Au sujet d'un homme au caractère difficile

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Message par Hélice le Dim 10 Mar 2019 - 20:36

Petit texte à partir de la consigne du titre... je ne suis pas très convaincu. Les avis et critiques seront très appréciés.

Je profite pour dire que j'aime beaucoup plusieurs passages de ce que j'ai pu lire sur "Explode" (et je ne suis pas amateur de ce type de format) et certaines "idées" de Jeremy34 dans son fil. Je n'intervient pas car je ne veux pas "salir" votre fil avec un post banal type "C'est cool ce que vous faites". Je pourrais dire aussi que I am so sure défie parfois ma compréhension du français. Je vous les dis donc à travers ce fil au cas où vous passez et au cas où vous accordez de la valeur à l'avis d'un inconnu.

En me relisant, ces phrases pourraient être interprétés comme du frottage de manche gratuit pour avoir des commentaires en retour Dent pétée  Toute ressemblance avec mes intentions réels ne serait que pure coïncidence. Je vous le dit autrement, et cela concerne des personnes auxquelles j'ai déjà répondu directement ou même pas répondu du tout mais lu, la qualité de vos interventions dans cette section me motive à continuer l'écriture (eh merde! ça sonne cucul aussi) SOS SOS Je suis vraiment sincère... comme quand je dis que vos avis me permettraient de m'améliorer Wink

Le texte:

Maria dressait la table en attendant son mari. Ses enfants, Antonio José et Pedro, déjà assis, se chamaillaient comme d’habitude. Antonio José, les deux pieds dans l’adolescence, trouvait son frère cadet d’une infantilité insupportable. Pedro se demandait encore qui lui avait volé son camarade de jeux.

- Antonio José, veux-tu que je réchauffe les lentilles ou tu les manges comme ça ?
- Je ne les mangerai pas, maman, tu les sais, dit Antonio José.
- Niño, ne sois pas têtu. Ton père va arriver et tu sais ce qui va se passer…

En cet instant, le trousseau de clefs d’Antonio, le père, tintait comme une clochette en s’approchant de la serrure. Maria avait raison, trois soirs elle avait sorti le plat de lentilles, trois soirs elle l’avait remis au frigo sans une cuillère de moins. Pendant ce voyage aller-retour le malheureux plat de légumineuses entendait toute sorte d’injures. Le carnaval de gros mots contenait souvent, mais pas que, des menaces d’extradition, d’ex-communion, d’exorcisme et avant tout des menaces de feux d’artifice à la poudre de poing. Comme tant d’autres occasions, l’inexorable passage du temps s’apitoyait du jeune garçon et conférait finalement un aspect visqueux et poilu à la surface du bouillon, rendant la préparation inconsommable. Si jamais cela aurait pu mettre fin à ses jours, il l’aurait peut-être mangé. Pourtant, il savait que plus probablement, après avoir eu la chiasse pendant quelques heures il serait encore vivant, prêt à se faire traiter de bon-à-rien. L’ogre était toujours à l’affut.  Ne me prenez pas mal, c’était Antonio qui s’auto-dénommait souvent « l’ogre », comme pour formaliser l’idée que chacun, dans cette famille, avait dans sa tête. Qu’ils soient tous d’accord, au moins une fois ! Quelqu’un de plus raffiné aurait affirmé avoir un « caractère difficile » mais il n’était pas là pour tourner autour du pot. Et surtout, l’allégorie de l’ogre ne signifiait pas, en aucun cas, un aveu de culpabilité. Antonio s’en foutait royalement. Croyez-moi, Antonio, je le connais bien.

Ces situations étaient récurrentes. Si ce n’étaient pas les lentilles, c’était le pain qu’Antonio José ou Pedro, mangeaient de trop ou pas assez. Les miettes sous la chaise… La chair du fruit gaspillé dans la pelure… Le verre d’eau laissé à moitié vide sur la table, ou à moitié plein… cela ne faisait pas la différence. Tout comportement, banal qu’il puisse paraitre, passait au crible de la gestapo. L’ogre avait un avis sur tout et pour tous. Aux yeux d’Antonio, son ainé passait trop de temps à l’intérieur, allongé sur le canapé. Au contraire, le cadet trainait toute la journée dehors, chez les uns ou les autres. Antonio lui croyait tellement débile qu’il était devenu, de par sa simplicité, le binamé de tous. Une sorte de mascotte.  C’était pour ces deux-là qu’il se donnait des corvées de six heures du matin à six heures du soir ? Qu’il chargeait des sacs de ciment jusqu’à perdre le compte? Qu’il se faisait snober, après journée, par des bobos incapables de remplacer une simple prise? Lui, qui n’avait pas terminé l’école primaire pour travailler dans les champs, se décarcassait aujourd’hui pour amener ces deux branquignols à l’université un jour. C’est peut-être pour ça qu’à chaque retour à la maison, inconsciemment, Antonio récoltait en avance le prix du minerval. Les enfants payaient en malheur comptant. Pour Maria, autrefois l’amour de sa vie, Antonio avait ouvert une ligne de crédit avec un taux de souffrance très avantageux. Le futur lui donna vite tort. Le même futur qui m’a foutu Antonio dans les pattes.
Hélice
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