«Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

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Message par Invité Dim 15 Nov 2020 - 9:52

J’ai longtemps cherché un petit quelque chose pour réagir à la chanson sur la mort, de Ferré et Causimon. Un poème absolument superbe auquel je souhaitais apporter une petite touche d’espoir ou peut-être de gaité (où que j’aille, je ne peux m’empêcher de vouloir mettre un peu de lumière sur du sombre, j’espère en être pardonnée).

Et j’ai finalement trouvé cette chanson de Barbara que je ne connaissais pas. Et puis j’ai cherché la meilleure interprétation et là… j’ai trouvé cet enregistrement un peu flou. Mais quelle présence, j’en ai eu des frissons…







Et concernant le Cantique des Cantiques, c’est un texte là aussi absolument superbe et son histoire l’est tout autant. Je ne sais pas si tu la connais.


Il y a un moment j’ai écouté une émission sur France Culture, Les chemins de la philosophie d’Adèle Van Reeth qui se basait sur un entretien avec Chloé Mons (sa femme et bassiste), qui avait écrit un livre sur sa vie et son travail artistique avec Alain Bashung, décédé donc.

https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/faisons-un-reve-44-alain-bashung-monsieur-reve


Outre que c’était passionnant et extrêmement touchant de l’entendre en parler avec un amour profond et un immense respect, de l’entendre rire avec tendresse de son addiction à la cigarette qui lui aura coûté la vie, de l'entendre raconter, sans fard, sans non plus de mélancolie amère ou tourmentée, combien elle a su être présente et forte dans son dernier combat contre la maladie, elle a aussi raconté pourquoi et comment avait été enregistré ce Cantique des Cantiques.

En fait c’est une idée qu’ils ont eu tous les deux pour concrétiser leur mariage tardif. Leur toute première prestation s’est donc déroulée devant leurs amis réunis dans une chapelle. Et elle a tenu lieu de cérémonie, une forme de messe donc.  

Lumineux.

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Message par Ours de la MAZ Dim 15 Nov 2020 - 14:52

A propos de Barbara, tu pourras écouter ce quadriptyque d'émission en podcast : https://www.franceculture.fr/emissions/la-compagnie-des-oeuvres/barbara-ou-lart-total-14-la-compagnie-des-oeuvres-emission-du-lundi-05-octobre-2020.

J'étais adulte, adulte et con, alors qu'elle vivait encore, alors qu'elle "tournait" encore. Je ne l'ai découvert que très tard.... et elle est mon intime.

Je vais écouter cette émission de la belle Adèle. J'ai loupé son dernier tour, alors que la salle était à 10mn à pied de mon domicile. J'étais alors sous domination d'un autre moi-même, je ne me suis pas autoriser à y aller seul.
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Message par Ours de la MAZ Mar 1 Déc 2020 - 19:19

Source : De L'art En Général Et De La Lecture En Particulier sur FB

Tu voulais du parfait,
Et je n'étais que moi,
J'ai essayé tu sais,
D'atteindre ce que je ne pouvais pas,

J'ai renié mes faiblesses,
Pour sembler infaillible,
Cachant même la tristesse,
Pour une joie plus visible,

Je marchais la tête haute,
Les épaules fatiguées,
Sous le poids de mes fautes,
Dont celle de trop aimer,

Tu voulais du parfait,
Et je n'étais que moi,
Moi je voulais du vrai,
Et tu n'étais que toi.

Alexandra Julien

Cela ressemble à une chanson, ce n'est pas de très haute volée poétique, mais j'ai trouvé cela juste, "du vécu" comme on dit.
Après tout, on peut aussi se laisser bercer par une certaine mélancolie.
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Message par Ours de la MAZ Dim 20 Déc 2020 - 17:24

Ne vous laisser pas influencer par l'image de musique classique.
C'est epoustouflant de qualité et une vraie pièce de soul music.
"L’œuvre minimaliste et mélancolique de Max Richter transfigurée sous l’archet de Daniel Hope, dans un concert à domicile. Avec la chanteuse soul Joy Denalane, il réinterprète le déchirant mashup "This Bitter Earth / On the Nature of Daylight"."



Source : Arte Concert
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Message par Ours de la MAZ Lun 21 Déc 2020 - 21:32

Nous sommes le 23 février 2023. Après une fin d'année à peine libérée et une météo clémente, le début d'année fut rigoureusement confinée. Le vent se mit au nord-est et les températures chutèrent. Entre deux anticyclones, un couloir d'air froid et humide s'abattit sur Paris.
Le virus avait depuis longtemps vidé les terrasses et la neige ruina ce qu'il pouvait en rester. Les boulevards ressemblaient désormais à des quais désaffectés, alignement de navires devenus gris, les voiles encore cargués d'où pendaient lamentables, des lambeaux de toile déchirés par le temps.
Des messieurs engoncés dans leur manteau d'hiver et des petites dames figées devant leur thé, chacun tout à tour observant la joyeuse jeunesse, de tous ceux là qui ne vivent que du spectacle des plus jeunes, de tous ceux-là donc, le souvenir même s'effaça.
Peu à peu, la vie leur manqua. Il ne resta plus d'eux qu'une ligne statistique qui chaque soir nourrit le journal mortifère d'individus oublieux d'avoir été un peuple.

«Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard - Page 10 13248110

Source : Édouard Boubat (Français, 1923-1999) - Café de Flore, Paris, 1950 via FB Ida Lupino


Dernière édition par Ours de la MAZ le Mar 22 Déc 2020 - 18:54, édité 1 fois (Raison : complément)
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Message par Ours de la MAZ Mar 22 Déc 2020 - 18:36

«Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard - Page 10 13252011

Source : FB Andrei Andronache, Takeuchi Seihō, Bear in Snow , Japan, 1940
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Message par Ours de la MAZ Jeu 24 Déc 2020 - 13:50

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Message par Ours de la MAZ Dim 27 Déc 2020 - 13:05

"C'est à trop voir les êtres sous leur vraie lumière qu'un jour ou l'autre nous prend l'envie de les larguer.
La lucidité est un exil construit, une porte de secours, le vestiaire de l'intelligence.
C'est aussi une maladie qui nous mène à la solitude"
Attribué à Léo Ferré

"Et puis il y a l'amour, qui rend aveugle."
Attribué à un ours cynique par défaut
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Message par Invité Dim 27 Déc 2020 - 13:32

Mais n'est ce pas agréable aussi, d'être aveuglé, de temps à autre ? Je ne vois là aucun cynisme, plutôt une ode à l'espoir qui fait vivre. Sinon.. à quoi bon ?


Edit : J'en profite pour te souhaiter une douce solitude pendant ces fêtes, puisque toi aussi, tu es seul. FIP est mon compagnon du moment et c'est assez doux je dois dire.

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Message par Invité Dim 27 Déc 2020 - 13:44

Récemment j'ai regardé un film sur Netflix, un film étrange, vraiment étrange, atypique, n'utilisant aucun code classique du cinéma, dans un style artistique qu'on pourrait qualifier "d'avant-garde", ou "d'auteur", et je me suis dit que j'aurais pu le mettre sur le fil de l'autisme, parce que c'est un film qui décrit à la perfection ce que c'est que de sentir étranger à son propre corps.

Mais je n'ai pas osé le mettre là bas. Alors je me permets de te le conseiller, si tu peux le trouver (il me semble que tu n'es pas abonné à Netflix). Il s'agit de "Under the skin" avec Scarlett Johansson.

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Message par Ours de la MAZ Dim 27 Déc 2020 - 18:00

Au départ, c'est un roman de Michel Faber, classé comme de la science fiction. Roman étonnant pour le moins. Son adaptation cinématographique en reprend un des thèmes mais si je me souviens bien, il est loin d'une version à la lettre du roman. En revanche, il réussit l'exploit de donner forme à l'énigme d'un "sur-réel" et en cela c'est une reussite.
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Message par Invité Dim 27 Déc 2020 - 18:39

Comment tu me mets la honte ! x)

Promis, plus jamais je ramènerais ma "science" ^^'

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Message par Ours de la MAZ Dim 27 Déc 2020 - 20:25

Désolé, ce n'était pas mon intention. Je voulais simplement compléter ton post. Il se trouve que je connais.
J'ai donc partagé.
Tu as témoigné, moi de même. Cela donne quelque chose qui peut intéresser celle où celui qui lira.
Il n'y a là aucun jeu de savoir ou de pouvoir.
Enfin, c'est comme cela que je le vois.
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Message par Ours de la MAZ Dim 27 Déc 2020 - 21:12

@Fleur de Lotus

Je me souviens de ton intérêt pour les jeux en ligne.
En parcourant Univers Ciné, je suis tombé sur Avalon : "Ash, une joueuse chevronnée, a toujours su prendre ses distances avec Avalon, un jeu vidéo illégal sur lequel les joueurs branchent directement leur cerveau et qui provoque des comportements addictifs : mais lorsque Murphy, son copain, se fait griller les neurones par Ghost, le chasseur virtuel du programme, le face-à-face entre Ash et Ghost devient inéluctable... "

Je ne connais rien du film. Mais peut-être cela t'intéressera-t-il.
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Message par Invité Dim 27 Déc 2020 - 22:06

Ours... je suis désolée d'avoir réagi comme je l'ai fait. C'était immédiat, sans filet, en hyper réaction toute personnelle et sensible.

Mais à cela il y a une raison, personnelle mais que je rends publique, puisque c'est entamé.

Ici, c'est ton fil, c'est chez toi. Si j'y viens c'est parce que c'est toi, que je connais, et à qui je pense souvent. Il n'y aurait pas le confinement, je t'aurais proposé d'aller te voir depuis un moment déjà, le temps d'un week-end comme celui que nous avons partagé. Mais à quoi bon le "dire" quand on ne peut pas le réaliser. Je sais que tu n'aimes pas "les projections", que tu les craints même. Alors j'attends. Mais j'y pense et je reste en contact, à ma façon, proche et lointaine.


Quand j'ai lu ton petit mot sur le cynisme, j'ai réagi, sans réfléchir. Parce qu'en fait, j'avais lu cette phrase de Ferré, ici,  et je m'étais fait un peu la même réflexion que toi, en me moquant de moi-même.

Puis une fois postée ma réaction, tout de suite je me suis dit que je pouvais rajouter quelque chose sur la solitude en ces moments de fêtes, puisqu'en cela nous sommes proches. J'avais cherché une image pour toi, hier ou avant hier, avec un ours, mais je n'ai pas trouvé, alors j'ai abandonné l'idée. Voilà pourquoi, une fois ma réaction posée tout à l'heure, j'ai eu besoin de rajouter ce petit message de sympathie, d'où l'édit.

