J'avais l'air presque normale

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Message par Amocore Sam 30 Avr 2022 - 6:30



J'avais fait un travail fantastique ! J'avais l'air presque normale...

Et maintenant que tout part en fumée, et que je n'ai que mes yeux pour pleurer, que faire ?


Ecrire !


J'ai constaté qu'il y avait plusieurs personnes ici qui souhaitaient écrire mais qui ne le faisaient pas, elle étaient comme bloquées. Moi aussi, je le suis, je l'étais, je ne veux plus l'être.

Ce fil pour anticiper et dépasser le blocage de la feuille blanche ; pour déjouer les ruses du Censeur et enfin dire ce que j'ai à dire. Me lancer et aller jusqu'au bout de l'aventure de l'écriture. Sans prétention, sans duel, sans pression. Oser me montrer au naturel.
---


23.04.2022


La force origamique



La souffrance rend égocentrique, fait se replier sur soi, évoluer en circonvolution autour de son nombril et ne plus voir que lui. Il n'y a pas de place pour les autres quand on souffre. C'est laid à voir et à constater. Maintenant, grâce à vos beaux cils zébrés, je peux vous voir aussi.

Comment rendre compte des émotions ? De leur abstraction pure ? De la non matérialité de leur expérience ?

Où est le rêve, où est la réalité ?

Où se finit la raison, où commence la confusion ?

Pour la ligne de démarcation, cherchez le Passageclouté. Il s'est égaré dans un lieu de perdition zébré, parce qu'il s'était perdu dans sa vie, ou l'inverse, il faudrait lui demander, car la nuance est de taille. Ou en sortant de la gare peut-être, il s'est dit « oh mon Dieu » comme c'est arrivé une fois à une âme solitaire diabolique quand il s'était égaré, et qui est venu nous rappeler la sagesse du Gandhi local : incarnez ce que vous souhaiteriez voir sur ZC.

Je ne sais pas ce que j'aimerais voir sur ZC, je n'ai plus d'espace mental pour développer une vision, je suis juste venue dans cette section car dans mon fil, il y a cette histoire qui prend toute la place. Elle va devenir une torche humaine notre pauvre zèbre qui s'est trop longtemps ignorée, une braise qui s'immolerait comme l'a si bien prédit Topsy. Personne ne sera épargné, tous les fils passeront dans la moulinette de notre pasticheur à l'humour impitoyable.

J'aurais dû y penser avant et faire l'inverse, dérouler la saga ici, et raconter tout ça sur mon fil mais je n'ai pas réfléchi, je ne me suis pas posée de questions. J'aurais dû mais je ne sais pas me poser de questions à la con. Nolimit m'apprend cet art par l'exemple, où va-t'il bien chercher l'inspiration ? Comment vider le vide ?! J'espère qu'il a trouvé une ébauche de solution, et de complétude par la même occasion.

Je suis rassurée de connaître la composition détaillée des Dragibus que mange Am Stram Gram. J'aime l'imaginer sillonner les rues de Lyon, ville chère à mon coeur, pour aller à l'Hôtel de ville boire son sacro-saint café au Starbucks où il est un habitué, chouchouté par la belle Isabelle. Mais j'ai attendu trop longtemps de voir ses origamis.

Et je me demande : comment écrire sur la durée ?

Comment aller jusqu'au bout de l'histoire ?

Comment persévérer quand le doute encercle de partout et fait la battue de plus en plus rapprochée ?

Partir d'une simple feuille blanche. Ne plus en avoir peur. Et si les mots ne viennent pas, la plier, la replier, l'ouvrir sur les côtés, faire coulisser les angles, la déplier au milieu. Et la déployer sur la longueur.

Sous tous ses angles, faire tournoyer la feuille pliée, en rythme sur quelques notes de piano, apporter dessus un éclairage nouveau, lumière bleue, rouge, sombre et claire en alternance. Longer la ligne pure de ses pliures. Transparence. Opacité. Matière transformée. Du papier à la bestiole.

Jouer avec la feuille afin de continuer à extérioriser. Se laisser entraînée par la force centrifuge de l'origami. Par la beauté du pliage.


S'en émerveiller.


Continuer à s'aimer réveillés.









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Message par Amocore Lun 2 Mai 2022 - 18:49




Une autre forme de blocage que la procrastination. Je ne me laisserai pas faire !


21.04.2022


L'échappée belle


L'appel persistant à sortir de son corps.

Depuis le canapé, partir. Ne plus être là.

Pendant des heures, des nuits, toute une vie. A nouveau, se percher.

Trip cosmique. Voyage de l'oubli.

Sensations à l'état pur.

Se dissocier, aller loin, au bout du monde. Ne pas pouvoir en parler.

Les cordes vocales coupées, depuis cicatrisées. La douleur a été neutralisée, la mélancolie peut se déployer. L'expérimenter sans mot. A l'envi.

Appel hypnotique.

Redevenir un galet du fond des océans. Se laisser bercer par les courants. Visiter nos amis les corails.

Aventures sous-marines. Disparition secrète. Bleutée, cyan, turquoise.

Mais cette fois-ci, timidement, résister à l'appel. A l'aide de mots, tenter de le décrire.

Lutter pour rester dans son corps, pour l'habiter. Se rappeler que ce corps est un temple à honorer où il y fait désormais bon d'y vivre.

Encrer l'appel afin d'ancrer le corporel.


Réconcilier l'âme au corps.


Tout doucement.








.
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Message par Shadow Boxeur Lun 2 Mai 2022 - 19:13

J'ai fais des pliages dans tous les sens depuis quelques mois
Avec quelques mots pour me chercher moi
Juste une question suspendue
Une feuille donnée à être je lue

Je me suis bien amusé
Quand à savoir si je me suis bien lu
Si j'y ai trouvé quelque vérité
De choses toujours trop tues

Sur un origami que j'appelle Mandala
Espérant je crois
que je me lirai moi
Pour une fois

Smile Bonne soirée
J'aime beaucoup ton échappée belle, elle me rappelle des rêves de galets emportés dans une rivière qui m'ont porté dans un drôle d'endroit où j'e me suis trouvé...je crois. Suffisait de lâcher la ramper et de se laisser porter avec les galets, saisir le courant sans se laisser tomber. Ca a été un beau voyage.
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Message par Shadow Boxeur Lun 2 Mai 2022 - 19:28

J'avais fait un drôle de rêve il y a quelques mois.
J'étais bloqué dans une rivière que je voulais traverser, mais impossible. 
J'étais accroché à une rive, mais impossible de monter sur les berges pour marcher normalement.
Je voyais plein de gens traverser sans difficulté, qui ne me voyaient pas, que je ne reconnaissais pas.
Je sentais des galets rouler dans le courant, me frapper les jambes, mais je ne pouvais me résourde à lâcher.
Monter sur cette rive, avec les autres, à tout prix, quitte à m'épuiser, mais rien n'y faisait.

c'est qu'qlues jours plus tard, que j'ai lâché cette rive où je m'accrochais.
Toujours en rêve.
J'ai suivi les galets, dans le courant.
Pour arriver à un drôle d'endroit perdu 
Où m'attendait un petit garçon
Depuis, on se voit de temps en temps
Il m'a raconté tout ce que j'avais oublié de mon enfance
Vaut mieux oublier
si on veut continuer d'essayer d'escalader ces berges
Je n'étais pas barge
Finalement
Depuis, on se parle de temps en temps
On s'apprivoise
Ca sera long
Mais c'est bon
Promis
Smile
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Message par Amocore Mar 3 Mai 2022 - 7:47



Merci Shadow Boxeur !

Je suis touchée par ton partage de rêves, qui sonde l'intimité des recoins de l'inconscient... J'adore les suites dans les rêves, quel délice de lire l'aboutissement heureux de ton escapade onirique I love you oooh les frissons !

Evidemment que nous ne sommes pas barge, flirter avec la folie est une réponse à la folie dans laquelle nous étions et sommes plongés... J'ai cru aussi toute ma vie que j'étais à moitié folle et je le suis sûrement devenue un peu, à force. Depuis quelques mois, on me l'a labellisé différemment, ce serait l'intuition surpuissante constamment invalidée dans un monde fait de mensonges...

L'oubli n'est pas une option pour ma part quand le déni tombe, mais le déni était la seule option. Coûteuse solution, se couper d'une partie de son coeur, s'amputer d'un bout d'âme pour espérer survivre et que tout ne soit pas entièrement tué, quelle belle preuve d'amour à soi-même, quel esprit de sacrifice !

Mais la vérité est le seul pays où l'on peut aspirer vivre décemment d'après moi, même si elle a le ressenti des flammes de l'enfer. Elle arrive quand l'esprit est préparé à la recevoir. Ensuite, quoi en faire ? Je propose de ne pas renvoyer dans l'oubli, mais de travailler les vérités les plus odieuses, les travailler patiemment, avec le même amour désespéré que celui de l'amputation pour sublimer et en faire d'autres choses, comme des origamis, ou pourquoi pas des petites histoires. Réintégrer le bout amputé ? Je ne crois pas, l'optimisme a ses limites.

Pour ma part mes nuits sont peuplées depuis quelques mois par un homme que j'avais blackouté depuis dix ans. Je m'étais murée dans un déni massif le concernant. Il vient maintenant me dire toutes les nuits inlassablement tout ce que j'ai refusé d'entendre.

Je tombe dans un chagrin sans fond depuis que j'ai pris conscience que ce qu'il voulait m'offrir, depuis tout ce temps, c'était de l'amour.

Alors, avec mes yeux je pleure et avec mes mains j'écris. D'où ma venue ici. Ce fil vient en renfort à une histoire que j'essaie de mener jusqu'à son terme, et la progression devient compliquée.

Comment expliquer le refus acharné de l'amour pour ne pas faire face au désamour tragique de sa vie ?

Je suis curieuse maintenant : tu pourras nous montrer tes origamis ?


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Message par Shadow Boxeur Mar 3 Mai 2022 - 8:55

De drôles d'origamis, des pliages qui ont la même forme mais qui racontent des morceaux d'histoire d'un drôle d'animal, ou des morceaux des barrières qui entourent son enclos, la feuille dépliée au centre.
J'utilise 12 mots qu'on retrouve agencés différemment selon les pliages et qui racontent ainsi une part d'histoire.
Pas toute l'histoire, juste celle d'un enclos particulier dans lequel je me demande "pourquoi est-ce que...", et cela donne des réponses insoupçonnées, ou pas conscientisées.
ça m'a pris un peu de temps à chercher la méthode de lecture mais maintenant je peux lire très vite.
J'écris ça avec différents personnages, des mélanges de caractères fait d'anima et de persona, de moi, de ça et de surmoi.
En ce moment, j'essaie de l'écrire de façon drôle...enfin non, j'y arrive je crois après avoir pendant des semaines écrit en mode "victime" quand je cherchais la bonne méthode de lecture.
C'est une de ces lectures qui m'a fait sauté à la figure ce dont je m'étais jamais occupé. 
Dire que j'avais un test un jour, juste pour savoir qui de ma mère ou moi se trompait sur ses souvenirs de mon enfance. Le résultat m'a suffi pour me conforter sur le fait que j'avais bien raison et j'étais pas tout à fait comme les autres gamins. Sans chercher plus loin.
Vingt ans après, à force de toujours reconnaître les mêmes situations d'échec, je me suis dit que j'allais utiliser ces pliages sur moi (j'avais crée cette méthode d'analyse pour le boulot au départ, et analyser des organisations, mais sans les pliages)
Bonne journée !J'avais l'air presque normale 2022-010
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Message par Shadow Boxeur Mar 3 Mai 2022 - 9:46

ça devait me trotter dans la tête depuis la lecture de ton dernier message...cet homme blackouté...
J'avais fait un drôle de rêve il y a bientôt un an, dans une série pendant quelques semaines...à l'époque je m'étais engagé pour résoudre un problème (lequel ?) pour pouvoir vivre "normalement" avec ma compagne, sans crises. Au bout de ces rêves j'ai retrouvé la mémoire d'une agression que j'avais subie enfant...oubliée avec une mémoire traumatique et de la dissociation...ce rêve là, il n'avait pas alors de signification.
C'était un long rêve. A un moment j'essayais de trouver des vêtements pour rejoindre une communauté de liesse, en fête. Et j'essayais d'enfiler un pantalon beaucoup trop grand pour moi. Même en levant les bras je ne pouvais toucher le haut du pantalon, j'étais perdu dedans.
et il y avait mon père, qui me disait d'arrêter ça, de vouloir m'habiller avec les pantalons des grands, que je lui piquais son pantalon, et il me menaçait avec une ceinture de cuir. Celle de son père. Que je devais grandir tout seul et me faire mes propres vêtements d'enfant et on verrait bien quand je serais grand ce que ça donnerait, si je m'en sortirai aussi bien que lui.
Ah si...il y avait ma mère aussi qui me barrait la route avec une vieille bagnole pourrie qu'elle foutait sur les rails alors que je voulais prendre un beau train grande vitesse.

