Le sentiment d'être ( tout le temps ) exclu(e)

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Message par toutestpossible Jeu 09 Juil 2020, 16:48

Coucou tout le monde,

Je me permets de créer ce sujet : d'autres s'en approchait de près ou de loin, mais pas sur le sentiment lui-même, très handicapant, surtout s'il est " renforcé ". Désolée d'avance pour le roman, j'ai du mal à faire court et concis...

Pour vous donner une idée : Je me sens TOUJOURS exclue. J'ai comme cette impression permanente soit d'être invisible aux yeux des autres, soit de déranger, soit qu'on va tout mettre en oeuvre pour m'exclure.

Je vois un psy en ce moment mais ayant attendu des années pour en voir un, et les séances étant espacées de deux semaines, des sujets sont traités et d'autres laissés en suspens, pour le moment. Sachez juste qu'avant de répondre, la démarche est prise depuis quelques temps, et je réussi déjà à relativiser, mais cela reste rare...

On fait un dossier sans moi, alors que j'étais prévu ? C'est le drame : colère, tristesse pendant 3 semaines...
On oublie de me dire bonjour ? Catastrophe : je suis transparente, on nie même mon existence.
On ne m'a toujours pas invité à cette fameuse prof trop cool blabla ? Tragédie : personne ne m'aime, personne ne veut me voir.
Ils boivent tous un coup au travail et personne ne me prévoit un verre ? Normal : personne ne veut me voir ou partager du temps avec moi.

Je sais aussi, et là où le plus gros du problème, qu'à force, je m'isole volontairement ou non d'ailleurs. Et que je ressens de l'exclusion là où il n'y en pas, parfois, mais j'ai des doutes, car ayant toujours eu une très bonne intuition sur les gens, je me plante rarement... Le truc, c'est que je vois déjà un mécanisme se mettre en route : oh bah non, je vais pas les appeler pour demander plus d'infos, de toute façon je vais encore déranger => pas de prises d'informations, travail mal fait, alors qu'un simple appel aurait pu régler la chose... du coup, dévalorisation, isolement de plus en plus fort parce que j'ai honte et le chat/serpent, prenez ce que vous préférez se mord la queue...

Voilà le contexte prof.

Mais socialement, c'est un peu pareil : il/elle ne m'a pas répondu, je suis vraiment une pauvre fille transparente, mes messages sont tellement plats que personne ne veut y répondre.
Ou même avec la famille : Ma mère ne me regarde même pas dans les yeux quand je lui parle, rien à faire de ce que je raconte, je dois avoir une voix monotone et chiante alors personne ne m'écoute...

De mon " auto-analyse " personnelle et quelques séances des psy, les causes sont sans doute, dans l'ordre " d'importance " :
- Mauvais estime de soi : quasi inexistante. Quand je maitrise le sujet, pas de problème, si j'ai le moindre doute où que je le vois dans le regard de l'autre, je remets TOUT en cause, mon savoir, mon intellect, ma personne, mon caractère, mon tempérament... et perd tout mes moyens. Je perds très souvent mes moyens devant mon patron, il a toujours le don de trouver la petite bête ( mais c'est son caractère, un grand perfectionniste je pense ) et je n'arrive plus à parler, réfléchir, bref...je deviens bête, justifiant mon exclusion...

- La honte : comme me l'a très bien expliqué mon psy, c'est un des sentiments les plus handicapant pour le cerveau : déconnexion des lobes frontaux avec le reste du cerveau / difficulté de réfléchir ou même de ressentir la notion du temps. Ayant honte de moi, souvent ( pourquoi je n'ai pas su répondre ? je suis bête. pourquoi j'ai réagi de manière disproportionné ? je suis folle. ), cela expliquerait que j'ai d'autant plus de mal au travail...

- Hypersensibilité : chaque regard, mot, ou absence de ces derniers prennent des justifications énormes et une réaction disproportionnée de ma part...

- L'intuition : dans le bon et mauvais côté. Mes 1ères impressions sur les gens sont souvent les bonnes, et je sais être entourée de gens qui ne me veulent pas de mal. Plutôt positif donc. Dans le mauvais côté, j'ai souvent l'impression de me faire duper par cette intuition qui par un schéma de défense/survie, me pousse à m'isoler pour ne pas souffrir. Et donc, de voir de l'exclusion partout.

- Dépendance affective ? Coeur d'artichaut ? Ce sont des gens que j'ai vraiment apprécié et que j'ai vraiment voulu apprécier. C'est la première fois au travail que j'apprécie autant de gens, mais aussi la première fois que j'ai l'impression d'être aussi " mal-aimée"... Leurs réactions de " rejet " sont d'autant plus difficile à supporter...

Voilà, je ne vous demande pas d'être psychologue, mais avez vous ressenti intensément ce sentiment de rejet ? d'exclusion ? Je sais aussi que mon passé d'enfant précoce m'a valu pas mal de rejet à l'école...profs et camarades. J'ai peine à croire que cela n'a aucun lien avec mon sentiment actuel...

Vous êtes vous déjà isolé volontairement pour ne plus ressentir l'exclusion ? Je vois aussi un aspect positif, celui de plus à penser à moi, mais j'aime les gens bordel ! En tant qu'animal social, c'est trop douloureux pour moi cette solitude que je m'impose. Pas trouvé d'équilibre encore.

Au plaisir de vous lire.

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Message par higeekomori Jeu 09 Juil 2020, 18:24

Bonjour Toutestpossible. Very Happy

Paf, je jette une amarre à bord. Ainsi, ton topic n'est pas perdu dans un avenir proche.

Je quote juste quelque chose rapidement:
Vous êtes vous déjà isolé volontairement pour ne plus ressentir l'exclusion ?
Oui, effectivement. J'ai même organisé ma "mort sociale" IRL précisément en ce sens et à présent, ça va beaucoup mieux. Il y a des avantages à être transparent, mais il faut savoir les trouver. Comme il y a aussi des avantages à sortir de son invisibilité parfois. Là ce sont d'autres avantages qui interviennent.

On se retrouve plus tard. Tchao


Hig.


.
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Message par Âm'Ours Jeu 09 Juil 2020, 19:56

Hmm.
Ce que tu décris fait assez écho en moi.

J'ai ce sentiment de n'être jamais à ma place, et si jamais je commence à me sentir bien à un endroit(déjà c'est très très rare), je doute et refuse, et alors je me sens encore plus exclu... même aller voir ma famille, j'ai l'impression de les gêner.
Les gens me voient, mais c'est juste "voir", pas plus.

Bien que j'ai le même âge que toi, tu me sembles bien mieux gérer ta vie que moi.
Je vois aussi un psy à intervalle de deux semaines, dans mon cas on se concentre sur mon anxiété sociale...

