100 mots par jour - mes exercices

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Message par Diatribe le Jeu 3 Mar 2016 - 21:08

Coucou,

Je poste ici mes exercices d'écriture du thème "100 mots par jour autour d'un sujet". J'avoue avoir copié-collé les thèmes, histoire de ne pas choisir au plus intéressant, mais de traiter un peu de tout. J'essaie de les faire dans l'ordre aussi. Par contre, je ne respecte pas le nombre de mots (plus de 200 en général) et je trouve des feintes pour changer le sujet de départ. Du total what-the-fuckisme.

Ma façon d'écrire change en fonction de mon humeur/humour du jour. J'essaie de me focaliser non pas sur la pertinence des propos mais de la forme avant tout (c'est pour cela que certaines choses n'ont pas l'air en rapport les unes aux autres, je laisse se mélanger les idées). En faite, je crois que c'est avant tout un déferlement d'émotion sous un langage froid et dur. Pas forcément mes opinions d'ailleurs, ou alors à l'extrême (je dis ça pour ne pas qu'on me qualifie de misanthrope pessimiste - Je ne suis pas (que) ça!).

Comme j'en ai déjà écris une partie, je vais poster les textes ensemble. Les premiers datent du début de l'année (en parlant de cela: faut pas tenir compte des dates, je ne les respecte pas ^^') donc il m'a fallut le temps de me décoincer.

J'espère que ces petits exercices/morceaux de textes vous plairont, et qu'en les postant ici j'arrêterais de procrastiner d'écrire! Smile




5 avril ¨ Aujourd'hui un mot que j'ai écrit
S’agirait-il d’un mot pour désigner le bout de texte ou s’agit-il de "texte" en lui-même ? Qu’est-ce que ce mot « mot » m’inspire-t-il ? Son homonyme « maux » s’accorde parfaitement à ses lèvres ; ce mot douloureux, souffrant, qui expie sa misère dans la trachée du langage, la corde à ses lettres. Fouette-t-il la défaite verbale ? Triomphera-t-il des tempêtes de ses tourments littéraires ? Le mot se suicide-t-il au propos de sa situation pittoresque ? Pleure-t-il la perte de ses oraux ? Ses Horreurs sans lesquelles il n’existerait plus causent bien des dommages collatéraux à ses phrases.


6 avril ¨ Aujourd'hui temps qu'il fait.
Il fait beau ! Il fait beau ! Clair matin, clair noirceur pour mon âme, j’entrevois du beau, j’entrevois de la vie ! Je recharge mes batteries mortes, je nourris ma putréfaction au soleil ; si j’empeste la lumière, mon cadavre s’entendra de plus loin. Oh, il me faut me cacher. Mes batteries rechargée pour le mois, je m’en retourne polluer ma tombe, m’endormir au grenier, m’alourdir sous les draps de ma conscience. Ma chaire s’est brûlée ; un comble, pour une morte. Qu’en aurais-je à en dire ? Je vis ! Quelle conclusion frustrante, décevante ! Et moi qui pensais mon âme damnée à errer dans l’obscurité ! Si le soleil me fait vivre, je n’ai plus de raison d’exister ! Ainsi va ma mélancolie du jour : la conscience d’apprécier ce beau, ce bon, ce soleil, sa lumière, me torture plus de raison que de me penser morte.


7 avril¨ Aujourd'hui laisser passer les petits papiers.
Papier de feu, feux aux papiers, feux à ses dires, morts de ses paires. Papier glissés dans la fente, laissés à l’abandon par un ramasseur d’argent collecté par des fonds sans humanité, sans respect pour l’équilibre naturel ; des suceurs d’oxygène, près à pousser le vice jusqu’à priver d’air ma caisse de ferraille délabrée, signée de ma propriété. Mais laissez-moi donc, pardi, laissez-moi le choix, proposez-moi de déposer à travers ma faible lueur ces débris commerciaux, par pitié ! Que voyons-nous là : un tracte ; « réservez votre stand pour cette foire aux greniers organisée ce 3 mai/la place, 5 euros. » Je n’ai pas de voiture. J'ai de la glu et une fente de boite aux lettres.


