Mes autres. - Origine

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Message par Origine le Dim 25 Déc 2016 - 23:40

Abraham a écrit:
Un échec, et pas des moindre, sans arme, plus aucun espoir de pouvoir se défendre face aux nombreuses menaces planant dans cette foutue forêt. La colère gonflante tenait lieu et place dans l'estomac creux. 

Abraham repoussa rageusement le panneau de bois ondulé par l'humidité -Porte- en faisant grincer les gonds. Deux grands pas plus loin, le tissu déjà noir de crasse couvrant les genoux de l'hybride s’écrasa dans la terre battue, avant qu'une main ne plonge sous le lit. Le raclement d'une caisse de bois déplacé avant d'être soulevée, les genoux quittèrent le sol qui, à cet endroit précis, avait épousé la forme des articulations. 

Racines et tubercules divers ainsi qu'une assiette de bois creuse. Il saisit deux pommes de terres, ignorant superbement le récipient vide. Si ça n'était pas la patience qui étouffait le félin, il était assez intelligent pour savoir qu'allumer un feu ici revenait à hurler "Je suis en fuite, attraper moi." au milieu d'un repère de chasseur. Sans prendre la peine de laver la nourriture, qu'il ne pourrait de toute façon ni éplucher ni cuire, il planta ses crocs dans la chair de l'un d'eux, mâchant avec dégoût et rage. Dégoût de trop manger des racines, tout ça le rendait fou, les yeux cobalts restèrent fermés pour ne rien en voir. 

Et finalement, ce repas finit, Abraham s'assit sur le lit qui protesta, ressorts grinçants et craquement métallique. Le crâne blond s'écrasa contre les planches moites derrière lui, la mâchoire serrée, les paupières closes. 

L'une des mains brunes de terre fouilla les poches dans un bruissement de tissu, et se referma résolument en un poing serré autour de la petite montre à gousset. Que le temps passe. 

Savoir. C'est sans doute le pire. Abraham savait qu'il ne pourrait pas fuir. Tout comme il ne pourrait pas gagner. 

Il n'avait pas prit garde le moins du monde, et quand la porte avait claqué sourdement, tous ses muscles s'étaient soudainement tendus pour qu'il puisse de redresser. Faire face.

Ses yeux restèrent figés sur le visage brun. Les pieds plantés dans la terre juste au bord du lit, il exhalait la haine et la rage. Impossible qu'il puisse perde maintenant. Le corps tremblant -Peur- et les crocs découverts, il n'esquisse pas le moindre mouvement, tendu. Dans sa gorge se mélange le gout amer de son repas et l'acidité du moment. 

Tout son esprit n'est plus qu'un brouillard incertain ou se mélange sa colère, sa terreur et de vieux souvenirs. C'est lui, l'homme montagne qui vole les enfants, il en est sûr. Comme lorsque son père le lui racontait, le géant arrache les vies. Mélange de conte et de réalité dans un esprit pas si loin de l'enfance.

Inspiration fébrile et regard fuyant, il se jette sur le chasseur gueule grande ouverte. Si celle ci se referme sur quoi que ce soit, les mâchoires se serrerons comme un étau. Si elles se referment dans le vide, alors le chaton se rabattra sur ses poings. Dans tous les cas, il n'aura aucunement prit la peine d'avoir de bons appuis. 

Trahis par son corps, encore une fois. Le visage dans la neige glaciale,  tout son souffle expira brutalement lorsque la montagne s'abattie sur lui. Son visage se tournât sur la gauche, écrasant sa joue contre le sol, fixant la forêt blanchâtre.

Les pieds cherchèrent appui, creusant frénétiquement sans jamais en trouver. L'hybride maintenant ne ressent qu'un seul sentiment, la terreur. Il aurait pu garder ses forces pour fuir une fois à la boutique, si seulement. Mais Abraham n'est pas de ceux qui ont cette faculté de patience, de calme. Lui ne voit pas plus loin que la cage. 

Alors il lutte, avec acharnement. Peut-importe que ce soit vain, il s'épuise et s'oublie dans un combat inutile. Sa main libre passa derrière lui, griffant le poignet qui le bloquait, et sa gueule, grande ouverte le trahissait encore. Il ne pourrait pas hurler, encore une fois. Toute sa haine, sa frustration, sa colère et sa peur, toutes restèrent en lui, n'échappant que de vagues grondements sourds.

Puis le temps passe. Il emporte avec lui l'espoir et le reste, alors l'esclave se relâche. Les pieds s'immobilisent, les crocs se referment avant que la joue ne s'écrase de nouveau dans la neige, et sa respiration se fait calme. Il abandonne. 

Retour brutal à la station verticale, Abraham grogna vaguement contre un vertige. Ce combat avait finit d'épuisé son corps affamé et c'était bien de -Trop- longues minutes qui avaient coulées, sapant les dernières forces du gamin. Et pourtant.

Ce qui raviva les cendres de sa fureur fût le lien qui enserra ses poignets, le privant tout aussi bien de paroles que de gestes. L'injonction silencieuse qui suivit le replongea dans une colère noire et faisant volte face, il darda contre les yeux mordorés un regard enragé plein de haine. Dors et déjà le chasseur avait sa réponse, hors de question qu'il obéisse. 

Au diable cette foutue dignité ou la fierté, le félin ne marcherait pas sagement vers sa pénitence. Qu'il le traîne ou bien le porte, jamais l'homme montagne n'obtiendrait quoi que ce soit du chat sauvage et hérissé. 

Lui qui pour l'instant, restait fermement planté sur ses deux pieds, le fixant tous crocs dehors, et qu'il prenne garde. Abraham est bel et bien de ceux qui plante la lame dans le dos. 

Aucune larme ni supplication, il ne s'abaisserait pas à ce genre de chose devant un vieux souvenir d'enfance un peu trop réel. 

Il aperçut à peine le sourire, que le coup raisonna en un son mat dans son crâne, puis plus rien. Pas réaliste, penser battre l'homme montagne...

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Message par Invité le Jeu 29 Déc 2016 - 9:32

C'est superbement bien écrit, bravo ! Smile

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