Trouble de l'estime de soi

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Message par Jo' Jeu 29 Sep 2016 - 23:14

J'ai trouvé beaucoup de sujets sur le forum concernant l'estime de soi, ainsi que de nombreux articles sur internet mais j'ai le sentiment qu'il y a comme une pièce du puzzle qui manque à toutes ces explications. J'ai envie depuis un petit moment d'approfondir les choses, au delà des raisons pour lesquelles une personne se sent concernée et sur les conséquences que cela peut avoir sur le comportement.

Je vais me baser sur ma propre expérience, en espérant que d'autres puissent contribuer afin d'enrichir le sujet.

Je savais depuis de nombreuses années que j'avais une faible estime de moi. Le fait de se détester, de ne pas savoir s'affirmer, d'être susceptible face aux remarques, d'être très critique envers soi-même. J'avais du mal à vivre avec ce "moi", je me disais souvent : comment vais-je faire pour me supporter jusqu'à la fin de mes jours ? On me parlait souvent d'estime, de confiance en soi et je savais que j'en manquais profondément. J'ignorais par contre qu'une telle haine de soi pouvait avoir des conséquences désastreuses dans la vie.

J'ai passé le WAIS en janvier dernier, je n'ai pas franchi la barre des 130 de QI. Malgré tout, le neuropsychologue suspectait chez moi un Haut-Potentiel. Et après quelques examens complémentaires, il m'a diagnostiqué un trouble de l'estime de soi, raison pour laquelle je n'ai pas su utiliser ce potentiel.
Il m'a recommandé de faire une TCC avec un psychologue spécialisé dans les profils H-P mais étant dans une situation financière délicate, j'ai opté pour la seconde option : se débrouiller seul.

Le trouble de l'estime de soi, qu'est-ce qui le démarque du manque d'estime et de confiance en soi ? Pas de réponses concrètes sur internet. Alors pendant de nombreux mois, j'ai cherché par moi-même, je suis devenu mon propre sujet d'étude. Je me base désormais sur mes introspections et mes nombreux progrès pour vous éclairer. Bien sûr, chaque personne étant différente, le trouble de l'estime de soi peut prendre de nombreuses formes.

Selon moi, le trouble de l'estime de soi est le degré supérieur du manque d'estime de soi, on peut parler de trouble quand cela devient un réel handicape pour la personne, c'est-à-dire quand la majeure partie de ses souffrances et de ses manques proviennent de ce point central. Une basse estime de soi qui perdure dans le temps et qui est constamment alimentée peut provoquer cet état extrême.

Au niveau des souffrances et des manques :

- La victimisation. J'ai subit dans l'enfance de nombreuses violences psychologiques de la part d'un proche, et j'ai reproduit le schéma jusqu'au début de ma vie d'adulte, afin que dans n'importe quel environnement, n'importe quelle situation je me sente comme une victime. Humiliation -> honte toxique -> cercle vicieux -> entretien et alimentation d'une faible estime de soi.
- Le regard de l'autre. Autre point majeur, le regard de l'autre est roi, et surtout il est omniprésent. Que ce soit dans la sphère publique, privée et intime, il terrifie, il est l'oeil de Sauron entre guillemets. C'est avant tout un regard tyrannique qu'on pose sur soi-même, et je vais en venir au point suivant :
- Un égocentrisme désordonné. Le regard tyrannique, l'auto-critique, que dis-je, l'auto-lynchage constant cause une image de soi déformée, un jugement très dur, une haine puissante de sa propre personne causant de nombreux autres troubles. Sentiment d'infériorité. Comparaison constante. Mauvaise tolérance face à la compétition.  
- L'anxiété. Je pense que plusieurs formes d'anxiétés se superposent. Anxiété sociale, à cause des points cités plus haut. Anxiété causée par le sentiment de ne pas savoir avancer dans la vie -> être pétrifié -> peur de soi-même et de l'autre -> sentiment d'incapacité -> renforcé par un perfectionnisme extrême et un idéalisme à l'opposé de ce qu'on pense être. Anxiété à cause de la culpabilité -> se sentir responsable des maux du monde -> s'attribuer les mauvais regards, la méchanceté de l'autre -> se sentir fautif partout, pour tout, être à sa place nulle-part -> regard de l'autre -> victimisation -> égocentrisme. Tout tourne en boucle -> ruminer constamment. Un cercle infernal qui ressemble de plus en plus à une immense toile d'araignée et dont on se sent pris au piège.
- Pensée obsessionnelle. Alimentée directement par les différentes sources d'anxiété, le fait de ruminer constamment un sujet, une situation, un souvenir, un traumatisme. Vivre constamment dans le doute, entre échec du passé et futur incertain. Peur de la perte de contrôle de soi, développement des phobies d'impulsion : être envahi par des pensées et des images mentales choquantes (peur d'être un assassin, peur du suicide, peur de l'agression, peur d'être homosexuel, zoophile, pédophile), autant de pensées dérangeantes qui vont se cumuler aux angoisses habituelles et qui amènent à une question : suis-je fou ? Dans les deux cas on est ni cinglé, ni pervers, on est juste obsédé par une peur de l'être, irrationnelle dont la source provient des différents symptômes du TES.
- Dépression. Plusieurs épisodes de dépression peuvent se succéder, à force d'apitoiement sur soi, d'épuisement, d'incapacité à vivre. La dépression renforce cette basse estime de soi. Déréalisation/Dépersonnalisation, dépression existentielle...
- Isolement/difficulté à nouer des liens. Conséquence directe de la dépression, qui elle-même est une conséquence du trouble de l'estime de soi, qui dérive vers une incapacité à s'aimer, à aimer l'autre -> renforcé par le regard de l'autre, l'idéalisme, le perfectionnisme... Car il y a une chose évidente et pourtant difficile à mettre en lumière dans ce cas de figure, c'est que ce qu'on déteste chez soi, on le déteste aussi chez les autres et inversement. Rejet de l'autre, sentiment d'opposition, agressivité.
- Remise en question constante de tout. De soi, de l'autre, de ses choix, de ceux des autres. Confrontation, conflit, sentiment de ne pas en sortir victorieux. Ou : pour un bref instant. Regrets, culpabilité, hontes toxiques.
- Ne pas savoir s'affirmer. Se laisser écraser par l'autre, se sentir paralysé. Incapacité pour trouver les mots, les gestes adéquats. Peur de soi, de l'autre. Augmentation des traumatismes, rumination, regret, culpabilité, honte toxique, perte accentuée de l'estime de soi, etc.
- Pessimisme/rejet du monde et de la société. Une image négative de soi-même s'accompagne d'une image négative du monde, la critique/le rejet de la société en est une conséquence. Accentuation des points ci-dessus.
- Refus de s'aimer/d'aimer l'autre/d'être aimé. Refus des compliments, incapacité à complimenter, à reconnaitre chez l'autre ce qu'on ne reconnait pas chez soi -> inhibition affective. Tout ce qui est sentimental devient tabou -> repli sur soi. Sensation de ne rien mériter. Envie d'être oublié -> ne plus être confronté -> mourir socialement -> envie de disparaitre, de ne pas exister.
- Inhibition intellectuelle/désintérêt intellectuel. Refus de s'instruire, de se cultiver afin d'entretenir une basse estime de soi. Ou : cacher ses passions, ses savoirs, ses forces afin d'entretenir une mauvaise image de soi. Faux-self ?
- Échec scolaire/professionnel/orientation professionnelle. Difficulté d'intégration, sentiment d'être bouc-émissaire. Ou : difficulté à maintenir les liens, pression insoutenable, perfectionnisme maladif. Risque de dépression, de burn out. Difficulté pour s'orienter, choisir une voie professionnelle, remise en question constante de ses choix, doute, anxiété, incapacité à montrer ses capacités réelles. Perte du goût d'apprendre, d'entreprendre.
- Sentiment d'échec. Accentuation des points ci-dessus. Incapacité à se relever. Ou : se relever difficilement. Être focalisé sur ce qu'on a mal fait, être obsédé par le négatif.

Pardonnez-moi pour ce fouillis, il y a tellement de liens, de choses à aborder et d'ailleurs je n'ai sûrement pas conscience de tout et/ou j'ai oublié certains points.

Les personnes concernées par le trouble de l'estime de soi sont plus exposées aux pathologies mentales. De plus, les fonctions de notre cerveau, nos capacités réelles sont diminuées, la rapidité à exécuter des tâches, accomplir un travail également. Par exemple, j'ai cru pendant longtemps que j'étais nul en logique, et plus je me soigne, plus je récupère en capacité.

Comment se soigner ? En prendre conscience, c'est déjà un bon point. Il faut ensuite apprendre à changer son schéma de pensée, ce qui passe par une reconnaissance de soi, de ses qualités, de ses capacités, de son potentiel. Une TCC (Thérapie Comportementale et Cognitive) est conseillée par de nombreux spécialistes, mais si pour de nombreuses raisons vous n'y avez pas accès, il est possible même si c'est très difficile, de sortir la tête de l'eau par soi-même. Cela peut prendre des mois, voire des années avant que les symptômes ne disparaissent. Et attention à la rechute...
Il faut bien comprendre une chose, c'est que dans le cas du Trouble de l'estime de soi (et pas seulement), on est ce qu'on perçoit. Il est vital de changer de perception, malgré un lourd passé, ou un environnement peu propice. Il est question de s'autoriser à vivre.
Le TES, c'est une très grande violence qu'on s'inflige à soi-même. On reproduit souvent les schémas de gens qui nous ont laissé des séquelles, et de cette façon, on les laisse vivre en nous, on les laisse nous voler notre vie, consumer tout ce qu'on a de bon.

Je pense qu'il y a une partie non négligeable de gens dans la société qui peut être concernée par le Trouble de l'estime de soi, du moins, à différents de degrés. Et tout le monde ne le vit pas de la même façon, l'éducation, le caractère, l'inné, l'acquis... Il y a tellement de facteurs qui varient...

N'hésitez pas à partager votre avis, votre expérience, vos introspections...