Ca ne me disait vraiment rien il y a un an, ce rêve.
C'est vrai que j'ai blackouté mon père vers 15 ou 16 ans pour ne plus lui dire un mot pendant quoi...quinze, vingt ans? On a essayé de se reparler quand j'avais la trentaine. Ca a pas duré. Re-blackouté, je l'ai plus jamais revu ni même parlé depuis.

Quand j'ai retrouvé la mémoire, je me suis dit que le "problème" était résolu, mais les "crises" ont continué. C'est là que j'ai sorti mes origamis si on peut les appeler comme ça, et que j'ai cru deviner un zèbre.

A la lecture de tes mots :
Redevenir un galet du fond des océans. Se laisser bercer par les courants. Visiter nos amis les corails.

Aventures sous-marines. Disparition secrète. Bleutée, cyan, turquoise.

Mais cette fois-ci, timidement, résister à l'appel. A l'aide de mots, tenter de le décrire.

Lutter pour rester dans son corps, pour l'habiter. Se rappeler que ce corps est un temple à honorer où il y fait désormais bon d'y vivre.

Encrer l'appel afin d'ancrer le corporel.


Ca me fait penser à ce que j'ai fait voilà un an, qui a déclenché la série de rêves. Je me suis assis un soir, et je me suis laissé aller à écrire ce que je ressentais en regardant une de mes photos, les sensations que j'éprouvait. ça doit être encrer/ancrer qui m'y fait penser, j'vais écrit ça sur une de mes photos. De photos en photos j'ai rempli un grand grimoire noir, que j'ai refermé une fois la mémoire retrouvée.

Bonne journée ! 
Je m'épanche tu me dis si je te saoule Smile
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Message par Amocore Mer 4 Mai 2022 - 6:24



Hello Shadow Boxeur,

J'aime ta résilience.

Epanche-toi, tu ne me saoules pas, au contraire. Je t'écoute, j'accueille ce que tu me livres, en bloc, avec aisance.

Ca me surprend et ça résonne de partout, ça me rappelle tous ces récits de vie, depuis dix ans, toutes ces histoires que j'ai eu la chance d'écouter, et mon histoire, qu'on m'a fait raconté aussi.

[...]

Ces sujets sont extrêmement sensibles........ les aborder avec autant de décontraction ! Tu m'épates.

J'aime ton déroulement centripède, de fil en aiguille, pour le travail aller chercher, en périphérie, pour venir au plus profond de soi, de façon détournée, par le jeu, contourner les blocages du conscient, les mécanismes de défense. C'est juste génial, merci énormément de me partager tout ça !

Je suis venue aussi ici pour cela, j'ai ouvert ce fil avec cette intention : pour ne pas me taire, dépasser les blocages dans le processus d'écriture et aller jusqu'au bout de l'histoire que j'ai à mener à son terme.

Je me demandais sans cesse ces derniers jours comment aborder les sujets sensibles, intimes, à forte charge traumatique, je comptais écrire sur ce fil à propos de ces interrogations.

Je suis tellement contente de ne pas me retrouver ici les bras ballants avec mes questionnements ! Je m'étais mentalement préparée à monologuer hahaha
alien


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Message par Shadow Boxeur Mer 4 Mai 2022 - 13:42

Bonjour Amacore

Amacore? je cherche ce qui peut bien se deviner derrière ce pseudo.
A voir tes horaires, tu es peut-être matinale comme moi. En ce moment c'est réveil 4h37...sans réveil...mais 4h37...j'ouvre les yeux et il est 4h37...ça me laisse un peu de temps pour m'évader avant d'aller dans la vraie vie au boulot...et écrire tout ce que j'ai pu "penser" dans la nuit...
Je ne suis pas vraiment décontracté...faut pas croire...je grince des quelques dents qu'il me reste toutes les nuits...
mais je peux tout dire ou tout écrire, je n'ai pas vraiment de pudeur sur tout ça.

il y a ton [...] qui m'interpelle
qu'est-ce donc  à dire ?
pas sûr de comprendre...je me plante tellement souvent à ne pas savoir lire entre les lignes des sentiments...

A lire tes posts, je pense à ta question de réussir à écrire jusqu'au bout...

Forcément je ne peux parler que de moi...
ça me rappelle un bouquin que j'ai commencé à écrire il y a une vingtaine d'années...jamais fini
Je venais de faire un burnout, direction cure de sommeil, séances de psy et médocs...
Moi, j'avais besoin d'écrire...pas vraiment de message à délivrer...j'ai écrit comme ça me venait.
Un roman historique...ça m'a pris quelques mois, pas loin d'un an, je ne me souviens plus...une histoire très romancée du pape Gerbert, le pape de l'an Mil.
J'ai écrit un premier tome et l'ai donné à lire, à des amis, à la famille.
Le pape Gerbert, c'était pas moi ! mais ça a fait couler quelques larmes...je m'étais même pas rendu compte que je parlais d'une part de moi...il a fallu vingt ans pour que je puisse le relire et comprendre tout ce que je voulais dire à ce moment là, de façon détournée.
mais le principal intéressé, je ne le savais pas, mon père, m'a fait une correction orthographique et m'a dit que c'était de la daube, un vague pastiche de romans historiques à la mode...fin de l'histoire...j'ai pas écrit les deux tomes suivants...ils étaient pourtant dans ma tête.
A cette époque là, on s'étaient revus suite à mon burnout. ça a duré quelques années, j'avais des enfants et je me disais que c'était bien qu'ils connaissent leur grand-père. 

A y réfléchir...j'ai écrit bien des choses que je n'ai pas finies...

Je m'en ferai peut-être une question : pourquoi est-ce je n'arrive pas à finir les bouquins que je voudrais écrire?
Resterait à trouver douze mots, qui me viennent quand je pense à cette question, pas n'importe lesquels.
Mais pas pour l'instant...je dois finir d'écrire ce que j'ai commencé, avec une autre question et d'autres mots ! J'ai tout en tête maintenant...c'est peut-être ça qui m'en a détourné parfois...d'avoir déjà tout dans la tête de la suite de l'écriture...et la lenteur de l'écrire...

Alors si tu en as envie, si tu veux chercher douze mots pour cette question et essayer de te lire/écrire, je peux tenter de t'expliquer le fil à suivre et après...à toi de jouer !

Dans les trucs que j'ai pas fini, il y avait une sorte de dictionnaire...il y a un an, juste avant que je me lance dans les pliages...je pense que ce sera curieux de le relire maintenant que j'ai appris le mot Zèbre, à l'époque j'étais à mille lieux de cela. Je vais voir si j'en fais un fil ici.

Bonne après-midi !
 J'avais l'air presque normale 1f60e il fait beau à Marseille et pour une fois...j'ai lâché le boulot !
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Message par Shadow Boxeur Mer 4 Mai 2022 - 14:56

Aime encore !
Je crois que c'est comme ça que je lis/comprends/sens/ressens ton pseudo.
Une belle image.
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Message par Shadow Boxeur Mer 4 Mai 2022 - 18:13

Peut être "amour encore" plutôt
ça s'anagramme en amour écorné
reste une rune à déchiffrer ou une urne à ouvrir pour tomber sur Amocore Smile
Pourquoi j'ai lu Amacore et pas Amocore?  Idea
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Message par Amocore Ven 6 Mai 2022 - 7:17



Ah le soleil marseillais ! Merci pour les souvenirs, le vieux Port, la plage du Prophète, le Mucem...

pas sûr de comprendre...je me plante tellement souvent à ne pas savoir lire entre les lignes des sentiments...
Je ressens l'opposé !! Je l'avais déjà évoqué plus haut, l'intuition surpuissante constamment invalidée, je parlais pour toi aussi. Fais lui confiance, tu es d'une finesse et d'une perspicacité extraordinaires.

Voici la partie tronquée :

Par petites bribes enroulées. Les rêves, les cauchemars, les interminables nuits blanches et noires.

Les distances, les silences.

Laisser beaucoup d'espace, laisser entrer le vent, qu'il balaie le vide sidéral, qu'il fasse entrer l'air froid dans l'emmurement de l'âme, dans la mort intérieure, dans l'hiver sans fin.

Laisser entrer quelqu'un... pour la première fois.

Tu m'invites avec légèreté et tout naturellement à aller jouer sur ces terrains de résilience, et je sens la tension dans mon dos et la résistance en moi.

Je reste figée là.



Et si je ne dis rien, je consens ? Je te laisse croire, et projeter sur moi ce que tu penses que je suis, si proche de toi, et si lointaine en même temps. Si je ne relève pas ce point, alors tu assumeras que je suis une lève-tôt, parisienne, lyonnaise, bretonne, ou banlieusarde. Si je me tais, je te mens par omission. J'ai toujours menti ainsi. En laissant croire. Je laisse parler, je me tais beaucoup, je mens comme je respire.

Je suis un hibou de nuit et je t'écris de l'autre bout du monde. Avant je postais à ma pause déjeuner. Je faisais très attention à l'heure, et je postais même au milieu de la nuit des chansons dans la section "commencer sa journée en musique". Je me regardais faire en sachant pourquoi : vouloir avoir l'air dans la norme même sur un forum d'atypiques. Maintenant je ne peux plus le faire, poster en milieu de journée et passer inaperçue.

Pour une autre fois l'histoire du pseudonyme mutant, c'est un peu long, merci d'avoir demandé.

Je suis désolée pour ton père... Ton geste de partage avec lui est beau, avec lui et tes proches, c'est génial d'écrire un livre et de le faire lire !! J'aime ton verbe libre et décomplexé, tout en restant léger. Je suis admirative. Tu me touches avec tes confidences, ton ouverture, ta confiance... Et puis tu me fais avancer aussi... Merci I love you

Ce savoir intime que tes livres sont là en toi m'a interpellé ! J'ai toujours su que j'avais un livre en moi aussi... Je n'aurais jamais pensé que ce serait l'histoire que je raconte maintenant au fur et à mesure sur mon fil !

Il faut aller jusqu'au bout oui, je t'y encourage : nous nous sommes retrouvés ici pour cela, c'est le but de ce fil Very Happy  Je n'ai pas bien compris la règle du jeu, mais oui je veux bien jouer à trouver douze mots pour t'aider à continuer à écrire bounce

Je ne pense pas que ce soit la bonne question que de savoir pourquoi tu n'y arrives pas. La bonne question à se poser est : comment je fais pour y arriver et finir ce bouquin.

Allons jusqu'au bout de l'histoire, c'est vital ! Allons-y ensemble !

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Message par Shadow Boxeur Ven 6 Mai 2022 - 7:44

Bonjour Amacore
La Baie des Singes, des fois j'y vais m'ouvrir les yeux, les oreilles et le coeur
J'avais écris un poème sur cette photo, dans mon grimoire noir
Je crois qu'il y avait dedans Marseille je te mens, Marseille je me mens
Je t'enverrai ça

J'avais l'air presque normale Goudes10

Comment je fais pour arriver à finir ce bouquin qui est en moi ?
D'abord trouver trois forces dont on dispose qui pourraient le permettre.
Sans passer trop de temps à y réfléchir, comme de toute façon les mots viennent de toi, ils parleront de toi, même si la façon dont tu raccroche ces forces à la question ne te semble pas toujours parfaitement formulée.


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Message par Shadow Boxeur Ven 6 Mai 2022 - 7:59

Dans mon/ton/notre cas hypothétique, je dirais...
Délivrance (les mots sont là, les écrire une délivrance, une écriture qui coule)
Murmures (une petite musique qui s'écrit toute seule, des murmures qui viennent se poser doucement sur la feuille)
Plaisir (d'écrire, dans le geste, un rythme qui se met en mouvement)

Dans cette ordre là, de la plus forte à la moins forte
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Message par Amocore Sam 7 Mai 2022 - 19:21

Superbe photo.
J'attends le poème qui l'accompagne.

