La cellule [Sciences du vivant]

Aller en bas

La cellule [Sciences du vivant] Empty La cellule [Sciences du vivant]

Message par Topsy Turvy le Jeu 19 Mar 2020 - 9:51

The Inner Life of the Cell

Quelques mots d'introduction sur cette production de Harvard University :

The Inner Life of the Cell est un court métrage d'animation de 8 minutes et demie réalisé par ordinateur et sorti en 2006. Il met en scène de nombreux mécanismes biologiques se produisant dans les globules blancs du corps humain.

Durant les enseignements de biologie, les professeurs ont souvent recours aux animations 3D pour exposer certains concepts à leurs étudiants. Dans le cas de The Inner Life of the Cell, les réalisateurs se sont focalisés plus sur l'aspect cinématique, à opposer à l'aspect académique.

David Bolinsky, ancien chef illustrateur médicale de Yale, John Liebler, directeur d'animation, et Mike Astrachan font partie des quelques créateurs de XVIVO, studio qui créa le film. Cette animation fut une commande du Département de Biologie Moléculaire et Cellulaire de Harvard.

La plupart des processus animés provient des résultats de Alain Viel, dont le travail de recherche a permis de décrire les processus à l'équipe de réalisation. Alain Viel est un directeur de recherche associé de premier cycle à l'université Harvard.

Le film nécessita quatorze mois de travail pour fournir huit minutes et demie d'animation. Il fut visionné pour la première fois par le grand public à la conférence SIGGRAPH de 2006 à Boston.

https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Inner_Life_of_the_Cell


Quatre versions proposées ici : courte ou longue, commentée ou pas.


Version courte avec musique et commentaire simplifié :

Overview of cell structure [3’18]
(HarvardX)


Version courte en musique sans commentaire :

The Inner Life of the Cell [3’12]
(XVIVO Scientific Animation)


Version longue avec musique et commentaires :

Inner Life of the Cell [7’57] (Full Version - Narrated)
(More Thinking)


Version longue en musique sans commentaires :

Inner Life Of A Cell - Full Version [7’59]
(Nicknamercho)


Présentation-transcription-traduction-explication des commentaires audio du film original de huit minutes

Résumé

Le film débute à l’intérieur d’une artériole (petit vaisseau sanguin apportant le sang aux tissus). Après un rapide panorama du contexte, la «caméra» se place dans l’espace extracellulaire entre un lymphocyte (globule blanc, cellule du sang servant aux défenses) et une cellule endothéliale de la paroi de l’artériole (l’endothélium est la couche de cellules qui forment le revêtement interne des vaisseaux). La «caméra» s’approche du feuillet externe de la membrane du lymphocyte, traverse la membrane, puis s’éloigne (d’abord en reculant) du feuillet interne de la membrane. Ensuite elle avance à travers une microvillosité du lymphocyte, jusqu’à se promener au milieu du cytoplasme de la cellule, où elle focalise sur quelques éléments et phénomènes, en particulier le cytosquelette, la synthèse de protéines et le mode d’adressage de celles-ci. En suivant l’exocytose (ouverture en surface) d’une vésicule pleine de protéines, la «caméra» ressort dans l’espace extracellulaire. A la fin, on voit le glissement du lymphocyte entre deux cellules endothéliales. Les processus observés dans ce film illustrent des réactions liées au recrutement de lymphocytes lors d’une inflammation.

Sous spoiler, le commentaire audio en français.
C'est long et c'est dense, mais c'est intéressant.
Texte du voice-over :
«Alors que les globules rouges sont entraînés à grande vitesse par un puissant flux sanguin, les leucocytes roulent lentement sur les cellules endothéliales. Les protéines p-sélectines en surface des cellules endothéliales interagissent avec PSGL-1, une glycoprotéine sur les microvillosités des leucocytes. Les leucocytes, poussés par le flux sanguin, adhèrent et roulent sur les cellules endothéliales du fait que des interactions existantes sont cassées alors que de nouvelles sont formées. Ces interactions sont possibles parce que les longs domaines extracellulaires des deux protéines émergent de la matrice extracellulaire qui recouvre la surface des deux types de cellules.
Le feuillet externe de la bicouche lipidique est riche en sphyngolipides et en phosphatidylcholines. Des rafts (structures comme des radeaux) riches en sphyngolipides, surélevés au-dessus du reste du feuillet, rassemblent des protéines membranaires spécifiques. La rigidité des rafts est due à la juxtaposition serrée de molécules de cholestérols contre les chaînes rectilignes d’hydrocarbones des sphyngolipides. En dehors des rafts, les chaînes anguleuses d’hydrocarbones polyinsaturés et les concentrations abaissées de cholestérol ont pour conséquence une fluidité accrue.
Sur les sites d’inflammation, les cytokines (molécules jouant le rôle de médiateurs cellulaires, donc de messagers chimiques), sécrétées et liées aux protéoglycanes héparanes sulfates (sortes de glycoprotéines riches en sucres ->95%) des cellules endothéliales, sont présentées aux récepteurs à sept domaines transmembranaires (des protéines transmembranaires) des leucocytes. La liaison stimule les leucocytes et enclenche une cascade intracellulaire de réactions de signalisation.

