Expo photo au fil du jour

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Message par Confiteor Ven 27 Nov 2020 - 8:39

Langage du faire.

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Message par Confiteor Sam 28 Nov 2020 - 9:44

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Message par Confiteor Dim 29 Nov 2020 - 10:54

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Message par higeekomori Dim 29 Nov 2020 - 11:04

Spoiler:
Bon et bien, il est l'heure de mettre un petit mot dans le livre d'or, je crois... ^^

Merci Conf' pour cette expo. C'est avec plaisir que j'accueillerai d'ailleurs les prochains diptyques à venir.

et voici ma préférée. Comme Sham, je suis sensible aux détails.
Spoiler:
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A la prochaine! Tchao


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Message par Confiteor Lun 30 Nov 2020 - 7:39

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Message par Confiteor Lun 30 Nov 2020 - 7:42

Langage du bleu.

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Message par Confiteor Mar 1 Déc 2020 - 8:06

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Message par Confiteor Mer 2 Déc 2020 - 9:15



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Message par Confiteor Mer 2 Déc 2020 - 9:15

Langage de roche.

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Message par Confiteor Jeu 3 Déc 2020 - 7:53

Langage de l’ordonnancement, vers l’horizon.

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Spoiler:
Me vient une nouvelle idée :

Certains manquent à l'appel.
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Message par Invité Jeu 3 Déc 2020 - 9:27

Langage de roche:
C'est marrant, la première de ce diptyque me fait penser à une cavité organique reconstituée, genre l'intérieur d'un estomac... ^^

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Message par Maël Jeu 3 Déc 2020 - 11:15

Spoiler:

*Sham a écrit:C'est marrant, la première de ce diptyque me fait penser à une cavité organique reconstituée, genre l'intérieur d'un estomac... ^^

Très franchement, quand ceci a poppé en gros sur mon écran au début d’une journée de boulot, j’ai cru que c’était un arrière-train de cheval. Je ne serais pas contre une explication, sur celle-là.
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Message par higeekomori Jeu 3 Déc 2020 - 13:14

Spoiler:
Toujours sur le fil, comme les copains et les copines. Ninja
Prêt pour la suite du langage des roches...........






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Message par Confiteor Jeu 3 Déc 2020 - 21:59

Ainsi se termine la première partie de l’expo, celle qui pour moi est la plus personnelle. Suit une série de photos plus anecdotiques qui étaient présentées, en plus petit format et dans une autre salle.
Vous les verrez dans les jours qui viennent.

Pour les curieux, la roche rouge est une source d’eau ferrugineuse. La photo est ratée, il faudra que j’y retourne. On doit pouvoir y figurer le sexe d’une femme en train d’uriner. C’est une image d’une grande portée érotique pour moi, allez savoir pourquoi ? Il serait sot de ne pas en avoir conscience, ce serait le risque de ne pas en profiter. Un plaisir acquis n’est jamais perdu.

Je vous dois quelques explications, les voici :

Derrière les photos :

Il serait indécent que je ne vous dise pas quelques mots de notre rapport à Madagascar. Soyez indulgents, la suite est tapée au fil de la ligne, un peu décousue, je n’ai pas le temps de polir le texte. Un autre jour peut-être et alors je le posterai ailleurs dans sa version aboutie. Ce sont seulement quelques anecdotes destinées à vous faire partager notre promenade, une de celles de notre vie. Celles qui nous ont construits. Les photos qui précèdent sont ce que j’en retiens de plus profond, c’est à l’intérieur de celles-ci qu’il faut chercher mes émotions. Plus que dans ce texte. Après avoir passé tant d’années dans ces pays étranges, mon regard sur l’exotisme est loin des cartes postales qui suivront dans les jours qui viennent. J’y vais pour me trouver. Ces photos veulent exprimer mon intériorité, pas seulement illustrer un récit de voyage. Je n’ai jamais eu le courage de bosser la technique, et c’est dommage, ceux qui savent auront vu les mêmes faiblesses que moi. Essayez de les dépasser pour sentir ce que je voudrais vous dire autrement que par des mots. Je sais que c’est brouillon, maladroit, plein d’imperfections, je ne suis qu’un pauvre Confiteor, pas plus. Si j’ai pu vous donner un peu de plaisir, c’est ma fierté. Je jouis du plaisir d’autrui, même parfois contre son gré. C’est une pathologie que je n’ai pas envie de soigner. Si vous n’avez rien senti, alors mes moyens n’étaient pas en phase avec mon but. C’est ça être un amateur autodidacte, il m’aurait fallu beaucoup travailler pour atteindre ce qui me semblerait être « bien ». Je n’en ai pas eu ni le temps ni la disponibilité mentale, trop occupé par mes douleurs intimes et la nécessité de gagner ma vie.

Madagascar est un pays fantastique et dramatique dont on ne revient pas indemne. Nous y avons séjourné durant deux étés (hiver austral) en 2015 et 2016. Nous n’avons visité qu’une faible part de la zone au sud de Tananarive.

Gardez cette carte sous les yeux et zoomez si besoin [url= https://www.google.fr/maps/@-21.6761044,44.8858681,7.5z]sur cette carte[/url]. Bien penser que la moyenne horaire est de cinquante kilomètres par heure sur les routes goudronnées, et de cinq à trente sur les pistes. Le mot route nationale n’a pas le même sens ici et là-bas, certaines sont d’ailleurs définitivement impraticables, c’est le cas de la N 13 qui fut un axe de communication majeur du pays et qui est coupée. Ne pas oublier que, sur la carte, apparaissent des noms de villes qui ne sont en réalité que des villages de moins de mille habitants dépourvus de toute forme de ressource. On trouvera sur le web des photos des lieux et de certains personnages principaux. J’en ai, elles ne sont que des aide-mémoire et le plus souvent ne méritent pas d’être montrées.

L’île est à peu près de même surface que la France. Seules cinq à six routes goudronnées la sillonnent, dont l’incontournable Nationale 7 qui est l’axe nord-sud. Le reste est dévasté. Ce furent de grands routes bitumés jusqu’aux années ’50. Aujourd’hui ce sont des pistes qui peuvent être infernales, dans des éboulis de rochers dantesques, des lacs de boue, les ponts sont cassés et les gués parfois très profonds. Il arrive que sur une route indiquée comme nationale sur les cartes on ne parcourt pas plus de cent cinquante kilomètres dans une journée acharnée de conduite. On doit reconnaître les passages à pied, parfois les réaménager en réorganisant des rochers. Les cartes sont totalement fausses, afin de contourner des portions devenues impraticables, des « déviations » sur terrain naturel ont été tracées, elles s’éloignent parfois de plus de vingt kilomètres du tracé initial. Il peut même arriver que certains villages aient changé de place (!) sans doute pour cause d’épuisement des terres cultivables, ou, sans que je ne connaisse la raison portent un nom bien différent de celui indiqué sur les cartes. On imagine que tout cela ne facilite pas les déplacements. Bien entendu, en dehors des villes ou gros villages, personne ne parle de langue qui nous soit accessible

L’écosystème est fabuleux, d’une richesse exceptionnelle, allant de zones de forêt pluviale dense à du petit désert en passant par des montagnes de belle taille. Il est dévasté, il n’en subsiste que des isolats préservés dans les régions climatiquement favorables, ailleurs c’est un peu mieux même si la faune se fait rare du fait de la chasse à vocation alimentaire. On y croise évidemment les emblématiques lémuriens et caméléons, avec un très grand nombre d’espèces, très variées dans leur aspect ou comportement, adaptées à des environnements ultra diversifiés. Nous n’avons pas vu de serpents qui sont nombreux mais hibernaient, mais de nombreux lézards endémiques. Les papillons sont d’une diversité étonnante, certains sont parmi les plus gros du monde, beaucoup somptueux. Ne parlons pas des oiseaux. La flore n’est pas en reste, avec une grande variété de baobabs, d’innombrables fleurs, les broméliacées, etc. Sur la côté ouest et sud le lagon semble paradisiaque mais la surpêche l’a en partie dévasté, par ailleurs l’eau était froide et le plus souvent agitée et donc trouble. Nous ne sommes pas baignés et mes plongées en apnée furent peu fructueuses et fort désagréables.

