L’enfant intellectuellement précoce à l’école

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Message par synapse le Sam 22 Oct 2011 - 5:46

La précocité intellectuelle n’est pas actuellement classée dans les troubles spécifiques des apprentissages. Cependant, dans un souci d’aide, le groupe de ressource départemental sur les troubles spécifiques des apprentissages a estimé utile d’aborder ce sujet.
Introduction
L’enfant intellectuellement précoce (EIP) est souvent en inadaptation scolaire et le rôle de l’école est de connaître la question pour comprendre l’enfant et favoriser de bonnes relations avec la famille.
Si un grand nombre de ces élèves poursuivent une scolarité sans heurt, d’autres manifestent des difficultés dans leurs apprentissages ou leurs comportements qui peuvent être sensibles dès l’école maternelle (BO N° 38 du 25 octobre 2007)
L’enfant intellectuellement précoce peut donc être un enfant à besoins éducatifs particuliers. Des troubles associés peuvent exister une fois sur quatre.
Le repérage par les enseignants, puis le dépistage par les médecins de PMI, de l’Education Nationale et les psychologues scolaires, sont donc essentiels
Le travail d’équipe (enseignants, psychologue, médecin, parents) est incontournable pour réussir l’aide nécessaire.
Définition
Sur le plan psychométrique on peut considérer qu’un enfant est intellectuellement précoce s’il obtient un résultat supérieur ou égal à 130 au Q.I total (WISC).
Le bilan est réalisé exclusivement par un psychologue ou un neuropsychologue.
A- Repérer :
 Comportement
Caractéristiques et attitudes d’un enfant intellectuellement précoce (tous ces éléments ne sont ni concomitants ni exhaustifs) :
- il ne paraît pas attentif, peut être agité ou rêveur mais suit bien, voire très bien, le déroulement de la classe,
- il n’a aucun intérêt pour les tâches faciles et routinières,
- il peut être replié sur lui-même, déconnecté de la classe, en souffrance,
- il peut être très persévérant quand il perçoit la situation comme un défi ou une passion,
- il questionne l’adulte sur des sujets divers et existentiels : curiosité, observation, analyse,
- il est plus à l’aise avec des pairs plus âgés, voire des adultes, ce qui l’amène à s’isoler,
- il dispose d’une mémoire exceptionnelle et préfère savoir et comprendre que passer son temps à apprendre et à mémoriser,
- il est capable d’apprendre très vite et il apprend souvent à lire avant l’entrée au CP,
- il consulte volontiers les dictionnaires et les encyclopédies,
- il est attiré par les jeux compliqués et stratégiques,
- il est sensible aux injustices et aux frustrations,
- il a des résultats scolaires en dents de scie,
- il surinvestit les domaines dans lesquels il se sent à l’aise, essentiellement ceux qui mettent en jeu ce que l’on peut appeler l’intelligence générale et désinvestit ceux qui engagent des savoir-faire sociaux, des habiletés motrices (Rapport DELAUBIER 2002 p14)

 Langages et pensée:
- il dispose d’un vocabulaire très riche et d’une syntaxe très élaborée dès le plus jeune âge,
- il apprend à lire très facilement et le plus souvent spontanément,
- il dispose d’un imaginaire très développé, sait utiliser dans d’autres contextes ce qu’il a déjà appris et est attiré par l’abstraction,
- il est très souvent un lecteur assidu,
- il est sensible à l’humour, le pratique volontiers, mais ne le comprend pas forcément car il reste dans la compréhension mot à mot,
- il est doté d’une hypersensibilité et d’une perception sensorielle exacerbée qui le rendent vulnérable (dépression ou agressivité),
- sa grande aisance à l’oral ne l’incite pas à se tourner vers l’écrit, dont le graphisme est souvent peu respectueux du code en raison de la rapidité de sa pensée,
- il fonctionne avec un mode de pensée en arborescence, et plus rarement avec une pensée linéaire très souvent utilisée à l’école.

B- Prendre en compte
• Favoriser de bonnes relations avec l’enfant, avec sa famille et avec ses pairs
L’enfant précoce peut susciter des réactions négatives de la part des adultes. Il pose parfois des questions déstabilisantes, il fait preuve d’humour à tout moment, il veut toujours répondre, il s’énerve si on ne lui donne pas la parole…
• Organisation pédagogique
1. Quelle scolarité ?
Ne jamais perdre de vue que le développement intellectuel est le plus souvent en décalage avec le développement moteur, social et psycho affectif.
L’élève précoce montre des compétences dans un ou plusieurs domaines.
Il sera important :
- d’instaurer le climat de confiance nécessaire à tous les élèves, particulièrement indispensable chez lui,
- de faire le lien avec les enseignants des classes supérieures (liaison maternelle – élémentaire, élémentaire – secondaire). Toutes décisions sont envisageables si elles sont concertées (équipe éducative) : passerelles entre classes, réduction de la durée du cycle, possibilité de rester dans sa classe. Ces décisions ne sont jamais faciles à prendre. Elle comporte toujours un risque
- de choisir d’inscrire l’élève dans une classe à double niveau pour lui permettre d’effectuer les deux années en une,
- de proposer à l’élève de suivre des séances d’apprentissage dans un autre niveau en fonction de l’avancée de ses acquis,
- d’organiser des groupes de besoins,
- de mettre en place un PPRE.

Quand un enfant va bien et entre facilement dans les situations d’apprentissage, on lui laisse vivre normalement sa scolarité et on adapte l’enseignement en fonction de ses compétences et de ses besoins.


2. Aides pédagogiques : prévention de l’échec scolaire
o Bien distinguer les deux modes de fonctionnements qui seront nécessaires à
l’enfant :
-d’un côté il a obligation de travailler et on accepte de le laisser dans la position qui lui est la plus confortable dans le respect de son environnement,
-d’un autre côté il doit prendre conscience qu’il doit valider un parcours scolaire.

o Croiser les savoirs en associant différentes disciplines fédérées autour d’un
sujet d’étude (exemples : méthodologie de l’histoire des arts p 26 BOEN- HS n° 3 du19 juin 2008 pour le premier degré ou IDD et TPE pour le second degré).
o Associer l’enfant à l’élaboration et à la mise en œuvre du cours (exemple : recherches effectuées dans l’établissement scolaire sur le temps scolaire).

Repérer ses points forts et l’aider à les mobiliser.
Les propositions dans la classe
Compréhension rapide Rythme rapide : proposer un planning de travail personnalisé et un livret d’activités supplémentaires tenu à sa disposition.
Le proposer comme tuteur.
Lui proposer des activités de recherches motivantes.
Facilité dans les apprentissages Bien évaluer ses connaissances avec le maximum de finesse pour lui proposer des apprentissages dans sa zone proximale de développement.
Il apprend intuitivement L’aider à prendre conscience de ses processus cognitifs.
Faire un inventaire collectif des procédures dans la classe pour l’aider à verbaliser les siennes.

Ne pas stigmatiser ses points faibles.
Insuffisance de production
La pensée et le raisonnement sont en décalage avec ses capacités physique S’interroger sur le pourquoi.
Ce comportement n’est pas une provocation.
Proposer une alternative pour les évaluations : évaluations à l’oral par exemple.
Pour lui, le cours multiple est idéal.
Le rassurer sur ses compétences.
Perte de motivation Reconnaître ses compétences.
Lui fixer des objectifs.
Planifier son travail.
Etablir un contrat.
Permettre à l’enfant de « réinvestir » le temps « gagné », dans des activités sportives ou artistiques dont il a sans doute particulièrement besoin ou dans un cheminement plus libre dans des domaines qui l’attirent.
Relations délicates avec ses pairs, isolement Echanger avec la famille pour améliorer ses relations sociales (jeux de cartes type Pokémon, jeux de société, …).

Ne pas tomber dans le panneau « il est précoce donc il est brillant ».

3. Le travail en équipe
L’EIP interroge l’équipe pédagogique entière. Que fait-on ?
• Travailler sur des groupes de besoin : Les équipes d’une circonscription du Var ont expérimenté l’apprentissage massé et les décloisonnements MACLE +MACLO d’après André Ouzoulias, permettant de travailler en groupes de besoin et en groupes de compétences. Ceci a permis d’améliorer les compétences de lecture écriture et de langage oral.
• Le travail d’équipe est en amont incontournable pour comprendre et peut-être modifier les représentations sur les enfants en difficulté scolaire et construire le projet scolaire.
Compte tenu de la complexité et du caractère polymorphe de la difficulté scolaire, il est primordial de croiser les regards.
Outils institutionnels incontournables :
Conseil de cycle en vue « d’adapter le rythme d’apprentissage aux besoins de chacun ». Comment se répartir les élèves dans les classes et quel projet de cycle ?
L’équipe éducative : Se réunit toujours en amont du Conseil de cycle.
Qui fait partie de l’équipe ? Le directeur, l’enseignant de l’enfant, le psychologue scolaire, le médecin de PMI et/ou de l’Education Nationale, la famille, les partenaires du champ du soin, l’enfant.
La poursuite des études au rythme normal ou la réduction du temps de scolarité sont les deux choix possibles, l’équipe éducative évaluera le moindre risque pour l’enfant en tenant compte aussi de son désir propre.
Attention : Le temps de développement de l’enfant est différent de celui de l’école.

