Roman lesbien en cours d'écriture, besoin de retours de lectrices svp

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Message par Septicflesh le Mar 25 Oct 2016 - 18:34

Bonjour,
Je butte sur le terme "roman lesbien" mais je n'arrive pas à trouver comment dire la même chose différemment et de manière concise, alors tant pis, je garde cette tournure qui me chiffonne.
J'aurais pu publier ce post dans la rubrique "J'écris" mais je cherche particulièrement l'avis d'un public orienté LGBT, voilà pourquoi mon choix se porte vers cette rubrique-là.
Je me suis donc lancée il y a peu dans l'écriture de ce qui prend la forme d'un roman. Mon ambition étant de raconter quelque chose qui ressemble à ce que j'ai vécu, disons comme les histoires "inspirées de faits réels" . Mais forcément, c'est toujours romancé  Razz
Le problème quand on est son seul lecteur c'est qu'on ne sait pas bien si on rend bien ce qu'on veut exprimer, si l'histoire est agréable à lire pour un autre cerveau que le sien.
Alors j'ai déjà pas mal avancé, j'écris tous les jours et je compte aller au bout de mon projet, si vous avez le coeur de me lire, je vous remercie de me laisser vos remarques, en gardant à l'esprit que c'est la première fois que j'écris quelque chose d'aussi ambitieux, et que mon petit coeur de zèbre est sensible, donc j'ose vous demander tact et douceur dans vos propos.
Merci à toutes (et à tous si des yeux masculins se posent sur mes lignes)

