Pavé - Ma vie en faux self - s'en sortir?

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Message par Kanou le Mer 25 Avr 2018 - 2:14

Bonjour à toutes et à tous,

Je m’excuse d’avance pour la longueur du message. J’explique un peu tout le processus qui m’a amené jusqu’à cette question, est ce que j’en fais partie ? Pour les plus flemmards, j’ai mis dans le spoiler le processus qui m’a amené sur cette voie…

Comment se présenter, quand on ne sait pas qui on est. J’ai 25 ans, et aujourd’hui j’ai des doutes sur mon éventuelle « douance » ou différence. Je n’ai pas la force, ni le courage d’en parler à quelqu’un, mais j’ai besoin d’en parler. Je me suis renseigné sur le sujet en une dizaine de jours, et tout ce que j’ai pu comprendre, en analysant mon comportement et mon passé, mon vécu, font que je suis maintenant perdu dans la fameuse question qui  suis-je ? Un imposteur, un manipulateur pour le bien, un fou, un skyzophrène (hypothèse déjà écartée mais qui m’a traversé l’esprit) ? Tant d’interrogations intérieures que j’ai décortiquées, la peur au ventre d’être simplement un grand fou, mais avec une froideur intellectuelle immense…

Je vais tenter de retranscrire mon comportement avant que n’arrive cette interrogation de zébritude, puisque c’est tout récent je sais encore très bien ce que je ressentais avant d’intégrer ce paramètre.
processus:

Voila comment tout a commencé. Avec une histoire d’amour. Tout se passait bien, au début madame était bien plus accro à moi que l’inverse. Puis après plus d’un an, elle m’annonce qu’elle a rencontré quelqu’un d’autre, ce qui lui a fait ouvrir les yeux sur moi et sur notre relation. S’en suis de nombreuses révélations, elle m’expose mon problème de communication, le fait que je n’exprime rien, aucune émotion, je peux rester de marbre dans n’importe quelle situation.  Le fait d’entendre tout ça me fait réaliser à quel point elle me comprend, la seule d’ailleurs à me comprendre, et à quel point je l’aime en partie pour ça. J’analyse donc le problème, ce manque de communication et d’expression des sentiments. Il en ressort une vérité de laquelle j’avais conscience sans en avoir conscience, des choses sur laquelle je me voilais la face depuis toujours. Je ne suis pas proche du tout de mes parents, on ne partage rien en terme de sentiments, on ne parle jamais, bien que je vive avec eux, les seules interrogations sont d’ordre matériel, et ça m’insupporte tellement je trouve ça futile. Je me braque donc, et le dialogue est devenu au fil des années de plus en plus difficile. Ce n’est tellement pas à ça que devrait ressembler une famille. Mais d’un autre côté je suis reconnaissant car je n’ai jamais manqué de rien et qu’ils ont toujours été là (d’un point de vue matériel seulement au final).  A force de me battre, nous avons décidé avec ma copine de retenter ensemble, que j’allais faire les efforts pour me libérer de mes barrières. Car oui tout cela m’a appris sur moi-même que je m’étais mis des barrières mentales, pour me protéger. De plus en plus solides au fil du temps. Je ne me sentais pas moi-même, et je savais que sans ces barrières je serai la personne idéale pour elle (hypersensible, je me pose la question). Mais les difficultés sont devenues trop grandes. Je n’avais pas de solutions pour me sortir de cet enfer que je m’étais construit. Elle a mis l’accent sur d’autres problèmes, comme mon manque de spontanéité, le fait que j’étais quelqu’un de très intelligent qui comprenait quand ça n’allait pas et rectifiait le tir, mais avec un cruel manque de passions et d’envie, comme si rien ne m’intéressait. Et j’étais là, au pied du mur, incapable de trouver une solution pour arranger tout ça, alors que j’ai toujours su trouver des solutions, être de bon conseil ou faire une analyse juste et objective d’une situation. Mais là, il s’agit de moi, et c’est terrifiant. (pour expliquer mon manque de passion, je répondais que tout m’intéressait, qu’il y a tellement de possibilités que oui, je ne sais pas quoi privilégier). Nous avons également fait un petit « jeu » pour tenter de m’aider, en établissant une liste de ce que j’aimais chez moi, et ce que j’aimerais changer, chacun de notre côté. Au final, on retrouvait les même traits. Beaucoup trop gentil, manque de spontanéité, attacher trop d’importance au regard des autres, introverti, trop réfléchi dans ses paroles et gestes…