8 avril ¨Aujourd'hui itinéraire.
"Tut pouêt" fait le caddie en s’avançant dans l’allée. Les portières automatiques s’inclinent pour le laisser passer et je pousse mon trône vide à l’intérieur du magasin. Le défilé commence. Je connais l’emplacement des pommes de terre, ce bas peuple salis par la guerre des champs, alors je me dirige instinctivement vers elles. Salutations distinguées d'un geste élégant, je leur redonne espoir. Je sillonne dans les rayons comme l’automate que l’on veut que je sois en tentant d’oublier que je me fais embobiner, arnaquer, intoxiquer, tuer bientôt. Je passe aux caisses d’un pas de bon soldat, je rentre dans le rang, je m’aligne au moule. Cependant, je ne peux dévier mon regard de la vitre tintée en face de moi : j’observe d’un œil noir mon reflet, mais plus encore, je fusille les êtres difformes qui se cachent derrière sa glace. Puis je sors de la scène et retire mes ficelles. Applaudissements.


9 avril ¨ Aujourd'hui contre le mur.
Quelle idiotie de ma part. Combien d’heures,  combien de jours, combien de mois ais-je attendu cet instant ? Il m’est ainsi venu l’idée, la motivation, l’action de décrocher du mur ces cadres qui tintaient sans vergogne, au rythme des basses. Ultrason frissonnant, grésillement de fausses notes, s’en est enfin fini de vous ! Vous voici maintenant crucifiés à l’adversaire ; le mur d’en face s’en réjouira, s’il vous permet un jour de  tomber sur ma tête pendant mon sommeil. Je profite pour le moment d’une oreille purifiée et m’excuse auprès du caisson de basses de l’avoir injustement accusé nombreuses fois.


10 avril ¨Aujourd'hui tout ce qui brille.
Si le soleil brûle mes rétines putréfiées, celles-ci s’animent à la vue de ses reflets. Le strass des rayons lumineux qui s’infiltrent à travers le carreau me fascine, je reste en observatrice. Soyez maudits, nuages, de cacher un si beau spectacle ! Soit bénie, fumée de cigarette, d’accorder une danse à ce rayon ; il resplendit dans tes bras. Mes doigts s’engouffre dans la ligne chaude, les couleurs éclatent, ma peau s’enflamme et l’aura de ma main s’illumine devant mes pupilles étincelantes de stupéfaction pour ce phénomène extraordinaire ; si banal, si merveilleux, si mystérieux, si rarement apprécié pour lui-même.


11 avril ¨Aujourd'hui moment professionnel.
Professionnel, quel terme abject. Laissez dire, laisser faire, que me vaudra le déclin de cette condition misérable ? Elle me traînera dans l’insuffisance de moi-même, si je la laissai me réduire à la reproduction sociétale tant adulée. Non, il faudra me passer sur le corps ! Que dis-je là ! Qu’il me serait impossible de m’y atteler ? Qu’à cela ne tienne, j’aurais mon examen ! Je l’aurais, ni pour eux, ni pour moi, mais pour l’évincer, cette société. S’il restait un mot pour achever ma peine et me procurer le don d’Effort, celui-ci conviendra : risque. Risque de vivre, si la mort t’effraie ! Si elle t’emporte, elle n’aura pas les trophées éternels de ton vécu, de tes gains matérialistes. Parce qu’il en va de ta survie, cerveau de feu ! Alors va, meurt de honte, de chagrin, mais tu n’en tireras pas la vie de tes œuvres, car ce sont elles qui sont gages de ta réussite.