Dernière édition par Jo' le Ven 30 Sep 2016 - 13:11, édité 4 fois

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Message par Sun Simiao Jeu 29 Sep 2016 - 23:46


Très bonne analyse je trouve. Very Happy
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Message par Pieyre Ven 30 Sep 2016 - 0:06

Tout d'abord, je trouve que c'est un sujet où il n'y a pas tellement de fouillis, mais qui au contraire est très bien posé, développé, structuré. Déjà cela implique une première réponse à tes interrogations : ce que tu as bien fait, cela existe indubitablement; aussi tu es sans doute capable de le refaire bien.

Alors, il me faut parler de mon cas personnel.

Quand je suis arrivé sur ce forum, je n'ai pas bien compris l'insistance que beaucoup de membres exprimaient concernant ce qu'ils appelaient un manque de confiance en soi. Selon l'étymologie, le terme de confiance signifie que l'on se fie à autrui, quand il nous donne sa foi. Comment est-ce que cela pourrait s'appliquer à soi-même ? Bon, il est vrai qu'on peut étendre la notion en parlant d'avoir confiance en ses moyens.

Mais là, je dois dire que j'ai confiance en mes moyens, enfin en ceux qui sont performants, qui sont certes limités. C'est-à-dire, pour reprendre ce que j'indiquai de façon liminaire, que je sais ce que j'ai fait et que j'ai reproduit à de nombreuses reprises; aussi que je peux prévoir faire à nouveau. Il s'agit d'une confiance en mes moyens, donc d'une estime de moi.

Sur cette base, c'est comme si j'avais une sorte d'armure. Elle est certes percée de toutes part, parce que je suis peu capable sur certains plans, et que même sur les autres je suis inconstant. Mais, enfin, c'est suffisamment protecteur pour qu'a priori je ne sois pas sujet à la dépression.

Mais je suis anxieux, inhibé intellectuellement et même saboteur de moi-même. C'est que, sans grand-chose qui me plombe dans le passé et sans grand-chose que je craigne dans l'avenir, je me sens démuni dans le présent. C'est-à-dire que j'attribue le problème à ma nature, à ce que je suis depuis la plus petite enfance. Sans avoir vraiment de phobies, je vis avec une sorte de peur indifférenciée, une peur de tout. Cela ne m'empêche pas d'être téméraire et de prendre des risques inconsidérés, justement parce que je n'ai pas peur de l'avenir et que je n'apprends pas tellement de l'expérience. Mais ensuite j'ai du mal à assumer dans l'instant. Heureusement, quand je ne peux pas combattre l'adversité, je choisis de fuir, de renoncer même à ce qui m'attache s'il ne faut – qu'importe ! Aussi je me retrouve rapidement tel qu'auparavant, prêt à tout à nouveau.

Oublier est une grande ressource je le crois, quand s'analyser ne sert à rien, voire même renforce les problèmes, oublier ce qui est négatif quand on ne peut rien faire pour l'éviter; aussi ne conserver que ce qui est positif, et retrouver à chaque fois le même enthousiasme des débuts. Nous aurons à nouveau les mêmes problèmes; eh bien, tant pis !

Alors ce n'est certainement pas un conseil. Quand on peut régler des problèmes dus au passé, ou modifier sa nature grâce à des substances adaptées, autant le faire. Mais, quand tout semble bouché, autant vivre malgré tout, et pour cela se retrouver dans le meilleur état qu'on peut, en éloignant du plus loin les problèmes. C'est une fuite, un déni, un recul devant les responsabilités, et gnagnagna... D'accord, mais il n'y a rien de pire que de se faire mal inutilement.

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Message par Jo' Ven 30 Sep 2016 - 0:45

Merci à vous d'apprécier le contenu, et merci pour ce témoignage.

Je suis en partie d'accord avec toi, pour le reste je ne peux pas vraiment me prononcer étant donné qu'on a tous nos propres techniques pour vivre, et je ne me vois pas remettre en question ce qui fonctionne pour toi Wink

J'ajouterai pour en revenir à tes premiers paragraphes qu'avoir un trouble de l'estime de soi, ce n'est pas manquer d'estime pour tout. On peut très bien croire en certaines parties de nous tout en démolissant les autres. C'est ce qui rend l'individu imprévisible parfois, celui qui est pétrifié par la vie, qui passe son temps à se dénigrer et qui peut être sûr de lui pour certaines choses et briller à quelques occasions.

De mon expérience, j'ai toujours cru en certaines de mes performances également. Mon sens de l'esthétique, ma capacité à me remettre en question, à déconstruire. Mais à cause de ce trouble je pensais "n'avoir que ça", que ce n'était pas suffisant à offrir, et qu'à côté il y avait tellement de choses chez moi qui n'allaient pas. Avec le TES, le soucis effectivement c'est de se focaliser sur le négatif, c'est d'ailleurs une obsession. Or, pour guérir il faut apprendre à ne retenir que le positif comme tu dis. Et l'enthousiasme, une fois retrouvé, est un très grand carburant pour foncer vers une meilleure vie.

"Il n'y a rien de pire que de se faire mal inutilement". Je pense que cette phrase pourrait être un parfait slogan pour présenter le sujet Wink

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Message par Jo' Ven 30 Sep 2016 - 10:46

J'ai ajouté quelques détails à la liste des souffrances et des manques :

- Pensée obsessionnelle.
- Remise en question de tout.
- Ne pas savoir s'affirmer.
- Échec scolaire, professionnel, orientation professionnelle :
plus de détails dans le descriptif.

N'hésitez pas à m'en proposer d'autres si vous en connaissez Wink

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Message par PomPomPom Ven 30 Sep 2016 - 13:34

Bonjour,

J'entre avec bienveillance mais sur la pointe des pieds, le sujet est délicat et les avis du tout venant (dont moi) forcément hors sujet malgré les apparences et la bonne volonté.
Le sujet, c'est Jo' que l'on ne connaît pas ... Smile

Je pensais ajouter à la liste : troubles du comportement alimentaires, addictions, conduites à risque voire suicidaires ... mais cette liste ne pourra être complète ou pertinente, car chacun va réagir différemment, et avec intensité variable, à son propre trauma.

Et le trouble de l'estime du soi relève du trauma, non d'une appréciation plus ou moins juste que l'on peut se faire de sa propre personne.
L'interlocuteur idéal reste un psy (reste à trouver le bon, spécialisé, et tous les tarifs et prises en charge existent) pas le tout venant qui ne parle que de sa propre expérience, pas du sujet : Jo', sa "réaction" au trauma, sa volonté et ses moyens de s'en sortir.

La liste démarre par "victimisation". Bon, soit ... donc avant d'en parler, il y a victime, et la victime 'est Jo', qui réagit et se débat et compense comme elle peut, plus ou moins lucidement (avec la volonté de l'être davantage, lucide, en intellectualisant et en décortiquant le processus).
En fonction du trauma, de la façon dont il a été "reçu", vécu, absorbé, nié (etc etc), la victime (ce n'est pas un gros mot, c'est une réalité, pas nécessairement définitive) pourra rencontrer en effet une série de troubles "collatéraux" de cette liste. Et une fois que la liste sera dressée ... que fera Jo' ?

Je me traîne ce trouble et ne me risquerai pas à être conseil ni à partager mon vécu, je ne crois pas qu'une expérience dans ce domaine serve l'autre. Mais comme je ne suis pas spécialiste, que "victime" (donc), mon avis n'a guère de valeur.  Razz

Je sais (crois savoir) simplement qu'il s'agit à un moment de trouver une sorte d'équilibre à peu près viable et très personnel et très subjectif et ô combien fragile :

  • - entre le sortir du déni, la confrontation de la réalité et la volonté de réparation (de l'enfant ou de l'adolescent ou de l'adulte...) par respect, par bienveillance, par justice ...
    - entre l'acceptation du passé et son imbrication dans le présent, et son implication dans l'avenir
    - entre l'intellectualisation, la rationalisation et la volonté et le renoncement à ne pas avoir toutes les données ni tout le contrôle
    - entre l'urgence d'en finir radicalement et la patience obligatoire sans garantie qu'elle soit récompensée
    - entre continuer à vivre et à courir et ne pas ignorer que l'on marche mieux et plus loin sans jambe cassée
    - ...

Pour le coup cette liste pourrait à son tour être complétée. Wink

Encore une fois, un avis de non spécialiste n'a aucun intérêt (mes lignes vont donc s'auto-détruire  Very Happy ), risque même (c'est là aussi mon avis de non spécialiste) de faire plus de mal que de bien. Intellectualiser en dehors d'un travail sur soi n'est qu'un leurre.

J'espère que ces lignes, avant qu'elles ne disparaissent sous leur manque d'intérêt, auront porté leur témoignage de bienveillance.

PS : je n'ai aucun doute majeur sur mes compétences, atouts, qualités ...j'ai très objectivement une liste assez longue et j'ai tout du "tout pour être heureuse". J'ai eu nombre de validations de différents types que l'on pourrait m'envier. Cela ne m'a jamais aidée à en sortir, certains manipulateurs me repèrent très facilement d'ailleurs dans ce trouble (je commence à comprendre). Probablement parce que c'est l'enfant qui a été traumatisée et empêchée de s'aimer (je fais court), pas l'adulte que je suis aujourd'hui. Mon intellect et mon trouble n'évoluent pas dans les mêmes dimensions.

PS : il y a 15 ans qu'un psy pour la 1ère fois, me suggérait que je ne m'aimais pas. Ce que j'ai immédiatement nié en bloc  Smile Quelques portes prises en pleine poire plus tard, j'en suis aujourd'hui à travailler sur cette problématique, entre autres. C'est très long, mais peut-être que ça va vite et mieux quand on accepte de lâcher prise (j'adore balancer cette notion archi lue et relue et que je ne maîtrise pas du tout ... ça veut pas ça veut pas ... hihihi)

Pour Toi
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Message par Pieyre Ven 30 Sep 2016 - 14:24

Pour ma part il ne s'agit pas de traumatisme, même si c'est lors de la confrontation dans mon enfance avec des personnes dominatrices que j'ai pris conscience de mes limites sur le plan des moyens élémentaires d'expression et d'affirmation de soi. Mon angoisse s'est bien sûr nourrie de mes expériences, mais ces expériences n'en sont pas cause. Il s'agit sans doute d'une question de neurotransmetteurs, voire d'hormones, comme le dialogue avec des psychiatres me l'a fait comprendre.

