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Message par Invité le Mer 27 Avr 2016 - 16:35

Des préceptes d’une vie bonne

ANIMALES

Fable I – Le cheval et la pieuvre

Zêbre, âne ou bien cheval, tous sont des équidés.
« Equité, me dis-tu ? – Eh, qui t’es, toi, qui t’es ? »
Pas d’empressement, pour l’auteur, quelque pitié,
Pour connaître la suite, veuillez patienter :

Il était un cheval qui à tort s’apprêtait
Car c’est à dire que rayures il mettait,
Sur robe alezane, peinture blanche et noire ;
Elle lui fait, bien laide, une drôle de poire.

Il était une pieuvre à l’air tentaculaire
Qui, en termes de membres, n’était lacunaire.
Vivait dans les tréfonds d’une mer agitée
Par ses seuls souhaits quand plongée dans ses pensées.

Pour faire sa fortune, il se mit en chemin
Un acteur rencontra et lui serra la main
De cité en cité, et pour argent gagner,
Conçurent une belle mais fausse amitié.

Cheval devenu zèbre, en travesti tout fait,
Se rend en bord de mer pour se désaltérer.
Simplement voulait trouver lieu afin de boire,
Mais venons en au fait, connaissez ses déboires.

Son museau de tricheur plongea en profondeur
S’oubliant, dévoilant sa téméraire ardeur
La pieuvre, dérangée, agacée, courroucée,
Ne souhaitant oh dieu servir de déjeuner,

Ce cheval, ce zèbre, ce fantassin sans nom,
Ce faussaire qui n’avait guère de renom,
Avec deux tentacules l’entraina au fond
Espérant que cela lui servit de leçon.

Les voilà conversant, discutant, papotant,
L’un : comment, tant de bras ? de ventouses ? de pieds ?
L’autre : à quel jeu jouez-vous donc pour passer le temps ?
L’un : quel est donc ce lieu où toujours vous vivez ?

L’autre : ne vous sentez-vous pas bien ridicule ?
L’un : alors ? est-ce ainsi ? vous me dites donc mule ?

Et de questionnement en questionnement,
Entre curiosité et étonnement,
Conversation se fait, sans de nombreux remous,
Paroles et palabres furent échangées,

Cheval, zèbre, n’étant pas âne pour un sou,
Remonta, ne voulant plus passer pour mulet.
Jura mais un peu tard que l’on ne prendrait plus
Cheval pour zèbre ou tout autre animal tordu.

Voici, c’est maintenant, non pas l’heure du thé,
Celle du fabuliste au don d’ubiquité,
Il veut vous la donner, il la cherche, raté.
La moralité, vois-tu, la mort alitée ?

L’a-moralité de la chose est évidente.
C’est bien là le propos, en passant pour pédante,
Que curiosité autant qu’incongruité
Se font les préceptes d’une vie bien menée.


Fable II – Corbeau, renard, lièvre, tortue, poulpe et cheval

C’est tout juste à l’instant que ce conte me vient
Il me vient sous forme d’il était une fois
Laissons décanter, ne le cueillons pas à froid
Que de courir ne sert, il faut partir à point.

Plantons donc le décor, allons, ouvrons le bal,
Au hasard ne laissons que le cours de l’histoire,
Il était une fois un corbeau, un renard,
Un lièvre, une tortue, un poulpe et un cheval.

Une ménagerie toute entière, vous dis-je !
Que ne me croyez pas ? Erreur combien funeste !
Comment ne pas écrire une chose indigeste ?
C’est que tout se tient bien autour de la tige.

Le corbeau qui, en son bec, tenait un fromage,
Au lièvre tenait à peu près ce langage :
« Eh bonjour ! Monsieur Lièvre ! Comment va chez vous ?
- Bonjour ! Monsieur Corbeau ! bien merci ! et chez vous ? »
Cheval, tortue et poulpe conversaient gaiement
Au soleil prélassés très agréablement,
Quand soudain, quoi soudain ? Le ciel se couvre, Ciel !
Tout ce monde cherche un lieu providentiel.
Afin de se sauver du déluge annoncé,
Entreprend de bâtir une arche de Noé
De peur de se trouver sous l’orage bien nu,
Sous l’ordre du corbeau – et pas de la tortue.

