Participation à la création d'un nouveau magazine de vulgarisation scientifique (après le scandale du rachat de Science & Vie)

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Message par Confiteor Lun 10 Mai 2021 - 12:30

Vous avez peut-être suivi l'aventure pitoyable Science & Vie.
En caricature, une bande de requins a racheté le titre avec l'objectif d'en faire un objet rentable. La rédaction a été instamment priée de se plier au bon vouloir des annonceurs (interdiction de parler des sujets qui fâchent, par exple Monsanto). Par ailleurs, la nouvelle direction a licencié une part importante de l'équipe rendant illusoire la possibilité de fouiller les sujets, et a remplacé les journalistes scientifiques dotés d'une solide formation par des journalistes généralistes voire des communicants.

Il s'en est suivi une crise profonde et la démission de la plus grande partie de la rédaction historique.

Si vous voulez en savoir plus lisez les articles qui suivent (C'est un feuilleton, si vous voulez plus d'info, je peux poster d'autres articles).

Le Monde, Tribune introductive :

« Parce que l’information n’est pas un contenu comme les autres, sauvons “Science & Vie” ! »
Tribune

Collectif

Philippe Descola, Julie Battilana, Françoise Combes, Annie Ernaux, Gabriel Zucman, Julia Cagé… Dans une tribune au « Monde », un collectif de près de trois cents universitaires et scientifiques dénonce les pratiques du groupe Reworld avec l’éthique journalistique.

Publié le 15 décembre 2020 à 17h46

Tribune. Saviez-vous que la découverte de nouveaux corps venait remettre en cause la date de l’éruption du Vésuve ? Nous non plus. Et pour cause : il s’agit d’une fausse information. Un article publié en ligne le 2 décembre sur le site de Science & Vie par une apprentie en formation au « media content manager » Bachelor de Reworld Media Campus (pardonnez le franglais) contre l’avis – et malgré les protestations – de la rédaction du journal, qui n’a plus accès aujourd’hui aux contenus publiés sur son propre site.

Petit rappel des faits : en juillet 2019, le groupe Reworld Media, groupe créé en 2012 par Pascal Chevalier, figure de la « French tech », et qui se présente comme « un groupe d’entrepreneurs français avec une culture start-up », a fait l’acquisition de Mondadori France, mettant ainsi la main sur une trentaine de titres, dont Biba, Grazia et Science & Vie et devenant au passage le premier groupe magazine français.

En 2019 déjà, ce rachat avait suscité les protestations des salariés du groupe inquiets pour leur avenir. Car les méthodes de Reworld sont en contradiction même avec l’éthique journalistique : produire du contenu sans rédaction. Et de fait, au cours des derniers mois, Reworld a fait partir petit à petit les journalistes de ses titres nouvellement acquis : d’une part, 60 % d’entre eux ont fait jouer leur clause de cession au moment du changement d’actionnariat sans être remplacés ; pour les autres, Reworld s’est prévalu de « l’équation économique » pour finir d’externaliser leur fabrication, mettant ainsi fin à la parution en kiosque de l’hebdomadaire Grazia, et supprimant au passage une trentaine d’emplois.

Pas d’information sans journalistes

Nous soutenons aujourd’hui les salariés de Science & Vie – ainsi que ceux des autres titres du groupe Reworld Media – car nous pensons qu’on ne peut pas faire d’information sans journalistes. Faut-il rappeler qu’en ces temps de controverses scientifiques et de désinformation galopante, par exemple autour de la question du vaccin contre la Covid-19, nous n’avons jamais autant eu besoin d’une information scientifique indépendante et de qualité ?

Nous les soutenons car nous pensons que les médias ne sont pas des entreprises comme les autres : l’information est un bien public ; l’actionnaire d’un média ne devrait pas être libre de le vider de sa rédaction, d’externaliser la production de contenus – puisque sans journalistes il ne peut plus s’agir d’informations – dans le seul but de faire fructifier la marque à moindres frais et de maximiser ainsi sa rentabilité.

Reworld joue aujourd’hui du fait que, pour des raisons commerciales, le fichier des abonnés de Science & Vie lui appartient. Science & Vie, c’est 140 000 abonnés – près de 400 000 si on ajoute ses différentes déclinaisons (Science & Vie Junior, Science & Vie Guerres et Histoire, Les Cahiers de Science & Vie, etc.) – 30 000 ventes en kiosque dans l’Hexagone et 20 000 à l’international.

