Inhibition intellectuelle

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Message par Phtos Dim 12 Aoû 2018 - 12:26

Bonjour à tous.
Je me permets de prendre un peu de votre temps à la recherche de pistes pouvant m'aider. En effet, je pense vivre un état d'inhibition intellectuel, vestige probable d'une longue dépression que j'ai entamé aux environs de mes 8 ans et qui a duré plus de 10 ans, ma dépression avait pour thématiques des questionnements existentielles tels que le sens de mon existence, l'existence de Dieu, le bien et le mal, si ce que je vivais était bel et bien réel ou bien si toute mon existence n'était que le fruit de mon imagination (la mienne ou celle de quelqu'un ou quelque chose d'autre), qu'un rêve médiocre. Je ressentais un dégoût profond de ce monde, de cette humanité, de mon humanité et de mon manque d'humanité (ai-je le droit d'être heureux si d'autres souffrent ?). Ça m'a fait vivre une tension psychologique énorme, énorme et chronique, à postériori je suis étonné d'avoir éviter l'implosion.
Pour en revenir à l'inhibition intellectuelle, j'ai longtemps eu l'impression de ne pas pouvoir mettre mon esprit en pause, j'avais comme des bourdonnements de pensées (souvent non-productifs) ce qui me causa au passage des insomnies durant un bon moment. Puis un jour, vers la fin de ma dépression, ces abeilles ont commencé à se faire de plus en plus discrètes, les bourdonnements devenant des murmures puis un silence mortifère. Aujourd'hui c'est le vide, comme si pour m'entendre penser je devais faire l'effort conscient de crier, réfléchir à un sujet en profondeur me pompe mon énergie car cela me demande l'effort conscient, en plus de penser, de rester focalisé sur le sujet sans me laisser distraire par les sirènes de toutes les futilités qui m'entourent et qui, elles, demandent beaucoup moins d'énergie, grosso modo j'ai perdu le réflexe de penser. Mon esprit et mon imagination se sont en quelque sorte fânés, comme coincé dans l'œil du cyclone, toutefois il m'arrive de m'aventurer en périphérie notamment lorsque je me sens inspiré, là je suis comme débridé. Je précise que mon entourage me trouve plutôt vif d'esprit et énergique bien que j'ai l'impression d'être en deça de mon potentiel, je suis également assez déconnecté de mon environnement et j'ai l'impression d'avoir perdu mes souvenirs, par exemple j'ai énormément de mal à me souvenir de mon enfance et de mon adolescence.
Comment dire, je me sens "Faux", c'est comme si je portais un masque, qu'à force de jouer un personnage "je sois devenu le personnage", un genre d'automatisme, je me sens à des années lumières de ce mirage que je renvois aux gens, en mieux ? En pire ? Je ne saurais dire, mais assurément différent, comme si j'étais spectateur de ma propre existence, condamné à visionner un film dont l'histoire est en deçà de mes attentes.
Pour en revenir à la raison d'être de ce texte : auriez-vous des pistes ou des conseils (tirés de la littérature scientifique ou issus de vos propres expériences personnelles) à me proposer pour sortir de cet état d'inhibition ?
Merci de m'avoir lu et bonne journée à tous.
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Message par Pieyre Dim 12 Aoû 2018 - 13:33

Je qualifierais aussi mon principal problème psychique d'inhibition intellectuelle. Pourtant je n'ai jamais été dépressif, ni insomniaque... enfin je ne correspond pas à ta description. Alors il faudrait peut-être commencer par préciser ce qu'on entend par là.

Voici ce que je trouve après une recherche élémentaire :

http://www.douance.be/douance-troubles-inhibition-intellectuelle.htm
http://www.talentdifferent.com/les-ravages-de-linhibition-intellectuelle-793.html
http://surdoues.e-monsite.com/pages/l-inhibition-intellectuelle.html
http://les-tribulations-dun-petit-zebre.com/2009/05/24/dyssynchronies-et-inhibition-intellectuelle

https://forums.futura-sciences.com/neuropsychologie-psychologie/288348-linhibition-intellectuelle-existe.html

Il semble que ce soit une interrogation qui s'exprime plus volontiers chez les gens qui s'intéressent à la douance, mais que la notion soit contestée.