Les populations sont dans un état de misère que nous n’avions jamais rencontrée depuis les années ’80, celles des grandes famines au Sahel. Dans les zones rurales, elles subsistent en dehors de toute infrastructure scolaire ou de santé, dans le dénuement absolu. Sur le plateau central ou dans l’est qui sont des régions bien, parfois bien trop arrosées, elles ne souffrent pas de la faim, même si les protéines sont un luxe qu’elles ne s’accordent que très occasionnellement. Dans les villages du grand sud, c’est épouvantable, les gens sont décharnés, à la limite de la survie. Nous avons parfois dormi parmi eux, il est impossible de bivouaquer en brousse, c’est bien trop dangereux. Il est arrivé qu’ils n’aient pas même un seau d’eau à nous proposer pour se laver et qu’ils en soient réduits à croquer du manioc cru faute d’eau pour le bouillir. Inutile de vous décrire l’état sanitaire. Nous avons sédaté un enfant dont le dos était brûlé à la suite d’une chute dans le feu, il est sans doute décédé quelques jours après notre passage. Nous avons conduit à l’hôpital un homme en pneumothorax, de la mousse rose s’échappait de son dos à chaque inspiration, un coup de lance. Nous avons distribué des antibiotiques pour des affections pulmonaires majeures ou des abcès dentaires impressionnants, des antipaludéens, etc.
Dans les villes, la pauvreté prend un autre aspect, les rues sont jonchées de cartons servant de couche à ceux qui n’ont pas de domicile, les rues grouillent, chacun cherchant par tous les moyens l’euro par jour qui permettra de vaguement survivre.

Le danger et la violence sont partout. À Tananarive, il serait insensé de se déplacer à pied après la tombée de la nuit, on doit impérativement rouler vite, ne jamais s’arrêter. Nous avons été instamment incités à renverser sans hésiter toute personne qui tenterait de stopper le 4x4. Quelques quartiers du centre sont sécurisés par des gardes armés d’AK47, on y montre patte blanche en entrant, à l’intérieur on peut circuler librement. Des bars, des restaurants, des boîtes de nuit et beaucoup de bordels attendent le client, touriste ou malgache aisé. Il était fort rare puisque nous étions en basse saison. Dans les autres villes, l’insécurité est moindre, même si … Cependant Tamatave, le port principal a fort mauvaise réputation et ailleurs il serait stupide de relâcher son attention.

La brousse est infestée de bandes armées incontrôlés. À l’origine, il s’agit de traditions établies dans les ethnies du sud. Chez les Mahafaly, les jeunes hommes, avant de se marier, doivent  aller voler un zébu dans un village voisin. Il s’agit de montrer sa bravoure, en dérobant ce qui est la richesse patrimoniale par excellence dans ce pays d’éleveurs. On accumule toute sa vie un troupeau qui sera égorgé le jour de funérailles officielles réunissant plusieurs centaines de personnes dans des beuveries dantesques. Elles ont lieu plusieurs mois, voire années, après le décès. Dans l’attente, le défunt est placé dans une fosse creusée au milieu de la demeure, emballé dans des nattes. Dans les bons cas, il sèche et se momifie, dans les autres … Toute la famille continue à circuler paisiblement dans le domicile. Lors des funérailles, tous les biens, dont la maison du défunt, seront détruits afin qu’ils l’accompagnent pour son confort dans l’éternité et qu’il se dispense de venir perturber les vivants sous forme des nombreux fantômes qui terrorisent les Malgaches. Les traditions ont du bon, parfois.
Dans la région voisine, les Antandroy, ceux qui sont les plus démunis tant leur environnement est hostile, cohabitent avec une population de Dahalo qui sont historiquement des êtres frustres, vivant de rapine dans des campements de brousse hors des villages d’agriculteurs et se déplaçant au fil des opportunités. Je ne comprends pas très bien quelle sont les origine et vertus d’une telle organisation sociale, je lis peu d’ethnologie.
Aujourd’hui, à partir de ces coutumes, des bandes armées parfois d’armes de guerre rançonnent une portion importante du pays qui vit sous leur menace permanente. Elles coupent les routes, tuent sans hésiter les voyageurs et parfois attaquent les villages. Par dérive de sens, tous sont désormais nommés Dahalo, même s’ils n’ont plus rien à voir avec l’ethnie concernée.
Il ne viendrait à l’idée de personne de personne de circuler sur les pistes la nuit ou de ne pas porter au minimum une lance, une machette ou un fusil de chasse. Chaque jour les journaux décrivent les attaques parfois meurtrières faisant plus de dix morts par exemple lors de l’attaque d’un transport en commun. Même durant la journée, il est impératif de ne jamais indiquer sa destination ou son horaire de voyage afin qu’il ne soit pas possible d’organiser un guet-apens sur la route.

En 2016, nous avions décidé de réaliser une traversée vers l’ouest en direction de Maintirano depuis Tananarive. Nous avions ensuite prévu de longer le Canal du Mozambique par la piste côtière jusqu’à Tuléar qui est l’un des quelques spots touristiques du pays, le paradis bien connu des pédophiles. La route est goudronnée jusqu’à Saka, puis c’est une piste sur les plateaux du centre. Le paysage est somptueux, c’est une zone très faiblement peuplée. À Saka, dans la station où nous faisons le plein, le 4x4 d’une ONG, a priori des personnes de confiance, lie le contact. Nous bavardons afin d’avoir des informations sur l’état de la piste qui a très mauvaise réputation, en particulier dans sa partie terminale qui n’est plus qu’un mince trait sur le GPS. Les humanitaires nous expliquent que « ça passe » même si c’est très difficile et très rarement fréquenté par des véhicules à moteur. Ils nous disent se rendre eux-aussi à Maintirano et nous proposent de faire la route ensemble. Nous acceptons volontiers. À la sortie de la ville, leur véhicule s’arrête brièvement au check-point que nous passons sans même montrer nos papiers. S’en suit un trajet à tombeau ouvert, leur véhicule est beaucoup plus robuste que le mien, je n’ai plus piloté à cette vitesse depuis des années puisque la folie de ma jeunesse ne me reprend que très épisodiquement. La piste en assez bonne, sinueuse, caillouteuse, elle longe la crête de fortes collines, la vue est superbe. Plus nous nous éloignons de la ville, plus le chauffeur du Toyota accélère, je peine à le suivre. Nous franchissons deux nouveaux barrages de gendarmerie sans encombre et sans même s’arrêter. Au petit soir, nous arrivons à Beravina, un village désolé, dans lequel les compagnons de route nous proposent de passer la nuit, c’est le seul hôtel avant l’océan. Sordide, des cabanes de planche, il fait froid les toilettes sont très éloignées, à cause du tabou des excréments, bien entendu ni douche ni électricité, il fait froid. La patronne prépare un plat de riz que nous mangeons en commun devant les indispensables bières qui s’enchaînent d’autant plus volontiers que c’est ma tournée. La soirée se déroule dans une ambiance plus que cordiale. Le chauffeur n’est pas avare d’informations sur l’état des pistes, raconte avec faconde d’innombrables anecdotes de voyage, souvent mettant en scène les Dahalo. Alors que nous nous apprêtons à aller dormir, le chauffeur de l’ONG me dit que le lendemain nous devrons faire un détour par Belomonga, à une trentaine de kilomètres de la piste principale. Ce n’est pas un problème pour nous jusqu’à ce que nous apprenions … qu’ils doivent séjourner une semaine dans le village. Tout au long de la conversation, mon nouveau copain a insisté sur la difficulté technique des cinquante derniers kilomètres. La piste devient un dédale boueux de chemins agricoles circulant au milieu des rizières de la plaine côtière. Je connais ce type d’environnement, c’est l’enfer pour s’orienter, de nombreux culs de sac du fait des canaux d’irrigation, des ornières très profondes creusées par les roues étroites des charrettes à zébu et la boue partout. Il m’a prévenu qu’auparavant la dernière montagne à traverser est infestée de Dahalo et qu’il faut la parcourir sans trainer, c’est une piste sillonnée de tranchées de ravinement très profondes qu’il faut souvent franchir « sur trois pattes », expression imagée signifiant que le croisement de pont du 4x4 dépasse le débattement de suspension. Nous commençons à douter … Il connait le moindre kilomètre du parcours et je prends des notes. Et puis, incidemment, il me fait savoir qu’à la sortie du village, je dois prendre de petites rues puis un chemin de campagne afin de contourner le barrage routier. Nous avons été autorisés à parcourir la route jusqu’à Beravina seulement parce qu’ils sont des humanitaires en mission et que nous étions en convoi de deux véhicules. Aux barrages précédents, ils ont expliqué aux forces de l’ordre que nous étions les « boss » en tournée d’inspection. Jamais la gendarmerie ne nous laissera poursuivre seuls. En dehors des quelques gros villages, la zone entière depuis la ville de Saka est entièrement sous contrôle des Dahalo, ils vivent du racket des voyageurs et des populations rurales. Je comprends mieux l’étape de rallye de la journée. Nous sommes un peu interloqués, remplis de doute, et, comme nous avons déjà beaucoup fait de tourisme, ni surpris ni blessés d’avoir été bernés. C’était de bonne guerre de leur part. La limite de la bienveillance est le cas de force majeure, ces gens étaient tout à fait sympathiques par ailleurs. Ils avaient seulement besoin d’un second véhicule afin de pouvoir parcourir la route en convoi et ne voulait pas risquer d’attendre un ou deux jours avant que l’occasion ne se présente. Je comprends enfin leur empressement du matin à la station-service. Nous passons une nuit peu agréable et très inconfortable. À l’aube, nous décidons de rebrousser chemin un peu inquiets de l’accueil qui nous sera réservé par les gendarmes au retour. Nous connaissons désormais la piste, elle n’est pas si mauvaise en dehors de quelques mauvais passages, la nature est superbe, il fait un soleil éclatant, nous sommes très vivants. Aux barrages nous saluons les gendarmes d’un geste déterminé affichant notre légitimité. C’est ça aussi être blanc. Nous échangeons quelques mots, et je loue le travail de cette ONG, ils font du bon boulot, je suis très satisfait. Non, nous ne traînerons pas sur la route, nous en connaissons bien les dangers, mais que faire, c’est Madagascar !

