J'aimerais

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Message par Madame Picodon le Ven 7 Fév 2020 - 19:34

SMS de mon enculé de gros connard d'ex mari.
Enfant malade. Qui a vomi donc il le met pas à l'école..
En même temps il. Lui a promis avec l'audience avec la juge un triple cheese burger.. À 9 ans.... Il a pas du digérer.
Non présentation à un médecin.
Donc aucun papier pour attester de la réelle maladie.

Mon fils rentre ce soir.
Papa a dit qu'il fallait se remettre des émotions. C'est pour ça que je suis pas allé à l'école.....

Il me demande rapidement pourquoi tu es sèche maman ? Tu m'as à peine embrasse et tu réponds pas oui ou non....
Et la je me retiens mais non.
Deux questions mon fils
-comment ça se passe à l'école ?
-Ben mal tu le sais
-alors. Pourquoi tu as dit à la juge que ça se passait bien ?
-je la connais pas. Je sais pas si je peux lui faire confiance.
-on t'a dit qu'elle était la pour t'aider.
-non papa a dit qu'elle était parce que j'étais en danger chez toi. Et que son métier c'est d'enlever les enfants en danger chez les parents.... (je prends sur moi)
-alors puisque tout va bien à l'école je ne veux plus entendre une seule jérémiade...
Et seconde question. Qu'est-ce que ça veut porter atteinte à son intégrité physique?
-c'est quoi ce mot ?
-ben l'expression. Que tu as utilisé chez la juge dans son bureau. Quand tu es chez maman tu as peur pour maman parce que souvent elle a porté atteinte à son intégrité physique
-je connais pas ce mot.
-donc la juge ment ?
Et la il a craqué.
-Non c'est papa qui m'a fait peur. Il a dit si tu me défends pas....


Putain les menaces...
Pour qqn qui n'a rien à se reprocher c'est pas mal quand-même...

En creusant la seule chose que craint mon fils c'est que je tombe.
Que je me fasse mal et que je me casse une jambe...


Cet enculé de manipulateur je vais me le faire.
Je vais tenir jn journal.
Avec toutes les. Crasses qu'il me fait
Notées heure par heure.

Et il va payer. Il va payer pour l'humiliation subie hier dans le bureau de la juge.
J'ai dû expliquer tous les pbms de ma maladie. Jusqu'aux fuites urinaires.
D'ailleurs note à moi même. Publicité tout à l'heure pendant question pour un champion... Une femme sur 3 subit les troubles Urinaires et peu en parlent car c'est honteux....
Ça faudra que je le ressorte....
La honte. 5 paires de yeux qui me regardaient droit dans les yeux. Je crois que j'aurai préféré subir un frottis....


Et mon fils ce soir me dit qu'il a mangé deux assiettes de choucroute...
Pour un gamin qui a passé sa nuit à vomir... La choucroute n'est pas le plat le plus recommandé...

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Message par isadora le Lun 10 Fév 2020 - 6:22

Salut,
C est pas le triple cheese burger que ton fils n a pas digéré, c est d avoir été forcé à mentir par son père. Pas étonnant qu il vomisse.
Que fait ton avocat(e) pour t aider ? Car dans ton récit tu n en parles pas du tout. Or, c est la personne qui doit te défendre bec et ongles. Ne pas te laisser humilier.
Te protéger.
As tu dans ton dossier une attestation positive de ton coach de ta salle de sport par exemple qui prouve ta motivation  et tes progrès ? Et pour l expertise médico légale rien ne t empêche de la faire  de toi même. Ce n est pas un exercice facile et ce n est pas donné financièrement, j en ai subi deux dans ma vie pour le procès suite à un accident de voiture, mais c est le seul médecin que la juge croiera.
Que la force soit avec toi.


Dernière édition par isadora le Lun 10 Fév 2020 - 6:24, édité 1 fois (Raison : Orthographe.)
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Message par Madame Picodon le Mer 1 Avr 2020 - 21:30

Certes
On
Nous
Filme.
Ils
Nous
Espionnenent.
Mais
Eux
Nous
Transpersent
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Message par Madame Picodon le Mer 1 Avr 2020 - 21:36

Certains Stressent. Enfermés chez eux avec un conjoint qu'ils ont de plus en plus de mal à supporter.

Certains stressent. Privés de leur liberté de mouvement. De leurs habitudes de consommateur assidu de notre mauvaise société de consommation.

Certains stressent.  Stressés par le devoir de s'inventer un nouveau système de vie, pendant un temps donné mais inconnu.

Et il y a les autres.
Ceux qui revivent.
Ceux qui soufflent...
Est-ce un signe qu'ils souffraient avant et qu'une fois libérés des obligations sociales ils respirent enfin...

Et il y a moi.
Cela fait pompeux.
Et je m'excuse d'avance pour tous ceux qui sont dans la 1ere partie.
Mais ne plus passer une heure dans les bouchons le matin.
Et une heure le soir.
Ne plus devoir répéter en classe taisez-vous, au travail, donne moi ton téléphone, on se réveille....
Ne plus porter le masque societal.
Je vis à mon rythme. Avec mon organisation. Ma méthode. Ma liberté..
Et je stresse même presque à devoir sortir pour aller chercher qqes légumes et fruits frais..
La seule chose qui me manque. C'est le câlin au charme que je fais chaque année autour du 1er avril. Pour aller puiser la force de l'arbre au nom si magique !


Dernière édition par Madame Picodon le Mer 1 Avr 2020 - 21:41, édité 1 fois
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Message par Madame Picodon le Mer 1 Avr 2020 - 21:40

Lilas.
Chaque année tu fleuris.
Chaque année tu renais.
Chaque année tu embaumes
Mes narines bouchées par les autres pollens.

Lilas.
Chaque année tu illumines
Chaque année tu éclaires
Mon jardin de devant
Et mes yeux larmoyants des autres pollens.

Lilas
Pour te voir des années encore
Pour te sentir des années encore
Pour te tailler des années encore
J'ai bravé la neige lourde de novembre
Et je t'ai dégagé les branches à coup de balai.

Je t'aime mon lilas !
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Message par Madame Picodon le Lun 6 Avr 2020 - 18:54

Un couple c'est un Et un
Chacun livre de ses mouvements
Si l'un étouffe l'autre un
L'équilibre sera rompu sérieusement.