Par contre ton analyse sur toi m'a l'air très pertinente, à part peut-être confusion hypersensibilité/hyperémotivité? Ou plutôt les deux à la fois?

J'ai été mort socialement, mais contrairement à higeekomori ce n'était pas volontaire, et personnellement je n'y ai trouvé aucuns avantages. A part ne plus penser à rien, c'est d'un soulagement, pouvoir relâcher toute la pression. Mais ça ne doit pas durer, ce qui a été mon cas. Alors peut-être seulement s'offrir un court répit?  

C'est terrible finalement parce que je ne peux rien te conseiller, je suis dans la même situation je comprends mes problèmes (ou l'impression de comprendre?) et même en tentant de travailler dessus je patauge.

Cela m'attriste de te voir ainsi. Ce mal-être qui te pourrit la vie. Je suis sûr que pourtant t'es une personne formidable. L'intuition? En tout cas le fait que tu endures tout cela est une preuve remarquable, je sais que c'est éreintant.
Je crois que ça m'attriste sur moi aussi. Je ne porte aucun jugement sur toi et j'aimerais t'aider. Si seulement j'arrivais à ressentir cela pour moi.
Peut-être en te parlant j'aspire juste à moi-même trouver quelconque réconfort...

Bref, je m'égare.
Je te souhaite de trouver les réponses et j'envoie un peu d'amour vers toi I love you
Bon courage!

PS : J'adore ton pseudo!
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Message par toutestpossible Jeu 09 Juil 2020, 21:36

Ce sentiment de n'être jamais à sa place , tout à fait, c'est ça. Parcours scolaire et prof. hétéroclite peuvent en témoigner. J'ai également l'impression de déranger la mienne, même en sachant qu'ils ne me jugent pas, une grande partie du moins.
J'essaye de voir cet aspect sous un nouveau jour, comme une phase transitoire de remise en question totale de mon " moi ".

Comment vois-tu la différence entre hypersensibilité et hyperémotivité ? J'ai du mal à faire la nuance. Je rajoute impulsivité dans le diagnostic, qui rejoins le caractère disproportionné.

La solitude, c'est d'autant plus dur qu'elle t'impose introspection/rumination...pour mon cas. Je compense en me " chouchoutant " et cela prend du temps, tout en évitant de tomber dans un sentiment de culpabilité exacerbé. ( mes séances psy ont été plutôt efficaces sur le sentiment de culpabilité ).
Pourtant, comme cette impression que je " mérite " cette solitude. Caractère irritable, lunatique, susceptible... Je me suis toujours dit que si je me croisais dans la rue, je pourrais pas me piffer.

L'intuition oui, de rentrer dans une pièce et de sentir un " malaise ". D'arriver en plein milieu d'un conversation et sentir le sujet changé brusquement, le regard fuyant des gens quand tu leurs parles, un ton plus sec et froid que d'habitude...J'ai l'impression que cela bascule dans de la sur-interprétation par moment, et toujours en ma défaveur. Comme si on disait du mal de moi constamment, ce qui est logiquement, peu probable...

Mais merci pour ces quelques mots. Oui, c'est éreintant, fatiguant, l'impression de devoir toujours en faire plus pour réussir à me faire comprendre, car oui, de je perds souvent mes moyens... et le côté à fleur de peau, pleurer, rire, beaucoup d'énergie à dépenser dans une journée.
Ce forum est déjà une source de réconfort dans la mesure où des gens se reconnaissent dans ce que j'écris et que je me reconnais dans beaucoup de témoignage.

J'ai un petit " truc " perso, quand je sombre dans le côté obscur/émotif de la force : un cahier et un stylo. C'est rien, mais décrire son émotion sur le moment, la définir sur papier, pourquoi et comment, et quel besoin a été provoqué en moi ( d'être reconnu, intégré, accepté, justement jugé, d'être juste détendu, sereine etc...), me " force " à canaliser mon émotion, de me concentrer sur autre chose, tout en l'analysant " froidement ".

Je me fais peur en me lisant Laughing J'ai le sentiment parfois de devoir " tout " analyser...

Je te souhaite également de trouver les réponses aux questions concernant cette isolement. Les traumatismes qu'on vit et qu'on néglige parfois peuvent également contribuer à ce sentiment d'exclusion, ou pas j'imagine, mais c'est une autre " clé " de compréhension.

Bon courage et bienvenue I love you
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Message par Invité Jeu 09 Juil 2020, 21:38

Coucou,

Le sentiment d'exclusion ne procède-t-il pas d'une bonne part d'interprétation ? Laquelle serait automatiquement biaisée par les soucis d'estime de soi susmentionnés... (mais si ça ne fait que peu de temps que tu travailles dessus avec le psy, c'est peut-être normal qu'ils ne soient pas encore résorbés, ça peut être plus ou moins long à réparer en fonction du vécu)

(Tiens t'es de Belenos, toi ?)

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Message par toutestpossible Jeu 09 Juil 2020, 21:49

Finch a écrit:Coucou,

Le sentiment d'exclusion ne procède-t-il pas d'une bonne part d'interprétation ? Laquelle serait automatiquement biaisée par les soucis d'estime de soi susmentionnés... (mais si ça ne fait que peu de temps que tu travailles dessus avec le psy, c'est peut-être normal qu'ils ne soient pas encore résorbés, ça peut être plus ou moins long à réparer en fonction du vécu)

(Tiens t'es de Belenos, toi ?)

Si, c'est évident... Je sur-interprète, analyse tout en détail et comme tu dis, cette interprétation est imaginé par un esprit peu sûr de soi, surtout une basse estime. Rien de très équilibré dans l'équation. Je ne pense pourtant pas souffrir de paranoïa, ni de sentiment de persécution : je me rends volontiers compte que je sur-interprète, ce qui m'amène plus au moins souvent à ressentir de la honte.

J'ai l'impression que tout ne se ramène qu'à ça parfois, sa confiance en soi ( c'est la base ). Et quelque part, je crois que j'ai peur aussi de prendre confiance, et devenir imbue de moi-même...! Bref, le regard des autres, ça pèse, aussi.