cliquez pour lire:
0- 2014. Préambule

Sophie descendit du camion devant le grand portail de bois qu’elle ouvrit.
Ca y était, sa nouvelle vie commençait aujourd’hui. Des larmes lui montèrent dans les yeux, qu’elle tenta de ravaler avant que quelqu’un ne les aperçoive.
Flo, son amie de toujours, venait de faire claquer sa portière et la rejoignit, l’attrapant dans ses bras vigoureux.
Devant elles s’étalait une grande cour de ferme, avec une longère a gauche, et des dépendances qui lui faisaient face. Sur leur droite une mare était creusée dans le sol.
Derrière les dépendances, un petit bout de terrain herbeux et en partie ombragé par de grands arbres appelait au farniente les jours d’été. Derrière l’enceinte de la cour de ferme s’étendait un champ en bas duquel s’écoulait la Sarthe.
-Oh ma poule ! C’est génial ici ! Qu’es-ce que c’est beau ! Tu vas être bien là ma vieille biche !
Flo lui déposa un baiser sonore sur la tempe, et reprit le volant pour conduire le camion au plus près de la porte d’entrée.
Sophie entreprit alors d’ouvrir la grande porte du véhicule qui contenait l’intégralité de ses possessions ; elle emménageait ce jour là dans un vieux corps de ferme, dans sa campagne natale.
Elle connaissait cette vieille bâtisse, pour l’avoir souvent aperçue depuis la route, enfant. Revenir ici, c’était comme boucler la boucle, terminer quelque chose de long et douloureux, un cycle infernal qui n’avait fait que lui arracher, morsure après morsure, les chairs de sa naïve innocence d’enfant d’abord, puis celles plus épaisses de ses premiers instants de femme.
Elle avait vécu non loin jusqu’à ses douze ans. Une enfance simple, au grand air, libre comme un petit marcassin dans les bois, libre comme les oiseaux dans le ciel. Son jardin d’Eden, disait-elle, son paradis perdu.
Perdu parce qu’il avait fallu partir, après le décès brutal de son père ; abandonner tout ce qu’elle avait toujours connu, oublier tous les codes propres à sa région, son dialecte, son accent même, oublier la verdure, les arbres et les fourrés, les vaches et les odeurs de la ferme, oublier sa vie de petite paysanne pour se retrouver au milieu d’une grande ville grise et bruyante dont elle ne connaissait rien ; se frayer un chemin dans le brouillard malodorant des pots d’échappement matinaux sur le trajet du collège où elle se retrouva au milieu d’une mixité culturelle qui lui était parfaitement inconnue : jamais personne ne lui avait mentionné l’existence d’autres religions que celle pratiquée chez elle, où tous ses camarades du primaire sans exception avaient fait leur communion solennelle avec elle quelques mois seulement auparavant. Ses nouveaux camarades la prenaient non seulement pour un garçon avec ses cheveux courts, mais moquaient son accent campagnard, sa démarche balourde, et parlaient le verlan qui la laissait idiote d’incompréhension. C’était probablement à cette époque que Sophie avait appris à s’isoler dans sa bulle. Elle s’appliquait si bien à faire revivre son petit monde enchanté dans sa mémoire qu’elle ne vivait plus dans le monde réel que par intermittence, quand elle ne pouvait pas faire autrement.
Plus tard, plus grande, presque adulte, elle avait fini par se  faire une place dans ce monde citadin, y avait pris ses repères, et c’est une découverte plus intime qui la mit encore une fois en marge, car Sophie, contrairement à ses amies, ne ressentait aucun attrait pour les garçons. Elle avait longtemps tu ces penchants qui n’existaient que dans le sanctuaire de son monde intérieur. Et puis un jour Alex avait débarqué dans sa vie, et fait éclater les murailles de son petit univers. Elle avait cette gouaille, ce talent pour se poser en vedette locale et attirer à elle une foule d’admirateurs ; elle brillait comme une étoile unique dans la nuit dans cette vie grise et monotone. Elle était ce qui ressemblait le plus à quelque chose de vivant depuis des lustres, et, chose extraordinaire, Alex semblait l’avoir vue, elle.
Sophie exista dans l’ombre d’Alex pendant longtemps, dans ce qui ressemblait à une amitié fusionnelle vu de l’extérieur ; Alex lui apprenait les codes qu’elle ne connaissait pas encore, l’initia à Paris et à ses soirées, et à la séduction, car Alex était une grande séductrice ; Sophie ne mit pas longtemps avant de succomber à son charme et ce qui avait commencé comme un jeu entre les deux amies devint peu à peu une torture à laquelle Sophie ne s’adonnait que trop volontiers dans l’espoir de ces petits instants volés où il arrivait qu’Alex l’enlace alors qu’elles s’endormaient dans le même lit ou lui dépose un baiser sur la bouche, lorsqu’un peu avinée, elle jouait la provoque devant des garçons, ou simplement quand l’envie l’en prenait. Ces brefs instants vécus comme des moments de grâce par Sophie ne faisaient que rendre le reste de ses jours plus amers et douloureux. Combien de fois, après avoir passé tout le samedi et la nuit ensemble, Alex l’abandonna-t-elle le dimanche matin pour aller rejoindre son petit ami ? Avec combien de ceux-là Sophie dut-elle se forcer à sympathiser alors qu’elle aurait voulu tous les envoyer au diable ? Evidemment, ils étaient des garçons adorables pour la plupart, et les apprécier ne lui demandait plus beaucoup d’effort après coup. Mais c’étaient autant de plaies qui lacéraient son cœur et qui se remettaient à saigner chaque fois qu’Alex quittait son lit, laissant le fantôme de son passage sur les oreillers qui continuaient d’exhaler son parfum pendant des heures.
Sophie avait voulu se défaire de cette passion qui la dévorait, et s’était lancée à la conquête des femmes de son monde, en solitaire, en jeune femme inexpérimentée, maladroitement, mais avec pour moteur le désespoir dans lequel la jetait sa relation avec Alex. Cependant, l’ombre de celle-ci planait en permanence autour d’elle, car les deux amies restaient inséparables, et ne mettait que trop en évidence, par son éblouissante présence, la fadeur des relations entamées par Sophie avec ses petites amies successives.
Sophie avait bien tenté de prendre ses distances, mais l’autre finissait toujours par la ramener à elle, sciemment ou non.
Sophie avait même fini par s’installer avec une femme. Mais là encore, ses vieilles chimères finirent par la rattraper, et le couple n’y résista pas.
Il lui avait semblé ne jamais pouvoir se sortir de ce bourbier sentimental, et elle avait fini par fuir, et, quoi de mieux que de retrouver son paradis de petite fille pour repartir du bon pied ?
Voilà comment elle s’était retrouvée, en ce début d’été 2014, avec quelques amis, à déballer ses affaires dans un petit trou perdu de la campagne normande.
Elle allait reprendre son histoire là où les choses avaient commencé à mal tourner ; se plonger avec bonheur dans cette nature généreuse, s’imprégner de la vie qui y exultait, vivre dans la réalité les rêves qu’elle n’avait vécu qu’en songes depuis ses treize ans, se délester comme d’une enclume de ses vieux démons et les laisser derrière elle, dans l’enfer parisien d’où elle s’extirpait sans appréhension. Elle était CHEZ ELLE.

