend curieuse sur le sujet ton mémoire ! Etudier les systèmes !

Tellement contente d'apprendre que ta fille est à tes côtés et en charmante compagnie.

Je ne sais pas si j'ai reçu une réponse : comment tu fais pour gérer ta vulnérabilité quand tu postes des récits compliqués ?

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Message par Shadow Boxeur Mar 31 Mai 2022 - 10:03

Vulnérabilité, hier, aujourd'hui.

Sur l'écriture et la question de gérer ma vulnérabilité, je ne sais pas vraiment.
Je ne crois pas la gérer en écrivant, plutôt l'exposer librement.
Une vulnérabilité que je ne connais pas vraiment, que je découvre en écrivant.
Je n'écris pas avec un but, une trame, une perspective.
J'écris en "m'ouvrant". Je laisse venir les mots.

Je crois un peu comprendre pourquoi cette écriture m'est agréable, peut-être nécessaire.

Je me rends compte que dans la vraie vie, exposer sa vulnérabilité est une erreur.
J'ai écrit un jour un truc sur ça, je ne sais plus où. Dans mon lexique, certainement sur un mot que je n'ai pas posté ici.
Pourtant je reste indécrottable, à penser (pas penser, me laisser entraîner) qu'avec les amis, les amours on peut exposer sa vulnérabilité.
Car comment montrer son vrai visage, plein et entier, si l'on ne montre pas sa vulnérabilité. C'est peut-être ce que l'on a de plus profond notre vulnérabilité, elle est "notre" condition humaine, notre façon intime d'être Homme et d'être au monde, je crois.
Alors comment, pourquoi ne pas la montrer à ceux qu'on aime.
Avec mon ex-compagne je me suis laissé aller à montrer ma vulnérabilité.

Tout cela ne serait pas arrivé si je n'étais pas allé voir cette psy.
J'étais invulnérable avant, enfin, je me montrais invulnérable. Indestructible.
Mais avec des failles, des comportements parfois incompréhensibles que mon ex compagne voulait voir disparaître.
J'y ai retrouvé la mémoire d'un traumatisme d'enfance.
Qui n'a guère changé quoi que ce soit. Il fallait juste que j'apprenne à vivre avec cette mémoire retrouvée.
C'est en cherchant à apprendre cela, à comprendre, que j'ai abouti à prendre conscience que ma façon de penser constituait un challenge pour tout le monde, que je ne leur était pas compréhensible.
De tout cela j'ai parlé avec mon ex-compagne, montré mes vulnérabilités. Ce qui a abouti à ce qu'elle me demande de cacher cela, de l'évacuer, pas envie de me voir pour cela.
Non, uniquement partager ce qu'elle appelle des moments de qualité.
Pas vraiment supportable pour moi. Elle est pleine de vulnérabilités, jamais je ne lui ai demandé de les évacuer en ma présence, de garder ça pour elle ou de le réserver à son psy. Bref...

Mais donc, cette erreur de montrer ses vulnérabilités.
Montrer où l'on peut-être été blessé. Ce qui peut vous blesser.
Cruelle erreur dans le troupeau.
La bête blessée sera aussitôt détectée par les prédateurs.
Et rejetée par le troupeau. Elle fait courir un risque au troupeau. Elle pourrait le ralentir, voire être contagieuse.
Cela reste un comportement animal, mais animaux nous le sommes restés quelque part.

Alors ne pas les montrer mais je ne sais m'en empêcher. Par sincérité peut-être.
Ou par geste d'amour peut-être, ou de soumission, pas vraiment soumission car liée à l'amour.

Dans les meutes de loup, le loup est l'un des rares animaux à vivre en couple, il y a un geste d'acceptation réciproque.
L'un des partenaires offre son cou à la morsure de l'autre, se montre vulnérable à une morsure mortelle. Il est prêt à donner, perdre sa vie. Que la morsure ne vienne pas et cela est une promesse qui se scelle.

Promesse incomprise faut-il croire et rejetée par mon ex-compagne.

Ne plus jamais montrer mes vulnérabilités.
Pourtant je le fais ici.
Peut-être parce qu'ici personne n'est obligé de lire.
Que cette écriture n'est pas dirigée vers quelqu'un.
Parce que je ne suis pas non plus obligé de lire les réactions quand il y en a. Dès les premiers mots, si je sens la "fréquence" de la réaction, je peux fermer les yeux et ne pas lire.
Que finalement, je m'écris d'une certaine façon à moi-même.
Cela m'embêterait quand même, de rester éternellement sur une île déserte sans jamais connaître ce geste de couple de loups.
Des loups alpha dans la meute.
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Message par Amocore Mer 1 Juin 2022 - 0:45


Je t'ai lu.

La vulnérabilité est le port de salut du bâteau désoeuvré,
elle est le bâteau du Robinson désocialisé,
elle est sa traversée sur des mers incertaines,
elle est le risque de noyade,
elle est sa découverte de nouveaux horizons,
elle est son voyage chez l'autre, en soi,
de l'étranger en terre inconnue, qui retrouve sa patrie.
Elle est l'eau pour sa terre assoiffée,
et aussi le pied qui déclenche sa mine d'une guerre passée,
elle est la menace de mourir à nouveau,
elle est la promesse de se régénérer et de grandir.

A double tranchant, coûteuse qu'importe le choix, de l'embrasser ou de la rejeter.

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Message par Shadow Boxeur Mer 1 Juin 2022 - 14:25

Amocore : sur la plage que je rejoins parfois en rêve il y a quelques objets qui remplissent cette univers dont une épave un peu disloquée, échouée, qui ne peut plus reprendre la mer (je n'ai pas encore compris ce qu'elle veut me dire, j'ai juste pour l'instant retrouvé à l’intérieur une vieille valise avec un vieux costume d'arlequin d'enfant)


Hier et demain. Aujourd’hui.