Belenos Question
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Message par \Alex/ Ven 10 Juil 2020, 00:33

Voici un résumer de ce que dit la théorie des "blessures de l’âme" de Lise Bourbeau au sujet de la blessure de rejet:
-La blessure de rejet s'éveille entre la conception et l'age de 1 an dans la relation avec le parent de même sexe
-Cause: L'enfant que j'étais ne s'est pas senti accueilli, accepté, désiré, choyé et aimé
-Conséquence: Perfectionniste, idéaliste mais doutant de ma valeur, je crois ne pas avoir le droit d'exister, je fuis la réalité et je m'isole du monde
-Émotion associée: la peur
-Sentiments intérieurs: Sans valeur, pas incarné
-Masque: Fuyant
-Peur: de paniquer
-Besoin: d'appartenance
-Permission: Droit d'exister
-Réaction à la critique: Feint l'indifférence ("je m'en fout"), fuit
-Ce qu'on peut y faire: Prendre ma place
-Au risque de: l'angoisse

Cette théorie n'apporte pas vraiment de solution (le titre d'un bouquin sur le sujet est plutôt mensongé) sinon une meilleur compréhension des modes de fonctionnement de l'égo, une autre clef.
Bonne recherche

\Alex/

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Message par Invité Ven 10 Juil 2020, 09:08

Souvent cette tendance à surinterpréter me semble plus marquée lorsque l'on attend quelque chose d'une personne, que c'est une personne qui compte pour nous — le cas échéant, ça "glissera" un peu plus. C'est pour ça qu'on relie classiquement cette blessure-là à la petite enfance, au parent dont on attendait tant quelque chose mais qui s'en foutait peu ou prou.

Belenos = Beaune, en latin.

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Message par Invité Ven 10 Juil 2020, 14:07

Ce fut mon problème. Cela reste. J’ai donc pris une décision. Je suis celle qui est nulle part et partout. Sans avoir besoin d’essence divine, je ne me mets pas à l’écart restant dans une attente vive (une sorte de vis formandi), et observe tout. Je suis comme un visiteur dans un musée (parfois des horreurs lors des cérémonies ou pots communs). Je ne suis pas affectée par ce retrait car je l’ai fait mien non par résignation, mais parce que telle est ma nature (asperger).
Bien que mon isolement ne soit pas un abime, tout ce que je reçois d’autrui ne sombre pas dans mes limbes. Aussi parfois, un miracle se produit et je le savoure.
Je sais aussi que j’offre un premier abord froid. Ma personne paraît austère, un halo réfrigérant m’environnant persuadant toute tentative d’approche. Je ne peux commander cela. C’est ainsi. Ce doit être un truc inconsciemment mis en place pour me protéger ou trier les gens allez savoir.
On pense que ce souci concerne un nombre restreint de personnes. Je n’en suis pas si sûre. Premièrement on ne compte plus les formations sur les postures qui agrémentent les programmes qu’ils soient personnels (développement) ou professionnels (managers, vendeurs, etc les 5 premières minutes et j’en passe), ensuite quand on observe les manèges qui s’organisent lors des rencontres de tout types, on s’aperçoit combien les comportements sont codés, obséquieux, avenants au mental comme en posture. Je ne peux faire cela, je minaude pas, étant de surcroît dépossédée de ces charmants petits gestes narcissiques (se toucher les cheveux, les rabatte en arrière, ces inclinations de tête ...). Je suis irrémédiablement calme, présente dans l’instant avec une totale abnégation.

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Message par toutestpossible Ven 10 Juil 2020, 14:26

Je comprends...et confirme. Plus j'apprécie la personne, plus ce sentiment est fort, et fréquemment présent.
Mais rien du côté de la petite enfance ( je le relie au commentaire d'Alex ), ou j'occulte, allez savoir.

Ah mais oui, dont la bière, la Benelium Exclamation Tout s'explique...


Dernière édition par toutestpossible le Ven 10 Juil 2020, 17:21, édité 1 fois
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Message par luna stella Ven 10 Juil 2020, 16:37

Bonjour,

Dans un temps au travail que j’ai eu, j’ai proposé de faire une pause ensemble ou séparément. Dans tous les cas ils m’ont tous dit « non désolé ».
Dans la famille, j’ai toujours l’impression que je sois là ou pas, les autres ne voient rien, je suis inexistante.
Et c'est pour tous.
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Message par Chuna Ven 10 Juil 2020, 17:21

Bonjour, toutestpossible,

Je ne sais pas trop si ce que je vais raconter va être d'un grand intérêt, mais je tente quand même.

J'ai toujours aussi été exclue, durant mon enfance et adolescence, mais également lors des études plus tard et dans ma vie d'adulte (et pro).
Une partie venant de moi concrètement : j'aime pas le bruit, quand ya trop de monde, j'aime pas ce que les gens ordinaires aiment, je sais pas y faire, et donc je me mets moi même facilement à part. Je pense que j'ai été exclue comme tu le perçois plus souvent que je ne m'en suis rendue compte, car au fond, je m'en foutais un peu.
Parce que j'avais qd même qq amis par-ci par-là, qui comblaient mes besoins sociaux. Pas forcément sur place.
j'ai toujours trouvé comment m'occuper toute seule, histoire de ne pas m'ennuyer.
Au boulot, je me suis intégrée malgré moi dans l'équipe, mais je crois que j'ai beaucoup de bol avec mes collègues (ça n'a pas été aussi simple dans l'équipe précédente, ça a même été une sacrée cata, mais c'était un panier de crabe, et je me suis barrée tout simplement après un petit burn out)

Ce que tu décris : manque de confiance, honte, hypersensibilité, intuition, dépendance affective, ben c'était tout moi.

J'ai travaillé en thérapie pendant un moment, et franchement, depuis, ça s'est sacrément amélioré. C'est encore loin d'être parfait, mais ça me permet de fonctionner désormais.

Donc voilà, c'est je crois un message d'espoir que je voulais te donner en tout premier lieu.
ça se bosse, et ça marche pas si mal. ça peut être long, de ce que je constate avec mon cas, mais je suppose que pour d'autres c'est plus rapide.
Tu as eu une bonne démarche en allant voir ton psy.

Pour l'autre partie de mon message : attention aux interprétations.
J'ai eu très longtemps une très grande confiance en mon intuition. Comme toi je peux dire que ma première impression est la bonne. Souvent, je me disais "mais non, arrête, tu es injuste avec cette personne, laisse lui une chance!" puis forcément, arrivait ce qui devait arriver, elle me faisait une belle crasse, et je me flagellais de ne pas m'être écoutée.

Cependant, je me suis rendue compte aussi que j'avais tendance à surinterpréter les signes, notamment avec des personnes avec lesquelles je me sentais en insécurité.
Tu sais, quand tu t'es piquée une paire de fois, ensuite, tu anticipes, et tu as l'impression d'avoir mal avant même d'y avoir mis la main.

Oui des fois les gens peuvent changer de discours quand tu arrives, mais ptèt qu'ils parlaient de choses personnelles, qui ne regardent qu'eux, et que ça aurait été un autre collègue ben ça aurait été pareil.