Protéger la rédaction

Mais les abonnés n’appartiennent en rien à l’actionnaire ; la relation qu’ils ont développée – une relation de confiance, qui explique pourquoi chaque mois ils se réjouissent de retrouver leur mensuel –, c’est avec les journalistes qui les informent. Contrairement aux prétentions de Pascal Chevalier qui présente Reworld comme « un monétiseur d’audiences », les abonnés ne sont pas une audience à monétiser – ce sont des citoyens voulant légitimement être informés. L’information n’a pas vocation à enrichir des actionnaires qui auraient fait un pari financier, mais à éclairer des citoyens en démocratie.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Reworld, en tant que groupe de médias français, touche chaque année plusieurs millions d’euros d’aides publiques à la presse. Des aides « à la presse », des aides pour produire de l’information, des aides qui devraient obliger l’actionnaire, qui ne devraient plus venir sans aucune contrepartie. Des aides qui font que nous pensons qu’il est urgent que le régulateur intervienne pour protéger la rédaction.

Car, de toute évidence, les règles en place à l’heure actuelle, comme l’obligation prévue depuis 2016 par la loi sur la liberté de la presse pour les entreprises éditrices de presse d’engager des négociations avec les rédactions pour adopter des chartes déontologiques, sont insuffisantes.

Un combat pour l’ensemble des médias

Que Reworld Media – une entreprise cotée en bourse – ne souhaite pas produire d’information de qualité parce que ses actionnaires considèrent cette activité comme insuffisamment rentable, c’est son choix d’entreprise. Mais dans ce cas, cette société ne devrait pas être autorisée à faire l’acquisition de médias d’information et elle ne devrait pas toucher non plus à ce titre de subventions de l’Etat. Reworld ne veut plus aujourd’hui de la rédaction de Science & Vie ? Soit.

Mais faisons en sorte qu’elle ne puisse garder la « marque » si elle ne garde pas les journalistes. La bonne nouvelle, c’est que Science & Vie est un média rentable, un magazine qui gagne chaque mois de l’argent et peut donc sans difficulté se passer d’un actionnaire malveillant. Il est urgent de sortir de la logique de l’actionnaire tout-puissant.

Ce combat pour Science & Vie, c’est d’ailleurs un combat pour l’ensemble des médias. Nous l’avons souligné, ce n’est pas la première fois que Reworld vide les rédactions des titres qu’il rachète de leurs journalistes et remplace l’information qu’elles produisaient par des contenus parfois faux, souvent publicitaires, régulièrement copiés-collés. Mais au-delà de Reworld, les exemples ne manquent pas d’actionnaires qui se croient tout permis.

Une information libre et de qualité

Prenons Vincent Bolloré : en quelques jours seulement, un humoriste – Sébastien Thoen – a été renvoyé de Canal+ pour un sketch qui avait eu le mauvais goût de lui déplaire, puis un journaliste a été mis à pied pour avoir défendu le premier. De fait, pourquoi les actionnaires ne se croiraient-ils pas tout-puissants puisqu’en réalité rien ne protège ici les rédactions ?

Le régulateur doit aujourd’hui prendre ses responsabilités et faire en sorte que de nouvelles règles soient introduites pour protéger l’indépendance des journalistes. En l’absence de loi, il nous revient à nous, lecteurs ou non de Science & Vie, citoyens conscients de l’importance d’une information libre et de qualité en démocratie, de nous mobiliser pour protéger l’indépendance des médias.

Le Monde 1 :


La rédaction de « Science & Vie » défie sa direction

Les journalistes du mensuel de vulgarisation scientifique, propriété du groupe Reworld Media depuis un peu plus d’un an, refusent d’en dégrader la qualité éditoriale.

Par Aude Dassonville Publié le 01 décembre 2020

Les craintes exprimées depuis plusieurs semaines par les journalistes de Science & Vie, propriété du groupe Reworld Media (Closer, Biba, Télé Star, etc.), sont en train de se concrétiser. Vendredi 27 novembre, la société des journalistes (SDJ) du mensuel scientifique a voté une motion de défiance à l’encontre de Karine Zagaroli, la directrice des rédactions, fraîchement nommée à ce poste : à 81,8 %, les journalistes ont estimé qu’ils ne pouvaient pas s’en remettre à la successeure d’Hervé Poirier pour « préserver la qualité et les moyens de l’information » du magazine. « Nous estimons ne plus pouvoir exercer notre métier correctement », alerte un porte-parole de la SDJ.