D’hier devoir se souvenir
Pour ne pas répéter le pire
Et demain pouvoir avancer
Oubliés les chemins piégés

Mais alors du pire vous vous souvenez
Inconsciemment vous vous croyez en sécurité
Ce terrain miné bien marqué
Oubliant en chemin de regarder où vous posez les pieds

De demain pouvoir se souvenir
Pour ne plus au passé courir
Et d’hier où nous voulions par erreur aller
Avoir tout oublié

Un passé décomposé désapprendre
Imparfait, oublier ce qui n’avait pas d’avenir
Au présent réapprendre
D’un futur antérieur à réécrire

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Message par Shadow Boxeur Mer 1 Juin 2022 - 18:31

pierre un mot d'hier et d'aujourd'hui.

J'ai de drôles d'histoires avec les pierres.
Quand mes enfants étaient tous petits, je leur ai fait choisir des pierres dans un marché, une exposition, je ne sait pas comment on appelle ça.
Le soir je ne leur racontais pas d'histoires.
Je leur massais doucement le crâne, à la recherche du bout des doigts des tracas de la journée. Pour les pousser par de petites pressions vers leurs oreilles, leurs yeux, leur nez ou leur bouche pour les faire s'envoler. Ensuite je leur massais le visage avec leur pierre, le front, les tempes et finalement leurs yeux fermés. Ils m'ont réclamé longtemps ces attentions. Même adolescents ou plus qu'adolescents, ils me demandent parfois de les aider à s'endormir quand la vie leur a réservé de mauvaises surprises.

De pierre j'ai rêvé quelques jours avant de retrouver la mémoire de ce qui m'était arrivé petit.
Au pied d'une montagne, dans un torrent violent, une femme diaphane plongeait ses mains dans le courant et en sortait une magnifique pierre bleue illuminée, pour me la donner et me donner la paix, ou une clé.

Rêve, 13 avril 2021

Rêve apaisant que celui-ci
Mon aimée absente
Dans les pensées présente
M'éclairant de cette lumière que je fuis

Etrange paysage que cette montagne tueuse
Aux flancs inondés d'un infini torrent
Dans ses eaux pures mais tumultueuses
Cette femme aimante remontant le courant

Tenant l'équilibre contre la fureur des flots
Les mains dans l'écume du reflet des cieux
Pour en libérer une magnifique pierre bleue 
L'observant pour en deviner tous les mots

Des mots de lampe magique chantant
Reçus pour de ma vie marquer le temps
Eclairant de leur douceur
L'enfant touché au coeur

Enfant encore enfoui
Ne sortant que timidement de sa nuit
Fuyant trop souvent le jour
Cacher ses larmes trop pleines d'amour


Dans les jours qui ont suivi, j'ai eu une pierre dans le cœur, une douleur physique dans la poitrine pendant deux ou trois jours, je ne me souviens plus. Je me suis demandé si je ne devais pas aller voir un médecin.
Une nuit, mon ex compagne m'a massé le dos, avec cette douleur. Je ne sais quel endroit elle a ouvert. Des sanglots venus de très loin m'ont envahi et un enfant a pleuré, longtemps, déchirant.
Au petit matin, les souvenirs me sont revenus.

C'est la même semaine que ma fille cadette m'a appelé à l'aide.
Depuis le Noël précédent je savais que quelque chose n'allait pas, mais impossible de trouver les mots pour qu'elle me dise quoi.
Avec sa mère qui en avait la garde, nous discutions de son orientation scolaire et finalement, sans le lui dire, sa mère n'a pas respecté ses vœux, elle avait repéré des écoles et des filières artistiques qu'il y avait à Marseille où j'habite et pas chez sa mère, et s'est rétractée pour la garder avec elle.
Ma fille était très triste un soir.
Je lui ai écrit que je pensais à elle, que j'aimerais être auprès d'elle comme quand elle était petite, pour lui enlever les tracas de la tête et la masser de sa pierre pour l'aider à s'endormir.
C'est là qu'elle s'est ouverte et m'a raconté tout ce qu'elle vivait avec sa mère, qu'elle ne pouvait plus supporter, pensant à fuguer.
Le lendemain matin j'étais chez une avocate et quelques mois plus tard elle vivait avec moi.

Des pierres...
L'escalade depuis tout petit...j'en ai fait des conneries en solo intégral...mais un bon moyen de devoir être totalement concentré, présent dans son corps pour ne plus penser à rien, d'être à la limite, de toucher les limites, quitte à devoir sauter en espérant bien viser pour tomber dans un arbre quand c'était de petites voies.
Si mes enfants partaient aujourd'hui en solo dans des grandes voies des Alpes je crois que je ne laisserais pas faire. Juste impossible, comment on peut avoir l'idée de faire ça?

Ou cette femme avec laquelle je me suis lié, qui m'avait caché une grave maladie des reins jusqu'à ce que je sois amouraché. Elle vivait sous des protocoles, mais rien n'empêchait des douleurs terribles. Je ne sais pas si elle y croyait, ou en désespoir de cause, elle m'a laissé lui masser les pieds avec mes pierres. J'ai pris...je ne sais dire...plein de noirceur en faisant cela, plein de douleur. Au matin elle s'est réveillée sans douleur. Tellement surprise qu'elle la cherchait la douleur, depuis toutes ces années qu'elle ne savait plus ce que c'était une journée sans douleur. Je crois que cela a duré bien quatre ou cinq mois, sans douleur. Mais nous nous sommes séparés à cause de mes comportements incompréhensibles, qui ne peuvent parfois faire société.