Pas besoin de tout faire à deux
Pas besoin d'être collé en permanence
pas besoin de te regarder énamouré dans les yeux
Même pour mettre des ingrédients sur une balance

avant de te connaitre j'avais une vie
Avant de te connaitre je me débrouillais comme je pouvais
Avant de te connaitre j'avais des envies
avant de connaitre je VIVAIS

Aujourd'hui tu as cherché à m'imposer ta façon de penser
Aujourd'hui tu as ignoré mes principes qui font que je suis moi
Alors je te dis d'aller chercher une autre victime écervelée
Car je ne veux pas de ton jeu pervers, je veux rester MOI
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Message par Madame Picodon le Ven 14 Aoû 2020 - 14:29

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Message par Madame Picodon le Dim 6 Sep 2020 - 21:41

J'ai pas demandé à venir au monde...

Vous êtes tous en train de me rendre folle.
Mon ex mari qui me pourrit la vie et qui dit que du mal de moi.
Qui manipule. Et moi ej suis trop conne.. Je le laisse me manipuler.

Les services sociaux qui posent des milliards de question. Tu ne veux pas répondu une seule de la question qu'ils ont déjà dégaine la suivante...  On dirait un interrogatoire de flic. J'en perds ma Cohérence... Leurs putains de question a double négation...

Ici
On se fait insulter malmener pour rien.
J'ai juste dit que les comédies c'était sensé être drôle. Déversement de connerie en face. Sans compter tout ce qui change de pseudo comme on change de strip en France est-ce qui se connecte avec plusieurs comptes avec des multiples personnalités. Une super cool et l'autre super agressive. Putain je craqué. J'ai l'impression d'être dans un hôpital psychiatrique....

J'ai pas voulu tout ca
Quand je suis partie de chez mes parents toxiques je voulais juste être heureuse avoir le contrôle de ma vie et ne plus subir... Comme j'avais subi depuis plus de 10 ans.
J'aide les autres. En donnant du temps. En étant presente. Bienveillante...
En fait faut être arrogant méchant cynique égoïste pour réussir ?

C'est pas pour moi...
Je refuse ce monde là. Je lâche...
J'ai perdu mon fils alors que je n'ai rien fait. Tout ça sur de la calomnie la diffamation
Je lâche.
J'ai tout perdu. Mes jambes... mon fils mon avenir... mon travail dans qqes temps. Mon intégrité ma moralité.
Tout va à cause d'un vaccin de merde en plus...

Je veux pas de ce monde.
Alors ce sera sans moi.
Bye
Soyez heureux
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Message par WinstonKing le Dim 6 Sep 2020 - 22:04

Hello !

Mais non faut être positive ! Parfois la communication fait que, ça passe, ça passe pas, mais après faut rester positif M. !

Ceci dit j'aime bien, vraiment ta poésie sur le Lila ! T'en as écrit d'autres dans ce style ?
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Message par Madame Picodon le Dim 6 Sep 2020 - 23:00

Oh mon avenir...
Mon nul mon perdu
Mon illusoire avenir
De l'aube claire jusqu'à la fin d'mes jours
J'y croyais... Pourtant.. tu sais...

Bien sûr j'avais rêves arrogants
A 20 ans on se croit invincible.
Et Mille fois je t'ai modifié
Mille fois je me suis adaptée.
Je voyais une belle maison
Des enfants insouciants heureux..
Des rires immenses, joyeux
Le tout dans ambiance melodieuse
Tout ce que je n' avais pas eu.
Le travail épanouissant
Le mari aimé et aimant
Bonjour le conte de fée..

Et un jour tu t'es assombri
Les rires ont vite disparu.
Les opportunités avec.
Les espoirs, les envies... Adieu
Tu as tué mes rêves insensés
Dans une triste case assise
on m'a rangée on m'a posée.
Fini les rêves arrogants
les insouciances impatientes
Bonjour les emmerdes à tout va
Et la dure vie d'handicapee.
Le regard tout plein de pitié
De  valides qui savent rien.
Il me reste mes grands yeux vides
Et la boîte de mouchoirs
L'envie d'être comme les autres
Avec de beaux projets solitaires
D'être désirée bouffée des yeux
Mais qui veut d'une moitié de femme ?


Dernière édition par Madame Picodon le Dim 6 Sep 2020 - 23:06, édité 1 fois
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Message par Mentounasc le Dim 6 Sep 2020 - 23:06

Fais pas de conneries, Picounette, car non seulement tu "lui" donneras raison, mais en plus ton fils en subira définitivement les conséquences.
Allez hop, bois un coup (un petit, hein...) et reviens nous vite
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Message par Madame Picodon le Dim 6 Sep 2020 - 23:09



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Message par Madame Picodon le Dim 6 Sep 2020 - 23:15

À tous ceux qui jugent sans savoir
A tous ces connards qui savent tout, mieux que personne
A tous ceux qui me traitent de moitié de femme
A tous ceux qui m'ont collée dans la case handicapée..
À tous ceux qui se foutent de ma gueule
A tous ceux qui se moquent dans mon dos

JE VOUS EMMERDE
VOUS NE M' ARRIVEZ MÊME PAS À LA CHEVILLE
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Message par WinstonKing le Dim 6 Sep 2020 - 23:40

T'as essayé de mettre un style M.? Ou d'écrire en mode nouvelle ? Sur l'avant dernière poésie y a vraiment un gros potentiel. Styliser l'écrit, cadrer, mettre le verbe à ton service pour en faire un truc plus puissant encore maybe ?
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Message par Madame Picodon le Lun 7 Sep 2020 - 0:06

WinstonKing.

Et non...
J'écris comme ça vient.
Je ne suis que de la plèbe...
Des fois ce sont des alexandrins.
Des fois c'est de la merde.
Ça dépend de l'inspiration de l'humeur...

J'ai écrit une dizaine de nouvelles, un roman policier quand j'étais ado. Style Alice bibliothèque verte.
Et un roman de vie ou roman de gare. Comme on dit aujourd'hui. Style legardinier.