Et puis, dans la foulée, j'ai eu le sentiment que c'était à la fois trop personnel et pas assez (je te défile ma pensée à postériori), sans réfléchir j'ai eu envie de rajouter d'autres pensées que j'avais pu avoir. Il y avait ce film et le fait que j'avais failli en parler ici, lorsque je l'ai visionné, avant hier je crois.

J'ai alors mis ces quelques mots sur le film, mots neutres qui ne semblaient pas personnels (et en cela ta réaction est appropriée), mais qui, finalement l'étaient, je viens d'en expliquer la source. D'où ma réaction. Inappropriée au regard de ce qu'est un fil sur ZC, j'en conviens.

Voilà toute l'histoire. Encore une fois désolée, mais au final, je ne regrette pas, me voilà démasquée, c'est tout aussi bien.

Et pour ce qui concerne Avalon, je crois bien que je l'ai vu, mais il y a longtemps, et très certainement sans regard critique. Je te remercie donc, je vais m'y intéresser de nouveau.

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Message par Ours de la MAZ Sam 9 Jan 2021 - 8:56

Texte croisé et re-publié sur Facebook :

C'est très impudique.
Mais c'est si exact. Et je me sens redevable vis à vis de ceux que je croise et que je fréquente professionnellement ou amicalement, redevable de froideur.
Ce n'est pas très moral non plus de s'approprier les mots d'un tiers. Mais ceux-ci expriment exactement mon quotidien :

"Oui je m'isole, non pas parce que je n'aime pas les gens,
mais parce que je m'épuise au contact du monde, le bruit, la foule, les discussions trop longues, aussi parce que je préfère être seul qu'entouré de personnes qui ne vibrent pas sur les mêmes fréquences que moi.
Non, je ne dis pas qu'elles sont moins intéressantes, je n'ai nullement cette prétention. Je dis simplement que nous sommes différents. Nos sensibilités et ressentis n'atteignent pas les mêmes sommets.
Je dis aussi que plus je vieillis et plus je sais qui je suis, où je vais et ce que je veux et ce qui ne me correspond plus du tout. Je n'ai pas besoin d'avoir de la compagnie. Je ne me sens jamais seul, je me sens merveilleusement bien dans le silence.
Et si je reçois du monde, c'est que l'envie est là et le plaisir aussi !
Bien souvent, mon calme, ma paix intérieure, mes ressources, mon lâcher prise, ma sérénité, je les puise dans ma bulle "chez moi" seul, ou dehors "en pleine nature" seul encore et toujours.
Je ne suis pas associal, je suis un empathe sélectif. Un empathe qui respecte ses ressentis et écoute son corps, son mental, son âme.
J'aime profondément les gens, les écouter, les conseiller et les aider...Mais après cela, mon "Moi" réclame une pause.
Alors si quelques personnes se reconnaissent, elles sauront que si l'on passe du temps avec quelqu'un, ce n'est nullement pour combler un vide, mais c'est que l'on en a envie... Vraiment !
Eden Cara"
Source : Esprit Zèbre / Surdoués - HP - Aspies sur FB

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Message par Ours de la MAZ Sam 9 Jan 2021 - 8:59

Marcher tout l'hiver
Dans la poudreuse
Jusqu'à la maison fleurie
Sous les montgolfières
Nos vies heureuses
Que demander au seigneur?
On a fait de nos mains
La pluie et le beau temps
Un salon, un jardin
L'amour, les paravents
Pour mettre nos âmes à l'abri
Mettre nos âmes à l'abri
Des vues imprenables
Tombées du ciel
Et nos regards s'attendrissent
Le temps d'une escale
Goûter au miel
D'un tout nouveau précipice
Que nos pas dans la neige
Nous redonnent la grâce
Illusion d'un cortège
Le parfum à la glace
De mettre nos âmes à l'abri
Mettre nos âmes à l'abri
Ad vitam æternam
Sur la plage, sur un sablier
Mettre nos âmes à l'abri
Mettre nos âmes à l'abri
La douceur tombera
Comme une coulée de plomb
On se relèvera
La nuit sur le balcon
Pour mettre nos âmes à l'abri
Mettre nos âmes à l'abri


Source : LyricFind - Paroliers : Laurent Lescarret / Alain Bashung


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Message par Ours de la MAZ Dim 10 Jan 2021 - 10:05

Il se dit avec raison que les orchidées sont les plus féminines des fleurs. C'est peut-être pour cela qu'il me plait de les classer au sommet de la phylogénie botanique.

«Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard - Page 10 13754610

Portrait of Loïe Fuller, by Frederick Glasier, 1902 - "Serpentine dance"
Source : FB - Ars gratia artis - mutatis mutandis

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Message par Ours de la MAZ Dim 10 Jan 2021 - 10:13

Connaissez vous Peter Frie, peintre contemporain ?
Je le vois comme le peintre de rien, de ce rien à l'horizon sur lequel on construit un rêve éveillé, de ce rien qui apprend à voler, de ce rien qui qui partage "l'essentiel est invisible pour les yeux".

«Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard - Page 10 Peter_10

Peter Frie (Sweden, 1947), Untitled, 2002, oil on canvas 50 x 70 cm
FB - Ars gratia artis - mutatis mutandis
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Message par Ours de la MAZ Mer 20 Jan 2021 - 7:32

«Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard - Page 10 Fb_img12

Source FB
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Message par Ours de la MAZ Dim 7 Fév 2021 - 11:14

«Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard - Page 10 Img_2017

"If you didn't care what happened to me,
And I didn't care for you,
We would zig zag our way through the boredom and pain
Occasionally glancing up through the rain."

