Les conversations des neurotypiques

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Message par DVR Mar 17 Nov 2020 - 5:29

Je viens à chaud expliquer un truc qui s’est passé dans la soirée, et qui a fait écho à plein de situations similaires que j’ai rencontré par le passé

J’étais chez ma copine (neurotypique) et deux amis à elle (également neurotypiques) qu’elle avait pas vu depuis plusieurs mois (bien qu’elle soit en contact permanent avec eux via les réseaux sociaux) sont venus pour passer la soirée avec nous, c’était la première fois que je les rencontrais
Moi je suis asperger

Concrètement voilà ce qu’il s’est passé:
Ils sont arrivés, on s’est dit bonjour, et ils ont discuté de choses qu’ils connaissaient entre eux mais que je ne connaissais pas
95% de tout ce qui s’est dit pendant cette soirée m’a été étranger
Les sujets de conversation, j’arriverai même pas à dire ce que c’était, c’était très diffus et anarchique, y’avait pas de thème à proprement parler

Un truc que j’ai remarqué par contre, c’est qu’une grande partie du temps de parole était dédié à faire du commérage: critiquer ou conchier des personnes qui n’étaient pas présentes (celle-là c’est une conne, celui-là c’est un obsédé, untel est moche, etc...)
Et ça, ça a vraiment pris beaucoup de place dans la soirée (quand je parle de « soirée » c’est pas du tout au sens festif)

Donc moi, qu’est-ce que j’ai fait: j’ai écouté ce qu’ils disaient, de temps en temps quand ils parlaient d’un truc que je connaissais je parlais, mais c’était rare puisque la plupart des choses dont ils parlaient je connaissais pas

Un autre truc que j’ai remarqué, c’est que la conversation est restée complètement frivole du début à la fin, et plus la conversation était frivole, plus elle était animée
À certains moments, j’ai remarqué qu’il y a eu des tentatives de la part des protagonistes, de faire décoller un peu la conversation vers quelque chose de plus profond, mais systématiquement ça retombait aussitôt dans le frivole
À un moment, l’amie de ma copine, a dit un truc qui sortait un peu du lot, elle a fait une remarque vachement intelligente, et à ce moment-là je me suis dit « ah tiens? finalement je vais peut-être passer une bonne soirée » puis j’ai senti que la conversation commençait à ralentir, y’a eu pratiquement un blanc, et le pote de ma copine a aussitôt fait retomber le truc en disant un truc ras des pâquerettes, et c’est reparti sur le registre initial, et là je me suis dit « ah ben non, finalement ça va rester chiant »

Et ça donnait l’impression qu’il ne fallait surtout pas parler intelligemment, il fallait absolument que ça soit bien bébête le plus possible

Sinon, un autre truc que j’ai remarqué, c’est que les deux amis de ma copine ne m’ont pas posé une seule question sur moi, alors qu’il eut été logique de le faire, ça n’aurait pas du tout été déplacé
Mais ils ont pas cherché à me connaître, jamais, à aucun moment, alors que j’étais là et que c’était la première fois qu’on se voyait, donc le truc qui aurait dû se faire naturellement c’est de demander des choses, se renseigner, etc...
Moi personnellement quand je rentre en contact avec un élément extérieur à moi, la première chose que je cherche à faire c’est à le connaître, et cela est vrai que ce soit avec une personne ou avec un objet, j’essaye de comprendre qui est cette personne, ou quel est cet objet


Ça ne veut pas dire qu’ils ne m’ont pas parlé, mais à chaque fois qu’ils l’ont fait c’était juste pour me faire rire ou me donner la réplique par rapport à un truc qu’ils estimaient drôle mais qui m’amusait vaguement, sans plus

Voilà, donc ça c’est ce qu’il s’est passé ce soir, et dans ma vie j’ai vécu cette situation de façon cyclique, récurrente, cette situation n’est qu’une énième manifestation de la même situation qui se répète depuis que je suis ado

Schématiquement:
Je suis dans un endroit en compagnie de gens, que je connais plus où moins
Ça parle, ça discute, le sujet de la conversation est extrêmement flou, mais comporte une tendance au commérage
Au bout de quelques minutes je décroche et éventuellement si je suis de bonne humeur je fais semblant que ça me fait marrer
Les personnes présentes ne s’intéressent pas à moi, et verraient d’un mauvais oeil que l’on s’intéresse à elles (parce que ça ne serait pas dans le ton de la conversation)
Lorsque l’un des protagonistes dit quelque chose de pertinent, d’autres protagonistes sont gênés et font retomber la conversation vers des choses moins pertinentes
La conversation est verrouillée pour ne parler que de choses qui ne sont pas intéressantes, et tout ce qui est un peu plus intéressant sera qualifié ou perçu comme « bizarre » (raison pour laquelle je n’ai pas spécialement cherché à faire bifurquer la conversation vers un truc qui m’intéressait, parce que quand je l’aurais fait j’aurais fait je me serais simplement collé à moi-même une étiquette de « mec bizarre »)
La conversation est verrouillée pour que tout ce qui n’est pas au ras des pâquerettes est qualifié de bizarre
Donc toute personne qui essaye de dire autre chose, s’expose à des soucis relationnels avec les autres protagonistes


Donc bref, j’ai expliqué le truc, maintenant je voudrais simplement savoir: Comment on fait pour discuter avec des neurotypiques?
(J’entends par là des neurotypiques avec qui on n’a pas de liens affectifs, sinon ça change tout)

Parce que là ce soir j’ai eu une petite piqûre de rappel, je me suis souvenu que, faire la conversation avec des neurotypiques, c’est pas une mince affaire

Parce que moi dans le fond, je les aime bien les neurotypiques, ils ont une insouciance et une légèreté qui me plaisent beaucoup et que je trouve rassurantes, je leur envie leur insouciance, leur façon de fonctionner au feeling je trouve ça hyper intéressant
Mais je les comprends pas, pratiquement tout ce qu’ils font quand ils interagissent ensemble me semble très obscur, j’ai une compréhension complètement cryptique de la façon dont ils gèrent leur sociabilité, de la façon dont ils hiérarchisent ce qui les intéresse

Mes deux petites sœurs sont neurotypiques par exemple, quand je discute avec elles les informations passent bien, on se comprend, mais quand je vois la façon dont elles interagissent avec leurs amis, notamment via les réseaux sociaux, je suis un peu perdu, je les reconnais plus, j’ai l’impression que c’est pas les mêmes personnes (Et ça me trouble encore plus quand il s’agit de mes sœurs, car j’ai grandi avec elles et moi qui croyais les connaître totalement je me rends compte que je les connais pas tant que ça, mes propres sœurs)
Et c’est vrai pour tous les neurotypiques qui sont proches de moi: quand on se parle directement sans interférences, on se comprend et ça coule de source, puis quand je les vois parler avec d’autres neurotypiques, je perds le signal, je comprends plus rien, c’est un bordel monstre

Alors étant donné que je n’ai pas choisi de passer le reste de ma vie à l’écart des neurotypiques, je voudrais connaître le moyen d’avoir des bons rapports avec eux, je parle pas forcément de les comprendre car là ça me parait compliqué, mais par exemple si j’ai une soirée à passer avec des neurotypiques, essayer de les prendre comme ils sont et éviter de m’ennuyer autant que possible, et surtout éviter de simuler l’amusement (car pour l’instant j’ai surtout fait semblant de m’amuser pour ne pas les vexer et pour éviter de passer pour quelqu’un de méprisant)
Dans l’idéal créer des amitiés avec eux ça serait vachement bien

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Message par RonaldMcDonald Mar 17 Nov 2020 - 8:43



Bon, c'est Carlos Tinoco, avec tous les défauts qui vont avec (notamment sa tendance à partir dans des digressions interminables), et si tu ne supportes pas 10 minutes de ce traitement (ce que je peux tout à fait comprendre), je vais tenter un résumé.