Shadow Boxeur a écrit:
Comment je fais pour arriver à finir ce bouquin qui est en moi ?

Tu as déjà des éléments de réponse en toi, avec les trois forces.
J'allais te répondre ce que m'a enseigné la Madone de la créativité spirituelle : en continuant à écrire. Tu auras toutes tes réponses, tu trouveras les solutions, les clés, la carte, le chemin, la destination.
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Message par Confiteor Sam 7 Mai 2022 - 19:43

Reste à trouver le lecteur, et ça c'est pas donné à tout le monde.
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Message par Shadow Boxeur Sam 7 Mai 2022 - 21:03

Se lire est déjà un bel ouvrage, je crois, je suppose.
Ce n'est pas l'anse de la Triperie, Amocore, mais bien la baie des Singes. 

Marseille, encore et toujours, évidemment
L'écrivant, toujours et encore je me mens

Baie des Singes cela ne s'invente pas
Voir, entendre, parler
Cela ne va pas toujours de soi
Sages malheureux, encore, pourtant de leurs cages libérés

Marseille pour patrie j'ai toujours choisie
Sans y être né, c'est pourtant ici
Qu'encore le large je viens chercher
Pour ne plus mes fantômes devoir regarder

Derrière mon épaule toujours tapis je les savais
Enfin je les rejoins pour avec eux vivre ici
Sur ces ancrages de non dits
Qu'encore maintenant je ne sais qu'encrer

Marseille, encore et toujours, évidemment
De lumières, d'ombres et de tourments
Bien enfoui au fond de mon alcôve
L'écrivant, toujours et encore, je cherche la métamorphose

Presque à Marseille, à la lisière du monde
Aux Goudes parfois, souvent je viens
Chercher à calmer la bête qui gronde
J'y ai des amis pour me tenir la main

Non pas héros, simplement Homme il y a Fabio
Que son père un jour baptisa en ces eaux

Plus loin repose un murmure que je ne peux plus entendre
Au fond de la mer auprès de son père reposent ses cendres

Juste au-delà de l'horizon un pilote s'est un jour abîmé
Dont la Citadelle m'a toujours habité

De l'autre côté de cette mère des mer
Naissait un homme révolté en qui j'espère

Je suis las, songeur et meurtri à l'arrêt
De trop de maux l'esprit toujours encalminé
Mais le vent du matin encore une fois se lève
Laisser là ma douleur pour à nouveau croire au rêve

février 2021....
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Message par Amocore Dim 8 Mai 2022 - 22:54

Confiteor a écrit:Reste à trouver le lecteur, et ça c'est pas donné à tout le monde.

Heureusement que nous ne sommes pas tout le monde Razz

La question du lecteur est centrale et en même périphérique.

Mon lecteur est en effet un don, je ne peux pas l'acheter, le forcer, il vient me trouver librement. Je n'ai aucune prise sur lui.

Mon job est juste de lui montrer ce que je fais. Lui délivrer mon message de la façon la plus belle et la plus entraînante possible. Sans me dénaturer ni chercher à lui plaire. Si ça lui parle, tant mieux, sinon d'autres aimeront. Dans le fond, je n'ai besoin que d'un seul lecteur.

Je n'ai pas beaucoup réfléchi, je suis venue ici. Mon instinct était bon : mon histoire est ultra zébrée. C'est nouveau pour moi tout ça, d'écrire pour être lue... J'essaie de ne pas trop m'en faire. Parfois, je me sens seule, aucune réaction, aucun retour, pourtant je vois bien qu'on clique. Cet exercice est libérateur, me libérer du regard de l'autre, et aussi de toutes les peurs en miroir que le manque de réaction excite.

En vrai, je doute qu'on m'ait lu depuis le début, déjà 40 épisodes, j'ai perdu les trois-quarts quand j'ai commencé à parlé de religion, en plus j'écris au fur et à mesure, c'est tout décousu mon truc. Mais les épisodes sont assez autonomes et je fais des petites intros en début, ça permet de rentrer dedans plus facilement.

Qu'en penses-tu ? Est-ce que tu m'as lu Confiteor ?

Shadow Boxeur a son idée du lecteur aussi.

C'est une aventure. Je n'avais pas prévu d'écrire cette histoire, ni la tournure qu'elle allait prendre. En commençant à l'écrire et à la poster, je ne me doutais pas que mon mariage allait exploser et que j'allais tomber éperdument amoureuse de l'homme qui l'a initié.

Je me suis mise à écrire ici, pour ne pas écrire au principal concerné. Comme une substitution pour ne pas pourrir sa boîte mail.
En me demandant le silence, il m'a offert un magnifique cadeau. Celui de la concrétisation d'un doux rêve secret.
Cette histoire me révèle à moi-même.
Un grand merci l'ami.


@Shadow Boxeur : Merci pour le poème I love you
Quelle ôde à ta ville !
Tu parles d'ancrage et d'encrer également, de se mentir toujours et encore, que parler ne va pas de soi... Comme il résonne en moi...
Tu me donnes envie d'en faire de même, une ôde à mon ancienne ville d'adoption, que j'ai quitté pour voir le monde en grand.
Et pour la poésie, c'est un cap à passer....




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Message par Shadow Boxeur Lun 9 Mai 2022 - 5:59

J'vais écrit ça sur le lecteur il y a peu, et deux autres mots qui me venaient à l'esprit si je me demandais quelles opportunités pourraient déclencher un livre qui irait jusqu'à son terme.
[ L'idée d'un lecteur ou d'une lectrice me semble opportune. Sauf à se parler à soi, ce qui serait sans fin,  une lecteur/trice m'apparaît indispensable. Réel ou imaginaire.
Dans un autre sens, que ce projet d'écriture soit en lui-même une lecture me semble également nécessaire, un bon moteur d'écriture. Une lecture qui précède l'écriture, donne une interprétation du réel, avec en conséquence derrière l'écriture un projet de don, d'une lecture à offrir en partage, plus que qu'une suite de pages même au style et à l'intrigue bien ficelés.
Une lecture de soi dans l'écriture d'un autre que soi, pour un autre que soi. Cela me semble important aussi, comme un élan, un moteur là encore, qui n'est pas près de s'épuiser. Que l'écriture donne à se découvrir, dans tous les sens du terme.

Tous les sens du terme. Je m'effare de ce que j'écris. Voilà bien une chose dont je ne peux m'empêcher, qui m'est nécessaire, ou plutôt un plaisir. Caresser les mots, les laisser exprimer tous leur sens, prendre vie, se déployer.
Lecture, lecteur, lectrice, oui, je retiens ces mots comme opportunité. Plutôt lecteur/trice sans lesquels il n'y a pas de lecture.

L'idée d'un dénouement me vient également. Quelque chose à dénouer dans l'écriture, qui donne un souffle à l'écriture. Lui fixe un terme aussi.
Un dénouement en soi, c'est bien l'idée d'un livre objet, mais également dans le soi de celui qui écrit, qui le poussera à poursuivre l'écriture, un livre sujet.
Plus que l'opportunité de trouver un bon sujet, un bon dénouement.
Plus profond encore, je m'en rends compte en l'écrivant, l'idée que ce livre, le temps d'une lecture, mais aussi tout le temps de l'écriture, fera naître, portera l'idée "des nous qui mentent souvent".
Ou plutôt, le temps de l'écriture, écrire à la personne du nous, pour un nous, ce nous dont je me sens si souvent dénoué, détaché.
Oui, l'idée de dénouement me semble une bonne opportunité.

Quoique cela mérite réflexion. J'ai déjà écrit un livre au moment d'un dénouement, lorsque la première femme de ma vie m'a quitté, au siècle dernier. En quelques jours. Inspiré par un autre livre, Adieu mon unique, si je me souviens bien. Dans la tristesse des correspondance d'Héloïse et Abélard. "Car mon cœur n'est pas avec moi mais avec toi. Et s'il n'est pas avec toi il n'est nulle part..". Des très belles lettres. J'y ai dénoué tout ce que je n'avais su lui dire. En larmes, elle m'a demandé pourquoi, au nom de quoi, je n'avais su lui dire tous ces mots...mais il était trop tard.
Un dénouement alors, oui, mais qui ne soit pas repli sur soi ni silence. Pour rester ouvert au monde dans l'écriture, tourné vers ce lecteur, cette lectrice, cela fait cohérence.

L'idée d'une échéance enfin.
Un terme auquel se tenir, à se fixer, où plutôt qui s'impose. Plutôt s'imposerait, je crois. Que le temps soit venu de refermer un livre resté ouvert, inachevé, sur son écriture.
Un terme fort. Qui me parle dans un autre sens, de fin d'une trajectoire vers l'échec, comme de réflexion sur la "mise en échec" de cette trajectoire qui jusque là n'a pas fait se refermer un livre, ou peut-être s'ouvrir le bon livre, le livre qu'il fallait pour arriver à échéance.
Une échéance qui nous échappe peut-être. Peut-être faut-il attendre que le moment soit venu d'écrire un livre jusqu'à son terme. Par l'irruption d'un lecteur, d'une lectrice qui sait.
Échéance me fait encore penser à crédit. Croire en soi, en ce livre, à ce livre en soi qui est là, qui doit être écris.
Plus lointain, échéance me fait aussi penser à échouage. Si l'échéance est dans le temps, l'échouage serait dans ou un espace. L'espace des yeux du lecteur ou de la lectrice peut-être.
Pas un échouage dramatique façon épave, mais un échouage volontaire, voulu, recherché, sur une île déserte restée jusque là inconnue.
Un échouage pour ne plus venir se poser à quai, sagement rangé et solidement amarré au milieu de la foule des autres navires.
Oui, échouage, la perspective que la fin de ce livre sera la découverte d'une nouvelle île, l'ouverture à la découverte de nouveaux rivages plutôt que fermeture dans une petite mort ou une clôture. ]


Quand je fais cela, chercher des mots je veux dire, je leur cherche ensuite un moteur, un autre mot. Comme le couple vitesse/accélération par exemple.
Quand j'y ai réfléchi, c'était quand...vendredi matin dernier, j'ai choisi ces mots là.


Pour l'échéance j'ai choisi le mot destin. Si cela doit arriver à échéance, c'est que c'était le destin. Il y aussi cette idée, même si ce n'est pas son sens, de voir dans échéance l'acte d'échouer, l'actualisation de l'échec. Dans ce cas, l'opportunité, par l'écriture peut-être de faire mentir le destin. C'est un peu cela aussi que je vois dans les livres et l'écriture avec les costumes et les vies imaginaires qu'ils procurent, et font mentir le destin. Comme une intrigue bien ficelée fait aussi mentir le destin, amenant le lecteur à une issue qu'il n'avait pas imaginée.


Pour le dénouement, j'avais choisi intrigue ou intrigante. Il y a évidemment le sens premier, d'une nécessaire intrigue. Mais j'y vois aussi l'écrivain intriguer pour fasciner, amener le lecteur dans ses fils, se cacher, se dissimuler aussi derrière ses personnages, ses décors. Peut-être le lecteur aussi, qui trouve les lignes, ces pages intrigantes. Qui lui donneront peut-être une fois la lecture achevée un sentiment intrigant qui a dénoué quelque chose en lui, sans qu'il puisse vraiment le définir.


Pour le lecteur/lectrice, j'avais choisi psychologie/psychologique. Je ne vois plus trop, là maintenant, ce qui m'a donné ces mots vendredi. Peut-être pour garder l'idée que si l'on s'écrit soi, si l'on écrit pour soi, il n'y aura pas de lecteur si on ne lui écrit pas. Qu'il est peut-être nécessaire de se mettre dans cette disposition, d'imaginer lui écrire, lui parler, penser au fil de la lecture.


Curieux Mandala qui parlant alors de moi, avec mes mots, me dirait une opportunité dans l'écriture se voir l'échéance d'un dénouement par les lectures d'un livre achevé. Et le destin d'une intrigante psychologie...Fichu Mandala. Sa lecture complète devrait me surprendre mais il manque encore des mots pour le faire tourner. Plus tard.