Par ailleurs le fait d'avoir des lacunes par rapport à d'autres ne m'a pas fait ne pas m'aimer. Je m'aime bien, si je peux me permettre, c'est-à-dire je distingue ce qui dépend de moi et ce qui n'en dépend pas.

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Message par PomPomPom Ven 30 Sep 2016 - 14:30

Pieyre a écrit:Je m'aime bien, si je peux me permettre ...
Ah ça oui alors et Bravo ! flower
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Message par Pieyre Ven 30 Sep 2016 - 15:23

Je précise qu'il y a bien sûr des aspects que je n'aime pas chez moi, mais ce sont des aspects que je peux isoler, même si cela ne peut pas me conduire à les modifier. Il ne s'agit donc pas de ma personne dans son ensemble. Originairement, la pulsion de vie c'est de s'aimer, ou plutôt de se préserver et de se réaliser pour ce qui dépend de soi. C'est ce qu'il s'agit de retrouver je crois, quand c'est masqué par une surdétermination de ce qui ne va pas en soi.

J'ai des lacunes dans la vie courante que n'ont pas la plupart des personnes (à moins d'être aussi comme ça ou d'avoir subi des problèmes qui auraient créé des troubles semblables bien sûr), ce qui pourrait me conduire à me lamenter inutilement. Mais il s'agit pour moi d'être courageux et lucide, comme le sont ordinairement les personnes porteuses d'un handicap, dans la mesure où je le peux, sans m'inventer de causes imaginaires. Et si je manque de courage ou de lucidité, eh bien autant mettre cela de côté plutôt que de me tourmenter en vain. Voilà ce que je veux dire.

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Message par PomPomPom Ven 30 Sep 2016 - 16:16

Bien lu, très bien .... soit, parfait Smile

C'est là que ce sujet est éminemment délicat, car on se parle sans se connaître, car nos interprétations parlent de nous-mêmes, et ce que nous retenons ou comprenons d'une réponse peut être blessant ou inapproprié pour soi, pour l'autre.

Je (donc cela parle de moi) lis avec réticence, dans ce sujet (pas ailleurs) les témoignages parlant de courage et d'éviter de se tourmenter, sans désir d'incriminer en aucune façon l'auteur de ces mots.

Il arrive parfois que le courage ou la volonté ne soient d'aucun secours (car cela n'a rien à voir), et que le recours classique (culturel, éducatif ...) au savoir prendre sur soi, se prendre en main, ne pas trop s'écouter .... etc ... s'avère, parfois, dangereux et inacceptable. Et dans ce post, sur le trouble de l'estime de soi, ces mots me gênent ; ainsi, et peut-être inutilement, je préfère les entourer de quelques précautions pour qu'ils ne soient pas reçus autrement que comme un témoignage personnel...  Smile

Alors en vrac ...

- Trouble de l'estime et manque d'estime, c'est différent.
- Le manque d'estime est peut-être pour certains le déni d'un trouble plus profond.
- L'acte suicidaire n'est pas lâcheté, même si culturellement ce message nous est bien transmis.
- La dépression n'est pas de l'auto-complaisance, ni prétexte à se lamenter pour le plaisir.
- L'anorexie ou la boulimie n'est pas le manque de courage à bien s'alimenter.
- Les "quand on veut on peut",  "y'a plus malheureux", "t'as tout pour être heureux", "tout ça c'est dans la tête" ... font également des ravages terribles, insupportables (je pourrais hurler) notamment parce que cela rajoute de la culpabilité à celui/celle qui ne peut pas/plus malgré sa volonté et sa lucidité et son courage et sa force de caractère hyper reconnue et qui ne demande qu'à vivre, de temps en temps, comme tout le monde ...
- un trouble de l'estime de soi n'est pas un handicap, c'est un traumatisme non guéri qui continue à tuer sa victime.

Félicitations sincères à celles et ceux qui savent prendre sur eux, ne pas trop se lamenter, estimer suffisamment ce qu'ils ont et ce qu'ils sont. Félicitations et bravo et merci, parce que c'est autant qui ne sera pas réclamé à autrui, parce que c'est ainsi qu'on s'offre le mieux au regard du monde et des autres, parce que le soleil réchauffe aussi, même s'il ne brille pas de tous ses rayons.

Mais je profite (pas bien) des messages précédents pour enfoncer à nouveau ce clou : ce n'est pas mal (et ce n'est pas sale) de s'écouter. Parfois c'est même cela le courage.
Et encore une fois, c'est une question d'équilibre à trouver entre ce courage là s'il peut être utile ou agréable et un narcissisme éventuellement déplacé ou une stérile auto-complaisance.

Attention pour terminer à bien regarder le titre de ce post : "trouble de l'estime de soi" Rolling Eyes, et non "je ne m'aime pas".

Merci de votre attention pour cette précaution préventive sunny
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Message par Pieyre Ven 30 Sep 2016 - 16:52

Pas de problème : normalement, je réponds juste sur le fond. Les incriminations psychologisantes ne m'intéressent pas, même si elles sont d'autant plus pénibles qu'elles sont indirectes. Il m'est arrivé de critiquer de façon indirecte moi aussi, mais j'essaie de me corriger. Je pense qu'il vaut mieux citer la personne que l'on critique. C'est tout.

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Message par PomPomPom Ven 30 Sep 2016 - 16:55

Justement je ne critiquais absolument personne ...
ah la la, c'est le charme des forums ;-)
Huh
Tant pis.
Bonne soirée
Winner
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Message par Jo' Ven 30 Sep 2016 - 22:42

Je ne me positionnerai pas spécialement sur ce que j'ai lu car comme dit précédemment, nous partageons avant tout une perception de nous même.  Le but de ce sujet est avant tout un partage d'expérience sur un sujet très peu connu et quasiment absent sur le net, puisque comme tu le dis PomPomPom le trouble de l'estime de soi est issu d'un traumatisme qui continue de tuer sa victime, mais pas seulement. Or, il est abusivement assimilé au manque d'estime de soi. Mais je pense que le TES ne trouve pas son origine uniquement dans un événement traumatisant mais qu'il se développe également lorsqu'un manque d'estime de soi est constamment alimenté, c'est-à-dire quand une multitude de petits événements désagréables finissent par s'accumuler et former un gros bloc, ou quand les moments de joie se font trop rare pour garder la personne dans une santé mentale saine.

Je comprends que des propos puissent être blessants pour une personne et je veux bien être repris si tel est le cas. Je suis bien placé pour comprendre cette susceptibilité exacerbée, le choix des mots, le sens des phrases mérite réflexion car cela peut être dangereux.

Je souhaiterais revenir sur cette phrase : "on est ce qu'on perçoit". C'était peut-être brutalement dit de ma part, après recul. À mon sens, c'est cohérent, mais uniquement parce que j'ai pris le temps de tout détricoter. Une personne qui ignore ce qu'est un trouble de l'estime de soi à l'origine et qui se reconnait dans le sujet peut ne pas le concevoir car les mécanismes de sa pensée se focalisent sur la perception qu'elle a, elle, en fonction de l'état dans lequel elle se trouve. j'ajouterai qu'on a tous des raisons de percevoir ce qu'on perçoit et que même si on se fait énormément de mal, les responsabilités sont partagées. Tout ne vient pas de soi, il y aussi et surtout la transmission d'un mode de réflexion nocif par une/des personne(s) tierce(s).
Quand très jeune, j'ai vécu du harcèlement moral s'étalant sur plusieurs années et me suis senti physiquement en danger à de nombreuses reprises, mon bourreau m'a appris à penser en victime. De cette manière, il m'a marqué au fer rouge, m'a possédé et a créé une plaie qui ne cicatrise pas, pour que je perçoive tout à vif, et pour que d'autres personnes mal attentionnées puissent à leur tour déposer leur emprunte. Je me suis retrouvé dans une situation de dominé, j'ai donné toute crédibilité à mon maitre. J'ai donc grandi avec ce schéma de pensée sans en avoir conscience et en ignorant que j'étais exposé et en danger.
Maintenant, le fait d'en prendre conscience permet si on arrive à se ressourcer, à récupérer suffisamment d'énergie de savoir qu'on est ce qu'on perçoit, qu'on a grandi avec un modèle-type qui nous fait voir la vie de façon menaçante. Et puisque qu'on perçoit la vie de façon menaçante, on la déteste, et on se trouve alors menaçant, alors on a le choix :
- La victime n'arrive pas à se défaire de son titre de victime.
- La victime adopte les rites et devient bourreau à son tour. Ne dit-on pas qu'un bourreau est avant tout une victime ? Qu'on victimise car on a peur d'être victime ?
J'ai expérimenté ces deux états durant mon enfance et mon adolescence, même si je n'ai jamais su me défaire de mon titre de victime, j'ai à de rares occasions voulu transmettre le mal qui m'a été donné. Heureusement que mon empathie m'a sauvé.

En créant ce sujet, j'espère pouvoir aider des personnes qui sont dans une immense souffrance à sortir la tête de l'eau. Je sais qu'il y a un risque, que le résultat ne soit celui attendu, mais quand bien même, c'est quelque chose qui mérite qu'on en parle.

Pour en revenir une énième fois à la perception, c'est un peu à l'image du forum. Chacun donne un sens personnel aux mots, aux phrases, mais cela n'empêche pas, parmi les symptômes qu'on cite, les listes qu'on fait, qu'on puisse transmettre un écho, que d'autres se reconnaissent. Tout comme on partage des caractéristiques pour le Haut-Potentiel, qu'on se projète dans les autobiographies des membres de ce forum.

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Message par Jo' Lun 3 Oct 2016 - 3:43

Deux conseils pour guérir :

- Se poser la question si on a bien pardonné à nos bourreaux le mal qu'ils nous ont causé, et si on s'est pardonné à soi-même toute cette violence :
Je pense qu'il est important de se séparer de la haine, c'est elle qui entretient un rapport de rivalité, et c'est d'ailleurs ce qui fait notre société... C'est la haine qui est à l'origine du Trouble de l'Estime de Soi, tant qu'on ne se sépare pas de la haine elle continuera à nous empoisonner. En se désintéressant du conflit, on quitte ce mode de détestation, de rapport dominant/dominé. Le risque de se soigner tout en gardant de la détestation, c'est de devenir l'extrême inverse, à savoir une personne qui s'admire au point d'en avoir des répercussions psychologiques. C'est un long chemin que de quitter cet état, tant les personnes autour nous influent, et qu'elles peuvent contenir de la haine elles aussi.