(1) Le "surdoué" ressort souvent d'une soirée avec des "typiques" en morceaux. Il n'a rien compris
(2) La superficialité des discussions, mais encore plus leur répétititititititititivité est un élément qui le met à plat
(3) La raison principale est que l'échange d'informations n'est pas l'objectif d'une discussion entre "typiques"
(4) Là ou le "surdoué" gère ses angoisses en essayant de comprendre le monde, le "typique", lui, gère ses angoisses en réaffirmant sa place dans le récit collectif
(5) Donc, une conversation entre "typiques" n'a rien de creux, c'est très profond et recherché, mais ce qui s'échange n'a rien à voir avec ce qu'un "surdoué" voudrait échanger. On échange pas de l'information. On échange du statut social en vertu d'une échelle définie par le récit collectif.

J'ajouterais, d'un point de vue personnel, que le point 5 est probablement évolutif : quand on a du prestige au sein du groupe, on a plus de facilité à accéder à des éléments de survie (genre nourriture) ainsi qu'à des partenaires de reproduction plus susceptibles d'assurer la transmission des gènes à long terme.

(enfin, c'est mon avis, hein, je n'ai pas des tonnes de science pour étayer ça, c'est juste comme ça que je le vois)
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Message par Kreach Mar 17 Nov 2020 - 8:59

DVR a écrit:
Et ça donnait l’impression qu’il ne fallait surtout pas parler intelligemment, il fallait absolument que ça soit bien bébête le plus possible

Je commence par modérer mes propos car l'aspect léger d'une conversation, la simplicité et le fait de s'intéresser à des choses parfois anodines sont une détente intéressante, on garde l'esprit léger, les conversations légères, et l'humeur légère.

Néanmoins... Il y a légèreté, et abrutissement. J'évite les "soirées", notamment à plus de 3 ou 4, notamment quand il n'y a pas que des amis... En fait, c'est pénible, mais pénible, qu'est ce que c'est ennuyeux. Les considérations de la populace sont las... Tu en ressors blasé généralement, et tu te dis, que ce monde est vraiment dans des rouages sans âme... D'autant plus quand tu tentes de t'intéresser à ce à quoi la plupart s'intéresse... Au final tout le monde doit bien se faire chier, mais certains le savent et d'autres ne s'en rendent pas compte.
Après je doute que j'adhère à des conversations entre surdoués également, alors tout ça avec pincettes. Smile
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Message par Opossum Mar 17 Nov 2020 - 10:07

Spoiler:
Petit extrait d'une conversation, dont la majorité des participants sont vraiment intelligents et intégrés.
- Pourquoi faut-il taxer les transactions boursières ?
- On ne doit pas, il faut laisser l'économie faire sa croissance, investir dans le nucléaire sinon, on va se retrouver avec un état communiste (5likes, dont une appréciation positive sur la clarté de l'argumentaire (glups))
- Mais non, je ne veux pas, l'état a besoin de fond, c'est toujours les riches qui ont toujours plus. Comment mes petits enfants vont vivre ? C'est indécent ce genre de proposition ! (3 likes)
- Oui, mais on ne peut pas discuter avec vous. De toute façon, il est certain que si on fait cela, les investisseurs iront placer leur argent dans les iles caïmans. (4 likes)
- De toutes manières, il y a deux manières de voir les choses, les positives et les négatives. D'un côté, les entrepreneurs mauvais et de l'autre, les entrepreneurs qui prennent des risques. (2 likes)

J'en soupçonne fortement 2 d'être THQI, 4 sont au moins au delà de la moyenne.
No comment.
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Message par isNaN Mar 17 Nov 2020 - 10:21

Merci de ton lien vidéo @RonaldMcDonald , cela éclaire un certain nombre de choses/ressentis/décalages
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Message par 3615chuna Mar 17 Nov 2020 - 10:22

lol Opossum ^^

Je pense que le degré de sophistication des conversations dépend surtout de ce dont ont besoin les interlocuteurs. ça dépend de beaucoup de paramètres, dont leur QI, mais pas que.
Quand les gens échangent sur les autres, ils sont en train de créer ou maintenir leurs liens sociaux, renforcer l'esprit de groupe, etc.
Il peut aussi bêtement y avoir un besoin de détente (dire des bêtises pour rire)
A d'autres moments, il peut y avoir besoin de réfléchir, creuser, toussa, et ça, le besoin est variable d'un individu à l'autre.

Perso, ça me pose pas trop de souci de supporter la superficialité des conversations de personnes avec lesquelles je suis en lien. Même si ça me gonfle au bout d'un moment. Je pense notamment à mes collègues. Je les apprécie, et donc je vais faire l'effort. Je supporte de m'ennuyer, mais faut pas que ce soit trop longtemps.
Par contre, en terre inconnue, ça va être plus compliqué, et je déteste me retrouver dans des soirées où je ne connais personne. Je sais m'adapter, quand je suis bien lunée, mais j'aime pas.
Ce que je préfère : les relations en tête à tête. Si on n'échange pas des infos intellectuelles, on échange des émotions en parlant de futilités (ou de trucs plus perso d'ailleurs). ça m'est précieux.
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Message par Invité Mar 17 Nov 2020 - 10:35

Schématiquement:
Je suis dans un endroit en compagnie de gens, que je connais plus où moins
Ça parle, ça discute, le sujet de la conversation est extrêmement flou, mais comporte une tendance au commérage
Au bout de quelques minutes je décroche et éventuellement si je suis de bonne humeur je fais semblant que ça me fait marrer
Les personnes présentes ne s’intéressent pas à moi, et verraient d’un mauvais oeil que l’on s’intéresse à elles (parce que ça ne serait pas dans le ton de la conversation)
Lorsque l’un des protagonistes dit quelque chose de pertinent, d’autres protagonistes sont gênés et font retomber la conversation vers des choses moins pertinentes
La conversation est verrouillée pour ne parler que de choses qui ne sont pas intéressantes, et tout ce qui est un peu plus intéressant sera qualifié ou perçu comme « bizarre » (raison pour laquelle je n’ai pas spécialement cherché à faire bifurquer la conversation vers un truc qui m’intéressait, parce que quand je l’aurais fait j’aurais fait je me serais simplement collé à moi-même une étiquette de « mec bizarre »)
La conversation est verrouillée pour que tout ce qui n’est pas au ras des pâquerettes est qualifié de bizarre
Donc toute personne qui essaye de dire autre chose, s’expose à des soucis relationnels avec les autres protagonistes


Donc bref, j’ai expliqué le truc, maintenant je voudrais simplement savoir: Comment on fait pour discuter avec des neurotypiques?
On fait comme eux.