Sophie passa les deux années suivantes à se construire un havre de paix. Les reproductions de ses œuvres d’art favorites recouvraient ses murs, et la musique qu’elle écoutait mettait des mots sur les émotions qui l’animaient si intensément, mais qu’elle avait du mal à verbaliser.
Son refuge personnel devint bientôt également un refuge pour les animaux, et elle se mit à recueillir les petites bêtes malmenées, en mal de foyer ou partantes pour l’abattoir des environs. La solitude lui pesait parfois, mais elle lui faisait tellement moins mal que ce qu’elle avait laissé derrière elle, qu’elle lui semblait parfaitement supportable.
Et le 1er chapitre
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1- 2016. La Créature

C’était un chaud matin d’août.
Il était encore tôt, le ciel était dégagé, et les rayons du soleil parsemaient d’or tout ce qu’ils effleuraient. Derrière ses fenêtres les oiseaux donnaient un concert estival.
Sophie venait de sortir de son lit, et ouvrit le rideau de sa chambre, puis la fenêtre, pour profiter des bruits et des odeurs que cette campagne luxuriante lui offrait chaque matin depuis plus de deux ans maintenant.
Une poule rousse sauta sur le rebord de la fenêtre et Sophie l’accueillit d’une caresse sur la crête.
-Paulette la poulette ! Bonjour ma belle ! Alors, tu m’as pondu un œuf ce matin ?
La poule, que Sophie, alors qu’elle n’était encore qu’un petit poussin, avait élevée comme sa mère, était la seule qui se laissait approcher de la sorte, accueillit la caresse avec un petit caquètement de satisfaction. Dans la cour qui s’étendait devant elle, Sophie aperçut, épars, ses canards, poules et chèvres qui vaquaient à leurs occupations matinales.
Les animaux n’étaient pas parqués dans des enclos, Sophie aimait les voir, à l’image de la ferme à l’ancienne où elle avait séjourné à l’occasion d’un stage, libres dans sa cour.
Ferme était un bien grand mot, mais c’est ainsi qu’elle avait pris l’habitude de nommer son petit refuge campagnard.
Le bruit d’une voiture approchait. Des pneus dans les graviers suivis de pas, et la petite porte qui se découpait dans le grand portail de bois qui fermait la cour s’ouvrit sur un gendarme.
Sophie rentra précipitamment la tête qu’elle avait tendue dehors pour voir qui venait, la poule fit un bond et prit un envol balourd à grand renfort de battements d’ailes ; Le gilet qui traînait sur le prie-Dieu qui servait de valet fut attrapé au vol et jeté sur ses épaules rondes. Elle se précipita vers la porte d’entrée.
Quand elle l’ouvrit, le gendarme arrivait sur son perron.
-Madame Bluet ?
-Oui … C’est moi…
-Bonjour Madame, gendarmerie municipale.
Une certaine angoisse raidissait déjà le visage se Sophie et le gendarme se composa un sourire rassurant. Elle ne pouvait s’empêcher de toujours imaginer le pire.
-Que se passe-t-il ? Sophie essayait de maîtriser le ton de sa voix. Elle n’aimait pas qu’on puisse lire trop aisément son trouble. Cette tentative fut, comme de coutume, vaine.
-Rassurez-vous, rien de bien grave, sourit le gendarme. Un petit jeune a manqué un virage, cette nuit, et sa voiture s’est retrouvée dans votre champ. La clôture… Eh bien, ne clôture plus, si je puis dire. C’est bien votre parcelle, qui longe la Sarthe, en face du vieux moulin ?
-Oui, oui ! Sophie se détendit un peu. Le jeune va bien ?
-Oui ! Il a eu peur, c’est tout. La voiture a une ou deux bosses, mais rien de grave. Le gendarme lui sourit encore. Je ne vous dérange pas plus longtemps, ajouta-il, je vous souhaite une bonne journée, il hocha la tête en signe de salutation et prit congé.
Il repartit vers le portail, dut faire deux pas de côté pour éviter une chèvre qui marchait vers lui en quête de quelque chose à grignoter, ouvrit la petite porte, et disparut derrière le panneau de bois.
Sophie fit bouger ses épaules dans un mouvement de roulement pour détendre les muscles qui s’y étaient contractés sous le coup de l’angoisse. Elle se dirigea vers le placard mural d’un autre temps recouvert d’une peinture bleue écaillée, en sortit un bol qu’elle déposa près de la gazinière, et alluma le feu sous sa casserole de café.
La douce cacophonie aviaire matinale s’engouffrait par la porte restée ouverte. Un chaud rayon de soleil qui en passait l’encadrement dessinait un triangle doré sur les tomettes. Un chat marron tigré qui venait de dehors émit un petit miaulement et s’y arrêta pour s’étirer avec un bâillement, et s’assit en clignant des yeux, les promenant à travers la pièce d’un regard princier.