L'avant dernier poeme... Oh mon avenir...
J'ai plagié la chanson des vieux amants de brel.
Ce sont des octosyllabes. Enfin presque
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Message par WinstonKing le Lun 7 Sep 2020 - 0:15

Ah ah M. ! C'est juste un peu de travail ! Look :

Bonjour les emmerdes à tout va... la dure vie d'handicapee... le regard tout plein de pitié, de valides qui savent rien... Me reste mes grands yeux vides moi, ma boîte de mouchoirs moi... de beaux projets solitaires, oh, et d'être désirée ! bouffée des yeux moi !...

Comme t'aimes les suspensions, peut-être chercher dans ce style ? Juste cadré un peu, là on gagnerait tellement en puissance !

Good luck sunny
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Message par Madame Picodon le Lun 7 Sep 2020 - 0:22

WinstonKing a écrit:Ah ah M. ! C'est juste un peu de travail ! Look :

Bonjour les emmerdes à tout va... la dure vie d'handicapee... le regard tout plein de pitié, de valides qui savent rien... Me reste mes grands yeux vides moi, ma boîte de mouchoirs moi... de beaux projets solitaires, oh, et d'être désirée ! bouffée des yeux moi !...

Comme t'aimes les suspensions, peut-être chercher dans ce style ? Juste cadré un peu, là on gagnerait tellement en puissance !

Good luck sunny

Sauf que c'est ton ressenti et pas le mien.
Et ta puissance et pas la mienne.
Un poème c'est personnel. Ce sont les émotions de l'auteur qui sont dedans.
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Message par WinstonKing le Lun 7 Sep 2020 - 0:25

Total ! Je parlais juste en mode éditions là !
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Message par Madame Picodon le Lun 7 Sep 2020 - 0:38



Bon ça n'avait pas commencé comme dans une pièce à succès.
Mais plutôt comme dans les romans de Dickens.
Et qu'il n'y a pas de tu..
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Message par Douceurdusoir le Lun 7 Sep 2020 - 1:05

Se ressourcer
Trouver le repos
Aimer ce qui compte
Aimer ceux qui comptent
Voir, toucher, humer, caresser
Evoluer dans les éléments
Prendre le temps
Et construire
Et reconstruire
Et poursuivre
Ressentir
Dire
Comprendre
Aimer ce qui compte
Aimer ceux qui comptent
...

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Message par Madame Picodon le Mar 8 Sep 2020 - 11:34

C'est pas comme si nous n'avions pas été prévenus. Déjà dans les années 1970, nous savions que la Terre allait mal et que sans changement brutal des comportements humains , nous irions à la catastrophe. Sauf que nous n'avons rien fait, nous avons même accéléré la cadence. Plus de voitures, plus de vacances lointaines, plus de gaspillage...C'est tellement mieux de crâner devant des collègues de vacances passées aux Maldives, loin, très loin...
Nous y sommes maintenant.
En l'an 2052.
Je suis seul. Sur une terre desséchée. Brûlée. Dire qu'ici vivait avant plus d"un million de personnes, avec faune et flore. Aujourd'hui c'est un désert. Comme la vallée de la mort aux Etats-Unis. Et maintenant, c'est orange, sec, sans arbre, sans animal.... Même les animaux des déserts ont disparu. Plus de mouche, plus de moustiques.
Moi qui ai toujours aimé le silence... Là il me pèse. C'est comme si j'allais être écrasé depuis le ciel.
Je sais qu'il me reste peu de temps. Avant...

je me souviens des joies familiales, des moments festifs de la vie qui existait en cette terre brûlée. De la chaleur humaine. Aujourd'hui cette chaleur est pesante. Plus de 60 degrés, et plus d'ombre...A quand la cuisson du dernier humain?
Tout était allé crescendo.
Interdiction des contacts humains à cause de nouveaux virus et bactéries causés par le réchauffement climatique.
Interdiction des fêtes...
Interdiction de sortir sans masque, sans protection contre les pluies acides...sans chaussure à semelle épaisse pour bien se protéger les pieds de la chaleur du sol.
puis interdiction de sortir tout court.
puis interdiction tout court de tout. Manger de la viande? Déconseillé. Manger des fruits et légumes? Déconseillé...Boire? Restriction, puis impossibilité...
Puis interdiction d'aller au travail, plus d'argent, plus de dépense, mais le vide...

Je suis seul.
Et j'attends.
Je n'ai pas mangé depuis 3 jours. je suis desséché à cause des insolations répétées.
J'imagine encore le monde si...mais cela fait mal. Les larmes brûlent la peau brûlée. Paradoxe?
Je n'ai jamais été aussi zen. De toute façon stresser avant de mourir, à quoi ça sert? A mourir plus tôt??? tiens je me dis que c'est con aussi de stresser en vivant....
Une vague de chaud arrive. Un souffle d'air brûlant. L'impression d'avoir la tête dans le four.
Les souvenirs remontent, la famille, les amis, les collègues. Tout me manque. Tous me manquent.

Je vais enfin savoir ce qu'il y a après !
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Message par Madame Picodon le Lun 14 Sep 2020 - 11:43

l'ignorance est pernicieuse, elle endort l'esprit et réduit l'intelligence, l'être humain ne se pose plus de questions, il a des certitudes et se ferme sur lui-même au point de devenir un fanatique, quelqu'un qui ne tolère rien d'autre que ses propres certitudes, il se ferme à tout ce qui vient de l'extérieur, devient borné comme un âne qui fait toujours le même chemin. On peut en mourir. Certains se battent, et même meurent, pour des valeurs, pour des idées généreuses et fortes, d'autres meurent bêtement pour de petites idées bien étroites. C'est la faute à l'ignorance, l'ignorance, la pire chose au monde.
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Message par Madame Picodon le Lun 5 Oct 2020 - 8:59

L’âme sœur



Je n’aurais jamais cru qu’un jour je redirai oui. Oui au repas, oui au nombre d’invités, oui à la prise de tête du plan de table, parce que celui-là ne supporte pas celle-là et que donc on ne peut pas les mettre côte à côte. Oui aux chaussures qui détruisent les pieds, à la robe blanche qui détruit le compte en banque.