On garde les discussions sérieuses et intéressantes pour les rares que ça intéresse, et généralement dans un cadre restreint (2-3 personnes), en faisant attention que ça ne dure pas trop longtemps pour ne pas les saturer. Il faut laisser des temps vides, pour voir s'ils rebondissent ou partent sur autre chose (signe qu'on les a saoulés et qu'il est temps de passer à un autre sujet).

Et en groupe :
la conversation est restée complètement frivole du début à la fin, et plus la conversation était frivole, plus elle était animée
c'est ce qu'on appelle un moment convivial. On resserre les liens intergroupe en accentuant ce qui nous rassemble par rapport aux éléments absents ou hors groupe, que ce soit l'avis sur les actes des absents ou le fait de savoir et partager des choses sur eux (les potins, donc), du coup on aborde des sujets consensuels (donc superficiels) de manière à être tous d'accord et rester de bonne humeur, afin que le moment soit basé sur un partage valorisant pour tous les membres du groupe, quitte à niveler parle bas et n'aborder que des sujets sans intérêt.
En gros, quoi.

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Message par Opossum Mar 17 Nov 2020 - 10:38

Et plus le temps passe, plus j'en arrive à ne faire ce genre d'échange superficiel qu'avec les caissières, et uniquement lorsque je suis en forme...
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Message par Loxosceles Mar 17 Nov 2020 - 11:48

Je me reconnais totalement dans le premier post (je suis toujours en attente d'un diagnostic Asperger officiel, mais tout ça a été repoussé de plus de 6 mois pendant la crise). En rajoutant que personnellement, ce schéma je ne le retrouve pas occasionnellement ou sporadiquement ou même cyliquement, mais dans quasiment toutes les conversations qui impliquent au moins deux "typiques". Raison pour laquelle j'ai baissé pavillon. J'ai la chance d'être entouré de pas mal de personnes, dans ma famille, qui ont un niveau de conversation bien supérieur, du coup peut-être que je ne ressens pas le besoin de m'adapter à ces conversations que je juge soit incompréhensibles, soit désolantes, selon le contexte, les personnes impliquées, etc.

Je ne me sens pas capable de m'adapter à ça parce que d'une part c'est trop compliqué, je sens bien qu'il y a des signaux que je ne capte pas, et qui doivent relever de principes de socialisation qui m'échappent, et d'autre part j'ai du mal à ne pas y voir, très souvent, quelque chose de presque vil qui consiste effectivement à maintenir une conversation au plus bas dénominateur commun pour éviter toute possibilité de conflit, mais aussi d'apprentissage. Lorsqu'il m'arrive d'assister à ce genre de conversation, j'en retire souvent la conclusion que c'est à cause de ça qu'il y a tant d'inertie, de croyances et de médiocrité dans le monde : l'essentiel des gens utilisent l'essentiel de leur temps et de leur énergie à cultiver la platitude.

Dans mon entourage, j'ai cette image bien ancrée d'être la personne qui élève constamment le niveau des échanges. On m'apprécie pour ça, et ce n'est pas une façon de me jeter des fleurs, parce que, en dehors de ce cercle étroit de personnes de mon entourage qui m'apprécient, j'ai l'impression que le reste du monde (ceux qui ne me connaissent pas), me perçoivent tout au contraire comme une personne sympa mais chiante, voire parfois méprisante quand ce n'est pas carrément un peu méchante (j'ai tellement souffert d'ostracisme à partir de la période scolaire que ça a du m'aigrir voire me rendre très piquant parfois, d'autant que j'ai malgré tout un caractère assez fort et que je ne me laisse pas écraser, sauf lorsque je suis pris par surprise, ou que je me maîtrise un peu plus). Pourtant je suis plus froid avec les étrangers que méchant, et au contraire je pense être extrêmement gentil de nature, et même trop, donc j'ai appris à "compenser".

Tout ça pour dire qu'il m'arrive très souvent d'assister (y compris sur internet) à ces échanges socialisants que j'ai du mal à ne pas considérer comme purement pathétiques, tout simplement parce qu'il m'est très très souvent arrivé d'intervenir sans même avoir l'intention de faire dévier, ou de faire monter le niveau, pour constater que ça prenait tout seul : d'abord, les gens sont surpris qu'une réflexion s'immiscent dans leur ping pong de banalités (qui selon moi, les avilissent), et il y a pratiquement toujours quelqu'un pour prendre cela positivement, ou même qui exprime du soulagement, comme si on le délivrait enfin d'une obligation qui l'emmerde, qui est celle de participer à cet échange de banalité. Très souvent, la discussion se poursuit sur ce que j'ai lancé, mais plusieurs personnes se taisent (comme si elles se sentaient soudain exclues), alors que d'autres expriment soudain une passion pour le nouveau ton de l'échange, et pour le contenu de ce qui s'y dit. A partir de là, tous les cas existent, ça peut retomber très vite, ou se poursuivre pendant une heure, et dans ce cas, les personnes qui s'étaient tues peuvent avoir toutes sortes de réactions. Il est courant qu'elles cherchent à s'intéresser, mais aussi, souvent, qu'elles cherchent à récupérer la main en dénigrant l'échange...

En tout cas, pour moi tous ces échanges finissent par être désagréables à des degrés divers, parce que je passe très souvent pour la star de la conversation alors que je déteste être dans la lumière, mais je déteste tout autant m'ennuyer dans des échanges creux que je subis et où je n'ai pas mon mot à dire. Aussi parce que ce sont des occasions où je me fais détester par une partie de l'assemblée, probablement exactement de la même manière que je suis en train de le faire en écrivant tout ça ici... Seulement voilà, c'est mon mode de fonctionnement, et je n'ai pas toujours l'envie ou la force de subir le flux d'un échange dans lequel je n'ai absolument pas ma place, alors parfois je m'autorise à m'affirmer, quitte à passer pour un phénomène bizarre, inquiétant, voire haïssable...

Donc moi, les discussions de "neurotypiques", j'aime bien les casser, comme j'aime casser les codes en général. Et ça produit souvent des résultats surprenants, et si ces situations peuvent être désagréables, elles sont presque toujours enrichissantes : on cesse d'être perçu comme la personne lisse qui se caméléonise dans le décor, et on accepte de déranger les uns et d'éblouir les autres, en toute modestie, bien sûr, car je n'ai jamais le sentiment d'être génial dans ces échanges, juste de dénoter, de mettre mes deux godasses dans le plat de sauce... donc d'être le goujat qui éclabousse un peu tout le monde, mais qui a le mérite de susciter de la curiosité, de l'enthousiasme, mais aussi du ressentiment, de l'agacement, de la dévalorisation (chez ceux qui ont un complexe d'infériorité qu'ils noient dans des échanges insignifiants où eux ne peuvent se noyer en revanche), etc.