Au final, nous nous sommes séparés au début du mois. La froideur avec laquelle j’ai pris ça donnait l’impression d’un je m’en foutisme. Mais non, j’attendais juste que la sentence arrive.  Je savais que mon incapacité à réagir à mes problèmes persos  aurait cette conséquence. Je ne laisse rien transparaitre, jamais. Le contrôle que j’ai sur moi et mes émotions est incroyable (d’après elle). Au fond de moi je pleurais toutes les larmes de mon corps, mais j’ai enfoui cette tristesse au plus profond de moi en un instant. Je peux donner cette impression d’aller bien.

Bon c’est bien gentil tout ça vous allez me dire, mais viens en aux fait Very Happy J’y viens. Quelques jours après je passais un entretien d’embauche dans une grosse société, où ils analysent tous les détails pour trouver le meilleur profil. Test de personnalité au travail etc… Pendant l’entretien, je suis stressé, très stressé, ils essayent de me mettre à l’aise et essayent d’en savoir plus sur moi, mon fonctionnement. Et c’est là qu’une partie de conscience et de lucidité a jailli. Ils me disent en gros « vous avez les compétences et le profil, ça se voit, mais on est obligé de vous tirer les vers du nez » en gros.  Je me suis vu leur expliquer que j’étais très mauvais pour parler de moi, tout en pensant, que à chaque question qu’ils me posaient, une multitude de réponses me venaient en tête… Une assez spontanée, celle que je savais qu’ils voulaient entendre dans l’idéal mais qui ne me correspondrait pas, celle qui me correspond mais qui m’éliminerait, celle qui me correspondait et pourrait coller au poste. Tout ça en quelques secondes, même pas. D’où mes difficultés à échanger… Je voulais donner la réponse qui faisait mouche, tout le temps, et qui contenterait la personne en face. Sauf que c’est effrayant de réaliser que c’est ce qu’on a toujours fait, inconsciemment, avec tout le monde, famille, amis, collègues…  Pendant que je pense à tout ça l’entretien continue, et la personne en face de moi, que je sentais bienveillante, creuse et je lui répond que oui j’ai toujours su m’adapter aux autres tel un caméléon (je l’ai pas dit comme ça mais c’était ma pensée), que dans le travail j’analysais toutes les possibilités, hypothèses, sans rien laisser au hasard pour trouver la meilleure solution possible… Je parle de moi, de mon fonctionnement, je dis des choses que j’ai toujours fait inconsciemment  et je réalise tout ça lors de cet entretien…  Et la il me demande si j’ai l’impression que mon cerveau est tout le temps en marche, comme un microprocesseur, à traiter des donnés. Je dis oui voila (comme tout le monde quoi dans ma tête). Il poursuit et me demande si j’ai déjà été détecté, je suis surpris,  ça me semble absurde, je répond que non… Et là, il me demande si je me sens plus intelligent que les autres… Je suis surpris, je bafouille, un sentiment de gêne et de honte monte en moi, je répond que oui ça m’arrive parfois, que c’est plutôt que je comprends plus vite, que j’ai réussi assez facilement certaines choses (dans ma tête il fallait surtout rajouter sans en être  motivé, comme à l’école) , mais bon je peux pas décemment  affirmer ça, ca ferait tellement hautain ou imbus de sa personne. Alors que tout ce que je dégage c’est ce manque de confiance en moi et mes capacités.