- Bonjour Mimi, le salua Sophie. Tu viens de te réveiller ? Maman va te donner tes bonnes croquettes, viens !
Le chat s’avança sans se presser vers sa gamelle fraîchement remplie, cueillant au passage une caresse de sa maîtresse en se frottant langoureusement contre son mollet.
Sophie versa le café frémissant dans son bol et alla s’asseoir sur la marche du perron, dans le rayon de soleil qui fit flamboyer sa longue chevelure bouclée qui tombait en cascade sur ses épaules dont le gilet avait glissé ; elle voulait y  profiter de la chaleur d’une des premières belles journées de cette année qui s’était avérée jusqu’ici plutôt fraîche et pluvieuse. Mimi vint bientôt la rejoindre en se pourléchant les babines, et s’assis à ses cotés.
Son café terminé, Sophie troqua son pantalon de pyjama contre un sarouel bleu et changea de t-shirt, enfila ses sabots à semelle de bois et se dirigea vers une dépendance dans la cour. Elle y prit un seau qu’elle remplit de grain et de granulés, et revint au milieu de la volaille qui se pressait déjà autour d’elle. Elle plongea une main dans le seau et projeta les grains en une pluie sur sa gauche, puis à droite. Les deux chèvres accoururent en se bousculant, tendant le cou pour plonger la tête dans le seau que Sophie brandit très haut en riant et en tournant sur elle même.
-Bande de brutes ! S’écria-t-elle, vous êtes de sales petites morfales !
Affichant un large sourire et luttant pour garder le seau hors de portée des deux gargantuas à cornes, Sophie fit de son mieux pour éparpiller la plupart des grains destinés aux poules, et finit par verser les granulés, qui recouvraient le fond du seau, sur le sol en un petit tas allongé. Les chèvres se ruèrent dessus, chassant les poules qui se trouvaient sur leur passage ; celles-ci fuyaient en caquetant dans des zigzags cocasses.
Sophie alla ouvrir ensuite  la porte de la grange, monta à l’échelle de bois qui la conduisit sur une mezzanine d’où elle fit tomber une demi-botte de foin dans l’enclos où se trouvaient ses deux vaches : une blanche, et une rousse claire à la tête pâle. La rousse affichait un gros ventre bien rebondi : elle ne tarderait plus à mettre bas.
Après être redescendue, elle alla remplir deux seaux d’eau à la fontaine le long du mur de la grange, et les versa dans un grand baquet qui servait d’abreuvoir aux vaches. Celles-ci s’étaient mollement rapprochées du tas de foin et commençaient à mâcher lentement l’herbe sèche en exerçant nonchalamment la rotation de  leur mâchoire inférieure. Sophie leur ouvrit ensuite la barrière qui leur donnait accès à la cour avec le reste des animaux, et de là elle ouvrit aussi le passage vers le champ où se trouvaient son âne et sa ponette. Elle aimait voir ses bêtes s’épanouir en pleine liberté.
Elle profita du spectacle de ses animaux s’ébattant joyeusement encore quelques instants, et fit un passage par la salle de bain pour y trouver de quoi attacher ses cheveux en un chignon dont quelques longues boucles s’échappaient en tourbillons roux incontrôlables.
Elle repassa par la dépendance où elle s’enquit d’un marteau, de clous cavaliers, ceux en forme de « U », et d’une pelle. Elle ouvrit le coffre de sa 4l garée là, et y déposa le tout, puis s’installa au volant. Le moteur démarra avec son bruit caractéristique, et chassa la volaille qui alla se réfugier de l’autre côté de la mare, à l’autre bout de la cour. Elle avança la voiture jusqu’au grand portail de bois, descendit pour s’ouvrir le passage, fit passer la voiture de l’autre côté de l’enceinte, et referma derrière elle.
En arrivant sur les lieux de l’accident quelques centaines de mètres plus loin elle put juger de la situation : elle aurait besoin de fil barbelé pour effectuer la réparation. Heureusement que Pinceau et Palette, respectivement son âne et son inséparable compagne la ponette, ne s’étaient pas trouvés à proximité de l’endroit de l’impact, et ils n’avaient visiblement même pas eu l’idée de sortir du champ par le trou dans la clôture, puisqu’ils se tenaient à quelque distance de là, sous les arbres, près de la rivière en contrebas.