Extrait de Pigs on the Wing, Parts 1 & 2 par Pink Floyd
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Message par Ours de la MAZ Dim 15 Aoû 2021 - 14:20

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Message par Invité Dim 15 Aoû 2021 - 14:35

Hello Ours,

Tu connais Emile Verhaeren?
Spoiler:

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Message par Ours de la MAZ Lun 16 Aoû 2021 - 6:11

Je me souviens de lui, pour en avoir appris par cœur dans les petites classes, oubliés bien sûr depuis.

Celui-ci sonne comme une chanson d'espoir et de vie.
Merci.
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Message par Ours de la MAZ Lun 6 Juin 2022 - 19:01

06-06-2022

Le temps de la retraite arrive.
Heure après heure, jours après jour, mois après mois, je décompte, je simule, je suppute mais surtout je tourne dans ma vie comme un ours en cage : « l’éternité c’est long, surtout vers la fin… »

Cette échéance tant espérée, perçue en fait comme une libération, entraine pour moi de profonds changements. Dans quelques mois, ce sera fini. Je changerais de vie, de lieu, de moyens et de temps disponible aussi. Cela me parait si loin et si près à la fois. Voilà près de 37 ans que je suis dans la place, 37 ans à faire la pluie et le beau temps pour une entreprise familiale et locale : le commerce, ce sont des produits, des clients et au milieu de la marge commerciale. Les produits, c’est moi. J’ai en tête une arborescence de segments marketing que je peine sur l’instant à dénombrer exactement mais qui doit être de l’ordre de 20 000 items, items qui hébergent plus d’1 000 000 de produits. J’en connais presqu’instinctivement l’importance, l’élasticité au prix, la cible clientèle. Je ne suis pas bon à grand-chose d’autre qu’à documenter et documenter sans cesse de nouveaux produits, de nouvelles procédures.
Quand j’étais étudiant, je faisais de la botanique et particulièrement de la systématique. Rien ne me réjouit plus que de déterminer l’espèce d’une plante, d’une fleur, d’une plantouille gélatineuse ou d’une mousse couvrant les parois d’une cascade par exemple. Et quand en plus la séance de détermination se fait à deux, c’est encore plus… Difficile de dire mon ressenti une fois la chose identifiée. La chose devient un individu et c’est un peu comme partager l’infini, celui de la connaissance ; c’est soudain dresser par la pensée une carte floristique, écologique, hydrographique, géologique, sentir la dynamique de la vie, … Autant dire, que des gens comme moi sont assez peu fréquents : jouir d’une approche naturaliste romantique, c’est complètement passé de mode. Désormais, nos téléphones les plus puissants embarquent suffisamment d’intelligence artificielle pour faciliter ces moments de détermination. Mais l’identification instantanée dévalorise la détermination : la porn-botanic a envahi l’imaginaire.  Il n’empêche qu’identifier un poirier sauvage au sommet d’un petit mont battu par le vent et irradié du soleil de Provence ne cesse plusieurs mois plus tard de nourrir mon imaginaire.

Or toutes ces activités, et quelques autres, je les pratique en compagnie. Mais dans quelques mois, je serai seul. Pourquoi cette solitude ? J’avoue une incapacité à tenir des liens durables sans devoir assumer des compromis qui finissent par écorner la qualité de la relation. Les vibrations de l’autre, des autres m’envahissent et me désynchronisent avec moi-même. J’en perds ma fragile cohérence, j’en perds ma joie. L’entreprise aura été pour moi un lieu de socialisation certes. Un espace où j’ai pu développer un fantasme communautaire à raison d’une cinquantaine d’heures par semaine, une sorte de tribu, un village gaulois. Je sais bien ce que j’y ai vécu, je me souviens bien des moments où la réalité normale des individus a fracassé le fantasme. Mais peu importe. J’ai survécu avec ce carburant émotionnel qui a installé en moi une dépendance perverse et narcissique : la réussite était celle des autres grâce en autre à mon travail, les échecs étaient pleinement les miens. Comme toute relation déséquilibrée, ceci s’est installé sur un terrain, sur des fragilités ; je me suis comporté comme une victime expiatoire d’un passé familial. Je n’ai rien expié, de fait. Mais je me suis bien victimisé pour autant. De ce carburant affectif vicié, je m’en suis nourri, je m’en suis drogué et comme tout drogué, j’ai plongé dans un monde où seul l’entreprise avait du sens. J’y ai perdu ma famille, mes amis et presque mes enfants. J’ai fait quelques rencontres décisives : une communauté intellectuelle, des amantes inaccessibles, des thérapeutes, deux amies fidèles. Et surtout une thérapeute qui a su jouer sur mon besoin de tout intellectualiser et qui m’a fourni une altérité neutre exigeante et intelligente face à laquelle j’ai été obligé de me définir et peu à peu de voir clair.
Ce carburant, je cherche à m’en sevrer avant qu’il ne cesse de m’être fourni. J’ai quitté le tabac le 25 juillet 2012, une seconde naissance. J’ai éloigné l’alcool en avril 2022. Il me reste à me sevrer de ce carburant. Mais par quelle autre énergie le substituer ?
Ce chemin de sevrage est peut-être le fond du thème de cette chronique.