Bonne journée !  sunny
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Message par Shadow Boxeur Lun 9 Mai 2022 - 6:13

Même pas foutu de bien le lire ce matin...
Opportunité pour finir l'écriture d'un bouquin (pour moi, avec mes mots) : l'échéance (l'heure est arrivée) d'un dénouement par/avec des lectures/lecteurs/lectrices du destin d'une intrigante psychologie.
ça doit être être ce qui se passe ici.
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Message par Shadow Boxeur Lun 9 Mai 2022 - 6:45

Quant à la poésie Amocore, je ne crois pas en écrire. En tout cas ce n'est pas ce que je fais ou veux faire quand j'écris ce genre de textes.
J'ai juste un sentiment ou une atmosphère que je laisse me gagner, je laisse flotter les mots, et puis j'en choisi un et de mots en mots rimés j'écris un truc d'une traite. Rimés, mais pas poésie encore, je pense.
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Message par Invité Mar 10 Mai 2022 - 3:53

Ce qui est fâcheux, pour s'exprimer, c'est parfois, quand on est fâché.

Il parait que détruire c'est mal, et que le mal c'est pas bien.

Pourtant, moi, j'ai construit, et détruit, mille fois.
Pour ne garder que l'immuable, l'inaltérable.
Ce que rien ne pouvait briser, en m'appliquant à faire de mon mieux pour briser tout ce qui était brisable.
Et je l'ai fait pour toutes choses.
Ma science, ma poésie, et même mes relations.

D'ailleurs, c'est pour cela que je n'en ai aucune, de relation.
Non pas que je sois trop élitiste. A la vérité, je n'ai aucun critère.
Mais car je n'ai rien pu conserver d'immuable, d'inaltérable, au sein de mes relations.
Aussi ai-je tout annihilé, jusqu'à l'essence. Et je n'ai trouvé aucune essence.
J'ai tout brisé. Tout. Et il ne restait plus rien d'imbrisable.
Alors je suis resté tout seul, avec mes morceaux.

Certains diront que c'est mal de briser.
Je crois, d'expertise, que ces gens ont peur de se briser...
En fait, ils ont surtout peur de ne rien trouver à l'arrivée.
Et je crois, également, d’expérience, que l'on peut faire confiance à l'intuition.
Mais moi, plus je me suis brisé, plus j'ai été entier.

J'ai brisé plein d'autres trucs, depuis.
Pour voir comment c'était dedans.
Faut dire que j'ai l'esprit du mécanicien, et l'altruisme du réparateur.
J'ai aussi un amour inné pour les cailloux jolis, qui bien souvent, se cachent dans des géodes banales.
Aussi ai-je découvert, qu'en fait, il n'y avait pas de différence entre l'homme de science et le poète.
Et que le passionné, quel qu'il soit, aime parler de ce qui est enfoui, caché.

Aussi ai-je fait des montagnes avec du vent.
Je les aurais écrasées dans un océan de pixel.
Avant d'y foutre le feu, parceque c'était joli.

J'ai alors compris que le détail était immense.
Et je n'ai plus accordé d'intérêt à l’infime.
Plutôt que de chercher mes détails au microscope, au télescope..
J'ai inventé le macroscope.
Et je suis parti à la recherche de ce qui était trop grand pour être vu.

Alors ai-je parlé de l'évidence.
Je suis allé voir les braves gens, pour leur parler de l'évidence.
Et ils me répondaient " Oui, c'est évident, tu n'as rien découvert".
Alors même qu'ils ignoraient ce qui était évident, assis sur des acquis qui prétendaient surplomber mes conclusions.
Encore que ces acquis étaient de minuscules fragments, sur lesquels une seule fesse n'aurait pas tenu.
Et pourtant, ils y tenaient, d'un équilibre profond.
Ces même gens, qui n'avaient jamais rien brisé de leurs vies.

Ils voulaient chier sur mes joyaux. Mais chier des paillettes.
M'obliger à être sympathique.
Et me punir si je manifestais ma peine.
Alors je les ai brisé. Pour les débarrasser du superflu.
Mais je n'ai récolté que de la poussière. Et même pas de la poussière d'ange.
Aussi des punitions pour avoir dit des gros-mots.

Il m'a été dit que j'étais coupable d'être un briseur.
Mais c'est pas vrai, j'ai pas choisi.
Ou alors, au quel cas, ils étaient coupables d'être aussi fragiles.
Et surtout vides, à l’intérieur.
Car ne craint pas le brisage, celui dont le cœur est immuable.
Idem pour les couilles, et tout ceux qui ont voulu me les briser se sont cassés les dents.


Quoi qu'il en soit, je m'amuse bien des prophètes, des inquisiteurs, et autres professionnels du bien.
Et ceux qui ont troqué leur visage pour un nom, seraient contents de s'encombrer d'un titre.

Menacés par le feu nucléaire, ils oublieraient encore de s'aimer, mais pas de parler de l'amour.

Ignoreront-ils encore, que je suis passé maitre dans l'art du sarcasme, en ne disant que la première des vérités.
Et qu'ils ne sont maitres d'aucune vérité, encore qu'ils incarnent le dernier des sarcasmes.

Ils parlent de l'amour immuable, quand leurs âmes quittent leurs corps à la moindre gifle.
Ils feront la loi du bisou. Et celle de la sympathie obligatoire.

Je ne leur offrirais mon amour, qu'en leur faisant pleurer toutes les larmes de leurs corps.
Et s'ils parlent toujours d'amour après, je les laisserais m'aimer.

Ils viendront me dire que mon cœur est froid, sans venir le réchauffer.
Encore qu'ils le savent autant que moi, leurs poitrines ne connaissent que le vide et le silence.


Je n'ai jamais eu peur de m'exprimer.
Je construirais des montagnes pour briser des cloportes.
Puisse leurs carapaces les protéger.
Ce n'est pas disproportionné, c'est seulement leur montrer du respect.
Seulement l'amour de l'art, et ma façon de les aimer.












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Message par Amocore Mar 10 Mai 2022 - 19:57

Merci Shadow Boxeur pour cette contribution publique très riche, il y a beaucoup de pistes... Je les reprendrai plus tard promis, de longs échanges en perspective !


Shadow Boxeur a écrit:Quant à la poésie Amocore, je ne crois pas en écrire. En tout cas ce n'est pas ce que je fais ou veux faire quand j'écris ce genre de textes.
J'ai juste un sentiment ou une atmosphère que je laisse me gagner, je laisse flotter les mots, et puis j'en choisi un et de mots en mots rimés j'écris un truc d'une traite. Rimés, mais pas poésie encore, je pense.

Merci pour cette approche qui enlève la pression.
J'ai envie d'écrire en rythme, mais j'ai la trouille.

J'ai demandé à Quatre de m'apprendre, ses poèmes sont sublimes.

AND QUATRE IS BACK afro



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Message par Amocore Lun 16 Mai 2022 - 8:33


Pardon du délai de réponse.

Quel plaisir de vous lire, comme vous écrivez bien ! Chacun à sa façon, avec des styles, un message et un contenu très différents.

Quatre je trouve ce texte très bon. Tu es parti ? J'ai dû louper un épisode encore. Briser les gens, carrément ! J'ai, pour ma part, appris de mes erreurs et ne donne l'heure que lorsqu'on me la demande explicitement.. Du coup, la plupart du temps, je me tais. J'espère que tu reviendras quand même. ZC peut être confrontant, mais tu peux y faire face de par ton vécu.


Merci beaucoup Shadow Boxeur pour ta réflexion. Je te lis, je te relis... Je suis admirative par ta capacité à enchaîner les idées et à les suivre, les développer aussi élégamment.

Des très belles lettres. J'y ai dénoué tout ce que je n'avais su lui dire. En larmes, elle m'a demandé pourquoi, au nom de quoi, je n'avais su lui dire tous ces mots...mais il était trop tard.
Un dénouement alors, oui, mais qui ne soit pas repli sur soi ni silence. Pour rester ouvert au monde dans l'écriture, tourné vers ce lecteur, cette lectrice, cela fait cohérence.


Pour l'échéance j'ai choisi le mot destin. Si cela doit arriver à échéance, c'est que c'était le destin. Il y aussi cette idée, même si ce n'est pas son sens, de voir dans échéance l'acte d'échouer, l'actualisation de l'échec. Dans ce cas, l'opportunité, par l'écriture peut-être de faire mentir le destin.

Je crois que j'écris dans cette optique-là.

Ecrire également pour ne pas subir les événements. Je ne suis certes pas la scénariste dans l'histoire que je raconte, mais la narratrice, et j'exploite cette marge de manoeuvre à son maximum. Le même incident peut être amené, décrypté, tourné, narré de façons diverses et opposées. Le travailler dans l'espoir de transformer la tragédie grecque en une éclosion de sagesse.

Dans mon cas, j'avais essayé les échéances, et rien n'a marché. Et maintenant j'ai un calendrier, ou compte-à-rebours intuitif. Le temps de concrètement changé de vie. L'objectif est clair : 100 épisodes. Pourquoi 100 et pas 101 ou 200 ? Aucune idée.

Tu parlais de dénouement, j'ai déjà écrit l'épisode final, le dénouement de cette histoire est clair et en même temps ouvert. J'aime les fins ouvertes, celles qui laissent sur la faim, qui nous fait en redemander, même si mon cerveau préfère les chutes avec une fin fermée, comme cela il peut fermer la porte et passer à autre chose.

J'ai écrit très tôt sur les traumas et je voulais les poster. Impossible. Ils arriveront dans le bouquet final, épisode 98 et 99. Nous approchons la cinquaine déjà, je peine à finir et clôturer l'intrigue principale qui avait démarré l'histoire, pour laisser place à l'intrigue secondaire, un récit autobiographique, mais qui ramènera en looping à la fin l'intrigue première afin qu'elles fusionnent entièrement, avec un sentiment d'évidence à la fin d'une démonstration qui n'a rien de mathématique.

Shadow Boxeur, j'ai peur de redevenir muette et de me taire avant d'avoir amené cette histoire à son terme.

Je trouve mon style raplapla, anecdotique, chiant. Je sais bien que dans mon cas, ça n'est pas l'essentiel, qu'il est un véhicule pour aller à l'épisode 100.

Mais que fais-tu dans ces cas-là ?

Je voulais te demander si tu lisais beaucoup également ? Et que lis-tu ? Tu évoquais les correspondances d'Héloïse et Abélard également.  
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Message par Shadow Boxeur Ven 20 Mai 2022 - 15:43

Bonjour Amocore, j'ai traîné à répondre, pardon, je me perds un peu dans cet univers ZC que je découvre.
Amocore...je n'arrive pas encore à savoir ce que je ressens derrière ce nom...un truc connu, j'en vois les contours mais sans savoir en dire le nom...comme quand tu cherche un truc que tu as sur le bout de la langue mais ça te revient pas. Bref...ce n'est pas le sujet.

Je n'ai pas de doute que tu ne deviendras pas muette dans ton compte à rebours, il faut d'ailleurs que je reprenne, j'ai peut-être raté quelques numéros.
Muette tu ne l'es pas et ne pourras jamais l'être.

Quant à ton style, je ne suis pas écrivain, je ne pourrai malheureusement guère t'aider.

Tu en as un dans tes écrits.
Que tu le trouves raplapla, anecdotique, chiant...ne signifie peut-être seulement que ce n'est pas ton style.
Tu trouves en fait que ce n'est pas toi, peut-être.

Ne prends pas mal ce que je vais écrire, je t'en prie.
J'ai l'impression que tu écris avec l'idée que tu dois mettre un style pour être lue.
c'est probablement nécessaire pour être lue, éditée, je ne sais pas, je n'ai jamais pris le temps de chercher à être édité.

Quand je te lis, et c'est agréable quoi que tu penses de ton style, j'ai l'impression que tu écris derrière une vitre polarisée. Tu sais, pas une vitre transparente, une vitre qui cache un peu, déforme, ne montre que des ombres.
Tu réfléchis à ta façon d'écrire. Encore une fois, j'imagine que c'est une bonne idée pour un écrivain.

De mon expérience, je sais que quand j'écris pour être lu, je trouve ça nul. Je le fais parfois, pour essayer d'expliquer. Comme ce lexique donné à ma compagne. Je devrais dire ex compagne maintenant. Ou ce vieux livre écrit il y a une vingtaine d'années.

Je sais aussi que quand j'écris, comme si je n'écrivais que pour moi, en me laissant aller à être moi...je fais souvent couler des larmes, ou fait naître des sourires, c'est selon...écrire en écoutant ma musique intérieure, mes rythmes, mes divagations...l'inconvénient, c'est que pour garder un fil c'est compliqué...avec des humeurs, des sentiments changeants.