Donc ce que je dis, c'est : faut-il s'adapter aux conversations banales, ou des "débanaliser" en y imposant sa patte ?
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Message par The Wise Duck Sam 19 Déc 2020 - 23:25

DVR a écrit:Donc bref, j’ai expliqué le truc, maintenant je voudrais simplement savoir: Comment on fait pour discuter avec des neurotypiques?
Cherches-tu à discuter de ce qui t'intéresse ? -> Tu leur "vends" le/les sujets avant d'en parler. Il est nécessaire "d'intéresser" pour être écouté (un peu).
Ou cherches-tu à les écouter parler de ce qu'il ont envie de dire ? -> Tu dis de temps en temps ce que tu ressens (pas ce que tu penses) : pas besoin de mentir sur si t'aime ou pas (tu te feras griller), par contre il faut que la valeur/tension/force de l'émotion transmise soit dans les limites "des normes sociales" (en termes de sujets ainsi qu'en termes de niveau de "prochéitude"/amitié).

DVR a écrit:(J’entends par là des neurotypiques avec qui on n’a pas de liens affectifs, sinon ça change tout)
Ça change tout ? Ou rien ?

DVR a écrit:Parce que moi dans le fond, je les aime bien les neurotypiques, ils ont une insouciance et une légèreté qui me plaisent beaucoup et que je trouve rassurantes, je leur envie leur insouciance, leur façon de fonctionner au feeling je trouve ça hyper intéressant
Fonctionnent-ils réellement au feeling ou ont-il raffiné leur "rôle/personnalité" au point que cela leur soit devenu naturel ?



Loxosceles a écrit:Donc ce que je dis, c'est : faut-il s'adapter aux conversations banales, ou des "débanaliser" en y imposant sa patte ?
Posée comme ça cette question me semble de dimension philosophique : prise en compte de la morale, de l'intérêt général, etc.
Dois-tu répondres à cette question ou participer aux-dites conversions ?
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Message par Névromon Sam 2 Jan 2021 - 11:35

"à chaque fois qu’ils l’ont fait c’était juste pour me faire rire ou me donner la réplique par rapport à un truc qu’ils estimaient drôle mais qui m’amusait vaguement, sans plus"

Parce que c'est souvent une fable. Une pièce de théâtre. Un jeu social, pour eux. Il y a bien des problématiques et allusions sous-jacentes, et chacun fait des circonvolutions autour. Une conversation de neurotypiques, c'est comme une séance de préliminaires qui n'est pas suivie d'un rapport charnel.
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Message par The Wise Duck Sam 2 Jan 2021 - 13:37

Névromon a écrit:Une conversation de neurotypiques, c'est comme une séance de préliminaires qui n'est pas suivie d'un rapport charnel.
Pété de rirePété de rirePété de rire HAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA !!! Pété de rirePété de rirePété de rire
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Message par Haraldson Mar 9 Fév 2021 - 23:04

Comment je vois la chose:

Ton souci est évidemment fortement lié au fait que tu es asperger

Dans mon jargon, chaque environnement social est caractérisé par une fréquence, ou une intensité, pour faire un parallèle avec des ondes de radio

La difficulté c’est que cette intensité n’est jamais exactement la même d’un endroit à l’autre, ni d’un jour à l’autre

Elle est souvent assez proche dans la grande majorité des environnements sociaux, mais il y a toujours des micro-différences qui suffisent à elles-seules à tout changer

Les neurotypiques ont une antenne qui leur permet de capter cette fréquence instinctivement dès le moment où ils arrivent dans un nouvel environnement social
Résultat: Ils savent sur quel ton ils doivent parler, si ils peuvent s’asseoir ou se lever, si il faut rire ou pas, si on peut parler de tel truc ou pas, ils sont directement branchés avec la fréquence de l’endroit

Les autistes n’ont pas cette antenne, ou bien ils en ont une mais elle est brouillée, ou bien elle beugue
Résultat: Ça match pas bien, et ce de façon assez régulière lorsqu’ils tentent de rejoindre un nouvel environnement social
Cependant: l’autiste asperger ayant une rationalité hypertrophiée il peut s’en servir afin de faire de façon délibérée ce que les autres font sans y penser, c’est à dire qu’il peut augmenter ses chances d’être sur la bonne fréquence en ayant analysé la situation

Donc les autistes asperger doivent en permanence se ré-ajuster à la fréquence de chaque nouvelle interaction sociale, et ils doivent le faire manuellement, là où les neurotypiques le font automatiquement et de façon inconsciente

Par exemple, un autiste asperger qui se prépare à rejoindre un environnement social nouveau (exemple: une fête) va avoir tendance à pronostiquer une certaine fréquence, il peut s’imaginer que ça va se passer de telle ou telle façon et donc il va arriver dans cet environnement social avec une fréquence qui n’est souvent pas la bonne

Et la difficulté avec les nouveaux environnements sociaux, c’est que le branchement, ou la connexion, entre les différentes personnes de cet environnement, se fait en général au tout début de l’interaction

Il y a un train à prendre, une fenêtre qui dure entre quelques secondes et quelques minutes grand maximum, au début de l’interaction, et si ce train n’est pas pris dès le début alors le groupe va dans une direction, et ceux qui n’ont pas capté la fréquence vont dans une autre direction

Et l’autre difficulté c’est qu’il est difficile de se brancher une fois que le train s’est mis en marche, c’est beaucoup plus facile de se brancher à la bonne fréquence au début
Cependant c’est difficile mais ça n’est pas impossible

Quand un autiste asperger entre dans un nouvel environnement social, si il n’a pas un peu compris comment ça fonctionne, il est totalement à la merci du hasard, c’est à dire qu’il va parfois tomber sur la bonne fréquence, mais pas assez souvent à son goût, et moins souvent que les neurotypiques

Et toi, tu es tombé dans une situation où tu n’étais pas à la même fréquence que les autres, et tu l’as senti pendant le reste de l’interaction (si j’ai bien compris ton premier message)

Parce que c’est en effet très désagréable de ne pas être sur la bonne fréquence, et c’est encore plus désagréable lorsqu’on n’a même pas conscience que c’est une question de fréquence, ou d’intensité, comparables à des ondes radio, appelez-ça comme vous voulez

Mais l’important c’est de comprendre cette histoire de fréquence parce que c’est ça le truc le plus important

Edit: il existe des moyens qui permettent d’élargir la tolérance d’écart entre la fréquence d’un groupe et la fréquence des aspergers

Exemples: les antidépresseurs, les anxiolytiques, l’alcool, certaines drogues, je n’incite absolument personne à prendre quoi que ce soit mais j’indique juste des moyens existants qui sont susceptibles de diminuer cette difficulté due à la différence de fréquence, sans jugement aucun
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Message par Madame Picodon Mar 9 Fév 2021 - 23:26

Je ne suis pas asperger ni autiste.
Enfin je ne pense pas l'être.