Je n’ai jamais été seul en fait. J’ai toujours été accompagné de mes imaginaires, j’ai toujours été en présence d’autres. Mais là, je suis saisi d’une crainte profonde.
Je sais que le sevrage est pour moi lié à une relative inaccessibilité du poison mais aussi à un conditionnement comportemental. L’esprit impose au corps qui impose à l’esprit.
Connaissant ma propension à flotter dans le temps et l’espace comme une méduse, je teste des stratégies.
Il y a d’abord cette écriture. C’est une chronique, mais aussi un témoignage et aussi un livre de souvenirs. Je ne sais si je pourrais tout évoquer. Non que le temps me manque (à moins que je ne sois pas encore au courant) mais une forme de pudeur ou de respect de mes enfants me poussera à la discrétion. Et puis à quoi bon étaler ses avanies ? Une ex-collègue de travail, qui vient de prendre sa retraite, m’a témoigné d’un cousin ayant tenu une écriture, mêlant texte d’opinion, journal, souvenir. Je suis assez tenté par cette variété ; je voudrais y ajouter de la poésie.
Il y a ensuite le fait de publier au fur et à mesure ces pièces d’écriture dans leur forme brute. Je voudrais ainsi m’obliger face à une communauté que j’imagine lectrice. Celle qui m’a permis de me reconstruire à partir de janvier 2012, celle grâce à qui et sans pathos ou grandiloquence, je crois, que je ne serai pas là ou plus en état d’écrire.
Il y a ensuite un calendrier. Ma méduse intérieure, au fond, admire ce qui nous est dit des philosophes et des écrivains. Et elle admire particulièrement la démarche rigoureuse d’Emmanuel Kant. Son quotidien suivait un rythme immuable de travail, de promenade, de repas. Loin de moi l’idée de me comparer avec ce géant, mais j’ai établi un planning quotidien et hebdomadaire, que j’ai baptisé « Planning Kantien ». Je vais donc tester sur mes moments de liberté, ce planning, pour peu à peu le rendre compatible avec la réalité….
Et ce soir, il s'agissait de la première séquence planifiée.


Dernière édition par Ours de la MAZ le Mar 7 Juin 2022 - 15:58, édité 1 fois
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Message par Amocore Mar 7 Juin 2022 - 5:12


Je fais partie de cette communauté que tu imagines lectrice. Je regarde les images aussi, elles sont belles.

Je suis toujours inspirée par quelqu'un qui a trouvé sa vocation, merci pour le partage de ta mission.

Quelqu'un m'a dit quelque chose qui m'a beaucoup aidé, et je me permets de te le partager, avec une bonne intention : pour sortir de la victimisation, tu as besoin de te reconnaître d'abord victime. Voici la rampe de sortie qui m'a été indiquée et que j'ai prise.

Il y a aussi les bénéfices dits seconds : qu'est-ce que j'en retire ? Mais pour pouvoir le voir en face, j'ai d'abord rouvert la porte du trauma et j'ai traversé, la rampe se trouvait de l'autre côté. Après seulement j'ai eu le choix, je retrouvais mon libre-arbitre qui avait été perdu. Alors j'ai choisi la résilience.

Je te souhaite une bonne préparation à la retraite.



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Message par Shadow Boxeur Mar 7 Juin 2022 - 7:02

Ta chronique promet d'être passionnante.
Je suis impressionné par le degré de connaissance de soi que je ressens à te lire.
Bonne écriture à venir dans ton planning Kantien !
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Message par Ours de la MAZ Mar 7 Juin 2022 - 15:53

07/06/2022

Ce matin, j’étais plus léger, presque guilleret. Réveillé avant le réveil, j’ai laissé flotter ma conscience au bal des martinets remontant la rue du hameau à tire d’aile. Ils ont mis du temps cette année à revenir. J’ai même pensé que je ne les verrai pas. Et puis un matin, le bal a commencé.
S’il se dit qu’une hirondelle ne fait pas le printemps, là où j’habite, les martinets font l’été. Nous sommes passés en quelques semaines, d’un printemps hivernal à des températures estivales. Le climat du sud de la France devient tropical sec.

Le son du matin, du plus loin que je me souvienne, c’est le son de la radio. Mes grands-parents, c’était Europe 1 pour les uns et RTL pour l’autre. Ma mère c’était France Inter. Plus tard mon père c’était La voix de la Révolution au Congo, puis Radio Cotonou au Bénin, entrecoupées de Radio France Internationale ou de la Voix de l’Amérique en Français – nous habitions à cette époque en Afrique.
Plus tard, lycéen interne, c’était Radio Luxembourg la nuit et France Inter le matin. Jeune adulte, cela a été les « ondes courtes internationales » avec les joies nocturnes d’identifier le Vietnam, le Cambodge, Radio Beijing, l’Australie et bien sur de très nombreuses radios africaines.
Maintenant, c’est France Culture et FIP en fond musical quand j’ai des invités à diner.
Il faut avouer que France Culture, ce n’est pas la franche rigolade, mais au moins les idées et les opinions ont le temps d’être argumentées. Et puis on a la radio que l’on mérite… Le matin, après les informations de 7h00, il y a pourtant une virgule décalée : le 7h14. Et ce matin, c’était un vol de martinets. En un instant, mon appartement s’est rempli de cris d’oiseaux, ceux de la rue et ceux de la radio. Cela a fini de me réveiller : Hitchcock revival…

En quittant mon logement, sur un fond de martinets sprintant et criant, de la fenêtre de la maison d’en face, une voix aigrelette : « A revoir maman… » assorti du miaulement déchiré d’un siamois. Le chat répondant-il au bambin ? J’en doute.
Remontant la rue du hameau, je sentais la chaleur et l’odeur des murs malgré l’air léger du matin ; « …. Sauf sur le pourtour méditerranéen qui bénéficiera d’un franc ensoleillement ». Je l’inviterai bien Madame Météo à subir durant 6 mois les 30 degrés quotidiens et plus et les nuits qui ne rafraichissent plus.
Le figuier proche des voitures, déjà au soleil, embaumait.