J'ai croisé cette femme vue en rêve un peu plus tard au parc Borély. C'était curieux pour une fois de ne pas écrire sur mes photos, mais que l'inverse se produise, que dans la vraie vie je croise une chose vue en rêve. Pas une super photo, mais c'est ma femme à la pierre bleue qui se lave au petit matin, fait ses ablutions ou ses prières, dans le torrent de sa vie, cherchant la paix avant d'aller affronter le monde.

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Message par Shadow Boxeur Jeu 2 Juin 2022 - 13:42

YEUX, hier et aujourd'hui.

Parfois mes yeux peuvent faire peur, mon regard plus exactement.
Ils sont marrons, mais il semblerait qu'ils puissent se voiler quand des émotions montent en moi. Ils deviennent durs.
Ça, la famille me l'avait déjà dit, les amis aussi. Mon ex compagne aussi, et elle employait le mot peur pour dire ce qu'elle ressentait alors.

J'ai un patron il y a longtemps qui me l'a dit aussi, en entretien d'évaluation annuel. Il a alors aussi utilisé le mot peur, mais pas pour les mêmes raisons. Il m'a expliqué que lui, d'autres avec qui il en avait discuté, se sentaient parfois transpercés par mon regard. Qu'ils y lisaient que j'avais déjà tout compris alors qu'il n'avaient même pas commencé leur phrase. Que ma façon de les fixer dans les yeux sans ciller, ça leur donnait l'impression que je les buvais ou les vidais.

Ça m'a fait mal quand je n'ai plus vu de lumière dans le regard de mon ex-compagne.
Elle s'est éteinte petit à petit. Je le lui ai dit. La dernière fois que nous nous sommes vus, elle ne m'a montré que son profil, comme lors de notre premier rendez-vous il y a quelques années.

J'ai été con de ne pas comprendre que c'est probablement moi qui ne lui donnait plus de lumière.

Je suis con...mais à un point...
Si je racontais mon premier divorce, et l'enlèvement des enfants avant le second...je vous donnerais des envies de meurtre...pas possible d'être aussi con, mort au con.

Je peux me chercher des excuses.
L'année écoulée a été plutôt dense et l'activité de ce foutu cerveau est restée en surmultipliée pratiquement tout le temps, jour et nuit en double vie.
Quand je suis aller voir ma psy il y a un peu plus d'un an, c'était pour chercher comment faire cesser certains comportements et addictions. Pour ne plus connaître de crise avec ma compagne, et à sa demande.
Je ne sais pas pourquoi, mais je crois que j'ai voulu toujours avoir "un coup d'avance" sur ma psy et j'ai beaucoup "travaillé" tout seul.
La période des photos et des rêves a été intense. Le retour d'une mémoire aussi.

Après, les quelques mois à batailler pour avoir la garde de ma fille cadette, l'esprit obnubilé par ça jusqu'à l'été dernier.

Après, j'ai pu me remettre "sur mon cas". Parce que même la mémoire retrouvée, durant l'été s'était reproduite une crise avec mon ex-compagne. J'ai déjà dû le raconter. On allait au Frioul avec la navette maritime. Avec son meilleur ami et tous nos enfants.
Je ne sais toujours pas pourquoi, mais à l'arrivée à l'embarcadère, mon univers a basculé comme ça se produit parfois. Je me retrouve alors à l'intérieur de moi, bloqué, avec un immense sentiment d'abandon. Pas très agréable à vivre, pour personne, si personne ne trouve le moyen de me faire sortir de cet état.
C'est là que j'ai dégainé mon "mandala" pour me l'appliquer. Comme tant que je n'ai pas compris, ne suis pas allé au bout du bout du bout de la compréhension que je cherche, impossible de mettre le cerveau à l'arrêt.
Ca m'a bien expliqué ce qui se passait quand je changeais de monde dans mes "crises", et permis de trouver des parades ou des garde-fous.
C'est en cherchant ensuite pourquoi je vivais sans aucun projet d'aucune sorte, je suis tombé sur le mot zèbre.

Ça fait quelques jours ou semaines que la "surmultipliée" s'est arrêtée. Ça fait du bien...
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Message par Oroff Jeu 2 Juin 2022 - 16:29

Semble que cette remarque m'est familière, et par les tiers mal acceptée. la peur des interlocuteurs est déjà celle qui sommeille en eux !
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Message par Shadow Boxeur Ven 3 Juin 2022 - 17:04

C, aujourd'hui.

C comme con.
C'est dingue comme je suis con.

C, c'est une lettre qu'on devrait peut-être ajouter dans le lexique de Vik, pas le lexique de Vik, celui qu'il/elle m'invite à lire façon Myers Briggs. Je blague Vik, tu me poursuis avec tes sigles, sans allergie même si vous/tu me semble cacher un mystère avec une façade parfois froide et scientifique. Ce n'est pas le bon mot, mais je n'arrive pas à bien le définir.

On devrait pas dire ses secrets, c'est vrai.
C'est con de faire confiance, de vouloir se confier. De confier des trucs qui font mal. Des trucs qui vont faire mal, que l'autre ne pourra ou ne voudra pas aider à porter. C'est con et guère aimable, j'en con-viens.

Mais alors arrêtez de me confier vos trucs par pitié. Sinon c'est donnant-donnant, ça me paraît juste, non ?

Pourquoi je dois dormir avec une femme qui ne me confie rien, elle est charitable à mon contraire, mais dont je sens à chaque instant, chaque fois que je la touche, la douleur de son enfance, sa terreur face à sa maman schizophrène et son père silencieux, sa terreur que ses petits frères et sœurs soient menacés de cette violence, sa terreur de devenir comme sa maman...
Cela elle ne me l'a jamais confié...mais j'ai vécu avec chaque minute de notre relation.