Le fait de réagir au quart de tour, ça se lit ptèt sur ton visage, l'espèce d'anxiété que ça pourrait déclencher, et ça raidit les gens en face.
On m'a parlé récemment pour ma part de prophétie autoréalisatrice, parce que j'interprète vite, trop vite, et mal (parce que là, ça touche le coeur, ça me le fait beaucoup moins désormais avec les gens lambda).
Et je dois admettre que ben ouais. Spa faux. (heureusement, j'ai une personne intelligente en face I love you )

Bref, je pense que la psychothérapie va t'aider à te rabibocher avec toi même, améliorer ta confiance en toi, ce qui te permettra de relativiser le comportement des autres. Quand bien même ya des gens qui t'apprécient pas, ben c'est pas ta faute par principe, ça peut venir d'eux.
Une fois un doute suffisant installé dans ton esprit (je parle pas du doute théorique, que tu es intellectuellement capable d'envisager, mais du doute ressenti au fond de tes tripes) concernant la validité des pensées automatiques autodévalorisantes, tu vas pouvoir déconstruire tout doucement ces comportements/pensées qui te nuisent au quotidien.

ça va aller, tu vas voir Smile
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Message par Invité Ven 10 Juil 2020, 17:27

Cette notion de surinterpretation à sa réalité. Sur le qui vive, le trop à portée de sens cette tendance trouve en nous un nid douillet où se loger à vie. C’est très vrai. Aussi la solution est-elle simple puisqu’il s’agit de laisser les événements se dérouler sans que y soyons pour quelque chose. De plus ne trouvant pas cette place il se peut que notre corps a nos dépends la quémande et que cela soit top visible au point de pousser les destinataires au refus. C’est donc une décontraction générale qui est demandée pour se fondre en quelque sorte, ne plus devenir cet objet ubuesque un peu à cinq pieds qui réclame une place qui n’existe en somme peut être pas.

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Message par toutestpossible Sam 11 Juil 2020, 11:09

Chuna : Merci pour ton message et l'espoir qu'il apporte Smile. Ces quelques semaines de travail m'ont fait prendre conscience qu'à force de se focaliser sur les autres, on ne pensait plus à soi, à ses besoins. C'est déjà un pas d'apprendre à savoir dire non, et de penser à soi, vraiment, et de ne le plus penser à travers le regard des autres, l'idée fantasmée que je devrais être pour eux et pour moi.

Tu sais, quand tu t'es piquée une paire de fois, ensuite, tu anticipes, et tu as l'impression d'avoir mal avant même d'y avoir mis la main.
Il y a clairement de ça.

L'auto-dévalorisation, c'est mon quotidien oui. L'intensité dépend de l'humeur, de la confiance en soi, fatigue, personnes présentes mais c'est un truc qu'on me dit souvent, de +. C'est visible et je ne m'en rends même parfois pas compte quand je parle. L'impression d'avoir mis le pied dans un engrenage complexe et automatique comme tu dis, de dévalorisation, entamé il y a longtemps, et qu'il faudra déconstruire rouage par rouage... Tout un programme !

Izo : C'est certain qu'il y a de ça aussi. ( sur-interprétation, langage non verbal inconscient ou non, " confort " de l'intuition, même si négative...)
Cela doit se " sentir " que je suis dans une attente peut-être excessive d'affection ou de reconnaissance, même sans l'exprimer verbalement. De fait, je n'en veux pas à la personne en face de refuser à combler cette attente : en gros, je ne vais pas forcer les gens à m'aimer.

Et cette façon de penser que l'on dit du mal de moi souvent, c'est peut-être pour éviter de se dire qu'on ne dit rien de moi du tout ? Une sorte de volonté égocentrique d'exister même dans le négatif, pourvu qu'on ne m'oublie pas.
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Message par boule-d-ombre Sam 11 Juil 2020, 11:47

bonjour, je viens de découvrir ton sujet et de revivre mon passé. bien que je le vis encore il y a de l'amélioration: déjà je me suis rendu compte d'une chose j'étais tellement en manque d'affection voir des autres que j'étais prêt à tout pour qu'on me remarque et évidemment les autres en profitaient. la question qui tournait en boucle en moi c'est comment attirer l'attention des autres ?. depuis quelques temps la situation a changé et je ne coure plus derrière les autres(certains ont peu apprécié le changement d'ailleurs). je remarque d'ailleurs un autre changement avant j'étais invariablement le subordonné, maintenant je suis plus sur un pied d'égalité. tout ça en ayant regagné la confiance en moi et en apprenant à m'aimer moi même. j'espère que tu trouveras comment arranger ta situation
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Message par Invité Sam 11 Juil 2020, 12:59

toutestpossible a écrit: Et cette façon de penser que l'on dit du mal de moi souvent, c'est peut-être pour éviter de se dire qu'on ne dit rien de moi du tout ? Une sorte de volonté égocentrique d'exister même dans le négatif, pourvu qu'on ne m'oublie pas.

N’est-ce pas aussi cette sur interprétation une façon de coller aux gens tes pensées propres,
Donc pas se mettre à leur place mais occuper leur place. Et peut être aussi passer par eux les jugements que tu passerais si la situation te permettrait de le faire. Aussi juges-tu ainsi les gens, c’est-à - dire a fortiori négativement avant le positif ?

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Message par toutestpossible Sam 11 Juil 2020, 13:18

izo a écrit:

N’est-ce pas aussi cette sur interprétation une façon de coller aux gens tes pensées propres,
Donc pas se mettre à leur place mais occuper leur place. Et peut être aussi passer par eux les jugements que tu passerais si la situation te permettrait de le faire. Aussi juges-tu ainsi les gens, c’est-à - dire a fortiori négativement avant le positif ?

Si, c'est en substance mais sans doute maladroitement exprimé dans mes commentaires : inconsciemment ou pas, c'est quelque chose que je finis par provoquer. Estimant de moi même qu'il est difficile de m'aimer, ou de m'apprécier, forcément, les autres également. Donc, un mécanisme d'auto-persuasion s'enclenche.

Je n'ai pas l'impression d'occuper leurs places : je suis aussi lucide que je dois apparaitre comme une vraie casse-c*****, et sommes nous vraiment attirés par des gens impulsifs, irritables, lunatiques...? C'est leurs droits également de préférer des tempéraments plus softs...

Mais par moments, ce sont mes peurs que je transpose sur eux et là, oui, je les " dépossèdent " de leur " êtres ", et ce sont mes angoisses qui parlent. Ce n'est toutefois, pas permanent j'ai l'impression, heureusement...