Je suis donc neurotypique. Selon la définition DVR.
Mais dans 99% des cas les conversations où on se dit bjr bsr on parle du temps et où on critique machin et truc.... Ça me soûle et je décroche aussi. Et je me marre à regarder les gens pavaner et critiquer et toussa...

Les réseaux sociaux. Je maîtrise pas. À part zc j'ai pas de face de bouc ou autre ou amstramgam (je sais même pas comment ça s'écrit....)

Pareil que toi... Dans bcp de soirées même festives je peux disparaître et personne ne s'en rend compte. C'est la première fois, ça fait mal et puis finalement on s'habitue... ça devient presque un jeu. est-ce que ce coup-ci je pourrais partir encore plus tôt et plus rapidement que les autres fois...???
Quand j'essaie de lancer des sujets de conversation plus profonds que les critiques sur les tenues des gens ou la météo oùu les sujets de société les mariages des stars, les virus.... .. On se tait et ils fuient...

Dc au vu de tout cela.
Je me pose la question.
Est-ce que je ne serai pas un peu autiste moi aussi?
Parce que à première vue je suis neurotypique et je ne comprends pas non plus les neurotypiques. Et plus je les vois moins j'ai envie de comprendre comment faire...
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Message par Haraldson Mer 10 Fév 2021 - 0:26

Madame Picodon a écrit:

Dc au vu de tout cela.
Je me pose la question.
Est-ce que je ne serai pas un peu autiste moi aussi?
Parce que à première vue je suis neurotypique et je ne comprends pas non plus les neurotypiques. Et plus je les vois moins j'ai envie de comprendre comment faire...


Je suis pas psy et je te connais pas, mais je dirais simplement que, même si tu n’es pas « officiellement » autiste, tu en as des caractéristiques qui font que tu t’en approches fortement

Pour le dire grossièrement, tu as très certainement, dans ta personnalité, un pourcentage d’autisme supérieur à celui des neurotypiques

Et c’est souvent que j’entends des neurotypiques dire « je suis pas autiste mais quand même des fois... »
Parce que dans l’absolu la frontière entre l’autiste et le neurotypiques elle existe pas à un endroit précis, c’est un dégradé, un asperger n’est pas uniquement asperger à 100%, sa personnalité est constituée d’autres aspects, donc il peut des fois avoir des caractères qui le rapprochent des neurotypiques
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Message par River Mer 10 Fév 2021 - 5:01

Pour le sujet initial :

Il y a aussi l'effet de groupe. Qu'ils soient de base intelligents, intéressants ou pas, des individus qui se regroupent partagent plus d'inessentiel (ou d'entertainment comme disent les anglophiles) qu'autre chose. C'est un moment de détente en compagnie légère, le plus souvent.

Pour le fait qu'ils ne te demandent rien sur toi : et eux, parlent-ils d'eux, ou n'ont-ils rien à offrir ou présenter de leur personne, à part leurs sujets (geindre, médire, commérage comme tu dis, faire de la petite morale...).
Je crois qu'une partie de la réponse est là. Ils ne parlent pas d'eux, et leur manière d'être parle déjà d'elle-même.
S'ils avaient un peu de réflexion ou de culture à partager... sinon tant pis. On parle de ce qu'on peut.

C'est le groupe, la bande...
Alors que s'intéresser à ses sujets préférés, ou se faire un trip mystique ou existentiel, ça se fait généralement seul.
Ou alors il faut trouver les bons candidats pour partager ce qui peut l'être avec eux.

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Message par DVR Mer 10 Fév 2021 - 18:39

Haraldson a écrit:
Mais l’important c’est de comprendre cette histoire de fréquence parce que c’est ça le truc le plus important


Y’a ça, et puis y’a surtout une chose très importante, c’est la notion d’ennui

Oui en effet y’a un problème de connexion avec autrui, mais y’a aussi et surtout un ennui et une insatisfaction que j’éprouve quand je suis en compagnie de la plupart des gens

Je m’amuse pas, ou pas assez, je suis régulièrement déçu par les interactions, je reste sur ma faim

Dans des situations de groupe, c’est très fréquent qu’à un moment donné je me dise « À quoi ça me sert d’être ici au fait ? »

En gros la majeure partie de mes interactions elles m’apportent rien, d’autant plus que moi quand je m’ennuie ça se voit (je suis très mauvais acteur)

Je m’amuserai mieux tout seul qu’avec autrui, et c’est pas évident parce que normalement l’altérité est censé apporter ce qui manque à l’individu, et cela n’arrive que rarement dans ma vie

Ce souci d’ennui il est souvent à double sens: je m’ennuie, je me sens pas en proximité avec la ou les personnes qui sont là, donc je partage rien avec eux, donc à leur tour ils s’ennuient avec moi, parce que je m’ennuie avec eux

Je me demande si la donne changerait si je m’ennuyais pas autant, il est possible que si je trouvais autrui intéressant, je serais beaucoup plus à l’aise avec les gens, puisque le fait de s’intéresser à eux rendrait plus facile la connexion dont tu parles


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Message par Cooooool Mer 10 Fév 2021 - 18:56

Névromon a écrit:Parce que c'est souvent une fable. Une pièce de théâtre. Un jeu social, pour eux.
Parce que c'est différent chez les ...HQI/THQI? (je ne sais même plus comment les appeler vu que je n'utilise absolument pas ce terme de "neurotypique" pas plus que "zèbres" pas plus que "HP") Tss tss tss... 
Depuis quand les vrais, ceux qui ne jouent pas un rôle, il y en a plus chez les HQI...? Smile sérieux...
C'est la fable que...les zèbres...les "surdoués" sont mieux que les autres.
Ou celle qu'ils sont plus intelligents que les autres...et qu'en plus ils ont de belles qualités...
J'ignore quel était le véritable QI des deux authentiques surdoués avec dons magiques (je pèse ces mots) croisés dans ma vie, mais il est très probable que c'était absolument pas des HQI...
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Message par DVR Jeu 11 Fév 2021 - 0:02

Cooooool a écrit:
Névromon a écrit:Parce que c'est souvent une fable. Une pièce de théâtre. Un jeu social, pour eux.
Parce que c'est différent chez les ...HQI/THQI? (je ne sais même plus comment les appeler vu que je n'utilise absolument pas ce terme de "neurotypique" pas plus que "zèbres" pas plus que "HP") Tss tss tss... 
Depuis quand les vrais, ceux qui ne jouent pas un rôle, il y en a plus chez les HQI...? Smile sérieux...
C'est la fable que...les zèbres...les "surdoués" sont mieux que les autres.
Ou celle qu'ils sont plus intelligents que les autres...et qu'en plus ils ont de belles qualités...
J'ignore quel était le véritable QI des deux authentiques surdoués avec dons magiques (je pèse ces mots) croisés dans ma vie, mais il est très probable que c'était absolument pas des HQI...