En même temps j’en rêvais depuis le divorce. En espérant que cela ne finisse pas par un divorce, comme la première fois. Là je jubilais, sur le perron de la mairie, je repensais à mon ex qui me traitait de pauvrette et de conne, le jour du divorce, me souhaitant tout le malheur du monde. Tu en es loin, du con, du malheur…pensais-je fièrement, en poussant mon gros ventre de femme enceinte en avant.

La rencontre avait eu lieu il y a plus d’un an maintenant. Mais au début, rien de précis. Je m’étais laissée entrainée à un speed-dating, par une copine, qui n’osait pas y aller seule. Viens avec moi, qu’elle m’avait dit, j’aurais l’air moins cruche. J’avais protesté, prétextant que c’était un système débile. Huit minutes pour savoir si ça colle avec quelqu’un… N’importe quoi, comme s’il fallait huit minutes pour savoir si untel ou untel pouvait être notre âme sœur…
Mais bon, je m’étais laissée entrainée, par solidarité féminine. Elle était fraichement séparée, le troisième divorce pour elle, mais ça ne la décourageait pas, elle recommençait aussi sec. Comme elle disait, c’est comme quand on tombe de cheval, faut remonter en selle illico.

Le bar semblait sympa. Je n’avais jamais fait cela, et je l’avais vu une fois dans un film, mais sans plus y prêter attention.
- Je vais avoir l’air d’une cruche, on fait quoi ? on dit quoi ? on demande quoi ?
- Tu laisses parler le mec, me dit-elle d’une voix assurée. Comme ça en plus tu passes pas pour une pipelette. Sauf si le mec te révulse physiquement… Là tu causes, tu causes, tu causes, tu racontes tes dernières règles, ton accouchement difficile, ta pose de stérilet… Les mecs détestent les détails… Je te jure, ça les fait fuir…
- En fait tu maîtrises super bien ! Viens avec moi, j’y connais rien, j’vais passer pour une idiote. Mon œil… Tu me dois un service alors, puisque tu m’as roulé dans la farine.
- Ça marche, mais va savoir, tu vas peut-être rencontrer quelqu’un…
- Ouais ben ça, j’suis pas sûre. Déjà les rencontres par le travail ou par le net ou par l’accident de voiture, quand je vois ce que ça donne, alors après huit minutes, j’en doute.

On prit la boisson offerte comprise dans l’entrée. Alcool. Obligatoire. Le sans alcool, ils connaissent pas ! Honteux ! Lamentable ! Enfin, et après on dit que les Français ne sont pas alcooliques. Le hic, c’est que je bois rarement, donc je risque d’être bourrée avant l’heure. Et si je demande un coca je vais passer pour une ado. J’m’en fous. J’ose.
- Serait-il possible d’avoir un jus de fruit sans alcool ? S’il vous plait ?
- C’est une boisson alcoolisée madame, dans le forfait.
- Oui, mais je ne peux pas l’alcool. Je suis enceinte.
- Et vous êtes là ? Vous êtes célibataire, quand même ?
- Oui larguée le jour où je lui ai appris que j’étais enceinte…

Et voilà le premier mensonge de la soirée, mais au moins j’avais eu mon verre sans alcool. En regagnant le centre de la salle, j’écrasais le pied d’un monsieur.
- Je suis désolée, je ne vous ai pas vu.
- Il n’y a pas de mal, Madame.
- Heureusement, je n’ai pas de talon aiguille aujourd’hui, dis-je avec un grand sourire
- Si vous le dites….
- Bon, tant mieux alors. Vous organisez souvent des soirées comme cela ? Toujours avec alcool ? C’est pas parce qu’on est célibataire qu’on est dépressif et donc alcolo.
- C’est dans le forfait, ça doit être plus vendeur.
- Vous pourrez dire à votre patron que prendre soin de son corps et d’éviter la cirrhose avant 50 ans, c’est bien aussi.
- Heu…il y a méprise madame.
- Non, non je vous jure, à trop boire d’alcool, un jour ou l’autre, ce sera la cirrhose. Bon je vous laisse, je vais rejoindre mon amie.

Et je plantais l’homme au milieu de la salle. Encore un qui allait me vendre que l’alcool ça aide les gens à se libérer, qu’on est plus désinhibé… Tu m’étonnes que j’ai autant de monde sur mon carnet de rendez-vous… Tous avec des cirrhoses…Sans foie, dans l’antichambre de la mort…
Bon faut dire que je suis bien placée. Je suis psy. Rattachée à un service de cancérologie gastrique. Très souvent causés par les dégâts de l’alcool, ces cancers là.
- Bon, Julia, tu viens ? On se met côte à côte ou on s’éloigne ?
- Comme tu le sens.
- N’hésites pas à poser des questions extraordinaires, marrantes, décalées, on se souviendra mieux de toi.

Le premier gong retentit. Un homme s’assit en face de moi. Ben j’espère qu’ils sont pas tous comme ça, parce que ça va être long deux heures sinon… sans être méchante, je comprenais pourquoi il était célibataire. Il avait l’air sinistre. Ni content, ni enjoué, sinistre, comme à un enterrement, vêtu de noir, chemise noire, chaussures noires. On aurait dit un croque-mort. Et la verrue… Bon je sais bien, la nature n’est pas tendre avec tout le monde, mais là la Sécu devrait rembourser. Une grosse verrue sur le nez, tellement grosse que cela lui faisait comme un bec de corbeau. Et comme il avait de petits yeux, enfoncés, et rapprochés, on aurait dit un corbeau. Je m’attendais à ce qu’il croasse. En plus, on était censé avoir entre trente et quarante ans, mais là, il faisait au moins 50 ans, vu ses fringues.