Bibliographie (non exhaustive)
DELAUBIER J-P., « La scolarisation des élèves intellectuellement précoces. Rapport au ministre de l’Education nationale de janvier 2002 », téléchargeable sur « education.gouv.fr »
GIORDAN A. et BINDA M., « Comment accompagner les enfants intellectuellement précoces ? », Delagrave 2007
OUZOULIAS A., « Favoriser la réussite en lecture-Les MACLE », RETZ-CRDP de Versailles, 2004
REVOL O.,LOUIS J.,FOURNERET P., « Les troubles du comportement de l’enfant précoce », ANAE 2003, 73, pages 159-163.
REVOL O, BLANC LAPIERRE J., « Même pas grave ! », J.C. Lattès, 2006
SIAUD-FACCHIN J., « Aider l’enfant en difficulté scolaire », Odile Jacob, 2006
VINCENT J-D. et alii, « Albin Michel-Scéren », 2003



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Message par synapse le Lun 14 Nov 2011 - 20:51

Tien nouveau lien :
http://jean-francois.laurent.over-blog.com/
Approche de Jean-François LAURENT (que je ne connaissait pas encore).
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Message par synapse le Dim 13 Mai 2012 - 16:25

http://eeip.free.fr/List_com.html

Lien vers une synthèse des Textes, règlements et circulaires, liens +
EIP - Tests - Comment constituer un dossier +
Conférences, colloques et communications +
Divers

http://eeip.free.fr/
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Message par Invité le Dim 13 Mai 2012 - 22:43

http://www.pearltrees.com/#/N-f=1_4131368&N-fa=4131288&N-u=1_498886&N-p=32964153&N-s=1_4131368


http://www.pearltrees.com/#/N-f=1_4131370&N-fa=4131288&N-reveal=5&N-u=1_498886&N-p=32964160&N-s=1_4131370


Deux liens ci-dessus où j'ai centralisé pas mal d'infos diverses, classées.
Si tu es partant Synapse, on peut classifier et compléter ensemble.
Pas encore tout mis, j'ai aussi des murs FB de personnes ayant collecté beaucoup de choses, ainsi que des murs d'associations intéressantes.





Pour intéresser l'enfant précoce reconnu et déjà identifié:
Arrow le faire travailler avec d'autres enfants de son profil, déjà reconnus aussi, ou bien potentiellement capables de suivre aussi. Les asseoir à côté en classe. Les regrouper pour des exercices ou des projets sinon, des responsabilités qu'ils fassent ensemble.

Arrow certains ont besoin de s'autogérer et d'être encouragés en ce sens. Pourvoir choisir eux-mêmes de lire un livre, ou de jouer à un jeu pédagogique qu'ils choisissent, ou s'initier à un jeu apporté par l'enseignant (les échecs par exemple), ou de dessiner avec des modèles fournis.

Arrow d'autres se régaleront si on leur propose un projet à faire, lorsque le travail est fini, pour le reprendre chaque fois. Une chose qui touche à leur passion, ou qui leur en fasse découvrir une.

Arrow d'autres aimeront en une ou quelques matières, faire des manuels et exercices des niveaux de classe plus âgés. Certains en maths, d'autres en lecture, en sciences, etc... Cela peut carrément remplacer d'ailleurs le travail en cette matière, si cela plaît à l'enfant et qu'il s'en sort, car il se sent enfin nourri en ce domaine où il excelle.

Arrow ne pas utiliser trop l'ordinateur, mais à petite dose, ou un jour par semaine, lui donner en liberté un jeu pédagogique interactif choisi par l'enseignant, max 1 heure (mois selon son âge). Ces enfants adorent apprendre à leur vitesse, tout seuls, et en ce sens l'ordinateur les aide si on leur fournit un bon logiciel adapté. Mais pas trop, car ils doivent aussi rester sur des activités sans-écran.

Arrow développer les 8-9 intelligences. Proposer des activités sensorielles, tactiles, en lien avec la nature, à construire et manipuler, logiques et énigmes, des histoires à lire-écouter, intelligence musicale, visuelle-spatiale etc...)

Arrow le nourrir avec des contes, c'est important. A lire, écouter, idéalement il faut les deux. Il y a dedans des notions complexes que l'enfant précoce va identifier, qu'il va reconnaître. Les contes initiatiques ou anciens sont jalonnés de pistes pour gérer sa vie, gérer le monde, et cela les nourrit de leur soif de comprendre.

Guide pour enseigner autrement, selon la théorie des intelligences multiples, éditions Retz
séquences prêtes, DVD avec vidéo des séquences, présentation très organisée et très claire


Pédagogies Freinet et Montessori, Freinet sont de très bonnes approches complémentaires, Steiner aussi mais plus particulier.

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Message par synapse le Mar 15 Mai 2012 - 11:51

http://www.education.gouv.fr/cid49838/mene0900994c.html
circulaire n° 2009-168 du 12-11-2009 : Guide d'aide à la conception de modules de formation pour une prise en compte des élèves intellectuellement précoces
Spoiler:
Élèves intellectuellement précoces
Guide d'aide à la conception de modules de formation pour une prise en compte des élèves intellectuellement précoces
NOR : MENE0900994C
RLR : 501-9b
circulaire n° 2009-168 du 12-11-2009
MEN - DGESCO A1-1

Texte adressé aux rectrices et recteurs d'académie ; aux inspectrices et inspecteurs d'académie, directrices et directeurs des services départementaux de l'Éducation nationale
La réussite d'un enfant intellectuellement précoce ou manifestant des aptitudes particulières nécessite parfois des aménagements particuliers de son parcours scolaire tels que les prévoit le code de l'Éducation dans son article L.321-4.
La circulaire du 17 octobre 2007, relative au parcours scolaire des élèves intellectuellement précoces ou manifestant des aptitudes particulières à l'école et au collège, rappelle pour sa part la nécessité d'un effort important en matière d'information et de formation en direction des personnels du premier et du second degrés.
Le guide en annexe de la présente circulaire, est conçu comme une aide aux formateurs, notamment pour définir les programmes de formation. Sans caractère prescriptif, il propose des pistes de travail précises qu'il est possible de mettre en œuvre dans un cadre local, au plus près des besoins repérés.
Les recteurs et les inspecteurs d'académie, directeurs des services départementaux de l'Éducation nationale, veilleront à mettre en place les formations nécessaires à une meilleure prise en compte de la situation spécifique des enfants concernés.
Ces formations s'adressent en tout premier lieu aux enseignants qui pourront, ainsi, mieux connaître les aptitudes particulières et les situations de précocité chez certains élèves et adapter leurs pratiques.
Elles concernent également, systématiquement, les directeurs d'école et les chefs d'établissement, les psychologues et les médecins de l'Éducation nationale.
Le référent académique désigné aux termes de la circulaire précitée apportera aux responsables académiques et départementaux de formation l'aide nécessaire à la réalisation d'un plan académique de formation, en analysant les besoins en formation et en mobilisant les ressources locales.

Pour le ministre de l'Éducation nationale, porte parole du Gouvernement
et par délégation,
Le directeur général de l'enseignement scolaire
Jean-Louis Nembrini