Le feu couve depuis la fin de l’été. Lorsqu’il lui est apparu qu’il perdait la maîtrise éditoriale du site Internet, et qu’il n’obtiendrait pas le remplacement de deux journalistes promis depuis un an, Hervé Poirier, arrivé dans la maison vingt et un ans plus tôt, a signé une rupture conventionnelle. « Puisque je n’avais plus la confiance personnelle de l’actionnaire, je n’avais plus les moyens de protéger la rédaction », justifie le journaliste, déjà nostalgique du magazine aux « 4 millions de lecteurs mensuels » qu’il pilotait. « J’ai pensé que mon départ permettrait à chacun de sortir de la crise par le haut », fait-il savoir.

Des « posts catastrophiques » sur le site

Dans la foulée, et pour les mêmes motifs, la rédaction s’était mise en grève, fin septembre. Le mouvement avait été suspendu cinq jours plus tard, lorsqu’il était apparu que le numéro en cours pourrait être bouclé par des « équipes extérieures » – ce qui laissait craindre une qualité éditoriale dégradée. L’arrivée de Karine Zagaroli à la direction de la publication encourageait cependant les espoirs de dialogue avec la direction de Reworld Media, qui, depuis le rachat des titres de Mondadori France un an plus tôt, s’était peu préoccupée de Science & Vie – 185 500 exemplaires vendus chaque mois, selon les chiffres certifiés par l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM). Réduite de moitié, l’équipe rédactionnelle s’était efforcée de pallier le manque d’effectifs (des journalistes spécialisés en santé, particulièrement) en attendant des jours meilleurs.

Mais alors qu’en novembre les deux journalistes jusqu’alors mobilisées sur le site ont été rapatriées à la rédaction du mensuel, de nouveaux « chargés de contenus » ont commencé à produire des « posts catastrophiques » sur le site, raconte une représentante de la SDJ du titre (à laquelle appartiennent aussi les rédacteurs de Science & Vie junior, Science & Vie Découvertes…). « On a vu des plagiats, des traductions de communiqués de presse, des erreurs, des articles sans enquête, des articles republiés tels quels plusieurs années après leur parution, détaille-t-elle. Une calamité qui décrédibilise le titre. » Lundi 30 novembre dans l’après-midi, la rédaction a fait savoir de manière collective que ses membres s’opposeraient à la reprise de leurs anciens articles sur le numérique. « A moins de ne plus avoir de principes, nous n’avons d’autre choix que de nous retirer de cette situation à laquelle nous sommes associés malgré nous », explique-t-on au sein de la SDJ, qui parle du respect de son « droit moral ».

Ce mardi 1er décembre au matin, Philippe Bourbeillon, directeur de la rédaction depuis le 20 novembre, passé par Télé Loisirs et VSD, a assisté, à distance, à sa première conférence de rédaction. Pas un mot n’a été prononcé sur les tensions en cours. « Sans lui faire de procès d’intention, cela ressemble quand même à une prise de contrôle éditorial », note une personne présente à la réunion, qui regrette que la candidature de l’ancienne adjointe d’Hervé Poirier n’ait pas été retenue.

Cette crise intervient dans une période agitée pour le groupe, dont un plan de suppression de postes (54 licenciements économiques et arrêts de collaboration, le reste relevant de départs naturels), consécutif à l’arrêt de la publication papier de l’hebdomadaire féminin Grazia, a été homologué par la Direccte le 6 octobre. Sur le segment de presse scientifique, elle fait suite, aussi, à la fusion de La Recherche avec Sciences et avenir, actée cet automne.

Deux motifs d’inquiétude qui ont conduit l’Association des journalistes scientifiques de la presse d’information (AJSPI), il y a quelques semaines, à réclamer que cessent « les attaques contre le journalisme scientifique ». « Si la volonté des propriétaires de Science & Vie est de trahir la marque, d’en vider la coquille pour en changer le contenu, ce sera grave, prévient Yves Sciama, son président. Et au bout du compte, cela contribuera à discréditer les médias, qui n’ont pas besoin de ça. » Le journaliste indépendant ne croit pas si bien dire. La semaine du 23 novembre, un article du site laissait entendre que la vitamine D pourrait aider à lutter contre l’infection au Covid-19 : dans le prochain numéro du mensuel, actuellement en cours de bouclage, un article explique qu’il s’agit là d’une idée reçue…

Le Monde 2 :

L’hémorragie de journalistes se poursuit à « Science & Vie »

La crise qui agite le mensuel scientifique depuis la fin de l’été 2020 se solde par le départ simultané de neuf journalistes.