Lui : Bonjour, allez-vous bien ?
Moi : Bonjour, je vais bien (vive la platitude…)
Lui : Est-ce que la religion est importante pour toi ?
Moi : Ah je ne crois que en moi. J’ai même arrêté de croire en l’espèce humaine. Trop de cons sur cette Terre. Je HAIS les religions, c’est des sectes pour moi, toutes religions confondues, et s’il y avait moins de religion sur terre, y aurait moins de guerre.
Lui : Ah, vous ne savez pas ce que vous perdez, vous vivez dans le péché, je suis témoin de Jéhovah.
Moi : Ben on va attendre le gong, ça va pas être possible.
Lui : Vous semblez belle, intelligente, vous devriez lire la Bible, vous auriez la révélation de votre vie.
Moi : stop ou je vais devenir violente.
Lui : Et vous seriez plus heureuse…
Moi : Je l’ai lu et je me suis dit quel tissu de conneries ! J’ai fait des études d’histoire, et vu les anecdotes qu’il y a dedans, elle a pas pu être écrite à l’époque où elle est censée avoir été écrite. Je ne veux pas parler de cela. Vous m’importunez.
Lui : On discute c’est tout.
Moi : Non, vous me vendez votre prosélytisme de merde, et mal en plus, vous vous êtes trompé d’endroit, allez au marché le samedi matin. Vous nous faites chier avec vos religions
.

Et je me levai, pour aller aux toilettes. Autant en profiter. S’ils sont tous comme cela j’attends Lola dehors. Ah Patrick… J’attends Lola, j’attends Lola qui ne vient pas… mais comment ça va pour vous aujourd’hui ??
Je revins au gong suivant.
Je repris ma place. Le second monsieur semblait plus classe. Moins croyant en tout cas.

Lui : Quand s’est terminée ta dernière relation ?
Moi : Bonjour, c’est en option ? Et depuis quand on a gardé les cochons ensemble ?
Lui : Oula… Du caractère. J’adore. Votre prénom ?
Moi : Jeannette.
Lui : Enchanté Jeannette, je m’appelle Marc, j’ai 32 ans, je suis commercial.
Moi : Enchanté. (Je voyais Lola qui rigolait sur sa chaise.)
Lui : Le sexe, ça compte pour toi dans une relation de couple ?
Moi : Oui, mais cela dépend des moments, parce que parfois avec mon métier…
Lui : Vous faites quoi comme métier ?
Moi : Actrice, dans le porno.


Il s’étrangla avec sa gorgée de verre. Il me regarda ne sachant pas si je disais la vérité ou pas. Faudrait qu’un jour j’apprenne à jouer au poker, je devrais gagner sans problème.

Lui : Vraiment ? C’est comme on imagine ?
Moi : En mieux ! Je rigole, je voulais voir votre tête. Je suis psy, je suis rattachée à un service de cancérologie, j’aide les patients en phase terminale de cancer du foie, notamment dû à l’alcool.

Cette fois, il recracha la gorgée dans le verre. J’avais prononcé les mots magiques. Cancer terminal.

Moi : Peux-tu m'excuser? Mon chat s'ennuie s'il n'entend pas ma voix sur le répondeur à chaque heure.

Il me regardait, sidéré pianoter sur le téléphone, et parler dedans.

Moi : Coucou minou, c’est maman, je vais bien, ne t’en fais pas, je rentre bien ce soir.
Lui : On ne doit pas s’ennuyer avec vous, et les malades doivent vite reprendre le sourire. Je ne sais pas si vous êtes sérieuse, comme ça tout le temps, ou si c’est juste pour vous moquer de moi, mais passons. On va attendre le gong. Si vous êtes vraiment psy, faites-vous soigner.


Bon je l’avais bien mérité et bien cherché. Le pauvre, il avait l’air sympa, mais il ne me conviendrait pas.
Les autres prétendants se succédèrent. J’eus droit au puceau, qui vivait encore chez papa et maman, à 36 ans. A lui, je lui ai conseillé de consulter. Sinon, les hommes étaient quelconques, fades, sans personnalité réelle. La preuve, je m’en souviens plus. On annonça la pause, je suivis Lola et sa cigarette. Un jour, je l’enverrais vers ma collègue qui s’occupe des cancers du poumon. Pour son bien.


C’était le dernier ou l’avant dernier. J’étais blasée, fatiguée. Il semblait de la sorte. Il venait de passer entre les griffes de Lola et semblait épuisé. Quand il s’assit, il me semblait l’avoir déjà vu.

Moi : Bonjour, on se connait, non ?
Lui : Si poser des questions veut dire se connaître, oui on se connait. Vous n’avez pas la mémoire des gens ?
Moi : En théorie si, mais comme je suis venue pour accompagner une copine, soi-disant très perdue et très malheureuse, je n’ai pas pensé à fixer les gens.
Lui : Vous m’avez dit de dire à mon chef que ce serait bien de servir des boissons sans alcool.
Moi : Ah, oui, alors vous ne faites pas partie du personnel ?
Lui : Non, je ne suis pas doué pour l’organisation, et encore moins pour le service. Je suis assez maladroit, mais je sais pas si je dois dévoiler mes défauts tout de suite.
Moi : Non, justement, allez-y.
Lui : Vous voulez vraiment savoir ?
Moi : Bien sûr, les qualités on les met en avant, cela ne m’intéresse pas, par contre les défauts ont leur charme et on cherche à les cacher par tous les moyens. Ils sont bien plus révélateurs de notre personnalité.
Lui : Si vous le dites…
Moi : Vous vous appelez ?
Lui : Georges, enchanté.
Moi : What else ? Non je rigole. Julia, de même.
Lui : Je suis impatient. Peu diplomate, soupe au lait, je danse mal, je râle au volant comme un charretier et je casse tout ce que je porte.
Moi : Rien de bien grave en soi.
Lui : Et vous ?
Moi : Je ne prends pas grand-chose au sérieux, je suis impatiente aussi, je déteste faire la queue aux caisses, je mets les pieds dans le plat, je râle, je danse mal, j’insulte les connards du volant.
Lui : Rien de bien grave non plus, alors.
Moi : Je suis psy, dans un service hospitalier, disons que c’est inhabituel. Mais je fais ce métier pour aider les gens.
Lui : Je suis concepteur de cuisine équipée. Mais je fais ce métier pour aider les gens.
Je rigolais. Il a l’air pas mal celui-là. Mal habillé, pas sûr de lui, mais il a l’air pas mal.
Moi : Pourquoi vous n’avez pas confiance en vous ?