L’entretien fini, le soir je me renseigne sur les « surdoués ».  Pour moi c’était juste quelqu’un d’hyper intelligent, qui réussit tout, un peu comme dans Malcolm Very Happy J’en étais tellement loin ! Mais force est d’admettre que je me suis reconnu dans la définition et les problèmes rencontrés par un surdoué. J’ai lu des articles, vu des vidéos (certaines de bullshit), tout un tas de chose. Et plus j’emmagasine d’infos, plus j’ai timidement cette impression que c’est moi. Mais impossible d’en parler, quel manque d’humilité sinon si je me trompe. Alors avec cet œil nouveau, j’ai analysé un bon nombre des mes comportements. Je me rend compte que j’ai toujours fait certaines choses inconsciemment, mais maintenant je peux le voir. Une histoire de faux self de ce que j’ai compris. Et le mien me semble tellement solide, mais tellement fragile sous le masque. Du coup mon état de conscience ne correspond qu’à mon faux self. C'est-à-dire que j’ai l’impression de voir la limite de mon inconscient, à travers un voile, qui contient toute cette conscience, cette lucidité que j’ai enfoui, emprisonné pour ne pas souffrir.  Le tout avec toutes mes émotions, car dans le fond je suis hyper empathique et hypersensible, mais ce faux self a appris à les contrôler et les enfermer. Voila ma plus grande peur, que faire de ce faux self, que j’ai construit et solidifié au fil du temps, sans m’en rendre compte ? Que vais-je trouver dessous ? Depuis quand est-il là ? C’est tellement un monde inconnu, cette part de conscience qui a été mise au silence, que j’ai l’impression qu’il n’y a qu’un gros vide… Un extrait de ce que j’ai écrit il y ‘a quelques jours :

« Cette carapace, sûrement que je l’ai construite pour me protéger, que petit à petit elle a enfoui certaines de mes émotions, à la base pour me protéger. Mais au final peut-être qu’elle a pris le dessus. Car en plus de me protéger, elle voulait protéger les autres. J’ai ce sentiment d’avoir cette empathie, cette facilité à comprendre le ressenti des gens,  à les cerner super facilement. OH chouette ! mais non en fait. Car ce « pouvoir » je sens qu’elle s’en est emparée au détriment de mon esprit et mes émotions. Du coup, si elle voit ce qui blesse les gens, les touche, elle fait en sorte que ça ne vienne pas de moi. Oui je suis très gentil naturellement, mais mon esprit sait faire la part des choses quand il faut. Elle non. Du coup ça me rend « trop » gentil. C’est flippant en fait… »

Au final, je ne sais ni qui je suis, ni quelles sont mes envies, mes désirs, mes passions. Je voudrais redevenir moi-même, ne plus brider mon esprit, ne plus me sentir comme un robot monotone dans une société de fou… Ne plus me sentir vide d’émotions. Ne pas seulement vivre au travers d’une intelligence froide, qui analyse, comprend les autres et agit en fonction de cela… Pour leur faire plaisir, sans jamais penser au mien (une sorte de manipulateur avec de bonnes intentions). Je suis tellement lucide, j’arrive à m’auto-analyser objectivement, à comprendre des mécanismes, sans pour autant ressentir l’émotion qui va avec. Pourtant je les vois elles sont là, à la limite entre mon conscient et mon inconscient, mais pourtant inatteignables. En plus de ce que je vois, c’est rempli de larmes, de tristesse et de désillusions, je comprends pourquoi elles sont enfouies (les larmes peuvent me monter facilement si je parle ou réfléchi trop à certains sujets, mais je contiens ce flot coute que coute, tout est dans ce contrôle démesuré) . J’ai l’impression de vivre ma vie à la 3ème personne et d’être mon propre pantin, c’est terrifiant vraiment. Je ne me connais pas, je me sens vide, je veux quitter mon masque, mais je n’ai aucune idée de ce que je suis en dessous… Je suis victime de ma propre manipulation, comment est-possible d’avoir réussi à autant se voiler la face en bridant son esprit avec autant de facilités ? C’est compliqué à expliquer, mais je vois bien cette part de moi que j’ai enterré. Tellement de choses qui ne me conviennent pas mais pour lesquelles je n’ai jamais osé le dire, ni même me l’avouer à moi-même. Je me suis façonné seul, pour répondre aux critères de la société, à mon contexte familial tout d’abord, puis celui de l’école, et j’en ai oublié mes critères intérieurs… Et même en étant conscient de tout cela, j’arrive à faire croire que je vais bien autour de moi…

Alors je ne sais pas si je suis un zèbre, ou un fou, et je sais que malgré mon pavé il manque énormément d’informations que j’ai en moi, mais je pourrais en écrire un livre. Une petite anecdote « amusante » : il y a quelques mois je suis passé dans un cirque, voir un peu les animaux, et il y avait un zèbre (je ne connaissais pas du tout cette notion à cette époque). Croyez le ou non, mais le voir de si près, je l’ai trouvé magnifique, majestueux.