En l’occurrence on ne parle pas à proprement parler des zèbres ou des surdoués, mais plutôt des aspergers (puisque les problèmes que j’ai sont surtout liés au fait que je suis asperger)

Il faut pas se tromper de catégorie de personnes

Je me permettrai pas de parler des surdoués, déjà parce que j’en suis pas un (ou alors je suis pas au courant), et ensuite parce que je connais pas vraiment de comportements communs aux surdoués

Par contre je connais des comportements communs chez les aspergers, y’a des choses qui reviennent très souvent chez les aspergers

Je connais des aspergers autres que moi parce que je suis dans une association qui regroupe des aspergers, et je peux t’affirmer que la tendance à jouer un rôle est nettement moins prononcée chez les aspergers que chez les neurotypiques, ça n’a vraiment rien à voir

L’asperger est beaucoup moins théâtral que le neurotypique, il est moins « poli » dans le sens où il dit davantage les choses sans se soucier de la façon dont ça va être reçu: il dit les choses comme elles lui viennent, et il ne filtre pas

Ça ne veut pas dire qu’il dit moins de conneries que le neurotypique, dans l’assoc’ où je suis on dit des belles grosses conneries nous aussi, il ne s’agit pas de dire qu’on est plus intelligents que d’autres

Mais par exemple, les neurotypiques disent souvent des choses qui veulent dire d’autres choses, la signification est différente de la phrase en elle-même
Y’a beaucoup de manières, beaucoup de simagrées, beaucoup de choses qui sont rajoutées par-dessus le discours, mais qui n’ont pas d’utilité par rapport au discours en lui-même
Ça, si tu es neurotypique je comprends que tu ne t’en rendes pas compte, mais je peux te dire que je m’en rends compte et quand je discute avec mes collègues aspies ils disent souvent la même chose: les neurotypiques ont des manières, ils sont « maniérés » et donnent l’impression qu’ils ne sont pas naturels
Je dénigre personne en disant ça, je dis juste ce que je vois et que je constate une différence

Et surtout ils sous-pèsent ce qu’ils disent en fonction de leur statut et de celui des autres, parce qu’ils accordent beaucoup d’importance au « statut »

Et les aspergers disent plus souvent des choses qui veulent dire simplement ce qu’elles veulent dire, et ne tiennent pas vraiment compte de leur statut ni de celui des autres

C’est le cas des autres aspies, et c’est mon cas: je dis ce que j’ai à dire de façon assez indifférente, quel que soit le « rang » de la personne qui se trouve en face de moi (peut-être aussi parce que ces histoires de rang me semblent complètement désuètes, parce qu’en 1789 y’a eu un truc qui s’appelle la Révolution et qui a aboli ces histoires de rang, et que donc je vois pas qui peut se prévaloir d’un rang supérieur à celui de quelqu’un d’autre, parce que quand on parle d’égalité il faut bien que ça veuille dire quelque chose, sinon ça n’est que du vent)
Enfin bref, ça c’est un peu ma vision du monde, je vais pas m’étaler davantage là-dessus

Je n’accorde pas tellement d’importance au statut d’une personne, c’est un fait, et j’ai remarqué que chez mes camarades aspergers c’etait souvent pareil

La personne peut être PDG, chanteur, classe moyenne, ou ruinée, je serai pas davantage sympa avec le PDG qu’avec le mec ruiné

Le PDG fait ce qu’il a à faire, prend ce qu’il a à prendre, il fait sa part du boulot, et puis c’est tout
Le chanteur divertit les gens, il fait ce qu’il sait faire, et puis c’est tout
Chacun fait son boulot, au final, et je comprends pas quel boulot est plus admirable qu’un autre (puisque chaque boulot est un des rouages de l’engrenage qu’on appelle la société, et un rouage reste un rouage dépendant des autres rouages)

Par exemple, je ne suis fan de personne et je n’ai pas d’idole, et je ne comprends pas vraiment pourquoi certaines personnes sont fan d’autres personnes, le concept de « fan » m’est difficile à appréhender en soi

Il m’est déjà arrivé d’avoir dans mon champ de vision des gens qu’on appelle des célébrités, à deux reprises, et ça me serait jamais venu à l’esprit d’aller leur demander un autographe ou une photo, je n’en ai même pas eu le début d’une envie, ça m’indifférait totalement
Non pas que je sois blasé, il y a des tas de choses qui me passionnent, mais ça, ça m’intéresse pas

Dans une situation comparable, un neurotypique se serait rué en direction de la célébrité en question, juste parce que cette personne est célèbre

Voilà, pour clarifier un peu tout ça

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Message par Sélène-Nyx Jeu 11 Fév 2021 - 0:37

Je pense qu'il ne s'agit pas de "problèmes" de "surdoués et les .... zautres", mais de communication entre les autistes et les autres (les neurotypiques)
   Site à l'usage des autistes (dont les aspies)/
Fonctionnement des neurotypiques
Les personnes neurotypiques accordent une grande importance aux normes sociales arbitraires, qui régissent le fonctionnement des groupes sociaux auxquels ils appartiennent. Elles définissent notamment les sujets de discussion privilégiés, la manière de s’habiller et l’apparence en général, la manière de parler (ce que les psys appellent « prosodie ») et certaines expressions et rituels sociaux utilisées au sein du groupe. Les personnes autistes ne se pliant pas à ces règles sociales, bien souvent implicites (et apprises naturellement par mimétisme chez les neurotypiques) se retrouvent bien souvent exclues du groupe social./

   https://autism-squad.fr/bien-etre/guide-de-communication-avec-les-neurotypiques/

 (Il y a des choses intéressantes dans ce guide, si ça peut aider ...)
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Message par RonaldMcDonald Jeu 11 Fév 2021 - 10:30

DVR a écrit:Je n’accorde pas tellement d’importance au statut d’une personne, c’est un fait, et j’ai remarqué que chez mes camarades aspergers c’était souvent pareil
Le lien de Sélène-Nyx est excellent, mais je formulerais tout ça autrement (et ça reprend mon post précédent) :

L'évolution a fait de nous des êtres sociaux. Le groupe est important, la survie du groupe est importante (le soldat qui meurt pour le drapeau place le groupe, en l'occurrence sa nation, avant lui-même), mais la position sociale dans le groupe est importante aussi. Donc les humains ont tendance à travailler leur prestige au sein du groupe. Sauf les aspergers, qui ont du mal avec ses concepts (enfin, si j'ai bien compris, je ne crois pas être concerné). Les surdoués "simples", eux, vont chasser le prestige tout autant que les autres...mais pas de la même manière. Et leur manière : épater les autres avec leur maitrise des sujets - recoupe étonnamment bien la méthode asperger, même si les sous-jacents sont (enfin, me semblent) radicalement différents.

D'où le fait que vu de loin, nombre de surdoués (pas tous, d'aucuns se planquent très bien) passent pour des aspergers : vu d'un ni-surdoué-ni-asperger, c'est tout pareil, des gens qui ne jouent pas le même jeu que les autres, et qui mettent de la compréhension là ou on attend de la communication normée. Donc qui sont perçus comme incapables de communiquer (ce qui est faux, la vraie incapacité, c'est celle de faire semblant d'être comme les autres, incapacité que tous les surdoués n'ont pas, d'ailleurs, cf. Gauvrit et les surdoués ordinaires). Les aspergers communiquent, c'est juste que les ni-surdoué-ni-asperger (je viens d'inventer ça, c'est très pourri, mais pas pire que normo-pensants) ne sont pas intéressés par ce qui est communiqué (ils préfèrent des rassurances sur leur statut social, voire des opportunités de l'améliorer. Et c'est pas leur faute, c'est celle de l'évolution).