- Se focaliser sur les souvenirs heureux, même s'ils sont bref, et sur les moments de joie :

C'est sûrement ce qui nous ramène d'ailleurs au moment présent, de quitter cet état de passé conflictuel et de futur incertain. C'est partir à la recherche d'un passé plus serein pour un présent plus quiet. En se focalisant sur les souvenirs heureux, on laisse les périodes sombres en arrière-plan. Elles ne disparaitront pas, mais elles ne guideront plus votre vie. Et si vous n'en trouvez pas le premier conseil vous aidera à en former.

C'est les deux points clé que j'ai fini par comprendre pour quitter le cercle-vicieux dans lequel j'étais pour un cercle-vertueux. Le fait de partir à la recherche de la paix m'a apporté plus de recul, de spontanéité, ça m'a permis de mettre une distance entre moi et la violence, puisque je passerai avant désormais. Et surtout de découvrir des parties de moi que je n'avais pas pris la peine de connaitre, à cause de cet égocentrisme désordonné. J'ai encore du chemin à parcourir, mais sentir ma vie redémarrer, que ce soit sur le plan affectif car je sors de l'isolement (tout en restant quelqu'un de solitaire), ou sur le plan professionnel où j'ai osé me revendiquer (montrer mes capacités, mon savoir-faire), m'aide à en vouloir toujours plus dans ce sens. Je n'ai plus la crainte de retomber en dépression, car je suis plus sympa avec moi-même et sans doute avec les autres. Plus emphatique, au point de ressentir une forme d'empathie, de pitié bienveillante pour mes bourreaux. Je ne leur en veux plus, car j'ai fini par les comprendre en arrêtant d'être le reflet dans lequel ils contemplaient leur haine. J'ai moins peur, même si sur ce point tout n'est pas encore réglé. La peur d'être contaminé à nouveau est encore là, tellement la société en transpire. Mais aujourd'hui je sais où aller, ma vie a une direction et je suis assez attentif pour ne pas m'écraser en route. Je récupère également du côté intellectuel, je soigne mon inhibition et je n'ai plus honte d'aimer mes centres d'intérêt, je me sens plus intelligent, alors qu'auparavant je vivais très mal le fait d'être pris pour un con, de me penser con. La guérison, c'est commencer une nouvelle vie.

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Message par jolindien Dim 9 Oct 2016 - 11:16

Devant cet enfant à l'amour infini, l'autre prend peur et écrase cet amour, le muselle..arrive à persuader l'enfant qu'il n'est pas normal d'aimer ainsi et que cet amour n'a pas de raison d'exister.
Alors l'enfant apprend à détester cet amour qu'il croit responsable de son malheur, il le déteste au plus haut point ...
Cette haine, cet amour refoulé, pour lui permettre d'exister à nouveau peut-être qu'il faut repartir (dans son coeur) à l'endroit ou on l'a enfermé.
Et alors faire disparaitre cette illusion...de ne pas être.
Mon parcours personnel est proche du récit fait ici, aujourd'hui l'homme tristement en colère à appris à aimer la vie, à aimer toute chose,
A s'aimer.

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Message par zelle Dim 9 Oct 2016 - 13:56

Je te remercie sincèrement pour ton témoignage Jo'.

C'est bien de lire les autres, comme si c'était une partie de soi.
merci

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Message par Bimbang Dim 9 Oct 2016 - 15:21

Je glisse juste une petite vidéo que je viens de trouver



Mais je pense qu'en discuter est indispensable aussi.
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Message par Jo' Dim 9 Oct 2016 - 15:22

Merci à vous d'apprécier ce témoignage Wink

Il y a cette phrase célèbre dont j'ignore l'auteur qui en est à l'origine : "le contraire de l'amour, ce n'est pas la haine, c'est l'indifférence". La haine comme tu dis Jolindien est une forme d'amour refoulé. Je suis entièrement d'accord avec toi sur le fait qu'il faut localiser l'origine de se refoulement afin de s'ouvrir à nouveau. C'est un plongeon dans un passé qui est douloureux, mais c'est une douleur qui est nécessaire, libératrice. Une douleur qui apprend à avoir de l'empathie pour soi, qui permet de se regarder avec un point de vue extérieur, avec du recul. De réconforter, de rassurer l'enfant victimisé qu'on a été et qui réside toujours en nous à aimer à nouveau.

De cette manière on autorise le soi adulte à ne plus être ni sur l'attaque, ni sur la défensive et à accepter les sentiments sains qui s'offrent à lui. Depuis que j'ai fait le tri, je vis avec l'enthousiasme d'un enfant, je me sens à nouveau innocent, plein de vie, d'envies, de rêves et je m'autorise à être ce que j'ai envie d'être.

Forcément, ça agace certaines personnes de mon entourage, familial, affectif ou professionnel qui se reflétaient dans mes troubles, qui aimaient la personne que je détestais être, qui face à ce sentiment d'enthousiasme et de paix se sentent en danger car elles-mêmes s'accrochent à une forme de haine qui constitue leur armure. C'est là que je me suis rendu compte que les gens sont armés pour faire face à leurs propres illusions et désillusions, et là où j'étais extrêmement susceptible face à l'opinion des autres avant, je me contente aujourd'hui d'agir en simple observateur, en me disant que ce qui est dit ne reflète uniquement que la perception que la personne a du monde et d'elle-même. Ça m'en apprend énormément sur les gens. Ça me nourrit davantage. Et le miracle dans l'histoire, c'est qu'il n'est plus question de s'écraser ou de s'affirmer. Je suis sorti de ce schéma de dominant/dominé, je n'ai pas besoin de me revendiquer haut et fort, de prouver quoique ce soit, mon état d'esprit parle de lui-même et je n'ai juste qu'à me laisser porter par le vent pour prendre ma place.

Edit : je suis en train de regarder le reportage Wink

Edit 2 : ça fait du bien de regarder un tel reportage, le témoignage de ces gens en grande souffrance est poignant, et renforce le sentiment que ce mal qu'on s'inflige est terriblement dangereux et auto-destructeur. Je suis content d'avoir pu le regarder Wink

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Message par Kristof Mer 26 Oct 2016 - 15:21

Je n'ai pas passé de test, et très sincèrement je ne pense pas être au-delà du seuil symbolique des 130. Je pense être très probablement dans la "zone grise", entre 115 et 130, où sans être labellisé zèbre on peut rencontrer des problèmes similaires et avoir un vécu proche.

Ceci dit, ton tableau du trouble de l'estime de soi me parle vraiment. L'estime de soi, c'est fondamental. Une des clés pour l'améliorer, ce par quoi on devrait toujours commencer, c'est l'acceptation de soi.

Tant qu'on a pas résolu ce problème-là, passer un test ne me semble pas être une bonne idée.
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Message par Invité Mer 26 Oct 2016 - 17:14

Bonjour,
Moi aussi le tableau de l'estime de soi me parle beaucoup, c'est ma problématique depuis toujours...

Il se trouve que j'ai passé le test il y a quelques mois, et la haute estime que j'ai pour ma personne me fait toujours douter, à ce jour, de sa légitimité ( j'étais pas prête/ pas en forme/ j'ai du avoir de la chance pour certaines réponses, bref toujours cette petite voix pour me rabaisser...).
L'avoir passé m'a donne une grille de lecture pour comprendre ma vie passée, mon comportement et mes réactions, mais je n'ai toujours aucune certitude (et tant mieux, il n'y a rien de pire que les certitudes, ça enferme l'esprit), et l'estime de moi-même n'a pas miraculeusement progressé.
Je suis d'accord avec Kristof, la clé, c'est l'acceptation de soi.
La route sera longue mais riche surement.

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Message par Invité Mer 26 Oct 2016 - 17:44

.


Dernière édition par ParaPluie le Jeu 27 Oct 2016 - 10:48, édité 1 fois

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Message par Kristof Mer 26 Oct 2016 - 21:19

Je conseille à tous de lire (si ce n'est pas déjà fait) Imparfaits, libres et heureux de Christophe André. Même si n'est pas le graal, ce livre m'a beaucoup aidé.
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Message par oslo Jeu 27 Oct 2016 - 1:16

Je n'ai pas pris le temps de lire toutes les réponses, mais à vrai dire ce ne sont pas les réponses qui m'intéressent, mais bien ton post à toi Jo'.
Tu m'avais conseillé de venir ici lire ton article à la suite de ma publication désespérée, alors je suis venue, et je ne suis pas déçue !
Ton article est vraiment pertinent et très clair.
Etrangement, ou non, je me reconnais dans quelques éléments de la liste, mais pas tous.

Penses tu qu'avoir un trouble de l'estime de soi signifie obligatoirement réunir toutes ces caractéristiques ?
Je te remercie de m'avoir envoyé ici Smile

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Message par Invité Jeu 27 Oct 2016 - 2:42

ça ne vient pas de la peur ?

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Message par oslo Ven 28 Oct 2016 - 22:13

WOAWBimbang... le reportage que tu as posté....
J'ai même pas de mots.
Merci d'avoir partagé ce petit trésor

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Message par Jo' Ven 28 Oct 2016 - 23:34

oslo a écrit:Je n'ai pas pris le temps de lire toutes les réponses, mais à vrai dire ce ne sont pas les réponses qui m'intéressent, mais bien ton post à toi Jo'.
Tu m'avais conseillé de venir ici lire ton article à la suite de ma publication désespérée, alors je suis venue, et je ne suis pas déçue !
Ton article est vraiment pertinent et très clair.
Etrangement, ou non, je me reconnais dans quelques éléments de la liste, mais pas tous.

Penses tu qu'avoir un trouble de l'estime de soi signifie obligatoirement réunir toutes ces caractéristiques ?
Je te remercie de m'avoir envoyé ici Smile

Non, je pense que tout dépend des caractéristiques de la personne, son caractère, son vécu, etc. Ainsi que le(s) traumatisme(s) à l'origine qui nous conditionnent dans une image délétère de nous-même. Il y a tellement de facteurs qui varient qu'on ne peut pas forcément se reconnaitre dans tout, il est d'ailleurs très probable que tu possèdes des symptômes que je ne possède pas.

Tout le monde n'est pas forcément diminué intellectuellement avec un TES, de même que l'anxiété, la dépression, le rapport à l'autre, les questions scolaires et professionnelles peuvent prendre d'autres directions. C'est pour cette raison je pense qu'il est important, une fois qu'on prend conscience de ce trouble, de faire une cartographie mentale pour repérer dans quels domaines il influe. Je parlais dans mon premier message de "toile d'araignée géante dans laquelle on se sent pris au piège", et c'est exactement ce qui doit être cartographié. Où commence-telle, où finit-elle, quels sont ses points d'accroche les plus solides, etc.

Je pense aussi qu'un trouble en entraine un autre, et puis un autre, et encore un autre... Un trouble se cache souvent derrière un autre trouble. Il est important de se poser la question si c'est le TES qui est à l'origine où si une très mauvaise estime de soi est la conséquence de quelque chose d'autre. Personnellement, on me l'a diagnostiqué donc je n'ai pas eu à me poser la question, mais pour d'autres ce serait peut-être utile.

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Message par oslo Ven 28 Oct 2016 - 23:44

en tout cas, c'est bon à savoir. Je ne m'étais jamais penché sur la question, et c'est vrai que je me suis retrouvé dans quelques uns des critères. D'ailleurs j'ai aussi beaucoup aimé le documentaire que Bimbang a posté, très émouvant. Et je me suis un peu identifié à certains des témoins. Donc il doit y avoir du travail à faire sur cette estime de soi. Je compte m'attarder sur ce point, merci pour la piste, car c'est déjà une belle avancée !

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Message par Jo' Ven 28 Oct 2016 - 23:58

Très beau documentaire en effet, j'ai également beaucoup aimé.

Tu verras, c'est un chemin un peu brumeux que de se lancer dans une meilleure estime de soi, mais quand les premiers résultats viendront, ce sera un cercle vertueux Wink

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Message par oslo Sam 29 Oct 2016 - 0:06

à vrai dire, j'ai déjà beaucoup progressé depuis un peu plus d'un an.
Après une grosse crise, j'ai débarqué chez ma soeur qui a pris un annuaire et appelé le premier psy qu'elle a trouvé. Une psy aux méthodes et à l'approche peu conventionnelles : on parlait peu, elle me faisait des massages toistes, etc. Bref, ca m'a quand meme beaucoup aidé à sortir de ma coquille et à libérer des choses. J'ai cessé de la voir à cause du coût et d'un déménagement dans une autre ville, mais elle m'a donné un coup de pouce et depuis j'essai d'être attentive aux choses positives qu'on me rapporte sur ma personne. Mais j'avoue que je pensais pas que tant de choses qui ne vont pas dans ma tête pouvaient éventuellement venir de cet unique carence d'estime de soi.

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Message par Bimbang Sam 29 Oct 2016 - 1:01

Ils sont chouettes les ateliers de Guy Corneau hein ^^
Ça fait juste du bien.

Je sens que c'est tordu mon problème d'estime. Je m'aime plutôt bien en fait en règle générale. Je me regarde comme un chouette chose pas glorieuse mais plutôt sympathique, une bonne copine relou.
Je n'ai pas vécu de traumatisme dans l'enfance, ni adulte. Enfin, je n'ai pas eu une vie extraordinaire, mais je ne me sens pas traumatisée. J'ai plutôt confiance "en général" et j'suis optimiste de nature.
Mais.... bah y a quelque chose qui coince, mais je ne sais pas où.

A la moindre boulette, je suis six pieds sous terre. Je sais que je n'aurais jamais un bonheur exceptionnel, je ne le réclame même pas. J'ai tendance à m'oublier. A ne pas vouloir pour moi même. A ne pas savoir recevoir. Je suis celle qui s'excuse, regrette de s'imposer, aimerait disparaitre parfois. Et à d'autres moments, pas du tout. Faut pas me faire chier, et je tiens tout le monde en respect.
Mon responsable m'a dit que je manquais trop d'estime de moi. Il l'a perçu lui aussi. Et très souvent, je rajoute "je crois".. ou "enfin, je pense".
Le truc de la couillonne qui doute sans arrêt quoi.

J'ai fini par me dire que c'est parce que je suis la troisième de la famille.
Une qui a suivi les autres, sans qu'on s'en occupe vraiment. Une qui a regardé les autres, et est restée plus observatrice qu'actrice. Qu"on a jamais félicité de faire les premiers pas, parce que bon, y avait les deux autres à surveiller.
Souvent je me suis dit que j'étais invisible. Même ma mère répondait à ma place. J'attendais un peu, et les choses se résolvaient toutes seules. Un genre de cinquième roue de la charrette.
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Message par jolindien Sam 29 Oct 2016 - 7:07

Rions de nos qualités, comme de nos défauts
Attraits de la personnalité

Regarder avec amusement la pensée passer dans le mental...ce n'est qu'une pensée qui n'existe pas...tant qu'elle passe...si on l'attrape, on lui donne corps.
Maitre en sa demeure

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Message par lolablues Mer 9 Nov 2016 - 9:49

bonjour, je ne viens pas souvent sur le forum mais ce matin je prends le temps de lire un peu. Ou beaucoup du coup vu le sujet. Que je lis avec beaucoup d'intéret me sentant particulièrement concernée, mais du coup assez sereine malgré tout. Le travail sur moi même étant en cours de cheminement, ce qui m'a permis de lire ce post de façon plus détachée que si je ne l'avais fait il y a quelques semaines.
J'en ai profité pour copier le lien du reportage que je prendrais le temps de regarder plus tard, et commander le livre.
Au final je ne regrette pas du tout les conseils qui m'ont été donné de m'inscrire ici.
Même si je ne viens pas souvent, ça m'aide toujours au bon moment.
Je ne cesserais jamais de remercier mon ange de lumière. Very Happy Very Happy Very Happy
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Message par Qu'ouïë-je Jeu 8 Déc 2016 - 19:14

Bonjour,

Je n'ai pas vraiment lu vos messages car vos trajectoires me sont trop peu familières pour saisir la valeur de vos propositions sur l'estime de soi.

Pourtant, c'est un sujet qui m'est apparu pertinent récemment.

J'ai enfin connecté deux propositions dans mon esprit :

-d'une part que j'ai joué au piano depuis plus d'une dizaine d'années
-d'autres part que jamais mon entourage n'a songé à m'offrir un livret de musique.

C'est seulement après toutes ces années que je commence à comprendre grâce aux voeux qu'on peut adresser au Père Noël que dans mon image de mon utilisation du piano, accéder à un livret de musique ne pouvait pas se demander.

Aussi, j'ai partagé mon voeux à mes proches.

C'est là que j'ai eu un retour affectant l'estime de moi. Ma capacité à jouer du piano est immédiatement critiquée. Que c'est un souhait d'enfant pourri ! Pardonnez-moi de ne pas toujours avoir le coeur d'un one-man-show cosaque.
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Message par Jo' Jeu 8 Déc 2016 - 23:40

C'est un point de vue intéressant qui démontre à quel point l'avis de notre entourage peut nous écraser. Il y a aussi la donnée du Haut-Potentiel à prendre en compte dans le TES. Le fait qu'on soit à part, dans notre petit monde, avec nos lubies, nos passions, ce décalage avec la norme et l'entourage... C'est un terrain fertile pour développer ce type de trouble.
Je pense qu'à force, il est nécessaire de marquer une rupture entre ses propres besoins et ce que les personnes extérieures peuvent nous apporter. Peut-être que je me trompe, mais l'idée est là, de pouvoir se nourrir seul, d'accepter ce que les autres ont de bon à nous offrir tout en faisant le tri et en mettant ce qui nous affecte de côté. Ne rien attendre, prendre le meilleur de chacun. Et s'il n'y a pas de meilleur dans la personne en face de soi, ne plus se sentir concerné par elle car de toute évidence, il n'y a pas de bon à en tirer.
C'est facile à dire, je sais, c'est un travail sur le long terme comme pour de nombreuses autres choses. Avoir de l'amour propre, une estime de soi saine, ça prend du temps. J'en fais encore l'expérience.

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Message par Verlane Mar 27 Déc 2016 - 0:46

L'estime de soi se construit beaucoup en rapport avec le regard de l'autre, à commencer par celui de ses parents. Quand on est (et né) zèbre ou autre parfois ce premier regard parental n'est pas bienveillant, ce n'est pas forcément voulu de la part de ces derniers ou quoi mais parfois face à un bébé (puis un enfant) qui sort de la norme ça arrive puis ça continue à l'école, gros participant dans la mise en place de l'estime de soi dans nos sociétés et ainsi de suite donc ça ne m'étonne pas qu'il y ai des TES chez les zèbres, aspie, TDAH, en fait chez les neuroatypiques en règle générale.

Je suis moi même concerné par un TES depuis à peu près toujours, cela dit les relations que j'ai entretenu avec mes parents et une grande partie de ma famille pourraient expliquer à elles seules le plus gros du souci (indépendamment d'être zébrée ou quoi), ça plus l'hypersensibilité émotionnelle dont je souffre depuis toujours (je parle de souffrance parce qu'au niveau que je connais c'est ça) qui fait que chaque attaque (ou que je prenais comme tel) me faisait l'effet d'un coup de poing prit en pleine tronche (la tronche de mon estime en fait).
Je travaille sur moi mais j'ai l'impression de partir de zéro et parfois ça me décourage, comme j'ai l'impression de ne jamais avoir eu une bonne estime de moi je me demande comment je pourrais faire pour changer la situation. Cela serait nécessaire pourtant, peut être que je pourrais calmer ma jalousie perpétuelle, avoir moins d'accès dépressifs, moins me saborder tant sur le plan personnel que professionnel etc...
L'aide d'un professionnel ne serait pas du luxe (enfin pour mon compte en banque si).
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Message par Jo' Mar 27 Déc 2016 - 21:33

Verlane a écrit:L'aide d'un professionnel ne serait pas du luxe (enfin pour mon compte en banque si).

C'est un aspect souvent négligé dans les conseils qu'on peut donner à quelqu'un souffrant de TES. C'est mon cas également, et c'est très dur de devoir s'en passer. Il y a des moments où j'ai cru devenir fou, où cette aide semblait être une nécessité tellement je sombrais, et d'autres moments durant lesquels je vivais dans un espèce de brouillard maussade et j'aurais aimé avoir quelqu'un de compétent à qui parler. C'est encore le cas maintenant, je maitrise globalement la situation, je me reprends très rapidement quand je sens la rechute arriver mais je suis fatigué de ce combat psychique et cognitif, de devoir travailler très dur sur moi-même juste pour garder un certain équilibre.

Verlan a écrit:Je suis moi même concerné par un TES depuis à peu près toujours, cela dit les relations que j'ai entretenu avec mes parents et une grande partie de ma famille pourraient expliquer à elles seules le plus gros du souci (indépendamment d'être zébrée ou quoi), ça plus l'hypersensibilité émotionnelle dont je souffre depuis toujours (je parle de souffrance parce qu'au niveau que je connais c'est ça) qui fait que chaque attaque (ou que je prenais comme tel) me faisait l'effet d'un coup de poing prit en pleine tronche (la tronche de mon estime en fait).
Je travaille sur moi mais j'ai l'impression de partir de zéro et parfois ça me décourage, comme j'ai l'impression de ne jamais avoir eu une bonne estime de moi je me demande comment je pourrais faire pour changer la situation.

Je comprends tellement, c'est très complexe quand le TES se cumule à d'autres troubles associés et aux caractéristiques de la neuroatypie. Comment savoir si ce sont les caractéristiques qui amplifient le trouble ou si c'est le trouble qui prend possession de ces caractéristiques... Cette toile d'araignée géante est vraiment très complexe à détricoter, parfois trop.
En fait, ce qui est décourageant ce n'est pas seulement de partir de zéro, c'est de ne pas savoir où on va car il n'y a pas d'itinéraire, de carte routière pour réussir à trouver les points clés, ceux qui déverrouilleront les accès bloqués. C'est un chemin personnel à arpenter.
C'est frustrant, les petites victoires et les grandes réussites aident à tenir bon, à aller plus loin, mais est-ce qu'il y a réellement une fin à tout ça ? Est-ce que ce n'est pas un combat à vie ? Même pour ceux qui font une TCC, ou une autre thérapie, le risque d'une rechute (violente parait-il) est là. Et puis, c'est une souffrance tellement grande au quotidien qu'il est difficile de s'imaginer comment pourrait être l'après. Comment en sortir réellement, la mettre derrière soi définitivement.

De mon côté j'aborde la question de l'anxiété et de la phobie sociale ces derniers temps. Et l'une des raisons pour lesquelles je n'arrive toujours pas à être à l'aise en société et à sortir de l'isolement, c'est parce qu'il m'est impossible de passer au dessus du TES. Ce sont les traumatismes psychologiques qui ont fait naitre ce trouble, et être conscient de ce trouble me provoque aussi un traumatisme. C'est le chien qui se mord la queue. Faire une relecture de son passé, avoir une certaine empathie pour soi, c'est une chose. Savoir quitter cet état d'analyse, de décorticage constant, d'introspection, s'en est une autre. Je ne peux plus m'ouvrir aux autres car j'ai le sentiment d'avoir sur le coeur quelque chose de très lourd à porter. Le TES, c'est une maladie, et le fait que ce soit tellement complexe pour moi à aborder me rend presque inabordable aux yeux des autres. J'ai passé tellement de temps à faire face à l'incompréhension de mon entourage dans la vie de part mon fonctionnement atypique... Je me suis convaincu que le TES me rendrait doublement incompris.
Et il est là, constamment. Il est omniprésent, il me suit partout. Mon quotidien est fait de victoires, de progressions et de rechutes. Tout est en rapport avec lui, car il est moi, il me possède. Il y a des jours, j'aimerais être possédé par autre chose, m'oublier.
J'ai fait tellement de progrès, et j'ai la sensation d'être encore au milieu d'un immense chantier. Aurais-je assez de ma vie entière pour l'achever ?

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Message par Verlane Mer 28 Déc 2016 - 2:41

@Jo' J'aurais pu écrire la même chose ! En particulier je cite ce passage :

Jo' a écrit:    

Re: Trouble de l'estime de soi

C'est un aspect souvent négligé dans les conseils qu'on peut donner à quelqu'un souffrant de TES. C'est mon cas également, et c'est très dur de devoir s'en passer. Il y a des moments où j'ai cru devenir fou, où cette aide semblait être une nécessité tellement je sombrais, et d'autres moments durant lesquels je vivais dans un espèce de brouillard maussade et j'aurais aimé avoir quelqu'un de compétent à qui parler. C'est encore le cas maintenant, je maitrise globalement la situation, je me reprends très rapidement quand je sens la rechute arriver mais je suis fatigué de ce combat psychique et cognitif, de devoir travailler très dur sur moi-même juste pour garder un certain équilibre.

J'ai connu des jours (et mon pessimisme actuel me pousse à penser qu'il y en aura d'autres) où je rêvais littéralement d'avoir près de moi une bonne dose d'anxiolytiques et/ou un psy à qui parler dans l'instant tellement je me sentais mal, que je n'en pouvais plus et que je voulais que ça se calme.
J'ai l'impression que ma personnalité s'est construite autour du TES donc je me demande parfois s'il me sera un jour possible de m'en débarrasser. Comment désolidariser l'un de l'autre dans ces conditions ? Ou plutôt comment me débarrasser de mon TES sans mettre à mal tout ce que je suis ?
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Message par Jo' Mer 28 Déc 2016 - 21:02

S'en débarrasser, je ne sais pas. Ne plus subir les symptômes, avec un travail sur le long terme j'y crois toujours. Mais on restera marqué car ce qu'on est aujourd'hui dépend de notre passé, il en sera de même pour le futur. Notre présent nous prépare pour l'avenir. Est-ce une mauvaise chose ? Je ne pense pas. Il y a énormément de gens qui vivent avec des traumatismes en tous genres, des troubles psychologiques autres, qui sont hantés par leurs propres souvenirs et qui arrivent quand même à se construire. Et au contraire, ce sera une fierté le jour où toi, comme moi et comme beaucoup d'autres, nous arriverons à faire quelque chose de bien de notre vie. Une belle revanche.
Nous sommes atteints par un trouble, nous subissons les effets d'une maladie. Nous n'avons pas le choix que de l'accepter et de vivre avec. Tant qu'il y aura du déni, tant que nous n'arriverons pas à nous aimer pleinement, y compris avec le TES, nous subirons notre propre rejet. S'aimer en communiant avec toutes les parties de soi-même, même celles qui sont néfastes à l'heure actuelle, c'est peut-être un moyen de transformer ses faiblesses pour en faire des forces. Je veux y croire en tout cas.

D'ailleurs, je crois aussi que ce qui nous caractérise, c'est que nous mettons nos faiblesses en avant et que nous cachons nos forces. J'ai eu l'occasion d'en prendre conscience au détour d'une conversation. Je peux faire preuve de sang-froid dans des situations où beaucoup paniqueraient, je peux aussi avoir une très grande force de caractère quand c'est le désordre total et qu'il n'y a personne pour améliorer la situation. Et malgré tout ce que j'ai enduré, malgré un certain pessimisme apparent j'ai de l'espoir au fond de moi. Et pourtant, je passe la majorité de mon temps à subir mes imperfections, à me focaliser sur ce que j'ai mal fait ou ce que je n'ai pas fait, ça tourne en boucle de manière obsessionnelle. Et je déborde d'incertitude. Au travail l'autre jour, on m'a dit que je ne croyais pas en moi et que c'était dommage car j'avais des bonnes capacités.
Les gens ignorent que dans ma tête, c'est une bataille constante pour garder la tête hors de l'eau. Et c'est normal car je n'en parle pas. Mais même avec tous ces efforts, ça se lit dans mes yeux, dans ma voix, dans mes paroles, dans mes gestes. Le plus flagrant, c'est quand je suis entouré de personnes qui s'affirment haut et fort, qui en imposent. J'ai bien conscience qu'elles ne sont pas supérieures à moi, je n'ai pas non plus envie de leur ressembler, car au contraire leurs certitudes cachent une très grande fragilité intérieure. C'est le fait de ne pas savoir comment m'y prendre pour être moi en toutes circonstances, sans me corrompre, sans rentrer dans des jeux d'égos, etc. Il y a une recherche de perfection à tout instant, et l'hypersensibilité, l'incompréhension face aux règles sociales se cumulent à mes hantises et me font interagir de manière maladroite.
Et c'est là qu'intervient ta question : "Comment désolidariser l'un de l'autre dans ces conditions" ? Les symptômes du TES sont dans mon cas souvent complémentaires avec les caractéristiques du Haut-Potentiel, voire, ils les poussent à l'extrême de manière pathologique. Alors comment retrouver un degré non-pathologique ?

Je vais me creuser la tête ces prochains jours...

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Message par jolindien Jeu 29 Déc 2016 - 5:23

Réunir les parties de soi, un certain éveil de la conscience.
C'est un travail qui se met en place dans l'instant, chaque instant, se détacher de l'aspect duel que l'on accorde à l'extérieur.
Parfois on aborde le problème sous un angle biaisé, plus on se bat, plus on souffre, plus on se débat...moins on s'aime.
Pas facile de voir ce qu'on est au fond à travers cette personnalité que l'on s'est construite dans cet environnement, surtout si elle vient nous "protéger" contre cet extérieur.
Donc peut-être que pour changer un comportement (et les émotions qui y sont reliées) il faut aussi savoir ne plus en souffrir, d'abord commencer par ne plus en souffrir pour pouvoir le changer, et pas l'inverse.
Peut-être qu'il faut descendre au niveau "primitif" ou sont ancrées ses souffrances, genre niveau cellulaire, ne me demande pas si je parle à mes cellules, je te dirai qu'elles sont folles de m'écouter.
Dit autrement, le plan mental n'est pas suffisant.

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Message par Bimbang Jeu 29 Déc 2016 - 12:24

Jo a écrit:Les symptômes du TES sont dans mon cas souvent complémentaires avec les caractéristiques du Haut-Potentiel, voire, ils les poussent à l'extrême de manière pathologique. Alors comment retrouver un degré non-pathologique ?
jolindien a écrit:Donc peut-être que pour changer un comportement (et les émotions qui y sont reliées) il faut aussi savoir ne plus en souffrir, d'abord commencer par ne plus en souffrir pour pouvoir le changer, et pas l'inverse.

C'est ce que je tente de faire depuis quelques mois. Je travaille sur mes émotions, mes ressentis, cette contraction que je sens au plexus quand je me sens nulle pour une raison X ou Y. Avant, effectivement, je m'abrutissais de réflexions sur ce que j'aurais dû faire, sur la leçon à tirer de tout ça, sur tout ce que j'allais mettre en place pour que ça n'arrive plus... mais on ne pourra jamais être parfait, et il faut bien dormir un peu  Rolling Eyes

Comme dit Jolindien, "le plan mental n'est pas suffisant" dans certains cas. Il faut juste accepter d'être ce qu'on est, et nos imperfections (même si ça nous fait suer grave).

Donc depuis peu, j'arrive à me dire : oups, c'est là, et c'est hyper fort. C'est la première étape (et hop, je viens juste de piger que mes douleurs de bide, quand j'étais môme, ça devait déjà être ça. Merci le forum  Approuve )

Quelque fois, juste en me concentrant sur cette sensation, j'arrive à l'atténuer. Je fais des sortes de massages intérieurs. Parfois aussi, en marchant dans la nature, ça me permet d'ouvrir ce plexus, de reprendre une respiration plus ample, et ça fait moins mal.
J'essaie aussi d'écouter des musiques qui favorisent cette ouverture là.

Je vais peut être essayer de faire la méthode de Tal Schaller que j'ai lue sur un autre fil, laisser exprimer mes émotions en rugissant, ou en gueulant, mais je ne suis pas certaine d'y arriver. Intuitivement, je me vois assez mal faire ça.

Bon, ça ne réglera pas mon TES j'imagine, mais déjà, j'ai trouvé que les crises étaient plus faciles à gérer. Si elles durent moins longtemps, je passerais moins de temps à m'autodénigrer (bien que juste en écrivant ça, hop -> c'est revenu  Groumph ).
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Message par Marya Sam 31 Déc 2016 - 23:34

.


Dernière édition par Marya le Mar 11 Avr 2017 - 1:22, édité 1 fois
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Message par Invité Dim 1 Jan 2017 - 0:00

Parce qu'on ne peut rien faire d'autre que vivre, tant qu'on est vivant ? Et autant, du coup, le faire du mieux possible. Et parce-que ce n'est jamais raisonnable, de vivre ?

Bonne année à tous, que 2017 vous apporte la vie, dans ce qu'elle a de meilleur, mais la vie, c'est la vie, belle, toujours.

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Message par Inanna Lun 2 Jan 2017 - 20:39

Vaste sujet super intéressant! Merci Jo' pour ce partage!
Cela prend tellement de temps d'apprendre à s'aimer, avoir une solide estime de soi, un truc genre infaillible, qui résisterait à tout...
Cessons nous de nous estimer lorsque nous nous remettons sans cesse en questions? lorsque nous nous culpabilisons tout le temps...je veux dire, nous sommes intelligents et donc conscient que nous sommes acteurs de notre vie, du coup si ça ne va pas c est de notre fautre, donc avec ça, se construire de l'estime solide...

j'aime beaucoup aussi les commentaires, beaucoup de choses très interessantes qui donnent à réfléchir, ou prêtent à sourire car on s'y retrouve.

Quand on dit que je ne m'aime pas ou que je me sabote je le nie.
Et là tout de suite, je ne saurai plus dire ce qui est vrai. je ne parviens pas à prendre le recul nécessaire
lâcher prise?
j'adore!
je l'ai sortie à toutes les sauces celle là , je me suis dans les pires périodes auto convaincu de mon estime, tête haute, je me disais, ouais on fonce dans le tas tout va bien,on continue avec la psycho positive, on s accroche
par moment cela m'aidait, justement à continuer, d autre fois je savais que je vivais dans un mensonge

mon trouble de l'anxiété me donne une très mauvaise estime de moi...Et j'avoue que je suis assez déçue d'en être de nouveau arrivée là après tant d efforts où vraiment je pensais m'aimer...même à moi même je me mens.

S'aimer c est vital
chaque fois que je vois quelqu'un qui ne s'aime pas ça me fait tellement de mal, parce que je nie que cela m'arrive encore violemment par période
Et je peux pourtant jurer avoir eu des phases où ma relation à moi même n'avait jamais été aussi posée, centrée, calme et positive, équilibrée en somme...
Il m'arrive de me dire que je peux m'aimer par période pour certaines raisons, où du moins de façon tellement conditionelles, mais que je doute toujours de pouvoir être aimée par autrui.
the story of my life...

merci à tout ceux qui ont partagé leur vision sur le sujet...il y a des pistes à suivre. 2017 sera meilleure, je vous souhaite que ce soit l'année de l'apaisement, pour ceux qui en ont autant besoin que moi
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Message par Jo' Lun 2 Jan 2017 - 21:38

Je comprends bien ce que vous dites, vous savez, il y a une question que je me pose souvent quand je me dis "je me bats contre les symptômes de la maladie", et cette question est : et si le problème était tout simplement de se battre ? Se battre, c'est une forme de conflit après tout, envers une partie de soi. Mais est-ce que tous les conflits sont mauvais ? Ne permettent-ils pas de faire jouer les tensions de la dualité pour grandir et mieux se positionner ?
Se lâcher, d'une manière c'est pouvoir profiter du moment présent. Mais se lâcher, c'est aussi pouvoir exprimer toutes les parties de soi sans en redouter les effets. Et si je me lâche, le TES étant toujours là, il y a un risque que ma pleine expression me fasse défaut, qu'elle me fasse rechuter également. Il y a des choses que je préfère intérioriser et de part ma nature introvertie je prends parfois plaisir à les garder pour moi.

Avant, je débordais d'arrogance et l'arrogance signifiait une opposition à un monde qui m'était néfaste. Et l'effet miroir jouant, j'alimentais ce sentiment avec ce comportement inadéquat. Je cherchais le négatif chez l'autre, il me fallait être négatif. L'avantage aujourd'hui d'intérioriser une partie de mes émotions et de mes pensées, c'est que j'en ai le contrôle et que je peux choisir quoi exprimer. Je remarque autant de bonnes choses que de mauvaises choses chez les gens, parfois plus, parfois moins selon l'individu et le fait de le garder pour moi renforce la conscience que j'ai de moi-même et de l'autre. Je peux aussi me positionner plus facilement vis-à-vis de ce que je ressens, faire le tri, avoir le choix. Et c'est un réel plaisir. J'intériorise mais je ne refoule pas. Le plus dur pour y arriver, c'est de se taire, de prendre le rôle d'auditeur, d'observateur et de refuser de s'impliquer partout, pour tout. C'est une manière de se détacher quelque part... Même si le contrôle de soi est omniprésent.

Les symptômes sont tellement complexes et multiples qu'en soigner un ne m'empêche pas d'en ressentir d'autres. Et c'est ce qui est handicapant. L'impression que le TES fait parti de moi, mais qu'il est en même temps de trop dans ma vie. Et j'ai constamment cette conscience d'être. Cette lucidité à tout instant, du moindre geste, du moindre acte. Et c'est là que le contrôle de soi est douloureux car se contrôler tout en étant lucide sur ce qui me diminue et sur ce qu'il faut que je fasse pour ne plus l'être me demande énormément d'énergie. De même, quand j'échappe à mon propre contrôle, que l'anxiété me fait commettre des écarts, je bouffe encore plus d'énergie pour me remettre rapidement sur les rails et ne pas m'attarder sur ce qui fait défaut. J'ai l'impression de devoir travailler très dur pour réussir à être moi-même, à être ce que je veux, à combler mes déficits intellectuels, cognitifs, comportementaux, sociaux, etc. Et pour éviter que le faux-self apparaisse car c'est très gênant cette conscience de ne pas être soi-même dans l'instant présent.

Il est très difficile pour moi de me lâcher, c'est comme si je demandais à quelqu'un atteint d'un trouble d'anxiété généralisé d'être zen. Enfin, l'image est là quoi. Ce qui me pousse à opter pour le contrôle, c'est que d'une part, j'ai l'impression de gagner au change. Gagner en estime de moi, connaitre des victoires, des réussites, voir les effets positifs sur ma vie : ne plus déréaliser ni me dépersonnaliser en public ; vivre l'instant présent, c'est-à-dire savoir m'oublier car ma concentration est portée sur ce que je fais et non ce que je suis en train de faire ; récupérer en potentiel intellectuel, affectif,  être plus emphatique avec moi-même et avec l'autre, plus intuitif également ; m'autoriser à fonctionner différemment sans me comparer au fonctionnement de l'autre, à ne plus culpabiliser d'être différent et à profiter des résultats.
D'autre part, je considère que le Trouble de l'Estime de Soi est métaphoriquement un cancer cognitif et psychique. Que c'est très traumatisant de retourner les mécanismes d'attaque et de défense du cerveau contre soi. Contrôler la tumeur et rediriger les mécanismes du cerveau contre celle-ci me parait être le soin le plus approprié... Ceci n'engage que moi bien évidemment.

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Message par JT Dim 8 Jan 2017 - 15:14

Bonjour,

Votre post me transperce rien qu'à le lire, j'y trouve des similitudes frappantes à mon égard.
La suite, dans le temps "si j'y arrive"sera intéressante. Le chemin risque d'être long et semé d'embûches.... Vu dans la société dans laquelle nous vivons, nos valeurs, notre vision de la vie et des rapports humains risque de limiter notre progression.

A salute
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Message par Bimbang Dim 8 Jan 2017 - 23:35

j'ai trouvé cette vidéo intéressante

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Message par fleurblanche Lun 9 Jan 2017 - 3:25

Jo' a écrit:
Le trouble de l'estime de soi, qu'est-ce qui le démarque du manque d'estime et de confiance en soi ? Pas de réponses concrètes sur internet. Alors pendant de nombreux mois, j'ai cherché par moi-même, je suis devenu mon propre sujet d'étude. Je me base désormais sur mes introspections et mes nombreux progrès pour vous éclairer. Bien sûr, chaque personne étant différente, le trouble de l'estime de soi peut prendre de nombreuses formes.

Salut !

Je voulais juste signaler en passant que l'estime de soi, on peut trouver de la documentation dessus dans les livres spécialisés de psychologie, ou les revues spécialisées de psychologie. Une telle documentation pourra confirmer ou infirmer les idées de chacun.
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Message par Jo' Mar 17 Jan 2017 - 22:04

JT a écrit:Bonjour,

Votre post me transperce rien qu'à le lire, j'y trouve des similitudes frappantes à mon égard.
La suite, dans le temps "si j'y arrive"sera intéressante. Le chemin risque d'être long et semé d'embûches.... Vu dans la société dans laquelle nous vivons, nos valeurs, notre vision de la vie et des rapports humains risque de limiter notre progression.

A salute

N'hésitez pas à venir faire part de vos ressentis Wink

Concernant la vidéo de Philippe Garric, j'ai beaucoup aimé ce qui en sort. Il y a des constats que je me suis moi-même fait comme "cesser de se comparer à l'autre" et ça fait du bien d'entendre la même chose sortir de la bouche de quelqu'un de plus spécialisé, c'est comme la confirmation que je suis réellement en train de progresser.

En fait, ce que je regrette surtout c'est que quand on parle d'estime de soi, on parle de perception, de pensée, de parole, ce que ça peut avoir comme conséquence sur la vie de se sous-estimer, les situations dans lesquelles on peut s'engouffrer. C'est très bien, mais les conséquences cognitives sont trop souvent sous-développées. L'anxiété, la dépersonnalisation/déréalisation, les pertes d'orientation, les vertiges, les étourdissements, les problèmes de concentration, les blocages cognitifs et intellectuels, les troubles de la motricité, etc. Tous ces troubles associés ont un lien évident avec celui de l'estime de soi. Ce sont des satellites en quelques sortes. Travailler sur la perception, la pensée, la parole, c'est une chose mais ça ne règle pas tout. Il y a un énorme travail cognitif et psychique pour atténuer les handicapes.

C'est très déplaisant de marcher dans la rue, de sentir sa démarche devenir irrégulière, saccadée. D'être étourdi, maladroit, à en perdre les repères spatiaux. De même, c'est très désagréable d'avoir une conversion avec quelqu'un et de perdre soudainement le fil, de se voir parler, de s'entendre comme si on était à l'extérieur de soi-même.
Ma concentration est très aléatoire, selon le contexte j'ai des difficultés pour faire des phrases cohérentes. On dit de moi que j'ai une très bonne élocution mais il m'arrive d'avoir des jours où je bégaye.
Dans le fond, je sais que je ne suis pas bête, j'ai de nombreux centres d'intérêts, des lubies, je peux amasser des tonnes de connaissances sur des sujets très variés, mais je suis incapable de pouvoir m'en servir pour alimenter une conversation. C'est le black out total quand j'ai besoin d'accéder à mon savoir. J'ai le même problème en ce qui concerne le calcul mental, les mathématiques ou encore les langues.
Tout est très aléatoire. Quand je suis dans mes bons jours cognitifs, que je suis captivé, stimulé par une conversation, un sujet, que j'arrive à utiliser mon potentiel, mon corps se met à trembler comme s'il était en état de transe. Tous ces différents états ont un impact extrêmement important sur ma propre estime. Le fait de me sentir diminué, handicapé ne m'aide pas à la tirer vers le haut. C'est un cercle vicieux, car ces troubles sont là exactement pour les mêmes raisons. Il y a des jours, c'est la descente aux enfers, je sens que je vrille, que je déraille et qu'il me sera très difficile dans ces conditions de trouver l'apport nécessaire à mon amour propre. Et d'autres où c'est le pied total, où il n'y a aucun parasite, où j'arrive à m'exprimer pleinement, à remplir mes objectifs.
Heureusement, ces états sont de moins en moins fréquents. Certains subsistent, mais pour les soigner il faut chercher du côté de la pensée obsessionnelle. À partir du moment où je m'attarde sur une pensée ou une sensation, ça va tourner en boucle dans ma tête et je vais reproduire cette pensée ou cette sensation dans la durée. Si je m'attarde sur le bégaiement, je peux bégayer pendant 2 jours. Si je m'attarde sur les black out, ils vont surgir très fréquemment. Si je m'attarde sur mon anxiété, elle va se décupler, etc.

Et c'est peut-être aussi ce qui fait une différence entre le manque d'estime de soi et le trouble de l'estime de soi. Je ne dis pas, on est pas obligé de remplir tous les critères pour être concerné, mais quand je lis de la documentation ou que je regarde des vidéos, il y a cet aspect handicapant qui est complètement oublié.

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Message par JT Mar 17 Jan 2017 - 23:48

C'est vrai qu'il peut y avoir une adaptation au bien être et de fait, ne plus réaliser que l'on a souvent de la chance en comparaison à d'autres.
Il faut régulièrement faire des comparatifs négatifs de l'autre pour positiver notre situation.
Lorsque vraiment ça va pas j'ai tendance à comparer le négatif de l'autre pour me remonter le moral.
Je dois certaines fois insister sur des traits de caractères qui ne me sont pas forcement propre.
L'effet Barnum, dévoilé par le psychologue Bertram Forer, est que, quel que soit le portrait lu, il produira le même effet s'il est tant soit peu gratifiant et général, et si le lecteur est persuadé qu'il lui est spécifique.
Dans mon cas, c'est le négatif.
Maintenant, il y a réellement un travail à faire sur soit même, la solution est en nous.
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Message par Jo' Sam 11 Avr 2020 - 21:42

J'ai écris ce sujet il y a presque 4 ans maintenant. Je ne l'ai pas relu, j'aurais pu le laisser tomber aux oubliettes, et j'ignore si ce que je vais dire ce soir a déjà été abordé dans le passé, mais je ressens le besoin de mettre les choses à jour.
Pas plus tard que ce matin, je ressassais encore les événements du passé. Faut dire, le confinement n'aide pas. J'ai beau avancer dans ma vie, me construire une carapace, il y a des empruntes qui restent, comme si elles étaient indélébiles.
Je revisite des faits qui se sont passés il y a plus de 15 ans pour les plus anciens, peut-être 5 ans pour les plus récents. Du harcèlement, de l'humiliation. Ce sont des choses épisodiques, que j'ai vécu à plusieurs reprises de l'enfance jusqu'en études supérieures et dans certains de mes jobs et relations amoureuses. Des choses qui répétées m'ont enfermé dans un engrenage où j'étais complètement perméable aux remarques, où j'attirais les comportements néfastes. En d'autres termes, j'étais enfermé dans un schéma où je nourrissais mon manque d'estime de moi en cherchant le harcèlement, l'humiliation. J'ai vécu dans la peur et l'angoisse pendant plus d'une décennie, je redoutais les moqueries et je retombais à chaque fois dedans, comme un nouveau tour de carrousel.
J'ai réalisé il y a plusieurs années que mon comportement était loin d'être innocent dans cette situation. Que c'était ma manière d'interagir avec le monde qui était défaillante. Je ne savais pas comment approcher l'autre sereinement, l'apprécier, l'aimer. Être spontané, être moi, vivre le moment présent. Ce sont des concepts que j'ai acquis sur le tard. J'ai souffert d'anxiété sociale dans les phases calmes, et de phobie, d'isolement dans les phases les plus hautes. Comme une envie de disparaitre socialement, de ne plus exister. De ne plus avoir à affronter le regard de l'autre, ou plutôt le regard que je me porte dans les yeux de l'autres.
J'en ai payé le prix fort. Affectueusement, professionnellement, économiquement. Je n'ai pas réussi à finir mes études, à m'insérer correctement dans le monde professionnel. À lier d'amitiés ou de relations amoureuses.

Aujourd'hui beaucoup de choses ont changé. Je suis arrivé à un niveau d'estime de moi où j'arrive à être spontané, vivre le moment présent. À ne plus douter de mes décisions, à croire en mes émotions. Je dirais même que le regard de l'autre n'est plus une obsession. Je supporte les conflits, je vis ma vie de manière plutôt sereine au quotidien, et j'ai réduit énormément de sources d'anxiété.
J'ai aussi réussi à prendre mon indépendance, avoir un petit confort, même si la situation reste précaire. Me faire un petit cercle d'amis, qui ont une certaine bienveillance, qui m'acceptent avec ma timidité, ma bizarrerie, mon esprit torturé, qui voient au delà.

Mais voilà, il y a toujours une peur qui réside en moi, une blessure, qui me possède. Elle m'empêche de passer à autre chose, de laisser le passé derrière moi. D'envisager sereinement l'avenir. Elle me prive de relation amoureuse, elle refuse que je baisse les armes, que je donne de l'amour ou que j'en reçoive.
Et elle m'empêche également d'entamer les grands travaux, de reprendre des études, de changer de job, ou de faire décoller mon activité artistique.
Je suis dans ma zone de confort, prisonnier, je n'arrive pas à franchir le niveau suivant. Je suis comme pétrifié, j'évite tout ce qui pourrait bouleverser ma petite quiétude.
J'ai envie de plus, d'avoir un job à la hauteur de mes capacités, d'avoir une plus grande reconnaissance artistique, de rencontrer l'amour. Je ne peux pas m'empêcher de créer des scénarios où je me retrouve à nouveau en situation d'harcèlement ou d'humiliation.

J'ai longtemps pensé que le trouble de l'estime de soi était à l'origine de mes maux. Je suis prêt admettre aujourd'hui que je souffre de stress post-traumatique. Elle est peut-être là, la clé.

Jo'

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