A son tour de s’étrangler avec son verre. Décidément ce soir, je les fais tous tousser…

Lui : Pas confiance, comment ça ?
Moi : Vous tremblez, transpirez. Vous me fixez droit dans les yeux, mais dès que je fais pareil, vous me fuyez du regard. Vous êtes sur la défensive. Vous semblez chercher vos mots, comme pour ne pas dire une bêtise. Vous croisez et décroisez constamment vos jambes, signe de nervosité.
Lui : Vous êtes cash, pardi !!! Vous m’impressionnez en fait. Certains ont dit à la pause que la dernière nana était une tueuse, je confirme. Je tremble parce que je suis impressionné, je transpire parce qu’il fait chaud, vous avez des yeux à tomber à la renverse, et je ne veux pas rougir. Et vous, votre côté je hurle, je crie, je suis la tueuse, ça cache quoi ?


Je me suis retrouvée estomaquée. C’était la première fois que quelqu’un passait par-dessus mes pics et osait poser la question.

Lui : Trop de dérision sous-entend parfois une conception angoissante de la vie, ou en tout cas trop triste. On prend tout à la légère pour oublier la mocheté de la vie

Bluffée. Pour la première fois de ma vie bluffée. Percée à jour par un mec non confrère. Il dut se rendre contre de son effet, car il changea de sujet, comme s’il pensait, un partout la balle au centre.

Lui : Que faites-vous pour le plaisir ?
Moi : Le plaisir…comme hobbies j’aime bien courir, me défouler, un peu de sport ou sinon de la peinture.  
Lui : Jamais de sexe ?
Moi : Si l’occasion se présente, si. Où vous voyez-vous dans cinq ans ?
Lui : Marié à vous.

A mon tour de m’étrangler avec mon verre. Pour quelqu’un que j’estimais sans confiance en lui, franchement, je me suis bien trompée. Mais c’était LA réponse à donner à cette question.

Moi : Et pourquoi penses-tu cela ? On va se tutoyer, puisqu’on est marié.
Lui : Parce que tu es belle, séduisante, tout à fait mon genre de femme, forte à l’extérieure, mais fragile à l’intérieur, et que par ce savant mélange ultra féminin, je vais pouvoir jouer mon rôle de mec protecteur à souhait, et je sens que c’est ce dont tu as besoin, d’être assurée ou réassurée.
Moi : Tu as raté ta profession, deviens psy.


Le gong retentit et il se leva sans plus attendre. L’animateur nous expliqua qu’on devait mettre une croix en face des numéros des hommes qui nous avaient plu. Sans hésiter, je cochais sa case.

Dix jours passèrent, sans nouvelle. Le club appela, pour me dire qu’apparemment, on s’était plu mutuellement.
Il m’appela simplement, en me disant juste « salut, je suis ton futur mari ! » on se vit au restaurant, le repas fut des plus délicieux. Le cadre était sympa, les repas corrects et bien garnis. La conversation était agréable. Il semblait vraiment intéressé, n’hésitant pas à me demander cash si je voulais des enfants, et dans combien de temps. Il me proposa de finir la soirée dans un bar lounge, sympa, j’avais l’impression qu’on se connaissait depuis toujours.
Il me raccompagna jusqu’à la voiture, et me demanda brutalement, sans ménagement :
- Embrasses-tu au premier rendez-vous ?
- cela dépend de qui demande et de qui mérite, répondis-je du tact au tact.
Il déposa un frêle baiser sur mes lèvres, sans chercher à pousser plus loin. Il n’avait pas avancé d’un poil et se penchait pour m’embrasser. Pour un peu, j’aurais bien rigolé. On aurait dit un baiser d’un enfant de cinq ans, content que sa copine lui donne un bonbon. Il me fixait droit dans les yeux, et pour la première fois de ma vie, c’est moi qui fit le premier pas. Je me suis approchée de lui, et je l’ai embrassée délicatement, puis à pleine bouche, insérant volontairement ma langue dans sa bouche.
- Par contre, je ne couche pas le premier soir…dis-je en montant dans ma voiture.
- Parfait, je n’ai pas de capote. Je te rappelle très vite. Rentre bien, bisous, bonne nuit.
Il disparut aussitôt.

Il ne mentait pas, moins de cinq minutes plus tard, il appela. Je laissai le répondeur s’enclencher. J’ai toujours ce premier message, où il me dit embarrassé, comme un enfant de cinq ans, qu’il est amoureux, de moi, de mon grain de folie, qu’il adore mon odeur, qu’il a adoré mon baiser et que si ses ancêtres n’étaient pas descendus de l’arbre des millions d’années auparavant, il m’aurait sauté dessus dans le parking pour me faire jouir direct dans la voiture, mais qu’il voulait plus de romantisme entre nous.

On se fréquenta quelques mois, sortant au cinéma, à des expositions, des vernissages. On se tenait la main, s’embrassait, mais jamais un geste plus loin. Il me présenta ses amis, ses collègues, sa sœur, avec qui je passais presque un entretien d’embauche. Puis ses parents. Ils étaient tendus, comme inquiets d’avoir une psy à la maison. J’avais dû les rassurer en disant que je ne consultais jamais les week-ends, et en blaguant, mais cela n’avait pas réussi à briser la glace.
- Tu m’épouses, tu n’épouses pas mes parents, avait-il dit sur le chemin du retour, d’un ton très sûr de lui.
- Comment ça je t’épouse ?
- Ben oui, je te l’ai dit, il y a quelques mois déjà, dans cinq ans, je suis marié avec toi, mais je ne vais pas attendre cinq ans.
- Attends, attends, ça va trop vite là, je ne suis pas sûre de bien comprendre, tu me demandes en mariage, là, dans une voiture qui pue, au milieu des bouchons du dimanche soir, sans bague ?
- Oui et non. Oui, une demande originale mais ce n’est pas moi qui n’aime pas les traditions. Et non, car la demande, je l’ai faite il y a longtemps, et en cochant mon numéro sur ta fiche, tu as accepté.