Sophie pris le temps de redresser le poteau qui était couché, et retendit du mieux qu’elle put le bout de fil barbelé qui traînait parterre, dans un but dissuasif, le temps qu’elle aille se procurer le nécessaire pour une réparation définitive. A peu près satisfaite de l’allure provisoire de sa clôture, elle remonta dans sa voiture et continua sur l’étroite route de campagne jusqu’à la propriété de son voisin, Paulo.
En s’engageant dans le chemin privé qui conduisait à la grande maison en pierres apparentes de Paulo, Sophie aperçut une grosse voiture noire garée sur le bas côté. Une Audi.
Tiens, Paulo a des clients, se dit-elle.
En se rapprochant sur le chemin, elle vit une femme blonde excessivement élégante qui avait l’air d’aller et venir sur l’allée menant à la porte d’entrée.  Une grosse valise se tenait debout sur ses roulettes à quelques mètres d’elle. Arborant des lunettes de soleil dignes d’une star et des talons qui la rendaient démesurément grande, elle stoppa son pas et se retourna en entendant le moteur de sa 4l, retirant ses lunettes d’un geste fluide et scrutant à travers le pare brise de la vieille auto pour en identifier le conducteur.
Sophie se gara non loin de la luxueuse antithèse à sa propre automobile, et descendit de voiture.
-Bonjour ! Le claquement de sa portière vient ponctuer son salut.
-Bonjour ! Lui répondit la dame. Vous êtes la propriétaire ?
Sa voix était plutôt grave, cela surprit Sophie qui mit deux ou trois secondes pour répliquer.
-Oh… Non ! Non, je suis la voisine, s’excusa Sophie. Je viens voir Paulo… euh, M Legrand. J’ai besoin de… enfin … Je vais le trouver… pour vous. Elle esquissa un sourire un peu raide et s’esquiva derrière la maison.
-Merci, c’est très aimable à vous… La grande femme blonde n’a pas le temps d’ajouter autre chose que Sophie a déjà disparu derrière le mur de la maison.
Une fois à l’abri du regard qui l’indisposait une seconde encore auparavant, Sophie ne put s’empêcher de murmurer pour elle-même, les yeux écarquillés de surprise :
-Quel canon !
Au fond du grand jardin entretenu avec beaucoup de soin par son ami et voisin Paulo se trouvait celui-ci, des cisailles à la main, en train de tailler la grande haie qui bordait le fond de sa propriété et à qui avaient visiblement beaucoup profité les abondantes pluies de juillet.
Afin de respecter le standing du gîte luxueux que proposait Paulo, Sophie attendit d’être assez proche de lui pour l’appeler.
-Eh, Paulo !
Paulo se retourna, et afficha un grand sourire à la vue de sa jeune amie.
-Tiens ! Te vlà toi ! C’est-y l’soleil qui t’amène par chez moi ?
Sophie posa une main affectueuse sur l’épaule du vieil homme et lui fit les quatre bises du bonjour local.
-J’ai besoin de fil barbelé, une voiture a défoncé ma clôture la nuit dernière.
-Ben ! Vlà aut’chose ! S’exclama Paulo avec le fort accent du coin. Lâchant ses cisailles il avait déjà fait deux pas quand il l’invita : Viens, j’vais t’ trouver ça.
-Attends, le retint Sophie, avant de t’occuper de moi, je pense que tu as une cliente qui est arrivée… Une cliente… genre euh… super chic. Sophie ne put empêcher un sourire mi moqueur mi excité de naître aux commissures de ses lèvres.
-Nom de Dieu ! Quelle heure il est donc ? Paulo consulta la montre à son poignet. J’ai pas vu l’heure ! R’garde moi, j‘ suis pas présentab’ ! S’exclama-t-il en passant ses grosses mains dans ses cheveux, en expulsant quelques feuilles.
Il s’élança à travers son jardin avec d’aussi grandes enjambées que le lui permettaient les courtes cannes qui lui servaient de gambettes. En bleu de travail, polo troué, des bottes de caoutchouc aux pieds, des débris de feuilles et des morceaux de branches plein ses cheveux bouclés, il se dirigeait vers la grande maison au pas de course.
Sophie ne put s’empêcher de glousser en entendant sa voix s’éloigner en « Mille bon Dieu de mille Bon dieu de mille bon Dieu… »
« Pas présentable » Sophie se repassait les paroles de Paulo. Et elle donc ! Avec son vieux sarouel délavé, son t-shirt informe, ses cheveux en chignon épars, sans compter qu’elle n’était même pas passée par la douche, devant l’urgence de la réparation à effectuer… Elle ne put s’empêcher de se comparer rapidement à la femme aperçue devant le gîte de son ami.
Pourquoi je suis pas grande et mince, moi ? Commença Sophie. J’ai une classe digne de la poissonnière du marché avec sa moustache et ses poils au menton… Ce que j’aimerais savoir marcher avec des talons ! Et pouvoir m’habiller comme elle sans être ridicule … Oh et puis ça sert à rien de me torturer avec ça ! On est comme on est et puis c’est tout ! Conclut-elle.