Il n’y avait donc rien, ce matin. Rien ou presque pour faire frétiller le neurone. Factuellement, ce matin ressemblait trait pour trait à ceux qui le précédaient et à ceux qui à priori le suivront. Et pourtant, il y avait bien une différence.
Au fond, la voix off d’Arte hier soir a raison : « et surtout, restez curieux ! ». Savoir s’étonner d’une odeur, d’un son, d’un enchainement d’événements, c’est l’ouverture à la vie, l’ouverture au hasard, à l’aléa.
Le quotidien nous fait entrer en force dans une routine standardisée. Pour y rester bien sagement, des grilles de lecture nous pénètrent insidieusement via ceux qui pratiquent la parole publique. Loin de moi une quelconque adhésion aux théories du complot, c’est un confort triste de cesser de se surprendre. Nous sommes nos propres oppresseurs, en acceptant l’inacceptable, à savoir cesser d’être, laisser la Méduse s’imposer. Et c’est un vrai travail que de faire ce ménage intellectuel. Peut-être faudrait-il que je l’inscrive dans mon planning Kantien, comme on y inscrirait un temps de méditation.
Il faudrait que je prenne le temps de lire le « Traité de la servitude Volontaire » de La Boétie. Ce n’est pas très long et voire c’est en vidéo YouTube.

Que s’est-il passé ce matin ?
Est-ce l’écriture d’hier ?
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Message par Parisette Mar 14 Juin 2022 - 0:34

Quel plaisir de te lire Ours, du petit lait Bisous

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Message par Ours de la MAZ Mer 22 Juin 2022 - 21:32

22/06/2022

Deux semaines ont passées, deux semaines sans fait marquant, deux semaines…
J’évoquais la soumission et la nécessité de révolte.
Eh bien, il y a eu deux semaines de soumission. Bien entendu, la soumission ne fut pas intégrale. Je n’ai cédé à aucune injonction publicitaire, je n’ai pas acheté d’alcool fort, pas plus de tabac d’ailleurs – ceux là sont sortis de ma vie, pour le premier moins de deux mois, pour le second quasiment dix ans. Je concède d’avoir regardé la télévision.
Pour dire la réalité, la soumission a pris la forme de la routine. Pourtant, ce soir en quittant mon lieu de travail, je me suis mis à écrire dans ma tête. La plupart des gens parlent dans leur tête, les épuisés de solitude se parlent à haute voix, moi j’écris dans ma tête pour pouvoir parler… Ne cherchez pas, c’est compliqué. Je vous expliquerai peut-être un jour.
Il faut avouer qu’il y a de nombreux habitants dans ma tête. C’est organisé un peu comme un tribunal. Il y a en premier lieu, un Panthéon de personnes m’ayant marqué affectivement. Ils sont sagement et souvent silencieusement assis dans l’assemblée, très attentifs. Puis, il y a un procureur particulièrement disert, maître dans l’argumentation irréfutable, passant régulièrement en revue toutes les avanies, les lâchetés, les démissions, les mollesses, les renoncements, les avilissements et même les moments de révolte, de sauvegarde. Il est beau comme un militaire, visage acéré, svelte, droit, sa manche droite se termine par un index levé, désignant les cieux, source absolue de tout justice. Son argumentation repose sur les verbes en « -oir » et en « -oire ». Falloir, devoir, savoir, croire, … cette tribu d’injonctions moralisantes que je perçois comme insaisissables, à la fois état, à la fois action mais qui désigne un Ordre. J’apprécie la paix, je supporte la règle de vie commune, mais l’ordre ! L’ordre est soumission, la réflexion est désobéissance. Réfléchir c’est déjà désobéir.
Je suis très proche de Michel Deleuze sur ce thème. Je préfère la fuite créatrice à la soumission trahison. Dans un film patrimonial (que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître sans compter qu’en plus il est en noir et blanc… rédhibitoire !), "La traversée de Paris", il y a une scène monologue de Jean Gabin dans un bistrot populaire pendant l’Occupation Hitlérienne (je répugne à la facilité de dire allemande). Gabin termine sa tirade pleine de verve et d’énergie par un « salauds de pauvres ». Ces termes m’ont longtemps choqué, jusqu’à ce que je comprenne que la pauvreté désignait l’état mental induite par la soumission.
Mais revenons à mes « encéphaliens ». Il y a donc le tenant de l’ordre, face auquel mon avocat tente par moment de sauver ma dignité. Son argument principal : les accords toltèques et particulièrement le quatrième : faire de son mieux. Mon avocat n’est pas un ténor du barreau. Mal fagoté, rasé d’à peu près (quoique désormais ce soit une marque de virilité – moins en bas plus en haut, la mode…), une tâche rebelle sur sa chemise, des ourlets de pantalon pour le moins artisanaux, des chaussures de prétendue randonnée fatiguées et poussiéreuses. Il se tient toujours un peu de biais. Alors je l’aide. Tout y passe : la jeunesse isolée, les décès, les déracinements, les laminages de personnalité, les mises au rebus, les accusations, les… « Vous voyez, Monsieur le Juge, mon client est plus victime que coupable ».
Parce qu’il y a un juge. Mais il reste silencieux. Les délibérations de La Cour ne sont jamais publiées, les amendes et condamnation jamais prononcées… « Affaire suivante ! ».