Annexe

Élèves intellectuellement précoces - Guide d'aide à la conception de modules de formation
Document élaboré par un groupe national, en application de la circulaire 2007-158 du 17-10-2007, DGESCO 2009
Introduction : pourquoi un guide ?
Une volonté : contribuer à une meilleure prise en compte de la situation spécifique des élèves intellectuellement précoces ou manifestant des aptitudes particulières. Celle-ci s'inscrit dans la perspective plus large des réponses apportées aux besoins éducatifs particuliers dans le système éducatif.
Un cadre officiel :
La loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'École : article 27 codifié L 321-4 :
« Des aménagements appropriés sont prévus au profit des élèves intellectuellement précoces ou manifestant des aptitudes particulières, afin de leur permettre de développer pleinement leurs potentialités.
La scolarité peut être accélérée en fonction du rythme d'apprentissage de l'élève. »
La circulaire n° 2007-158 du 17 octobre 2007 : circulaire relative au parcours scolaire des élèves intellectuellement précoces ou manifestant des aptitudes particulières à l'école et au collège. Celle-ci prévoit « un ensemble de mesures coordonnées aux niveaux académique et départemental » et souligne la nécessité d'« efforts importants en matière d'information et de formation en direction des personnels du premier et du second degrés ».
Un objectif : favoriser la mise en place des formations nécessaires à une meilleure prise en compte de la situation spécifique des élèves intellectuellement précoces ou manifestant des aptitudes particulières.
- En formation initiale, attirer l'attention des futurs maîtres sur la nécessité de reconnaître la diversité des élèves et de la prendre en compte par leur action pédagogique dans l'école ; et donc, s'assurer que la problématique de la précocité intellectuelle est traitée à ce titre avant l'entrée dans le métier.
- En formation continue, sensibiliser et mieux informer les enseignants des premier et second degrés sur la précocité intellectuelle pour leur permettre d'adapter leurs pratiques.
- Dans les plans de formation des directeurs d'école et des principaux de collège, inscrire un module spécifique mettant en évidence leur responsabilité dans le dialogue conduit avec les familles et dans la coordination des actions engagées.
- À l'intention des psychologues et des médecins de l'Éducation nationale, donner à chacun les moyens de jouer pleinement son rôle à l'égard de ces élèves, de leurs parents et de leurs enseignants.
Un outil : ce guide est destiné aux responsables de formation et aux formateurs afin de les aider dans cette démarche. Conçu comme un ensemble de fiches, il n'a pas la prétention d'apporter une information exhaustive sur la question des aptitudes intellectuelles particulières mais propose des pistes pour construire des stages ou des modules et des ressources pour en nourrir le contenu. Évolutif, il sera mis en ligne et régulièrement actualisé. Ainsi, il intégrera progressivement les contributions des académies.
1 - Un bref rappel : qui sont les élèves intellectuellement précoces ?
L'attention est portée depuis quelques années sur la situation, apparemment paradoxale, des élèves qui, bien que présentant de remarquables capacités intellectuelles, ne réussissent pas dans les apprentissages scolaires. Leur comportement et leurs performances ne sont pas ceux que l'on pourrait attendre au vu de leur très bon développement intellectuel, le plus souvent validé par des tests d'intelligence. Certains d'entre eux rencontrent même d'importantes difficultés en classe pouvant les conduire à des redoublements et à un désinvestissement progressif de l'école, souvent accompagné de désarroi psychologique et/ou de troubles des conduites (le rapport remis au ministre de l'Éducation nationale en janvier 2002 constituait une synthèse de cette question qu'il convient de compléter par la nécessaire actualisation de certains points et la prise en compte des récentes études scientifiques et pédagogiques).
Si l'approche de la situation de ces élèves fait aujourd'hui l'objet d'une certaine convergence des points de vue des professionnels de l'enfance et des familles, les enfants concernés ne constituent pas une population identifiable comme telle. Il faut souligner la très grande diversité de leurs profils (langage, mémoire, adaptation, motivation, personnalité, etc.). Ils n'ont en commun que le fait de bénéficier de certaines capacités remarquables et l'écart constaté entre ces capacités et les performances réalisées, en particulier en milieu scolaire.
Cette extrême diversité peut expliquer la variété des termes employés pour identifier ces élèves : « intellectuellement précoces », « doués », « surdoués », « talentueux », « à haut potentiel », « manifestant des aptitudes particulières », etc. À travers les mots, ce sont des concepts différents qui sont utilisés. D'un pays à l'autre, d'un contexte à l'autre, parfois d'un établissement à l'autre, on ne parle pas exactement des mêmes élèves. Si, en France, la dénomination « élèves intellectuellement précoces » a été majoritairement adoptée, elle est souvent contestée, en particulier dans la communauté universitaire. Les textes officiels retiennent une expression plus ouverte : « élèves intellectuellement précoces ou manifestant des aptitudes particulières ».
Il ne saurait être question d'entreprendre un repérage systématique des enfants présentant des potentialités intellectuelles exceptionnelles. Ceux-ci sont en général bien accueillis, adaptés à l'école et, pour leur grande majorité, en situation de réussite scolaire. Il s'agit en revanche d'apporter l'aide et l'accompagnement nécessaires à la minorité qui, parmi eux, est en souffrance (ou est susceptible de l'être).
L'hypothèse d'un écart entre les compétences attribuées et des difficultés avérées dans un ou plusieurs domaines d'apprentissage est donc le point de départ de l'interrogation qui justifiera une évaluation approfondie. Celle-ci nécessite l'éclairage des regards complémentaires des professionnels spécialisés.
L'évaluation psychologique et intellectuelle est indispensable à l'analyse des difficultés d'apprentissage et à la reconnaissance des potentialités intellectuelles de l'élève quelles qu'elles soient. La transmission des informations qui en sont issues appelle, au-delà de la responsabilité professionnelle propre aux psychologues, quelques remarques :
- Si le quotient intellectuel (QI) a longtemps été utilisé comme unique critère pour repérer les enfants intellectuellement précoces, il est aujourd'hui considéré comme un simple indicateur parmi d'autres. Les performances aux tests d'intelligence ne sont que des approximations du fonctionnement cognitif d'un sujet dans un domaine général ou particulier, et leur interprétation par les psychologues se fait en association avec d'autres informations psychologiques, pédagogiques et personnelles.
- Le QI ne peut rendre compte à lui seul de la diversité des formes de l'intelligence. Le recueil d'autres données psychologiques est nécessaire. Comme dans certains pays, les procédures d'identification des enfants à haut potentiel intellectuel devraient intégrer des indicateurs complémentaires (créativité, motivation, environnement...).
- La mesure de l'intelligence, sensible à de nombreux paramètres et dépendante du test utilisé, s'exprime habituellement en valeurs relatives (indices ou Q.I.) qui incluent des erreurs de mesure et impliquent l'utilisation d'intervalles de confiance. Ces données psychométriques ne sont que des approximations, elles remettent nécessairement en question toute référence à un seuil (120, 125, 130, 150...).
- Le diagnostic de précocité intellectuelle, élargi désormais à celui de haut potentiel ou de talent, est l'aboutissement d'un processus collectif d'évaluations et d'échanges qui implique dans le système éducatif l'ensemble des professionnels concernés et les parents.
- Les informations psychométriques sont des données confidentielles et leur utilisation se fait avec retenue, dans le souci de la protection des personnes ; la qualification de précocité intellectuelle appliquée à un enfant a des implications dans sa vie et celle de sa famille qui, bien que méconnues et peu étudiées, ne sont pas anodines et imposent réserve et réflexion.
2 - Quatre objectifs
Un premier objectif : conduire chacun à mieux connaître les élèves intellectuellement précoces pour développer à leur égard une attitude ouverte et positive.
La méconnaissance de cette problématique induit une inattention à l'égard de ces élèves, voire un refus de principe de toute prise en compte. Le rôle de la formation est donc avant tout d'apporter une information dénuée d'a priori et de favoriser une attitude accueillante et ouverte à cette « différence ». Il s'agit, d'une part, de dépasser les approches idéologiques et affectives, sans faire l'économie d'une présentation claire de celles-ci, d'autre part, d'attirer l'attention, par une analyse objective, sur la situation spécifique des élèves dits intellectuellement précoces, sur les potentialités qu'elle implique et sur les difficultés ou les souffrances qu'elle peut engendrer.
Par ailleurs, la découverte de ce besoin éducatif particulier ne peut que contribuer à une ouverture plus large à la diversité et à la complexité des profils des autres élèves.
Un deuxième objectif : faciliter le repérage et la compréhension des difficultés des élèves intellectuellement précoces.
Pour apporter une aide à ces élèves, il convient d'identifier les indices révélateurs de leur situation. Il n'est, bien sûr, pas question d'inciter à un « dépistage » systématique, mais seulement de repérer un besoin éducatif à prendre en compte, voire les premiers symptômes d'une situation de difficulté ou d'échec.
- Il s'agit d'abord d'amener les enseignants à être attentifs à ces indices, susceptibles d'être liés à la précocité et à faire appel à la contribution de personnels spécialisés. La formation doit les aider à repérer et à comprendre ces profils particuliers, à être ouverts à leurs potentialités, mais aussi prêts à réagir face aux difficultés et à éviter qu'elles ne deviennent des facteurs d'exclusion et de souffrance. Les professeurs doivent donc être préparés à adapter leur attitude et leur stratégie à ces enfants tout en sollicitant les aides nécessaires. Leur vigilance doit être ouverte à des champs très divers : l'attitude face à l'école, face aux activités proposées, les relations avec les autres (élèves ou adultes), la communication écrite, le langage oral, les modalités d'apprentissage, les « décalages », l'image de soi, etc.
- Parallèlement, les personnels spécialisés doivent bénéficier d'une formation complémentaire pour mettre leur compétence professionnelle au service de ce repérage. Une telle formation concerne tout d'abord les psychologues scolaires dans le premier degré et les conseillers d'orientation psychologues dans le second. Elle pourrait utilement être étendue aux médecins de l'Éducation nationale.
Un troisième objectif : favoriser une prise en charge scolaire a daptée aux besoins des élèves intellectuellement précoces.
La formation doit aussi permettre à chacun de mettre en place les adaptations nécessaires pour la réussite de la scolarité des élèves intellectuellement précoces. Chacun doit être préparé à jouer son rôle, mais aussi à intégrer son action dans une stratégie globale, continue et cohérente :
- l'enseignant dans sa classe ; c'est le premier acteur de la prise en charge pédagogique des élèves intellectuellement précoces. Par la différenciation pédagogique, la mobilisation des ressources de l'école (aides personnalisées, voire aides spécialisées), il doit mettre en œuvre tous les moyens disponibles et coordonner l'ensemble des interventions à travers un projet cohérent ;