Sophie se retourna vers la maison et aperçut Paulo qui ouvrait la porte-fenêtre du rez de chaussée, accompagné du Canon, suivie de sa valise ; il lui présentait son jardin, les transats à sa disposition, la table du petit déjeuner en terrasse. Il la fit entrer dans la chambre qu’elle allait de toute évidence occuper, par la porte vitrée extérieure. Il faisait moult efforts, le Paulo, pour s’exprimer avec clarté et affabilité, y mettre les formes et tout, et masquer son fort accent du pays qui le rendait parfois incompréhensible aux oreilles parisiennes. Tout cela l’attendrissait et elle ne l’en aimait que davantage, son petit Père Paulo.
Il finit par ressortir de la chambre, en marche arrière, une dernière formule de politesse à la bouche, laissant la porte vitrée entrebâillée derrière lui, et fit signe à Sophie de le rejoindre alors qu’il se dirigeait vers la maisonnette qui jouxtait la grande maison.
Sophie entra à son tour dans la petite pièce qui servait de débarras au tenancier du gîte. Celui-ci soulevait un rouleau de barbelé stocké au fond de la pièce. Cela avait l’air plutôt lourd aussi Sophie se précipita pour le soulager de son fardeau. Le rouleau devait peser dans les quinze kilos ; elle eut du mal à porter la couronne d’épines géante, encombrante, et à marcher en même temps au milieu du fatras du Père Paulo qui râlait tout ce qu’il savait de l’imprudence de sa protégée.
-Cré bon Dieu d’fumelle ! J’suis ‘core capab’ eud d’me démerder à porter c’te camelote ! Pis oublie pas la pince coupante !
-C’est bon, Paulo, je m’en charge ! Sourit Sophie qui transpirait déjà dans la chaleur de cette journée qui s’annonçait étouffante. Elle prit une pince accrochée au mur. Je file ! Plus vite ça sera réparé, plus vite je pourrais sauter dans la douche ! S’écria-t-elle depuis le jardin, claudicant sous le poids de l’énorme cylindre recouvert de piquants qui s’enfonçaient dans ses cuisses à chaque pas, l’obligeant à écarter les jambes de manière ridicule pour pouvoir avancer. Merci Paulo ! Je te ramène ça rapidement !
C’est ce moment que choisit l’élégante blonde pour se glisser par la porte vitrée sur la terrasse, lunettes de soleil vissées sur le nez, une cigarette immaculée entre ses lèvres rouge vif. Sophie senti son regard curieux la détailler, et maudit intérieurement sa bonne nature altruiste qui l’avait obligée à s’occuper elle-même du transport de la bobine Christique jusqu’à sa voiture.
Des gouttes de sueur lui coulaient déjà le long des tempes, et son visage devait arborer une jolie teinte coquelicot. Elle passa devant l’éblouissante gravure de mode en esquissant un bref signe de tête agrémenté d’un sourire crispé pour toute de prise de congé. Elle n’eut pas le temps de voir si la blonde lui répondit, ou même si elle avait perçu le geste de politesse, elle ne pensait qu’à disparaître au plus vite du champ de vision de l’étrangère.
Après une petite pause derrière le mur de la maison, Sophie atteignit enfin sa voiture, et la bobine de barbelé rejoignit la pelle et les autres outils dans le coffre. Elle prit une seconde pour éponger son front ruisselant à l’aide de son t-shirt, puis démarra la 4l et repartit vers la clôture endommagée.
Le hasard faisant quand même parfois bien les choses, le bout de clôture à réparer se trouvait à l’ombre des arbres. Il y avait, dans la terre encore humide des pluies des jours précédents, les profondes ornières creusées par les pneus lors de l’accident.
La terre est encore détrempée, et c’est tant mieux, pensa Sophie, il me sera moins difficile de creuser le trou où je replanterais mon piquet arraché.
Elle attrapa donc la pelle, et pour se donner de l’entrain elle décida de travailler en musique. Elle brancha donc son smart phone sur la prise auxiliaire de son autoradio – ce n’est pas parce qu’on roule en 4l qu’on n’aime pas la musique - lança Spotify et se choisit une playlist dynamique.
Depuis peu elle s’accordait en secret des petits plaisirs coupables comme celui d’écouter de la pop américaine et d’en scander les refrains à tue-tête. Des trucs de midinette, de gamines, mais elle y prenait un plaisir jusqu’alors inconnu.
La playlist commença avec Venus de Lady Gaga.