Pourquoi j'ai supporté toutes ses années la mère de mes enfants, sachant les coups de ceinture qu'elle avait reçus de son père enfant sans qu'elle m'ait rien confié, charitable elle aussi, qui aurait dû naître aînée et garçon mais n'était pas garçon, de cela elle a été punie, s'enfonçant dans une spirale infernale de dégradation de son estime de soi. Je ne l'en ai pas sortie. Pour qui je me prenais. Pour personne, de tout cela je n'ai jamais conscience qu'après. Sur le coup...je reçois les coups et tel un papillon je suis attiré.

Pourquoi ma première femme, la première de ma vie, la seule d'une certaine façon, m'a-t-elle tellement touché au cœur, sinon  sa créativité refoulée, son amour devenu asexué parce que ça ne se faisait pas d'aimer une femme dans sa famille, avec lequel j'ai dormi des années sans que cela soit jamais confié. D'elle au moins je sais qu'après m'avoir quitté, elle a trouvé ses ailes pour devenir heureuse à sa propre image, à son image.

Tout ça est bien con, d'alors se confier en retour.

Mais ce n'est pas le pire, car les cons ça ose tout, c'est à ça qu'on les reconnaît non ?

Cela reste encore un secret, mais, bon con, je le raconterai.
Pas tout de suite.
Celui là ne fera mal à personne sinon à moi.
Je suis con, mais ça peut attendre 5 minutes.
Le temps d'une biture à lire ma connerie au fond de verres.
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Message par Shadow Boxeur Ven 3 Juin 2022 - 17:33

C'est con d'être con et de le savoir et de le rester, de rien pouvoir y changer, peut-être même ne pas vouloir le changer.

Est-ce que je regrette de passer pour un taré quand je vais interpeller une maman qui maltraite son gamin quand je la croise dans la rue ou les transports en commun. Non.

Est-ce que je regrette de passer des heures avec un gars qui allait se flinguer. Non.

Est-ce que je regrette d'avoir redonner l'amour de son corps à mon ex compagne. Non.

Est-ce que je regrette d'avoir dit à cette vague connaissance, ami de mon ex compagne, qu'il devrait penser à un mot, héritage pour continuer à avancer. Je crois qu'il s'est tapé une bonne séance à hurler sur ça avec son/sa psy, et qu'il a fait un pas.

Des choses à regretter ?....
Aucune...Toutes...

Jamais je ne regretterai d'être humain. 
Jamais.
Même si ça fait mal.
Même si ça a des défauts, des inconvénients.

Même s'il faudrait que j'apprenne qu'il n'y a pas "tout ou rien".

Vaut mieux tout qui fait mal, que rien qui fait rien.
A tout prendre...quand t'as mal...au moins t'es vivant.
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Message par Shadow Boxeur Ven 3 Juin 2022 - 18:54

DESEQUILIBRE, aujourd'hui.

T'es complètement déséquilibré Shadow. Tu l'as toujours été, mais là ce déséquilibre va accoucher de qqchose de nouveau, fais gaffe.
Tu sais même plus comment tu t'appelles. Shadow, Gaski, Arnaud, Jani, J, Nini...

Arrête tes conneries. Retourne à ton mandala, même s'il est complètement con. Ca te dit qqchose...con.

T'as fais le mandala équilibre : pourquoi j'ai tant de difficultés à entrer en relation avec les inconnus, à entretenir une relation. T'as un peu compris le lien entre aujourd'hui et ce qui t'es arrivé gamin.

T'as fais le mandala je veux : je voudrais avoir des projets mais j'en ai pas, j'en ai jamais eu. C'est quoi ce bordel ? T'as appris le mot zèbre, à tort ou à raison.

T'as pas fait le mandala je dois pas : je dois pas être déséquilibré en permanence.

T'as dix minutes mon pote pour dessiner le ring de ce combat contre tes ombres.
Top chrono. Pour douze mots à dédoubler, réfléchis pas, tu sais que ça marche mieux quand ça vient de l'inconscient.

Trois forces pour pas être déséquilibré ?
J'ai des REPERES très forts, ancrés. Repères, ça dit ALIGNEMENT.

Je suis RESISTANT dans les vents contraires. Résistant ça veut dire RIGIDE.

Je suis IDELALISTE, j'y crois en dépit de tout. Idéaliste ça veut dire...CROYANT

OK, trois faiblesses, qui peuvent te faire chavirer dans le déséquilibre ?

Je peut être ATTIRE...par quoi je sais pas...Attiré, ça veut dire MAGNETISME ou GRAVITE

Je suis tout le temps sur le FIL, à la LIMITE. Fil, limite, ça veut dire...? changement d'espace...passage au degré supérieur...INTEGRATION...pas sûr

Je me laisse entraîner dans le déséquilibre, j'ai l'habitude...DERIVE. Dérive ça veut dire...ALTERNATIVE

OK, t'arrête pas ! Trois menaces qui peuvent te déséquilibrer ?

Qqun à sauver, une mission imaginaire à remplir, un sacrifice à faire, ENGAGEMENT, non pas ça...CROISADE, oui. Croisade ça veut dire QUETE

l'ENNUI. L'ennui ça veut dire, l'immobilisme, la mort, le calme plat; CALME

L'IVRESSE enfin, même si depuis le temps que j'ai pas bu une goutte d'eau, l'alcool me fait plus grand chose. Ivresse ça veut dire...oubli, perte de contrôle, insensibilité INSENSIBILITE

T'y es presque, t'es rapide ! Trois opportunités pour tu arrête d'être en déséquilibre ?

Un sol plat, sans obstacle, sans pièges, sans mines, un terrain que je peux voir sans me tromper. VISIBILITE, non NEUTRALISE. Neutralisé, ça veut dire...??? APAISE ??? il doit y avoir mieux

Une confiance, un tuteur. TUTEUR. Tuteur, ça veut dire...AXE, CROISSANCE....à voir

Se mettre à l'arrêt, après tout. IMMOBILITE. Immobilité, ça veut dire...non mouvement, non accélération...ARRET.

