Hannah Arendt - La banalité du mal

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Message par stv82 Dim 12 Fév 2017 - 11:22

Ouh voilà une personne qui a l'air de savoir ce qu'elle veut Smile En tout cas, elle a un regard qui me cause !
Il y a quelques jours, sur Arte, passait un film + un documentaire sur son histoire et sa pensée, et j'ai été interpellé par l'expression la "banalité du mal" comme ce sont des mots que j'emploie souvent. Je n'ai pas vu le film mais j'ai vu un bout du documentaire et j'ai trouvé des choses intéressantes dedans, notamment le passage avec la personne de l'ONG Kerem Navot qui discute avec une personne à propos d'un point d'eau en Palestine (vers 0:17:30).

Hannah Arendt - Écrits Juifs a écrit:
Le mal est un phénomène de surface. Nous résistons au mal en refusant de nous laisser submerger par la surface des choses. En nous arrêtant et en réfléchissant, c'est-à-dire en dépassant l'horizon du quotidien.

Plus une personne est superficielle, plus elle est susceptible de céder au mal. C'est la banalité du mal. Un indice de cette superficialité est l'usage des clichés.

Voir le contexte plus général (en anglais)

Documentaire


Hannah Arendt - Du devoir de la désobéissance civile - environ 1h30:

Description CapTvTy a écrit:Hannah Arendt - Du devoir de la désobéissance civile
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Un éclairage passionnant sur l'influence et l'héritage de la philosophe Hannah Arendt dans la pensée politique
Diffusé sur Arte le mercredi 1 février 2017 à 22:44 - Durée : 1 h 29

"Mon métier, c’est la théorie politique, je veux comprendre", disait Hannah Arendt. Née en 1906 en Allemagne, la brillante étudiante juive de Martin Heidegger, avec lequel elle entretient une relation intellectuelle passionnée, assiste à la montée du nazisme et s’engage, avant de choisir l’exil en 1933. Une expérience fondatrice qui imprégnera sa pensée et l’amènera à analyser l’essence des totalitarismes, avec une profonde acuité et un anticonformisme revigorant. "Réfléchir, cela signifie penser toujours de manière critique", aimait à rappeler l’auteure des Origines du totalitarisme. En 1963, son livre Eichmann à Jérusalem – fonctionnaire zélé qu’elle voit, après avoir suivi son procès, comme un "bouffon", incarnation de la "banalité du mal" – suscite la polémique.
Puissante modernité
Ardente avocate de la pluralité, de la dignité et de la liberté, Hannah Arendt a inspiré nombre de mouvements de désobéissance civile, attitude qu’elle estimait être un devoir, face à la violence d’État. C’est au cœur de son influence capitale que plonge ce documentaire, qui revisite les récentes révolutions et résistances contemporaines, à la lumière de sa pensée et de son héritage. De la Palestine à l’Égypte en passant par l’Ukraine et Hong Kong, la réalisatrice est allée à la rencontre de ceux, jeunes pour la plupart, qui font au quotidien acte de résistance, relisant son œuvre pour y puiser une force lucide.

Film de Margarethe von Trotta - 1h47


1961, La philosophe juive allemande Hannah Arendt est envoyée à Jérusalem par le New Yorker pour couvrir le procès d’Adolf Eichmann, responsable de la déportation de millions de juifs.Les articles qu’elle publie et sa théorie de “La banalité du mal” déclenchent une controverse sans précédent.Son obstination et l’exigence de sa pensée se heurtent à l’incompréhension de ses proches et provoquent son isolement.

Voir en vostfr
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Message par soto² Jeu 23 Mar 2017 - 18:14

Salut stv82, très content de trouver un fil sur Anna Arendt qui le mérite vraiment, surtout en ces temps troubles que nous retraversons. Pour ma part, je n'ai pas l'ai pas lu dans le texte et j'en ai une connaissance superficielle, mais j'ai aussi été interpellé il y a quelques années par son intelligence, sa rectitude et sa lucidité, sa combativité et son courage dans l'adversité... Être une femme et oser penser et dire ce qu'elle à dit au moment ou elle l'a fait relève pour moi de d'un vrai héroïsme contemporain. Et bien sûr, ce qui m'a en premier lieu appelé, c'est son sujet d'étude : le totalitarisme.

Ce qui est intéressant, c'est qu'elle a fait un vrai travail de pensée : aller au delà des évidences, des jugement moraux binaires à l'emporte-pièce, pour vraiment comprendre comment toute une population a pu basculée dans cette dynamique mortifère.