Deux temps, trois mouvements, voilà l’arche construit,
Apeurés les amis dedans se barricadent
Tant et si bien que n’entendent aucun bruit
Aucun ? si ! celui du cœur qui bat la chamade.
Mûs par une émotion mille fois éprouvée
Tremblotant tous blottis les uns contre les autres
Effrayés, angoissés, anxieux, terrifiés,
Point d’autre synonyme, autrement je me vautre.
Plusieurs jours, plusieurs nuits, le soleil suit son cours
Nul ne bouge, ne parle, ne crie mais tous craignent
Lors même que l’orage n’avait pas vu jour
Lors même qu’Apollon continuait son règne

Oh douce mélodie qui semble un chant d’amour
Doux chant d’oiseau qui vient afin que l’on enseigne
Que la perte de temps est importante lors
Que d’aucun à la panique cède, trop bon,
Le temps est si précieux qu’on a tout à fait tort
D’écouter l’émotion plutôt que la raison.

HUMAINES

Fable 3 – Margot et son chat

De génération en génération
Une fable transmise sans autre façon
Un conte, une légende, ou peut-être une farce
Un apologue sur les naïfs et les garces

C’est quand la Margoton qui se rendait au puits
Pour chercher l’eau afin d’étancher son mari
Qu’elle trouva dans l’herbe un tout petit chaton
Qu’elle confondît vite avec un nourrisson

Son corsage devint l’attraction du village
Tant qu’elle en oublia d’apporter son breuvage
Au mari. Les épouses des autres maris
Se mirent dans l’idée de simple jalousie

Qu’une leçon devaient donner à la Margot
Tout enfant qu’elle était et son mari si beau
Le chaton fut pourchassé, rossé, immolé
Margoton de chagrin se laissa trépasser

Du fait de la leçon des femmes du village
Enfants et petits-enfants trouveront ombrage

D’aucun pourrait bien n’y pas trouver de morale
Lors que la charité est une chose bonne
Voyeurisme peut mener à l’acte fatal

Toute jeune Margot, toute jeune et si bonne,
Innocemment avait dévoilé tous ses charmes
S’était consumée de ne voir tarir ses larmes

Une histoire contée, de la sorte, sans ton
N’a guère d’espoir de rester dans les mémoires
De passer à la postérité comme histoire
Sauf à trouver une manière de dicton

Il est pourtant de la responsabilité
De chacun de chacune de toujours parler
Ne jamais cesser de transmettre et redonner
Avec avidité et générosité




VÉGÉTALES

Fable 4 – Rose rouge et coquelicot

Elle était montée sur aiguilles
Rouge écarlate, jolie fille !
Observait où poser ses billes
Afin d’éviter la chenille

Assise en haut, frêle, chétive
Depuis son pied vers l’autre rive
Peureuse et triste, l’air hagard
Toisait le monde du regard

En robe rouge de dentelle
De tout le verger la plus belle
Ultime larme de rosée
Sur le sol venait s’écraser

Un coquelicot étonné
Reçut la larme sur le nez
Reconnut ce signal d’alarme
Décida de prendre les armes

Rampe, glisse, danse et se hisse
Le long du mur de la bâtisse
Entre lierre, lichen, glycine,
Jamais, jamais ne se débine

Au sommet rose n’est plus seule
Fragile fleur rouge des meules
A retrouvé fleur de la ville
Multiples faces, être vil

Par habitude tombe goutte
De bon matin triste s’égoutte
D’un coup, d’un seul, est tout sourire
Ecoutez, là, je vais vous dire :

Ma douce rosée du matin
Qui sur des aiguilles se monte
Pour être vue, tristesse feint
Oh tendre amie, comme j’ai honte.

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