Le feuillet interne de la bicouche est d’une composition très différente de celle du feuillet externe. Alors que quelques protéines traversent la membrane, d’autres sont soit ancrées au feuillet interne par des chaînes d’acides gras attachées de manière covalente, soit assemblées par des liaisons non covalentes avec des protéines de la membrane. Les associations de protéines liées à la membrane sont déterminantes pour la transmission de signaux à travers la membrane plasmique. En-dessous de la bicouche lipidique, les tétramères de spectrines (protéines fibreuses des cellules du sang), arrangées en réseau hexagonal, sont ancrées par des protéines membranaires. Ce réseau forme un squelette de membrane qui contribue à la stabilité de la membrane ainsi qu’à la répartition des protéines membranaires. Le cytosquelette est formé d’un réseau de protéines filamenteuses qui sont responsables de l’organisation particulière des composants du cytosol. A l’intérieur des microvillosités, des filaments d’actine (microfilaments) forment des faisceaux parallèles serrés qui sont stabilisés par des protéines de pontage (les liant les uns aux autres), alors que, plus profondément dans le cytosol, le réseau d’actine adopte une structure sous forme de gel, stabilisée par diverses protéines liant l’actine. Les filaments, stabilisés depuis leur extrémité négative par un complexe de protéines, croissent à partir de la membrane plasmique par l’addition de monomères d’actine sur leur extrémité positive. Le réseau d’actine est une structure très dynamique, avec une polymérisation et un désassemblage directionnels en continu. Les protéines de sectionnement induisent des cassures sur les filaments et conduisent à la formation de courts fragments qui rapidement dépolymérisent ou donnent naissance à de nouveaux filaments.

Le cytosquelette inclut un réseau de microtubules créés par l’association latérale de protofilaments, formés par la polymérisation de dimères de tubulines. Alors que l’extrémité positive de quelques microtubules s’étend en direction de la membrane plasmique, des protéines stabilisent la conformation incurvée des protofilaments d’autres microtubules, ce qui cause la rapide dépolymérisation de ceux-ci à partir de leur extrémité positive. Les microtubules fournissent les voies le long desquelles les vésicules délimitées par des membranes voyagent en direction de et à partir de la membrane plasmique. Le mouvement directionnel de ces vésicules «cargo» est dû à une famille de protéines «moteurs» liant les vésicules et les microtubules. Les organelles délimitées par des membranes comme les mitochondries sont enserrées de manière lâche par le cytosquelette. Les mitochondries changent continuellement de forme et leur orientation est grossièrement dictée par leurs interactions avec les microtubules. Tous les microtubules trouvent leur origine dans le centrosome, une structure fibreuse ponctuelle (localisée en un point unique) contenant deux centrioles orthogonaux et localisée à proximité du noyau cellulaire.

Des pores dans l’enveloppe nucléaire permettent l’importation de molécules contenant de l’ARN messager et des protéines dans le cytosol. Ici, des ribosomes libres traduisent les molécules d’ARNm en protéines. Quelques unes de ces protéines vont rester dans le cytosol. D’autres vont s’associer avec des protéines spécialisées du cytosol et être importées dans les mitochondries ou dans d’autres organelles. La synthèse des protéines qui seront sécrétées par la cellule ou intégrées à sa membrane est initiée par des ribosomes libres, qui ensuite se lient à des protéines de translocation à la surface du réticulum endoplasmique. Les protéines naissantes passent alors à travers un pore aqueux dans le canal de translocation. Les protéines de sécrétion s’accumulent dans la lumière (l’intérieur) du réticulum endoplasmique, alors que les protéines transmembranires se retrouvent insérées dans la membrane du réticulum endoplasmique. Les protéines sont transportées depuis le réticulum endoplasmique en direction de l’appareil de Golgi par des vésicules voyageant le long de microtubules.