Rocket number nine take off to the planet, to the planet,
Venus…

Sophie monta le son assez fort pour en profiter pleinement, et se dandina en rythme  jusqu’à l’endroit où elle planta sa pelle, qu’elle plongea dans la terre à la force de son pied, et retira une première motte d’herbe.
Quand arriva le refrain Sophie sentit sa peau se hérisser en chair de poule, et ne put s’empêcher de scander d’une voix pleine :

When you touch me, I die, just a little inside
I wonder if this could be love, this could be love
'Cause you're out of this world, galaxy, space and time
I wonder if this could be love, Venus…

Comme Sophie l’avait prévu, il lui fut aisé de creuser un trou sans trop d’effort pour replacer le piquet délogé de terre.
Elle avait continué ainsi ses travaux dans la bonne humeur et était en train de fixer la nouvelle portion de fil barbelé quand une autre de ses chansons favorites commença :

This was never the way I planned, not my intention.
I got so brave, drink in hand, lost my discretion
It's not what I'm used to, just wanna try you on.
I'm curious for you, caught my attention.

I kissed a girl and I liked it,
the taste of her cherry chapstick.
I kissed a girl just to try it,
I hope my boyfriend don't mind it.
It felt so wrong,
it felt so right.
Don't mean I'm in love tonight.
I kissed a girl and I liked it   (Katy Perry – I kissed a girl)

Comme elle chantait à tue-tête sur le refrain, elle perçut un mouvement sur la route, du coin de l’œil, et fut stoppée net dans son live improvisé par l’approche, à pied, de la très chic touriste qui logeait chez Paulo. Elle était au téléphone, et marchait très lentement.
Considérant la distance, il était impossible que l’étrangère ait manqué le concert de Sophie accompagnée de sa voiture ; aussi elle parcourut d’un bond la distance qui la séparait de son autoradio pour en baisser le volume d’abord, puis se résolut à l’éteindre tout bonnement.
Elle sentit la peau son visage chauffer tout à coup ; même s’il faisait chaud elle savait bien qu’elle était en train de se piquer un fard de toute beauté ; elle décida alors de rester cachée dans la 4l le temps de retrouver une carnation proche de la normale. Comme elle entendait les talons claquant sur le bitume se rapprocher, elle fit mine de chercher quelque chose d’une importance capitale dans sa boîte à gants, plongeant ainsi sur le siège passager. Elle serait rentrée tout entière dans le petit interstice du tableau de bord si elle avait pu.
Dans le silence retrouvé de la campagne gazouillante elle put entendre des bribes de la conversation de la nouvelle venue.
-Je suis bien arrivée, oui… Oui, ça va aller… Hum …– bruit du briquet qui allume une cigarette- … Oui ne t’inquiète pas…- inhalation de la fumée - Je ne sais pas, une semaine, quinze jours, le temps qu’il faudra, de toute façon la galerie est fermée pour le mois, j’ai pris mes dispositions… C’est la campagne … Très vert… - déjà l’éloignement rend les mots plus diffus - Dépaysant… Non… Si ! Je suis joignable à ce numéro… Je ne préfère pas, non… » Le reste se perdit dans la distance.
Sophie passa les yeux par-dessus le tableau de bord. Elle regarda la longue silhouette de la femme s’éloigner. Celle-ci avançait à longues enjambées maitrisées, son chemisier blanc à jabot laissant transparaître l’esquisse de son dos sous le flottement du tissus ; ses hanches se balançaient subtilement de droite à gauche et ses jambes se croisaient comme celles des mannequins sur les podiums, alors que ses pieds suivaient une ligne droite virtuelle au sol. Sa main libre oscillait d’avant en arrière au rythme de ses pas, contournant sa fesse habillée d’un pantalon noir à coupe droite qui masquait ses hauts talons. Sa conversation téléphonique se poursuivit au-delà du tournant qui la déroba au regard analytique de Sophie.
-Pfiou ! Soupira celle-ci. Décidément ! Ajouta-t-elle pour elle-même. Et puis en même temps, qu’est-ce que j’en ai à faire ? Poursuivit-elle en pensée.
Elle s’extirpa de son refuge automobile et s’attela à achever la tâche qu’elle avait commencée.
En silence, cette fois.
Aux derniers coups sur les clous vinrent se superposer le martèlement des hauts talons sur la route : La Créature revenait. Sophie était décidée à rester naturelle cette fois, et à ne pas s’interrompre ; c’était la campagne ici après tout, et ce n’était pas son apparence à elle qui détonnait en ce décor champêtre. Les pas s’arrêtèrent tout près. Sophie releva la tête. La femme la regardait. Ecartant les mèches collées sur son front par la sueur, Sophie essaya de rester … elle-même.
-Je n’ai pas eu l’occasion de vous remercier, commença l’inconnue, pour tout à l’heure. Elle retira ses lunettes de soleil, dévoilant ses yeux bleus alors que le rideau de ses lèvres découvrait des dents terriblement bien alignées.
-Oh ! Je vous en prie ! S’empressa de répondre Sophie. Elle chercha quelque chose de poli à dire. Alors… Vous êtes en vacances ? Elle se trouva instantanément indiscrète assorti d’une banalité affligeante et se sermonna tout aussi rapidement pour ce sévère jugement envers elle-même.
-On peut dire ça, oui, répondit la Créature d’un autre monde. Et vous… Vous faîtes des travaux ? Un geste du regard vers les mains de Sophie accompagna ses paroles.
Sophie jeta un œil au marteau qu’elle avait en main et s’avisa qu’elle avait encore un clou pincé entre les lèvres. Elle envoya ce dernier d’une pichenette dans sa boîte parterre et fit tourner le marteau dans sa main.
-Ah oui ! Enfin, pas vraiment. Une voiture a manqué le virage la nuit dernière, et j’ai dû réparer la clôture avant que Pinceau et Palette ne trouvent à sortir. Rien d’extraordinaire.
-Pinceau et Palette ?
-Pinceau, c’est mon âne gris, et Palette, c’est ma ponette. L’un ne va pas sans l’autre alors… Ca m’avait semblé amusant sur le moment, Sophie sentait qu’elle commençait à trop se justifier, comme d’habitude.
-Oh ! Mais ça l’est ! La Créature lâcha un petit rire. Je m’appelle Gilda, elle fit un pas vers Sophie, la main tendue en avant. Je vais rester quelques jours chez M Legrand. Peut être aurons-nous l’occasion de nous revoir ?
Sophie mit un instant avant de réaliser quoi faire avec la main qu’on lui présentait, puis sortit de son immobilité et lança maladroitement la sienne à sa rencontre, avant de la ramener à son sarouel où elle l’essuya ; puis elle se saisit enfin de la main de porcelaine qui l’attendait toujours. Les mains s’étreignirent en une pression brève et franche, comme son père lui avait appris quand elle était toute jeune. « C’est comme ça qu’on sait si on a à faire à quelqu’un de bien » avait-il ajouté.
-Sophie.
Même son prénom était terne à côté de celui de la Créature, se réprimanda-elle.
-Eh bien, bonne journée, Sophie.
-Merci, à vous aussi …
Elle remit ses lunettes sur son nez et poursuivi son chemin vers le gîte.
Sophie la suivi du regard pendant quelques pas puis se força à reprendre le cours de sa réalité.
Après avoir rangé ses outils, Sophie se rendit compte qu’elle avait faim et décida de renter se mettre quelque chose sous la dent. Elle consulta l’heure sur son portable : 12h37.