Drôle d'idée, mais ce n'est pas qu'une idée, de savoir que quand j'ai tant pleuré en écrivant certaines lignes...les larmes se transmettront...

Tu as encore pas mal de numéros dans ton compte à rebours pour libérer ton style, ou après tout ne pas te poser cette question.

Voili, voilou.

Quant à lire, voilà quelques mois que je ne lis guère. Enfin pas pour le plaisir de lire. Compliqué de trouver un bouquin qui t'arrête pour le lire lentement mot à mot, sans le lire en diagonale et avoir tout compris rien qu'en le feuilletant, ou cru tout comprendre.
Mais oui j'ai beaucoup lu. Avec des périodes...histoire médiéviale...SF...sociologie...philosophie...management...littérature russe...polar US...politique...etc...
Mais là...calme plat. Je pourrais me mettre à lire sur les zèbres mais quelque chose me freine...pas envie.

Je reviendrais dans le week end te donner encore quelques mots si tu permets.
D'ici là, lâche ton style et oublie toi dans l'écriture !
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Message par Amocore Sam 21 Mai 2022 - 6:42



Le Shadow Boxeur, toujours un plaisir de te lire. Tu m'écris si tu veux, quand tu veux, peux. Je comprends, moi-même j'étais très occupée. Et puis il me faut un certain temps aussi pour réfléchir, prendre de la distance et laisser tourner en arrière plan avant de pouvoir formuler une réponse. Je me rends compte que cela peut aussi créer une distance émotionnelle avec l'autre, involontairement, ou inconsciemment. J'aime la temporalité plus lente du forum.

Merci beaucoup pour ton feedback, j'en ai besoin. Quelle prévenance à ménager ma sensibilité ! C'est drôle que tu parles de vitre polarisée, je pensais à du verre cannelé pour ma part...

Figure-toi que j'ai relu les derniers épisodes, mais cette fois-ci de mon téléphone portable et l'expérience était tout autre. Le regard neuf, je me suis dit que si j'étais mon lecteur idéal, ultime, l'homme qui me fait écrire, si je recevais cette longue histoire d'amour, même écrite avec les pieds, j'en serais touchée.

L'essentiel est là. Car elle est écrite avec le coeur, un coeur cannelé et polarisé, certes ! Mais la chape de béton a explosé, le silence a été brisé, on avance. Doucement...

Voilà tous les stratagèmes des peurs, de l'ego, pour me faire arrêter d'écrire. La critique acerbe.

Bien évidemment que je cache ! Pourquoi je me suis embarquée là dedans ? Pourquoi je me soumets à cet exercice si difficile de montrer ? Car je suis venue ici dire ma vérité. Mais c'est tellement périlleux...

D'ailleurs, je voulais te demander sur ton fil du lexique : n'as-tu pas froid ? De te montrer à nu comme tu le fais ? j'y ai pensé en te lisant... Je commence à me sentir déjà tellement vulnérable... Et je suis frileuse, toujours un châle, une veste sous la main, et émotionnellement aussi. Comment fais-tu pour te sentir à l'aise ?

On se rejoint, tu me dis que tu trouvais ton lexique écrit pour être lu nul, mais quel merveilleux cadeau pour ton ex compagne, quelle marque d'amour !

C'est aussi ce que je tente de faire, un mode d'emploi a posteriori : pourquoi je me suis comportée ainsi, ce qu'il s'est réellement passé de mon côté. Non pas pour me justifier, je reconnais le mal que j'ai fait et je le regrette, mais pour expliquer, donner des clés permettant de comprendre et de pardonner. Mon histoire est une grande demande de pardon, une longue déclaration d'amour.

J'ai envie de lui écrire des lettres d'amour. Les poster ici car il faut bien les envoyer quelque part. Ma morale m'en empêche, me fait souffrir... ça n'est pas correct, il faut ronger mon frein et attendre d'être une situation qui ne me causerait plus de cas de conscience. Ma vie actuellement est une attente. Attente de la machine administrative, attente du feu vert, attente de me jeter dans le vide.

Concernant le fait d'écrire sans vouloir être lue. Quelques anciens épisodes ont été écrits ainsi... sinon j'ai énormément écrit en secret, ça relève du journal intime, je trouve cela beaucoup moins intéressant pour ma part.

Je reviendrais dans le week end te donner encore quelques mots si tu permets.
D'ici là, lâche ton style et oublie toi dans l'écriture !

Tu sais bien que ton apport est bienvenu et apprécié.
Merci pour les encouragements  I love you

Edit : pour moi tu es écrivain et il serait bon de te prendre un peu plus au sérieux.
N'as-tu jamais songé à te faire éditer ?

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Message par Amocore Ven 10 Juin 2022 - 1:15

Je bloque bien depuis quelques jours pour aller dans les endroits plus sensibles, plus confrontants...

Dépasser le blocage de la feuille blanche, appliquer les techniques apprises.

07.06.2022

Le contrat à un million

Les barrières, la vitre en plexi, le style elliptique, le mystère, les non-dits. Sortir de son corps et raconter en mode observation, cette anti-héroïne n'a rien à voir avec toi.

On la détruit comment la façade ? A partir de quel épisode ? Quand est-ce qu'on va rentrer dans le dur ? Qu'on devient explicite, graphique, obscène ? C'est quand qu'on crache la vérité horrible ? Et qu'on rentre dans le glauque et le malsain ? Qu'on décrit l'ombre perverse que tu n'arrives plus à cacher ?

C'est tout ce qu'on attend au final. Quand va-t'elle lâcher le morceau et dire ce qu'elle a fait, ce qu'on lui a fait. Qui elle était et ce qu'elle est devenue depuis.

Tic toc tic toc tic toc

Saisis ta chance, toi la stupide  - -

La vie est courte, tu peux le faire !

Tape, tape dans le dur. La carapace est fendue, elle va lâcher sous le poids de la vérité. Tape, continue à taper, tu vas la fracasser. Tape, tu n'en as plus besoin. Elle a tenu, elle a fait le job, elle t'a protégé, maintenant elle t'encombre, elle t'alourdit, elle t'empêche d'avancer. Alors tape sur ton clavier, chaque mot, un coup de marteau.

Le temps joue contre toi, de face il souffle, tape, tape, avance face au vent, à la temporalité terrestre.

Tic toc tic toc tic toc

Qu'est-ce que t'attends ?

Ne t'arrête pas de taper, tu vas y arriver, tu es capable, tu as écrit pendant dix ans, des centaines de journaux intimes, le récit de ta vie en thérapie, en écriture automatique, en questionnaires de 500 questions, tu l'as fait, t'as écrit deux mémoires de Master avec mention, tu peux le faire, continue à taper. C'est ta chance, c'est ton contrat à un million.

Sors de ta tour d'ivoire qui t'enferme, qui protège ton personnage fictif, sors du mensonge de ta vie qui te hante.

T'attends quoi, toi la stupide - - ?!

Juste tape.
Dis la vérité.







.
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Message par Mentounasc Ven 10 Juin 2022 - 2:03

Amocore a écrit: Comment expliquer le refus acharné de l'amour pour ne pas faire face au désamour tragique de sa vie ?

Parce que souvent, certain(e)s ont peur. Peur de quelque chose qui les dépasse, peur de n'être pas à la hauteur, ou simplement peur de ne pas pouvoir donner autant que ce qu'ils(elles) reçoivent.
Je parle en connaissance de cause, j'ai eu 3 compagnes atteintes de ce "malaise". Qui n'est pas facile à identifier, et encore moins à reconnaître....
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Message par Shadow Boxeur Ven 10 Juin 2022 - 6:15

Bonjour Amocore,

Tic toc tic toc tic toc....

Ce que tu écris me fait un peu peur d'une bombe à retardement que tu ferais et regarderais exploser.

Je crois que je préférerais un désamorçage, ou un déminage ! 
On s'approche de la bombe à retardement, avec des protections.
On la regarde sous toute les coutures, sans trop toucher.
Et quand on a compris son mécanisme, on trouve le fil qu'il faut couper pour la neutraliser.
Alors on peut la déplacer et aller la poser dans un coin où on la fera exploser en toute sécurité, à bonne distance,  sans blesser personne.
A bonne distance, ça me semble important ça, maintenant que j'y pense.

Bonne journée, et bonne écriture "secure" !
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Message par Amocore Ven 10 Juin 2022 - 8:04



Mentounasc a écrit:
Amocore a écrit: Comment expliquer le refus acharné de l'amour pour ne pas faire face au désamour tragique de sa vie ?

Parce que souvent, certain(e)s ont peur. Peur de quelque chose qui les dépasse, peur de n'être pas à la hauteur, ou simplement peur de ne pas pouvoir donner autant que ce qu'ils(elles) reçoivent.
Je parle en connaissance de cause, j'ai eu 3 compagnes atteintes de ce "malaise". Qui n'est pas facile à identifier, et encore moins à reconnaître....


Merciiiiii

Ce sentiment d'urgence d'un coup. Tic toc tic toc. Le temps tu l'étires, tu le rallonges, tu l'accélères, tu le fais tourbillonner. Quelle idée de vouloir chercher midi à quatorze heures dans un autre espace temps !!

Tu me rappelles que j'ai voulu aller trop vite, taper dans le dur trop tôt, j'ai omis cette couche-ci. Les peurs, les mécanismes de défense egotique, la construction fragile... J'ai cinquante épisodes pour explorer la question.

Comme j'aimerais parler ton language, précis, net, droit au but. Mais je n'aurais plus d'histoire à écrire, à développer...

@ Shadow Boxeur : surtout ne t'inquiète pas pour moi, niveau déminage, j'ai de l'expérience haha à la place cette nuit, j'ai écrit une lettre d'amour, douce, très douce.... Belle journée sous le soleil de Marseille sunny

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Message par Amocore Sam 11 Juin 2022 - 21:37

Réflexion sur les méthodes d'écriture


Je me suis lancée dans ce projet d'écriture à l'aveuglette, j'ai plongé et j'apprends à me dépatouiller en faisant.

Les seules techniques que j'ai apprises sont celles pour dépasser la paralysie face à la feuille blanche. C'est tout. C'était l'essentiel. J'ai appris aussi à formuler une problématique, une grande énigme technique, et des hypothèses, à structurer une argumentation en m'appuyant sur des citations de travaux de recherche pour les vérifier. Mais je n'ai pas appris à écrire une histoire de résilience sur fond d'amour et de mysticisme.

Au tournant du cinquantième épisode, je commence à me renseigner sur les techniques d'écriture. Seulement maintenant. J'adoooooore mon cerveau, viens là petite cervelle que je te fasse un grand câlin ! Heureuse de ne pas avoir procédé à mon habitude frileuse et perfectionniste de tout disséquer et quadriller en amont, heureuse de ne pas avoir commencé par la théorie, à lire cent cinquante pages web avant de procrastiner face à la masse de paramètres à prendre en considération. Joie, joie, joie.

Heureuse de constater qu'intuitivement, j'ai appliqué quelques règles de base : un élément pertubateur qui vient mettre en l'air le quotidien paisible, et des périties ensuite, avec des retournements de situation.

Je lis tout de même que j'ai besoin de définir une thématique centrale comme liant de mon récit autobiographique.

Grâce à vos interventions où je vous ai sentis interpellés, qui m'ont en tout cas interpellée, je me demande si ma thèmatique centrale ne serait pas cela dans le fond : le non-dit.

La vérité voilée, cachée, niée, et le processus pour la rétablir et la faire éclater au grand jour.

Le silence comme grand mensonge par omission, le silence comme porteur de la vérité.

Et d'arrêter de m'en faire si je ne tape pas dans le dur, et d'arrêter d'être obsédée à l'idée d'ouvrir la carapace à coups de marteau. Car elle n'a pas besoin d'être forcée. Elle se dissout au fil des épisodes, les voiles se lèvent un par un.


Je lis que les péripéties sont des obstacles à la résolution.
Dans une histoire d'amour, les obstacles empêchent les amants de se retrouver.

Et que le dénouement est la situation finale qui se doit de résoudre le dernier obstacle et rétablir l'harmonie. Il doit résoudre tous les problèmes rencontrés, expliquer tous les mystères, et remplir son contrat de promesse.

Quelle promesse ?