La glycosylation des protéines (addition de glucides), initiée dans le réticulum endoplasmique, est achevée dans la lumière de l’appareil de Golgi. Les protéines complètement glycosylées sont transportées de l’appareil de Golgi vers la membrane plasmique. Quand une vésicule fusionne avec la membrane plasmique, les protéines contenues dans la lumière de la vésicule sont sécrétées et les protéines insérées dans la membrane de la vésicule diffusent dans la membrane cellulaire. [Rappel du début de l’histoire:] Sur les sites d’inflammation, les cytokines sécrétées par les cellules endothéliales se lient aux domaines extracellulaires de récepteurs membranaires couplés à des protéines G (ici appartenant aux lymphocytes). [Ce qui suit a eu lieu sans que tout ait été illustré:] Cette liaison provoque un changement de conformation de la portion cytosolique du récepteur, et l’activation conséquente de la sous-unité de la protéine G. L’activation de la sous-unité de la protéine G enclenche une cascade d’activations de protéines, qui à leur tour conduisent à l’activation et au regroupement d’intégrines dans des rafts lipidiques. [Suite de l’histoire:] Un changement spectaculaire de conformation (donc de forme) a lieu dans le domaine extracellulaire des intégrines activées. Cela permet alors leur interaction avec les protéines ICAM exposées à la surface des cellules endothéliales. Ces fortes interactions immobilisent les leucocytes roulant sur le lieu de l’inflammation. Des événements de signalisations supplémentaires conduisent à une réorganisation profonde du cytosquelette, ce qui résulte en l’étalement d’un côté du leucocyte. Le côté aplati du leucocyte s’insère entre les cellules endothéliales et le leucocyte migre à travers la paroi du vaisseau sanguin pour entrer dans l’espace interstitiel du tissu enflammé.

Roulement, activation, adhésion et migration transendothéliale sont les quatre étapes du processus appelé extravasation des leucocytes (c’est-à-dire la migration des globules blancs de la lumière des vaisseaux sanguins vers les tissus).»

1) PSGL-1 est l’acromyne de P-selectin glycoprotein ligand-1, une glycoprotéine qui se lie à la p-sélectine.
2) Plus connue sous le nom de lécithine (ex: la lécithine de soja). On la trouve aussi comme constituant de la bile qui émulsionne les graisses. La lécithine est abondante dans le cerveau (~30% du poids sec).
3) Directionnels car polymérisant sur l’extrémité + (active) et dépolymérisant depuis l’extrémité - (peu active).
4) Les intégrines sont des récepteurs d'adhésion cellulaire, c'est-à-dire des protéines transmembranaires dont l'une des extrémités interagit avec les matières situées à l'extérieur de la cellule, alors que l'autre extrémité interagit avec des constituants intracellulaires.
5) ICAM est l’acronyme de inter-cellular adhesion molecules, molécules d’adhésion intercellulaire
Topsy Turvy
Topsy Turvy

Messages : 2083
Date d'inscription : 10/01/2020

Revenir en haut Aller en bas

La cellule [Sciences du vivant] Empty Re: La cellule [Sciences du vivant]

Message par Topsy Turvy le Jeu 19 Mar 2020 - 11:45

Parce que je viens de le préciser ailleurs à cause d'une erreur dans une vidéo didactique, je le mets ici aussi (autant que ça serve) :

La cellule eucaryopte (la cellule avec noyau), c'est celle qui constitue aujourd'hui les organismes des protista, fungi, plantae et animalia.

Cette cellule résulte à l'origine de l'intégration/colonisation symbiotique de cellules procaryotes. Celles-ci sont, comme leur nom l'indique, les cellules sans noyau (pro=avant et caryo=noyau), et sans organites non plus, qui constituent aujourd'hui les bactéries et archea.

Les mitochondries et les chloroplastes résultent d'une telle intégration, avec une partie de  leur ADN qui a été transféré au noyau de la cellule, le reste qui est encore dans l'organite. L'organite et le reste de la cellule bénéficient l'un de l'autre.