Je n'ai tout simplement pas la sensation de juger les gens. De ma petite expérience de la vie, chaque personne est un puzzle, qu'on ne peut réellement comprendre et juger qu'avec la vision finale : on peut saisir les contours, mais pas le fond en lui même. Et si l'on croit le nombre de personnes qui m'ont dit " On est pas dans le monde des bisounours ! ", je dirais que c'est l'inverse, je suis plutôt naïve, d'où mes sentiments de déceptions récurrentes j'imagine : j'ai souvent l'impression qu'il est impossible qu'on me veule du mal car moi, je ne souhaite de mal à personne même les rares personnes que je déteste. Oui, c'est très égocentré...
Après, comme toute personne, je peux avoir des aprioris. Je ne m'estime pas à l'abri du cliché, stéréotype ou de la généralisation.
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Message par EnolaMay Dim 12 Juil 2020, 16:17

Hello !

Pour ma part, il y a certains traits dans lesquels je me retrouve, mais pas totalement. Bref, pas réellement de sentiment d'être exclue (ou du moins, beaucoup moins qu'à une époque), mais plus l'impression d'être inintéressante ou inexistante pour les autres et de ne pas savoir comment "attirer l'attention", même si ça va mieux qu'avant.

Quand tu te dis impulsive, irritable, lunatique, ça veut dire que tu le fais savoir vivement quand on t’exclut d'un dossier ou d'un pot ?

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Message par toutestpossible Dim 12 Juil 2020, 16:48

EnolaMay a écrit:

Quand tu te dis impulsive, irritable, lunatique, ça veut dire que tu le fais savoir vivement quand on t’exclut d'un dossier ou d'un pot ?

En fait, non : tout est intérieur. Mais j'imagine comme dit plus haut, que cela se voit, et se ressent, à ma gestuelle énervée, le visage fermée... Souvent, je fais style de rien sur le moment, mais je rumine dessus toute la journée. Et ça explose en " décalée ". D'où ma volonté consciente de m'exclure aussi, je sais que d'un oeil extérieur, on n'y comprend rien.

Mais sur le moment, j'ai peur de mal réagir alors j'encaisse le coup de massue, pour réaliser que j'ai une énorme bosse 2 jours plus tard... Et puis l'ego : je me dit souvent " non mais c'est rien tu te fais des idées " ou " t'es quand même au-dessus de ça, c'est pas bien grave " , mais non, je n'arrive pas à dépasser ce foutu sentiment de mise à l'écart/ignorance/indifférence. J'analyse chaque parole, regard, expressions faciales et me persuade, à raison ou non, que ce petit détail n'en est pas un, mais bien la partie visible de ma " non-intégration " à mon lieu prof.

Je note des progrès quand même, infimes, mais réels : j'ai compris que les autres n'étaient pas forcément plus intéressant que moi Laughing Et juste aussi, qu'on est dans une société où être une grande gueule et dire des âneries avec assurance peut-être très bien vu, tandis que quelqu'un peu sûr de lui mais qui maitrise son sujet, aura moins de chance d'être écouté... Cette compétition d'occupation de " l'espace collectif ", très peu pour moi d'où toujours ce dilemme : savoir être reconnu à sa juste valeur sans écraser les autres / mêler intégration et besoin de discrétion.
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Message par EnolaMay Dim 12 Juil 2020, 17:22

Peut-être que tes collègues ne comprennent pas d'où vient ta gestuelle énervée et le visage fermé. Ce qui nous paraît évident n'est pas forcément perçu par d'autres. Tu arrives à avoir des explications pour savoir pourquoi tu as été "exclue" ? Parfois, en interprétant trop vite, on ne pense pas à tous les paramètres.

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Message par toutestpossible Mar 21 Juil 2020, 18:03

EnolaMay a écrit:Peut-être que tes collègues ne comprennent pas d'où vient ta gestuelle énervée et le visage fermé. Ce qui nous paraît évident n'est pas forcément perçu par d'autres. Tu arrives à avoir des explications pour savoir pourquoi tu as été "exclue" ? Parfois, en interprétant trop vite, on ne pense pas à tous les paramètres.

Non, c'est évident : ça va trop vite. Je vois de loin mes collègues en train de boire un coup, et en une seconde, j'ai eu le temps de ressentir la surprise, le sentiment d'exclusion ( avec tout ses questionnements...), la tristesse et enfin, la colère. Et dans cette seconde, j'ai aussi le temps de me dire " Passe le plus vite possible qu'on ne te remarque pas, qu'on ne remarque pas que tu es troublée ". Donc je passe le plus vite possible, l'air agacée ou triste : je suis très lucide, je ne proposerai moi même pas un coup à quelqu'un qui a ce comportement, on se dirait naturellement qu'il faut le " laisser tranquille ".

Donc, objectivement, ils ne comprennent pas d'où vient ce comportement. Et j'aurais du mal à voir, comment ils pourraient. Mais à vrai dire pour moi, ça ne change rien sur le moment. Ce n'est qu'après que je vais me rendre compte que j'ai sur-réagi, et qu'en sur-réaction, je me protège : je m'isole. ( Oui, le chat qui se mord la queue ).

J'en suis de toute façon venue au fait que c'était inextricable : après plusieurs séances avec un psy, j'ai compris que mon cerveau s'était mis en mode " survie " depuis bien longtemps. J'en deviens hyper-vigilante : je scrute chaque mots, regards, actions qui pourraient laisser supposer qu'on ne m'aime pas, qu'on se moque de moi, qu'on m'exclue ou qu'on m'ignore. Comme on dit, à force de chercher, on trouve. En mettant par dessus un cerveau de zèbre, ( où est-ce la cause ? ) qui sur-interprète et sur-analyse et une mauvaise estime de soi, je pense qu'on a le " noeud ". Tout est lié et vu que je ne peux pas changer de cerveau What a Face , travailler sur l'estime que j'ai de moi me semble être la voie à suivre.

Après, je refuse de croire que seul le problème vient de moi. Mais là on partirait sur des débats sans fin sur le " monde du travail ", cet univers sans pitié, où le fayotage, écraser les autres, avoir une grande gueule sont des choses perçus positivement, tandis que quelqu'un de discret, timide et ayant peu confiance en soi mais maitrisant certains sujets, ce sera l'inverse. Je ne sais pas trop où me placer : j'aime ma discrétion, mais ça porte préjudice à certains moments...Et j'ai par contre horreur de l'air " timorée " que je dois donner de moi...



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Message par EnolaMay Mer 22 Juil 2020, 19:08

toutestpossible a écrit:J'en deviens hyper-vigilante : je scrute chaque mots, regards, actions qui pourraient laisser supposer qu'on ne m'aime pas, qu'on se moque de moi, qu'on m'exclue ou qu'on m'ignore.
Mince, pareil pour moi. A me demander même si les gens qui ricanent dans la rue (et que je ne connais pas) se moqueraient pas de moi, alors qu'ils n'en ont probablement rien à faire.