C’est déjà bien assez pour aujourd’hui, merci à vous si vous avez eu le courage de me lire et désolé si vous aurez sûrement l’impression d’avoir  perdu 10 min de votre vie. Je sais bien que mon pavé ne parle pas de ce qui me fait penser être zèbre, que mon histoire telle qu’elle n’argumente pas cette possibilité. Je peux le faire si certains le désirent, je comprendrais cette interrogation (qui sera vérifiée quand j’en aurais les moyens). C’est normal, à l’heure actuelle, l’important à mes yeux est de parvenir à faire tomber le masque, à me (re)découvrir, et enfin vivre et arrêter de survivre sous un masque.

Soyez tolérants svp, c’est bien plus difficile pour moi que ce que ça en a l’air… (et désolé si c’est un peu brouillon ^^)

Amicalement, au plaisir de lire vos conseils et avis ! Smile

Kanou

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Message par Invité le Mer 25 Avr 2018 - 22:41

Salut Kanou. Si je peux te rassurer, ton texte est très cohérent. Tu n'as pas à t'excuser d'écrire, tu es là pour ça. On n'est pas obligé de lire si on n'a pas envie. Pour ma part je t'ai lu. D'ailleurs je serais curieux de savoir quel boite détecte les zèbres (je n'aime pas trop ce mot, je préfère 'sur-efficient' qui me parait plus adapté).

Si tu parles de faux-self, tu as dû lire un bouquin de Christel Petitcollin, quoi que je ne sache pas si elle a inventé ce terme ou si c'est d'une utilisation courante.

Tels que tu te décris, tu as tous les critères, mais j'ai tendance à me dire, quelle importance ? L'important pour le moment c'est ce que tu penses. Si tu te reconnais dans une description qui te conviens, et bien welcome ! D'autant plus si tu es intelligent, sensible, que tu as de l'empathie, et que comme moi, tu sais "lire" les gens. Pour ma part, car je ne peux parler que de moi, je n'ai apris la notion de zèbre qu'assez récemment. Depuis toujours, j'ai senti une différence profonde entre moi et les autres. Des évidences qui ne l'étaient pas pour tout le monde, des facilités que les autres n'ont pas, un tas d'éléments qui pris séparément ne sont pas si extraordinaire que ça, mais en les cumulant, ça devient assez peu courant en fait. D'autres personnes que moi, qui auront un parcours plus proche du tient pourront certainement te donner des conseils. Je voudrais te dire au minimum de croire en toi, et ne plus te limiter. Cela viendra si tu en as pris conscience, tu trouveras les solutions qui te conviennent.

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Message par Kanou le Jeu 26 Avr 2018 - 1:31

Salut Xav, merci pour ton courage de lecture Smile

En ce qui concerne la boite, je me suis peut-être mal exprimé, ils ne détectent pas les "zèbres"  à proprement parler. (moi non plus je n'aime pas ce mot, mais c'est le plus engageant à mon goût parmi tous). C'est une grosse société française, et donc les entretien sont assez poussés pour trouver le profil idéal, et j'ai au préalable réalisé un test de comportement au travail, le PFPI (assez compliqué d'ailleurs j'ai remarqué, car en lisant la question tu sais quelle réponse tu donnerais honnêtement et quelle réponse leur convient le mieux). Du coup pendant cet entretien, les questions étaient beaucoup plus dans le but de comprendre mon fonctionnement, pas forcément les questions classiques. J'ai juste eu de la chance de tomber sur cette personne assez perspicace (avec peut-être des notions sur le sujet) pour en arriver à se/me poser cette question.

J'ai entendue parler de faux self dans des vidéos, je me suis renseigné un peu, et donc un raisonnement en entraînant un autre, ça m'a un peu ouvert les yeux sur moi-même en prenant du recul sur ma façon d'être. Mais si ce livre peut m'apporter des pistes pour me retrouver je suis preneur !