Le lendemain, après Saka, et afin d’éviter de retourner à Tananarive, nous trouvons une petite piste qui part sur le haut plateau central. Elle serpente dans la montagne embrumée, il fait froid, il bruine, la route est très glissante, les ravins profonds. Ici vivent les Mérinas qui s’acharnent à couper la forêt à la hache afin de fabriquer le charbon de bois qui est le seul moyen de cuisson du pays. Nous sommes proches de la capitale, les besoins sont immenses. Sur les meilleurs coteaux, s’étale le miroir des rizières en terrasse, des siècles de labeur. Nous rejoignons Antsirabé et un couple mixte d’amis, David et sa compagne rencontrés l’année précédente. Autodidacte de grand talent, David a remis en route l’usine Socolait, organisé la collecte du lait de zébu afin de l’upériser ou de le transformer en yaourts qui seront vendus dans par les boutiquiers de brousse à qui l’usine prête un frigo à gaz.  
Ils nous accueillent avec une chaleur étonnante. Ce sera d’ailleurs le cas tout au long de notre voyage, les occidentaux installés dans le pays nous ont reçus avec empressement, étonnés qu’ils furent de notre flegme. Dans les lodges, parfois somptueux, parfois plus sommaires des zones touristiques, les patrons nous faisaient le plus souvent payer le prix « local » et non celui réservé aux touristes qui visitent le pays en convoi de véhicules avec guides et chauffeurs, sautant d’un spot à l’autre. Ailleurs, nous avons rencontré des planteurs, des commerçants, des techniciens, qui semblaient heureux d’échanger, de raconter leur vie singulière et d’écouter nos anecdotes. Tous furent de bon conseil, ils n’ont pas compté leur temps pour nous dépanner lorsque nous en avons eu besoin. Ils nous ont indiqué leurs jardins secrets, ces petits coins de paradis bien cachés qu’on ne connait que d’expérience et cette intériorité si particulière de l’expatriation. Au retour, David s’occupera de faire repeindre le pick-up de location sur lequel il ne restait plus de peinture sur les ailes et les portières à force de frotter sur les épineux et les cactées sur des route bien trop étroites pour un véhicule, elles sont parcourues seulement par les charrettes à zébu qui sont le seul moyen de déplacement en brousse. Un atelier de carrosserie local mettra tous ses ouvriers à la tâche afin de mastiquer et poncer la voiture avant de la repeindre en deux jours et pour deux cents euros. C’était un Sportero tout neuf, et la franchise était de deux mille euros, le loueur ne m’en aurait pas fait cadeau !

Depuis Antsirabé nous rejoignons la côte ouest à Morondova. Ici commencent les circuits touristiques. La descente en radeau du fleuve avec bivouac tout confort sur la plage. La visite du parc des tsingy, cette curiosité minérale unique, un karst dont les failles font trente mètres de profondeur et dont les arêtes supérieures sont si tranchantes qu’elles coupent les semelles de chaussure, on y circule sur des passerelles aménagées, dans un paysage calcaire éblouissant de blancheur tandis que les bas-fonds éclatent de verdure. Les plongées dans le lagon au milieu des aquariums naturels. Les boîtes de nuit dans lesquelles on rencontre des créatures prête à vous accorder toutes les fantaisies que le sexe peut proposer, même les pires. Les sorties en mer à la pêche au gros ou à la rencontre des baleines à bosse en saison de migration, etc. Nous laisserons ces plaisirs à ceux à qui ils sont destinés et nous contenterons d’une ballade dans la mangrove en kayak de mer, perdus dans cet étrange labyrinthe végétal au milieu duquel sautent les poissons à la recherche d’un peu d’air et où crient des lémuriens qu’on ne voit jamais.

La suite prévue est une descente vers le sud, le long du canal du Mozambique. Le trajet habituel suivi par les convois de tourisme consiste à faire demi-tour afin de rejoindre une bonne piste qui mène à Morombe en passant par Mandabe. J’ai repéré sur la cartographie numérique ce qui semble être une voie de circulation en bord de mer. On m’assure qu’elle est bonne jusqu’à Belo sur Mer, en dehors de quelques gués qui s’avèreront fort profonds pour certains et infestés de crocodiles ce qui exclut une reconnaissance à pied, et aussi de quelques zones saumâtres qu’il faut impérativement traverser à marée basse. Après, personne ne sait de manière fiable. À Belo, nous sommes informés avec certitude que la route côtière est totalement impraticable et qu’il nous faudra rentrer dans les terres en traversant des zones montagneuses dans lesquelles les villages sont plus que rares. Une très grosse journée de conduite, une imbrication complexe de petits chemins, à chaque croisement, descendre, observer les traces dans le sol, distinguer celles des voitures de celles des charrettes pour reconnaître la route principale des voies secondaires qui mènent à des hameaux perdus dans les rochers, rebrousser chemin lorsqu’on a fait le mauvais choix. Avec l’inquiétude de ne pas « sortir » avant la nuit et ses dangers. Nous rejoignons Ankiliabo et la RN 9, une bonne piste en latérite. Elle nous conduit au bac qui permet de traverser le fleuve Mangoky. Le prix du passage se règle en essence. Je le sais et j’ai préparé un bidon de cinq litres afin de ne pas me faire pirater un jerrycan de vingt. La route jusqu’à Morombe est excellente, de la piste roulante.

Commence alors cette superbe route côtière très ensablée qui mène à Tuléar. Nous faisons escale à Ambatomilo, un petit village de Vezo ces pêcheurs qui naviguent avec une expertise incomparable sur les praos que vous avez vu sur la photo précédente. Ils sont les mêmes qu’en Indonésie, ce qui est le moindre, puisque le premier peuplement de l’île est récent, un millénaire seulement, il résulte d’un très long voyage d’aventuriers indonésiens.
Nous dormons dans une modeste auberge  tenue par une femme seule, la soixantaine. Les premiers occidentaux sont à une heure de route. Elle nous raconte bien volontiers son histoire, les clients sont rares, nous sommes les premiers depuis une semaine, ses paillotes construites sur la dune face à un lagon de rêve ne sont plus assez luxueuses pour correspondre aux normes du tourisme moderne. Elle n’a pas de centre de plongée, ni de Chris-Craft. Avec son mari, ils sont arrivés dans les années ’90. Le travail en usine dans le Nord de la France, quelques maigres économies, une envie d’ailleurs, d’autre chose, à la télé des images fabuleuses de ce drôle de pays, un billet d’avion aller-simple, se lancer dans l’inconnu et construire de leurs mains cette auberge. Les affaires ont été assez bonnes et puis le pays est devenu dangereux, et les touristes rares. Son mari est mort d’un cancer non soigné faute d’assurance santé, dans ses bras, face au lagon. Il lui a fait promettre de rester malgré tout dans ce qui était leur paradis.