Bon, ça rejoint ce que tu écrivais plus haut :
toutestpossible a écrit:Et cette façon de penser que l'on dit du mal de moi souvent, c'est peut-être pour éviter de se dire qu'on ne dit rien de moi du tout ? Une sorte de volonté égocentrique d'exister même dans le négatif, pourvu qu'on ne m'oublie pas.

Mauvaise estime de soi, je pense que c'est sûr. Le fait de ne pas se sentir exister ailleurs que dans le regard des autres ?

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Message par Eminimoy Ven 24 Juil 2020, 16:09

Je me reconnais beaucoup dans ton témoignage. Je me sens aussi souvent exclue, et je m’exclue moi-même de beaucoup de choses parce que je ne me sens pas légitime à en faire partie. J'ai (et en fait quand j'y pense j'ai toujours eu) l'impression que tout ce que les autres faisaient de social n'était tellement pas naturel pour moi, alors que ça l'était pour eux. Je n'ai jamais testé tout ce que les autres essayaient quand on était ados, et je suis toujours passée pour quelqu'un de coincé, alors qu'en fait je ne le suis pas du tout.
J'ai l'impression en fait de ne pas maîtriser les codes sociaux, et de toujours faire des interventions déplacées, des blagues que personne ne va comprendre, et au final me retrouver un peu exclue parce que finalement je fais un peu peur aux gens, ou je ne les intéresse pas.
J'ai toujours beaucoup souffert de ce décalage permanent, et encore aujourd'hui à 32 ans les relations sociales sont difficiles pour moi, et source de beaucoup de stress et de frustration.
Tu parles également d'hypersensibilité, je suis en plein dedans aussi. Tout prend des proportions indéfinissables, et me pourrit la vie ensuite pendant des semaines, voire bien plus. Je ressens tout trop fort, et je sur-réagis, que ce soit dans le positif ou le négatif.
Mais en essayant d'apprendre à mieux connaître mon fonctionnement, j'espère pouvoir comprendre les points de blocage, et trouver des solutions non pas pour changer ce que je suis (parce que finalement ça fait et ça fera toujours partie de moi), mais pour apprendre à vivre avec et à y trouver satisfaction.
Je ne t'apporte pas vraiment de solution, mais déjà savoir qu'on n'est pas seul aide beaucoup !

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Message par Delightfull Grey Jeu 03 Sep 2020, 20:43

La relation aux autres êtres sentients est infiniment complexe. Cette variété ne peut que supposer une sélection, qui doit être bien rude pour celui ou celle qui se méfie. Car en effet, on tendrait bien volontiers la main à un chien, sans se poser réellement la question de la manière dont il nous considère. Le lien est authentique, les risques voyants. La dissimulation revêt ainsi plusieurs formes, et la fuite en est une formidable, très utile, très douloureuse aussi en ce que chacun d'entre nous possède des besoins largement définit comme incompatibles. Peut-être refuses-tu tout simplement de construire la moindre relation de confiance, avec un être qui ne se serait pas déjà livré préalablement, à cause d'une blessure, ravivée à chaque doute, qui plane comme un vautour au dessus du moindre espoir ?

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Message par toutestpossible Ven 04 Sep 2020, 14:46

Eminimoy a écrit:Je me reconnais beaucoup dans ton témoignage. Je me sens aussi souvent exclue, et je m’exclue moi-même de beaucoup de choses parce que je ne me sens pas légitime à en faire partie. J'ai (et en fait quand j'y pense j'ai toujours eu) l'impression que tout ce que les autres faisaient de social n'était tellement pas naturel pour moi, alors que ça l'était pour eux. Je n'ai jamais testé tout ce que les autres essayaient quand on était ados, et je suis toujours passée pour quelqu'un de coincé, alors qu'en fait je ne le suis pas du tout.
J'ai l'impression en fait de ne pas maîtriser les codes sociaux, et de toujours faire des interventions déplacées, des blagues que personne ne va comprendre, et au final me retrouver un peu exclue parce que finalement je fais un peu peur aux gens, ou je ne les intéresse pas.
J'ai toujours beaucoup souffert de ce décalage permanent, et encore aujourd'hui à 32 ans les relations sociales sont difficiles pour moi, et source de beaucoup de stress et de frustration.
Tu parles également d'hypersensibilité, je suis en plein dedans aussi. Tout prend des proportions indéfinissables, et me pourrit la vie ensuite pendant des semaines, voire bien plus. Je ressens tout trop fort, et je sur-réagis, que ce soit dans le positif ou le négatif.
Mais en essayant d'apprendre à mieux connaître mon fonctionnement, j'espère pouvoir comprendre les points de blocage, et trouver des solutions non pas pour changer ce que je suis (parce que finalement ça fait et ça fera toujours partie de moi), mais pour apprendre à vivre avec et à y trouver satisfaction.
Je ne t'apporte pas vraiment de solution, mais déjà savoir qu'on n'est pas seul aide beaucoup !

Effectivement, j'aurais pu écrire ce que tu écris. Dernièrement, j'accepte de mieux en mieux mon darkside : comme tu dis, rien ne sert de devenir quelque chose, il faut d'abord accepter ce que l'on est. Ce chemin vers un " meilleur " soi vient après, mais ce n'est que mon avis.
Comme toi, je me suis aperçue ( très tôt, dès le début de primaire ) que je n'étais pas cette personne fédératrice à qui on a envie de parler, un être jovial avec le bon timing de la blague, sociable etc...
Mais j'apprends à apprécier mon côté timide, introverti, qui n'en donne pas l'air, mais qui écoute tout le monde : j'arrive souvent à faire la conversation avec des gens totalement différents, en âge, métier etc, non pas que je sois doué pour ça, mais juste parce que je les écoute.

Voilà, j'ai aussi l'impression, par contre, que ma transition actuelle rends d'autant plus compliquée ce sentiment : je le ressens de manière beaucoup plus impulsive et violente, mais moins sur la durée, et j'arrive à nettement mieux analyser le pourquoi du comment, sans m'en vouloir excessivement après.