Il avait le don de me scotcher, de me laisser bouche bée. Je criais :
- Ce mec me sidère. Tu me sidères. Des années d’étude, des années de labeur pour me faire respecter et me faire un nom et toi tu déboules et tu me bluffes. En fait, tu ne manques absolument pas de confiance en toi. Tu manquerais même presque d’humilité. Franchement, je suis sur le cul.
- Et c’est pour ça que tu  m’aimes.
- Et c’est pour ça que je t’aime, et le reste…

Droit dans les yeux, je le fixais, à moitié sexy et sensuelle, à moitié en colère. Je lui en voulais de ne jamais avoir osé me sauter dessus.
- Quel reste ?
- Ton corps, tes discours, tes idées. Et peut-être le reste, il manque une étape essentielle dans notre relation. Six mois qu’on se fréquente et pas de câlin, pas de sexe, pas d’orgasme…je ne connais pas ton cul, je le fantasme. Mais j’aimerais le mordre, le lécher, le masser. Et passer mes mains entre tes cuisses, pour t’exciter et que tu puisses me prendre, rapidement, en sauvage, en homme mâle que tu es.

Il m’avait semblé qu’il avait fait exprès d’ignorer mes dernières remarques.
- Donc, dit-il d’un ton très sérieux, dans les bouchons, en plein milieu de l’autoroute, donc pour toi, un couple ne peut pas fonctionner sans sexe ?
- Ah non, ce n‘est pas possible, c’est vital le sexe dans un couple. Pas pour la société, on s’en fout d’elle, mais pour le couple en lui-même. C’est ça qui différencie une relation amicale d’une relation amoureuse. C’est le ciment du couple. Les deux doivent être en phase, avoir les mêmes envies, les mêmes besoins. Pas non plus collés l’un à l’autre comme des moules, mais pas non plus un rapport par mois voire par trimestre.


.....
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Message par Madame Picodon le Lun 5 Oct 2020 - 10:51

Plus ça va...
Plus je me dis que je voulais être bûcheronne :  avoir ma cabane au fond des bois vivre en totale autarcie dans ma petite clairière, avoir mon potager chasser un lapin par-ci un lapin par là quelques petits gibiers.... et me débrouiller en totale exclusion sociale.
Couper les arbres nécessaires pour que la forêt puisse vivre et prospérer librement.
Ne pas voir d'humain.... le rêve c'est vraiment utopique.
Mais avoir ce genre de vie aujourd'hui cela suppose avoir mine de rien une excellente santé car pas de sécu pas de mutuelle à payer ne pas avoir de compte en banque être en totale exclusion du système d'argent avoir le matériel nécessaire à la maison pour fabriquer le pain avec le blé que j'aurai récolté exetera... disparaître aux yeux de l'État trop bien !
Pas de portable le pied purée plus de téléphone portable plus de télé....
Le seul truc qui me manquerait serait le groupe électrogène pour avoir un frigo un chauffage dans la salle de bain et la musique !
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Message par Madame Picodon le Sam 24 Oct 2020 - 9:41

Le hasard fait bien les choses. Célibataire depuis quatre ans, enfin quand je dis célibataire, j’entends pas d’histoire sérieuse depuis 4 ans, juste des relations de passage, sans attache, et sans durée.
La fraicheur de cet hiver précoce m’avait fait rentrer dans le bar, pour attendre les copines, au lieu de patienter devant le cinéma. Et je n’avais pas été la seule à avoir cette idée. Il faut dire que des températures négatives, en journée, dès le début du mois du novembre, on n’avait jamais vu ça, en tout cas, pas depuis longtemps. Le café était bondé, toutes les tables étaient prises et plus un siège de libre au bar. Je dus me rabattre sur la table presque vide, juste un homme, de dos, assis, en train de parler, j’espère pas seul. Mais maintenant, avec ces nouveaux baladeurs, ces téléphones, ils parlaient et on pensait qu’ils étaient juste seuls. Je demande poliment si je peux m’assoir, quelques minutes. Il hoche la tête, presque énervé que je le dérange. Et il retourne à sa discussion. Puis il se retourne vers moi, juste dans la foulée, pendant que j’enlève le manteau, le bonnet, l’écharpe, les gants…la totale et ce dès novembre. Comme on dit en Savoie, froid précoce, hiver féroce. Ça promet pour la facture de chauffage…
Il me lorgnait, amusé, et parlait de moins en moins au téléphone, ne répondant que par bribes ou monosyllabes. Je ne l’avais pas remarqué au début. C’est flatteur mine de rien, de se faire mater comme cela. Faudrait pas que cela dure des heures, mais c’est agréable de voir qu’on peut encore attirer l’œil et faire envie. Vaut mieux faire envie que pitié disait ma grand-mère.
Le garçon s’approcha, je commande un café bien chaud, il en profite pour en redemander un. Je n’écoutais pas spécialement la conversation, mais j’entendais une voix féminine à l’autre bout du fil. Je sortis mon portable, pour me donner une contenance, mais aussi pour prévenir les copines que j’étais dans le café au chaud, assise de dos à la porte parce qu’il était blindé.
- Vous allez l’utiliser ?, demanda-t-il
- Pardon ?
- Votre sachet de sucre ? Vous l’utilisez ? ils n’en mettent qu’un, mais je n’aime pas le café sans deux sucres.
- Ah non, je vous le donne sans problème, je bois le café sans sucre.

Quelle platitude comme discussion. Il est mignon pensais-je aussitôt. Sûrement marié, ou casé en tout cas. Il devait avoir la trentaine. Il avait ce style de surfeur, les cheveux qui pendouillaient dans le cou, la chemise manche longue ouverte sur un torse imberbe, avec un collier et une dent de requin. Il me dévisageait, comme pour imprimer mon visage. La voix au téléphone hurlait et attendait apparemment une réponse, qui ne venait pas de sa part. Et sans prévenir, il raccrocha.
- Elle me soûle, dit-il simplement.

Apparemment, il voulait engager la conversation.
- Et merde, dis-je plus haut que je ne voulus.
- Je vous soûle aussi ?
- Ah non, désolé, je devais aller au ciné avec des copines, y en a une qui annule là à la dernière minute. Et si je n’avais pas prévenu que j’attendais au café, je n’aurais pas été au courant.
- Pas cool, compatit-il.
- Je lui réponds vite fait que cela ne se fait pas d’annuler à la dernière minute.
- Vous êtes conventionnelle, apparemment.
- Non, c’est juste qu’elles m’ont forcé à sortir de chez moi, pour me changer les idées soi-disant, et que je sens le coup foireux, je vais me retrouver seule, finir mon café et rentrer chez moi.
- Vous n’êtes pas seule, je suis là, dit-il avec aplomb.