Par Aude Dassonville Publié le 30 mars 2021

Rien n’y aura fait. Ni la patience, ni une grève, ni une motion de défiance, ni un appel au ministère de la culture n’auront pu empêcher l’anéantissement de la rédaction de Science & Vie. « Les deux rédacteurs en chef adjoints, la chef de service, le rédacteur en chef des hors-séries, la première secrétaire de rédaction, ainsi que quatre rédacteurs, dont trois pigistes, ont pris la décision de quitter Science & Vie, propriété de Reworld Media depuis août 2019 », annoncent les neuf journalistes sur le départ dans un communiqué, mardi 30 mars.

Seul un journaliste écrivant, promu rédacteur en chef adjoint, a choisi de rester, au côté d’un rédacteur en chef nommé en novembre 2020, Philippe Bourbeillon. A cette exception près, déplore la Société des journalistes (commune au mensuel, à Science & Vie Junior, Science & Vie Découvertes et Guerres & Histoire), « la nouvelle organisation de Science & Vie se caractérise par l’absence totale d’expertise scientifique au sein de la rédaction ». Le premier numéro du magazine élaboré sur ces nouvelles bases (restent sept titulaires de la carte de presse dans les fonctions techniques) est prévu pour le mois de mai.

C’est à l’automne 2020, soit un peu plus d’un an après le rachat des titres de Mondadori France par Reworld Media, le groupe fondé par Pascal Chevalier, que la situation a commencé à se tendre. Réduite de moitié après qu’une dizaine de personnes avait fait valoir la clause de cession, la rédaction a réclamé l’embauche de deux personnes, ainsi qu’elle leur avait été promise. Non seulement ces recrutements n’ont pas eu lieu, mais le rédacteur en chef d’alors, Hervé Poirier, a perdu la maîtrise éditoriale du site Internet – à l’origine, depuis, d’erreurs factuelles. Son départ (sur la base d’une rupture conventionnelle) a été suivi d’une grève de cinq jours, puis du vote d’une motion de défiance envers la directrice de la rédaction, Karine Zagaroli.

La crainte que « la montagne n’accouche d’une souris »

Alertée sur la situation du magazine, la ministre de la culture, Roselyne Bachelot, a confié à Laurence Franceschini, la présidente de la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP), une mission de réflexion destinée à déterminer comment conditionner l’accès des aides à la presse à la présence de journalistes dans les rédactions. Un document élaboré par le délégué syndical SNJ-CGT du groupe Reworld, Dominique Carlier, transmis au ministère pour nourrir son analyse, fait état de la disparition de rédactions en tant que telles, de la prise en main des sites Internet des magazines par la régie publicitaire, du paiement de pigistes en factures et non pas en salaire, etc. Les conclusions et les préconisations de la mission, attendues pour les prochains jours, constitueront-elles un baroud d’honneur pour les journalistes de Science & Vie ?

A la « fierté » d’avoir réussi à susciter cette mission a toutefois succédé la crainte que « la montagne n’accouche d’une souris », selon les termes d’une ancienne journaliste du magazine (180 932 exemplaires vendus en moyenne chaque mois en 2020, selon l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias, l’organisme certificateur du marché). A moins qu’elle ne s’apparente à un coup d’épée dans l’eau. Dans une interview à CB News parue en février, le fondateur de Reworld Media, Pascal Chevalier, reconnaissait « faire partie de ceux qui vont sortir renforcés » de la crise provoquée par la pandémie – le groupe vise le milliard d’euros de chiffre d’affaires. A une question sur la disparition des cartes de presse au sein de ses rédactions, il répondait : « C’est fini, tout ça. Il faut vivre avec son temps ! » Contacté, le dirigeant n’a pas souhaité répondre aux questions du Monde.

Le Monde ce jour :

Les anciens journalistes de « Science & Vie » lancent un nouveau magazine scientifique

« Epsiloon » fera son apparition dans les kiosques fin juin. La quasi-totalité de la rédaction du magazine scientifique avait démissionné fin mars, en désaccord avec la politique éditoriale de leur nouveau propriétaire Reworld Media.