12 avril ¨ Aujourd'hui ils vont bien ensemble. (écrit en pensant à un couple de zc Wink )
Qu’ils sont beaux ! Qu’ils sont laids ! Que mon cœur envie ces deux êtres unis, qu’il crache à leurs yeux amourachés l’un de l’autre ! Qu’ils sont de Dieu ! Leur deux corps frêles se frôlent et fusionnent d’éclat, leurs mains fourmillent de se toucher dans une attention délicate. Qui n’envierait pas ce bonheur qui illumine leur iris ? Qui oserait les briser pour son propre chagrin d’amour ? Que le Diable intervienne, qu’ils les fauchent de plein fouet, eux qui font tant de jaloux, mais qu’il ne les sépare jamais ! Ils en feraient mourir l’Amour ; Et les Hommes, et les femmes, pleureraient jusqu’à en noyer la Terre de tristesse d’avoir perdu ses deux Premiers, ses idoles, son rêve, sa vie.


13 avril ¨ Aujourd'hui une pièce particulière.
Elle est propre, cette pièce. L’odeur infecte qui émane d’elle transpire l’eau de javel et intoxique l’air, pratiquement irrespirable. Je suffoque. Quelle hideuse décoration en son sein : cadres droits, meubles centrés, murs transparents de lumières, pas une trace de poussières. La saleté ne s’évacue pas dans le conduit de cheminée, celui-ci étincelle, comme neuf. S’il vivait, que n’aurait-il pas à pleurer d’avoir l’air si propre qu’il en semble inutile, qu’il n’ait aucun souvenir de son laborieux travail. Pourquoi lui faire si mal au cœur, pour qui cette douleur ne produit aucune empathie ? Ceci, est un texte ouvert à tous les maniaques, à tous ceux que la saleté effraie. Qu’ils s’interrogent sur leur sort, sur leur être, sur la souffrance qu’ils font endurer à leur petit monde ignoré au profit d’un lit au carré sur lequel il lui est presque interdit de s’endormir. Regardez à l’intérieur de vous-mêmes : tous les détergents du monde ne peuvent décaper la tâche de votre obsession. Frottez ici-même, avant qu’elle ne se répande et moisisse votre existence et votre âme.


14 avril ¨ Aujourd'hui sacs.
J’ai mis dans ma valise le strict nécessaire. Tout d’abord, les maîtres de cérémonie. Deux livres et deux magasines, qui mouchent encore leur larmes de quitter leurs milliers d’amants. Un sac de voyage pour trois jours ne peut tous vous satisfaire ! Viennent les rejoindre le paquet de cartes et l’appareil photo, car il n’est jamais sur qu’il n’y ait rien à en faire. Puis, un bonnet de laine. Qu’on m’injurie de folie, en ce beau temps de mai, je n’en ai cure. Mieux vaut prévenir que guérir. Cela va sans dire : des médicaments dans les soutes cousues. Que reste-t-il ? Bien sur ! S’il y a quelques choses auxquelles je n’ai pas eu le temps de penser, qui me semblent facultatives, comme de bien entendu  je prévoie des changes de linge et une trousse de toilette. Enfin, qu’importe, il y a avant tout des piles, des toiles et deux sachets de biscuits à empaqueter.


Dernière édition par Diatribe le Jeu 3 Mar 2016 - 21:19, édité 1 fois
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Message par Diatribe le Jeu 3 Mar 2016 - 21:11

Suite:


15 avril ¨ Aujourd'hui je ne sais pas.
« Je sais que je ne sais rien ». Troublante évidence, dans sa réalité, dans son concept, dans sa société qui tente de nous persuader du contraire sous ses principes éducatifs et moraux. Je ne sais que dire lorsque ma raison me démontre mon ignorance de conscience. Élargir sa conscience de soi n’est pas inné, et j’en retire de la satisfaction et une largesse d’esprit : je sais à présent démonter mes connaissances : j’ai conscience de mon ignorance. L’ignorance, la pure, celle que l’on image, que l’on est apte à reconnaître, sans ego, dans toute sa démesure, est la porte ouverte vers la connaissance infinie de soi. Entre autre, ayons de nous un jugement critique, prouvons-nous notre infiniment petit au profit de l’infiniment grand que nous ne saurions jamais percevoir qu’en cet instant de remise en question.