Je commençais à me demander s’il ne pouvait pas être un copain ou collègue ou cousin d’une des copines, et si cela ne sentait pas justement le coup foiré. En même temps, j’étais partie plus tôt pour avoir une place de parking, et les copines ne savaient pas que je serai en avance. Donc ce n’était pas possible.
- Et merde, la deuxième qui annule. Le coup foireux j’en étais sûre.
- Au moins vous êtes sortie prendre l’air.
- Vous ne connaissez pas par hasard une certaine Margot ou une Sandrine ?
- Non, je ne crois pas, je suis sûr même.
- De toute façon, si elles m’avaient fait ce coup-là, vous nierez.
- Vous êtes parano ?
- Non, juste blasée, répondis-je machinalement, en finissant mon café. Vous ne le buvez pas votre café hyper sucré ?
- Je n’aime pas le café chaud.
- Et vous, vous n’êtes pas maso ? vous n’aimez pas le café sans sucre, et chaud, mais vous en commandez quand même…
- Oui parce que j’aime le goût du café froid sucré, un peu comme les glaces, mais reconnaissez qu’il ne fait pas assez chaud pour manger une glace.

J’acquiesçai de la tête. Je jouais avec ma cuillère dans ma tasse vide, machinalement, sans penser à qui ou à quoi que ce soit. Je dus prendre un air super triste.
- On ne se connait pas, vous semblez jeune, vous êtes mignonne, il est passé où le joli sourire qui égaie votre visage ?
- Hein ? Quel sourire ? On se connait ?
- Non, je ne pense pas, je n’oublie jamais un visage, surtout quand il est beau, ajouta-t-il avec un grand sourire.

Je sentis le feu monter aux joues. La honte, je dois être rouge de honte… Son portable vibra sur la table.

- Ma sœur, ajouta-t-il. Elle n’a pas dû apprécier que je lui raccroche au nez. Mais elle me saoule…
- Oui vous l’avez déjà dit.
- On est le 4 novembre et elle me harcèle pour savoir ce qu’on doit faire à manger à la Noël. C’est loin Noël, qu’est-ce que j’en sais, moi, je choisis la veille pour le lendemain, j’ai pas besoin de savoir en novembre ce que je vais manger à Noël et en janvier ce que je vais faire à Pâques…
- Je suis pareil…
- Alors ça doit être un truc de nana, conclut-il en buvant une gorgée de café.
- Non, je disais, je suis pareil, mais comme vous, je suis plutôt impulsive, à choisir mes vacances le vendredi pour le samedi, en fonction du temps, de la chaleur, des disponibilités…quitte à partir avec un sac à dos, à l’aventure.
- Ah…je ne suis donc pas seul sur cette Terre à faire comme cela. Mais je n’aurais pas cru ça de vous, vous semblez très routinière, très conventionnelle, très rigide.
- Ah non, le psychorigide, j’ai donné avec mes parents, ça m’a saoulé, je ne vais pas faire la même chose. Je ne suis pas conventionnelle, pourquoi pensez-vous cela ? qu’est-ce qui vous fait penser cela ?
- Je ne sais pas, une impression, et comme on dit l’impression est souvent la bonne. Les habits, ils font vieux, femme de plus de 40 ans, et je suis sûr que vous avez la trentaine à peine dépassée. Le maquillage discret, votre souci de passer inaperçue…

J’éclatais de rire, mais violemment, et tellement fort, que le silence se fit dans le café. J’en fus gênée sur le coup, il en profita pour se mettre en face de moi. Et quand il se leva de sa chaise, il prit une démarche tellement sexy que ma première pensée fut aussitôt d’être moins sèche avec lui. Son jean lui serrait parfaitement les fesses. Et la vue que j’eus lorsqu’il se retourna pour attraper son duffle-coat me laissa perplexe. Magnifique. Enfin de ce que je pouvais deviner sous le jean. Il me vint l’idée de lui ôter ce jean…
- C’’est plus pratique pour discuter, on aura moins mal au cou…, dit-il en s‘asseyant calmement, en face de moi, sans même que je lui propose.
- Oui c’est sûr. Mais je suis l’inverse de ce que vous pensez. Je pète au lit, rote à table, raconte des blagues de cul en plein milieu du repas….j’ai désespéré mes parents pendant des années, et je dois me retenir pour ne pas être virée de repas de famille, qui me gonflent…
- Alors pourquoi se retenir ?
- Vous, vous êtes psy, pour autant détailler de la personne, vous êtes psy ou psychologue, en tout cas du genre à vous faire des nœuds au cerveau…
- Gagné, psychothérapeute.
Il avala une autre gorgée de café.
- Je m’habille rarement comme cela, mais ma copine Margot ne supporte pas les filles en pantalon, d’où la jupe, courte, les talons…j’ai joué le jeu à fond. Pour ne pas répondre à ses sempiternelles questions. Et pourquoi tu te mets pas en valeur ? Et pourquoi tu veux passer inaperçue ? et pourquoi tu vas pas draguer ce beau blond là-bas ?
- Eh bien, bien joué, cela vous va bien. Vous, je dirais un métier de femme typique, genre secrétaire, mais dans pas dans un bureau.
- Gagné, aussi, je suis architecte je travaille souvent sur les chantiers. Un vrai garçon manqué en fait. Même si cela ne se voit pas là.

Il me plaisait bien, il semblait honnête, à l’aise, j’avais confiance, et pour la première fois depuis longtemps, je remerciais intérieurement les copines de m’avoir posé un lapin.
- J’ai une soirée, chez des anciens voisins, je viens de déménager. Vous m’accompagnez, je n’ai pas envie d’avoir l’outrecuidance de vous demander le 06, et je n’ai pas envie de vous quitter là tout de suite.
Sans hésiter j'ai accepté. Je le suivis donc en voiture, dans le village voisin. Il m’expliqua en franchissant la porte de l’immeuble que ses voisins allaient être contents, qu’ils le voulaient marié, et que comme je n’étais pas conventionnelle, cela l’arrangerait si je voulais bien jouer le rôle de sa petite amie. J’allais protester, et finalement, je me dis que cela allait être amusant, même si on avait moins de dix secondes pour se mettre d’accord sur le lieu de la rencontre.
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