Le noyau de la cellule eucaryote, c'est juste le résultat d'une organisation de la cellules en compartiments, en l'occurrence par la mise en place d'une enveloppe protectrice autour de l'ADN et de ces accessoires (histones,...), à partir du reticulum endoplasmique.
Topsy Turvy
Topsy Turvy

Messages : 2083
Date d'inscription : 10/01/2020

Revenir en haut Aller en bas

La cellule [Sciences du vivant] Empty Re: La cellule [Sciences du vivant]

Message par horizon artificiel le Ven 3 Avr 2020 - 6:03

J'espère que je ne te dérange pas et je tente une incursion dans ton sujet. Je mets ma contribution en spoiler car je ne sais pas si tu seras interessé.
L'année dernière j'avais fait des recherches sur la formation de la première cellule sur terre. Je poste tel quel le résumé que j'ai concocté à partir de nombreuses lectures de ci de là. Si quelqu'un a des améliorations à faire, des erreurs à corriger, ça m'intéresse.

Si tu n'aimes pas, dis le et je retirerai ce post.

Ce modèle est celui qui permet d'expliquer l'apparition de la première cellule. Mais rien n'explique pour le moment comment la cellule a pris "vie", c'est à dire comment elle est passé du domaine physico chimique au domaine biologique. (C'est ce que je voulais te dire dans l'autre fil, la science explique beaucoup, ne peut pas tout prouver. C'est déjà très bien)
J'aime la science certainement autant que toi ; je la connais un peu, certainement moins que toi.

genèse de la vie:


Première cellule :

Il y a 4,5 milliards d'années, le soleil était tout jeune et la terre était encore un enfer de roches en fusion. Elle a refroidit lentement en formant la croute terrestre et a libéré des gaz pour former une atmosphère primitive toxique et trop chaude pour permettre la vie. On suppose que l'atmosphère contenait de la vapeur d'eau, du gaz carbonique, du méthane, de l'hydrogène sulfuré, de l'amoniaque... Sans couche d'ozone stratosphérique, elle était traversée par les rayons UV et  les vents solaires mortels en provenance du soleil. Le grand bombardement tardif a pu apporté des éléments chimiques carbonés. Puis, l'atmosphère s'est refroidie, et la vapeur d'eau est retombée en pluie. Les mers et océans primitifs se sont formés.  Un intervalle de température a pu alors être maintenu par les gaz à effet de serre (méthane et CO2).

Il y a 3,5 milliards d'années, la température a donc atteint un niveau permettant des réactions chimiques dans les mers au sein d'une "soupe primordiale" contenant les éléments indispensables au futur vivant (gaz atmosphériques dissouts), peut-être sur les planchers minéraux marins peu profonds dans des eaux peut-être très chaudes (peut-être même dépassant 80°C), proches de sources hydrothermales, sur des sols argileux ou à base de pyrite, à l'abri des rayons ultraviolets non filtrés par l'atmosphère primitive, et soumis à l'activité électrique intense d'éclairs. On ne connaît pas la température de l'eau et de l'atmosphère mais on suppose qu'elle a permis la synthèse de molécules prébiotiques puis des briques élémentaires du vivant. A partir de l'eau, des éléments du milieux et des minéraux du plancher (carbone, azote, oxygène, hydrogène, phosphore et soufre), se seraient donc constituées les premières micromolécules des bases  carbonées (qui donneront l'ose),  azotées (qui donneront purines et pyrimidines puis Adénine, Cytosine, Uracile et Guanine) et des groupes phosphatés. On suppose que les concentrations en éléments chimiques étaient suffisantes (pas d'effet de dilution), le PH compatible, qu'il n'y a pas eu de réactions antagonistes, que les orientations des acides aminés et protéines étaient de gauche et les sucres de droite.

On suppose (car de telles réactions n'ont jamais été observées) que les premières micromolécules formées ont pu s'auto-organiser en acide cyanhydrique et formaldéhyde grâce à l'énergie de rayons ultraviolets haute fréquence ou grâce à la foudre. En accord avec le deuxième principe thermodynamique, et l'augmentation de l'entropie du milieu, l'acide cyanhidrique a pu ensuite former des monomères acides aminés, des bases puriques et pyrimidiques ; le formaldéhyde a pu former le ribose ; puis ces macromolécules se sont polymérisées en nucléotides et ont finit par former  d'elles-mêmes sans matrice ou amorce, après de multiples essais infructueux :

- une chaîne type ARN (acide ribonucléique),

et se sont formées également simultanément dans un processus coopératif en milieu aqueux  :

- des lipides, acides gras, (à partir de formaldéhyde) qui, grâce à leurs propriétés particulières (un côté hydrophobe et un côté hydrophyle), se sont disposées en une membrane protectrice et ont favorisé l'auto-organisation des agrégats de nucléotides et leur polymérisation,

- et des enzymes catalytiques permettant finalement de constituer les organites de la structure qui s'auto-assembleront et pourront fonctionner (en permettant une synthèse protéique) et se diviser ; le métabolisme est induit par un ARN devenu codant. (l'ARN aurait pu avoir la capacité de se répliquer tout d'abord sans l'aide des protéines, et la capacité de catalyser toutes les étapes de la synthèse protéique à l'origine du métabolisme).