Tout ça est également tout frais pour moi, 3 semaines grand max ! Ta vision des choses me parle énormément, c'est parfaitement dit ! "Des évidences qui ne l'étaient pas pour tout le monde, des facilités que les autres n'ont pas, un tas d'éléments qui pris séparément ne sont pas si extraordinaire que ça, mais en les cumulant, ça devient assez peu courant en fait."
D'où le fait qu'il est impossible de se sentir "supérieur", que le nom de "surdoué" m’horripile, toutes ces petites choses mises bout à bout forment un tout, mais ce tout n'empêche pas de garder les pieds sur terre.

Oui, à partir du moment où j'ai (re)pris conscience de certaines choses, j'ai l'impression d'avoir enfin trouvé l'entrée du labyrinthe qui me mènera vers un épanouissement personnel bien plus profond. Alors oui le chemin est encore long, mais c'est déjà une grande avancée dans mon esprit. Merci pour tes encouragements, les solutions arriveront petit à petit, le travail sur moi-même à réaliser me semble important mais je me sens capable de le faire, c'est le principal.

La prochaine étape crucial à mes yeux étant d'apprendre à maîtriser ce faux self (et non l'inverse, il m'a bouffé), car je sens bien qu'il est nécessaire de parfois jongler avec selon le contexte, et de trouver le moyen de me retrouver moi-même. Je me suis perdu de vue, Et c'est pour ça que je suis là aujourd'hui. Tout avis est bon à prendre, et j'espère que l'expérience bien plus grande de certaines personnes ici me sera favorable !

Quant à toi, je ne sais pas où tu en es, mais comme c'es récent je suppose que tu cherches des "tuyaux", bon courage dans ton aventure! Car se connaître au final, ça fait partie des enjeux pour être bien dans sa vie.

Kanou

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Message par Invité le Jeu 26 Avr 2018 - 15:03

Se sentir "supérieur".. haha, on pourrait en parler longtemps. Je pense qu'il y a un paradoxe la-dedans. Si je regarde les faits, et l'ensemble des gens avec qui j'ai vécu, je me dis que quand même, je ne me suis pas trop mal débrouillé. Je me sens plus fort que la majorité des gens dans une diversité de domaines. J'ai une affinité avec la logique bien supérieur à la moyenne. J'ai la sensation que je pourrais faire absolument tout ce que je veux de ma vie, car si je m'en donne les moyens, je réussirais forcement. Mais en même temps, je ne peux pas me lancer dans un projet unique pour toute ma vie, car dès que j'entrevois que j'ai fais le tour du sujet, et que je sais que le projet est viable et ficelé, je n'ai plus d'intérêt à le finir, car je sais que c'est déjà gagné. Je ne suis même pas vénal, ce qui pourrait me motiver dans certaines choses. Donc d'une certaine façon, je me sens quand même supérieur en potentiel et en capacité, mais la diversité fait que je survole bcp de choses, et dans mes relations sociales, je me sens souvent inapte au bonheur. En y réfléchissant, je sais que le problème ne vient pas spécifiquement de moi, ni des autres, mais d'attentes qui diffèrent, et d'intérêts plus vastes, ou de cantonnements qui m'asphyxies.
Je m'adapte de trop, et c'est autant une force qu'un désavantage, car ce n'est pas non plus rendre service aux autres que d'être ce qu'ils attendent de nous. On a le droit d'être nous même, et les choses fonctionnent mieux quand elles sont vrai. Même si cela doit faire le tri dans les relations, au final, c'est pour le bien de tous. On ne peut pas être sincère dans la simulation, c'est donc une forme de mensonge, et ce n'est donc pas souhaitable.

Pour le bouquin, il s'agit de "Je pense trop", de l'auteur que j'ai cité précédemment. J'y ai découvert la notion de "normaux-pensant" (je l'avais acheté pour ça en fait), et que nos différences sont bien plus profondes que les simples constats de la vie quotidiennes. Je l'ai trouvé vraiment très intéressant, même si elle idéalise un peu parfois les zèbres. A vrai dire, un livre dédié aux "normaux-pensant" m'aiderait d'avantage, car je sais déjà comment je fonctionne.

Edit :
Pour le bouquin, elle parle bcp du faux-self, ca devrait t'intéresser. Ca se lit vraiment facilement.