Si je pousse le raisonnement, la présence de quelques rares personnes qui pensent à la réalité pendant que tous les autres travaillent à leur prestige personnel est sans doute un sous produit de l'évolution, aussi. La proportion n'est sans doute pas un hasard - elle est probablement celle qui permet au groupe de fonctionner au mieux.
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Message par Haraldson Jeu 11 Fév 2021 - 12:06

RonaldMcDonald a écrit:
DVR a écrit:Je n’accorde pas tellement d’importance au statut d’une personne, c’est un fait, et j’ai remarqué que chez mes camarades aspergers c’était souvent pareil
Le lien de Sélène-Nyx est excellent, mais je formulerais tout ça autrement (et ça reprend mon post précédent) :

L'évolution a fait de nous des êtres sociaux. Le groupe est important, la survie du groupe est importante (le soldat qui meurt pour le drapeau place le groupe, en l'occurrence sa nation, avant lui-même), mais la position sociale dans le groupe est importante aussi. Donc les humains ont tendance à travailler leur prestige au sein du groupe. Sauf les aspergers, qui ont du mal avec ses concepts (enfin, si j'ai bien compris, je ne crois pas être concerné). Les surdoués "simples", eux, vont chasser le prestige tout autant que les autres...mais pas de la même manière. Et leur manière : épater les autres avec leur maitrise des sujets - recoupe étonnamment bien la méthode asperger, même si les sous-jacents sont (enfin, me semblent) radicalement différents.


Le groupe, l’évolution, la survie, les êtres sociaux, et ceci cela, etc etc etc.........
On entend tellement ça rabâché en boucle, c’est un mantra ce truc

Quand on entend une énième fois ce genre de lieu commun on a l’impression qu’on est à l’époque de cro-magnon, la guerre du feu, Jean-Jacques Anneau, etc...

Déjà moi y’a un truc que je comprends pas c’est pourquoi vous ramenez toujours le mot « survie »

Genre si tu te comportes pas exactement comme ton « groupe » il veut, tu vas pas survivre?
Genre si tu fais pas des courbettes aux bonnes personnes tu survis pas, du coup t’es censé canner si j’ai bien compris?

C’est des excuses tout ça, avec ça n’importe quel lèche-bottes aurait plus qu’à dire pour sa défense « ben oui mais c’est l’évolution, c’est la survie, cro magnon, tout ça tout ça »

C’est d’ailleurs un trouduc que j’avais côtoyé fut un temps (et là c’est une histoire vraie, une anecdote vécue) qui avait fait un truc complètement odieux au sein du groupe, et qui nous avait sorti « ben oui mais c’est le darwinisme, c’est l’évolution, tout ça tout ça », et même nous on était complètement sidérés, le type (pour qui je n’ai strictement aucun respect) avait manigancé un truc à la Machiavel (avec le talent en moins) qui donnerait des nausées à n’importe qui si je le racontais, et puis il nous avait sorti ça, tranquillement, pour lui il avait rien fait de mal
En fait, à chaque fois que quelqu’un commence à te parler de ces trucs de darwinisme, d’évolution, de survie, c’est toujours, toujours, toujours, pour justifier un truc qui pue la merde

Tu va jamais entendre un mec qui t’invoque l’évolution darwinienne pour un truc bien, c’est toujours pour justifier, ou excuser, ou légitimer une grosse douille

Perso je suis pas spécialement conformiste ou grégaire, j’ai rien contre le fait d’être en groupe mais je vais pas faire des pieds et des mains pour être validé par quelqu’un, cela dit je suis pas aussi « égalitariste » que DVR, mais je cire les pompes à personne, j’ai pas besoin d’attendre d’être validé par autrui, et tout se passe bien hein, c’est pour ça que je tiens à te rassurer, ma survie n’est pas menacée, ta survie non plus, ça va le faire, tranquillos

Enfin bon bref
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Message par Cooooool Jeu 11 Fév 2021 - 12:31

DVR a écrit:
Cooooool a écrit:
Névromon a écrit:Parce que c'est souvent une fable. Une pièce de théâtre. Un jeu social, pour eux.
Parce que c'est différent chez les ...HQI/THQI? (je ne sais même plus comment les appeler vu que je n'utilise absolument pas ce terme de "neurotypique" pas plus que "zèbres" pas plus que "HP") Tss tss tss... 
Depuis quand les vrais, ceux qui ne jouent pas un rôle, il y en a plus chez les HQI...? Smile sérieux...
C'est la fable que...les zèbres...les "surdoués" sont mieux que les autres.
Ou celle qu'ils sont plus intelligents que les autres...et qu'en plus ils ont de belles qualités...
J'ignore quel était le véritable QI des deux authentiques surdoués avec dons magiques (je pèse ces mots) croisés dans ma vie, mais il est très probable que c'était absolument pas des HQI...

En l’occurrence on ne parle pas à proprement parler des zèbres ou des surdoués, mais plutôt des aspergers (puisque les problèmes que j’ai sont surtout liés au fait que je suis asperger)
OK si c'est une comparaison avec les aspergers comme tu t'es bien défini. Smile  
Du coup ce serait une comparaison entre les aspergers et les autres, pas spécialement et uniquement les <130QI.


Dernière édition par Cooooool le Jeu 11 Fév 2021 - 12:44, édité 1 fois
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Message par RonaldMcDonald Jeu 11 Fév 2021 - 12:41

Le truc, c'est que nous sommes aujourd'hui très éloignés des conditions d'évolution qui ont fait de nous ce que nous sommes.

Perso, je ne cherche pas à excuser; je cherche à comprendre. Il ne fait en effet pas laisser passer les comportements de sac à merde. Ca n'empêche pas de chercher à comprendre. Et honnêtement, la conversation de base de l'être humain de base, elle est peut-être atrocement plate à nos yeux, ça n'en fait pas un comportement nocif en soi.

"ça va?
_ça va, et toi?
_je me disais un truc.
_ouais, moi aussi.
_en fait, ça ne va pas.
_du tout.
_au revoir.
_au revoir"

Contenu intéressant de cette discussion si typique et fréquente : zéro
Putasserie contenue dans cette discussion : zéro aussi.

Les nuisibles, c'est autre chose. Ce n'est pas à ça que je faisais référence. Il y a aussi sans doute une origine évolutive à la toxicité de certains - mais ça n'est pas une excuse. L'éducation et la maturité doivent permettre de passer outre et de se comporter de manière civilisée. Celui qui nuit et se cherche des excuses n'a pas à être épargné. Feu à volonté.