Pas mal, t'as mis 6 minutes finalement.
Tu liras ça demain dans ton mandala.
Rien qu'à lire tes mots dans chaque catégorie en les enchaînant, côté pile et côté face...t'as déjà des trucs écrits qui devraient te sauter aux yeux.

Faut être con pour avoir besoin d'un mandala pour accéder à des évidences...
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Message par Shadow Boxeur Sam 4 Juin 2022 - 13:23

RIMER, aujourd'hui

Non je ne vais pas rimer
Plus la peine de me grimer
Ou fatigué de le faire
Epuisé de taire

Mais je rime encore
Arrête ça
Laisse les chevaux
Filer au galop

Les entendez-vous ?

Je les entends
Une course venue de très loin
Un troupeau immense
Un vrombissement qui fait trembler la terre

Leurs vibrations me traversent
Immobile
J'en pleure
De sentir cette vague arriver

Un courant électrique
Une décharge de vie
Laisser passer
Se faire piétiner

Non
Cette fois je vais l'enfourcher
Je sais mon mustang quelque part
La

Cheval fou
Cheval ivre
Cheval de vie
Cheval invincible

Il est là
Je vais le toucher du bout des doigts
Et il saura
Me laisser le monter

La vie au bout des doigts
Devoir être si proche de la mort
Pour se sentir en vie
Malédiction

Toujours à la limite
Pour enfin un truc sentir
Pas de ce monde
Mais de moi

J'entends ce galop
Il arrive
Je n'ai pas peur
Une vague surfer

J'en ai dompté d'autres
Des vagues
Des avalanches
Des couloirs de mort

Fallait être bien con pour me lancer la dedans
Mais si vivant
Si proche de la mort
A toucher des limites

Il approche
Même pas peur
Mais si terrifié
Je ne sais où il va m'emmener

Qu'importe
Chevaucher
Galoper
Lâcher les brides

Les mains au vent
Ne plus faire tenir la vie à un fil
Au rythme de son galop
Se laisser aller

L'entendez vous ?

Je l'entends, il approche
Un roulement qui rempli l'univers
Le regarder en face
Sans peur

Vas-y
Crâne
Mais oui t'as peur
Y a même pas de mots pour ta terreur

Il arrive
Ce tonnerre
Je vais attraper mon mustang
Et le chevaucher

Jusqu'où le vent nous mènera

L'entendez vous ?

Je ne l'entends plus, je file à la vitesse du vent
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Message par Shadow Boxeur Dim 5 Juin 2022 - 9:20

VISAGES. Hier, aujourd'hui, demain.

Hier j'ai rêvé. 
Encore une fois surpris. A  chaque fois ils sont puissants et surprenants.
Même si je met comme des barrières de sécurité au départ pour savoir à peu près où je vais aller, ils m'emmènent là où je ne pouvais imaginer.

Je savais que je retournerais sur cette plage avec le petit garçon. Que nous irions voir cette épave dont nous ne nous sommes pas encore occupé. Et qu'il y aurait une femme.

Je l'ai retrouvé sur la plage, devant le parterre que fleurs qui nous avions plantées la dernière fois, devant cette porte mystérieuse, noire.
Au début, j'ai cru que rien n'avait poussé.
Mais si.
De belles fleurs, plus hautes que moi, que nous.
Mais comme invisibles, translucides.
Et impossibles à cueillir.
Peut-être sommes nous les seuls à les voir.

C'est embêtant, parce que nous pensions pouvoir cueillir ces fleurs pour traverser la porte noire avec un joli bouquet dans les mains, et rejoindre le monde avec un beau visage.

Mais d'ailleurs, la porte noire a presque disparu, noyée sous des plantes rampantes, grimpantes et quelques fleurs.

Je ne sais plus quoi faire, là.

Le petit garçon veut m'emmener à l'épave.
Je n'en ai pas vraiment envie.
C'est une coque de navire de bois.
Echouée sur la plage.
Je sais qu'elle a pris maintes et maintes fois la mer, pour tenter une traversée, rejoindre une île déserte, son île.
Pour toujours être renvoyée sur cette plage, jusqu'à exploser, s'y éventrer.
Elle est comme en ruine.

Je le suis finalement.
Il veut que nous démontions l'épave, pièce de bois après pièce de bois, pour en faire un petit tas bien rangé.
Nous nous y mettons.
J'arrache des clous.
Détache des lattes de bois pour les poser au sol, sur le sable.
Il me dit de regarder la mer.
Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?

Mais je vois...
A chaque latte de bois arrachée de l'épave, apparaît une femme dans la mer.
A chaque lieu de naufrage.
Elle est belle, nue.
Je la vois de dos.
Bientôt la mer est recouverte d'elles.
La même, transparente, diaphane, si belle.
J'en pleure, une émotion inconnue monte en moi.
Un raz de marée.
Elle ne tourne pas la tête.
Refuse de le faire.
Je sais que si elle le faisait, je mourrais dans son regard.
Mais j'en ai tellement envie, besoin.

Elles restent transparentes, posées là partout sur cette mer.
Leurs mains sont étales, elles caressent l'écume de l'eau.

Mais je la sens dans mon dos, assise au bord de la plage.
Elle est là, unique.
Elle me regarde. Je la sens.

Elle se lève et viens vers moi.
Me traverse.
Comment contenir ce tsunami ?
Mes larmes coulent, coulent.
Les mots me manquent.

Elle passe devant et continue son chemin vers la mer.
A chaque pas, son corps transparent prend vie, prend corps, se rempli.

Elle est nue, totalement nue.
Et pour la première fois je peux la regarder sans trembler.

Elle me tourne encore le dos et entre dans la mer.