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Message par falke le Ven 4 Mai 2018 - 22:44

Salut, même questionnement que Kanou, par rapport au faux - self , j'ai ouvert un sujet il y a pas si longtemps sur la question de l'authenticité.


Une fois qu'on sait comment Etre soi-même (authenticité) sans se faire bouffer (protection par le faux-self).

Autrement dit va t-on être obligés de garder le faux -self pour nous protéger , même si l'idée est de le diminuer, si l'on souhaite vivre sa vie de façon authentique

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Message par Starrk le Jeu 24 Jan 2019 - 16:43

@Kanou : Ton message me touche énormément car il décrit avec une une précision troublante ma propre histoire. C'est assez déstabilisant de pouvoir se lire à travers une autre personne de cette façon. La notion est toute récente pour moi et le travail s'annonce long...

Où en est tu aujourd'hui ?

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Message par Guigui s le Mar 31 Mar 2020 - 6:20

Le faux self faut le désintégrer et juste aprendre à s'affirmer et à réagir face à l'égo et les limites des gens.
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Message par toutestpossible le Sam 4 Juil 2020 - 10:22

Coucou Kanou,

Déjà, ne t'excuse pas, tu es là pour ça et il n'en tient qu'à nous de prendre 10 minutes de notre vie pour lire ce que tu ressens ; c'est déjà assez compliqué de se mettre à nu, pas besoin de se rajouter une sorte de honte, c'est courageux au contraire.

Dans tes capacités d'auto-évaluation, froides, mécaniques et objectives... C'est effectivement un trait que l'on retrouve chez pas mal de zèbres. D'ailleurs, quand je parle avec mon psy, je devance et anticipe très souvent ce qu'il va dire, je sais déjà le " pourquoi du pourquoi ". C'est assez cruel comme sensation, mais une force immense c'est que m'a dit un jour un pote : t'as une chance énorme, c'est de savoir toujours te remettre en question. Je commence à 27 ans, à comprendre que c'est vrai.

Le faux self ( tu as sans doute lu des livres, vu des conférences de Jeanne Siaud Fachin ? impossible de la louper dés qu'on commence à s'intéresser aux zèbres ), est très intime à chaque zèbre mais c'est effectivement une autre caractéristique, mais pas chez tout le monde.
Si je prends mon exemple ( désolée si ça parait égocentrique, mais c'est bien ce que je connais le mieux ! ), j'ai refusé d'être " intelligente " : première de la classe avec un an d'avance, mais profondément seule et moquée par mes camarades, j'ai compris ( vers 12-13 ans ) qu'être rebelle, avoir des mauvaises notes, répondre aux profs, faire semblant de ne pas savoir, me ferait accepter par le " groupe ". La " masse sociale adolescente ". Et ça a parfaitement marché : je suis devenue " populaire ". Plein d'amis, plein de soirées... mais rien d'enrichissant, des amitiés de surface, des soirées qui me permettait surtout de goûter à diverses drogues, et noyer littéralement ce cerveau qui pense trop.

C'est en reprenant une conversion prof. vers 25 ans, que je me suis " re-rendue " compte de mon potentiel, que j'avais totalement occulté. D'autant que contrairement à beaucoup de zèbres qui l'apprennent sur le tard, j'ai toujours su que je l'étais, même s'en passer les tests. Je ne compte plus les instits, les profs, formateurs qui ont fait part de ma " précocité " à mes parents, j'ai vu une thérapeute et psy étant ado qui ont tout de suite pointé le " problème ". Mais j'ai nier. Inconsciemment ou pas, surdoué = génie, hors, je ne suis pas un génie, je n'ai pas inventer le prochain ordinateur quantique, écrit un opéra à 8 ans... C'est uniquement depuis des recherches perso et des rdv chez un psy, que je réussi à me réapproprier mes rayures.

Donc, ce faux-self... Savoir " quand " on a commencé à le créer peut-être une première démarche ? Pour ma part, cela à mis en exergue le fait que c'était sentiment d'exclusion douloureux qui m'a fait prendre un masque. Et que cette peur d'être exclu, m'empêche d'être moi même.