Au matin, nous marchons sur la plage. Un bruit de moteur dans la dune m’intrigue. Je découvre un campement misérable, des cahutes en toile et tôle, des bouteilles de plongée qu’alimentent un vieux compresseur et une série de bidons de deux cents litres en plastique bleu. Deux hommes s’approchent. Ils parlent un français de tenue parfaite. Je les sens inquiets, tendus. Je raconte quelques histoires afin de les rassurer, nous ne jugeons rien, ni personne. J’apprends qu’ils pêchent les holothuries, plus exactement qu’ils envoient les Vezos les pécher à trente ou quarante mètres de profondeur, puisque la ressource est épuisée dans les hauts fonds. L’équipement est à la hauteur du pays, les détendeurs en ruine, les tuyaux d’air comprimé étanches grâce à des sacs plastiques tenus par des colliers Serflex, pas de temps pour des paliers de décompression. L’aspirine et le mauvais alcool fluidifient le sang après la plongée afin de faciliter l’évacuation des bulles d’azote. Et puis ces gaillards sont durs au mal et les douleurs articulaires ne les effraient pas. On vit, on meurt, souvent.
Les concombres de mer sont mis en saumure et vendus au marché noir à ces cons de Chinois qui espèrent en les consommant voir grandir la taille de ce pénis dont ils ont tellement honte. C’est bien entendu formellement interdit, les associations de protection de la nature occidentales veillent. Mais mes Pirates, puisque c’est ainsi qu’ils se nomment ont besoin d’argent. Ils ont étudié à l’université de Tana. L’un a une maîtrise … de droit. La femme de l’autre est enseignante … de biologie dans un lycée. Elle gagne bien entendu une misère. Au fil du temps, ils se détendent et le contact est lié. Ce matin-là ils n’ont pas pu lancer leurs plongeurs en mer, le vent souffle et les vagues déferlent à l’approche de la barrière de corail qui ferme le lagon. Nous bavardons en buvant quelques bières.

Ils m’expliquent qu’un baleineau est rentré dans le lagon, n’a pas réussi à retrouver la passe et s’est échoué. L’événement se déroule derrière un cap qui me semble bien loin. Je propose que, puisque leur journée est perdue, nous y allions en bateau. Il va de soi que je paierai l’essence. Après une heure de navigation hasardeuse, la marée est basse et les fonds peu profonds, nous découvrons la scène. Plusieurs dizaines de pirogues sont ancrées, les hommes plongent en apnée à quelques mètres armés de forts couteaux et remontent triomphants avec un morceau de chair qu’il jette dans leur bateau. On crie, on s’interpelle, on se bouscule, on suffoque d’être resté trop longtemps afin de ne pas laisser échapper la part de protéines convoitée. Un homme tente d’organiser la cohue à son profit. Nous restons des heures à contempler ce spectacle renvoyant à d’autres temps. La marée monte, les hommes ne parviennent plus à accéder à ce qui reste du baleineau. Je propose de remorquer sa carcasse sur la plage à l’aide du hors-bord des Pirates afin que rien ne soit perdu. Palabres, embrouilles. Au final la situation se règle, nous désignons quelques hommes chargés de passer un câble qui servira de remorque. Les Pirates sont ravis, des aventuriers de l’improbable. Nous nous trouvons des connaissances communes, Dario et Diego que nous avons connus l’an passé, ça crée du lien. Ils les ont escroqués, à la recherche de lingots d’argent sur une épave présumée, l’affaire s’est terminée par un des fiascos qui accompagne ce type de vie. Nous sommes déjà amis,  ils aiment mes histoires aussi étranges que les leurs. Deux longues heures seront nécessaires afin de gagner le rivage. Le cadavre s’accroche sur les becs de corail, il faut manœuvrer habilement à proximité de la plage, le moteur hurle. Lorsque nous arrivons, la flottille a été tirée sur le sable, elle a été rejointe par des dizaines d’autres embarcations. L’information circule vite, dans chaque hameau de pêcheur on trouve un ou deux téléphones portables, la viande est si rare, il n’est pas question de laisser passer une telle aubaine. Plus de cent personnes sont sur la plage. Les Pirates partagent avec moi leur inquiétude. Ils vont s’entretuer au coutelas pour accéder au butin. C’est certain. Ainsi sont-ils, et ils ont des raisons légitimes de l’être. Pour éviter un massacre nous abordons et demandons à parler au chef du village. Un homme mur approche. Je prends la parole, les Pirates traduisent. Je suis blanc. Je suis riche. Le bateau est le mien. J’ai remorqué le baleineau, il est donc à moi. Le Vieux approuve. Il sait que les blancs sont dotés de puissances venant de l’enfer, qu’il faut s’en méfier. D’ailleurs les fantômes n’ont-ils pas la peau blanche ? Je propose un deal. Qu’il désigne quelques hommes afin de découper ce qui reste du baleineau, que tous les autres se tiennent à bonne distance et n’approchent pas du tas de viande, ensuite, nous verrons. Il accepte le marché qui lui semble raisonnable.  Dans les rouleaux du petit soir, les bouchers font leur œuvre, trébuchent dans la vague, se blessent et indifférent à leur sang qui se mélange à celui du cétacé, poursuivant leur œuvre. Sur la plage, la concupiscence aidant, certains tentent de se rapprocher du tas convoité. Je mène bonne garde n’hésitant pas à brandir la machette qui ne me quitte jamais.  Le chef de village approuve et les met en garde, j’ai délégation d’autorité. Lorsqu’il ne reste que des os sanguinolents au bord de l’eau, dans la puanteur des intestins qui ont été vidés de leur contenu afin de ne rien perdre, je réunis un représentant de chaque village présent sur place. J’arbitrerai le partage entre eux, ils s’arrangeront ensuite librement pour la distribution finale. Elle doit pouvoir être sereine entre habitants du même lieu que lient la parenté et les alliances. Je récupère un joli morceau, les Pirates de quoi nourrir leurs plongeurs. La nuit tombe, le lagon est très agité, l’essence se fait rare, l’opération de remorquage a beaucoup consommé. Nous sommes à une heure de mer de notre point de départ. Nous n’avons rien mangé depuis le petit déjeuner, il fait froid et nous sommes glacés par les embruns. L’arrivée sur la plage au milieu des déferlantes est plus que périlleuse. Ce soir, la patronne de l’auberge cuisinera pour nous un ragout de baleine. C’est de la protéine, un apport utile. Nous le mangeons en compagnie des Pirates, les casiers de bière vides s’empilent jusqu’au bout de la nuit à la lueur d’une lampe à pétrole. J’ai deux nouveaux amis qui seraient prêts à me suivre au bout du monde, ils m’ont accompagné au bout de la nuit.

En route pour Tuléar, dans les sables en bord de plage. À notre gauche, dans la forêt de broméliacées, vivent les mythiques Mikea. Un peuple dont la destinée est bien singulière. On pense qu’ils descendent de parias qui ont été chassés des villages à la fin du dix-neuvième siècle et qui ont reconstitué une société de chasseurs-cueilleurs. Une régression ethnologique sans équivalent à ma connaissance, un retour au paléolithique supérieur alors qu’ils étaient issus de la modernité. Accompagnés de chiens faméliques, ils nomadisent dans la forêt sèche, les terribles buissons épineux, chassent, déterrent des tubercules, échangent avec les Vezo du bois dur qu’ils transportent sur d’improbables distances contre quelques céréales. On ne les voit normalement jamais. En 2015, à Tsifota, j’ai connu un occidental qui est en relation avec eux, il admire leur dénuement. Un soir il nous a fait le cadeau d’inviter quelques Mikea. Après s’être empiffrés de riz, ils ont entamé leurs chants polyphoniques, des mélopées douces amères, accompagnées d’une guitare à une (!) corde.

Quelques jours de repos en ville à Tuléar, le change au marché noir, des provisions diverses. Nous avons l’ambition de contourner la pointe sud de l’île jusqu’à Faux Cap, puis Tôlanaro et ensuite de longer la côte est pour rejoindre Manankara et, enfin, la route goudronnée nous ramènera à Tananarive. Je sais que c’est ambitieux, c’est un itinéraire plus que difficile. En 2015, c’était déjà notre objectif, nous avions travers le pays par la Nationale 7 mais notre véhicule n’étant pas assez robuste, nous avons dû rebrousser chemin et se balader dans des régions plus accessibles et pas moins étonnantes. Cette année, j’ai pris quelques jours dans la capitale afin de faire réaliser par un carrossier une forte tôle de protection sous le moteur et le réservoir, enlever les marches-pieds, etc. nous sommes mieux équipés et avons déjà pris un peu la mesure du pays.

Revenons sur notre échec de l’année précédente. Nous quittons Tuléar plein sud avec l’idée de visiter Anakao dont on nous dit le plus grand bien. Tuléar a sans doute été prospère au temps de la colonisation et conserve quelques beaux bâtiments aujourd’hui délabrés. C’est l’un des haut-lieux de la prostitution à destination des Occidentaux. Les bouges sordides côtoient des hôtels qui furent luxueux. Personne ne s’étonne de voir un vieux blanc se promener un gamin à la main. Le sexe monnayé est la première industrie du pays, il est totalement décomplexé et sans limites.