J'avais constaté de même un fort intérêt pour cette notion sur ce forum :
https://www.zebrascrossing.net/search?search_keywords=inhibition

... et puis voici ce que je trouve d'un point de vue plus scientifique :

http://pedagogie.ac-toulouse.fr/garsep/gauvrit.htm
http://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/62680-l-inhibition-intellectuellenote-de-synthese.pdf

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Message par Invité Dim 12 Aoû 2018 - 14:35

Salut,

sais-tu que les dépressifs délaissent souvent les activités qui les stimulaient avant ? Le moindre effort (intellectuel ou non) peut devenir insurmontable, l'état général de la personne relevant de la prostration, de l'avachissement, de la neurasthénie.

Je ne me permets pas de jouer les psys, mais voici ma contribution au sujet :

- inutile d'employer les grands mots (inhibition intellectuelle), si ces symptômes sont courants dans la dépression que tu dis avoir, ou avoir eue ;

- il est un conseil de bons sens de te dire, qu'en cas de dépression, consulter ton médecin peut être indiqué.

Bon courage à toi.

Édition :

Phtos a écrit:Comment dire, je me sens "Faux", c'est comme si je portais un masque, qu'à force de jouer un personnage "je sois devenu le personnage", un genre d'automatisme, je me sens à des années lumières de ce mirage que je renvois aux gens, en mieux ? En pire ? Je ne saurais dire, mais assurément différent, comme si j'étais spectateur de ma propre existence, condamné à visionner un film dont l'histoire est en deçà de mes attentes.

Une réflexion, comme ça : se sentir mal à l'aise en société me parait une conséquence normale même d'une dépression passée. Le dépressif est absorbé à résoudre des conflits internes, et son énergie ne va pas ailleurs (des cures de sommeil sont conseillées, je ne sais pas si c'est pour laisser du temps au cerveau pour faire ce travail*). Si tu t'es plus "penché sur toi-même" que la plupart des gens qui t'entourent, et qui sont globalement bien-portants, alors j'imagine que la conscience que tu as de ton psychisme après avoir subi cette dépression te rend, d'un certain point de vue, plus finaud... ou pour le dire de façon moins positive : plus cassé.

C'est une réflexion personnelle, je ne garantis rien.

* :
http://www.fabriquedesens.net/Anatomie-de-la-melancolie-Le

extrait du lien a écrit:Néanmoins la question demeure, le fait demeure aussi que la mélancolie, je reprends ici une expression qu’emploiera peut-être demain, Jackie Pigeaud, « la mélancolie est une maladie culturisante ». Je crois que cette expression dit tout. C’est la maladie de la culture. Elle vient de ce que nous découvrons que nous ne sommes pas un être simple. Nous sommes double, nous sommes au moins deux. C’est de là que nait la culture. La découverte de ce que l’on ne se réduit pas à soi.

Phtos a écrit:ma dépression avait pour thématiques des questionnements existentielles tels que le sens de mon existence, l'existence de Dieu, le bien et le mal, si ce que je vivais était bel et bien réel ou bien si toute mon existence n'était que le fruit de mon imagination (la mienne ou celle de quelqu'un ou quelque chose d'autre), qu'un rêve médiocre. Je ressentais un dégoût profond de ce monde, de cette humanité, de mon humanité et de mon manque d'humanité (ai-je le droit d'être heureux si d'autres souffrent ?). Ça m'a fait vivre une tension psychologique énorme, énorme et chronique, à postériori je suis étonné d'avoir éviter l'implosion.

Par rapport à la perte de sens :

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Acédie

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