Est-ce vraiment une histoire d'amour que je raconte-là ? Si oui, elle n'est pas du tout classique, donc l'enjeu est ailleurs, il n'est pas question ici de réunion des amants mais de réunion avec soi-même. L'amant ici n'étant que l'élément déclencheur de cette aventure intérieure. Bien sûr, je ne vais pas mentir, j'adorais un happy ending. Mais cela ne constitue pas l'enjeu central de ce récit.

L'enjeu est de dépasser le chagrin d'amour, de sortir des griffes du personnage méchant et de retrouver le chemin, de trouver la voie intérieure, peut-être pour la première fois.

Comment en rendre compte ?

Comment réussir à faire coller ces deux phénomènes parallèles, la relation à un homme, la relation à soi, et à les faire fusionner complètement en expliquant que sur un autre plan, ils sont profondément liées ?

Complexité...
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Message par Shadow Boxeur Dim 12 Juin 2022 - 5:39

Bonjour Amocore,

ta réflexion m'a un peu tourné dans la tête, elle m'a donné une intuition immédiate mais il fallait que des morceaux se mettent en place, se connectent.

Pas encore très simple à expliquer.
Ce n'est pas de la méthode d'écriture, juste quelques idées.

Sur ta thématique centrale, je me dis que la résumer à un mot n'est peut-être pas suffisant, même si cela est nécessaire pour en fixer le coeur.
Peut-être une courte phrase qui commence par c'est l'histoire de...
Une phrase qui en elle même pose question, et à laquelle tu n'as pas forcément la réponse quand tu commences à écrire. En tout cas, qui pose question aussi au lecteur. Mais comment ça va se passer cette histoire ? Je suis curieux de lire ça.

Qu'est-ce que je pourrais imaginer comme phrase, par exemple ?

C'est l'histoire...

C'est l'histoire d'une jeune femme qui  après bien des combats, découvre en devenant écrivain que le non-dit n'est pas le tû mais l'à-venir et rencontre son destin. (au début le non-dit la tue, à la fin elle l'a vaincu, mais comment, c'est toute l'histoire, mais pas seulement en le disant, ça serait une histoire ordinaire, peut-être même sans le dire)
Ce n'est probablement pas très clair, mais j'espère que tu vois l'idée de l'intérêt de cette petite réflexion avec cette phrase "C'est l'histoire de...".

De la une idée sur tes péripéties aussi. Tu les vois comme obstacles sur le chemin d'un dénouement.
C'est une de leurs dimensions mais je pense qu'il peut y en avoir d'autres.
Dans le sens où elles...font l'histoire.
Comment dire...péripétie au sens de revirement.
L'histoire prenait une direction...le lecteur se pensait entraîné dans une direction...péripétie...fin de chapitre...et là, nouveau chapitre, c'est dans une autre direction que l'histoire l'emmène, le surprenant, le captivant pour le coup.
Ca m'est arrivé d'écrire comme ça. En me demandant à chaque péripétie se qui pourrait se passer ensuite. Et faire le tri des options. Dans la vraie vie ça se passerait comme ça...mais là on est dans une histoire, dans quelque chose d'extra-ordinaire, donc trouver une autre voie.

Il y a un autre truc, mais moins clair à expliciter, lié au revirement.
Comment l'écrire. Un histoire de tiers exclu et de tiers inclus.
Tu as l'histoire "de base", celle du narrateur, ton personnage. Tout ne sera pas écrit de son histoire.
Tu as l'histoire écrite par l'écrivain, qui avec de la technique, sélectionne ce qu'il va écrire de l'histoire du personnage et le met en forme, en style.

Et il y a ce tiers, inclus ou exclus, qu'est l'auteur, toi.
C'est pas très clair...je peux écrire un polar moyen en restant tiers exclu, il suffit d'appliquer quelques recettes qui fonctionnent. D'ailleurs, si tu lis beaucoup de polars, tu finis par repérer ces recettes et ils finissent par t'ennuyer.
Jusqu'à ce que tu tombe sur un polar "tiers inclus" avec un auteur qui invente une nouvelle recette, la sienne.

J'aimais bien cette façon d'écrire. Dans laquelle tu es tiers-inclus, tu te surprends toi-même en écrivant l'histoire. (tiers exclu, tu t'observes, tu observes tes personnages mais c'est eux qui ont la main sur l'histoire).
Face à cette péripétie, qu'est-ce que je ferais ? qu'est-ce que j'ai toujours fait ? mais là c'est une histoire extra-ordinaire que j'écris (à moins que tu n'écrives une bio), donc qu'est-ce que je pourrais faire d'extra-ordinaire ?
Ce qui, parfois, peut changer ta façon de penser, te fait te découvrir, et va savoir, t'apprend à faire des trucs extraordinaires.

Tu me diras si c'est trop énigmatique ce truc de tiers inclus/exclus...

Bonne écriture ou bonne cuisine pour inventer ta recette !
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Message par Shadow Boxeur Dim 12 Juin 2022 - 6:06

Ah si dernier truc, sur le non-dit, ça m'a fait penser à Dennis LEHANE.

Dans des styles différents, il écrit beaucoup sur des non-dits, je ne sais pas si tu connais cet auteur.
Un style profond, peut-être mélancolique, dans Mystic River (excellent adaptation au ciné), Ils vivent la nuit par exemple.
Un style plus habillé, non pas habillé, fictionnel, avec de l'humour, dans la série Kenzie et Gennaro, avec Sacré, Ténèbres prenez moi la main ou Gone Baby gone (très mauvaise adaptation au ciné) par exemple.
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Message par Amocore Dim 12 Juin 2022 - 22:31

Merci énormément pour ton retour Shadow Boxeur !

C'est l'histoire d'une jeune femme qui  après bien des combats, découvre en devenant écrivain que le non-dit n'est pas le tû mais l'à-venir et rencontre son destin. (au début le non-dit la tue, à la fin elle l'a vaincu, mais comment, c'est toute l'histoire, mais pas seulement en le disant, ça serait une histoire ordinaire, peut-être même sans le dire)

C'est superbement dit Embarassed

Bonne idée cet exercice. Très compliqué de résumer, de tirer l'huile essentielle... ça se complexifie dans ma tête... Trop d'axes, des portes en enfilade...

Je prends une position externe de celle qui écrit car sinon c'est impossible à gérer dans mon cerveau.

Dans le premier épisode, alors que je ne savais rien de ce qui allait suivre, consciemment du moins, j'avais écrit :

C'est l'histoire de la fille d'une mère belle, intelligente, séduisante et monstrueuse qui l'a façonné à son image.

Cette fille devenue femme persévère à ordonner sa vie, s'acharne pour garder le contrôle d'impulsions chaotiques, maîtriser une inclinaison naturelle au morbide. Aplanir le tempérament, calmer sa personnalité, cacher sa folie, la passer sous silence. Si personne ne l'entend, personne ne pourra suspecter son existence. Et encore moins son intelligence. Une vie banale, protégée par l'anonymat de la médiocrité, espérer vivre ainsi en toute simplicité.

Et puis un jour, quand elle s'y attend le moins, une sortie de silence. Pour poser une question, comme si de rien n'était « est-ce que ton choix de vie a porté ses fruits? ». Et fait basculer le rapport de force en faveur d'un homme oublié, dominé par sa fougue tenace pour cette femme à l'époque belle, intelligente, séduisante et monstrueuse. Vient réveiller sa folie silencieuse.

Sa folie silencieuse, c'est sa véritable personnalité déjantée, c'est sa vision du monde en opposition à la pensée dominante, c'est son THQI dissimulé...

Je vais arrêter de me voiler la face (haha j'apprends), je raconte bel et bien une histoire d'amour. Une histoire extraordinaire de deux êtres extraordinaires qui ont été hors de la vie l'un de l'autre pendant une décennie. Cette histoire est la longue lettre d'amour et de demande de pardon qu'elle lui écrit.

-  Elle lui montre son changement drastique en lui racontant son cheminement après leur séparation.

- A lui qui avait ressenti dès le départ le caractère hors du commun de leur lien, elle lui explique le détail de sa dimension spirituelle, car c'est son domaine à elle. Il avait le livre mais ne savait pas le lire. Elle n'avait pas le livre mais sait lire. C'est très compliqué à expliquer, très perché aussi, il faut le vivre pour le croire.

- Elle lui donne les clés de compréhension de sa psyché : pourquoi elle l'a rejeté alors qu'elle l'aimait, pourquoi elle était si torturée, méchante, paradoxale, son combat avec ses démons intérieurs. Pour le faire, elle lui ouvre son coeur et lui raconte ses secrets. Parce qu'elle a été traumatisée par une mère PN (mais pas que) et qu'elle a fermé son coeur avec un cadenas car elle s'est faite trucidée par ceux qui étaient censés l'aimer. Elle a adopté des traits pervers car c'est comme ça qu'elle a été aimée.

> Ca c'est l'axe que je pensais donner à la deuxième partie de l'histoire. Pas super joyeux. En te parlant, je me rends compte que je n'ai pas besoin d'aller dans le détail des traumas et rentrer dans le glauque ou pathétique. Le défi ici est de bien articulé le pourquoi au comment, de faire ressortir la chaîne logique pour répondre à la question "pourquoi elle s'est acharnée à refuser l'amour?".

- Et en toile de fond, ce récit se déroule au moment crucial de leur relation selon un script plus général qu'ils suivent à la perfection, où en la rejetant il lui provoque une crise existentielle pour faire tomber le masque derrière lequel elle s'est toujours cachée, son faux-self, pour libérer sa véritable nature. La folie silencieuse dont je parlais au début. Et c'est l'évolution que le lecture voit en direct. Les masques qui tombent, les dénis qui sautent, les changements drastiques qui vont en découler.

On en est où ils renversent les rôles, elle se retrouve dans sa peau à lui, abandonnée dans un lien d'amour qui la dépasse, dans le chagrin, et on la voit ramer par amour, toute seule, ramer, ramer, se dépétrer avec tout cet amour. Et lui, par son silence et rejet, il prend sa posture à elle jusque-là : choisir quelqu'un d'autre, garder le coeur fermé pour ne pas souffrir car il a été trucidé. Ne pas faire confiance, être défiant, ne pas y croire, et rejeter l'autre, refuser de prendre le risque d'aimer car ça fait trop mal.

C'est cet aspect qui pour moi est le plus déroutant : une sorte de Truman Show divin qu'elle découvre, que tout ce qu'ils avaient vécu jusque là était déjà écrit et qui lui permet de préssentir l'avenir et d'ajuster son comportement en fonction. D'embrasser de façon délibéré le plan divin dans un mouvement d'extériorisation (ici) qui accompagne l'ouverture de son coeur . Bon, nous en sommes actuellement à sa lutte finale, car elle est coriace et refuse d'aimer un homme marié qui l'a jeté. On peut la comprendre haha

Maintenant, il ne reste plus qu'à rendre compte de cela en 50 épisodes, la galèèèèèèèèèère.

Je n'ai pas bien compris le concept de tiers inclus/exclu mais j'ai l'intuition qu'il est crucial pour ce récit et qu'il lui donne son intérêt. Ecrire une histoire en étant en train de la vivre et de la découvrir au fur et à mesure et le partager à son lecteur, c'est plutôt chouette comme idée. Je veux bien que tu m'expliques.

Je ne connais pas Dennis Lehane, ni Mystic River. Je vais me renseigner. J'ai emprunté Robert Mc Kee à la biblio, mais c'est un sacré pavé ! Je vais pouvoir assommé le méchant avec ! D'ailleurs le méchant n'est qu'un reflet de notre héroïne : il n'est que la matérialisation physique de son rejet d'elle-même, de son amour toxique, car elle a été aimée par une mère PN... Et elle le dégage en s'ouvrant à "l'amour divin" que la petite question vient lui apporter... cette histoire la "réalité physique et dure" n'est qu'une extension de l'intériorité et nous ne sommes que des miroirs de l'intériorité des uns des autres. En choisissant Pierre, elle se choisit elle.  Shocked

Ca me dépasse cette histoire, dans quoi je me suis embarquée, comment je vais faire pour naviguer tout ça   affraid

Si tu as des conseils, je suis preneuse !!! L'impression de rentrer dans le mystère et la complexité plutôt que de clarifier et de simplifier SOS
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Message par Shadow Boxeur Lun 13 Juin 2022 - 6:12

Bonjour Amocore,

oui je crois qu'il faut simplifier dans la complexité.
L'histoire et sa simple petite phrase devraient y aider, je pense.