J'espère que toi aussi tu trouveras des réponses à des questions. Je connais cette souffrance mais à chaque ying, son yang ( désolée pour la référence ), j'apprends aussi à cultiver ma confiance en moi sans les autres, du coup, et sans passer par leurs regards, ce qui est une bonne chose.
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Message par Saucureuil Ven 04 Sep 2020, 17:16

Je comprends parfaitement ce qu'est être exclue. J'en ai souffert pendant des années. Il y a deux ans,une personne merveilleuse m'a tendu le bras et m'a rendu de grands services. Aujourd'hui,ce n'est plus un ami et je n'oses donc pas lui dire à quel point ma gratitude est grande envers lui,je suis prête à tout pour le remercier mais il ne veut rien entendre. En ce moment,j'ai une bonne amie mais je ne suis pas certaine que ce soit une vraie et ce pour de nombreux détails dont je ne parlerais pas ici. Mais hier,j'ai entendu une fille de ma fac dire qu'elle était HPI . Du coup,j'ai annoncé à mon amie en question que j'avais peut être trouvé une nouvelle personne à qui parler,en pensant qu'elle allait se réjouir pour moi, et cela a plutôt été le contraire.
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Message par Chuna Ven 04 Sep 2020, 17:21

Bouletterie miss : ça sous entend que tu ne vas plus lui parler à elle, ou qu’elle n’est pas capable de te comprendre parce que pas hp. Vexation logique.
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Message par toutestpossible Sam 05 Sep 2020, 14:44

Greysome of Balthus a écrit:La relation aux autres êtres sentients est infiniment complexe. Cette variété ne peut que supposer une sélection, qui doit être bien rude pour celui ou celle qui se méfie. Car en effet, on tendrait bien volontiers la main à un chien, sans se poser réellement la question de la manière dont il nous considère. Le lien est authentique, les risques voyants. La dissimulation revêt ainsi plusieurs formes, et la fuite en est une formidable, très utile, très douloureuse aussi en ce que chacun d'entre nous possède des besoins largement définit comme incompatibles. Peut-être refuses-tu tout simplement de construire la moindre relation de confiance, avec un être qui ne se serait pas déjà livré préalablement, à cause d'une blessure, ravivée à chaque doute, qui plane comme un vautour au dessus du moindre espoir ?

La fuite ( qui équivaut à l'exclusion de soi-même et non pas celle d'un groupe ) est effectivement tellement rassurante : pas besoin de se justifier, de s'expliquer, de se confronter...
Or, bien sûr, si elle est effectivement très utile, elle n'en reste pas moins la conséquence d'un " échec ", comme l'impossibilité de se " battre " devant une bataille. Du coup, je me sens lâche. En tout lucidité, car c'est exactement comme ça que je vais réagir, quand par exemple, on m'envoie un clash que je considère " bête et méchant " en soirée : je pars faire un tour, en général ne revient plus de la soirée, pour me flageller, me dévaloriser, alors que j'aurai pu répondre de manière concise, en me défendant, ou en tournant la chose en dérision.
Juste, tellement de sentiments m'envahissent en même temps ( honte, colère, tristesse...) que je ne suis plus capable de rationaliser quoique soit.

Point positif, depuis que je suis sur ZC, que je rencontre d'autres gens qui réagissent comme moi, et depuis que je vois un psy, qui m'a brusquement éclairci une 20aines d'années de vie ombrageuses et orageuses, notamment sur mon fonctionnement, j'arrive à " prendre le temps ", notamment avec les gens.
Par exemple, je sais que de visu, j'envoie tout les signes de quelqu'un qui ne veut pas parler, ou ne parle pas beaucoup : postures, attitudes, gestes... Depuis que j'apprends à ne plus être dans l'urgence, ça va un peu mieux. Je me détend, et ce sont les autres qui viennent à moi. Comme par hasard !

Juste, dès que je suis dans cette " urgence ", plus personne ne me comprends. J'envoie tout les signaux de quelqu'un d'ultra-stressé, angoissée, qui raisonne et se pose des questions à 1000 à l'heure en étant dans sa bulle.

Voilà, les choses se décantent petit à petit. J'ai aussi appris à faire vraiment plus confiance en mon intuition : notamment au travail, ou certaines hypothèses viennent de se confirmer d'elle même, hypothèses qui mont fait ruminer, souffrir, mais qui s'avèrent êtres vraies et pas forcément négatives. Bref, SE FAIRE CONFIANCE BORDEL !
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Message par Invité Mar 08 Sep 2020, 05:30


Mouais...
En ce qui me concerne, je ne parlerais pas d'exclusion, mais plutôt de ne pas "être intégré". En tous cas depuis la seconde moitié de mon adolescence. Auparavant, c'était plus violent. Donc on aurait effectivement plus pu parler d'exclusion.
Mais bref !

Inné ou acquis, je ne sais, et d'où je me trouve aujourd'hui, je m'en fous, mais disons que toute l'énergie des tripes m'est remontée à la tête.
Du coup les autres ne me "sentent" pas.

C'est assez ironique, parce que ça me permet de très bien "atterrir" dans un nouveau groupe, ou face à une seule personne.
En fait je n'ai pas de traits de personnalité forts, pas d'opinion déraisonnablement excessive.
Du coup je m'adapte très bien, à peu près à n'importe qui. J'ai socialement beaucoup voyagé.

Par contre, passé un certain temps, les gens me demandent de leur être proche, intellectuellement, socialement, affectivement. Ce qui veut dire au fond partager leurs codes, leurs opinions, leurs façons de faire. Et là, mon éthique s'y refuse, parce que je dépasserais les limites du tact, de la diplomatie, pour clairement entrer dans le domaine de la corruption.
Je peux entendre quelqu'un émettre une opinion, ou illustrer un comportement que globalement je réprouve, sans automatiquement m'y opposer. Je vais dialoguer, de façon distanciée, comme à propos d'un sujet spéculatif.
Je peux aussi tolérer dans une certaine mesure, ce que je considère comme des défauts, aussi longtemps qu'ils ne déterminent pas ma réalité, ou infligent trop d'injustice.

Jusqu'à aujourd'hui, je n'ai jamais "trouvé ma tribu". Non pas des gens qui me ressemblent, mais des gens prêts à m'accepter réellement, comme je les accepte.
Mais au fond c'est compréhensible, parce que c'est un paradoxe. L'équilibre, le respect, l'acceptation, à mon avis, ça ne fait pas partie de la relation, mais uniquement des beaux discours qui l'accompagnent.
Ce que je vois surtout lorsque j'observe "les autres" "en relation", c'est du reniflage de cul pour se reconnaître, des morsures, des griffures, et puis des câlins, qu'ils soient physiques ou psychiques, pour le plaisir de se pardonner. C'est par la sensation, fut-elle douloureuse, qu'ils estiment leurs relations.
Ce que moi je leur propose, c'est un échange d'égal à égal, d'esprit à esprit. C'est pas une relation ça, pas pour l'écrasante majorité Very Happy...

Enfin. J'ai l'impression d'être un peu à côté du sujet, et pourtant au centre. Et de trop ramener les choses à moi.
Mais c'est pas grave.