Nous partons avant le lever du soleil en direction de Saint Augustin, un bac est prévu dans la matinée. Il nous permettra de traverser le fleuve Onilahy. Dans la file d’attente, qui durera huit heures, nous repérons une famille d’européens accompagnée d’un chauffeur. C’est un couple d’ouvriers vivant dans le Nord de la France qui a adopté deux enfants Malgaches. Ils se sont promis de leur faire découvrir le village de leur naissance dans le Grand Sud. C’est le premier voyage de leur vie, ils ne savent rien de ce pays et sont pour l’instant restés sur la N 7, l’inévitable. Nous parlons, ils se racontent avec une naïveté émouvante. Depuis la France, ils ont pris contact avec une agence de voyage qui leur a vendu du rêve moyennant paiement partiel d’avance. Bien entendu à la descente d’avion, ils ont déchanté, porte close et personne au téléphone, une classique. Ils réunissent un peu d’argent et trouvent un chauffeur qui semble honnête. Il les conduit en quelques jours à Tuléar avec des arrêts dans les lieux incontournables, parcs naturels, villages typiques des Hauts Plateaux. Le bac lève enfin l’ancre en fin d’après-midi. Le vent, la marée montante allant à contre-courant de l’estuaire du fleuve lèvent une très mauvaise houle. Le bac est lourdement chargé, en particulier d’un camion de riz. Parfois, le rythme du roulis se met en phase avec la fréquence propre des suspensions de celui-ci, on embarque de l’eau par les rambardes latérales. Plus nous avançons vers le large, la traversée dure une heure, plus les oscillations sont importantes. Il fait nuit et très froid. En voyageur expérimenté, je conseille à la famille de rester à l’extérieur, à proximité des bacs à gilet de sauvetage, et à renoncer à la relative chaleur de la cabine. Un bac de cette nature peut se renverser en un instant. Je descends sur le pont et exige des matelots qu’on haubane le camion afin qu’il cesse de se dandiner en cadence. La traversée se termine sans désastre.

Comme il nous reste environ, trente kilomètres à parcourir de nuit sur une très petite piste que je ne connais pas je propose au chauffeur de faire la route ensemble. Il s’engage sur une sorte de digue cahoteuse en bord de mer. Je le suis à bonne distance pour éviter la poussière. Son véhicule est plus adapté que le mien à ces mauvaises routes. C’est un de ces vieux Patrol qui sont des sortes de camions indestructibles, je conduis un pick-up Mitsubishi moderne tout en plastique et sous-motorisé. La digue s’interrompt et quelques mètres plus loin, le sable commence.  Le Patrol se plante. Le chauffeur accélère, creuse sous les roues, le châssis est posé. Nous descendons, je comprends vite qu’il n’a jamais pris cette route. Des villageois proposent leur aide moyennant une somme totalement indécente et nous expliquent nous ne sommes pas du tout sur la bonne piste. Je dispose du matériel nécessaire, nous sortirons sans eux. Contrairement à notre nouveau copain, nous avons le minimum de matériel, pelle, planches robustes, sangle. Après quelques tentatives dérisoires d’inefficacité je m’aperçois que ce chauffeur n’a jamais conduit hors du goudron ailleurs que dans les rues des villes ou sur les pistes entretenues des parcs naturels. Et il prétend les emmener dans le Grand Sud, terre de tous les dangers ! Lassé, il est déjà fort tard, je déplante le Patrol, le chauffeur malgache se fait huer par les villageois pour son incompétence. Tous étaient persuadé qu’il était le « chef de convoi ».

Nous arrivons au milieu de la nuit à Anakao, désert et endormi. Le Peter Pan, l’auberge de Dario, celui qui deviendra un frère, est sur le point de fermer. C’est assez modeste, mais de bon goût et propre, la nourriture s’y avérera excellente. Je me présente et lui raconte très brièvement la mésaventure, il prête une oreille distraite, son accueil est plus que froid. Il situe mal qui est qui et quelles sont les relations entre les passagers des deux véhicules. Il consent à demander qu’on nous cuise des pâtes aux fruits de mer en faisant la gueule. Lassé, je le prends à part et lui demande de m’écouter sans m’interrompre afin que je puisse éclaircir le malentendu. Non, je ne suis pas inquiet, non, je ne me sens pas en danger, je n’ai rien à voir avec cette famille, mais je ne laisse pas des gosses en brousse avec un tocard de chauffeur. En premier lieu, il convient de boire une bière ensemble, au calme, tout le reste peut attendre. Il faut savoir hiérarchiser les priorités. Se trouvant face à un homme raisonnable, il nous installe en sa compagnie et relègue nos compagnons dans un coin de salle. Nous boirons plusieurs bières ...

Dario, est un Italien d’une trentaine d’années, issu d’une riche famille piémontaise dont il est le fils unique. Son enfance est chaotique, entre une mère poule grande bourgeoise guindée et un père absent, plus préoccupé par ses affaires que par sa descendance. Ses manières affectées passent bien tant qu’il est en âge où on les trouve charmantes. C’est avec effroi que sa famille découvre son homosexualité bien vite assumée et une immense appétence pour les drogues et les plaisirs de la chair. Il traîne sa jeunesse dans les bars branchés de Milan, dans le milieu interlope de la nuit, maquillé à l’extrême, portant des tenues provoquantes. C’est encore aujourd’hui son look et vous avez peut-être vu son portrait. Il a du talent et en joue, devient le chanteur d’un groupe de Glam Rock, rencontre Alberto celui qui sera son compagnon de route. Tous deux dérivent, se perdent, brûlent leur vie, restant éperdument amoureux tout en vivant un sexe débridé par ailleurs.  Leur rapport est empli d’ambiguïtés. Dario, en dépit de son apparence outrageusement féminine dont il joue, est dur, déterminé. Alberto est un tendre romantique, un peu rêveur qui passe tout à son compagnon. Tous deux se lassent de cet univers qui tourne un peu en rond et décident de partir. Un an durant ils dealeront afin de réunir assez de fonds pour créer leur auberge à Madagascar qu’ils ont choisi pour la beauté du nom. Les péripéties s’enchaînent, les déconvenues aussi, ce pays est implacable, sans pitié, le racket est la norme. L’hôtel sera attaqué par une bande armée de Dahalo. Ces imbéciles détruiront un note-book qu’ils croient être un coffre-fort portatif ! Ils auront la vie sauve par hasard et l’auberge sera dévastée. Il lui faudra céder aux avances d’un militaire gradé qui le prendra sous sa protection et lui fournira des gardes armés, ceux qui paradent sur la plage.
Nous passons une semaine chez Dario, ivres du matin au soir, l’hôtel est désert, il nous présente à l’étrange faune de la baie, des perdus pour l’Occident qui portent leur solitude sous le soleil. On accède normalement à ce lieu en speed boat depuis Tuléar. En saison, la fête y bat son plein, la jeunesse des « gagnants de la mondialisation » vient y dépenser son argent sous MDMA, les couples s’y défont, tous les excès sont la norme. Dario est le parrain de la plage, celui auprès de qui on vient confier ses déboires, il peut tout arranger. Il écoute volontiers les désarrois, ne console jamais, renvoie chacun à sa solitude inéluctable et à la nécessité d’exercer en conscience la responsabilité de soi.

Plusieurs fois, il nous parle de son ami Diego qui tient L'altra Faccia della Luna, le plus fabuleux lodge qui nous soit arrivé de visiter. Un soir, arrive un homme maigre, la soixantaine, le visage marqué, mangé d’une barbe de quelques jours, c’est Diego. Il pose un neuf millimètres sur la table, le recouvre négligemment d’un foulard. Les bières sont fraîches. Diego est froid, intrusif, cassant, fait tout pour nous mettre mal à l’aise. Il me soumet à un véritable interrogatoire sur ma vie, mon histoire. J’y réponds volontiers. Rien n’est secret, pas même le pire et, au total, il est indispensable qu’il sache que je ne suis pas un chaton. Je tente en vain de prendre en douceur le contrôle d’une conversation fort désagréable. Face à ma sérénité, il implique M. qui est toujours distante et réservée mais sure d’elle autant que de moi dans de tels cas. Or c’est un interdit absolu. Je l’interromps assez vivement, on ne touche jamais à M. en tout temps, en tout lieu et qui qu’on soit. Nous ne sommes plus en âge de faire des concours de bite, on pourrait avoir mieux à faire, trouver des occupations bien plus distrayantes. Il sursaute un peu face à ma détermination tranquille et lorsque je le mets en demeure de se raconter un peu, il cède. Puisque j’ai satisfait sans réticence sa curiosité, un minimum de réciprocité serait décent. Nous commençons à être un peu plus ivres qu’à l’accoutumée. L’ambiance se détend, Diego cesse son jeu de rôle et s’explique.