Tiers inclus/exclu, c'est dur à expliquer. Je ne sais pas si ça correspond à quelque théorie existante en écriture, certainement.
C'est le mots qui me viennent pour répondre à tes questions.
Ils doivent me venir d'ailleurs comme d'habitude, d'un autre domaine. Je me demande si ça ne vient pas de la sociologie. Comme ça je dirais, peut être Habermas avec sa théorie de l'agir communication...ou la théorie des conventions, Boltanski et Thévenot, des trucs lus il y a bien longtemps. Mais ce n'est pas le sujet.

Comme je le vois ici en écriture : 
- tu as toi, l'écrivain avec sa propre histoire personnelle
- tu as ta narratrice dans ton livre

Un premier tiers inclus ou exclu est peut-être l'auteur. Le deus ex machina qui tire les ficelles de l'histoire, fabrique une histoire.
Il n'est peut-être pas besoin de lui dans un récit strictement autobiographique.
Mais de ce que j'ai compris, tu avais une volonté qui va au-delà de l'autobiographique dans ton projet.

Autre tiers inclus ou exclu : une histoire, ou une fiction. Avec écrivain/narratrice, pas forcément besoin d'une histoire, tu as la tienne et c'est celle la que tu racontes.

Autre tiers inclus ou exclu : des personnages. Dans ton cas, s'il y a bien des personnages, ils ne sont pas actifs, et il n'existent que par ce que la narratrice en dit, se souvient. Ils prennent parfois vie dans certaines de tes scènes, mais c'est en fait "dans la tête" de la narratrice. Pas dans l'histoire.

Peut-être aussi dans les tiers : passé/présent/futur. Il doit y a avoir quelque chose à réfléchir sur ça.

Si je me mettais en position d'écrire avec ton "matériau", ce que tu as déjà écrit, en sachant que nous ne parlons de ton projet à toi là, qu'est-ce que j'inventerai comme histoire ??

Une femme a longtemps écrit des carnets intimes douloureux. Un évènement de la vie (à trouver...accident, tentative de suicide) lui fait perdre la mémoire. Elle retrouve une vie différente, légère, avec ses ami(e)s, ses parents...et un homme mystérieux dont elle ne se souvient pas. Dans cette relation avec cet homme mystérieux, parallèlement à ses carnets intimes qui refont surface (comment à inventer), va s'écrire une autre version de son passé, qui va profondément changer sa trajectoire de vie.

Ou alors, dans sa mémoire perdue, elle tombe sur un carnet intime qui se diffuse sur un forum par morceaux, sans savoir que c'est le sien, et entame une discussion avec un inconnu détenteur/rice de ses carnets intimes.

Bref, un tiers inclu, en plus de écrivain/narratrice, ce qui n'enlève rien à ton histoire propre dont tu voulais faire le matériau.
Juste un grain de sable cosmique choisi par l'auteur qui fait une histoire qui n'a jamais existé.

Ca doit pas être beaucoup plus clair...
Je réessaierai après y avoir un peu plus réfléchi, il faut que ça se décante en fait.

Dans la complexité que tu affrontes, c'est peut-être ce tiers auteur à inclure qui t'aidera. Cette complexité est je pense celle de ta propre histoire et tu ne vois qu'elle en restant sur le duo écrivain/narratrice. Des personnages actifs peut-être aussi, pour moins te centrer sur cette narratrice hyper complexe (il paraît qu'il a des gens qui font tout "hyper" Razz ).


Bonne écriture !
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Message par Shadow Boxeur Lun 13 Juin 2022 - 7:25

Faudrait que je prépare mes posts...toujours d'autres idées qui viennent...

Sur le tiers, il y en a un dernier (après j'arrête, promis Arrow ).
Qui revient sur une discussion au départ sur le lecteur.

Entre l'écrivain/écrivant et le livre, il doit bien y avoir ce tiers lecteur.
Avec une convention. En choisissant ce livre, par convention, le lecteur doit trouver ce qui lui est promis : poésie, reportage, roman, méthode de développement personnel, thèse, et que sais-je encore.

Dans ton cas, je n'ai pas l'impression que ce soit une autobiographie, ni un témoignage brut. J'ai le sentiment que tu veux y mettre du roman, mais je me trompe peut-être, avec une forme d'édification du lecteur (lui apprendre un truc ou deux).
Et donc dans ce cas, il doit bien y avoir cette histoire que le lecteur vient chercher. La tienne personnelle est ton matériau, ton expérience de vie, mais pas l'histoire que tu racontes.

Si je devais "m'amuser" à écrire avec ton matériau (pardons pour le terme, mais derrière il y a cette question de jeu quand même, au sens théâtral peut-être)....
C'est l'histoire d'une jeune femme qui tague régulièrement les murs de Paris la nuit, adressant des messages à un certain Pierre, avec des tags artistiques. Ça lui vaut régulièrement de drôles d'aventures (la porte est ouverte à plein de scènes possibles avec des personnages, plein de registres possibles). Un autre tagueur la piste, intrigué et ils vont faire connaissance, petit à petit (un personnage à construire, actif dans l'histoire). La jeune femme va lui dévoiler petit à petit sa vie. Lui va lui révéler quelques pans de la sienne aussi. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que le tagueur lit sur un forum un curieux journal intime, et qu'au fil des rencontres des fils vont se croiser, révélant une terrible leçon de vie.

Bonne journée !
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Message par Amocore Jeu 16 Juin 2022 - 6:39

Merci beaucoup Shadow Boxeur pour ces explications. Ca m'a fait beaucoup réfléchir ces derniers jours. Et je n'ai pas trouvé de réponses. Encore plus de questions. Pourquoi j'écris tout ça ? Pour aller où ? Pour montrer quoi ? Pour qui ? Pour quoi faire ?

Cette phrase de résumé est une super idée, mais quand je crois qu'elle est fixée, elle se défixe, papillon volatile. Elle changera encore après quelques épisodes. Essayons tout de même.

C'est l'histoire d'une femme qui affiche une toute relative réussite d'une vie plutôt banale. Elle reçoit un jour une petite question intriguante "est-ce que tes choix de vie ont porté ses fruits?" d'un homme d'un passé lointain, d'un passé qu'elle voulait révolu, d'un passé qu'elle pensait avoir vaincu et enterré. Cette question la pousse à écrire une rétrospective de sa vie qui déclenche une profonde crise existentielle dans laquelle elle découvre le lien particulier qui la lie à cet homme et également à quel point elle s'est fourvoyée toute sa vie. Le lecteur découvre au fur et à mesure la place centrale que joue le mensonge/déni/silence pour elle et son combat passé et présent pour en sortir.

Et donc dans ce cas, il doit bien y avoir cette histoire que le lecteur vient chercher. La tienne personnelle est ton matériau, ton expérience de vie, mais pas l'histoire que tu racontes.

Très juste. Je l'avais oublié celui-là ! Je n'écris plus pour moi seulement (au début si, il fallait que ça sorte haha). J'ai dit que j'écrivais pour l'homme central de mon histoire, mais non en fait (si un peu toujours quand même hihi). Mon plan à un moment était de lui envoyer tout ça, comme un roman d'excuses. J'ai pensé à ton mode d'emploi avec ton ex, je trouve cette démarche tellement belle ! Dans les faits, j'écris pour une poignée de Z qui passent par là.

Très juste de me rappeler qu'ils viennent chercher quelque chose, la fameuse "promesse". Je crois qu'il y a une forte teneur spirituelle dedans, du psychologique, et une histoire d'amour. Donc là j'ai trois éléments/axes, ça fait sûrement trop.

Ce sera une histoire d'amour et de malheur, d'abus et de pardon. Une histoire sur Dieu et les démons, sur le pire qui côtoie le meilleur, une histoire nuancée pour effleurer la complexité de l'humanité.

C'était il y a un an et demi, bien loin d'imaginer qu'elle allait prendre forme. Ici et maintenant.

Oui j'ai lu ça aussi, le vécu brut diffère du récit. Il y a un gros tri sélectif à faire.

Pour revenir au lecteur, j'ai envie de le plonger dans un autre monde parallèle. La porte qui mène à une aventure spirituelle est là, à portée de main. C'est peut-être ça la promesse faite au lecteur. Le plus intéressant dans cette histoire serait ce prisme qui, je l'espère, est original et ferait appréhender ce récit différemment. Qu'en dis-tu ? Dis moi si j'ai tout faux haha

Wahoo comme je ne suis pas sortie de l'auberge. Je continue à lire et à relire ton post sur le tiers exclu/inclus, je fais bien finir par comprendre et avoir un déclic Wink

Quelle imagination tu as ! J'adore les différentes déclinaisons possibles ! C'est un jeu, j'admire ta capacité à jouer, à lancer en l'air les élements avec d'autres pour qu'ils retombent en formant un scénario différent. C'est un jeu, prenons les choses avec légèreté. Même si c'est dur, je dois reconnaître que ça m'éclate pas mal. Merci de t'amuser avec moi Like a Star @ heaven
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Message par Shadow Boxeur Jeu 16 Juin 2022 - 7:33

Bonjour Amocore,

tu finiras par trouver ta phrase en t'amusant à ce jeu/je.

Juste, tu m'excusera j'en suis sûr, une petite remarque qui devrait te mettre le cerveau en ébullition (c'est pour ça que je prends la précaution des excuses). Et peut-être t'éclairer sur le papillon volatile.

"est-ce que tes choix de vie ont porté ses fruits?"

Tu n'as rien remarqué ?

Pourquoi n'est-ce pas : "est-ce que tes choix de vie ont porté leurs fruits?"

Tout plein d'histoires à inventer avec ce "lapsus".

Bonne journée !
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Message par an.a.co.lu.the Jeu 16 Juin 2022 - 11:13

hello,

tu dis « Cette phrase de résumé est une super idée, mais quand je crois qu'elle est fixée, elle se défixe, papillon volatile »

… je crois que je te lis parce que je m'intéresse justement à ce cheminement, cette transformation de ton point de vue : à la rigueur, je lirais toutes ces 'phrases de résumé' pour comprendre comment le réexamen des faits, des émotions pour le travail d'écriture transforme ta perspective sur ton projet / sur la période de vie dont tu parles

et je pourrais réécrire cette phrase en parlant de toi qui vis, toi qui l'a vécu, toi qui écris, de la narratrice de ton texte, de la protagoniste de ton texte ; et même avec les variations d'observateur tiers exclu, ou instance narratrice incluse si j'y parvenais…

ton histoire n'est pas la mienne, mais cette obligation de la revoir autrement, en faisant 'muter' ma perspective pour y retrouver ou construire (illusoirement ?) un peu de sens est proche de mon effort — constamment en tâche de fond — de récit intérieur

bref, proximité illusoire ou non, compréhension superficielle ou pas, je continue à te lire

('suis-je en cheminement avec une intention, malgré les détours inévitables… ou ne suis-je qu'une singularité illusoire en errance chaotique ?', c'est peut-être ça, ma question implicite)

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Message par Amocore Sam 18 Juin 2022 - 0:21

Merci énormément an.a.co.lu.the. Ca me touche de savoir que tu me lis encore I love you ton retour m'est precieux.

Je note faire muter la perspective pour retrouver du sens, et le sens profond d'une vie dans ce qui peut paraître être une errance chaotique.

Les pièces du puzzle sont collectées et remises en ordre une à une... Je vois mieux cette recherche de sens en filigramme que tu pointes et qui fait écho à ta question implicite. Tu me donnes matière à réflexion. Merci !

pour comprendre comment le réexamen des faits, des émotions pour le travail d'écriture transforme ta perspective sur ton projet / sur la période de vie dont tu parles

Le travail d'écriture tranforme radicalement la perpective et la vie émotionnelle. C'est comme ça que je me suis soignée, par un travail d'écriture titanesque que je n'ai pas encore fini. Je vais parler de ces gens qui m'ont appris ça justement dans le prochain épisode qui parle de changement de perspective. Synchro !
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Message par Amocore Jeu 30 Juin 2022 - 1:10

Coucou, l'heure des confessions intimes de l'écriture.

Haha j'avais écrit un long pavé qui s'est effacé (à moitié, j'ai effacé l'autre moitié). Je me justifiais de ma bizarrerie, de la tournure bizarroïde que vont prendre les prochains épisodes. J'ai peur, je la sens dans mon ventre. En écrivant j'ai eu mes réponses, comme Gaski avec son Mandala générateur d'énigmes à décrypter : faire le grand plongeon avec ma lectrice.