Donc j’écrivais à moi-même.

Hier au soir, j’envisageais de finir le démontage de ma serre-véranda.
A cette étape, il faut une contextualisation. N’ayant pas de racine, je fais comme les escargots, je transporte ma maison sur mon dos. Dans ma maison : - il y a des instruments de cuisine en hommage à ma grand-mère (qui n’était pas ma grand-mère, ne cherchez pas, c’est compliqué. Je vous expliquerai peut-être un jour). - il y a la collection de tasses touristiques de ma mère (dont les deux petits cartons émettent à chaque mouvement des sons de vaisselle brisée et que je refuse d’ouvrir pour ne pas avoir à jeter ces reliques). – il y a mes livres dont une large part de l’œuvre de Simenon car son univers correspond approximativement au temps où mon père était mon père, à Paris et dans le Nord de la France mais aussi mes livres de science-fiction que je déménage consciencieusement depuis cinquante ans. – Mais aussi et bien plus compliqué à faire suivre, il y a mes plantes.
En 1976, soit désormais plus de quarante-six ans à ce jour, dans le jardin du building où mon père, ma belle-mère et ma demi-sœur (Ne cherchez pas, c’est compliqué. Je vous expliquerai peut-être un jour) vivaient à Kinshasa, je pris quelques boutures. J’avais dix-sept ans et le jardin, les plantes m’ont toujours plu. Mon grand père (qui était lui mon vrai grand père et qui l’est resté – Ne cherchez pas …) avait son petit potager en banlieue parisienne. Je n’ai jamais jardiné avec lui, ce devait être son jardin secret probablement. J’admirai pourtant les haricots à rames, les salades, les pieds de cèleri, et d’oseille, la haie de cassis et groseille mêlés et trois arbres : un cerisier, un griottier et un prunier Reine Claude. Plus tard, vivant avec mes prétendus parents en Afrique au Congo, nous avions ce qui est convenu de nommer de la domesticité. Notamment un boy jardinier. Je crois qu’il s’appelait Antoine. J’avais une dizaine d’années. Et je passais de longs moments avec lui, de même avec Jean le boy cuisinier. Finalement, à postériori, je porte encore la marque de ces deux hommes.
Mais revenons en 1976. Des boutures ramenées en dehors de tout certificat sanitaire, il n’est resté rapidement qu’un hibiscus. Et il a tout subi, il a résisté à tout : l’internat à Genève, les études à Montpellier, la suite à Reims puis Paris et enfin Toulon, au total plus de vingt-cinq déménagements. Cette variété d’hibiscus est à fleur rose mais l’essentiel est qu’il a exactement la forme des hibiscus de Polynésie, ce qui est introuvable en Europe où ne sont disponibles que des cultivars.
A cet hibiscus sont venus s’agréger au gré des saisons, des voyages, des cadeaux, des chapardages (respectueux des plantes) dans les jardins botaniques, … près d’une centaine d’espèces et deux cents pots environ - peut-être plus en fait...

Le moment de la retraite va correspondre pour moi à une très nette réduction de mon contexte matériel, géographique et en premier lieu immobilier. J’ai toujours mal gagné ma vie, n’ai jamais été pingre et me suis trouvé à faire des investissements immobiliers à contrecourant des embellies dont la plupart ont profité. Pour couronner ce parcours matériellement peu glorieux, un divorce a fini par ratisser le pécule et la maison prétendue familiale (Ne cherchez pas, c’est compliqué. Je …).
Pour faire court, si j’arrive à me loger dans un deux pièces en immeuble, ce sera le maximum. Évidemment, mes « bienaimées » ne pourront m’accompagner. Ma maison doit rétrécir ! Les plantes sont des organismes vivants et comme tout jardinier, il est de ma responsabilité de leur donner un cadre de vie le plus adapté. Il y a une logique : nous ne sommes pas propriétaires de la vie, quelque forme qu’elle prenne, simplement transmetteur, messager.  Alors, en anticipation, j’ai décidé de les donner et non les abandonner. En m’y prenant à l’avance, je donne à des personnes qui en prendront sincèrement soin et les feront leur. Les donner, donc, mais aussi de démonter les installations électriques pour les suppléments d’éclairage, les étagères à clairevoie. C’est ce que j’ai commencé hier soir et avait prévu de continuer ce soir.