Il est né à Turin, dans la bourgeoisie. Je ne sais rien de son enfance, si ce n’est qu’il a découvert très tôt qu’il est de ces hommes qui attirent les homosexuels alors que lui préfère définitivement les filles. Un joailler de Milan s’entiche de lui, tout en sachant qu’il ne jouira jamais de ses charmes. Diego devient son assistant, apprend tout du métier du luxe, vit dans la jetset italienne et tombe dans l’héroïne. Comme l’argent n’est pas un problème, il ne sombre pas. C’est le plus souvent le manque qui conduit les camés au pire et, au final, à la déchéance extrême. Tant qu’un produit de bonne qualité est disponible, rien ne s’oppose à continuer une vie en apparence presque normale et dans ce milieu étrange, rien ne surprend. De nombreuses années passent, le nez dans la poudre blanche, celle qui rend distant, froid et implacable dans la tête tout en réchauffant le corps de la douce chaleur des opiacés. Au fil du temps, Diego est amoindri par le produit, il le sait et tente à de nombreuses reprises de se sevrer dans les meilleurs cliniques. Il replonge à chaque occasion, et elles sont nombreuses. Il finit par rompre avec l’héroïne alors qu’il approche de la cinquantaine. Cette période sera consacrée à une errance sur la planète, son joaillier continuant à lui fournir de quoi survivre. À Tuléar, où il atterrit un peu par hasard, il rencontre Cohen, un très riche industriel parisien. Ils se lient. Diego lui fait découvrir les bas-fonds autant que les splendeurs de la côte. Cohen propose à Diego de créer un lodge d’exception. Il le finance sans compter et l’assure d’une clientèle fortunée qu’il recrutera dans son cercle de relation. Les travaux traînent en longueur, le projet est ambitieux, la demeure principale est construite autour d’un tronc d’arbre de plus d’un mètre de diamètre et de dix mètres de hauteur qui sera le pilier central. Il est remorqué par la mer depuis le nord, puisqu’ici nous sommes en zone désertique. Le projet s’achève, c’est raffiné, luxueux sans ostentation, décoré de matériaux locaux rares.

Les premiers clients arrivent. La règle est la suivante : obligation de séjourner au minimum six jours, de prendre tous les repas en commun, Diego se réserve le droit de mettre un terme au séjour de toute personne qui l’indisposerait, ne reçoit qu’après un entretien téléphonique « de motivation ». Dans son hôtel, Diego est un prince. Il distribue les câlins bien plus rarement que les brimades et les humiliations, ramène sa clientèle richissime à la réalité médiocre de leur être avec un talent qui ferait pâlir beaucoup de thérapeutes. Les repas sont les instants privilégiés du drame. Il préside, donne la parole et la coupe sans ménagement, démonte les histoires de couple, met à plat l’intériorité de chacun, polit les failles. Certains craquent et fuient, la plupart adore, en redemande. Enfin un lieu qui les distrait de la triste austérité des palaces. Nous nous lions avec Diego. Nous nous reverrons plusieurs fois pour des nuits interminables. Nous finirons même par être sincères. L’autre face de la lune est le lieu de tous les dangers. Un soir alors que Diego est seul avec le personnel dans son hôtel désert, des hommes armés arrivent, ils sont envoyés par un riche Malgache à qui il a tenu tête. L’entretien se passe mal, on tire. L’artère fémorale est sectionnée. Diego improvise un point de compression se fait conduire en quad par la plage chez Dario qui appelle un speed boat d’urgence. Il prend contact avec Cohen qui affrète un jet depuis la Réunion, il sera opéré à Saint Denis et survivra. Depuis ce jour, son automatique ne le quitte jamais.

Avec Dario leurs rapports sont d’un trouble déconcertant. Ils s’aiment d’un amour profond, se chamaillent sans cesse, mettent réciproquement en doute leur honnêteté. L’hôtel de Diego sera légué à Dario à sa mort et celui-ci le refuse, il ne veut pas de ce père, pour avoir trop souffert de l’absence du sien. Nous sommes les spectateurs d’un mélodrame attendrissant dans sa violence et que nous abordons frontalement, sans fuir l’explicite. Ils l’acceptent.

Ces gens sont passés dans notre vie, nous avons partagé notre humanité dans ce qu’elle a de plus crue ou effrayante. Et puis, nous avons beaucoup ri, c’est ce qui sauve. Chacun y va de son anecdote, si possible pitoyable ou dérisoire. Nous sommes les mêmes. Quelques mois auparavant, le lodge de Diego était occupé par de très riches Parisiens. Dario le moque au sujet de l’arme, une vaine compagne qu’il juge insignifiante, lui qui ne jure que par la Kalachnikov qui a sa préférence et qu’il porte négligemment en bandoulière lorsqu’il sort de son auberge. La discussion s’envenime, Dario tire une rafale en l’air et met Diego en demeure. Celui-ci vide un chargeur. Les clients sont un peu interloqués. Dario leur explique que son ami ne sait de toute façon pas tirer. Un homme d’affaire prend parti et doute des qualités de tireur de Diego qui est déjà très ivre. Il dégrafe une Vacheron Constantin de son poignet, l’accroche à la paroi du lodge, installe le tireur à dix mètres et le met au défi. Le coup part, il ne reste rien du boîtier, une balle de neuf millimètre fait un gros trou.
Nous nous quittons sans tristesse ni même un regard en arrière. Nous ne sommes que de passage, définitivement. Nous n’imaginons pas nous revoir.

À suivre, peut-être …


Demain, peut-être la suite. Ce sont seulement quelques anecdotes qui tentent de vous faire sentir l'atmosphère de nos voyages. Parce que vous avez l'indulgence de m'écouter.


Dernière édition par Confiteor le Sam 5 Déc 2020 - 19:56, édité 2 fois (Raison : Orthographe)
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Message par Confiteor Ven 4 Déc 2020 - 9:48

La plupart ont déjà été postées dans le passé sur le fil une photo par jour.


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Message par Confiteor Sam 5 Déc 2020 - 9:01

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Message par noixdecajou Sam 5 Déc 2020 - 9:24

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Quoi de plus beau que le visage humain, parole de Levinas


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Message par Maël Sam 5 Déc 2020 - 14:48

Spoiler:
J’ai lu le pavé en entier (en deux ou trois fois car il fallait que je bosse. Haha je croyais toujours être presque à la fin et en fait non).
Si ces trucs étaient racontés par n’importe qui d’autre, je crois que je penserais qu’on se paye ma tête, haha.
Ça met dans un état bizarre. Sorte de fascination face à certains trucs horribles, qui finit par les rendre presque… artistiques. Tant qu’on est pas en train de décéder soi-même en plein milieu. Et après on se demande comment marche notre cerveau pour en arriver là.
Et diantre, comment tu fais pour survivre sérieux. Moi déjà en croisant un chien sans laisse vers Beppu au Japon j’ai déjà cru que j’allais crever. xD

Tes pavés comme ça, suffirait de les coller dans un fichier .tex avec book en document class et ça ferait une autobiographie vendable, haha.
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Message par Confiteor Dim 6 Déc 2020 - 9:21

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Message par Confiteor Lun 7 Déc 2020 - 7:43

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Message par Godzilla Lun 7 Déc 2020 - 8:36

Spoiler:
Ton récit Madagascarien est peut-être celui qui m'a le plus impressionné et remué... On se sent un peu minable dans notre confort après ça (et pour ce qui me concerne, dans mon coté "peur de tout" ^^). Si les expos photos ne te motivent que moyennement (aucun soucis), par contre ce serait dommage de pas publier un jour quelque chose sur ta vie d'aventures Smile Bon, après, nous en on profites, c'est déjà bien ^^
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Message par Confiteor Mar 8 Déc 2020 - 13:42

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Message par Invité Mar 8 Déc 2020 - 13:45

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Rhhhoooo celle-là est particulièrement superbe !! Ces couleurs... cette trouée...! I love you

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Message par fift Mar 8 Déc 2020 - 14:14


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Tout pareil que Sham.

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Message par Confiteor Mer 9 Déc 2020 - 8:12



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Message par Chuna Mer 9 Déc 2020 - 10:04

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Très beaux paysages.