Si jamais, la suite se trouve ici :
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Message par isa78 le Jeu 27 Oct 2016 - 6:30

Ok, je vais regarder ça, mais tu souhaites quoi comme type de remarques ? Sur le style ? L'histoire ?...... Smile
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Message par Septicflesh le Jeu 27 Oct 2016 - 11:11

Bonjour isa78
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Message par Septicflesh le Jeu 27 Oct 2016 - 11:13

Je crois que la moitié de mon message a ete mangé (je suis sur mon téléphone) je disais donc oui le style, l'histoire, est ce que c'est agréable a lire et est ce qu'on s'attache aux personnages. Merci pour ton aide!☺
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Message par Isa Tangerine le Sam 4 Mar 2017 - 13:23

Bonjour,

Je trouve tes écrits ( je tutoie ) de grande qualité. Le style est plaisant avec un brin d'humour.
C'est très agréable à lire. J'aime beaucoup l'inclusion de paroles de chansons dans les textes et le travail sur l'oralité pour le discours de Paulo.
On s'attache aux personnages, on a envie de lire la suite ( j'ai même envoyé une demande sur le lien canal blog pour savoir si je peux lire la suite tellement je trouve ça prenant )

Le personnage de Sophie est attachant du fait de sa timidité, de son manque de confiance en elle aussi. Il y a même un côté presque poétique dans les descriptions de paysages.

Voilà, mes impressions sur tes écrits SepticFlesh ( Merci d'avoir partagé ta production littéraire j'ai passé un bon moment en te lisant )

Tangerine

PS : Je suis en pleine lecture de ton blog, désormais. Tu as beaucoup de talent ! As tu songé à te faire publier ?



Dernière édition par Tangerine le Dim 5 Mar 2017 - 16:19, édité 1 fois
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Message par Septicflesh le Dim 5 Mar 2017 - 12:11

Bonjour Tangerine, merci pour ton retour, ca me touche beaucoup ! Je t'ai donné acces au blog
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