- les chefs d'établissement et les directeurs d'école pour tout ce qui concerne l'organisation collective et le parcours de l'élève ;
- les cadres départementaux et académiques pour le développement de dispositifs d'accueil, d'expérimentations ou de centres de ressources, éventuellement pour la constitution d'un véritable réseau susceptible de scolariser les élèves rencontrant les plus grandes difficultés. Par exemple, dans le premier degré, le rôle de l'I.E.N. est essentiel, tant pour l'information de l'ensemble des acteurs, la mobilisation des aides ou l'accompagnement des équipes.
Un quatrième objectif : aider les enseignants à établir des relations bienveillantes et constructives avec les parents des élèves intellectuellement précoces.
La relation avec les parents est déterminante : dès les premières années de la scolarité, la famille doit pouvoir placer sa confiance dans l'école en étant certaine que son enfant sera accepté, reconnu avec ses particularités et soutenu dans ses besoins. Établir cette confiance, transmettre une information objective et précise, ménager des rencontres régulières pour travailler avec les parents constituent des démarches indispensables auxquelles la formation doit préparer.
3 - La stratégie : quelle formation ? Pour qui ?
3.1 Quels publics ?
Trois publics doivent d'emblée être distingués : les enseignants, les personnels spécialisés, tels que les psychologues scolaires ou les conseillers d'orientation psychologues, et enfin les personnels d'inspection et de direction. Chacun requiert une stratégie et des modalités de formation spécifiques :
Les enseignants du premier et du second degré
Tous les enseignants ont besoin d'une formation, ne serait-ce que pour reconnaître chez l'enfant intellectuellement précoce un élève à besoins éducatifs particuliers, pour être partie prenante d'un projet personnalisé adapté à sa situation et pour engager un dialogue pertinent avec la famille.
Il est souhaitable qu'une information de base soit apportée dans le cadre de la formation initiale, à l'intérieur des modules orientés vers la connaissance des besoins éducatifs particuliers et vers leur prise en compte dans la classe et dans l'établissement scolaire. L'introduction de la situation des élèves « intellectuellement précoces » dans ce cadre ne peut qu'enrichir la réflexion des futurs enseignants sur la « diversité » des besoins et la nécessaire différenciation des réponses pédagogiques. Il conviendra d'être attentif, sur ce point, à l'élaboration des maquettes des masters et des dispositifs prévus pour accompagner la prise de fonction des nouveaux professeurs.
Pour l'ensemble des enseignants en poste aujourd'hui, il appartient aux responsables de la formation continue et aux corps d'inspection de s'assurer de cet apport minimal. Par ailleurs, le soutien des maîtres qui ont directement à prendre en charge des enfants intellectuellement précoces dans leur classe est indispensable. Une attention particulière doit être portée à ceux qui accueillent pour la première fois un tel élève. Enfin, des formations optionnelles plus approfondies pourraient être proposées à des enseignants ou des équipes prêts à se mobiliser autour d'un projet spécifique pour l'accueil des élèves intellectuellement précoces.
Les personnels spécialisés
Une formation plus développée et plus « technique » doit être destinée à ceux qui ont la responsabilité d'aider à l'identification et au diagnostic des difficultés liées à la précocité et de répondre aux interrogations des enseignants et, parfois, des parents alertés par le comportement ou les résultats des élèves :
- Les psychologues scolaires : leur rôle est essentiel dans le repérage de ces élèves. La formation des psychologues scolaires conduit d'abord à garantir une unité de traitement des élèves et de leur famille sur le territoire par l'exercice de leur expertise professionnelle dans le cadre institutionnel. Le rôle du psychologue scolaire ne se limite cependant pas à l'expertise psychologique incluant les outils de psychométrie, il concerne également l'accompagnement de l'enfant et de sa famille dans le parcours scolaire. Enfin, son aide est précieuse pour les enseignants en éclairant la compréhension de comportements d'élèves qui peuvent les surprendre, voire les dérouter.
- Les conseillers d'orientation-psychologues : comme les psychologues scolaires, ils ont une mission d'expertise qui doit être développée dans le suivi du parcours scolaire de l'élève et dans le cadre de l'orientation. S'ils sont moins concernés par le repérage, leur rôle est tout aussi essentiel pour aider les enseignants à mieux comprendre le profil scolaire de l'élève, pour faciliter le dialogue avec celui-ci et avec sa famille ou pour faciliter la construction d'un projet d'orientation bien adapté aux besoins.
- Les médecins de l'Éducation nationale : la variété des profils des enfants à haut potentiel doit être connue des médecins, pour qu'ils soient en mesure d'évoquer cette origine devant des tableaux très variés, y compris face à des manifestations de troubles des apprentissages. Le contenu de la formation s'attachera à faire acquérir les notions fondamentales évoquant :
. la diversité des concepts (« haut potentiel », « précocité », « talents », « capacités particulières ») et des approches (neuropsychologiques, développementales, etc.) ;
. les démarches diagnostiques, y compris les diagnostics différentiels (T.S.A., T.D.A./H., etc.) ;
. les variabilités individuelles ;
. les modes de scolarisation.
La contribution des médecins est précieuse dans une approche pluridisciplinaire des situations les plus complexes au niveau du suivi de ces élèves comme au moment de leur repérage. Une information spécifique, à leur intention, est donc indispensable.
Les personnels d'inspection et de direction
La mobilisation de tous ceux qui ont une responsabilité de coordination et d'animation des équipes enseignantes est prioritaire : d'abord dans une logique de démultiplication rapide et efficace de l'information, ensuite, parce que la scolarisation des élèves intellectuellement précoces appelle une réponse collective et une organisation au niveau de l'école, de l'établissement ou du territoire (secteur, district, bassin, etc.).
Dans le premier degré, c'est l'ensemble des inspecteurs de l'Éducation nationale et de leurs conseillers, puis des directeurs d'école qui doit faire l'objet d'une formation systématique. Ceux-ci ont en effet à coordonner le repérage des difficultés, l'évaluation des résultats, la mise en place d'aides personnalisées et, surtout, la prise en charge décloisonnée de ces élèves aux compétences souvent hétérogènes. Par ailleurs, la formation des responsables du premier degré fournit l'occasion de construire un réseau de ressources à l'échelle de la circonscription ou du département. Une attention particulière sera portée à la formation des directeurs d'écoles afin de préciser leur rôle dans l'équipe pédagogique comme dans la relation avec la famille.
Dans le second degré, chefs d'établissement, inspecteurs de l'information et de l'orientation, mais aussi I.A.-I.P.R. ont à coopérer pour offrir aux élèves intellectuellement précoces des parcours de formation individualisés (et parfois dérogatoires), pour accompagner, voire rassurer, les enseignants et pour proposer des actions ciblées si nécessaire. Au chef d'établissement, revient un rôle central pour préparer, coordonner, suivre et évaluer les projets particuliers construits pour chaque élève, mais aussi le projet collectif dans lequel ils s'inscrivent.
Ces personnels constituent donc un public à privilégier en mettant l'accent sur les parcours et les organisations scolaires à développer en faveur des élèves intellectuellement précoces, mais aussi à concevoir comme des leviers d'animation pour faire évoluer les pratiques vers une prise en charge différenciée et adaptée de tous les besoins particuliers.
3.2 Vers une stratégie académique
Un principe : c'est au niveau académique que peut être construite, coordonnée et régulièrement évaluée une stratégie de formation cohérente sur la précocité intellectuelle. En effet, une telle démarche, qui implique les corps d'encadrement et qui concerne le premier et le second degré, doit s'insérer dans le plan académique de formation. Il appartient au recteur de désigner la personne responsable et de valider les propositions qui seront formulées.
Un référent académique : pour être efficace le projet de formation doit être porté par une personne clairement identifiée et reconnue par tous les acteurs comme l'interlocuteur académique sur le thème de la précocité intellectuelle. Quelle que soit sa fonction principale (conseiller du recteur, personnel d'inspection, de direction ou enseignant), ce référent a la responsabilité de rassembler les ressources, de présenter au recteur un plan complet et réaliste de formation et d'information et d'en coordonner la mise en œuvre.
Un réseau de personnes-ressources : la première tâche de la personne désignée comme « référent académique » est de recenser, puis de mobiliser les compétences et les équipes engagées dans la prise en charge des élèves intellectuellement précoces. Il s'agit de repérer, à la fois, les formateurs et, éventuellement, les chercheurs, déjà intéressés par ce thème, les expériences conduites dans l'académie, les correspondants départementaux désignés par les inspecteurs d'académie, les enseignants ou personnels d'inspection et de direction sensibilisés à la situation des élèves intellectuellement précoces. La priorité est de fédérer ce réseau en suscitant des échanges, et cela à travers une action permettant de constituer une équipe de formateurs de formateurs.
Un plan cohérent et progressif : le projet présenté au recteur doit à la fois être complet (prendre en compte tous les publics concernés) et réaliste (proposer des étapes dans une programmation pluriannuelle). Par exemple, il peut proposer une répartition sur trois ans avec une première étape de regroupement des professionnels de la psychologie scolaire, un bref module inséré dans la formation des directeurs d'école et des personnels de direction, des journées d'information plus larges pour les autres publics, puis des formations mises en place dans chaque circonscription primaire, etc. Il peut comporter des objectifs quantifiés, un échéancier, une répartition entre les différents niveaux de mise en œuvre (académie, département, bassin, circonscription) et des modalités d'évaluation.
Une possibilité : inclure ce plan dans une stratégie plus large visant à la prise en compte de tous les « besoins éducatifs particuliers ». Plusieurs académies se sont déjà engagées dans cette voie par exemple autour d'un chargé de mission à qui est confié l'ensemble de ce champ ou à travers un volet spécifique du projet académique. Dans ce cadre la problématique des élèves intellectuellement précoces constitue un levier pour faire évoluer les regards et les pratiques. Bien évidemment, il n'est pas question d'effacer la spécificité de la précocité intellectuelle dans une approche globale des besoins éducatifs mais, bien au contraire, d'inclure des temps et des actions réservés à une information spécifique dans des stages ou des programmes ouverts à d'autres situations « particulières ». Cette perspective favorise les interactions et les échanges de compétences et permet de toucher un public plus étendu.
Une bonne articulation entre la formation initiale et la formation continue : si un effort est nécessaire pour sensibiliser et informer les personnels à travers un plan particulier de formation continue, la prise en compte de la précocité intellectuelle dans toutes les classes passe par l'implication des universités responsables de la formation des maîtres. Il convient donc d'être attentif à ce que la situation des élèves intellectuellement précoces soit présentée dans les modules consacrés à la diversité des besoins éducatifs dans les maquettes des plans de formation initiale. Cela passe souvent par des échanges au niveau local et par des réflexions communes conduites avec les formateurs universitaires dont l'apport est irremplaçable pour aborder avec rigueur et précision la question de la précocité.