Petite remarque : quand tu mets la photo sur le forum, redimensionne là. C'est plus joli ^^ (là, c'est pixellisé)

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Message par Lou Djinn Mer 9 Déc 2020 - 10:38

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Je suis particulièrement sous le charme de la photo de 13h42 (comment la nommer autrement ?), ces couleurs sont splendides !
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Message par Maël Mer 9 Déc 2020 - 11:45

Spoiler:

Lou Djinn a écrit:Je suis particulièrement sous le charme de la photo de 13h42 (comment la nommer autrement ?), ces couleurs sont splendides !
Tu peux (sur ordi en tout cas) faire un « copier l’adresse du lien » sur le « Re: Expo photo au fil du jour » en haut du message visé, pour avoir un lien vers ce message précis, genre https://www.zebrascrossing.net/t40907p50-expo-photo-au-fil-du-jour#1774696. Ou à la limite citer le message à l’arrache ; vu qu’on met tout en spoiler ici de toute façon, c’est pas ça qui va flooder. xD
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Message par Lou Djinn Mer 9 Déc 2020 - 11:49

Pour maël:

Maël a écrit:
Spoiler:

Lou Djinn a écrit:Je suis particulièrement sous le charme de la photo de 13h42 (comment la nommer autrement ?), ces couleurs sont splendides !
Tu peux (sur ordi en tout cas) faire un « copier l’adresse du lien » sur le « Re: Expo photo au fil du jour » en haut du message visé, pour avoir un lien vers ce message précis, genre https://www.zebrascrossing.net/t40907p50-expo-photo-au-fil-du-jour#1774696. Ou à la limite citer le message à l’arrache ; vu qu’on met tout en spoiler ici de toute façon, c’est pas ça qui va flooder. xD

Tout de même, avoue que citer "la photo de 13h42" a davantage de poésie que le lien Laughing
(mais je retiens la possibilité bien sûr, merci !)
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Message par Nolimit Mer 9 Déc 2020 - 12:40

Spoiler:

C'est autorisé la pornographie sur ZC ????
Laughing Laughing Laughing

[url=Cochon]Cochon ![/url]
Je suis dehors

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Message par Confiteor Jeu 10 Déc 2020 - 10:51

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Message par Confiteor Ven 11 Déc 2020 - 12:49

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Message par Confiteor Sam 12 Déc 2020 - 10:59

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Message par Chuna Sam 12 Déc 2020 - 11:49

Spoiler:
Ces gens sont plus souriants dans leur misère que les parisiens dans leur confort matériel.

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Message par R2D2 Sam 12 Déc 2020 - 14:17

Des accumulations et des motifs, j'adore Very Happy
Belles séries !
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Message par Confiteor Dim 13 Déc 2020 - 9:25


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Message par Confiteor Lun 14 Déc 2020 - 12:44

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Message par Confiteor Mar 15 Déc 2020 - 9:58

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Message par Lou Djinn Mar 15 Déc 2020 - 10:43

Confiteor:
J'ai enfin eu/pris le temps de lire ton récit "derrière les photos".
C'est bouleversant.
Merci d'avoir posé ses mots, de ce partage si fort. J'espère, égoïstement, lire ce qui est venu après, pouvoir encore suivre ce voyage si impressionnant. Un énorme merci pour ce que ça bouge en moi.
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Message par fift Mar 15 Déc 2020 - 11:02

Spoiler:
Oh la vache, cette dernière raconte tout.

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Message par Confiteor Mer 16 Déc 2020 - 9:30

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Message par Confiteor Jeu 17 Déc 2020 - 7:47

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Message par Confiteor Ven 18 Déc 2020 - 13:53

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Message par Confiteor Sam 19 Déc 2020 - 10:19


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Message par Confiteor Dim 20 Déc 2020 - 9:56



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Message par Confiteor Lun 21 Déc 2020 - 8:11

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Message par Confiteor Lun 21 Déc 2020 - 8:16

Voilà, c’est fini, merci pour votre attention …  :

Un peu par hasard, je termine par ce portrait. Il me bouleverse. Plongez dans ce regard, vous y verrez toute la détresse résignée de l’humanité. Une tristesse tranquille face à notre nature et notre statut. C’est singulier et troublant que ce soit une enfant qui nous l’adresse.

J’ai été heureux de partager cette petite histoire avec vous. J’aime à espérer que certains attendaient avec un peu d’impatience ou de curiosité la photo du jour. Ils l’ont reçue parfois avec déception, d’autres avec joie. C’est ainsi le cours de la vie. Quelques éclairs de plaisir ou d’inattendu durant la triste époque du confinement.

Je souhaite à présent tenter de vous expliquer pourquoi nous avons cette passion et ce que nous y trouvons, partager avec vous comment notre intériorité en a été modifiée.

J’ai plaisir à évoquer ce qui est l’un des principaux rêves de ma vie, à vous emmener un peu avec nous. Une bien étrange pathologie m’amène au besoin d’un auditoire, c’est vous, et vous m’aidez à vivre en me lisant …

Nous n’avons jamais de plan préconçu, nous errons au fil des jours en nous fixant initialement un vague objectif qui n’est jamais atteint. Les péripéties s’enchaînent et nous saisissons les opportunités telles qu’elles surviennent. Le voyage enseigne la résignation, c’est utile. Pannes et séjours interminables chez d’improbables mécanos, routes coupées, attentes forcées aux frontières ou devant l’embarcadère d’un bac qui ne vient jamais, parfois plus de vingt-quatre heures, recherche interminable d’une information cruciale  … S’emplir d’un « C’est comme ça ! Rien n’est vraiment grave pour l’instant. Il y aura des solutions. ». M. me fait une  confiance si absolue que je me sens redevable de résoudre ou de gérer les situations avec flegme.

Pour nous, l’exotisme n’est plus exotique depuis bien longtemps. L’aventure reste un moteur, mais elle est devenue un ordinaire qui ne nous surprend plus si souvent. Nous la vivons comme un état intérieur devenu un peu banal hors faits significatifs, une seconde nature. Ne croyez pas que nous soyons plongés dans une action frénétique qui serait la quête d’un oubli de soi.
La conduite du 4x4, la gestion des contraintes, du danger sont des objets relevant du machinal par la force de l’habitude, sauf bien entendu dans les moments extrêmes durant lesquels je jouis heureusement encore de ce frisson d’adrénaline que j’aime tant. De son côté, par caractère, M. trouve tout « normal ». Elle s’est tant accoutumée à ces événements qu’elle finit par ne plus percevoir leur singularité. Et parfois, dans sa candeur un peu enfantine que j’aime tant, cette fraîcheur d’âme, elle se plaindra volontiers d’avoir tâché son pantalon, ou d’un cahot de la voiture alors que les conditions matérielles sont plus que rudes.

Nous parlons, beaucoup. Les heures interminables de huis-clos dans le véhicule y sont propices.

Hors les passages de franchissement extrême, je les aime également, par défi,  je conduis aussi machinalement que  je marcherais, ce n’est pas une charge pour moi. Le défilement de la piste et du paysage, le ronron parfois rageur du moteur, le confinement de l’habitacle sont hypnotiques.

Nous nous arrêtons, au milieu de nulle part, dans cette étrange solitude un peu hostile de la brousse. Ces odeurs si singulières et variées, l’agression du climat, les bruissements de la vie autour de nous, se sentir connecté au Monde. Quelques pas, parfois plus, afin de jouir de ces beautés, tantôt flamboyantes, tantôt austères ou nostalgiques. Avec toujours le regret de devoir abandonner bien trop tôt le lieu, il nous faut trouver un lieu sécurisé avant le soir.

Nous aimons aussi errer dans des villes inconnues la nuit, se perdre et rouler doucement, au hasard, croiser un regard, une scène troublante, être pénétrés de l’atmosphère. La lueur des phares, ces villes sont peu éclairées, dévoile des instantanés de vie dont il ne reste qu’un bref cliché qui s’ajoute à la collection. C’est une contemplation involontairement active dont on ne choisit pas l’objet, le monde nous remplit. Étrangement, ce peut devenir méditatif par la surabondance des images.
Passager et conducteurs sont plongés dans une bulle intime commune, un état de conscience modifié partagé qui donne accès à d’autres lieux de l’esprit. Nous nous sentons si proches d’une expérience durable vécue à deux. L’autre devient une extension de soi-même, nos dialogues finissent par se confondre avec le cours de nos pensées, comme en prise directe.