Mais c’était sans compter avec la session du tribunal qui s’est déroulé inopinément en fin de journée.
Je voulais en fait vous relater la teneur des débats. Alors ce sera pour une suite… ou la suite de la suite…

Vive la liberté de la pensée.
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Message par Ours de la MAZ Sam 25 Juin 2022 - 18:56

Si on s'en allait tout là-haut
Si on prenait de la hauteur
Tu verrais que le monde est beau
Beau
Si on allait chiner l'écho
Qui guérit les peines et les peurs
Peut-être trouveras-tu les mots
Les mots

Au-delà des fourbes apparences
Derrières nos loups de circonstance
Sous nos masques cousus d'espérance
Se cachent les fêlures de l'enfance
De l'enfance

L'air de rien, on n'est pas mal tout là-haut
On goûte aux étoiles tout là-haut
On oublie nos certitudes
On chérit la solitude
A faire une escale tout là-haut
A nourrir le calme tout là-haut
On ne joue plus d'artifice
On sait pourquoi on existe
Enfin, allez viens

Si on s'en allait tout là-haut
Pour mieux s'imprégner des couleurs
Saurions-nous faire taire notre égo, oh
À démêler le vrai du faux
À chercher en nous le meilleur
Libre comme le cœur des oiseaux
Là-haut

Au-delà des fausses apparences
Dans nos cailloux d'adolescence
Sous nos masques teintés d'insouciance
Sommeillent les blessures de l'enfance
De l'enfance

L'air de rien, on n'est pas mal tout là-haut
On goûte aux étoiles tout là-haut
On oublie nos certitudes
On chérit la solitude
À faire une escale tout là-haut
À nourrir le calme tout là-haut
On ne joue plus d'artifice
On sait pourquoi on résiste
Enfin, allez viens, allez viens
Allez viens
Allez viens
Allez viens

Si on s'en allait tout là-haut
Pour mieux se parer de douceur
Tu verrais tout d'un oeil nouveau

Si on ressortait nos pinceaux
Pour dessiner à bras le cœur
Les contours de nos idéaux
Là-haut

Au-delà des sottes apparences
Dans le sillon de l'existence
Sous nos masques cousus d'espérance
Charrient les brûlures de l'enfance
De l'enfance

L'air de rien, on n'est pas mal tout là-haut
On goûte aux étoiles tout là-haut
On oublie nos certitudes
On chérit la solitude
À faire une escale tout là-haut
À nourrir le calme tout là-haut
On ne joue plus d'artifice
On sait pourquoi on existe

Libres, on n'est pas mal tout là-haut
On goûte aux étoiles tout là-haut
On oublie nos certitudes
On chérit la solitude
À faire une escale tout là-haut
À tomber le voile tout là-haut
On ne joue plus d'artifice
On sait pourquoi on résiste
Enfin, allez viens, allez viens
Allez viens
Allez viens
Allez viens

Tout là haut - ZAZ

------------------------------------------------

Et si ce soir, demain, dans une semaine ou dans un mois...
Je rêve souvent de faire "off", non pas un moment d'absence chimique, spirituelle ou sportive mais un "off" définitif. Du temps où j'étais actif sur ZC, globalement les deux premières années (première inscription en janvier 2012), trois personnes ont décidé de n'être plus que des souvenirs.

Pour le moment, je renonce. J'ai encore un travail à accomplir. Je dois fermer la boucle de mon errance géographique. J'ai toujours été un étranger partout où je suis passé. Et d'ailleurs, je n'y suis que passé, avec au fond de moi la certitude qu'il existait une origine, mon origine. Je crois avoir trouvé un territoire où je suis en paix, où j'éprouve la paix. Ce sera le lieu de ma retraite et à plus court terme celui de mes vacances.
J'ai décidé de ramasser tous mes dés et je relance intégralement? Voilà le défi à relever : jouer à nouveau toute sa vie sur une sensation.

J'avais du temps aujourd'hui pour écrire, mais je n'avais pas d'énergie.
Je n'en ai pas plus à cette heure.

A la relecture de ce texte de ZAZ, cela me saute aux yeux. Ma perception était très partielle et très sinistre.
L'amour nous envole aussi.
Éros et Thanatos étroitement mêlés, la lumière et la nuit, les deux faces de cette étrangeté qu'est la conscience de la vie.

L'un ne peut exister sans l'autre, il fait lumière parce qu'il a fait nuit.
J'ai écouté d'une oreille inattentive l'émission d’Étienne Klein sur France Culture : Science en question. Le thème : Comment Proust aurait-il répondu à la question de Saint Augustin, posée il y a seize siècles : "Où va le présent quand il devient passé ?" avec comme invité Raphaël Enthoven (Philosophe). Je ne suis pas fan de Raphaël Enthoven, un peu trop cabot pour mon goût mais enfin, j'y apprends toujours quelque chose. Deux thèmes m'ont interpellé :
- le passé n'existe que par une démarche volontaire de mémorisation. Il vient que je pense être désormais le seul à pouvoir colporter vers mes filles l'histoire de leurs origines donc des miennes et de celles de mes parents et aïeux, du-moins ce dont je me souviens, ce que je pense que l'on m'a raconté, que les faits soient rigoureusement historiques ou arrangés
- les évènements du temps seraient intimement liés à des lieux géographiques et aux visites que nous faisons à ces lieux lors des moments de notre quotidien, ceux d'hier, d'aujourd'hui, de demain... Ces deux "axiomes" ont des conséquences incalculables, notamment sur le regard moralisateur, inquisiteur, procurateur que l'on porte sur notre propre passé et ce que nous croyons savoir de celui des autres. Le passé ne va pas quelque part, c'est nous qui allons ailleurs.

Je ne sais pas comment inclure un lien vers l'émission autrement que sur ce post.
Il faudra que je vois comment faire surs un éventuel support non numérique. Un QR code peut être...
Pour le moment je le place ici : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/science-en-questions/ou-le-passe-est-il-passe-8697433
J'aime la philosophie en ce qu'elle n'a de cesse de déstabiliser mes certitudes, mes réponses doctes et savantes.
J'aime la philosophie mais à l'expérience, je n'y entends rien...
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