De ses mains elle caresse les flots.
Virevolte, et d'un geste efface toutes ces femmes qui n'en sont qu'une.

Elle se tourne vers moi et me montre son visage.
Je ne le discerne pas, il n'a pas de traits.
Pas de lumière, pas de couleurs.
Elle est si belle pourtant.
Mais son visage est un masque de pierre.

Nous nous faisons face.
Je sais maintenant ton visage.


Aujourd'hui...que dire ou penser de ce rêve.
Aujourd'hui pourquoi l'écrire.
Je ne sais ce que devient ce lexique jamais achevé.
Sinon un carnet intime pas si intime.
Le visage de ma mère peut-être, dont je me souviens maintenant qu'il n'était qu'un masque de pierre, très jeune enfant.
Qui sait, c'est peut-être pour cela ou comme cela que j'ai inventé, vu des couleurs qui n'existaient pas réellement.
Va savoir.

Demain...
Montrer mon visage.
C'est peut-être un peu ce que je fais ici.
Expérimenter aussi, comme je le faisais quand j'étais gamin. Tout ce que je pouvais faire sur mon corps, dans mon corps par la pensée.
Cela devient quasi instantané maintenant.
Quand je me déplace de ce monde intérieur, je sens physiquement des choses dans mon cerveau, à sa surface plutôt.

Cela me fait penser à un truc curieux qui s'est produit un weekend passé, il y a deux semaines je crois.
Nous étions partis avec ma fille lui acheter des peintures, pinceaux et autres fournitures pour son projet. J'étais particulièrement détendu et heureux.
Je suis entré dans un bureau de tabac. J'ai du attendre un peu pour acheter mes cigarettes.
Une jeune femme discutait d'un truc avec le patron.
Elle me tournait le dos. 
Elle était vraiment charmante. En la regardant je pensais à ma fille, qu'elle pourrait devenir cette jeune femme bientôt. Etre si belle, si pleine de vie. Pressée de régler le truc avec le patron du bar pour aller retrouver son amoureux qui l'attend dehors. Ils ont passé une si belle nuit. Leur première fois.

Elle s'est finalement tournée et m'a regardé. Toute sa physionomie a changé, même le maintien de son corps. Elle m'a souri comme si nous nous connaissions de toute éternité. Un sourire totalement ouvert, plein, entier.
Comme si je lui avais caressé l'âme.
J'ai baissé les yeux.
Pardon mademoiselle, je ne voulais pas vous importuner, ni être indiscret.
Elle est sortie du bar des étincelles plein les yeux retrouver son amoureux.
Merci mademoiselle croisée l'espace d'un instant d'éternité.

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Message par Shadow Boxeur Dim 5 Juin 2022 - 11:56

INQUIET. La, tout de suite.

Dessin de ma fille, je sais pas quand, il traîne là depuis quoi...deux ou trois jours ?
Il y a un morceau que je ne montre pas.
Heu...elle peut me scanner le cerveau !?  Shocked SOS

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Message par Amocore Lun 6 Juin 2022 - 7:08

Gaski, je te lis avec un temps de décalage, quelle production !

Donc dans le désordre, mes retours maladroits pour tenter d'échanger :
Intéressant cet écho avec le bâteau de Robinson... La façon d'écrire ce rêve sous forme de poèmes, et ces rêves en épisodes. Quel plaisir de t'accompagner à la rencontre de ce petit garçon et de cette femme dans la mer. La mère ?

Je suis curieuse des règles du jeu de ton Mandala.

Et même si je me sens une monumentale conne, ça me choque voire me révulse de te lire te traiter un con. Un homme si fin, si intelligent, si profond ! Reflet troublant.

Pour le regard qui provoque de la peur : ressens-tu de la colère dans ces moments-là ? J'ai ma petite idée.

Et je voulais savoir ce que tu avais fait de la douleur de cette ex-compagne que tu aurais absorbé.
Curiosité !

Et pour ta fille, et cette histoire de fil et d'être sur le fil, j'ai pensé à cette chanson que j'adorais quand j'étais ado. Biz Shadow



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Message par Shadow Boxeur Lun 6 Juin 2022 - 7:36

Mots en vrac. AIDER, ALEXIA, ERIC, ECRIRE, RAOUL

Curieusement en paix ce matin.
Toujours des idées qui me viennent au matin, il me faut un peu temps pour que je comprenne d'où elles sortent.
Plusieurs mots/idées ce matin, je me doute qu'ils forment un tout, mais je ne vois pas encore lequel, ça viendra.

Peut-être en paix parce que je me suis un peu lâché hier soir.
Repas de famille chez ma mère. Un l'un de mes frangins, son épouse et leur fille.
Qu'est-ce qu'ils m'énervent.
Sont partis à parler du burkini, je ne sais pas comment le sujet est apparu.
Avec des idées paravent qui cachent au fond une haine de l'autre et de l'étranger et un simple confort personnel, égoïste, pour décréter ce que les autres doivent ou ne doivent pas faire.

AIDER. C'était le mot du réveil.
"Est-ce que tu pourrais m'aider s'il te plaît ?".
Ma mémoire a encore pas mal de trous avant mes 15/16 ans et mon entrée à l'internat pour me barrer de la maison.
Mais je ne crois pas avoir jamais prononcé cette phrase, pourtant simple.
Je trouve cela curieux, intriguant.
Parce que je n'ai jamais cru avoir besoin d'aide ? Ou jamais eu conscience.
Trop fier, trop arrogant ?
Trop habitué depuis l'enfance à savoir faire tout tout seul, sans qu'on me l'apprenne ?
Il y a bien des choses que je ne sais pas faire pourtant, des choses simples.

"Dis moi comment je pourrais t'aider s'il te plaît".
Une phrase que je n'avais jamais entendue non plus, que j'entends pour la première fois.
Qui s'ouvre sur un autre univers que celui que je connais.