Mais le normo pensant standard n'est pas un nuisible. Il fera parfois des crasses comme tout le monde, mais globalement, il est inoffensif (comme la majorité des gens). Il a juste un mode de communication orienté sur d'autres priorités que nous. Et ce n'est pas un crime de sa part. Ca nous rend fous, mais on a pas à lui en tenir rigueur. L'évolution l'a fait comme ça, et il n'a pas de bonne raison morale ou éducative de changer ça. Le nuisible, lui, a d'excellentes raisons de changer. Mais il ne faut surtout pas, à mon sens, assimiler normo-pensant et nuisible.
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Message par Haraldson Jeu 11 Fév 2021 - 12:44

RonaldMcDonald a écrit:
Les nuisibles, c'est autre chose. Ce n'est pas à ça que je faisais référence. Il y a aussi sans doute une origine évolutive à la toxicité de certains - mais ça n'est pas une excuse. L'éducation et la maturité doivent permettre de passer outre et de se comporter de manière civilisée. Celui qui nuit et se cherche des excuses n'a pas à être épargné. Feu à volonté.

Voiiiiilà, là on est ok
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Message par The Wise Duck Mar 16 Fév 2021 - 1:20

RonaldMcDonald a écrit:Les nuisibles, c'est autre chose. Ce n'est pas à ça que je faisais référence. Il y a aussi sans doute une origine évolutive à la toxicité de certains - mais ça n'est pas une excuse. L'éducation et la maturité doivent permettre de passer outre et de se comporter de manière civilisée. Celui qui nuit et se cherche des excuses n'a pas à être épargné. Feu à volonté.

Mais le normo pensant standard n'est pas un nuisible. Il fera parfois des crasses comme tout le monde, mais globalement, il est inoffensif (comme la majorité des gens). Il a juste un mode de communication orienté sur d'autres priorités que nous. Et ce n'est pas un crime de sa part. Ca nous rend fous, mais on a pas à lui en tenir rigueur. L'évolution l'a fait comme ça, et il n'a pas de bonne raison morale ou éducative de changer ça. Le nuisible, lui, a d'excellentes raisons de changer. Mais il ne faut surtout pas, à mon sens, assimiler normo-pensant et nuisible.
Je ne suis pas du tout aussi catégorique vis-à-vis de ces soit-disant "nuisibles".
Par exemple s'il faut choisir la population principale pour éviter la surpopulation : autistes > HP > nuisibles > normaux ...

Globalement une masse peu active est un frein systématique ...
Alors qu'un nuisible qui pousserait dans le mauvais sens peut être utilisé dans le bon sens pour peu qu'on joue a son propre jeux ...
Les autistes même en étant en moyenne plus performant nécessitent plus de ressources ...
Quant aux HP, vu qu'il y a besoin de hasard pour trouver un moyen de pas déprimer et déprimer leur entourage ça revient à jouer aux dés ...

Je remarque que toutes ces propositions montrent l'immoralité du problème Very Happy
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Message par horizon artificiel Mar 16 Fév 2021 - 3:58



Bof, la solution de s'entourer de zèbres.... dans la communauté zébrée, ya aussi pas mal de mise en avant de l'intelligence personnelle pour combler la dépression (affichée ou pas) dans une victimisation entretenue (malgré eux souvent) de la douance, et pas mal de copinage entre congratulateurs réciproques, jouant à fond à la 1ère personne...  beaucoup moins chez les aspies plus objectifs dans un fonctionnement à la 3ème personne.
Donc des zèbres entre eux peuvent se déplaire et se détester dans leurs conversations (détester les auteurs et les contenus des conversations) peut-être même encore plus qu'entre NP et zèbres et NP-NP

J'hésite si je préfère les zèbres de ZC ou JVC
https://www.jeuxvideo.com/forums/42-51-59085852-1-0-1-0-des-surdoues-hpi-zebres-sur-ce-forum.htm

lol!
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Message par Sélène-Nyx Mar 16 Fév 2021 - 11:32

horizon artificiel a écrit:

Bof, la solution de s'entourer de zèbres.... dans la communauté zébrée, ya aussi pas mal de mise en avant de l'intelligence personnelle pour combler la dépression (affichée ou pas) dans une victimisation entretenue (malgré eux souvent) de la douance, et pas mal de copinage entre congratulateurs réciproques, jouant à fond à la 1ère personne...  beaucoup moins chez les aspies plus objectifs dans un fonctionnement à la 3ème personne.
Donc des zèbres entre eux peuvent se déplaire et se détester dans leurs conversations (détester les auteurs et les contenus des conversations) peut-être même encore plus qu'entre NP et zèbres et NP-NP


Entièrement d'accord! Very Happy
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Message par Bleuennette Mer 17 Fév 2021 - 14:19

J'ai le même souci et j'avais délaissé les sorties OVS à cause de ça. Je faisais pas mal de sorties bar et les conversations ne me nourrissaient pas, je m'ennuyais ferme. J'ai fini par en avoir assez et tenter d'autres sorties plus culturelles. Je trouve que je rencontre un autre public, plus cultivé et avec plus des centres d'intérêts plus variés que le caricatural séries/célébrités/travail.

Après, je pars du principe qu'il est délicat de demander aux autres des choses qu'ils ne peuvent nous apporter et inversement. Tout ça pour dire que j'ai actuellement trouvé un entre-deux satisfaisant en faisant une activité. Dernièrement, j'ai organisé pas mal de sorties jeu de société que j'ai trouvées satisfaisantes: on a un centre d'intérêt commun, il y a le goût de la découverte, un sujet de conversation commun et surtout on fait autre chose qui fait fonctionner la tête en même temps. Ca peut être un moyen de combler ce vide et de le vivre bien tout en ayant d'autres relations plus intellectuellement enrichissantes.

Si tu es un peu artiste, il y a la solution de faire autre chose en même temps en sortant l'excuse de l'idée qui pousse pour sortir que tu ne peux plus retenir et du coup, avoir un carnet d'écriture ou un carnet à dessin avec toi pour griffonner, gribouiller et t'occuper en pensant à autre chose. En général, ça passe assez bien, je trouve si c'est fait avec naturel et suffisamment de confiance en soi pour ne pas être mal à l'aise. Au fond, c'est comme les gens qui ont un besoin irrépressible de fumer. L'expliquer avec le sourire aide pas mal à faire passer la chose.

La seule solution que j'ai trouvé, c'est d'assumer le fait que je m'ennuie et que pour moi, c'est généralement insupportable (une soirée, c'est long...), ça surprend au début et puis les gens s'habituent.

Bleuennette

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Les conversations des neurotypiques Empty Re: Les conversations des neurotypiques

Message par PhilDroit Mar 6 Avr 2021 - 15:09

Il faut savoir que deux cerveaux avec plus de 30 points d'écart de QI ne peuvent pas se connecter, mais cela vaut pour la forme d'intelligence mobilisée par la conversation (par exemple, logico-mathématique) : il faut donc trouver un sujet de conversation engageant une autre forme d'intelligence (par exemple, naturaliste-écologiste). Et tu t'apercevra que, si c'était ras des pâquerettes sur ta ou tes formes d'intelligence(s) de prédilection, les rôles peuvent s'inverser sur d'autres formes d'intelligence (perso, mon intelligence naturaliste-écologiste est mauvaise).

PhilDroit

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