Et puis de la musique en fond. Madagascar fut placé sous l’égide de David Bowie, plus récemment le Maroc sous celle de Lou Reed et King Crimson. C’est parfois bien plus léger, du funk, de la rumba africaine ou du reggae.



Nous avons aussi ôté tant d’épines du dos de la sorcière à ces occasions. Ce fut houleux, bien rare que des tensions majeures ne surviennent pas, avec l’absolue obligation de les gérer, les circonstances l’exigent. Et nous en sortons enseignés.

Et, bien sûr, les gens.
À Madagascar, on marche beaucoup, parfois plusieurs jours durant. Le pick-up est régulièrement chargé de voyageurs improbables. Parfois l’un d’entre-eux parle quelques mots de français et raconte pourquoi, comment. S’étonne de notre présence, nous met en garde contre les dangers qu’il affronte de son côté avec résignation par la force de l’habitude. Nous le posons devant une pauvre cahute, nous restons peu. La famille l’attend, les enfants à moitié nus accourent pour observer de loin le Blanc, un peu effrayés, nous avons la réputation d’être proches des diables qui hantent leurs nuits.
Un coup d’œil suffit à faire le tour des biens. Nous avons peu à nous dire. Quelques regards suffisent lorsque le cadeau d’une bouteille d’eau vide est reçu avec gratitude. Et toujours, sur le départ un sourire illuminé, c’était une journée de chance, elles sont si rares.
Accessoirement, ils poussent ou, explorent les fondrières boueuses dans les passages difficile, et puis, ce type de véhicule est bien plus confortable lorsqu’il est chargé !

Dans les gros villages nous visitons le boutiquier, le vendeur d’essence à la sauvette, les étals du marché avec ses artisans lorsque nous sommes le bon jour de la semaine. Je les questionne sur l’état de leur misérable business. Volontiers ils m’expliquent leur « modèle économique », leur cible commerciale. Et toujours nous parlons des enfants, des espoirs, des rêves qu’on sait inaccessibles, même les plus modestes. Les bribes d’information s’accumulent.

Une gargote, nous y mangeons du riz ou un poisson frit, les consommateurs nous interpellent surpris. Le contact est facile, plein de spontanéité autant que superficiel. Nous avons faim et nous alimentons, nous sommes les mêmes. C’est aussi à travers ces fragments de vie épars qu’on apprend, dans ces non-dits, ces regards, ces postures. L’expérience aide à les décoder. Et soudain, l’un encouragé par notre comportement raconte une anecdote, nous interpelle. Il est souvent un peu ivre. Les autres calment ses ardeurs, le lien est tissé, nous passons un peu de temps ensemble et nous quittons étonnés de notre rencontre.

Incontournable, le soir arrive et la quête d’un « hôtel ». Nous le choisissons le moins sale possible, le plus luxueux, en contexte ... En général un bar crasseux dans lequel il est possible de manger occupe le rez de chaussée. Y séjournent d’autres voyageurs, contraints comme nous à l’indispensable halte nocturne pour des raisons de sécurité. Ils partagent volontiers quelques bières, questionnent et racontent.
C’est l’occasion pour moi de me lier avec les chauffeurs. Il existe une réelle solidarité dans des conditions aussi hostiles. Ils parlent de leurs clients, des Malgaches fortunés qui ont affaire à traiter dans la ville voisine se trouvant à deux ou trois jours de piste.
Ils expriment volontiers une forme d’admiration pour nos balades dès qu’ils comprennent que nous avons une parfaite conscience des difficultés et dangers. Nous les affrontons en restant aussi imperturbables qu’eux. Toujours ils demandent : « Ce n’est pas trop dur ? » et je réponds immanquablement « L’est-ce pour vous ? ». Ils nous prennent comme leurs quand bien même nous le faisons par choix et non par nécessité. Tous partagent très volontiers leur savoir, les pistes à éviter, les déviations favorables, les pièges à écarter. Tout change si vite, ma modeste connaissance du terrain de la journée les intéresse tout autant. Nous buvons beaucoup de bières ensemble, parlons mécanique, comparons les aptitudes de nos véhicules, etc. Les soirées passent vite. Tard dans la nuit, la musique criarde braillera dans notre chambre.

En tâche de fond dans tous ces lieux, l’attention, le décodage de signaux faibles. Qui est malveillant, jusqu’où peut-il l’être ? Et néanmoins la nécessaire confiance sous surveillance accordée a priori. C’est un automatisme acquis au cours de tant d’années, ne pesant plus, la force de l’expérience. Nous savons fort bien que ce sentiment de contrôle est aléatoire, nous l’acceptons dans ses conséquences potentielles et jamais nous plaindrons s’il nous arrive malheur. J’ai toujours eu tant de chance !

Et quelle place pour les photos dans tout « ça » ? Bien diverse.
La plus évidente ce sont des paysages que je montre assez peu, sauf s’ils ont une portée dépassant la carte postale. Je pense aux environs de Meknès ou aux désert d’altitude d’Asie Centrale par exemple. J’aime peu les lumières triomphantes, avec des couleurs saturées et des contrastes marqués. C’est trop flatteur pour être honnête. Je préfère les ciels emplis d’UV, les atmosphères un peu embrumées de chaleur voire pluvieuses. Je sais que ce goût est peu partagé, mais c’est le mien.

Je me suis aperçu que j’ai accumulé beaucoup de portraits que j’ai réalisés sans vraiment le faire exprès. J’en ai montré quelques-uns sur mon fil perso. Je vole parfois au téléobjectif, rarement. Le plus souvent après une de ces rencontres de l’instant que je narrais précédemment, d’un geste du regard je demande l’autorisation, elle m’est presque toujours accordée. Je ne sais pas pourquoi. Le sujet me fixe, j’attends un peu afin qu’il s’installe dans lui-même et je fais une à trois pauses pas plus. Je ne voudrais pas gâcher notre rencontre par un abus de pouvoir.

Et puis le reste, la première partie de l’expo, celle qui me tient le plus à coeur. Depuis toujours, j’ai retrouvé des diapos très anciennes, j’aime les détails s’approchant de l’abstraction. J’y vois des références à des plasticiens que je vénère, vous en aurez peut-être reconnu certains. J’aime voir l’exotisme microscopique, celui des textures, des matières, des lumières. Les accumulations m’inspirent une sorte de rêverie sur ce qu’est ma vie, celle d’un collectionneur d’émotions, de sensations. Ce sont des métaphores et j’espère que vous les avez lues comme telles.

Je sais exactement ce que j’aimerais faire et dire. Et je sais partiellement pourquoi je n’y suis que très imparfaitement arrivé. Je n’en ai pas de dépit, ce serait inopportun et déplacé, je n’ai pas passé une vie à faire de la photo sérieusement. J’espère simplement que certaines d’entre-elles vous auront touché et surtout, donné à penser. D’autres y voient simplement de belles images, c’est bien aussi, qu’ils se rassurent, ils n’encourent pas mon mépris !

Dès que les rudes semaines de bombance qui s’annoncent seront passées, si j’ai le goût, je vais tenter de finir le récit de voyage. Je l’illustrerai avec des photos plus circonstancielles afin que vous puissiez mieux rêver l’histoire. C’est un autre jeu, sans rapport avec ce que j’ai voulu vous dire à travers l’expo.

À nouveau, pris par le temps, excusez les maladresses de style ou d’orthographe.


Si certains souhaitent obtenir un tirage grand format d’une photo, me contacter par MP (et n’y voyez aucun volonté vénale ou mercantile …).

Maintenant, je vous écoute et je tenterai de répondre à vos questions si vous en avez. À votre demande, je peux même « raconter » certaines photos.

Je réponds par avance à celle que vous ne m’avez pas encore posée.
La photo que je préfère est Langage de l’ordonnancement, vers l’horizon . C’est celle qui me dit le mieux.

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Message par Invité Lun 21 Déc 2020 - 17:35

Spoiler:

La photo que je préfère est Langage de l’ordonnancement, vers l’horizon . C’est celle qui me dit le mieux.
Le sixième ?

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Message par p2m Lun 21 Déc 2020 - 17:43

Si certains souhaitent obtenir un tirage grand format d’une photo, me contacter par MP (et n’y voyez aucun volonté vénale ou mercantile …)
Un montage en porte-clé, c est faisable?

p2m

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Message par Confiteor Lun 21 Déc 2020 - 18:58

Non ! mais une sérigraphie sur un réservoir de moto peut s'envisager.
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Message par p2m Lun 21 Déc 2020 - 19:16

Pété de rire
Je trouvais trop téléphoné de placer celle-là en sus, mais merci de ton appel.

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