3.3 Quels contenus?
Les contenus doivent être adaptés aux publics et aux modalités choisis, en particulier à la durée de la formation. On peut toutefois proposer un cheminement, trame possible pour tous les stages. Le degré d'approfondissement et l'équilibre des éléments constituant cette trame varieront en fonction des objectifs poursuivis. Elle pourrait être composée des étapes suivantes :
- la découverte de quelques situations concrètes d'élèves intellectuellement précoces rencontrant des difficultés à l'école ;
- un apport de connaissances sur l'intelligence et sur la précocité ;
- des informations sur les indices à prendre en compte dans la classe et une réflexion sur le repérage de la précocité ;
- une présentation détaillée des réponses pédagogiques possibles ;
- une sensibilisation à l'enjeu de la relation aux familles.
La découverte de quelques situations concrètes d'élèves dits intellectuellement précoces rencontrant des difficultés à l'école :
Il est intéressant d'évoquer concrètement le problème pédagogique posé à travers l'histoire de quelques enfants et adolescents. L'utilisation de documents audiovisuels ou de témoignages d'enseignants, de parents, voire d'élèves constitue un bon point de départ, même sur des temps de formation très brefs. Il s'agit de susciter une interrogation sur la réussite ou l'échec de la rencontre de ces jeunes avec l'école.
Un apport de connaissances sur l'intelligence et sur la précocité :
Une intervention théorique, par exemple confiée à des universitaires, est indispensable. Cet apport devrait se distribuer autour de quatre pôles :
- L'intelligence : notions de base (définitions, principales théories unitaires ou pluridimensionnelles, origine, développement, etc.), présentation de quelques approches, dont les neurosciences, pistes de lecture ;
- La psychométrie : la question de la mesure de l'intelligence, sa relativité et les débats qu'elle engendre, présentation de quelques outils, notamment les échelles d'intelligence ;
- Les mots et les concepts : « précocité », « don », « génie », « haut potentiel », « doué », « surdoué », « aptitudes particulières » ou « exceptionnelles », etc. Quel terme générique utiliser ?
- La « précocité intellectuelle » : qu'en sait-on ? Qu'est-ce qui caractérise et différencie cette catégorie d'enfants désignés comme « E.I.P. » ? Quels sont les points de vue scientifiques à prendre en considération ?
Des informations sur les indices à prendre en compte dans la classe et une réflexion sur le repérage de la précocité intellectuelle :
Il s'agit à la fois d'aider les enseignants à identifier des indices pouvant révéler une précocité intellectuelle et de susciter une réflexion sur les objectifs et les limites d'un tel repérage. Ceci conduit à distinguer trois séries de questions :
- Quels sont les comportements et les profils susceptibles de révéler une situation d'élève intellectuellement précoce ? Quelles sont les difficultés qui peuvent être liées à la précocité ?
- Le repérage des élèves intellectuellement précoces, pour quoi faire ? Dans quels cas est-il indispensable d'engager un bilan complet ? Faut-il attendre les difficultés ?
- Quel est le rôle de chacun ? De l'enseignant ? Du psychologue scolaire ? Du médecin scolaire ?
Il convient de proposer une démarche générale permettant un travail concerté autour des élèves concernés, par exemple :
1. Observations et interrogations de l'enseignant à propos du comportement d'un élève.
2. Échanges avec d'autres professionnels (psychologue, autres enseignants, etc.).
3. Rencontre et information de la famille.
4. Invitation à un examen psychologique et cognitif (psychologue scolaire ou C.O.P.).
5. Réunion de l'équipe éducative élargie.
6. Élaboration et mise en œuvre d'un projet pédagogique personnalisé.
Une présentation détaillée des réponses pédagogiques possibles :
Il n'est pas question de proposer un modèle, mais plutôt d'amener les enseignants, les directeurs d'école et les chefs d'établissement à prendre conscience de l'ensemble des leviers dont ils disposent pour proposer à l'élève intellectuellement précoce un parcours scolaire mobilisateur et réussi qui réponde aux besoins. Trois niveaux devront être distingués :
- La prise en charge dans la classe et autour de la classe :
- l'attitude de l'enseignant, le statut de l'élève, les relations aux autres ;
- l'enrichissement des contenus : proposition de situations plus difficiles, anticipation dans les programmes, offre de lectures, recours aux technologies usuelles de l'information et de la communication, etc. ;
- la mobilisation sur des centres d'intérêt à travers l'accompagnement éducatif et les activités périscolaires ;
- le renforcement de l'autonomie à travers des situations de recherche, la réalisation d'exposés, l'exercice de responsabilités, un rôle d'aide auprès d'autres élèves ;
- l'apport d'aides spécifiques, y compris à travers le dispositif d'aide personnalisée ;
- l'évaluation, en développant des démarches d'autoévaluation ;
- la construction d'un projet personnalisé pouvant aller jusqu'à un véritable P.P.R.E.
- Une organisation particulière, éventuellement dérogatoire :
- la prise en charge dans des groupes spécifiques (avec une réflexion sur l'articulation entre classe de référence et regroupement d'élèves intellectuellement précoces) ;
- les décloisonnements, permettant l'approfondissement de certains domaines, le regroupement d'élèves sur projet ou la formation de groupes de besoin ;
- la fréquentation de la classe supérieure dans certaines disciplines (accélération différenciée du parcours) ;
- l'offre d'activités supplémentaires ;
- l'élaboration par certains établissements d'un projet global de scolarisation d'élèves « intellectuellement précoces ».
- Un parcours scolaire adapté :
- les possibilités d'accélération du cursus (une année en primaire et une année en collège) et l'accompagnement que nécessite cette pratique ;
- les classes, établissements et filières à projet particulier (classes ou sections européennes, bilingues, sportives, musicales, etc.) ;
- l'offre optionnelle ;
- l'accompagnement des charnières de la scolarité (entrée en collège et en lycée) ;
- la construction d'un projet d'orientation spécifique.
Une sensibilisation à l'en jeu de la relation aux familles
Ce point gagnera à être abordé à travers l'expression de témoignages et de points de vue, par exemple sous la forme d'une table ronde qui permettrait de mettre en évidence quelques aspects essentiels de la question :
- la nécessité d'un accueil particulier de la famille, bienveillant et serein, afin d'instaurer une relation de confiance mutuelle ;
- la construction d'un projet de scolarité recueillant la pleine adhésion des parents ;
- l'accompagnement des parents à quelques moments importants :
. le diagnostic de la précocité intellectuelle ;
. l'entrée en sixième ;
. la préparation de l'orientation ;
. l'entrée en seconde.
4 - Éléments de bibliographie
Quelques livres :
- Gardner Howard : Les intelligences multiples (Retz - Paris 2008)
- Huteau Michel et Lautrey Jacques : Les tests d'intelligence (La Découverte - Paris 2006)
- Lubart Todd [ouvrage collectif] : Enfants exceptionnels - Précocité intellectuelle, haut potentiel et talent (Bréal - Paris 2006)
- Crahay Marcel et Chapelle Gaëtane : Réussir à apprendre (P.U.F. - Paris 2009)
- Louis Jean-Marc et Ramond Fabienne : Scolariser l'élève intellectuellement précoce (Dunod - Paris 2007)
- Winner Ellen : Surdoués, mythes et réalités (Aubier - Paris 1997)
- Rapport collectif : La scolarisation des élèves « intellectuellement précoces » (ministère de l'Éducation nationale - Paris 2002/ téléchargeable sur http://www.education.gouv.fr)
Quatre revues :
- Psychologie française : septembre 2004 - volume 49 - n° 3 (Elsevier)
- Approche neuropsychologique des apprentissages chez l'enfant (en particulier les numéros 67, 73, 82 et 92)
- Bulletin de psychologie : septembre/octobre 2006 - n° 485
- Gifted and Talented International - Revue du World Council for Gifted and Talented Children (W.C.G.T.C.)
Un site :
www.enfants-haut-potentiel.com : site réalisé par l'équipe du Pr Todd Lubart - laboratoire « Psychologie et neurosciences cognitives » (C.N.R.S.-F.R.E. 2987) - Université Paris 5 Descartes
5- La situation dans les pays européens
Des principes : la position française, comme celle des autres pays européens, a été définie dans un cadre international que l'on peut résumer à travers quelques textes :
- La Convention relative aux Droits de l'Enfant (Résolution 44/25 du 20-11-1989, article 29) :
« Les États parties conviennent que l'éducation de l'enfant doit viser à :
a) Favoriser l'épanouissement de la personnalité de l'enfant et le développement de ses dons et de ses aptitudes mentales et physiques, dans toute la mesure de leurs potentialités. »
- La Déclaration de Salamanque et Cadre d'action pour l'éducation et les besoins éducatifs spéciaux (7-10 juin 1994) :
« 3. L'idée principale qui guide ce Cadre d'action est que l'école devrait accueillir tous les enfants, quelles que soient leurs caractéristiques particulières d'ordre physique, intellectuel, social, affectif, linguistique ou autre. Elle devrait recevoir aussi bien les enfants handicapés que les surdoués (.)
4. L'éducation visant à répondre aux besoins éducatifs spéciaux intègre les principes avérés d'une bonne pédagogie, dont bénéficient tous les enfants. Elle a pour point de départ que les différences humaines sont normales et que, par conséquent, l'apprentissage doit être adapté aux besoins de chaque enfant, au lieu d'obliger l'enfant à s'adapter à des hypothèses établies quant au rythme et à la nature du processus d'apprentissage. (.) »
- La Recommandation 1248 du Conseil de l'Europe relative à l'éducation des enfants surdoués (7-10-1994) :
Extrait du préambule : « Si, pour des raisons pratiques, il faut des systèmes d'enseignement qui assurent une éducation satisfaisante à la majorité des enfants, il y aura toujours des enfants ayant des besoins particuliers, pour lesquels des dispositions spéciales devront être prises. Les enfants surdoués figurent parmi ceux-là. »
Article 5 :
« 1.La législation devrait reconnaître et respecter les différences individuelles. Les enfants surdoués, comme les autres enfants ont besoin de conditions d'enseignement adaptées. »
Une grande diversité : par-delà ces principes communs, chaque pays prend en compte les besoins des élèves manifestant des aptitudes particulières en fonction des caractéristiques de son système éducatif. On peut distinguer trois attitudes différentes :
- Des pays qui incluent la « précocité » parmi les « besoins éducatifs particuliers » et qui préconisent des adaptations pédagogiques : c'est par exemple le cas de la France ou de l'Espagne.
- Des pays qui font de l'épanouissement des « dons » et des « talents » un objectif important de leur politique éducative, comme par exemple, la Grande-Bretagne.
- Des pays qui ne considèrent pas les enfants « doués » ou « talentueux » comme des cas particuliers, mais qui offrent dans la classe des possibilités de différenciation pédagogique, voire de personnalisation des parcours qui permettent à chaque enfant de progresser en fonction de ses potentialités : cette position est celle de la plupart des pays scandinaves.
Le document de travail « Mesures éducatives spécifiques pour la promotion de tous les talents en Europe » publié en juin 2006 dans la collection Eurydice fournit un bon aperçu de cette diversité.

Quelques points de comparaison :
Les mots et les concepts :
- Le concept de « précocité » n'apparaît qu'en France.
- En Finlande, en Norvège et en Suède, aucun terme n'est utilisé par souci de ne pas établir une catégorie d'élève particulière et donc une forme de discrimination.
- La plupart des pays évoquent des élèves « doués » (ou « très doués », « particulièrement doués » ou « surdoués ») : c'est le cas en Allemagne, en Belgique néerlandophone, au Danemark, aux Pays-Bas (mais pas officiellement). En Grande-Bretagne, Italie ou République Tchèque, on parle à la fois d'élèves « doués » et d'élèves « talentueux ». Une distinction est parfois établie entre «doué» plutôt réservé au domaine intellectuel ou académique et «talentueux» utilisé dans les domaines artistique ou sportif (Grande-Bretagne).
- Trois cas particuliers : la Belgique francophone avec la notion de « haut potentiel », l'Espagne et le Portugal où les expressions officielles sont désormais respectivement « élèves avec de hautes capacités intellectuelles » et « élèves qui font preuve de capacités d'apprentissage exceptionnelles ».
- Dans la plupart des cas, aucun critère précis n'est énoncé pour définir les élèves entrant dans ces catégories. Si, dans plusieurs pays, il est fait appel à des tests d'intelligence comme en Allemagne, en Belgique ou aux Pays-Bas (avec parfois un seuil de référence), c'est presque toujours dans le cadre d'une évaluation plus large prenant en compte plusieurs facteurs. En Espagne, par exemple, trois dimensions sont prises en compte : les aptitudes intellectuelles, l'expertise dans la réalisation de la tâche et le niveau de créativité. Une procédure a été définie, réglementairement, pour déterminer l'appartenance à cette population. Elle est prise en charge par une équipe interdisciplinaire.
- L'approche britannique est sensiblement différente : en Angleterre, la catégorie des élèves doués ou talentueux est définie comme les 5 à 10 % de la population scolaire qui fournissent les meilleures performances.
Des prises en charge spécifiques :
- La volonté de développer une politique cohérente de prise en charge des élèves « à haut potentiel » est clairement affichée dans quelques pays comme l'Espagne ou la Belgique, mais avec des différences régionales. Toutefois, dans ces pays, il n'a pas été créé de « structures spéciales ».
- Dans d'autres pays, des initiatives locales, dans le cadre de l'autonomie laissée aux établissements (privés ou publics), ont parfois conduit à la création d'écoles ou de classes spécialisées dans la scolarisation des enfants « doués » ou « talentueux ». Cette possibilité existe aux Pays-Bas, en Allemagne, en République Tchèque ou au Danemark, par exemple.
- Les dispositifs mis en place en Grande-Bretagne sont sans doute d'une autre nature. Ils reposent sur le principe de sélection de tout ou partie des élèves pour le recrutement dans un établissement ou pour participer à un programme particulier. En Angleterre, la National Academy for Gifted and Talented Youth (NAGTY) coordonne les différentes initiatives en faveur des enfants doués ou talentueux. Elle offre des ressources aux professionnels, aux jeunes et aux parents.
La différenciation des contenus et des activités :
- En Finlande, en Norvège ou au Danemark, le principe de différenciation semble suffisamment établi pour rendre possible sans mesure particulière l'adaptation des activités et des contenus aux enfants « doués ». En Belgique, une importante marge d'initiative est laissée aux établissements : les enseignants ont la possibilité de proposer des tâches différentes, d'enrichir les parcours en proposant des activités supplémentaires, de différencier les contenus et les supports, de constituer ou non des groupes spécifiques à cet effet ou d'ajouter des heures.
Dans plusieurs pays, des mesures spécifiques sont prévues : en Espagne, selon les résultats de l'évaluation, des mesures de différenciation et d'enrichissement sont mises en place au sein de la classe. Au Portugal, des activités spécifiques sont réservées aux enfants surdoués, avec un accompagnement personnalisé, dans le cadre des cours ou en dehors, sous la responsabilité de l'école. En République Tchèque, des possibilités d'enrichissement existent : cours supplémentaires et différenciation dans certaines matières, approfondissement et élargissement du programme, projets spécifiques pour certains élèves. En Angleterre, l'enrichissement du programme, de même que la mise en place de groupes de niveau, est possible au sein de la classe.
L'individualisation des parcours :
En Belgique germanophone, la situation de chaque élève reconnu comme « particulièrement doué » est analysée par une équipe spécifique qui établit un « programme personnel de développement » (P.P.D.). Le P.P.D. peut proposer des mesures d'enrichissement du programme dans le cadre de la classe ou prévoir que les élèves quittent la classe pour un travail individualisé ou pour des cours d'approfondissement regroupant un petit nombre d'élèves à haut potentiel.
D'une manière générale, la possibilité de concevoir des plans d'apprentissage « personnalisés » ou « individualisés » en particulier pour les élèves d'âge lycéen, a été établie dans plusieurs pays : en Italie, en République Tchèque, en Norvège mais aussi en Angleterre ou dans certains établissements allemands.
La possibilité d'accélérer les cursus :
Elle existe, sous une forme ou une autre, dans la plupart des pays européens :
- l'entrée anticipée à l'école primaire (en Allemagne, en Belgique, en Finlande, au Portugal) ;
- les « sauts de classe » (en Allemagne, en Belgique, en Espagne, au Danemark, au Portugal, en Suède, en République Tchèque) ;
- le passage anticipé des examens de fin de cycle (en Belgique, en Grande-Bretagne, au Portugal).
Des possibilités d'accélération différenciée existent dans plusieurs pays, en particulier au nord de l'Europe : en Grande-Bretagne, en Suède ou en Norvège, dans le secondaire, un élève peut suivre des cours à un niveau supérieur. Le cas particulier de la Finlande doit être souligné : au niveau du lycée, les programmes ne sont pas organisés par année d'étude. Les élèves peuvent donc progresser plus rapidement, en suivant leur propre rythme, en fonction d'un plan d'éducation individuel, ou passer des examens de leur propre initiative.
Des dispositifs pour valoriser les talents :
Dans la majorité des pays, des enseignements artistiques ou des activités sportives de haut niveau ont été développés, hors temps scolaire, mais aussi sous la forme d'écoles spécialisées ou de classes à option.
En outre, il est fréquent que des associations ou des organismes divers organisent des activités pendant les vacances ou les week-ends, à l'intention des élèves « doués » ou « talentueux » (Pays-Bas, Portugal, etc.) ; en Grande-Bretagne, par exemple, des cours d'été sont organisés par la NAGTY (National Academy for Gifted and Talented Youth) pour les élèves du secondaire.
Enfin, de très nombreux concours, compétitions et « olympiades », permettent de repérer et de stimuler les élèves disposant d'aptitudes particulières, y compris dans les domaines littéraires ou scientifiques (Portugal, Suède, République Tchèque, etc.).

CIRCULAIRE N°2007-158 DU 17-10-2007 : Parcours scolaire des élèves intellectuellement précoces ou manifestant des aptitudes particulières à l’école et au collège

Spoiler:
ÉLÈVES INTELLECTUELLEMENT PRÉCOCES
Parcours scolaire des élèves intellectuellement précoces ou manifestant des aptitudes particulières à l’école et au collège
NOR : MENE0701646C
RLR : 501-9b
CIRCULAIRE N°2007-158 DU 17-10-2007
MEN
DGESCO
A1-1/ A1-2
Texte adressé aux rectrices et recteurs d’académie ; aux inspectrices et inspecteurs d’académie, directrices et directeurs des services départementaux de l’éducation nationale ; aux inspectrices et inspecteurs d’académie, inspectrices et inspecteurs pédagogiques régionaux ; aux inspectrices et inspecteurs chargés des circonscriptions du premier degré

La loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école prévoit, dans son article 27 codifié 321-4, une meilleure prise en charge des élèves intellectuellement précoces ou manifestant des aptitudes particulières et qui montrent aisance et rapidité dans les activités scolaires, “notamment par des aménagements appropriés”.
Un grand nombre de ces élèves poursuivent une scolarité sans heurt, voire brillante, il n’y a pas de mesure particulière à prendre pour eux, leur parcours scolaire s’organisant sans que l’on sache le plus souvent qu’ils sont intellectuellement précoces.
D’autres manifestent des difficultés dans leurs apprentissages ou dans leurs comportements qui peuvent être sensibles dès l’école maternelle. Elles sont cependant plus nettes dès le début de l’école élémentaire et plus encore au collège où elles se trouvent amplifiées par la période de l’adolescence. Des investigations mettent alors en évidence leur précocité intellectuelle.
À partir d’un dialogue avec la famille et avec l’éclairage des psychologues scolaires, l’école apporte des réponses prenant différentes formes, associées ou pas : enrichissement et approfondissement dans les domaines de grande réussite, accélération du parcours scolaire, dispositifs d’accueil adaptés.
Pour prendre pleinement leur sens et être généralisées ces mesures supposent :
- l’amélioration de la détection de la précocité intellectuelle dès qu’un enfant est signalé par l’école ou par sa famille comme éprouvant des difficultés, y compris d’ordre comportemental, afin de proposer des réponses adaptées et un suivi. Cette détection suppose la vigilance des enseignants, en particulier à travers les évaluations régulières des acquis de chaque élève dont ils informent régulièrement les parents (ou le représentant légal). Elle mobilise également l’expertise des psychologues scolaires, nécessaire pour analyser précisément la situation de chaque enfant concerné et procéder, le cas échéant aux examens psychométriques nécessaires. Le dialogue ainsi engagé avec les parents durant l’année scolaire doit se poursuivre au- delà avec l’appui du psychologue scolaire ;
- l’amélioration de l’information des enseignants et des parents sur la précocité intellectuelle, les signes que manifestent les élèves, les réponses qui peuvent être apportées ;
- l’organisation de systèmes d’information (départemental ou académique) afin de quantifier le phénomène, de qualifier les situations, de recenser les réponses apportées. Dans le but de venir en aide aux élèves concernés et à leur famille, ainsi qu’aux enseignants en charge de ces élèves, la mise en place d’un groupe académique ou départemental chargé du suivi de cette question ainsi que la désignation d’une personne ressource sont des réponses possibles.
Cela implique des efforts importants en matière d’information et de formation en direction des personnels du 1er et du 2nd degrés.
En formation initiale, le cahier des charges des IUFM prévoit comme l’une des compétences professionnelles la capacité à prendre en compte la diversité des élèves. Il conviendra donc d’attirer l’attention sur ce point afin de s’assurer que la problématique de la précocité est traitée à ce titre.
En formation continue, dans le premier degré comme dans le second degré, des actions de formation des enseignants doivent être organisées de façon à les sensibiliser à cette problématique et à leur permettre de différencier leurs pratiques.
En outre, il est souhaitable d’opter pour des actions plus ciblées en direction de deux autres catégories de personnels : les directrices et directeurs d’écoles ainsi que les principaux de collèges d’une part, les psychologues scolaires et les conseillers d’orientation-psychologues d’autre part. Des mesures concrètes peuvent rapidement être mises en œuvre dans ces deux directions comme :
- l’inscription au plan de formation initiale des directeurs d’écoles et des principaux de collège d’un module concernant les élèves à besoins éducatifs particuliers, dont les enfants intellectuellement précoces ;
- l’organisation d’une formation systématique des psychologues scolaires ainsi que des conseillers d’orientation-psychologues sur le dépistage des enfants intellectuellement précoces, l’accompagnement des familles, et les informations à apporter aux enseignants.
Cet ensemble de mesures coordonnées aux niveaux académique et départemental doit permettre une mise en œuvre rapide et efficace de la loi. Il n’y a pas lieu de conduire un dépistage systématique. En revanche, chaque fois qu’un élève manifeste un mal être à l’école ou au collège, un trouble de l’apprentissage ou du comportement, ou simplement que ses parents en font la demande, la situation doit être examinée sans attendre, et les éventuelles mesures adaptées doivent être prises.
Afin de favoriser la mise en œuvre de ces mesures, un groupe national sera créé pour élaborer un guide d’aide à la conception de modules de formation réunissant des ressources documentaires et des pistes méthodologiques. Ce groupe sera également chargé du repérage des bonnes pratiques, visant à faire mieux connaître les réponses possibles et en garantir la mise en œuvre.
Les rectrices et recteurs d’académie, les inspec trices et inspecteurs d’académie, directrices et directeurs des services départementaux de l’éducation nationale, mobiliseront les corps d’inspection du premier et du second degrés pour définir les stratégies locales de mise en œuvre de ces mesures. Ils s’appuieront pour ce faire sur les IUFM et leurs formateurs, ainsi que sur les ressources des associations dont certaines représentent une expertise précieuse en la matière.

Pour le ministre de l’éducation nationale
et par délégation,
Le directeur général de l’enseignement scolaire
Jean-Louis NEMBRINI

http://www.enfants-haut-potentiel.com/

Excellent livre ceci dit en passant (les enfants exceptionnels)


http://www.ae-hpi.com/

Spoiler:
Innover dans l’action pour répondre aux besoins spécifiques de nos enfants qui sont principalement :

Se connaître eux-mêmes et être reconnus par la société,
se rencontrer entre eux et faire des rencontres.

Nous devons les aider à grandir dans un milieu à l'écoute et informé, à éveiller des passions, nourrir leur curiosité, leur donner confiance, leur ouvrir des horizons, leur permettre de se projeter dans l'avenir et susciter des vocations.

Après plusieurs années d’expérience de terrain, de nombreux contacts et une longue réflexion, notre équipe de Parents et Professionnels de haut niveau, ouverts et très motivés, a décidé de mettre ses diverses compétences en commun pour, au sein de l’AE-HPI, agir en faveur des enfants HPI.

Cela, en associant les parents par un soutien et un dialogue efficace avec des spécialistes, en encourageant les initiatives personnelles et les relations avec les autres associations au niveau national et international.

Micheline ABERGEL
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Message par synapse le Mer 12 Sep 2012 - 13:17

http://www.ted.com/talks/ken_robinson_changing_education_paradigms.html
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Message par Christelle le Dim 16 Sep 2012 - 22:34

Concernée à "triple" titre : diagnostiquée à 12 ans + mon fils de 9 ans avec un profil 100% EIP (non diagnostiqué mais c'est mon clone intellectuel et émotionnel) + instit !

Je suis très contente que l'EN commence enfin à se pencher sur le sujet. Dans mon propre département, ils sont en train de lancer une concertation. Du côté de mes collègues, la plupart ne savent pas que faire (ceux là ne savent pas toujours quoi faire avec les enfants ayant d'autres types de difficultés !) ou regardent les psy spécialisés EIP d'une manière dédaigneuse ("de toutes façons, elle trouve des surdoués partout" ... forcément, puisque c'est sa spécialité, il est normal que les parents d'enfants concernés s'adressent à elle).

J'ai été tentée de participer à cette concertation pour les trois raisons pré-cités mais :
- c'est du temps à prendre sur son temps perso...
- et je sais déjà que ça donnera ce que vous avez exposé depuis le début de ce topic : des profils types et des recettes à appliquer !
Depuis que je suis instit (environ 12 ans), j'ai forcément (et statistiquement) vu passer des élèves dans ce cas dans ma classe. L'un d'eux avait été diagnostiqué avant mais pour les autres ...
Pour les autres, au niveau où je les rencontre (CM),ils sont rarement en échec ou en rejet flagrant. Par contre, ils s'ennuient clairement dans certaines matières, ont des fulgurances dans les autres, et ont parfois du mal à gérer leur différence dans leur relations avec leurs camarades.

Mes manières de m'adapter :
- leur donner à manger quand ils ont faim (plus de travail quand ils ont fini),
- parler à toute la classe de ces différences : "certains courent plus vite, d'autres réflechissent plus vite, l'important c'est que chacun fasse au mieux de ses capacités".
- parler à l'élève en particulier de sa différence et des manières qu'il peut avoir de la gérer (en allant parfois jusqu'à dire que je comprends car j'ai le même vécu)
- laisser plus de liberté
- pratiquer l'association utile : soit le tutorat, soit au contraire deux élèves très performants ensemble
- être très exigeante avec eux car ce qui est demandé dans une classe de CM de base est trop facile pour eux. Je leur demande donc la rigueur et l'excellence qu'ils sont capable d'atteindre dans certaines matières
- informer les parents avec tact : " je retrouve chez votre enfant des caractéristiques des EIP, sachez que cela peut causer des décrochages scolaires, soyez toujours vigilant : au moindre décrochage au collège pensez à faire un dépistage"

Résultats :
- des élèves qui sont bien à l'école, même si inévitablement il y a parfois des moments où ils s'ennuient, qui sont bien intégrés avec leur camarades.
- dans la suite de la scolarité : selon les caractères : ils poursuivent l'excellence quelle que soit la classe, ou bien, dans certaines classes, ils se reposent carrément sur leurs lauriers MAIS : ils sont toujours capables de se remettre en selle s'il y a besoin...

Bien sûr :Je n'ai aucun instrument de mesure,
- seulement ma propre intuition (et oui car si tout va bien, les parents ne vont pas s'embarrasser d'un test qui prend du temps et de l'argent) et mon expérience
- seulement aussi les retours des parents que je croise de temps en temps

Ce qui est sûr c'est que l'information passant, il y aura forcément des élèves sauvés de l'échec, puisqu'ayant des enseignants sensibilisés... Par contre, la plupart des solutions que vous proposez ne sont pas applicables en l'état : rappelez vous des réalités : souvent des classes à double niveau, allant jusqu'à 30 élèves, avec des élèves en grande difficultés cohabitant avec des EIP...
Cela dit, je ne suis pas du tout pour une stigmatisation des EIP en passant par des classes et des écoles spéciales (et de toutes façons c'est forcément élitiste (socialement parlant !), car il n'y a pas toujours l'école en question au coin de la rue.

En bref, ce que j'aime dans mon métier : donner à chacun la possibilité de faire au mieux de ses capacités, quelles qu'elles soient ...
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Message par Invité le Dim 16 Sep 2012 - 22:50

Le modèle Finlandais s'adapte aux enfants, ne laisse personne.
Les jeunes (et les profs) sont responsabilisés, on leur fait confiance, pas besoin de "surveillance", donc quasiment jamais de violence.

Peu d'échec, le personnel est là aux cantines, en soutien, en petits groupes, et il n'y a plus de bureaucratie mais nettement plus de psychologues et des orthopédagogues.
Les communes gèrent le personnel, donc bureaucratie allégée, et au final, quasimment tout le personnel payé pour "faire de l'Education Nationale" est réellement devant des élèves sur le terrain. Leur système éducatif est donc moins cher (en comparaison avec celui du Québec).


"Repenser l'école, idées et méthodes":

http://www.pearltrees.com/#/N-reveal=5&N-p=56290265&N-s=1_6102803&N-u=1_498886&N-fa=4131288&N-f=1_6102803


Dans l'arborescence interne, tout un stock de méthodes qui fonctionnent, pour la douance, pour des classes normales, pour des dys etc...
Des documents vidéos, des témoignages, des pédagogies actives, des études sur le bienfait du sport, des arts, sur le rôle de la relaxation dans les apprentissages, le rôle des intelligences multiples, l'intelligence émotionnelle et coopérative, l'intelligence sensorielle pour apprendre mieux et plus vite (y compris pour des adultes).
Il y a aussi un dossier Montessori, un autre sur la Finlande que j'ai alimenté aujourd'hui.
Celui de Freinet n'a pas encore beaucoup de liens.

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Message par Invité le Lun 17 Sep 2012 - 15:29

Je plussoie. La Finlande ainsi que d'autres pays nordiques réussissent là où nous échouons concernant le système scolaire.

Nos méthodes d'apprentissage ont besoin d'être revues, c'est une évidence.

Il m'arrive de jouer en ligne sur des sites étrangers et je ne peux que constater notre retard au niveau de l'anglais lu-parlé. Le bilinguisme (au moins) est devenu une évidence pour la plupart des pays, sauf pour nous... Essayez d'expliquer que l'anglais devrait être une des matières principales dans les classes de BEP CAP et vous comprendrez où nous en sommes. Bon, ce n'est qu'un exemple, je n'épiloguerais pas là-dessus...

L'Education Nationale, remise en cause fréquemment, devrait effectivement prendre conscience de la nécessité de l'application de nouvelles méthodes d'apprentissage.

Mais pour en arriver à ça, il faudrait que les mentalités changent et très sincèrement je suis certaine que ça n'arrivera pas.

Je trouve très intéressant d'attendre ses enfants à la sortie de l'école car ça permet d'être en contact avec le "terrain".

La réalité est décevante.

D'un côté des parents soucieux de ne rien "louper" mais complètement perdus, de l'autre ceux qui sont à la recherche du meilleur plan possible pour un parcours sans faute dans la scolarité de leur enfant et qui sont presque prêts à tout pour ça. Contourner la carte scolaire, s'arracher les meilleurs profs, s'investir dans les établissements ...

En bref, il règne un petit air de révolte qui donnerait à penser qu'il va ENFIN se passer quelque chose.

Détrompez-vous.

Il n'y a aucune envie de remettre en cause le système dans sa généralité et pour les générations futures, mais juste le souhait de sauver la peau de ses enfants.

"si j'encadre le cathé, ne vous imaginez pas que c'est pour les autres, mais c'est pour que la mienne soit bien vue" déjà entendu.

Je trouve que c'est lamentable.










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Message par synapse le Lun 17 Mar 2014 - 18:10

Projet limitant l’éducation à domicile

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Puis son retrait le 11/03/2014 : Houf !
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Message par Invité le Mar 18 Mar 2014 - 19:32

Tellement vrai.  Very Happy Very Happy Very Happy 



J'en parle avec des acteurs de l'enfance: enseignants, bibliothécaires, animateurs etc...
Tous sont unanimes: recréer les conditions d'enseignement à 25 et plus est croire effectivement à la boîte de sardines.


Recréer les conditions proches de la vie réelle, et donc:
 Like a Star @ heaven  le nombre (6-15 enfants max selon l'activité)
 Like a Star @ heaven ainsi que la diversité sans cloisonnement d'âge,
 Like a Star @ heaven les centres d'intérêts variés et surtout réels, "vrais",
 Like a Star @ heaven  le lien des adultes-des enfants en interactif et concret


Et là, les apprentissages prennent une vitesse et une fluidité gigantesques. Incomparable.  drunken
On tombe tous d'accords par le vécu, pour dire qu'alors, dans ces conditions, on parvient à ce que chaque enfant appréhende des choses qui normalement devraient n'être au "programme" que deux ans après ! Y compris pour des non-précoces.

Tout simplement parce que l'on rejoint les conditions "normales et réelles".  Bravo ! 





Spoiler:

Qui, dans la réalité, va spontanément accepter de rester dans un groupe de 25-30 pour une journée entière ? Et accepter de réitérer tous les jours ?
Qui dans la réalité, y compris adulte, va accepter de n'aller voir que des gens du même âge strict que lui ?
Qui dans la réalité va accepter de n'avoir qu'un seul adulte qui lui explique tout, tout au long de la journée, sans se lasser ou avoir envie de tenter autre chose avec une autre personne ?

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Message par Christelle le Mar 18 Mar 2014 - 23:41

Intéressant, ça aurait le mérite d'être expérimenté. En tous cas, il y a là-dedans des pistes de réflexion pour une manière d'enseigner autrement.
Le point qui pour moi passe largement devant tous les autres dans ce que tu évoques est le dernier : le lien adulte/enfant. C'est lui le facteur-clé : sans un lien de qualité, les meilleures conditions d'enseignement du monde n'auront que des impacts mineurs.
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