L'acide cyanhidrique et le formaldéhyde sont des substances hautement toxiques. On suppose que les premières formes de vie extrêmophyles ont pur émerger puis migrer vers des régions plus favorables au fur et à mesure de l'évolution des environnements. (Concernant la température, certaines archées thermophyles supportent des températures pouvant dépasser 90°C et des PH atteignant 1.)

Des cellules primitives à ARN sont donc nées il y a 3,5 milliards d'années : des vésicules contenant un code d'information génétique permettant les flux chimiques de leur métabolisme et une reproduction asexuée par scissiparité. Grâce à un métabolisme de fermentation (sans oxygène = anaérobie), ces premières cellules trouvent leur énergie dans les molécules prébiotiques organiques qui se sont formées dans le milieu ; elles sont donc autotrophes.

Pour assurer leur croissance, les premières cellules ont dû ensuite trouver dans leur environnement des aliments énergétiques et des aliments constitutifs présentés dans des conditions physicochimiques compatibles avec les lois de la cinétique enzymatique au niveau de leur concentration,  de la température et du pH du milieu. On suppose que ces conditions étaient respectées.

A cause de sa sensibilité à la chaleur, on imagine ce génome ARN simple brin hautement mutagène, et on peut penser que les parois cellulaires très perméables laissaient passer des éléments génétiques mobiles pouvant se combiner à l'ARN principal ; deux cellules pouvaient même fusionner en se collisionnant ; ce qui permet la biogénèse de nombreux prototypes de futures cellules et des métabolismes de plus en plus efficaces soumis à la pression sélective de l'environnement (concernant l'efficacité du codage génétique, la structure en simple ou double brin, la réplication, l'endocytose, la phagocytose, la synthèse et la construction de métabolites). Une loi de complémentarité  (A-C et U-G) se met progressivement en place. Elle se révèle problématique dans le processus de reproduction par laquelle chaque brin d'ARN produit son complémentaire et un dommage sur un  ARN monocaténaire (simple brin) n'est pas réparable. La cellule trouve alors une solution en inventant l'ADN bicaténaire (double brin) et remplace l'Uracile de l'ARN par la Thymine. La durée de vie de l'ADN est beaucoup plus longue que celle de l'ARN.

La proto-cellule s'améliore donc en créant une nouvelle enzyme pour mettre au point un codage sous forme d'une double hélice dont les nucléotides sont complémentaires A-C et T-G : c'est la transcriptase inverse de l'ARN en ADN (acide désoxyribonucléique), stable dans le temps et qui est capable de se condenser en chromosomes.  L'ARN devient dès lors un support intermédiaire des gènes pour synthétiser les protéines nécessaires aux cellules et pour catalyser les réactions chimiques du métabolisme cellulaire. A ce moment là, la cellule procaryote que nous connaissons est alors vraiment née.

Evolution de la cellule :

Alors que les continents et les reliefs commence à se former, la vie se passe toujours dans les mers et bientôt dans les océans : Vers –2,7 milliards d'années, les substrats organiques prébiotiques fermentescibles ont beaucoup diminué. Pour trouver une parade, certaines cellules deviennent des bactéries hétérotrophes qui phagocytent les autres organismes (ce sont les archées), d'autre cellules trouvent le moyen d'utiliser l'énergie lumineuse pour produire leur matière organique et inventent la photosynthèse (cyanobactéries qui utilisent des pigments vert et bleu pour optimiser l'asorption de l'énergie lumineuse). Ces bactéries autotrophes se multiplient, colonisent les mers et les océans et continuent d'évoluer. Leur photosynthèse produit de l'oxygène qui se diffuse dans l'eau et finit par rendre le milieu toxique en oxydant leurs propres structures et celle de toutes les bactéries anaérobies. Certaines migrent vers les fonds moins oxydants et produisent du calcaire pour protéger leur structure (stromatolithes) .