Par Aude Dassonville

C’est ce qui s’appelle tirer les marrons du feu. Alors que l’écrasante majorité de la rédaction écrivante vient de quitter Science & Vie avec fracas, les neuf journalistes démissionnaires annoncent, lundi 10 mai, la naissance d’un nouveau mensuel scientifique. Epais d’une centaine de pages, Epsiloon (les deux « o » unis symbolisant l’infini) fera son apparition dans les kiosques dès la fin du mois de juin, au prix de 4,90 euros. « Nous faisons le pari d’être plus intéressants à lire que notre concurrent », sourit son rédacteur en chef Hervé Poirier.

Cette reconversion-éclair, c’est à lui que les anciens salariés de Reworld Media (le groupe qui avait racheté Science & Vie, en même temps que les autres titres du groupe Mondadori, à l’été 2019), la doivent en partie. L’ancien rédacteur en chef du magazine avait été le premier à le quitter, fin septembre 2020, lorsqu’il avait constaté qu’il ne pourrait plus garantir la qualité éditoriale du titre et de son site Internet.

Pendant que son ancienne équipe observait une grève de cinq jours, puis opposait une motion de défiance à la directrice de la rédaction, lui faisait la rencontre d’Emmanuel Mounier, le président d’Unique Héritage Média. « Je savais qu’il était un amoureux transi de ce qu’on faisait à Science et Vie, et qu’il avait essayé de racheter le titre à plusieurs reprises », explique M. Poirier. « J’ai commencé à lire Science & Vie à l’âge de 10 ans, c’est le magazine qui m’a donné le goût des sciences », abonde ce polytechnicien qui a attendu d’atteindre une quarantaine d’années pour se lancer dans la presse.

Après avoir pris, il y a une dizaine d’années, des parts dans la maison d’édition jeunesse Quelle histoire qu’il possède aujourd’hui, l’industriel a racheté Fleurus Presse (Papoum, Abricot, Les P’tites princesses, Le Monde des ados, etc.) en 2015 puis, fin 2019, les titres de Disney Magazines, l’ancien Disney Hachette Presse (Le journal de Mickey, Picsou Magazine, etc.). « Epsiloon vient s’ajouter à Tout comprendre Junior et Comment ça marche, avec lesquels nous touchons les jeunes de 8 à 25 ans, pour apporter des connaissances plus en profondeur à un public plus aguerri », se félicite M. Mounier, qui espère que cette « gamme, stratégique pour le groupe » réalisera « dix millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici cinq ans » (le groupe ayant réalisé 60 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020).

Une campagne de préfinancement par abonnements est lancée sur Ulule pour un mois, avec l’espoir d’en réaliser 5 000 au cours de l’année. « Cette opération de financement participatif est une façon de permettre aux gens qui nous ont apporté leur soutien, et même manifesté leur affection d’une manière épatante tout au long de l’hiver, de continuer à le faire concrètement », souligne Fiorenza Gracci, spécialiste de biomédecine. Unique Héritage Média, de son côté, a mis un million d’euros (par an) sur la table, soit « un risque mesuré » pour l’entreprise, estime M. Mounier.

« Une équipe cohérente, expérimentée »

« La grande force de notre projet, c’est qu’il se fonde sur une équipe cohérente, expérimentée, qui se connaît bien, se fait confiance, et est enthousiaste », se réjouit Hervé Poirier, qui promet la transparence sur la façon de travailler des journalistes d’Epsiloon. « Notre travail consiste à interroger plein de scientifiques, alors nous le montrerons. Nous voulons garantir aux lecteurs que ce que nous leur donnons à lire, c’est du frais, du fait maison », insiste-t-il. Une façon à peine voilée de pointer qu’à l’inverse, Science & Vie « n’a plus les moyens d’être à la hauteur de l’exigence légitime des lecteurs ».

Lors de la mobilisation de l’équipe de Science & Vie à l’automne 2020 pour préserver la qualité de l’information, Roselyne Bachelot avait lancé une mission le 24 décembre destinée à examiner le conditionnement des aides à la presse à la présence de journalistes dans les rédactions. La concertation qui s’en est suivie doit aboutir à une modification des textes en vigueur pour le début de l’été.


La bande est décidée à créer un nouveau magasine de qualité, il fait appel à un financement participatif (pré-abonnement).

Si vous avez trente balles (ou plus) à mettre dans la machine, vous aiderez à niquer les requins et à promouvoir une presse de vulgarisation de qualité. C'est ici.