AIDER. Peut-être parce que je me suis décidé à aller voir quelqu'un pour parler HP ou douance. Je me dis que je le fais en tant que papa, pour pas rater des trucs, mais au fond une certaine curiosité est là, quand même.
Ou je me dis peut-être que ça serait pas mal de me faire aider pour vivre avec mes trucs bizarres, les apprivoiser.

ALEXIA, ma nièce vue hier soir. Elle finit sa sixième.
Elle a un regard que je connais. C'est très dur à expliquer. Un regard qui voit, qui absorbe. Un regard écran qui ne permet pas de voir ce qu'il y a derrière. Un grand blanc, mais un blanc plein.
Elle parle comme une adulte, balance des réflexions, des jugements.
Ses parents ne semblent pas s'en rendre compte.
Il lui parlent encore comme à un bébé.
Comme à un enfant fictif qu'ils inventent, décidant de ce qu'il aime/n'aime pas, veut/ne veut pas, fera/ne fera pas.
Ils parlent d'elle alors qu'elle est présente, à sa place.
Un enfant qui doit être la dernière chose qui fait tenir leur couple.
Leur fabrication qu'ils partagent sans plus d'amour.
Je suis à peu près certain qu'ils voudront la garder avec eux le plus longtemps possible et que leur couple explosera à la minute où elle quittera leur foyer.

ERIC, mon frangin.
On s'est bien fritté hier soir.
Qu'est-ce qu'il m'énerve. Il ressemble tant à mon père.
A s'asseoir comme l'empereur-dieu de Dune et a exiger que tout l'univers tourne autour de son nombril.
Je pense à lui.
Qu'est-ce qu'il a du ramasser avec ma mère pendant son enfance.
C'était compliqué l'école pour lui. Ma mère était constamment sur son dos et l'a porté à bout de bras jusqu'au bac.
Je la voyais le torturer des heures.
Curieusement, il a "décollé" quand il s'est pris son appart, bon à 150 mètres de chez maman, et est entré à la fac.
En informatique. A Marseille d'abord, puis il a obtenu une bourse au mérite et est parti à Nice dans je sais plus quelle école.
Quelques années plus tard, thèse dans un labo de recherche de Grenoble.
J'étais content pour lui. Je comprenais pas grand chose à sa thèse, pas mon domaine, mais une histoire d'algorithme scanneur/vérificateur d'algorithmes. Des conférences en Allemagne, en Angleterre, aux Etats-Unis, des publications.
Et je sais pas ce qui s'est passé, un truc qui a mal tourné avec sa directrice de thèse...fin de l'histoire.
Il est devenu prof dans une école d'ingénieur et a abandonné la recherche. Ca a l'air de lui convenir.
Mais il est bien torturé à l'intérieur.

ECRIRE, pourquoi je pense à ça, j'en sais rien.
Parce que je devrais/voudrais me mettre à écrire.
Ce n'est pas ce que je fais encore.
Je met des mots les uns à la suite des autres, sans même y réfléchir.
Ca casse pas trois pattes à un canard.
C'est la lecture de Anne ELIAYAN et Christian PIC qui m'en donne l'envie.
C'est tellement puissant leur écriture/photo à 4 mains.
Ils vont vraiment au fond de leurs sentiments, c'est assez incroyable de trouver les mots comme ça.
Je l'ai rencontrée, elle. Incroyable ce qu'elle irradie.
Ca m'énerve d'écrire comme ça.
J'ai toujours écrit comme ça, ça déroule sans y réfléchir.
A l'école, je prenais dix minutes pour penser au sujet de français ou de philo, je jetais quelques lignes pour faire un plan ou un nuage de mots et après en avant. J'écrivais non stop comme ça venait pour poser le point final pile à la minute de la fin de l'épreuve.
A en avoir mal aux doigts tellement j'écrivais.
Mon prof de philo Smile, il a du être content quand l'année a été finie de ne plus avoir à corriger mes copies fleuves. Sans la moindre citation, jamais, j'ai pas la mémoire des citations et je vois pas l'intérêt d'apprendre ça. De les retenir en tout cas. L'idée qu'elles contiennent oui, mais la citation en elle-même...Les copains récupéraient mes copies pour voir comment on fait pour avoir des super notes, mais elles étaient vraiment longues longues et ils abandonnaient Smile

RAOUL.
Ca me fait penser à RAOUL, un bon ami du boulot.
Un gars assez extraordinaire.
Il aurait pu devenir tennismen professionnel, il jouait et rivalisait avec les gars d'une génération qu'on a vu dans les grands tournois.
Ou golfeur.
Ou encore dessinateur, il avait commencé à bosser pour une maison d'édition.
Sa façon de dessiner est incroyable. Il peut commencer ses dessins par n'importe quel bout.
Lui, il m'explique que c'est simple. Il voit le dessin sur la feuille. Il ne fait que repasser ses crayons sur ce dessin qu'il voit.
Après son service militaire, il a suivi la voie familiale.
Il va bientôt prendre sa retraite et illustrer des livres qu'écrit l'une de ses filles.
Il est bien compliqué lui aussi. 
Il ramasse depuis quelques temps tout ce qu'il a supporté toutes ces années dans le dos. Se pète régulièrement des dents la nuit.
On verra.

Où ça me mène ces idées en vrac ?
Comment elles font lien ?
J'ai ma petite idée, mais pas encore sûr.
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Message par Shadow Boxeur Lun 6 Juin 2022 - 9:03

KRIS, hier.

KRIS, je l'ai rencontrée pendant ma période "sites de rencontre".
Je ne sais pas trop quoi en penser de cette période.