Vers -2,3 milliards d'années, se produit ainsi la catastrophe de l’O2 : l'oxygène libéré dans l'eau tue la plupart des bactéries anaérobies. Des bactéries qui avaient développé un métabolisme aérobie (resistant à l'oxygène) survivent : elles ont inventé la respiration. Les mers et les océans sont saturés d'oxygène, celui-ci se diffuse aussi dans l'atmosphère qui s'appauvrit en gaz carbonique. Sous l'effet des rayons ultraviolets, l'oxygène de la stratosphère se transforme en ozone et forme un bouclier protecteur contre les UV mortels. Le méthane atmosphérique (issu des gaz volcaniques et produit par la fermentation des archées), en présence d'oxygène, se transforme en gaz carbonique et en eau. La diminution du méthane diminue l'effet de serre (le CO2 a un potentiel de réchauffement moins élevé) ; et alors que l'activité volcanique de la terre se fait plus rare, la température atmosphérique chute : c'est la grande glaciation huronienne avec une descente des calottes polaires sous les 50 degrès de latitude. De plus l'oxygène de l'atmosphère (transformé en ozone, en gaz carbonique et en eau) et celui des océans (métabolisme aerobie) diminue. La vie évolue moins vite.

Vers -2 milliards d'années, le soleil devient plus chaud, le climat se réchauffe et la vie reprend de plus belle. La cellule s'améliore encore : on suppose que des archées parviennent à créer une double membrane nucléaire par invagination et qu'elles deviennent eucaryotes en absorbant de surcroit des bactéries aérobies (mitochondries) et des cyanobactéries photosynthétiques (chloroplastes). Les premières algues phytoplanctoniques se multiplient. La vie se diversifie dans les mers et les océans. Le zooplancton apparaît. Il y a 1,5 milliards d'années, sous la pression des prédateurs phagocyteurs, des organismes végétaux et animaux deviennent  pluricellulaires pour augmenter leur résistance.  

L'ADN est plus stable que l'ARN mais il arrive qu'il soit endommagé. Pour réparer l'ADN, la sélection naturelle se fait alors en faveur de la reproduction sexuée chez les eucaryotes : la meïose permet une recombinaison génétique capable de réparer un fragment d'ADN endommagé d'un parent à partir de l'ADN du second parent.

[Le climat continuera à fluctuer et connaitra plusieurs cycles glacières (y compris après l'apparition d'homosapiens il y a 250 000 ans), modifiant également le niveau des océans].

La fin de l'ère précambrienne correspond à la fin d'un long hiver de glace. Les bactéries et organismes eucaryotes primitifs (protozoaires) prolifèrent toujours dans les océans. Les cellules des multicellulaires apprennent à se différencier et se spécifier. Les invertébrés, apparaissent, puis les arthropodes et les premiers vertébrés. La vie arrive sur la terre ferme dans les sols et à l'air libre lors de l'explosion cambrienne alors que la composition de l'atmosphère est devenue semblable à celle d'aujourd'hui. La végétation se développe sur les continents qui se déplacent, se dessinent et se sculptent. Le cycle du carbone entre l'atmosphère, la biosphère et les sols se modifie et les climats se mettent en place. Les microorganismes terrestres évoluent en espèces complexes lors de l'ordovicien. Les métazoaires (animaux) atteignent parfois des tailles démesurées dans les océans. Sur terre, apparaissent d'abord les invertébrés, les arthropodes. Les vertebrés apparaissent vers -350 millions d'années, puis les reptiles et les insectes géants. Arrivent les dinosaures, suivis des premiers mammifères.....

(Plusieurs grandes extinctions de masse se sont succédées au cours de l'évolution à cause de changement climatiques, de baisse du niveau des mers et océans, d'épisodes volcaniques intense, de séismes, de chutes d'astéroïdes, de tsunamis, et de sursauts gamma, entraînant la disparition nombreuses espèces et la sélection naturelles des formes les plus adaptées. Parmi elles, il y a eu cinq grandes extinctions entraînant à chaque fois la disparition d'au moins 3/4 des espèces vivantes (végétales et animales) dans les mers et sur les terres : extinction ordovicien-silurien, extinction dévonien, extinction permien-trias, extinction trias-jurassique, extinction crétacé-tertiaire.) .

horizon artificiel

Messages : 369
Date d'inscription : 23/01/2020

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum