De l'intérêt de l'écriture ?

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Message par Lorelei le Lun 15 Aoû 2016 - 21:43

D'un paysage froid
pleuvent les cordes en mouss'line,
se teint de tristes mandolines
l'animal désarroi.

Sur le monde stone et avachi,
le ciel s'est vêtu d'un grand chêne-
la nue se mire dans l'obscène,
lamento vil de sombres scies.


La forêt danse : averse d'Août,
bruissent les feuilles alanguies ;
d'un chagrin justement ourdi
les gouttes chutent avec goût.


D'un paysage froid
pleuvent les cordes en mouss'line,
se teint de tristes mandolines
l'animal désarroi.


Printemps oublia la promesse
qui fleurit à cette poitrine,
et se flagellant la gamine
couronne de ronces ses tresses.

Force et rage usaient sa chemise
prisonnière d'une courroie ;
l'injure retentit en moi,
indélébile jus cerise.

A la propreté d'oxydrine
les sorciers de la foi,
sexe fort maladroit,
déchirent crinolines fines.


D'un paysage froid
pleuvent les cordes en mouss'line,
se teint de tristes mandolines
l'animal désarroi.


Vent s'enroulant de taffetas
défiant la clameur des vieux pères,
le ballet allègre à la terre
met la tarentelle à  trépas.


Sur le monde stone et avachi,
le ciel s'est vêtu d' un grand chêne-
la nue se mire dans l'obscène,
lamento vil de sombres scies.


Dernière édition par LoreleiSebasto le Dim 25 Sep 2016 - 3:48, édité 1 fois

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Message par Invité le Lun 15 Aoû 2016 - 22:20

Jérémy34 a écrit:C'est intéressant le steampunk.
Merci Firemane.

Et Marion79, ils sont sympas tes poèmes.

Un peu extra-ordinaire et donc j'aime bien !

Oui, mais je n'aurais pas dû les poster.
Mon fil sur l'inutilité de toute poésie à une époque qui en est dénuée (mais ne le sont-elles pas presque toutes ?) se termine paradoxalement en florilège poétique. Rolling Eyes

Un Vanitas Vanitatum qui se mord la queue, somme toute.
"Aboli bibelot d'inanité sonore" comme l'écrivait l'autre.

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Message par Jérémy34 le Lun 15 Aoû 2016 - 23:22

J'aurais dû, j'aurais pas dû...

Ressasser le passé c'est ruminer remords et regrets. Aucune utilité.

L'utile c'est ici et maintenant.
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Message par Invité le Lun 15 Aoû 2016 - 23:51

C'est tout aussi vrai de l'inutile.

Je ne ressasse pas le passé.

Je constate simplement que ce topic sur l'inutilité de l'écriture est en train de se muer en galerie littéraire.
C'est paradoxal.

J'ai finalement été amenée à troller mon propre fil quite à le perdre.

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Message par Sun Simiao le Mar 16 Aoû 2016 - 0:34

N'est-ce pas un heureux changement ? Cool

Après tout, beaucoup de choses ne sont pas "utiles" dans la vie.
Les belles choses qui nourrissent l'âme sont indispensables.
Sun Simiao
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Message par Invité le Mar 16 Aoû 2016 - 10:31

Je ne sais pas.

J'aime beaucoup les poèmes de LoreleiSebasto, ceci étant, mais le fait qu'ils proviennent d'une archive et atterrissent sur ce topic-ci n'est pas spécialement réjouissant.

Bonne journée !

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Message par Invité le Mar 16 Aoû 2016 - 14:57

J'ai de la marge pour le second volet de ma nouvelle steampunk : il faut qu'il soit écrit pour janvier.
Ce sera fait.

Pour mon roman, j'ai reçu un refus ce matin mais ça devrait se jouer au téléphone demain. Tous les éditeurs sont d'accord somme toute...et moi aussi. Mais je ne sais pas ce que je suis prête à sacrifier, couper, réformer pour que ça rentre dans les cases...et puis quelle grille ? Je sais bien que ce n'est ni un roman policier, ni un polar, ni un roman sentimental, ni un thriller, ni un roman généraliste à 100% mais c'est quelque part ce qui fait son originalité. Maintenant, c'est sûr que dans les rayons de la FNAC et des autres librairies, c'est bien rangé. Mon roman fait et va faire désordre. Mais... Twisted Evil je crois que je vais devoir le défendre au lieu de baisser les bras.

Mon refus du jour :

Bonjour,

Merci de nous avoir soumis votre manuscrit, nous ne pourrons malheureusement pas le publier.

Nous avons bien apprécié la période choisie qui est originale. Le style est bon.
Nous avons été gênés par ce que vous avez relevé : le mélange des genres.
Nous publions des romans policiers et à ce titre votre manuscrit manque de rythme et d’action.

Cet avis n’engage que notre maison d’édition. Nous espérons réellement que vous trouverez votre maison d’édition.

Cordialement

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Message par Invité le Mer 17 Aoû 2016 - 13:40

Suite de mes aventures éditoriales, ce qui va vous donner une idée du monde étrange de l'édition :
j'avais vu passer un appel à textes, jusqu'au 31 juillet, sur le thème du bal masqué. Résultats prévus en septembre.
Je me suis empressée d'écrire ma nouvelle, envoyée le 23 juillet, et j'attendais patiemment les résultats. De fait, quand on me donne une date, je m'y tiens. En revanche, une maison d'édition aurait dû me répondre le 1er juillet et je fulmine, je ne comprends pas, je regarde chaque jour ma boîte mail...mais c'est une particularité de mon caractère. Là, comme on m'avait annoncé septembre, je n'avais aucune raison d'y penser.

Aujourd'hui, alors que j'étais sur Facebook, je vois que les résultats sont parus. En avance, donc.
Puis je lis :

Après avoir reçu plus de 120 nouvelles pour notre dernier appel à textes et les avoir lues pendant tout l’été, nous avons finalisé la liste des auteurs retenus pour cette anthologie « Bal masqué ».

Tout l'été ? Du 31 juillet à aujourd'hui, je compte 15 jours. C'est peu pour lire plus de 120 nouvelles, surtout collectivement, réunir tout un comité de lecture, délibérer et finaliser...Etrange, vraiment, que les résultats paraissent en avance.

J'ai lu la liste des lauréats. Je n'y ai pas vu mon nom. Je l'ai relue une seconde fois, y cherchant cette fois trois autres noms (je connais d'autres concurrents...et je connais leur talent). Rien non plus. scratch

Là, n'y tenant plus, j'ai comparé la liste des gagnants avec ceux des auteurs du dernier recueil de nouvelles de cette maison d'édition.

J'ai alors cru comprendre que les heureux gagnants avaient été choisis avant même le concours, que ce sont des auteurs que les organisateurs connaissent, et que l'organisation du concours avait seulement un but promotionnel : faire connaître le livre, son titre, sa couverture, avant sa parution. Faire croire que les nouvelles retenues sont les finalistes d'un concours, donc les meilleures.
J'apprécierais mieux l'ingéniosité de tout ça sans mon impression d'avoir été prise pour le dindon de la farce.

http://www.editionsduchatnoir.fr/bal-masque-nouvelles-selectionnees/

http://editionsduchatnoir.com/shop/fr/anthologies/38-montres-enchantees.html


Beau coup de pub à condition de ne pas avoir de scrupules.
Problème : moi qui suis zébrée, j'ai un gros problème avec l'injustice. J'essaie de ne pas râler, de ne plus y penser, mais c'est compliqué.

En fait, le souci, ce n'est pas tant l'écriture que le grand n'importe quoi à l'arrivée.

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Message par Jérémy34 le Mer 17 Aoû 2016 - 19:02

En fait, le souci, ce n'est pas tant l'écriture que le grand n'importe quoi à l'arrivée.

Tu voudrais bien lutter contre le n'importe quoi, hein ?

Alors continue d'écrire, aime écrire, peu importe le quoi.

Zébrette, aimer faire ce que l'on fait est une bénédiction.
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Message par Invité le Mer 17 Aoû 2016 - 20:42

Disons qu'avec le grand n'importe quoi, j'ai des hauts et des bas.

Là, je viens d'avoir 2 h une éditrice au téléphone qui m'a tout de suite dit que j'écris très bien, comme en 1970-1980. Je ne suis pas dans l'air du temps, mais elle aime mon style, alors elle veut quand même m'éditer même s'il va falloir mettre le tout à la sauce du temps pour que ça se vende I love you I love you I love you I love you d'autant que je détaille trop. Elle m'a demandé à la fin si j'étais surdouée.
Enfin quelqu'un qui me comprend. I love you
Je me dis que j'ai eu beaucoup de chance sur ce coup-là.

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Message par ortolan le Mer 17 Aoû 2016 - 21:03

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Message par Firemane le Jeu 18 Aoû 2016 - 0:15

Félicitations
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Message par Invité le Jeu 18 Aoû 2016 - 0:27

Merci ! Dent pétée

Il sortirait en février 2017. Ça me laisse du temps.

En gros, j'ai le style, j'ai la matière, ça part dans tous les sens, mais il me faut de l'aide pour structurer, moins détailler, gagner en efficacité.
J'ai l'art romanesque en arborescence. Perplexe

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Message par Lorelei le Jeu 18 Aoû 2016 - 13:36

Super nouvelle Marion ! Very Happy

Reste plus qu'à espérer que l'éditrice t'aide simplement à structurer ton oeuvre, et améliorer ton style en approfondissant ton expression personnelle plutôt qu'en la défigurant avec un vernis dans l'air du temps.
Mais le contact et les compliments, certainement mérités, sont très encourageants !
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Message par Invité le Jeu 18 Aoû 2016 - 14:24

Oui...
J'essaie de voir ce que je dois changer mais c'est compliqué. Je trouve que les détails ont leur importance. Neutral

Mon autre souci, c'est que je sais énormément de choses sur le passé et sur le futur de mes personnages et que parfois j'y glisse des allusions...que le lecteur ne peut pas saisir.
Ainsi je pensais que j'avais bien expliqué qui était James dans mon roman. Mais en fait, non.

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Message par Invité le Sam 20 Aoû 2016 - 22:35

Deux jours plus tard, j'ai modifié en profondeur les 6 premiers chapitres, toute seule, comme une grande Very Happy
C'est impressionnant comme dès qu'on me dit quelque chose sur un de mes écrits (de l'ordre du "c'est bien mais..."), je suis capable, après une première réaction de l'ordre "je ne vais pas y arriver", de vraiment m'y atteler, et de façon passionnée, en plus. J'ai avancé à toute allure dans la restructuration. C'est devenu très différent, mais je me régale au niveau des analepses.

Il me fallait un déclic.

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Message par ortolan le Sam 20 Aoû 2016 - 22:46

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Message par Invité le Mar 20 Sep 2016 - 0:28

LoreleiSebasto a écrit:Super nouvelle Marion ! Very Happy

Reste plus qu'à espérer que l'éditrice t'aide simplement à structurer ton oeuvre, et améliorer ton style en approfondissant ton expression personnelle plutôt qu'en la défigurant avec un vernis dans l'air du temps.
Mais le contact et les compliments, certainement mérités, sont très encourageants !

Oui, j'étais heureuse.
Je l'ai été du 12 août à il y a une semaine.
J'ai même eu une autre ME qui m'a contactée dans l'intervalle pour me dire que mon roman avait plu à leur comité de lecture (pas vraiment un oui car il me reste l'éditrice à convaincre).
Mais de toute façon, j'avais déjà trouvé mon éditrice.
Et puis tout s'est écroulé. Pour des raisons indépendantes de sa volonté. Du mal à monter sa maison d'édition en temps et en heure comme elle le souhaitait.
Elle m'a encouragée à tenter ma chance ailleurs, auprès des grandes maisons d'édition.
Je sens que c'est fichu d'avance.

Déjà trouvé une éditrice qui veut le défigurer avec un vernis dans l'air du temps.
pale pale pale

Je suis triste ce soir.
Je me sens orpheline de l'éditrice avec laquelle je voulais vraiment bosser.
Et maintenant. Je suis dégoûtée.

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Message par krapopithèque le Mar 20 Sep 2016 - 0:35

Console

faîtes-vous confiance ;>)
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Message par Invité le Mar 20 Sep 2016 - 5:31

Je me suis réveillée en pleurs à 4:30 du matin.
Je suis née 50 ans trop tard.

J'en reviens d'ailleurs à ce que j'écrivais sur la première page de ce topic.
Je suis parfaitement consciente du problème.

Mais une voix à l'intérieur de moi me dit que quand on a la chance d'écrire dans la lignée de Flaubert, on ne s'abaisse pas à faire du Beigbeder ou du Bégaudeau même si c'est bankable.
Je le voudrais que je ne le pourrais pas.
La "littérature" contemporaine, auto-fictive et simplifiée, m'ennuie. Logique qu'elle me rejette.

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Message par Invité le Mar 20 Sep 2016 - 11:49

Bonjour Marion,

Vous ne devez surtout pas "dénaturer" votre substance ; croyez-en vous, n'abandonnez pas votre "Histoire", ce n'est pas le moment de douter, bien au contraire.

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Message par Invité le Sam 24 Sep 2016 - 1:33

J'ai enfin un contrat d'édition.
Une maison numérique, jeune et sympa. Il y aura des exemplaires papier, une correction, et ça m'a l'air bien sauf que l'on me dit déjà que je vais brader mon roman ou que je vais signer avec une pseudo-maison d'édition.
Neutral
C'est à compte d'éditeur, je précise. Je cède mes droits pour peu de temps.

Sinon je peux tenter les envois papier aux grandes maisons d'édition. La même personne me dit que mon roman n'est pas publiable, qu'aucune maison sérieuse n'en voudrait et m'accuse de vouloir signer avec une maison d'édition qui n'en est pas une. Neutral Je lui ai répondu que si je suis un pseudo-auteur, je peux signer avec une pseudo-maison d'édition. Ça me semble même indiqué. Laughing Et puis ce n'est pas du compte d'auteur. Le numérique, c'est quand même l'avenir, voire déjà le présent. Le comité de lecture a adoré mon roman. Ils cherchent des histoires à rebondissements, bien écrites, pas de l'auto-fiction, donc on devrait s'entendre. Smile La génération virtuelle et numérique, ça me va bien. J'en fais partie.
Elle m'a dit qu'elle ne me comprend pas, qu'on ne devient pas auteur du jour au lendemain, qu'être auteur, ça demande du travail, que je dois remanier tout mon roman pour le mettre dans l'air du temps et le rendre publiable car le but n'est pas d'être publié à tout prix.
What a Face
Ça dépend comment on envisage l'affaire. J'aurais tendance à penser que si je mets mon roman dans l'air du temps, je vais justement montrer que je veux être publiée à tout prix, avec un prix très lourd à payer.
Neutral
Mais plus j'explique, plus je sens que je ne suis pas comprise.






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Message par Firemane le Sam 24 Sep 2016 - 8:00

Je crois que tu peux envoyer se faire foutre ce genre de commentaires. En tout cas je l'aurais fait.
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Message par Invité le Sam 24 Sep 2016 - 10:47

Je n'ose jamais. Je suis plus du genre à me remettre en question et comme en plus, j'hésite avant la signature du contrat...
Mais en ce moment, j'intéresse trois maisons d'édition numériques créées depuis peu par des gens plus jeunes que moi alors que les éditeurs de mon âge ou plus âgés, bien installés, me disent que mon style n'est pas vendeur et que j'ai 50 ans de retard. Surprised

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Message par Stalinstate le Sam 24 Sep 2016 - 13:06

Salut Marion, salut à tous,

Marion, merci de partager ici ton expérience d'auteure en recherche d'édition, je trouve ça super intéressant et enrichissant. J'ai de l'admiration pour toi.

Quelques questions si tu le permets. Note que je ne suis pas un expert dans le monde de l'édition, pardon si je dis une bêtise.

Tu parles d'éditeurs numériques, et de compte d'éditeur. Mais où ton bouquin sera disponible après tout le travail de préparation ? Sur une plateforme numérique, mais laquelle ?

Est-il envisageable de faire une édition à tes frais par un prestataire (donc à compte d'auteur ?), et ensuite de publier le roman dont tu parles sur une plateforme numérique de taille industrielle, du genre Amazon KDP, ou Kobo ou autre ? Est-ce que c'est une moins bonne solution du point de vue financier ?

Quand bien même, il y a plus de liberté dans ce choix, non ? Imaginons que tu optes pour cette solution. Tu fais corriger ton bouquin. Tu le publies sur Mamazon. Ça marche, c'est cool. Ça ne marche pas, tu le retires du marché, tu as encore l'option de l'envoyer en format papier aux grandes institutions de l'édition papier, ce qui n'est pas possible si ton bouquin fait l'objet d'un contrat avec ta maison d'édition numérique.

Je me trompe ? J'ai ptet mal compris ta phrase sur ta maison d'édition numérique "je cède mes droits pour peu de temps".

Et par ailleurs, le côté je-publie-parce-que-je-trouve-que-mon-roman-est-publiable du compte d'auteur n'a pas lieu d'être ici, vu que des professionnels ont déjà considéré ton ouvrage comme digne de publication.

Autre question (HS, je sais) :

Comment as-tu abordé la phase de beta-lecture de ton roman ? Est-ce que déjà tu en as fait une, en fait ? A partir de quel moment tu t'es dite que ton bouquin était bon pour envoi aux éditeurs ?

Et à propos de lecteur, j'ai bien kiffé ton passage avec l'organdi incarnat Very Happy

Merci.

S.

PS : Je suis nouveau, je n'ai pas fait de présentation, je n'avais pas prévu de publier sur le forum. Je n'y manquerai pas si je constate que j'interviens régulièrement ^^
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Message par Invité le Sam 24 Sep 2016 - 13:24

Bonjour Stalinstate,

je vais essayer de répondre.
Mon travail serait disponible sur toutes les plateformes numériques.
La maison d'édition s'occupe avec moi des corrections, à leurs frais, avec trois correcteurs différents pour enlever les quelques lourdeurs ou descriptions trop longues, avec mon accord. Le but est que ce soit le mieux possible.
Elle fait réaliser la couverture par un graphiste, là aussi avec mon avis sur le processus.
Et dans 2 ans (si j'envoie une lettre avec accusé de réception), ou 4 ans, je récupère mes droits.
Au niveau de la promo sur les blogs ou autres, la maison d'édition s'en charge aussi. Il y aura des exemplaires papier en plus de l'édition numérique, pour les lecteurs qui préféreraient ou les dédicaces en librairies, salons, etc.

La question est de savoir si je veux me faire un nom, ou pas, auprès des grandes institutions de l'édition papier. J'y réfléchis depuis quelques jours.

Option 1 : publier à compte d'auteur mon roman dans la masse des romans publiés à compte d'auteur avec le risque qu'il s'y noie. D'autant que le travail éditorial de "lissage" n'aura pas été effectué (et que je pense y apprendre des choses).
Option 2 : espérer signer avec les grandes institutions de l'édition papier, soit en passant par le biais de l'option 1, soit en leur envoyant directement mon manuscrit papier. Toucher ensuite 10% voire moins sur chaque vente. Etre dépendante du goût du public, entrer dans des lignes éditoriales, etc.
Option 3 : signer avec cette maison d'édition numérique, me faire un nom (ou du moins me faire davantage connaître), me construire un lectorat et m'auto-éditer par la suite vu que je ne compte pas en rester à un seul roman. Là, je toucherai plus que 10% sur chaque vente...sans me soumettre à qui que ce soit. Ce sera de l'auto-édition après avoir bénéficié d'une rampe de lancement.
De fait, l'éditeur numérique veut une clause de préférence sur tous mes romans à venir sur le même univers. Ce serait donc une promotion auprès de son lectorat, à chaque sortie, et deux ans plus tard, j'ai le droit de garder la même couverture (sans la mention du nom de l'éditeur) pour le mettre sur les plateformes numériques ou le faire imprimer sur papier à la demande. Le tome 1 auto-édité connaîtra peut-être une nouvelle jeunesse si le tome 2 est édité en même temps. Mais il va falloir que j'écrive des volumes compréhensibles indépendamment les uns des autres.

J'ai conscience que l'option 3 est pile la façon inverse de voir les choses mais est-ce qu'un auteur n'est pas gagnant s'il procède ainsi ? Possible que je me leurre.

J'ai encore un peu de temps pour me décider.
En fait, la vraie question : où en sera-t-on dans 10-15 ans ? Les grandes maisons d'édition seront-elles ou non en crise ? Est-ce qu'il n'y a pas une révolution en marche ? Et comment se distinguer dès lors que tout le monde peut s'auto-éditer ?
L'autre grande question : j'écrirai sans doute encore dans 10-15 ans et j'ai besoin de me constituer un lectorat qui pourra me lire pour 4 ou 5 euros dans 10-15 ans  Laughing et je serai très heureuse car ça me permettra de gagner autant, sinon plus, que si une grande maison d'édition papier vend alors mon roman 20 euros et m'en laisse 10%, tout en exigeant de moi des remaniements n'allant pas nécessairement dans mon sens (et puis les lecteurs aussi y seront gagnants : ils me paieront en tant qu'auteur, ils paieront le graphiste pour son travail, etc. mais ils ne paieront pas le distributeur plus cher que l'auteur, et ce sont encore les lecteurs qui feront le plus d'économies). C'est aussi à ça que je pense : pas seulement à mon roman maintenant, mais à la suite. Je dois m'assurer un débouché pour être lue. Mais quel débouché est le meilleur ?

Pour la béta-lecture, j'ai une fan à l'autre bout du monde qui en est à six lectures et m'a soutenue, et me soutient encore.
Est-ce qu'il est bon pour envoi aux éditeurs ? Même maintenant, je doute. Laughing Je suis partante pour corriger mon principal défaut : ma tendance à détailler. Je ne le suis pas pour des corrections qu'on m'a suggérées qui me semblent terribles, sinon débiles, comme par exemple, mettre le viol que je suggère dans le prologue au centre de celui-ci, de manière bien crue, pour que ça soit très accrocheur et que ça fasse le buzz. Smile Hum. Racoler, ce n'est pas mon truc.

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Message par Stalinstate le Sam 24 Sep 2016 - 15:34

Hello Marion,

Merci beaucoup pour ta réponse Smile

J’ai quelques questions supplémentaires si ça ne te dérange pas.

Le processus de relecture

Donc tu fais relire tes histoires par une fan (au sens de fanatique ?). J’ai lu dans quelques bouquins qui parlaient d’écriture et de publication que 10 bêta-lecteurs, c’était un bon ordre de grandeur pour commencer, et que ça permettait d’avoir une vision plus juste du bouquin, car le nombre gomme la subjectivité. Est-ce que 1 personne, ça ne te semble pas peu ?

Bon ok, sauf si ta bêta-lectrice, c’est Anne Rice.

D’autre part, dans le cas des options 1 et 3, des bêta-lecteurs supplémentaires pourraient constituer un vivier de critiques numériques (et de 5 étoiles HAHAHA !) qui mettraient en valeur le bouquin à sa parution.

Le choix du mode d’édition

Ok, j’avoue, la partie mise en forme de la maison d’édition numérique me semble bien solide (correction + design de la couverture). Quand tu dis « te faire un nom », est-ce que tu as autre chose en tête que toucher efficacement tes lecteurs potentiels par la mise en valeur de ton bouquin sur les plateformes ?

Je te pose cette question parce qu’après avoir consulté des e-books/blogs sur la promotion numérique, « les ventes sur ces plateformes [d’édition numérique] sont organiques. […] C’est sur le site d’Amazon et dans iBooks qu’il faut travailler. » D'après un des bouquin, le travail sur le site, ça semble être le 80/20 de la promotion de l’œuvre au départ.

Concernant la révolution numérique du marché du livre en France, est-ce que ce qui se passera dans 10-15 ans a réellement un impact sur ton mode de fonctionnement aujourd’hui ?
Que tu publies sous un nom prestigieux ou par la voix plus sauvage des plateformes, dans 10 à 15 ans, en admettant que tu aies rencontré du succès, tu seras forcément disponible sur les plateformes. Je n’ai pas en tête d’écrivain à succès édité par un mastodonte, dont les bouquins ne soient pas disponibles en numérique sur Mamazon. J’imagine que ce point dépend des termes du contrat. La différence entre les deux démarches, c’est que l’hypothétique maison classique aura sorti le bazooka marketing.
Du coup, si ton problème entre les 3 options se pose sur une échelle de temps pas trop courte et que t’as du jus pour quelques bouquins de plus (les maaaaAAAnuscrits ne sont pas un problème !) est-ce que ce qui suit ne serait pas une bonne tactique ?

Option 3 pour l’xp, la rapidité et le contrôle sur le produit final
=> Option 2 avec l’argument supplémentaire d’avoir un lectorat avec un feedback positif (enfin on l’espère ^^)

Et si Option 2 = réussite, je te harcèle pour que tu fasses passer mes manuscrits

=> si Option 2 = trop long, alors Option 1 avec l’expérience de l’Option 3.

Comment se distinguer si tout le monde peut s’auto-éditer ?

Je sais paaaaaaas ! Enfin j’en sais pas plus que ce que dit mon bouquin magique que je citais plus tôt => Propulsez votre e-book sur la boutique Kindle, de Cyril Godefroy.

La bise.

S.
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Message par Invité le Sam 24 Sep 2016 - 16:25

Stalinstate a écrit:Hello Marion,

Merci beaucoup pour ta réponse Smile

J’ai quelques questions supplémentaires si ça ne te dérange pas.

Le processus de relecture

Donc tu fais relire tes histoires par une fan (au sens de fanatique ?). J’ai lu dans quelques bouquins qui parlaient d’écriture et de publication que 10 bêta-lecteurs, c’était un bon ordre de grandeur pour commencer, et que ça permettait d’avoir une vision plus juste du bouquin, car le nombre gomme la subjectivité. Est-ce que 1 personne, ça ne te semble pas peu ?

Bon ok, sauf si ta bêta-lectrice, c’est Anne Rice.

D’autre part, dans le cas des options 1 et 3, des bêta-lecteurs supplémentaires pourraient constituer un vivier de critiques numériques (et de 5 étoiles HAHAHA !) qui mettraient en valeur le bouquin à sa parution.

Par rapport à tout ça, j'ai eu plus qu'une bêta-lectrice à la base puisque c'était une petite fanfic sans prétention écrite à la fin de ma grossesse, à la base.
Quand je me suis lancée dans l'aventure folle de la développer et d'écrire un roman, ma fan number one (dans le sens de fanatique) m'a suivie. Mais je pense qu'elles sont toujours une petite dizaine, voire plus, à vouloir acheter mon livre à sa sortie.
En tout cas, seule, je n'aurais pas réussi. Pendant toute mon écriture, je lui envoyais les chapitres, elle repérait les coquilles, me donnait son avis (toujours positif  Laughing )Pour quelqu'un comme moi, qui doute toujours, avoir une pom pom girl, très cultivée et littéraire en plus  Surprised , c'était une force incroyable. Je voudrais même lui dédicacer mon roman mais elle n'y tient pas. Elle veut son exemplaire dédicacé, en revanche.
Mais j'ai eu d'autres bêta-lecteurs, avec des avis moins enthousiastes (début pas assez accrocheur) ou enthousiastes aussi. 4 personnes sérieuses au total.
Ensuite il y a eu le regard des éditeurs.
Et surtout celui de l'éditrice qui voulait le publier au mois d'août, avec qui je suis restée 2h30 au téléphone, mais dont la maison d'édition n'est pas créée.
Ce qui revient sans cesse : trop de détails, début pas assez accrocheur, excellente histoire, très bon roman si on arrive jusqu'à la fin, ça décolle vraiment à la page 170 (jusqu'à la fin, page 320), des qualités d'écriture, une vraie immersion dans les années 20, très bien mais pas adapté aux lecteurs d'aujourd'hui.

Donc la phase de bêta-lecture me semble effectuée.
J'y ajoute la fiche de lecture, de 2 pages, de l'éditeur numérique. Ils n'utilisent pas le processus éditorial classique.
Un éditeur traditionnel, papier, va donner le manuscrit à lire à un stagiaire qui va donner son avis en fonction de la ligne éditoriale mais surtout pratiquer le premier écrémage.
Ensuite le manuscrit passe à l'échelon au-dessus. Comité de lecture. Là aussi par rapport à la ligne éditoriale de la maison.
Et ensuite passage chez l'éditeur. Pour une maison d'édition, au moins, mon manuscrit en est là mais je ne sens pas le courant passer entre l'éditrice et moi.

Dans la maison d'édition numérique, pas de stagiaire. Panel de lecteurs bénévoles de différents âges ayant signé une clause de confidentialité.
Ils ont rendu leur verdict : mon roman a été accepté à l'unanimité (8/10 pour l'histoire, à cause des longueurs, des détails... et 9/10 pour le style).
Ce sont les bêta-lecteurs. Le vivier de lecteurs numériques (et de 5 étoiles) est là, et ce comité de lecture va pouvoir émettre des critiques plus poussées pendant les 4 mois de corrections éditoriales, me donner son avis sur la couverture, etc. Ensuite la maison d'édition numérique a des liens avec des blogs partenaires. Même chose : j'aurai des critiques sur Amazon, etc.

En gros, je ne m'en préoccupe pas. La maison d'édition numérique fait tout ce travail en amont. Ils payent le graphiste, l'imprimeur, les correcteurs, etc. Ils veulent rentrer dans leurs frais. Ils ne me demandent pas d'argent : ils espèrent être au moins remboursés avec les ventes de mon roman, pendant 2 ou 4 ans. Bien pour ça qu'ils n'éditent pas tout et n'importe quoi.

Stalinstate a écrit:
Le choix du mode d’édition

Ok, j’avoue, la partie mise en forme de la maison d’édition numérique me semble bien solide (correction + design de la couverture). Quand tu dis « te faire un nom », est-ce que tu as autre chose en tête que toucher efficacement tes lecteurs potentiels par la mise en valeur de ton bouquin sur les plateformes ?

Je te pose cette question parce qu’après avoir consulté des e-books/blogs sur la promotion numérique, « les ventes sur ces plateformes [d’édition numérique] sont organiques. […] C’est sur le site d’Amazon et dans iBooks qu’il faut travailler. » D'après un des bouquin, le travail sur le site, ça semble être le 80/20 de la promotion de l’œuvre au départ.

A voir tout de même. Si je pense aux succès sur Amazon Kindle, je visualise des trucs plutôt bruts et crus. Du bon polar sans fioritures.
Le genre romanesque, avec des aventures, de la romance, une vraie histoire écrite en langage plutôt soutenu (courant parfois), ça me semble moins aller de soi.
Si je m'auto-édite, on pourra penser, à cause de mon âge, de mon cursus, que je suis une littéraire pure jus, bien dix-neuviémiste  Laughing , et se dire "Non, pas le pavé, pas le pensum, merci !"
Or c'est une maison d'édition qui cherche du romanesque qui va me publier numériquement et parce que mon roman a fait ses preuves en tant que fiction de divertissement. Et qu'il y ait une maison d'éditions, mais aussi un lectorat derrière, devrait plutôt être rassurant pour mes futurs lecteurs, en espérant les séduire. (Oui, parce que le comble, c'est que pour les maisons d'édition traditionnelles, je suis finalement trop scolaire, style nickel donc ennuyeux, trop rétro...bref, pas adaptée au lectorat d'aujourd'hui. En signant avec une jeune ME numérique, et en ayant séduit leurs lecteurs, y compris des lectrices adolescentes  Smile , je prouve que si, je suis très bien adaptée au lectorat d'aujourd'hui. Les maisons d'édition traditionnelles l'estiment mal ou plutôt elles vont chercher Twilight et Harry Potter à l'étranger, mais cherchent de l'auto-fiction en France... Question )


Stalinstate a écrit:Concernant la révolution numérique du marché du livre en France, est-ce que ce qui se passera dans 10-15 ans a réellement un impact sur ton mode de fonctionnement aujourd’hui ?
Que tu publies sous un nom prestigieux ou par la voix plus sauvage des plateformes, dans 10 à 15 ans, en admettant que tu aies rencontré du succès, tu seras forcément disponible sur les plateformes. Je n’ai pas en tête d’écrivain à succès édité par un mastodonte, dont les bouquins ne soient pas disponibles en numérique sur Mamazon. J’imagine que ce point dépend des termes du contrat. La différence entre les deux démarches, c’est que l’hypothétique maison classique aura sorti le bazooka marketing.
Du coup, si ton problème entre les 3 options se pose sur une échelle de temps pas trop courte et que t’as du jus pour quelques bouquins de plus (les maaaaAAAnuscrits ne sont pas un problème !) est-ce que ce qui suit ne serait pas une bonne tactique ?

Intéressant mais je ne suis pas sûre.
Je n'ai pas en tête de sagas ou de séries écrites par des romanciers français chez des éditeurs comme Gallimard et cie ces dernières années.
Possible que si. En tout cas, quand je pense à ces maisons d'édition, j'ai en tête des auto-fictions.
Je pensais donc plutôt aux maisons d'édition de l'imaginaire quand j'ai cherché un éditeur. Mais ils veulent de la fantasy, de la s-f...Bref, des genres littéraires bien spécifiques. Dans mon cas, c'est une fiction historique se passant dans les années 20. Ça aurait fait un tabac dans les années 80 (je dévorais les Rois maudits et il y a eu d'autres cycles de ce genre). Là, j'ai vu, par rapport aux rares éditeurs traditionnels que j'ai contactés (Héloise d'Ormesson, la Grande Ourse, Félicia-France Doumayrenc...) que mon roman est vu comme un tout, pas comme un point de départ.
L'exception : la maison d'édition numérique, plutôt spécialisée dans les genres de l'imaginaire, qui a considéré mon roman différemment au point d'ajouter une clause de préférence pour les suites éventuelles en espérant que je m'y mette. C'est un point à souligner : on est sur la même longueur d'onde. Là, je vais être encouragée à écrire la suite, de même qu'une autre maison d'édition numérique avec laquelle j'ai signé veut ma nouvelle n°2 qui fait suite à la première qu'ils vont publier (je dois écrire le tome 2  rabbit ). Les maisons d'édition de l'imaginaire fonctionnent ainsi (que ce soit en romance écossaise, en science-fiction, en fantasy, etc) : des cycles.
Les maisons d'édition généralistes publient selon leur grille éditoriale, voient ce que ça donne, et si l'auteur ne vend pas, pas la peine qu'il se présente avec son roman suivant (rarement un tome 2). Pourtant, mon roman a aussi été lu comme un roman généraliste, ou un roman noir... Les éditions du Lamantin m'ont répondu, en gros : "Le style est bon. Le point que nous reprochons est le mélange des genres. Nous publions des romans policiers et à ce titre, votre roman manque de rythme. Cet avis n'engage que nous et nous espérons qu'il sera publié."
Il est clair que je me projette et que j'ai besoin d'une maison d'édition qui me permette de me projeter. Je ne vais pas être celle qui pond un roman par an, à chaque rentrée littéraire, sur son séjour chez les Lapons ou sa vie sexuelle, sur sa difficulté à être femme en 2016 ou sur sa propre histoire réécrite sous forme de fiction. "J'ai écrit ce récit sur mon ami Yann qui était un brillant chercheur et est mort à vingt-quatre ans, mais j'ai réinventé les événements de sa vie, et mon style, bla bla bla."
Non. Je crée des univers, des personnages, des intrigues, je combine ça, je fais travailler mon imagination. Alors très contente de voir que les maisons d'édition généralistes se tournent un peu vers mon bazar intérieur en se disant : "Qu'est-ce que c'est que ce style dix-neuvièmiste en 2016 ?"  Neutral Mais bon, je suis sûre que ça ne me correspond pas, en fait. Moi, je veux imaginer, imaginer encore, parce que j'adore inventer, faire parler mes personnages, créer une atmosphère, et tout ce que je cherche : les conditions pour rendre ça possible. Un joueur de MMORPG prend autant de plaisir à leveler que moi à écrire : il n'attend rien en retour, sauf d'augmenter son niveau, et moi, je n'attends rien en retour sauf un lectorat pour continuer à m'amuser.


Dernière édition par Marion79 le Sam 24 Sep 2016 - 18:04, édité 1 fois

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Message par Invité le Sam 24 Sep 2016 - 16:39

Enfin bref, désolée pour le roman Very Happy Laughing mais je ne rêve pas vraiment de l'option 2, en fait. Ce que je veux, c'est être lue, que mes personnages soient connus, pas gagner de l'argent ou devenir célèbre.
Ça serait un plus, mais je ne m'amuse jamais autant que quand j'écris.
Alors que les recherches éditoriales et les tractations avec les maisons d'édition me dépriment.
Donc ce que je veux, c'est continuer à m'amuser.
Pour ça que l'option 3 me plaît bien (avec l'assurance que si j'écris une suite, elle sera publiée aussi et que je retrouverai mes lecteurs, et qu'ils seront contents s'ils ont aimé le tome 1).

Parfois, je me dis que je dois paraître idiote. Mais je n'ai pas envie de devenir plus importante que mes livres. Je veux m'effacer derrière eux, rêver au moment où je les écrirai et faire rêver quand ils seront lus.
Je rougis pour un rien. Passer à la télé ou à la radio me ferait plutôt flipper Laughing et les dédicaces, c'est bien parce qu'il le faut (et parce que jusqu'alors mes albums jeunesse s'adressent aux enfants, et que je parle plus facilement à un enfant de 6-8 ans qui engage la conversation devant mon stand qu'à sa grand-mère... Rolling Eyes ).
Bref.  Laughing

Et pendant que j'écrivais cette tartine, j'ai reçu un oui d'une maison d'édition numérique pour une de mes nouvelles. 2nd contrat à prévoir avec eux.  I love you  Very Happy Je crois que mon avenir est plutôt là. même si je dois être idiote...mais en même temps, les parcours de Vanessa du Frat, de Thierry Berlanda, de Leonel Houssam ou de James Osmont prouvent que la littérature se renouvelle de plus en plus dans les marges.

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Message par Stalinstate le Sam 24 Sep 2016 - 17:18

Houlà, tu m'as calmé. Merci pour ta réponse, mais va falloir que je comprenne tout ce que tu m'as dit.

Félicitations, pour ton oui. Hahaha, ça sonne presque comme une demande en mariage Very Happy

S.
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Message par Invité le Sam 24 Sep 2016 - 18:02

Tu verrais la tête du marié de la mascotte de la maison d'édition Rolling Eyes Laughing

Désolée pour la tartine en tout cas.
Je deviens vogon avec l'âge.  Rolling Eyes

Je pourrai vous présenter ma ménagerie intérieure au fur et à mesure des parutions.
Mes prochains héros sont un flocon de neige téméraire et une jeune zombie romantique.

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Message par izo le Sam 24 Sep 2016 - 19:51

Une bonne nouvelle ! bounce bounce
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Message par Invité le Sam 24 Sep 2016 - 20:18

Laquelle ?

Je me sens triste depuis 10 minutes en me demandant si je dois signer ou non pour mon roman.
A cause de méchancetés qu'une personne m'a dites et que je ressasse.

J'ai déjà cité dans un autre topic.

J

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Message par Invité le Sam 24 Sep 2016 - 23:17

Loxosceles a écrit: je suis totalement rebuté par tout ce qui est démarches : chercher un éditeur, faire sa pub. Ces contraintes m'extirpent de l'état d'esprit dans lequel j'aime me plonger pour créer mes univers, et dans mon entourage, les gens qui me lisent ne comprennent pas pourquoi je n'ai aucun intérêt à faire ce qu'il faut pour réussir.
[...]
L'édition actuelle est une entreprise commerciale. Elle vend à des masses de lecteurs formatés un produit qui, pour être rentable, doit fonctionner suivant les principes d'un genre qui a fait ses preuves commercialement.

Je ne sais pas si tu es toujours dans le coin, Loxosceles mais en remontant le fil, je suis tombée sur ce post et...c'est tout à fait ça.
Je n'ai plus envie de faire des envois aux maisons d'édition.
Plus envie d'écrire des lettres de motivation de présentation, d'aller faire imprimer mon manuscrit, de le mettre dans un Colissimo (ce que je n'ai fait que deux fois, sinon c'étaient des envois par mail).
Pas envie de recevoir d'attendre, de recevoir des lettres de refus-type. Même pas envie de réussir.
Pas envie que mon produit soit formaté.
Pas envie de faire des courbettes devant des gens qui m'écrivent "RTF Merci !" sans même un bonjour, ou qui ne répondent pas à mes mails, parce qu'ils sont débordés, ou me répondent, quand je leur demande si un manuscrit qui évoque les années 20 est susceptible de les intéresser, "On ne peut pas vous répondre. Envoyez-le !" (mais punaise ! Tous les éditeurs le disent : une page suffit pour voir si un manuscrit est à peu près bon, alors ils pourraient se contenter de demander quelques pages par mail et ensuite se faire envoyer tout le manuscrit sous format papier si et seulement si ça leur plaît ! Ça sert à quoi, de gâcher des arbres ? Simple : dissuader les auteurs moins motivés que les autres, ceux qui n'ont pas de quoi payer l'envoi. Alors au diable l'écologie ! Evil or Very Mad ) Je n'ai donc rien envoyé du tout. Employer des phrases impératives, c'est faire preuve de condescendance, et beaucoup d'éditeurs ont ce tic-là. Donc que nenni ! Je n'envoie pas mon manuscrit à n'importe qui. Je ne rejoindrai pas votre écurie. Je ne ferai pas partie de vos poulains. Au revoir, M'sieur, Dame, bien le bonsoir !
Et le bouquet, c'est quand l'auteur d'un pastiche de Bridget Jones édité chez un grand éditeur parisien (ils éditent bien Nabila) me dit que je ne suis pas un auteur car mon roman n'est pas publiable en l'état. Il faut trop remanier, tu comprends, mon chou, pas rentable ! Tourne-toi, oui, il faudra que tu perdes encore un ou deux kilo(s) si tu veux devenir mannequin pour notre prestigieuse agence.  pale

Alors une petite maison d'édition numérique m'a écrit qu'ils voulaient publier mon roman, qu'il leur plaît bien, et les suivants aussi, et que je suis libre de continuer à me plonger dans mon univers.
Et parce que je suis malgré tout formatée à regarder vers Gallimard, Le Seuil comme si c'étaient des étoiles, je me demande si je fais bien.  cyclops
Mais en fait, selon le principe du plaisir d'écrire, oui.
Tout dépend du but recherché.

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Message par Loxosceles le Dim 25 Sep 2016 - 6:29

Je suis toujours ton sujet, oui. C'est intéressant d'avoir le témoignage de quelqu'un d'autre qui soit dans un cas similaire au mien. Bon là je la fais courte, car pas encore dormi, mais je reviendrai commenter plus en détails bientôt.
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Message par Invité le Dim 25 Sep 2016 - 6:31

Bonne journée ! Je ne fais que passer et vais tout de suite me recoucher.

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Message par Loxosceles le Dim 25 Sep 2016 - 19:01

Je reviens développer un peu, entre deux phases d'écriture ou de détente...

Par rapport aux derniers échanges, je vais me lancer dans une mini FAQ toute personnelle qui rejoint certains des derniers points abordés. Disons ceux qui m'interpellent pour le moment.


Pourquoi je ne ressens pas le besoin d'avoir des beta-lecteurs ?

Parce que j'ai un rapport lucide avec ce que j'écris.

J'ai actuellement un seul béta-lecteur, et je ne lui aurai fait lire que 20% de mon roman en cours. Il a lu mon dernier bouquin auto-publié et y a trouvé quelques occasionnelles lourdeurs ou maladresses qui pouvaient entraver la lecture, mais rien de spécial. A l'adolescence je me faisais lire par mon cousin. A chaque fois que j'avais bien senti tel ou tel passage, ça remontait dans sa critique dans les points positifs. Pour le reste, il ne m'apportait pas grand chose. J'ai vite compris que j'étais apte à repérer moi-même les forces et les faiblesses de mes écrits, et mes beta-lecteurs ne me servent quasiment que de correcteurs, au final. Je crois que mes écrits sont tous bien structurés, l'histoire relativement bien amenée, et que ce qu'il me faudrait serait plutôt un avis professionnel... Car ce que je n'arrive pas à faire, et bien c'est d'écrire quelque chose qui soit au-delà de juste "bien écrit, quelques bonnes idées"... Parvenir à une véritable oeuvre, quoi, et je suis assez exigeant en la matière. Mon style ne me parait jamais assez adroit, juste fluide, et j'ai parfois du mal à transcrire à travers mes histoires l'idée forte que je voulais faire passer, sans la trahir, l'affaiblir, etc. Je ne crois pas qu'un beta-lecteur "lambda" pourrait vraiment m'y aider... Ma technique pour écrire une histoire commence à être bien rodée, et si je ne fais pas mieux, je crois que c'est simplement par manque d'inspiration, ou par manque de génie... Je n'ai que du talent. Soit.


Pourquoi j'ai un rapport si inextricable avec l'édition ?

J'ai mis 9 mois pour enfanter ce que je considérais comme mon premier bouquin abouti, en 2003 (malgré le fait qu'avant celui-là, j'avais déjà fait 4 ou 5 romans courts, et plusieurs dizaines de nouvelles). Je l'ai soumis à des éditeurs, pour ne recevoir que des refus-type, à part une lettre un peu plus personnalisée qui reconnaissait quelques qualités à mon livre. Aucun commentaire de fond sur mon livre, aucune suggestion pour l'améliorer. J'en ai déduit que ce n'était pas assez bien pour eux, ou pas assez dans l'air du temps, ou je ne sais quoi, un peu livré à moi-même par rapport à ça, mais pas découragé, juste confirmé dans ce que je savais par avance sur la manière dont ça fonctionne. J'ai continué à écrire, notamment un autre roman, une saga jamais achevée, des nouvelles, d'autres textes divers (poèmes, chansons, sans parler de mes articles et essais que j'écris juste pour moi ou mon blog). Mais je n'ai plus essayé de me faire publier.

Entre temps, j'avais trouvé quelqu'un tout à fait disposé à publier un recueil de mes nouvelles. Un ami d'un ami. Une petite maison d'édition. Trop petite pour mon orgueil et ma soif de reconnaissance, sans doute.

Il avait sélectionné quatre de mes textes, en particulier deux que je reconnaissais comme étant parmi mes meilleurs (autre confirmation de ma capacité à être lucide sur mon travail). Tout était prêt. Je n'ai donné aucune suite.

J'ai écrit encore et encore, et puis j'ai auto-publié il y a un an et demi. Première publication depuis mes publications dans le fanzine d'un ami qui avait aussi adapté un de mes textes en BD, il y a longtemps. Le livre aura été lu par une poignée de personnes de mon entourage et quelques autres, car je n'ai jamais fait de pub, à part un encart ici et là sur des forums où on me connait bien. En fait, je n'ai que peu envie d'être lu par des inconnus, ce qui fait paradoxe avec mon désir d'être publié dans une grande maison, tout en sachant que je n'écris rien qui serait éligible par ces boites-là...

Je poursuis sans doute un besoin de reconnaissance qui parasite mon purisme. D'un côté je veux être publié, d'un autre les maisons d'édition sont trop grandes, trop petites, trop spécialisées, trop snobs, trop ceci ou trop cela. D'un côté je veux être lu, mais à quoi bon être lu par quelqu'un au hasard qui n'aurait aucun enthousiasme pour le genre que j'affectionne ? Alors je préfère laisser faire le hasard, la sérendipité, d'autant que je hais profondément tout ce qui ressemble de près ou de loin à la publicité.

J'avais un ami chanteur, qui essayait de faire décoller son groupe et ses projets. Quand j'étais avec lui, son portable sonnait perpétuellement. Il était toujours en quête d'un cachet, d'un contrat, d'une date, et me faisait l'effet d'un VRP en aspirateur, converti dans le domaine artistique. Au fond de moi, je trouvais ça répugnant. C'était comme avoir un golden boy de la rébellion musicale comme ami, sans vouloir insulter son talent dans le domaine, d'autant qu'à côté de ça j'admirais vraiment son talent de chanteur, qui était tout sauf banal. De même, le travail musical de son groupe était très intéressant et plaisant.

Il m'a toujours paru clair et indubitable que dès qu'on commence à se coltiner le marketing de son oeuvre, on s'est déjà un peu compromis et prostitué à la fois. On a mis un pied dans la machine, et tôt ou tard, elle embarquera et moudra le reste pour en faire une daube vendable à un public devenu dépendant à la cocaïne textuelle qu'on l'a habitué à consommer, comme le cinéma hollywoodien qui a totalement envahi et embrigadé les esprits, et tant d'autres choses qui zombifient la populasse. Je suis trop intègre pour accepter de sourire quand j'ai envie d'être sérieux, ou de faire des courbettes quand j'ai envie de faire un doigt d'honneur. Appelez ça de l'auto-sabotage. Moi j'appelle ça du jusqu'au-boutisme, de la cohérence, une démarche de conscience. Si l'on croit à quelque chose (notamment le besoin absolu de se tenir éloigné de la corruption du monde par l'argent et le consumérisme qui nous contamine déjà tous à un certain degré), faire l'inverse n'est pas mieux que de s'auto-mutiler, et d'ailleurs cela revient au même. C'est une manière de d'exécuter une partie de son âme, or je suis certainement mystique avant d'être auteur...

Plus que ça, écrire prend du temps et de l'effort. J'en suis à pas loin de 4 mois sur mon roman actuel qui se rapproche de sa fin, et le soumettre comme j'ai envie de le faire à un éditeur et à son arbitraire me fait mal au coeur. Selon sur qui je tomberai, j'aurai des lettres-type, des commentaires vagues ou des propositions d'édition sans doute assorties de "suggestions" de remaniement. Mon travail n'est pas parfait, cependant je le considère déjà comme mon roman le plus abouti. Il est très difficile d'accepter que quelqu'un dont la perspective sur le monde est de vendre pour vendre (cas de la plupart des éditeurs) ait un avis "artistique" à fournir. Il a un avis sur un produit, ce qui est différent.

Plus encore, il est déjà difficile de suivre tous les lièvres de l'inspiration à la fois, ou tout du moins d'apprendre à choisir les bons lièvres. Si en plus il faut, dans le cas de certaines formules d'édition ou d'auto-édition, se transformer en colporteur de sa propre oeuvre, et tant qu'on y est en correcteur, en promoteur auprès des marchands de livres (libraires comme éditeurs), je le dis d'emblée, c'est trop pour moi. Je n'ai aucune vocation d'homme-orchestre ni de VRP-péripatéticien de papier imprimé.


Pourquoi je me fiche (complètement) des modes éditoriales ?

Elles passeront. Tous ceux qui s'y seront soumis ou presque, pour un succès momentané et mondain, passeront avec.

La création n'est affaire de mode que pour les esprits frivoles et opportunistes qui sont attirés par le luxe et la gloriole. Quand on a vraiment un message à faire passer, on ne le travestit pas pour faire plaisir à une époque moisie et dévergondée, surtout au risque de l'amoindrir et de le ridiculiser.

C'est tout simple. Je suis quelqu'un qui est plutôt d'humeur égale. Je me contrefous totalement de ces conneries mondaines où sont artistes seulement ceux qui sont reconnus par les psychopathes et les oppresseurs qui font l'élite, les lois et les tendances. Anarchiste, aussi.



Au final, il y a une certaine paresse en moi qui peut expliquer pourquoi je rechigne à l'idée de retravailler mes écrits. Il y a aussi ce dédain de la bonne société, ce refus de la norme et ce dégoût de la consommation.

Mais au-delà de ce qui fait ma personnalité, il y a une chose qui est plus forte : la conscience que je vis dans un monde profondément corrompu et que, si la chance ne me rattrape pas, jamais je ne trouverai un éditeur décent, en adéquation avec l'idéal peut-être irréalisable que j'attends. Je ne suis prêt qu'à très peu de compromis, et cette conscience m'aide à accepter de rester peut-être indéfiniment dans l'ombre.

Sûr, cela me permet de rester paresseux, et de rester dans l'idée que ce que j'écris est trop bien pour eux (mais je ne pense pas vraiment cela, en vérité), et de jouer au renard dans la fable des raisins. Mais cela me permet surtout... de rester en accord avec moi-même.


Enfin, une dernière remarque pour toi, Marion, en espérant que mon témoignage aura nourri ta réflexion. Je te félicite pour tes réussites. Je trouve que c'est très bien que, malgré tout, tu obtiennes des réponses positives et je te souhaite de parvenir à des compromis qui te conviennent. Pour ma part, j'en suis loin et je t'envie un peu, mais sois sûre que je ne te jalouse pas. Malgré ce que j'ai dit sur les compromis, je suis aussi conscient que, tant que l'on reste lucide sur les dérives, les effets des compromis, on arrive quand même à s'en sortir dignement. Du moins, j'y crois.
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Message par Invité le Dim 25 Sep 2016 - 21:09

Maintenant que Stalinstate s'est sauvé, c'est très gentil à toi de venir me faire la conversation.

Dans les faits, j'aimerais bien considérer que ce sont des réussites. J'ai tendance à osciller. J'obtiens des réponses positives, mais je m'attends à entendre, encore : à quoi bon ? Pourquoi tu n'es pas publiée dans une grande maison ? Tu n'es pas assez douée ? Ça sert à quoi d'écrire comme tu le fais ? etc.
Aux yeux de certaines personnes, je ne suis pas un auteur. Ça me motive, quelque part. Me sentant toujours nulle, je suis perpétuellement insatisfaite et me fixe toujours de nouveaux objectifs. Un jour, j'écrirai le poème ultime. Laughing
Mais en attendant, c'est pénible d'être comme je suis.
Je ne veux pas entrer dans l'écurie d'une grande maison d'édition. Je tiens à mon indépendance mais pas à être auto-éditée. Je suis un rude embrouillaminis.
J'espère surtout avoir des lecteurs mais je passe ma vie à me prouver que je ne suis pas nulle.
Un vrai moteur et une source d'insatisfaction infinie.

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Message par Stalinstate le Lun 26 Sep 2016 - 23:05

Omg, c’est quoi ce forum où les réponses font 4000 mots ?

Bon je voulais me donner le temps de me documenter un peu avant de répondre, mais si j’attends plus, je vais devoir un écrire un roman entier moi aussi.

@Marion : jamais je me sauve. Se sauver, c’est pour les faibles.

“Je deviens vogon avec l’âge” : ça veut dire quoi ?

Petite précaution oratoire : je ne connais aucun éditeur. Question publication, je suis un Aspicot lvl 1.  Du coup, je lis les avis de pros qui ont déjà publié. Des gens qui connaissent le milieu et ont manifestement à coeur d’aider de jeunes idiots écrivain débutants et volontaires comme moi. Leurs conseils m’offrent l’espoir qu’un jour mes histoires résonnent dans le coeur des gens (oohhhh, c’est bôôôô !). Je suis curieux d’avoir vos avis (si vous ne les avez pas déjà donnés). Je ne dis pas qu’ils ont raison et que vous avez tort. Ce n’est que mon choix de les croire.

Et sinon, je voulais répondre comme un être humain normal, mais je me suis un peu laissé emporter… Sorry d’avance.

La bêta -lecture

Spoiler:
Je ne sais pas si on s’accorde sur la définition. Pour moi, un bêta-lecteur intervient avant la publication, voire avant l’envoi à l’éditeur, ou l’auto-publication (@Loxosceles). J’ai compris que Marion n’avait pas de temps à perdre, qu'elle faisait lire son manuscrit directement à des éditeurs et que ça marchait. #Laissemoitelaverlespieds #Enseignemoi

Perso, je parle de mes bouquins à mon entourage, et ils meurent tous d’envie de lire mon histoire, ces sales flatteurs. Parfait. Let’s go. Signez ici. Et là. HAHA VOILA MAINTENANT VOUS ETES OBLIGES DE TOUT LIRE HAHAHAHA !!!

Je n’attendrai pas d’eux qu’ils me suggèrent comment ré-écrire mon histoire. Juste qu'ils m'indiquent où ils trouvent ça chiant, où ils ont pas compris, ou mon perso fait quelque chose qui ressemble pas du tout à sa personnalité, bref là ou ça marche pas du tout. Et éventuellement là où c’était tellement relou qu’ils ont arrêté de lire. Merci c’était passionnant mais j’ai piscine.

Stephen King dit dans son bouquin On Writing (traduction de votre serviteur) :

“En plus de la première lecture de Tabby (sa femme), j’envoie généralement mon manuscrit à 4 à 8 lecteurs. [...] Quand vous envoyez quatre à huit copies d’un bouquin, vous recevez quatre à huit opinions subjectives de ce qui est y bon et de ce qui y est mauvais. Si tous vos lecteurs pensent que vous avez fait du beau boulot, il est probable que ce soit le cas. Cette sorte d’unanimité arrive, mais elle est rare, même de la part d’amis. Il est plus commun qu’ils pensent que certaines parts sont bonnes, et d’autres parts sont… hé bien moins bonnes. Certaines diront que le personnage A marche, mais que B est tiré par les cheveux. Si d’autres pensent que B est crédible, mais que A ne l’est pas, c’est un match nul. Vous pouvez vous détendre et laisser les choses telles qu’elles sont. (Au baseball, le match nul profite au coureur. Pour les romanciers, il profite à l’écrivain) [...]. Certains bêta-lecteurs se spécialisent dans la détection d’erreurs factuelles [...]. Un de mes bêta-lecteurs [...] en connaissait un rayon sur tout ce qui était armes à feu. Si j’avais un personnage qui jouait avec une Winchester .330, [mon lecteur] griffonnait dans la marge que ce n’était pas Winchester qui faisait ce calibre, mais Remington [...]. Les évaluations subjectives sont, comme je dis, un peu plus dures à gérer, mais écoutez bien : si tous ceux qui lisent votre livre disent que vous avez un problème (Connie revient vers son mari trop facilement, [...]), alors vous avez un problème et vous feriez bien de trouver une solution.
Beaucoup d’écrivains résistent à cette idée. Ils se disent que réviser une histoire selon les appréciations positives ou négatives de l’audience s’apparente à de la prostitution. Si vous pensez vraiment cela, je n’essaierai pas de vous faire changer d’avis. Vous économiserez des frais d’impression, parce que vous n’aurez à montrer votre histoire à personne. En fait, si vous pensez vraiment  ainsi, pourquoi vous embêter à tenter de publier ? Finissez simplement votre livre, mettez le dans un coffre-fort, comme J.D. Salinger sur ses dernières années.”


J’aime bien sa vision des choses. Après y a d’autres sons de cloche : “Je montre toujours mon travail à une ou deux personnes avant d’envoyer une copie à mon éditeur ou mon agent. Je me sens plus à l’aise et plus connectée [à la réalité] de cette manière, et ces deux personnes me permettent de travailler davantage mon oeuvre.” Anne Lamott, Bird by bird, some instructions on writing and life.

Pourquoi vous écrivez

Spoiler:
Ok, je laisse de côté l'amour des mots, la frénésie ou la folie qui poussent à trouver du réconfort ou du plaisir dans l’acte d’écrire. Marion, j’ai compris pourquoi tu écrivais, mais Loxosceles, pas trop. Quel est ton objectif ? Etre lu ? Distraire ? Faire réfléchir les gens ? Simplement avoir conçu quelque chose que tu apprécies ?

Je n’ai jamais rencontré d’écrivain qui n’écrive pas pour être lu. Par ailleurs, tu dis que tu disqualifies des maisons parce qu’elles sont trop grandes. Mais comment une maison peut-elle être trop grande ? Trop de succès ? Trop de sens business ? Trop efficace ? Trop de sous in ze pocket ? TROP DE FAME ???!!!! HHAAAAA DONNEZ MOI DU FAME !

@Loxo : tu veux faire passer un message, si j’ai bien compris. A mon sens, la réussite de la diffusion, c’est le produit entre la qualité de réception du message et son étendue de diffusion.

Tu dis que ton point de vue suffit pour jauger la qualité de bouquin. Mais-peut-être que tu n’es pas représentatif de ta population cible ?

Tu ne sais pas comment optimiser la diffusion. Tu dis même que ça te dégoûte. Mais ok. C’est le boulot de l’éditeur. Ça nécessite de faire confiance à un éditeur. Si tu fais si peu confiance aux éditeurs, pourquoi ne pas trouver un agent ? Au passage, ça existe les agents, sur le marché français ? Et pourquoi dis-tu que l’éditeur est arbitraire ? A priori, il connaît le marché. N’est-il pas possible de bien s’entendre avec quelqu’un qui respecte ta sensibilité ? Le produit dont il est question est un produit en partie artistique. Je pense qu’un éditeur compétent prends cette facette en compte. ‘Pis le témoignage de Marion l’atteste.

Les modes éditoriales

Je suis d’accord avec toi sur ce point. Non non, pas parce que ça me permet d’écrire ce que je veux !

Le marketing, l’effort de vente

Spoiler:
Je veux qu’un max de gens lise mon bouquin. Jésus ! Je veux être SAINT EXUPERY !

Ah, pour ça il faut vendre ? Ok. Y a besoin de gens qui connaissent le marché ? Soit.

Le marketing, ça me va. Je n’ai pas l’impression de me compromettre. A partir du moment où la came que je dois vendre est d’excellente qualité, s’il faut danser devant le client pour vendre, ça ne me dérange pas.

Un ami ingénieur à moi, gros codeur de logiciels devant l’éternel, s’obstine à considérer que mon job (business control, gestion de projet, finance, mais à un moment donné, ça a été marketing) est “pipo”. Tout ça parce que ce n’est pas moi qui ai conçu le produit que ma société vend. Bah oui mais non, il n’est qu’un maillon de la chaîne, tout comme moi. Sans lui, pas de moi, mais sans moi, pas de lui. C’est bien facile (et arbitraire) de sa part de s’octroyer le beau rôle et de rabaisser mon travail. Mais l’objectif de tout le monde, c’est d’avoir un bazar à livrer au client, et de toucher un petit chèque à la fin du mois. Mon ami de la R&D est payé, donc à partir du moment où il fait bien son taf, ça me va. Mais j’ai été triste quand j'ai appris qu'il pensait ça Sad

Donc pour en revenir à l’écriture, soit on conserve notre indépendance, et alors il faut se résoudre à toucher un peu à tous les métiers (oui oui, le marketing aussi, voire la finance ! ), soit on postule dans les grosses (ou petites) écuries. Mais si on caresse le rêve d’être accepté, pourquoi cracher sur le métier de ses potentiels collègues ? Sad

L’adaptation au marché

Spoiler:
Je veux qu’un max de gens lise mon bouquin. Jésus ! Je veux être SAINT EXUPERY !

Quoi, je l’ai déjà dit ? Oui mais attendez, la suite diffère.

Le client a un cahier des charges, bah oui, ça me va. Je dois le remplir, ok. Pourvu qu'il me laisse un peu de liberté, je m'adapte. En disant cela, je ne crois pas que mon état d’esprit soit celui d’une péripatéticienne.

Quand je lis ce genre de propos, je me sens insulté.

Non.

J’ai plutôt l’état d’esprit d’un proxénète. Je veux livrer ma came au marché. Par la même occasion, je veux que mon ego fasse une overdose de reconnaissance. Et soyez sûrs que si quelqu’un me dit que mon histoire est trop longue, je la raccourcirai avec l’ application d’un papa chinois qui compresse les pieds de sa nouvelle-née. Faut que ce soit beau, fieu.

Je constate que sur ce fil, vous êtes deux à  exprimer votre réticence (ou votre dégoût) à l’idée que votre oeuvre soit retouchée. Je comprends. Ce qui est moins clair à mes yeux, c’est la limite que vous posez entre ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.

Expliciter une scène de viol =>  pas acceptable. Ok, les raisons me semblent évidentes, ça trahit l’esprit et l’atmosphère du bouquin.
Supprimer des scènes de description => Oui-non-oui-non-oui-non ? Si 90 (nonante) % des lecteurs trouvent que y a trop de description, pourquoi ne pas considérer ce feedback comme  valable et enlever ce qui peut l’être ?

Personnellement, mes objectifs sur ce que deviennent mes oeuvres après écriture sont simples :

Être lu, toucher les gens, les faire réfléchir.

Si je finis un bouquin (on est déjà dans de la fiction, là) et que j’entame la démarche de le faire publier, je suis prêt à écouter et prendre en compte les conseils d’un éditeur qui a l’expérience du processus. Peu m’importe que mes lecteurs aient des goûts de chiotte, de toute façon, je ne les connaîtrai pas. J’estime que cette considération est un problème de riche. Avant de faire mon difficile avec mes lecteurs, je bosse de toutes mes forces pour en avoir. Après, si on s’arrache mon bouquin à l’Académie Française, je bouderai pas mon plaisir.

Alors je dis pas qu’il faut construire son bouquin en fonction de notre croyance des attentes du marché. Mais le formater pour qu'il soit lisible, oui, un petit peu. Tout petit peu.

Chuck Wendig dans 1001 ways to write great fiction, get published and earn your audience :

“Les tendances courent plus vite que vous, alors courez dans l’autre sens. Vous savez ce qui est tendance, en ce moment ? Les strip-teaseuses façon Frankenstein. Vous savez ce qui sera in la semaine prochaine ? les échanges épistolaires occultes. La semaine d’après ? L’érotisme chez les ptérodactyles. Vous ne SAVEZ pas ce qui sera tendance au moment ou vous finirez ce bouquin, alors trouvez un agent et cet agent tentera de vendre votre bouquin. Ecrivez simplement ce que vous voulez écrire et faites en le meilleur bouquin qui ait jamais été écrit.”

Choix du mode d’édition

Spoiler:
@ Marion. Ok, je crois comprendre les remarques faites. Mais si tu t’auto-édites, en partant du principe que ça marche, quel lecteur prendra en compte ton âge, ton cursus littéraire, ton amour pour le 19e siècle ? Perso, si je vais sur Mamazon, je cherche un style littéraire, je sélectionne mon mot-clé, et je tombe sur une liste de bouquins, dont ton bouquin fera partie si tu as accolé les bons mot-clés. Je regarde d’abord les mieux notés, et ceux dont la couverture ou le titre me paraissent bien, je lis le résumé et la présentation. Mais je vais pas voir qui tu es. En tout cas pas en premier lieu. Si tu parlais d’un futur éditeur, ne regardera-t-il pas d’abord ta capacité à toucher les lecteurs ?

Concernant tes remarques sur l’édition classique :

Pourquoi considères-tu que les éditeurs d'aujourd'hui publient essentiellement de l'autofiction ? Qu’entends-tu par là ? Je regarde la définition Wiki, et c’est supra-flou. Ça va de l’autobiographie camouflée à la fiction dans un environnement contemporain, un mélange de souvenirs et d’imaginaire. Donc c’est tellement vague, comme notion, que ça me paraît inutilisable… Toi, par exemple, tu ne t’inspires pas de certains de tes souvenirs ? J'ai bien saisi que tu accordais une grande importance à la création. Mais c'est très subjectif, je trouve. Ptet qu'un auteur que tu classes dans l'auto-fiction, ben il considère qu'il y a une majorité d'invention dans ses bouquins. Je vois mal comment classifier les oeuvres parues en auto-fiction et non auto-fiction.

J’ai regardé les dernières parutions françaises des gros éditeurs français.

Gallimard
Beaucoup de bouquins sont des histoires contemporaines. Aucune ne sort du 20e-21e siècle. Beaucoup de potentielles auto-fictions.

Albin michel (Je précise l’époque de l’histoire)

1632 : Possédées de Frédéric gros (premier roman)
1936 : Avec la mort en tenue de bataille de Jose Alvarez
1890 : La valse des arbres et du ciel, de Jean-Michel Guenassia
1938 : Pechblende de Jean-Yves Lacroix
1918 : La danse des vivants d’Antoine Rault
1933: Comment tu parles à ton père de Joann Sfar

Je n’ai fait que 2 éditeurs, parce que je suis un gros paresseux (bon j'ai fait Grasset aussi, mais je n'ai rien trouvé qui corresponde) Very Happy

Concernant les histoires sur plusieurs tomes (voire saga)
Christian Signol chez Albin Michel
Virginie Despentes avec Vernon Subutex chez Grasset

J’ai trouvé peu de sagas, en effet. Mais les sites des éditeurs (ou Amazon) ne sont pas prévus pour faciliter ce genre de recherche.

Bon après, ta conviction que ta publication par une grosse ME est moins probable qu’une fiction se situant à l’époque contemporaine, tu la sors pas du chapeau, j’en suis sûr. Mais bon. Voilà. Y a quelques ovnis ici et là. ‘Pis bon, tu le constates toi-même.

Et concernant la révolution numérique et le paysage de l’édition d’ici 10-15 ans, je n’ai toujours pas compris pourquoi tu devais t’en soucier. La révolution numérique sous sa forme actuelle te profite évidemment. Mais d’ici 2030 ?


Et en tant que maman d’un bouquin, tu es auteure. Je ne vois pas ou est l’ambiguïté. Mais je comprends qu’un tel non-sens te touche si ça vient d’un mec publié par un poids lourd. Si on entre dans ces considérations relativistes, quand on me demande ce que je fais dans la vie, comment pourrais-je répondre que je suis écrivain ? Parce que je prends grand plaisir à dire ça, héhéhé Smile

“Je suis écrivaaaaaaain, moi môôôôssieur.”

J’ai conscience d’avoir des paillettes dans les yeux. Je sais que vous connaissez bien mieux le processus d’édition/publication que moi. Mais bon, je ne voulais pas laisser tant de sombres (mais peut-être réalistes) paroles sans contradiction.

Au passage, ne vous méprenez pas. Si j’écris, c’est avant tout parce que j’en ai besoin. Ça m’aide, c’est agréable, ça me donne le sourire. Si je ne suis capable de pondre que des étrons, bah tant pis, je continuerai. Mais tant qu’à faire, autant que je m’améliore et que mes écrits plaisent. Qui sait, quelqu’un les publiera. Et du coup je gagnerai de l’argent. Et donc je pourrais travailler à temps partiel, et donc écrire plus.

Merci à vous deux de partager vos pensées.

S.
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Message par Loxosceles le Mar 27 Sep 2016 - 9:04

Il y a plusieurs choses intéressantes, dans ce que tu dis. D'abord, je vais clarifier une chose : quand je dois dire ce que je fais dans la vie, je réponds que j'écris, ou que je suis écrivain. D'ailleurs ça revient à peu près au même. Une formulation fait plus modeste et l'autre plus prétentieuse, mais on ne peut pas toujours rajouter tout un tas de considérations pour préciser que l'on est par essence ni l'un ni l'autre, mais bref, je m'égare déjà.

Le fait est que c'est ce que je fais dans la vie, à part tout ce que je fais quand je n'écris pas, c'est à dire que 95% du temps, je ne suis pas écrivain, mais là encore, bref... je ne connais aucun écrivain qui fasse les trois huit. Ce qui fait que, dans tous les cas, dire qu'on écrit, c'est déjà du chiqué, parce qu'en fait, la plupart du temps, on est (en tout cas moi) dans la démarche de se cultiver, de rechercher l'inspiration, et de faire tout un tas d'activités qui soit comblent le vide, soit alimentent le plein à partir de ce vide. En somme, la plus courte façon de dire que même quand on ne fait rien, qu'on est au cinéma pendant que d'autres sont au travail, ou qu'on est sur une partie de jeu vidéo pour meubler une aprem sans inspiration, toujours pendant que les gens bossent ou font d'autres trucs socialement recommandés, on est toujours écrivain.

Bref ce n'est pas aussi confortable à dire que ça, surtout tant qu'on n'est pas publié sur une base régulière, voire qu'on rechigne à le faire.


Mes contradictions concernant tout ce que tu as dit, bah je les assume parce que c'est comme ça. Je veux être lu mais pas publié, oui ben voilà...

Oui, j'ai envie de faire passer un message, de faire entendre ce que j'ai à dire sur tel ou tel aspect du monde, de la société, de l'humain, ou sur quelque chose de plus spécialisé. J'ai l'impression, peut-être orgueilleuse, d'avoir vraiment des choses à dire, d'avoir à faire réfléchir, d'avoir des éléments à apporter à la réflexion des gens en général ou des lecteurs en particulier, sur les choses sur lesquelles j'écris. J'y arrive, j'y arrive pas, je crois qu'aucun beta-lecteur ne pourrait le dire, car déjà il ne sait pas trop où je veux en venir. Le lecteur a tendance à se concentrer sur la forme, puis éventuellement à voir le fond. Plus dur si on n'écrit pas des essais, et si le message est donc dilué dans la narration, à travers les personnages, les évènements, etc. Mais c'est ce que j'aime faire.

J'aime écrire, et c'est pourquoi je suis écrivain, et je n'ai pas d'autre explication, pour laquelle il faudrait éventuellement une psychanalyse complète, et c'est aussi pour cela que dire "je suis écrivain" et dire "j'aime écrire" se suffit à soi-même, et que, dans tout ça, l'éditeur fait office de parasite et de ver intestinal qui se fixe sur la passion de l'écrivain pour sucer des ressources. Tant pis si dire que l'auteur qui s'y soumet de son plein gré et en pleine volonté - et c'est son droit - est un peu perdant par essence, dans son humanité. Je comprends parfaitement que, selon la personnalité de chacun, on puisse ne pas y voir le moindre inconvénient, ou même aimer ça. Après tout, il y a des clubs qui démontrent que le masochisme n'est pas qu'une fiction.

J'ai déjà pensé à prendre un agent, mais l'agent, il faut le payer. Pour un agent, faut de l'argent, et tout ça pour quoi ? Dans ma vie, j'ai été confronté trois fois à l'édition. En 2003, en 200... 6 ? 7 ? Par là... Et la troisième, aujourd'hui, par anticipation de la fin de ce roman que je souhaite essayer de faire publier. Pas très rentable de prendre un agent pour si peu... En somme je préfère encore faire ça moi-même, même si ça me repousse, et même si je le ferai 10 fois moins bien, parce que je n'ai pas envie de le faire, parce que je ne le ferai pas jusqu'au bout, et parce que finalement, bah c'est vraiment très dommage si je ne suis jamais vraiment publié "pour de vrai", mais au fond c'est pas si grave. Je peux vivre avec mon complexe d'écrivain maudit.



Sur un autre aspect, il est vrai que tout auteur qui se respecte et souhaite être lu doit au minimum prendre en compte le lecteur, sinon ça n'aurait aucun sens. Personne ne soumet au public une invention que le public ne pourrait comprendre ou utiliser, sauf si c'est précisément le but de la manoeuvre (genre de truc qui est assez courant en ces temps de post-modernisme, ou tout est inversé, post- ou méta- ou anti- quelque chose, cela dit). Et donc en effet, dans mon cas j'ai le lecteur en tête quand j'écris. Je me dis, par exemple : "Quelle histoire j'aurais envie de lire, moi ?", "Quels personnages, quel sujet, quel thème ai-je enve de voir traiter et de quelle façon ?" et ça tombe bien... je suis souvent en accord avec moi-même sur ces questions.

Au fond, je n'ai aucune idée de ce que le lecteur veut. Egocentrisme, narcissisme ? Non, juste que je n'ai aucun moyen de le savoir. Chaque lecteur est différent, et donc mon lecteur-cible c'est moi. Moi, et sûrement un lecteur fantasmé qui, comme moi, doit s'intéresser au surnaturel, au bizarre, à la bizarrerie de la psychologie et de la nature humaine, et peut-être même à la philosophie, au mysticisme, à la spiritualité, et aussi qui s'inquiète de l'avenir de l'homme et de la planète. Bref à mon avis, mon lecteur doit être à peu près aussi singulier que moi, ou au moins avoir les mêmes tendances, et au final, peut-être que ça fait vraiment pas grand monde et que, si j'étais édité, ce que j'écris ne toucherais presque personne.

Ça je ne pourrais le savoir que si je menais une vie assidue d'écrivain acceptant d'être prostitué au système - désolé mais c'est vraiment comme ça que je le vis, et à l'école je me sentais comme en incarcération constante, je doute que grand monde ressente ça, et en même temps je ne connais pas une autre façon de vivre ça pour ma part, même si je peux imaginer toutes les façons possibles pour mes personnages - c'est à dire si j'expérimentais au jour le jour cette vie de personne baignant avec un certain bonheur dans le succès, dans les fonctionnements contestables opérés par le système que je critique dans mes livres. Là, à force, j'aurais toutes les données statistiques : mes lecteurs m'écriraient pour me dire à quel point je suis beau et à quel point j'ai raison de les conforter dans leurs croyances, et je pourrais dresser un portrait-type du... lecteur qui pense pas du tout comme moi, puisque je ne pourrais jamais toucher un tel lecteur.

C'est le serpent qui se mord la queue.

Mais je ne vois pas comment je peux fonctionner autrement. Oui je sais, en m'assouplissant. C'est à dire en commençant à renier ce que je suis, mes principes, etc.

Punk is not dead. Ecrivain maudit for ever, pour de vrai.



PS : un point sur lequel je m'aperçois ne pas avoir répondu.

C'est vrai qu'il doit malgré tout exister des éditeurs pour me correspondre, qui seraient respectueux de mon travail et ne souhaiteraient pas forcément me formater, moi ou ce travail. Et bien il faut encore que je les trouve, car pour le moment, pas trouvé. Je crois qu'ils sont foncièrement et forcément l'exception. Non que je crois écrire des choses exceptionnelles ou particulièrement non-conventionnelles, juste un peu décalées, mais il est certain que je n'écris pas pour les masses. Mon approche est sans doute trop personnelle, mais je ne sais pas comment faire autrement. Faire autrement serait écrire quelque chose en quoi je ne crois pas, ou peut-être que je n'ai jamais su trouver le juste milieu entre une forme accessible à un grand public, et ce que j'ai envie de dire.

Quelle que soit la raison, il faudrait un éditeur assez courageux, ou assez con, pour publier quelqu'un comme moi, à moins qu'il sache comment dompter celui que je suis pour lui faire sortir le meilleur de lui-même. Je reconnais qu'une personne compétente pourrait m'aider à améliorer mon travail. Même remarque qu'au-dessus : encore faut-il la rencontrer. On ne peut pas envoyer un texte à 2000 éditeurs, il faut nécessairement effectuer un ciblage. Bref, c'est compliqué car dès qu'on n'écrit pas dans une certaine forme de norme (on ne m'ôtera pas de l'idée que même un très grand écrivain écrit en suivant une certaine norme, ne serait-ce que celle d'un genre, ce qui n'est déjà pas vraiment mon cas), tout défaut de l'oeuvre est en quelque sorte décuplé. Si l'on suit un genre, une norme, un thème qui parle au plus grand nombre, peu importent les insuffisances, on trouvera toujours matière à faire rentrer le texte dans une case et on lui trouvera son public, s'il le faut vraiment. Dès que ce n'est plus le cas, à mon sens, le travail de remaniement devient tel que ça n'en vaut plus la peine. Peut-être que je me leurre, mais j'ai tendance à voir mon travail ainsi. Vu que je mélange des genres, des thèmes, ce que j'écris prend une tournure quelque peu hétéroclite que j'essaye de lisser, mais j'aboutis toujours à cette sensation que c'est trop imparfait pour ce que c'est. D'où aussi mon dégoût et mon découragement face à l'effort d'adaptation que j'ai à faire, et qui correspond d'ailleurs très bien - ça ne peut pas être un hasard - à ce que j'affronte au jour le jour dans mon existence. Je me sens comme un Kafka à ma petite échelle, mais sans le réseau, sans doute sans le génie aussi.

Parfois je me dis aussi que je devrais me restreindre à des formats courts tels que nouvelles et "novellas", car je trouve la difficulté d'adaptation de ce que j'écris insurmontable dès que ça dépasse 100 pages. Ça finit immanquablement avec une apparence un peu trop déstructurée ou composite, que je ne sais vraiment pas comment pallier, alors je laisse comme ça car au final, j'ai tout de même dit ce que j'avais à dire (cf plus haut). Mais c'est un autre sujet...
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Message par Invité le Mar 27 Sep 2016 - 9:48

Stalinstate a écrit:

“Je deviens vogon avec l’âge” : ça veut dire quoi ?


Vogon, comme dans H2G2. Je croyais la référence plus connue.
Par ailleurs, vaut mieux être un Aspicot qu'un Magicarpe même si ça doit être cool de devenir un Léviator !  Laughing

Je ne comprends pas :
Stalinstate a écrit:
J’ai compris que Marion n’avait pas de temps à perdre, qu'elle faisait lire son manuscrit directement à des éditeurs et que ça marchait.

J'ai des bêta-lecteurs, pas forcément dans mon entourage. J'ai déjà posté des chapitres sur des forums, surtout non littéraires (je tenais en haleine une centaine de ménagères. Certaines m'écrivaient qu'elles prenaient des fleurs de Bach à cause de moi (des lectrices pas habituées à lire des romans noirs)). J'ai fait effacer mes post ensuite.
J'ai une bêta-lectrice de l'autre côté de la planète, à Nouméa. Ce sont plus des femmes que des hommes mais je sais très bien ce qu'est un bêta-lecteur, et si, j'en ai.
L'envoi aux éditeurs vient en bout de course et je dois m'entendre dire que mon roman n'est pas assez accrocheur et ne sait pas tenir ses lecteurs en haleine.  Rolling Eyes

J'évite de le faire lire à mon entourage, sauf à 2-3 collègues ou à mon conjoint, qui est très critique, parce que justement, je ne veux pas être flattée. Le mieux, ce sont les bêta-lecteurs inconnus.

Mais maintenant que j'en suis à la phase "recherche éditoriale", je ne recherche plus de bêta-lecteurs.

Les agents existent sur le marché français. Ils cherchent ce qui se vend, comme la plupart des éditeurs. la différence, c'est que les auteurs comme les éditeurs sont réticents, en France, à avoir des agents littéraires. L'autre différence, c'est que dans les pays anglo-saxons, il y a des écoles de story telling. Ce qui compte, c'est l'intrigue, et on peut même suivre des cours pour apprendre à écrire un roman. En France, les grands éditeurs publient surtout de l'auto-fiction. Les romans d'épouvante, de fantasy, les romances, les histoires de vampires, etc. sont publiées par de petites maisons d'édition , souvent numérique, mais les grandes maisons d'édition traduisent les best sellers qui ont fonctionné à l'étranger  Twisted Evil même si ce sont des histoires de vampires...Un romancier français qui écrirait une histoire de vampires ne pourrait pas s'adresser à Gallimard mais à une maison d'édition spécialisée dans l'imaginaire (Rebelle, Lune écarlate, etc) parce qu'en France, le genre à la mode dans les grandes maisons d'édition, c'est l'auto-fiction. Le roman policier et le roman noir s'en sortent plutôt bien. Le reste est marginal. Solange, professeur à la Sorbonne aura moins de mal à faire éditer Comme mon ex m'a quitté que Christophe, fan d'heroic fantasy, son roman dans la lignée de Tolkien.

Supprimer certaines descriptions et longueurs dans mon roman, je suis d'accord. J'ai déjà commencé. J'ai même besoin de ce travail éditorial. Les éditions Dreamcatcher me le proposent et je pense signer leur contrat.
En revanche, une maison d'édition un peu plus grosse, plus ambitieuse, veut carrément me faire tout réécrire, y compris le contenu (ça deviendrait un roman noir comme il y en a sur le marché. Je suis consciente qu'il est atypique. Mais justement !)
Donc je préférerais signer avec la petite maison, choix qui me met en prise à des critiques : tu vas signer avec un pseudo-éditeur, un éditeur à la manque, etc. Non. Un jeune éditeur qui respecte ses auteurs. Je sacrifie peut-être la gloire, l'argent, la célébrité en signant ce contrat. Et j'hésite d'ailleurs...Mais je garde mon intégrité.

Je n'ai jamais parlé de m'auto-éditer ! Jamais.

Je ne m'inspire jamais de moi non plus. Comme l'écrivait Pascal : "le moi est haissable." A quel point me retrouve-t-on dans ce que j'écris ? Suffisamment, même en me tenant à distance. Par exemple, j'ai eu un "oui" pour une nouvelle il y a deux jours (celle avec la robe d'organdi) : le narrateur est un homme qui, en 1892, part présenter sa jeune fiancée, invalide, à sa famille. Qu'est-ce que j'ai en rapport avec ce narrateur ? Rien. Avec ce qu'il vit ? Rien. Mes lectures, les films que j'ai vus m'ont forcément inspirée. Flaubert écrivait : "Madame Bovary, c'est moi." Mais je ne raconte en aucun cas ma vie et ce ne sont ni mes souvenirs, ni mon vécu.
Je suis pour la pure fiction.
Virgine Despentes ? C'est de l'auto-fiction et puis bon...
Globalement, j'ai parcouru rapidement tout ça. On joue encore les Misérables à Broadway, pas tous ces trucs autofictifs que l'on publie aujourd'hui en France. Virginie Despentes a un style malgré tout assez agréable. Mais le contenu, trash, autofictif, est à des lieues de ce que j'aime en littérature (encore que Poppy Z. Brite est douée, dans le même domaine. Virgine Despentes, c'est un peu du sous Poppy Z. Brite).

On a trop écouté Robbe-Grillet, le Nouveau Roman, "le personnage n'existe pas", tout ça. Depuis 1957, on tourne en rond.
Et de plus en plus.

Pourtant, décréter que le personnage n'existait pas, c'était un truisme. Stendhal, Hugo, Aragon et les autres savaient bien que leurs personnages n'existent pas Laughing . De là à bâtir sur ce truisme l'impossibilité d'écrire une fiction dont le moi est absous, j'en reste sans voix. Neutral Ça a donné l'auto-fiction, la fiction dont le personnage principal existe, puisque c'est l'alter ego de l'auteur ou l'auteur lui-même. Plus de 60 ans que ça dure, maintenant.


Dernière édition par Marion79 le Mar 27 Sep 2016 - 14:40, édité 2 fois

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Message par Invité le Mar 27 Sep 2016 - 14:18

Il y a article très révélateur du monde de l'édition sur le blog de Stoni : http://stoni1983.over-blog.com/article-29835812.html
Dans le cas où, en effet, tu as la chance inestimable que ton histoire lui plaise, il va quand même vouloir y apporter sa patte. Les vrais écrivains ratés, ce ne sont pas les auteurs refusés systématiquement, en fait, ce sont les Editeurs ! Ton histoire, il va la tripatouiller, la triturer… Concrètement ? Il va te demander de reprendre tel chapitre. De rajouter telle scène. De couper tant de pages. D’y insérer ses idées à lui. Un soldat, je te le dis. Et au cas où tu ne serais pas encore lessivé, il va te démoraliser. Il te fera toujours des critiques négatives. Jamais, il ne te dira que ce que tu écris est bon. Ou alors très vite fait en passant. Il va s’attarder sur tous les défauts du manuscrit, au point que tu auras l’impression d’avoir écrit de la merde !

Tu comprends ? Je ne t’accuse pas de vouloir faire du marketing. Ça, c’est le boulot de l’Editeur. Toi, tu fais ton bordel dans ton coin, et après, au petit bonheur la chance ! Est-ce que ça collera ou pas ? La grande question… Il n’y a pas d’écrivain raté. Les gens qui écrivent, et qui n’arrivent pas à être publiés, ne doivent pas penser en terme de : j’ai pas de talent. Le jour où un Editeur se souciera du talent… L’Editeur fournit des livres à son lectorat, qui attend tel type d’histoire. Il peut parfois en sortir du très bon, de ce mécanisme.

Tu seras son nègre. Dans le pire des cas ? Il a repéré que toi tu sais écrire, mais se fout royalement de ton roman. Alors il te demandera : « ok, tu écris très bien et tout, mais moi ce qui m’intéresserait, c’est un roman sur…. » Et là il va te sortir un sujet qui ne fait pas du tout bander ! Je sais pas… « Sur la Reine Margot ! » Et il va préciser : « Mais dans ce roman, je veux que tu insistes beaucoup sur les chapeaux que la Reine Margot porte. Je veux des descriptions de chacun de ses chapeaux. Moi je trouve ça très intéressant ! Tu peux me l’écrire, Stoni ? »
- J’ai eu de la chance qu’il me laisse mon histoire, alors !

Sauf que Stoni en déduit qu'il faut quand même signer avec de grands éditeurs pour devenir un caca.
Pourquoi ? Parce qu'il y a un à valoir. On peut gagner de l'argent en étant un caca.

Du coup, Stoni déconseille de signer avec un petit éditeur (un pourritos selon lui) :
http://stoni1983.over-blog.com/2013/11/un-%C3%A9diteur-pourri-me-propose-un-contrat-que-faire.html

C'est là que je diffère de Stoni : je gagne déjà ma vie, donc je n'ai pas à devenir un caca pour la gagner.
Et je préfère signer avec pourritos que devenir un caca.

Autre histoire éloquente : http://srivron.free.fr/crafouilli/crafedit.html

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Message par Stalinstate le Mar 27 Sep 2016 - 14:57

Yo Loxosceles,

Je suis 100% d’accord avec toi sur la problématique de la dénomination. En vrai, je dis jamais à personne que j’écris, sauf quand on aborde le thème des hobbies ou de nos projets professionnels. En général, à ce stade, les gens savent que je suis tout sauf prétentieux. D’ailleurs je pense que je suis beaucoup plus modeste que la plupart des gens Smile

Ok, l’éditeur peut s’apparenter à un ver solitaire, dans une acception totalement parasite de la chose. Mais enfin, l’éditeur, même s’il suce la plus grande partie du pactole, permet que tu vives de ta passion. Imagine-toi te lever à 5h du mat’, écrire jusqu’à midi, faire une sieste et ensuite ECRIRE ENCORE ! Ne pas avoir de job où t’es obligé de brûler ton âme pour bien faire ton taf. Je pense par exemple à moi qui remplis des cases d’excels pendant une partie non négligeable de la journée, ou qui bosse pour enrichir des gens que je ne connais pas, ou pour que mes managers touchent leur bonus. Là si tu veux savoir si je me sens la pute de tout le monde, je te réponds oh, que oui. Et à la limite, si je peux juste passer l’équivalent d’une journée de plus dans la semaine à écrire, je suis déjà fort content.

Donc on peut m’appeler un masochiste ou un pauvre naïf (et un rêveur, c’est certain). Moi je vois le verre non pas à moitié plein, mais REMPLI A RAS BORD DE BON WHISKY !!!!! Parce que dans l’histoire, je suis super gagnant. Je passe d’un job sans signification pour moi à une reconnaissance de mon travail et de ma passion. Un premier pas, comme on dit.

Et dernière chose : dans tout l’amas d’écrivains que j’admire et suis (par exemple Grangé, King, Nothomb, Irving, Corben, Lamott, Rice, Herbert, Wendig, blabli, blabla) , tous se sentent trucidés par les innombrables critiques sur leur oeuvre. Y en a qui parlent de dépression post-criticum. Et les lettres de lecteurs complaisantes, ils n’en parlent pas, ou peu. Par contre, les lettres de menace pour avoir écrit des infamies ou des hérésies décadentes, ils en parlent loooooonguement.

Ah, et autre chose : concernant les grands écrivains et leur respect de la norme, j’ai de beaux contre-exemples en tête : Salman Rushdie. Est-ce que tu as déjà lu ou essayé de lire les Versets Sataniques ? J’ai trouvé que c’était un immonde coulis incompréhensible. Pareil pour Faulkner, dans Le Bruit et la Fureur. Le type, je ne comprends pas comment il a pu être connu après avoir commis un brouillon pareil. Ptet que je suis pas assez intelligent ou alors je suis très mais alors très éloigné de la norme. Pourtant j’ai aimé les Harry Potter. Mais un auteur qui n’essaie même pas de donner du plaisir à son lecteur dans une oeuvre de fiction, bah ça me laisse songeur. Sinon, un autre contre-exemple : How to kill a Mockingbird de HL. Elle, son bouquin ne respectait pas les conventions morales (ou immorales) de l’époque et pourtant ça a été un carton. Et j’ai kiffé.

Yo Marion,

Ah, oké. J’avais vu sur internet une correspondance avec des méchantes créatures toutes frippées qui postillonnent, donc j’étais pas sûr du lien.

Après, j’imagine qu’avec cette description, on devient tous plus ou moins vogon avec l’âge Very Happy

Marion a écrit:Je ne comprends pas :
Stalinstate a écrit:

J’ai compris que Marion n’avait pas de temps à perdre, qu'elle faisait lire son manuscrit directement à des éditeurs et que ça marchait.

J'ai des bêta-lecteurs, pas forcément dans mon entourage. J'ai déjà posté des chapitres sur des forums, surtout non littéraires (je tenais en haleine une centaine de ménagères. Certaines m'écrivaient qu'elles prenaient des fleurs de Bach à cause de moi (des lectrices pas habituées à lire des romans noirs)). J'ai fait effacer mes post ensuite.
J'ai une bêta-lectrice de l'autre côté de la planète, à Nouméa. Ce sont plus des femmes que des hommes mais je sais très bien ce qu'est un bêta-lecteur, et si, j'en ai.
L'envoi aux éditeurs vient en bout de course et je dois m'entendre dire que mon roman n'est pas assez accrocheur et ne sait pas tenir ses lecteurs en haleine.  Rolling Eyes

Sorry, c'était une boutade qui, en effet, n’avait pas de sens. J’étais resté sur ton unique relectrice de l’autre côté de la planète. C’est que ça me semblait peu, avant notre notre conversation.

Marion a écrit:"Je n'ai jamais parlé de m'auto-éditer ! Jamais. "

On était restés dans le domaine de l’hypothèse sur ce sujet. Disons plutôt pour le cas où tu souhaites être présente sur Amazon Kindle et autres. La question reste la même.

Sur l’auto-fiction

Tu dis que tu n’as rien à voir avec ton héros. Je ne remets pas ça en question, jamais. Mais raaah, je ne comprends pas. Comment tu peux te décloisonner de tes personnages à ce point ? Alors ça, ça me scie.

Est-ce qu’on est d’accord sur le fait que ce n’est pas parce qu’un personnage a des mêmes caractéristiques physiques et mentales différentes de son écrivain qu’il est décloisonné de cet écrivain ?

Est-ce qu’on peut raisonner sur un roman en particulier ? Sinon je resterai toujours dans le flou et l’hypothétique. Dis-m’en un, que je le lise (pas trop long de préférence). Ou tiens, par exemple, Nothomb, que peut-être tu as lue : Y a des romans ou elle raconte sa vie, et ils sont chiants d’après moi. Mais y a autre chose aussi. Ses bouquins Barbe-Bleue, Acide Sulfurique, ou Hygiène de l’assassin, c’est des situations fictives, et les caractère des héroïnes dans B.B. et H.A. sont très différents du caractère d’Amélie, tel qu’il est perceptible dans ses innombrables interviews sur youtube. Et c’est des bons bouquins (à mon sens) qui ont participé de la notoriété d’une auteure contemporaine (la classes-tu dans les auto-fictionnistes ?)

Je ne connais pas bien Hugo, ni les Misérables, donc ça va être difficile pour moi de te suivre là-dessus. Dans ce bouquin, Hugo n’a ptet pas fait d’auto-fiction, mais comment  tu peux en être sûre ? Ptet que Valjean ressemble à Hugo. Il parle de son époque et de ses opinions politiques, en tout cas, ça oui.

Ou le Horla de Maupassant. On est d’accord qu’il est passé à la postérité ? Coïncidence, il écrit son bazar au moment où il commence à devenir fou. Je le suspecte de s’être inspiré de son état mental pour construire son personnage principal, sans parler de l’intrigue. N’a-t-il pas fait de même avec le reste de son oeuvre ?

Qu’est-ce qui est du domaine de l’auto-fiction pour un bouquin ? Pour le personnage principal ?
> Le passé des personnages, ok;
> L’environnement dans lequel ils évoluent, ça se débat;
> Le physique ?
> L’état d’esprit ?
> La façon de raisonner ?
> La manière de parler ?

En ce qui concerne la comparaison entre les styles

Marion a écrit:On joue encore les Misérables à Broadway, pas tous ces trucs autofictifs que l'on publie aujourd'hui.

J’ai la sensation qu’il y a une tentative d’évaluation des probabilités d’un bouquin d’accéder à la postérité. Hmpf. Pourquoi opposes-tu les styles de romans actuels aux romans d’antan sur le plan de la qualité ? Sur quels critères te bases-tu ?

Je ne conteste évidemment pas la spécificité de ton oeuvre. Ni le fait qu’ aujourd’hui, beaucoup de romans sont susceptibles de répondre au concept d’auto-fiction tel que tu sembles le manier. Mais peut-être qu’on peut nuancer ton constat que, depuis 1957, on tourne en rond ? Y a plein de belles surprises.

Je me relis, et mes posts me donnent l’impression d’être des réquisitoires contre ton point de vue. Mais ce n’est pas mon état d’esprit. A la base, je voulais juste avoir des précisions techniques sur la manière dont tu as réussi à avoir des options de publication et comment tu envisages la suite. Je te dis encore grand merci pour tes réponses Smile

Après et si tu le veux bien, je cherche à comprendre ta vision du monde de l’édition.

La nouvelle “organdi incarnat” => Ah ok, c’est elle. Félicitations encore, mais un peu zut aussi. Du coup je devrai attendre que ce soit publié Sad

S.
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Message par Firemane le Mar 27 Sep 2016 - 15:09

Question con, depuis t'alleure vous parlez d'autofiction et critiquer ce style, de quoi s'agit il ?
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Message par Invité le Mar 27 Sep 2016 - 16:01

Je n'ai lu que les Combustibles d'Amélie Nothomb et c'était très mauvais, surtout au niveau des didascalies, pour la plupart inutiles. Il faudra que je réessaye de la lire...
J'avais bien aimé le film Stupeur et Tremblements avec Sylvie Testud.

Je me souviens d'une interview de Zeffirelli, au moment de la sortie de Jane Eyre, où on lui demandait pourquoi il ne s'inspirait pas des romanciers français contemporains (même si Jane Eyre n'est pas un roman français ! Mais l'intervewer était français). Le réalisateur avait répondu que nous avions été une grande patrie de la littérature, que nous avions su inventer des univers très riches, au XIXe s., mais que ce souffle épique, cette capacité d'inventer des histoires, nous ne l'avions plus.
Le film date de 1996 donc ça fait bien 20 ans que j'ai entendu ça mais il a raison. Madame Bovary a encore été adapté récemment avec Mia Wasikovska. Les Misérables, c'est encore notre gros succès à l'étranger. Au rayon des comédies musicales ? Notre-Dame-de-Paris.
C'est la littérature que j'aime. Nous sommes le pays qui a gagné le plus de prix Nobel de littérature. Mais c'est en train de se perdre.
Comme tu l'as écrit, Maupassant a fait de l'auto-fiction et il en est devenu fou...Oui, on retrouve son itinéraire à travers ses personnages. 306 nouvelles et 6 romans en dix ans. Mais il faut voir la différence entre l'ampleur de cette oeuvre, où il a revisité son époque, créé toute une galerie de personnages, et la platitude des romans d'Annie Ernaux. J'ai beaucoup aimé les Armoires vides, la Place... Au bout d'un moment, j'ai compris qu'on ne sortirait jamais de là, qu'elle n'a pas d'imagination, et que comme Taylor Swift Laughing elle exploitera sa propre vie jusqu'au noyau. On peut reconnaître que c'est à peu près bien écrit. Mais tous ces nombrils qui racontent leur vie m'agacent, à la longue.

Les exemples sont légion.
http://bookalicious.fr/rl2016nina/
http://www.lesinrocks.com/2012/09/04/livres/lautofiction-un-genre-passe-de-mode-mais-toujours-aussi-percutant-11292150/
http://orbi.ulg.ac.be/handle/2268/176900

Je lis que Gide a annoncé l'autofiction. Il suffit de lire les Faux-Monnayeurs pour voir que tous les personnages sont à son image. Ça fait peur. J'y vois plus un défaut qu'une qualité.
Alors que dans Aurélien dans Aragon, là Smile c'est autre chose.

L'autofiction ne m'intéresse pas. A mon avis, elle va bientôt céder la place à d'autres genres littéraires. Il serait temps. Ça fait 60 ans que ça dure. Des psychanalyses à fleur d'encre.

Je me souviens d'une journée d'études face à une conférencière qui nous disait que les personnages n'existent pas, que la fiction n'existe pas, que tout part du romancier, que quand on lit un roman, il faut s'efforcer de faire entendre sa voix, et seulement la voix de l'auteur, sans changer de ton au moment des échanges de répliques...
J'ai demandé le micro. Je lui ai demandé si Agatha Christie était le coupable ou le meurtrier. Si, quand on lit un conte à un enfant, il faut prendre la voix de Perrault, et garder le même timbre, la même intonation, quand on lit le texte du Méchant loup et celui du petit Chaperon rouge, etc.
Les personnages existent dans la tête du romancier en train d'écrire son oeuvre. Ils existent dans la tête du lecteur. Si le lecteur lit une autobiographie, il va faire de l'auteur un personnage, et pas l'inverse. Les personnages existent dans notre imaginaire commun. Personne ne va se dire que le Dr Who est le réalisateur du feuilleton, ni son scénariste. On sait que c'est un personnage mais on aime un personnage, et ils existent même si on sait bien qu'ils existent le temps d'une lecture, d'un visionnage, d'un partage, qu'ils deviennent nôtres. De quel droit nie-t-on l'existence, et le droit à exister des personnages ?
Elle a concédé que j'étais intéressante. Quelqu'un est venu me voir pour me dire que je devrais écrire un essai sur le sujet. Mais ça me semble aller de soi. C'est même l'évidence. Quand je lis un roman, je ne cherche pas à savoir si le(s) personnage(s) est (sont) à l'image de l'auteur. Je m'en fiche. J'adore les Essais de Montaigne (quel personnage ! Laughing  ) et certaines autobiographies, mais ce côté "Je fais ma psychanalyse à travers une autofiction après que Bébert m'a quittée", non, merci, sans façon. Fais-en un livre si tu veux ! Un vrai roman ! Crée-moi un Oliver Twist contemporain si tu as vécu une enfance malheureuse, mais que j'oublie jusqu'au crayonné, jusqu'au brouillon, jusqu'aux contours de ta propre enfance ! Si je vois les ficelles, si tu exhibes les coulisses, si tu te mets en avant au détriment de ton oeuvre, alors tu n'as rien d'un auteur.

En tout cas, je n'ai pas changé de position. Quand j'écris un échange de répliques, dans mon roman, entre William et Susan, par exemple, j'entends leurs voix, le timbre aigu de Suzie, je vois ses cheveux blonds, je la vois trembler, je sais que ce n'est pas ma voix que j'entends. Je sais que je peux me recréer des scènes de films à l'infini, que beaucoup sont inédites et ne sont pas dans mon récit.
Ce n'est pas moi face à moi dans ma tête.
Si on fouille énormément, on pourra peut-être retrouver quelques-uns de mes traits dans William. Pour les autres personnages, je ne vois aucun rapport. Pure fiction. Et au niveau de l'intrigue, je ne suis pas William (je ne suis pas transgenre Laughing et quand je dis "certains de mes traits"...de l'ordre de 20% ? Mais c'est de lui dont je me sentirais le plus proche. Peut-être simplement parce que c'est le personnage principal, celui avec lequel j'ai la plus grande familiarité, de même que Flaubert disait de Mme Bovary qu'elle était lui.).

PS : pour "organdi incarnat", je ne toucherai rien, pas un centime. Tout ira à "Handicap international" et ma nouvelle sera entourée d'une dizaine de nouvelles écrites par d'autres auteurs. J'espère que l'impression sera de bonne qualité, avec une belle couverture. Ça s'annonce bien. Smile

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Message par Invité le Mar 27 Sep 2016 - 20:05

Stalinstate a écrit:
Et en tant que maman d’un bouquin, tu es auteure. Je ne vois pas ou est l’ambiguïté. Mais je comprends qu’un tel non-sens te touche si ça vient d’un mec publié par un poids lourd.

Une nana, effectivement publié par un poids lourd, pour un roman de plage du type "Je vais chez Meetic et j'ai 40 piges".
Rolling Eyes
Une amie m'a dit : "Mais vous ne jouez pas dans la même cour !"
What a Face
* Mode Wednesday Addams quand elle sourit aux jeunes filles blondes en colonie de vacances.

Moi aussi, j'aimerais écrire des trucs légers, pétillants, que toutes les filles, elles pourraient lire allongées sur leurs serviettes de plage Razz car ça leur parle des beaux mâ-â-les qu'elles ne croisent pas dans la vraie vie, mais elles se retrouvent dans cette prose-là. Pas prise de tête, tu voi-âs ? Publié dans une grande maison parisienne comme le bouquin à Nabilaâââ l'eau, quoi.

Je suis jalouse car je ne sais pas écrire comme ça. Sad
J'écris des trucs avec des robes d'organdi qui ne sont même pas à la hauteur de ma poésie que de toute façon, personne ne lit.
Ratée je suis.

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Message par Loxosceles le Mar 27 Sep 2016 - 21:18

N'est raté que celui (ou celle) qui accepte de se reconnaître dans cette étiquette. Et quelque part tu sais que c'est ce qui se passe, mais tu sembles avoir un rapport douloureux avec tout ça et avec l'édition, tandis que moi je suis plutôt blasé... je ne crois plus en grand chose, ou plutôt si, mais pas dans le monde humain, qui est par essence médiocre. Etre parmi les ratés dans un monde de médiocrité, est plutôt un signe positif pour ma part, même si ça ne réconforte pas sur le succès qu'on désire avoir.
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Message par Invité le Mar 27 Sep 2016 - 21:34

Bah. Imagine la nana sympathique qui ouvre un blog, se balade avec ses copines, youpi-tralala. Au bout d'un moment, devenue populaire, elle se lance dans l'écriture d'un roman de plage. Le truc qu'Harlequin aurait refusé il y a 25 ans avec des phrases comme "Tom avait été refusé au casting de la Nouvelle Star."
L'éditeur se dit : blog + aspect sympa, ça se lit vite, dans le métro ou les pieds en éventail, et ça s'oublie tout aussitôt. Allez ! Publions-le : ça partira comme des petits pains.
Voilà le roman publié. Il se vend bien, le bouche-à-oreilles, la communication inter blogs, les copines, tout ça. Et puis c'est une grande maison d'édition.
L'auteur prend la grosse tête et me balance à moi : "Etre auteur, ça se travaille !" Sad Sad Sad Sad

Alors, oui, je fais mon Caliméro.
Plus tu copineras, plus tu auteureras.
Neutral
Mais je ne copine pas. Proust a dit que les grands livres sont les enfants de l'obscurité et du silence.
Je reste dans ma cave. Dans 20 ans, 30 ans, je publierai peut-être un grand livre.
Mais s'il faut travailler la fibre sociale, je suis mal barrée. J'avais un blog mais je l'ai laissé à l'abandon au bout de trois mois après m'être posé la question : "àkoi-ça-serty donc ?"

Et dans 20-30 ans, quand je serai retraitée, plus personne ne m'éditera sauf les éditions de Moncoin. Alors j'arpenterai les tout petits salons du livre provinciaux avec en arrière-fond le son des accordéons.
Si ça existe encore. scratch

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Message par Loxosceles le Mar 27 Sep 2016 - 22:04

Ça me fait penser qu'une maison d'édition allemande m'avait proposé de publier mon blog sur papier. Je n'avais pas compris le concept, d'autant qu'il s'agit surtout d'articles pseudo-philosophiques et sociologiques, analysant avec recul le monde, l'actualité, les phénomènes de société, etc.

Il est vrai qu'il faut cultiver ce système de relation, dans l'idéal, voire presque obligatoirement, ce qui est aussi à l'opposé total de mon fonctionnement asocial. Mais j'ai appris à ne pas jalouser des gens dont je ne pourrais jamais supporter la médiocrité intrinsèque. Blasé, mais pas aigri.

L'avantage de ta démarche, c'est que tu n'érodes pas ton talent au contact de ces gens et ces pratiques.
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Message par Invité le Mar 27 Sep 2016 - 22:54

Contrairement à toi, je subis un paradoxe.
J'oscille constamment entre la satisfaction d'être différente et l'insatisfaction de ne pas faire partie du troupeau.
Mais c'est vrai aussi dans d'autres domaines que l'édition.
Dans une salle où il y a vingt personnes, je ne fais jamais partie du groupe qui rit et qui parle fort. Je suis dans un coin et si je parle, c'est à une seule personne à la fois.

C'est comme ça.
Mais assez souvent, j'aimerais faire partie du groupe qui rit et qui parle fort.

Ceci étant, au niveau de l'écriture, c'est d'autant plus frustrant de voir que ceux qui parlent fort parviennent à s'installer même sans savoir écrire.

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Message par Firemane le Mar 27 Sep 2016 - 23:02

J'oscille constamment entre la satisfaction d'être différente et l'insatisfaction de ne pas faire partie du troupeau.
You're so NOT alone about this.
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