Nous nous sommes fréquentés quoi...sept ou huit mois je pense.
Nous avons vécus de beaux moments.
Ce n'est que le lendemain de notre première nuit qu'elle m'a parlé de ses problèmes de santé.
Je ne sais pas ce que j'ai ressenti quand elle me l'a dit.
Encore une fois...je le savais...Je vais devoir m'y coller...

Bref, à la naissance de sa fille ils se sont aperçu qu'elle avait un rein complétement mort, et l'autre en train de se nécroser.
Sa fille avait 17 ans quand je l'ai connue.
Pour essayer d'éviter les dialyses à répétition, KRIS vivait sous des protocoles expérimentaux.
Avec une douleur permanente, qui allait, qui venait, selon les périodes, plus ou moins supportable.

Un jour, des semaines, elle a traversé une période de douleurs particulièrement vives, qui ne passaient pas, en dépit de tous les ajustements de ses traitements.

Allez savoir pourquoi, je me suis dit que je pouvais résoudre ça...essayer au moins.

Côté douleurs, points de sutures et fractures j'ai ma petite collection.
Il y a des années, je me suis réveillé un matin sans plus aucune sensation dans la jambe gauche.
Je faisais pas mal de conneries à l'époque. Couloirs extrêmes en snow-board, compétitions de boarder cross sans aucune protection façon tortue ninja comme aujourd'hui.
Les toubibs ont jamais trouvé. J'ai fait un bon périple dans pleins d'hôpitaux, qui voulaient tous m'opérer à un endroit différent.
Je leur ai dit d'aller se faire foutre et je me suis occupé de ça tout seul.
J'ai ressorti un peu tout ce que j'avais pu lire côté médecines orientales, énergétiques, etc...je lisais n'importe quoi quand j'étais gamin.
Et j'ai réglé le problème, j'ai retrouvé les sensations dans ma jambe gauche.

Alors pour KRIS, j'ai dû me dire, pourquoi pas ?
Je lui ai proposé de lui masser les pieds et elle a accepté. 
Il y a des connexions entre les pieds et toutes les parties du corps.
J'ai trouvé dans chacun de ses pieds des boules noires de tension accumulée, de douleur.
Il a fallu un peu de temps, mais à force de masser (dans le bon sens, circulaire, me demandez pas pourquoi, mais il y a un sens pour aspirer et un sens pour renvoyer dans le corps de la personne), les boules de douleur ont disparu.

Je me souviendrai toute ma vie du lendemain matin.
Elle s'est levée et au bout de quelques minutes s'est rendue compte qu'il n'y avait plus de douleur.
Pas moins de douleur. Plus de douleur.
Presque en panique, tellement habituée à vivre avec ses douleurs.
On a savouré ça toute la matinée. Elle de bouger, de respirer, sans aucune douleur.

Ca a duré jusqu'à ce qu'on se sépare. Après je ne sais pas, j'espère que oui.
Sinon un jour je la rappellerai si elle a besoin d'un massage.

On s'est séparé comme à chaque fois.
Je le comprends peu à peu, ce "comme à chaque fois".
Elle m'a emmené un soir à un spectacle.
Elle y avait des amis, moi je n'y connaissais personne.
Voile blanc, je change de monde, je bascule dans mon monde intérieur.
Pas de mots déplacés, ni de colère, juste absent dans mon monde intérieur.
Mais en fait, j'avais juste vu qu'elle pouvait être heureuse et n'avait plus besoin de moi.
Mission accomplie.
Il n'y a pas que çà, mais il y a de ça.

Nous nous sommes séparés sans même avoir besoin de parler. Elle avait vu cette face de moi quand je bascule dans mon monde, incompréhensible, et ne voulait pas vivre avec ça.
Nous le savions tous les deux.
Nous avons passé une dernière nuit ensemble, dans les bras l'un de l'autre sans aller plus loin et nous ne nous sommes jamais revus.
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Message par Shadow Boxeur Lun 6 Juin 2022 - 9:46

MON EX, aujourd'hui.

Mon ex...il m'a fallu un peu plus de temps pour comprendre, même si j'ai su dès le premier regard qu'il y avait un immense besoin d'amour. Un puit sans fond dans lequel me noyer.
Plus difficile pour elle de le donner à voir ouvertement, elle cachait bien.
Je savais qu'il y avait quelque chose mais quoi...
Il en a fallu du temps pour que j'accède à son enfance avec sa maman schizophrène.
Sa terreur quotidienne et son rôle de protectrice de ses petits frères et sœurs.
Tandis que son père ne faisait rien pour les protéger.
Son corps mortifié qui a la fin de son adolescence a perdu ses cheveux, lui rendant bien difficile la tâche de s'aimer.

J'ai fait bien des conneries.
J'ai été...quoi ? tout ce qu'on veut que je n'aurais pas dû être, pas dire, pas faire.

Mais elle sait aujourd'hui s'aimer, aimer son corps.
Je ne l'invente pas.
Au travers de toutes nos engueulades et incompréhensions, de cela elle m'a remercié.

C'est déjà ça.
Je devrais peut-être toujours m'en contenter.

Mais j'apprends je crois. Un peu.
Le papillon attiré sans même le comprendre par des lumières de douleurs et de souffrances, commence à savoir distinguer ce qui l'attire de ce qu'il est lui. Distinguer en l'autre ce qu'il est de sa douleur.
C'est nouveau.
A explorer.
Pas facile de trouver les mots pour ça.
Mais peut-être d'autres phares, nouveaux, l'accompagneront, peut-être.
La vie est pleine de surprises.
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Message par RonaldMcDonald Lun 6 Juin 2022 - 11:08

Des histoires très fortes. Merci. Peut-être me donneras-tu un jour la force d'écrire l'histoire, aussi laconique que terrible, de mon ex. En tous cas, je n'ai pas eu l'impression de l'aider, elle.
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