Et oui, le faux-self protège : on s'en prend pas réellement à nous, mais bien au masque que je veux renvoyer à la société. Par exemple, au travail, je suis perçue comme une anarchiste, féministe, fumeuse de joint. Souvent, on me juge via ces 3 aspects, hors, c'est très très très loin de la réalité. Oui, c'est une partie de moi, j'aime les libertaires, je crois en l'égalité des sexes et aime fumer de la beuh. Mais c'est une " petite " version de moi, que les amies qui me connaissent vraiment, savent être beaucoup plus nuancé, complexe et riche. Et cette version de moi, est pas mal inclue au travail, donc, j'ai arrêter de perdre de l'énergie à m'expliquer et faire comprendre qui je suis réellement : s'il savait qui je suis vraiment, m'accepterait-il ? Par exemple, j'aimerais bien voir leurs réactions si je leurs disais que je suis " surdoué ". Etant apprentie, j'ai déjà vu le changement quand mon patron à reçu mon bulletin et en a parlé vite fait à mes collègues Laughing Il s'attendait à recevoir un bulletin à l'image de ce que je renvoie au travail : quelqu'un de plutôt moyen. Raté, j'ai d'excellentes notes en n'en branlant pas une, alors que ce sont des matières plutôt scientifiques, ayant eu des études ultérieures, très littéraires. J'en fini par apprendre des choses à mon patron...!

Car j'ai aussi appris ça : le zèbre fait peur ! Seul équidé à ne pas être apprivoisé ( dixit J. S-F ), sauvage, intelligent, intuitif, mais aussi " instable " aux yeux des autres, incernable... Le fait qu'il soit dur de nous juger et de nous cerner joue. C'est dur pour moi à imaginer, j'ai souvent l'impression que je suis très lisse, qu'on voit directement mes émotions, et c'est exactement l'inverse qui se produit.

Prendre conscience que ce faux-self existe, c'est déjà le pied mit à l'étrier, prendre le train en cours de route, et tout autre métaphore ( ! ) pour dire , comme dit plus haut, que tu peux en " jouer ", le moduler, mais ne JAMAIS perdre qui tu es réellement.

Je me suis " perdue " pendant quelques années, et j'ai imaginé toutes les possibilités : je suis folle, bipolaire, autiste, borderline, schizophrène... Eh non, je suis ce que j'ai toujours été, avec l'estime de soi en moins.

Je vois que ce sujet a été fait il y a déjà quelques temps, où en es-tu ?
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Message par Mentounasc le Sam 4 Juil 2020 - 16:15

Guigui s a écrit:Le faux self faut le désintégrer et juste aprendre à s'affirmer et à réagir face à l'égo et les limites des gens.

Bravo !  Impec !  Bravo !  Impec !  Bravo !


Ce à quoi il faut ajouter :
Wikipedia a écrit: même si Wikipédia n'est pas forcément ce qui se fait de mieux en source... Les propositions de vrai self et de faux self de Winnicott ne sont pas acceptées sans réserves. Le premier obstacle, pour les Français tout au moins, tiendrait à la référence au « self », au « soi », qui est moins courant dans la théorie française. J.-B. Pontalis explique que la difficulté peut être située au niveau culturel lui-même.
Pour Winnicott lui-même, la différence entre « moi » et « soi » (self) n'était pas assurée, cependant il tenait à cette distinction, déclarant que l'utilisation du terme « self » concernait directement le fait de vivre.
Jean-Bertrand Pontalis et Maud Mannoni sont très réservés quant à la validité théorique de la distinction du vrai self et du faux self établie par D.W. Winnicott, mais ils reconnaissent la justesse et la nécessité d'un point de vue clinique.

Je crois personnellement qu'il y a beaucoup de masturbation intellectuelle autour de la self, et d'ailleurs, pourquoi ne pas utiliser les termes classiques de la psychologie que sont le MOI, le SOI et le CA !
A mélanger des termes anglais et français sans réelle nécessité, on finit par obscurcir certains cerveaux. Pour ma part, le mot self est généralement banni de mon vocabulaire.
Et j'ai remarqué que je suis loin d'être le seul à penser ainsi, ce qui me rassure (tout en me faisant plaisir, enfin, en satisfaisant un peu mon ego...   arf arf arf )
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