Il y a toutes ces angoisses qui remontent, ces complications, ces prises de conscience qui font changer le cours du récit. Je pensais aller dans une direction, ça prend la direction opposée. Je rêve d'envoyer tel texte, d'écrire sur tel sujet. Je rêve de ZC. Je rêve d'avoir repris la route aussi, le grand voyage retour.

Ca fait dix jours que je n'ai pas vraiment avancé, ça m'inquiète un peu, j'aime garder une marge. J'ai les thèmes clairs de certains épisodes, j'ai fait mes recherches, mais je sèche. Je ressens l'intuition fortement, elle est magnifique et je me bloque parce que je sais pertinemment que mes pâtés ne rendront pas compte de sa beauté. Qu'est-ce que c'est frustrant.

Je sais, mon job c'est d'écrire, pas de faire un truc de fou. C'est déjà un truc de fou. Mais ça n'est pas de la folie. Arrêter de cacher ma bizarrerie derrière une pseudo folie. C'est ce qui m'est demandé. D'assumer ce regard singulier sur la vie, de l'assumer pleinement, de l'exposer, de m'exposer à cette critique qui m'a blessé continuellement, la critique fondamentale. Juste écrire. Le reste viendra.
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Message par Shadow Boxeur Jeu 30 Juin 2022 - 8:53

Bonjour Amocore.

Juste écrire, comme tu l'écris.
Je crois à ça.

"Je ressens l'intuition... mais je me bloque parce que je sais..."
Oublie peut-être que tu sais, totalement.

Ma façon d'écrire, sur laquelle je ne pose pas de question, sur laquelle je ne pose pas de regard critique, est la suivante, si elle peut t'inspirer en essayant.
J'ai un thème en tête, ou une photo, parfois un simple mot.
Je laisse tourner.
Je me laisse aller à ressentir.
Quelques mots viennent s'agréger.
Et j'écris, comme ça vient.

Pour être exact, au début de cette écriture, c'était un peu différent.
Avec les mots qui m'étaient venus en tête, je partais rimer, pas de la poésie, juste rimer.
Le mot à mettre en fin de phrase, et la phrase sortait presque en mode automatique.
Et de mot en mot, je mettais des mots sur ce que je ressentais.
Sans volonté d'écrire.
Oui c'est cela, sans JE VEUX.
Sans je veux, autre que partir d'une sensation, d'une intuition, et découvrir, se mettre à découvert.

Je ne crois pas que ton job soit d'écrire.
"L'heure des confessions ....".
Je ne choisis pas l'heure d'écrire tel ou tel truc.
J'écris ce qui me vient en tête.
Mais je pense que cela ne correspond pas à l'objectif que tu t'es fixé.
Ou alors, tu as peur, ce que je peux parfaitement comprendre, de perdre le contrôle.

Je me demande si tu n'écris pas déjà ainsi, parallèlement, en le gardant pour toi, et en en dérivant ensuite tes épisodes.

On réfléchit trop ! Very Happy
Mais ça on le savait déjà !
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Message par Amocore Ven 1 Juil 2022 - 7:32

Coucou Shadow Boxeur, merci beaucoup pour ton retour.

Je vois ce que tu veux dire, écrire intuitivement, je le vois quand je te lis, comme une fleur qui s'ouvre et c'est sublime à voir.

Je n'ai pas ta maîtrise. Je fais un premier jet, et je le laisse reposer. Ensuite viennent les relectures. Je passe, je repasse, je rerepasse, à chaque fois je coupe, je reformule, en général le texte était en désordre et je joue à remettre les paragraphes dans l'autre et faire les jonctions. Au début c'était léger, maintenant j'ai la main ultra lourde.

C'est pourquoi j'aime garder une marge de temps parce que j'ai remarqué ne pas être satisfaite quand je le poste trop frais. Je crois que c'est l'inverse de ta démarche, je te trouve très courageux pour ça. C'était une démarche de journal intime pour moi, et ça ne donnait pas du tout le même résultat hahaha

Peur de perdre le contrôle ? Si je contrôlais encore je n'aurais rien posté ! RIEN. J'aurais raconté tout ça au téléphone avec mes amies, j'aurais utilisé l'artillerie lourde pour vite étouffer la flamme dans mon coeur avant qu'elle n'enflamme tout, que ma maison ne prenne feu, que je me retrouve à me réfugier ici pour ne pas aller me jeter dans le feu ardent haha mais il est vrai que j'exerce un certain contrôle sur moi en utilisant ZC comme échappatoire et réceptable détourné.

C'est autre chose que du contrôle. Je suis sous pression, intérieure, extérieure, réelle et imaginaire. J'investis ce projet d'écriture comme ultime recours je crois, car je n'ai plus grand chose à quoi me raccrocher. C'est très important pour moi, je ne saurai pas comment t'expliquer. Ca faisait quelques années que j'attendais ce moment. Je ne veux pas rater le virage.

Pour répondre à ta question sur mon fil, ça part en vrille hahaha j'ai peur de montrer ça, car c'est très étrange et c'est ma vie. Et puis il manque des chaînons, des marches, et vu que j'écris dans le désordre et que j'ai cheminé entre temps, ça crée un décalage, ma chère lectrice a besoin de faire le rapprochement !! Comme j'ai pas vraiment produit, je ne les ai pas écrit ces étapes intermédiaires, et le tapis roulant continuer à avancer, comme dans un jeu vidéo, avec la prochaine plaquette à envoyer. C'est stressant mais excitant en même temps.

Tu parlais d'objectifs, lesquels ? Je crois avoir un cap, il coule, un autre là bas, mirage. Le seul objectif qui persiste est de ne pas envoyer de mails, de tourner ces mails qui me brûlent vive en épisodes. Je me suis remise à pleurer, je me retrouve à quatre heures du mat' pliée en deux, on dirait une camée en manque, la douleur me défonse de l'intérieur. Les vagues de regrets qui se brisent sur moi et des tourbillons de désespoir qui menacent de m'emporter. Alors j'écris pour tenter de maîtriser les éléments, et j'envoie des chansons d'amour à l'univers.

Je n'ai toujours pas compris le tiers inclu/exclu mais ce serait cela : l'héroïne qui est par terre ravagée, tu la vois se faire malmener par l'adversité et en tant que narratrice, en écrivant, trouve les clés et ouvre des portes, fait des rapprochements et créé une cohésion d'ensemble où tout prend sa place. Du chaos voir l'émergence d'un Plan. Merci Gaski.

Rajout : ce que je garde pour moi ce sont des déjections égotiques (apitoiement etc) et des sortes de poèmes de manque qui n'ont pas leur place dans le récit. Ca commence à me titiller fort. Je crois que je ne vais pas tarder à atteindre le pic de manque/souffrance/impuissance nécessaire pour les lâcher. Tu as raison, je contrôle en fait Razz
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J'avais l'air presque normale Empty utile ou inutile, je te laisse en juger !

Message par an.a.co.lu.the Ven 1 Juil 2022 - 20:02

Basketball alien bounce




Dernière édition par an.a.co.lu.the le Sam 2 Juil 2022 - 14:53, édité 1 fois (Raison : une syntaxe extraterrestre à clairfier...)

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Message par Amocore Sam 2 Juil 2022 - 8:24

Hehehe  sunny

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Message par Shadow Boxeur Hier à 10:54

Bonjour Amocore,

ton cheminement est étonnant à suivre.
Insaisissable.
C'est curieux pour moi ce côté insaisissable.
Tu prend différents visages, tu virevoltes, tu vas de hauts en bas, de bas en hauts.
Tu essaie d'échapper à la préhension, à la tienne peut-être.
Tu tournes autour.
Une chose que je comprends.
S'approcher en cercles concentriques, doucement.

Curieux tes rêves de boxeur dans un sous-sol.
Cela me fait penser à un film...zut le nom...je l'avais tout à l'heure...
Ca y est...Fight club...

On a peut-être notre club !

Synchronicité, je ne sais pas, peut-être.
Des échos, oui, certainement.

Des "ping" envoyés dans le vide qui résonnent sans raisonner.
Cela certainement.
Qui font vibrer un truc mystérieux, qui réveillent une vibration, ou en rappellent une.

Ton avatar est décidemment bien choisi, sur un fil en équilibre.

A l'occasion, tu devrais lire KESSEL, avec les alcooliques anonymes.
Indépendamment de l'alcoolisme, cela me parle de plein d'autres choses.
C'est d'un alcoolisme "à l'américaine" dont il parle, qui te submerge et t'emmène au fond du trou.

Et parle d'en revenir.
JUNG est dans le bouquin.
Il pensait que dans certains cas, seule la création d'une divinité, à même de produire une révélation, pouvait "sauver" certaines personnes.

J'attends avec impatience la suite de l'essor de ta religion pierriste et l'heure de ta révélation qui te rendra pleine et entière à toi même, libre.
En te souhaitant un chemin pas trop douloureux.

Curieux que tu rêves maintenant.
J'ai fais un chemin de rêves nocturnes l'an passé.
Etonnant...douloureux à un moment de révélation.
Comme toucher le fond.
Il fallait peut être le toucher pour pouvoir mettre un coup de pied et revenir vers la surface.

Rêve bien, écris bien, et prends soin de toi.
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Message par Amocore Aujourd'hui à 19:46

Bienvenue sur le fil schizoïde, c'est la narratrice qui te parle.

Oui la méthode de progression des cercles concentriques. Je ne peux pas aller de but en blanc, c'est trop difficile. On peut dire que c'est l'histoire de l'art de ne pas appeler un chat un chat. L'appeler boule de poils, gros minet, mais surtout pas un chat. Mais à force de dénomination, on se rapproche, on devine, on s'acclimate.

Merci Shadow Boxeur pour ton insistance concernant cette nouvelle religion haha parce qu'au début je me disais que ce n'était qu'une petite blague sur un épisode et que je n'allais rien en faire de plus. Face à ta question posée une deuxième fois, je me suis dit que le Pierrisme n'a pas d'adepte à part moi mais par contre l'Amothéisme ! Tu m'as donné des idées ! Développer cet univers de fausse divinité, de secte, d'idôles.

C'est une relation complexe que j'essaie de décrire, qui a plusieurs niveaux de compréhension. Nous en sommes à la surface avec ce fanatisme amoureux à tour de rôle. Cette divinisation est une fausse piste, qui est délibérément induite.

Concernant les rêves, c'était une série bien distincte : j'ai rêvé de "gens qui se fightaient sur ZC, combat de boxe" (mes notes). J'ai ensuite rêvé dans une autre scène d'aller dans des sous-sols au moins 12e étages et que j'étais accompagnée par lui qui était sorti de sa grotte. J'étais à l'entrée et terrifiée "qu'ils" m'y trouvent.

Comme toi j'ai perdu la foi à cet âge là. Je n'ai pas toujours été spirituelle.

Et j'adhère à l'approche des AA, le divin comme sauveur, je les connais bien, j'ai écrit un épisode sur eux "les infusions de mémé".

Je suis satisfaite de savoir que je provoque de la surprise, j'avais peur qu'on s'ennuie à mourir à  suivre notre Amo pleurer sur la longueur. Ultra lourdeur mélodramatique à souhait, j'ai pensé appeler cette histoire "la Pleureuse", elle pleure tellement qu'elle remplit un lac avec ses larmes et ensuite elle prendra sa barque pour aller aux Etats-Unis y chercher le bonheur. D'ailleurs le week-end a été long avec les fêtes nationales des deux côtés du fameux lac.

Mais je ne t'ai montré qu'un seul visage, le même. Il est mutant, à cause de la greffe forcée dans la vallée des Larmes, tu assistes à l'upgrade de la version 4.0 Amo, qui revient sur la version 3.0, de son cheminement spirituel et de tout ce qu'elle a appris et dépassé pendant une décennie.

Je ne t'ai pas encore parlé de la version 2.0, celle que le protagoniste fantôme a connu et a aimé. Et c'est le plus dur. La sortir de l'obscurité et vous la montrer.  Elle est à l'opposé de l'Amo 4.0 : elle incarne le visage de l'ombre.


Dernière édition par Amocore le Lun 4 Juil 2022 - 19:51, édité 1 fois
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