Dernière édition par Confiteor le Lun 10 Mai 2021 - 12:56, édité 2 fois (Raison : SCANDALE orthographique dans le titre)
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Message par Nolimit Lun 10 Mai 2021 - 16:20

Ah quoi bon ? même ceux qui ont un tant soit peu de culture scientifique sont a la ramasse. Pourquoi sponsoriser un titre qui n aura meme plus le benefice du nom.

Deja science et vie faisait figure soit d intello inaccessibles dans ma premiere vie soit de bouffons pseudo scientifiques dans ma seconde.....


Et pourtant je leur doit tant
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Message par Confiteor Lun 10 Mai 2021 - 16:50

Et pourtant je leur dois tant
C'est en pensant à ce public que je suis prêt à faire un beau geste.
Et puis, "On n'est jamais à l'abri etc".

(Je lis Pour la Science qui est en règle générale d'un bien meilleur niveau.)
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Message par dr-korbo Lun 10 Mai 2021 - 17:45

On peut tenter le coup pour les six premiers numéros et voir si la qualité est au rendez-vous.
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Message par Mentounasc Lun 10 Mai 2021 - 20:52

Science & Vie avait pt-être beaucoup de défauts, dont notamment celui de ne faire QUE de la vulgarisation (et donc parfois tomber dans des pièges, mais c'était quand même rare), la ligne éditoriale était excellente, toujours à l'affut des derniers prolongements de découvertes anciennes ou récentes.
Certes, beaucoup de scientifiques de haut-niveau ont jugé cette publication comme un papier pour ignorants, mais combien ont trouvé dans les pages de la revue leurs aspirations, combien ont revu à la hausse leurs connaissances scolaires médiocres, combien ont appris des vérités dérangeantes, combien ont vu démolir des thèses farfelues comme le fameux triangle des Bermudes, la mémoire de l'eau, le linceul de Turin, et j'en passe ....
Alors oui, si la bande à S&V renaît sous une autre forme, il faut les soutenir : c'est une oeuvre de salubrité publique, il me semble difficile de ne pas en convenir.
Pour ma part, je participerai. Avec l'espoir que ça marche vraiment.
Merci Confi
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Message par higeekomori Lun 10 Mai 2021 - 21:09

Salut Tchao

Je ne suis quasiment pas étonné, à la lecture, de ce que tu as mis sous spoilers, Conf'.

Je lisais de temps à autre la revue citée, en mode facile et décontracté. Juste histoire de grappiller des paquets de petits trucs ou innovations que je ne connaissais pas, sans pour autant être largué sur certains domaines... (par contre, pas forcément toujours fan de la tournure des articles. Des fois oui, des fois non. Enfin bon... Rolling Eyes) Mais là, c'est sûr, ben je vais peut-être me mettre à lire Gala, finalement, dans mes moments creux. (quitte à lire de la "soupe", hein autant que ça soit de la vraie....) Razz

... A un moment, il faut que ça s’arrête. Si le niveau va vraiment trop bas, et bien sans faire de jeu de mot, il faut "laisser tomber", jusqu'au sol. Non désolé
Tant pis, on ne lira plus S&V. Neutral  

Confiteor a écrit:Si vous avez trente balles (ou plus) à mettre dans la machine, vous aiderez à niquer les requins et à promouvoir une presse de vulgarisation de qualité. C'est ici.
Merci Wink Impec ! Allons voir ça!


Science&Vhig.


.
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Message par Bimbang Lun 10 Mai 2021 - 22:06

Le pitch pour leur premier numéro à sortir en juin

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Message par fift Lun 10 Mai 2021 - 23:55

Merci pour l'info Confit' !

Je connaissais France Soir, comme journal sans journalistes, mais si ça devient une "règle", va falloir faire un sacré tri.


(je reste fidèle à Polka du coup, au moins je suis sûr qu'il y a de vrais morceaux de photographes/photojournalistes dedans !)

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Message par Confiteor Ven 21 Mai 2021 - 8:52

La classe ...

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Message par Confiteor Ven 28 Mai 2021 - 16:29

Non, mieux, la grande classe :

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J'adore l'idée d'avoir participé à limer les dents des requins de la finance.
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Message par Wich Ven 28 Mai 2021 - 17:19

Merci pour l'info Confiteor
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Message par Confiteor Mar 8 Juin 2021 - 21:16

Le numéro 1 est imprimé, je l'aurai dans ma BàL dans quelques jours. J'espère que je ne serai pas déçu et je vous raconterai ...

C'est toujours cool de voir naître un journal au XXIème siècle. Encore plus s'il parle de sciences dans des termes décents.
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