Pour deux raisons : la première c'est qu'avant de parler, je vous ai tous lu. Donc je m'intéresse quand même à vous, m'voyez Razz.
La deuxième, c'est la notion de confiance en soi, dont le thème est régulièrement revenu, qui me semble effectivement être une clef, que je vais un peu développer, et qui recoupe ce que j'ai pu écrire auparavant (Histoire que cela ne se résume pas à une masturbation intellectuelle égocentrique, parfaitement stérile, mais que cela serve quand même un peu à quelque chose... ).

Pour moi c'est facile (Maintenant en tous cas, à 37 ans. ) : au fil des ans, j'ai plus finement compris les mécanismes à l’œuvre, j'ai été vers plus d'acceptation de moi-même, et mes appétits sociaux, mon besoin de reconnaissance ou d'appartenance, étant (Dieu merci ! ) limités, j'ai trouvé des routines qui me conviennent.
Parfois, certaines situations me secouent encore un peu, mais ça aussi je l'accepte. C'est un peu ça être vivant non ?

Mais si pour toi, l’interaction est plus importante, alors je n'aurai qu'un conseil : va au contact !
D'abord, de toutes façons, si la solitude te ronge, bah c'est pas vraiment comme si t'avais le choix.
Mais surtout, à la lumière de ce que j'ai écrit plus haut, sois certaine qu'il vaut mieux que certains te trouvent chelou, plutôt que personne ne te remarque parce que tu te retires. Tu seras toujours plus proche de quelqu'un qui se fout de toi, que de quelqu'un qui n'a même pas remarqué que tu existais.

Après, le reste, c'est une question de modalités. Ne pas te cacher ne veut pas dire non plus t'exhiber au moindre prétexte. Accepter les sensations difficiles qui peuvent survenir ne signifie pas les rechercher.
Moi aussi il y a des fois où je n'ai pas répondu ce que j'aurais pu, où je n'ai pas fait ce que j'aurais dû. Et ensuite le ruminer pendant des semaines.
Mais lorsque je m'en rends compte, je peux aussi essayer de regarder l'anecdote en souriant, me dire que la personne qui m'a vanné, ou exclu, ben avait peut-être l'air d'une grosse andouille la veille, sous je ne sais quelles conditions, qu'elle n'avouera évidemment pas, parce qu'elle aussi a un ego qui souffre, et qui cherche l'équilibre par l'alternance des rôles.
Je peux aussi me dire que le monde est vaste, largement peuplé, et que rien ne m'empêche de quitter un groupe qui devient toxique pour tranquillement en tester un autre.
Je peux aussi me dire qu'à la lumière des conclusions que j'ai pu poser au cours de mon existence, ce n'est contradictoirement pas la retenue qui créé les relations enrichissantes. Même quand on est un zèbre aux rayures très chelous...

Bref. C'était long.
Bisous. Bonne merde sur ton chemin. Rassure-toi : si tu cultives la conscience face à ce qui t'arrive, ça ne peut que s'améliorer avec le temps.

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Message par Basilice Sam 12 Sep 2020, 13:06

Bonjour Toutestpossible,

Je trouve cette question de l'exclusion vraiment complexe.
Dans mon parcours de vie elle a posé la question de ce à quoi j'étais prête à renoncer, pour être moi-même et pour être avec les autres.

Plus jeune j'ai vécu beaucoup d'expériences avec les autres, je pouvais facilement revoir mes priorités pour rester en compagnie des autres quand ils proposaient une fête, des pots à boire all night long, et d'autres événements "festifs". Au fond ça ne me correspondait pas vraiment. J'aime être avec les autres, les écouter parler, échanger avec eux, les regarder vivre, mais je n'aime pas le décorum, le superficiel, la foule, l'hyper-stimulation car je suis sensible, facilement émue et étant très curieuse j'aime prendre du temps pour apprendre, explorer, découvrir dans des environnements riches. Ces expériences m'ont apporté, je n'en regrette aucune.
J'ai senti que je prenais un virage à un moment de ma vie, j'ai commencé à vivre ce qui me correspondait réellement, cela a fait du ménage dans mes relations et j'ai pu vivre une solitude très heureuse, pas sans douleur cependant. Cette douleur est comme le prix du renoncement. Elle se rappelle encore à moi aujourd'hui, dans certains moments.
Quelqu'un m'a dit une fois que je ne présentais pas de failles, ce qui était à la fois très rassurant et très embêtant car... où s'accrocher ? Il y a des gens qui ont besoin de s'accrocher, ceux-là restent à distance ou se désintéressent.
Parfois cela me rend triste car j'aurais aimé échanger avec, que l'on se connaisse mieux, ou je me sens blessée de n'avoir pas été conviée, mais j'ai conscience que je n'ai pas mis ce qu'il aurait fallu dans la balance pour que cela arrive, et que je ne l'ai pas mis car ça ne me parle pas, et la tristesse s'en va.
J'en suis arrivée à inventer une vie relationnelle assez particulière.
A la fois je m'intègre très facilement socialement, comme lorsque j'étais plus jeune. Je ne fais pas partie des HPI qui sont insupportés par l'autorité, je reconnais une autorité juste et quand elle ne l'est pas je fais avec en trouvant la marge de manoeuvre pour ne pas me trahir. Je suis en lien avec beaucoup de personnes, quotidiennement, nous partageons autant de petites choses insignifiantes que de grandes richesses.
A la fois les relations investies intimement, avec profondeur, sont rares et mettent longtemps avant de se nouer.
Je fais de nombreuses activités, ce qui me correspond plus que de me poser de longues heures à discuter en buvant des verres (bien que j'apprécie aussi ces moments, disons que c'est loin d'être ma priorité). Certaines de ces activités se vivent avec d'autres, ce qui me plaît. D'autres se vivent en cercle très restreint, ou seule, ce qui me plaît tout autant.
Dans un groupe défini j'y ai ma place, je suis reconnue par les autres membres et m'y sens à l'aise, et à la fois j'ai une posture en décalage, le fameux décalage des HPI.
J'en suis arrivée à bien composer avec (long travail d'introspection), je ne suis pas dupe, je laisse à l'autre une sensation d'étrangeté qui m'est rarement renvoyée frontalement (politesse oblige) mais que je perçois. Eh bien qu'à cela ne tienne, je suis un peu étrange, il y a pire dans la vie. Smile Par ailleurs j'ai observé toutes ces longues années que chacun est un peu étrange, mais que peu font le choix d'aller à la rencontre de leur propre étrangeté, il est plus aisé de la voir chez les autres. C'est dommage, je trouve que c'est ce qui fait le charme de chacun. Une amie m'a dit une fois, "ce qui me touche, ce sont les contradictions de l'autre" et je suis plutôt d'accord avec elle. Smile

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