Hannah Arendt - La banalité du mal 45sfs410

Quelques citations glanées :

"Ce qui caractérise aussi le totalitarisme est le mouvement, l'action pour l'action." (Arendt)

"La principale caractéristique de l’homme de masse n’est pas la brutalité ou le retard mental, mais l’isolement et le manque de rapports sociaux normaux." - Arendt

"Le totalitarisme vise à établir une terreur sans fin" - Arendt


J'ai aussi vu le docu d'Arte, que j'ai trouvé très bien. Cela donne envie de creuser...
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Message par Invité Jeu 23 Mar 2017 - 19:13

J'ai regardé le premier docu, je ne connais pas bien Hannah Arendt, mais j"ai aimé entendre "Tout ce qui se passe lorsqu'on pense est soumis à un examen critique. C'est-à-dire qu'il n'existe pas de pensées dangereuses pour la simple raison que le fait de penser est en lui-même une entreprise très dangereuse. "
Quand elle met en lien le "mal" et la superficialité et aussi le lien entre nihilisme et conformisme.

Puis comme ça parlait beaucoup politique et liberté, j'ai essayé de voir sa pensée dessus, alors j'ai certainement pas tout saisie (faudrait que je lise beaucoup plus pour ça on est d'accord) mais je recueille déjà :

Car, pour pouvoir vivre dans une polis, l’homme devait déjà être libre d’un autre point de vue – il ne devait être ni un esclave soumis au joug d’autrui, ni un travailleur soumis à la nécessité de gagner son pain chaque jour. Pour être libre, l’homme devait d’abord être libéré ou se libérer lui-même ; et cette libération vis-à-vis de la domination par la nécessité vitale était le sens véritable de la skholê grecque ou de l’otium latin – ce que nous appelons aujourd’hui « loisir ». A la différence de la liberté, cette libération pouvait et devait être atteinte par des moyens précis.

A la différence de toutes les formes d’exploitation capitalistes – qui visent en premier lieu des fins économiques et servent à s’enrichir -, l’exploitation antique des esclaves avait pour but de libérer complètement les maîtres du travail afin de les rendre disponibles pour la liberté du politique.

La liberté ne nécessite donc pas de démocratique égalitaire au sens moderne, mais bien la sphère étroitement limitée d’une oligarchie ou d’une aristocratie, où au moins le petit nombre ou les meilleurs peuvent interagir d’égal à égal. Cette égalité n’a bien entendu rien à voir avec la justice.

La liberté d’expression – le droit d’écouter les avis des autres et d’être soi-même écouté, droit qui constitue encore à nos yeux une composante inaliénable de la liberté politique – a très tôt évincé la liberté, qui ne lui est pas contradictoire mais dont la nature est totalement différente, caractéristique de l’action et de la parole en tant qu’action.

http://pensees-uniques.fr/liberte-selon-arendt/

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Message par soto² Jeu 23 Mar 2017 - 19:42

A propos de l'otium (loisir) vs negocium (travail) chez les grecs, Bernard Stiegler (je fais de la propagande) en parlait lors d'un colloque sur l'enjeu politique de la culture (en crise) :

"otium : pratique individuelle de l'homme non-esclave qui voue l'essentiel de son temps libre à une fréquentation et une pratique de ses consistances."

et il concluait par "une existence sans consistance devient une subsistance, c.a.d, le reigne des pulsions".

Je trouve cette distinction non triviale subsistance / consistance très intéressante, je crois que çà viens de Deleuze/Guattari : plan de subsistance <--> plan d'existence <--> plan de consistance (Deleuze).
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Message par Invité Jeu 23 Mar 2017 - 20:00

Tu as des liens sur ce Bernard ?

Et sur cette histoire de plan ? J'ai regardé vite fait sur le net, mais si en attendant que j'aille me faire à manger et tout, tu as aussi des liens ou infos, je prends !

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Message par soto² Jeu 23 Mar 2017 - 20:07

@ Ce n'est pas moi : DuckDuckGo et Youtube sont tes amis Wink Sinon, parce que c'est toi, hein : Ars Industrialis ou dans mon brain : STIEGLER Bernard (1952) - Philosophe de la Technique et du Temps, critique de la misère symbolique contemporaine


Dernière édition par soto² le Jeu 23 Mar 2017 - 20:16, édité 1 fois
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Message par Invité Jeu 23 Mar 2017 - 20:14

l’exploitation antique des esclaves avait pour but de libérer complètement les maîtres du travail afin de les rendre disponibles pour la liberté du politique

Je suis en inspiration, dsl Soto.

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Message par oufy-dame Sam 6 Mai 2017 - 23:28

Moins théorique, plus concret, je pense :

http://www.alice-miller.com/

et le psychohistorien Lloyd DeMause.

Dimanche dernier (30 avril) était justement la 14e Journée de la non violence éducative (JNVE).

Bonnes lectures,
oufy-dame
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