16 avril ¨ Aujourd'hui faux et usage de faux.
Comment saurais-je si cela n’est pas simplement la faute de Moi ? Je ne suis qui je prétends être, partout où l’on entend mes larmes, mais comment l’avouer, lorsque l’on est persuadé d’être autrement, que l’on ne ressemble pas à ce que l’on montre toujours ? Quelle question ! N’accepterais-je pas simplement les différentes facettes de ma personne, contrainte à me rebeller pour que l’on ne m’identifie pas, que l’on ne me codifie pas ? Qu’en est-il, pourtant, de ce que l’on démontrera de moi ? Il est impossible de se détacher de soi pour longtemps, et même sous un masque, de sa fêlure s’échappe notre souffle.


17 avril ¨ Aujourd'hui chaleur de.
Qu’en serait-il si l’eau brûlait ? Si le bouillon s’évaporait dans les flammes, pour faire naître la flamme bleue de ses cendres liquides ? Cette régénérescence ne serait-elle pas plus belle que tout ce que l’Homme a vu ? Et qu’en serait-il si la terre brûlait ? Si tous ses volcans s’embrasaient ensemble et tournoyait dans une valse de tiédeur ? Ne serait-ce pas là la plus haute trahison que de voir ce phénomène s’éteindre doucement par les flots, le vent, la pluie ? Ne penserions-nous alors qu’à nous, qu’à notre survie, plutôt qu’à observer ce phénomène, cette plus belle des magnificences qui donnerait une impression de vie remplie, qui nous ferait mourir dans la conscience d’avoir vécu ce qu’il y avait à vivre ? Ne nous pencherions-nous pas sur la côte, ne plongerions-nous pas le regard vers la lave nous encerclant peu à peu et n’en serions-nous pas estomaqués d’éclat, de beauté ? N’en apprécierons-nous pas juste un instant la chaleur au profit de notre égo, de notre peau qui s’arrache pour s’intéresser une minute, une seconde à la stupéfiante énergie qui s’écoule autour de nous de sa pleine puissance contre laquelle nous ne sommes rien qu’une pierre à ronger puis engloutir ?


18 avril¨ Aujourd'hui ça n'aurait pas dû se passer ainsi,
Cette phrase sans forme, sans réflexion, qu’elle est, elle ! Si cela ne s’était pas produit, toute autre possibilité aurait-elle mieux valu ? Bien sûr, nous sommes capables de visualiser un scénario plus plaisant. Bien sur, nous voulons revivre le passé afin de le modifier. Mais qui serait en mesure de prévoir qu’il n’en serait pas de même aujourd’hui, qui aurait l’affront de croire que nos pensées changés en actes n’ont aucunement eu de conséquence sur notre destin ? Comment croire un seul instant que ce passé n’est que douleur, crainte : l’on voudrait bien les chasser, ces mauvais souvenirs ! Seulement, qu’aurions alors à apprendre de la vie ? Ce sont ces mêmes peines et offenses qui nous ont appris qu’il ne vaut mieux pas s’entendre à changer le destin ; car c’est en vivant la nouveauté et en étant déçus de celle-ci que nous apprenons à vivre mieux notre avenir et à anticiper nos besoins. Remercions le ciel : Heureusement, il nous reste des années de souffrance à vivre ! Défions la vie, pour l’apprécier.


19 avril ¨ Aujourd'hui mains touchées.
Qu’il soit effleurements ou empoignes, qu’ils se tapent amicalement ou se crispent dans un bras de fer, nos mains sont soulagées de sentir ces échardes de solidarité, d’humanités. Une décharge éclectique qui procure des sensations, ces mêmes sensations s’infiltrant jusque notre cerveau, nous rechargent en émotion. Le contact physique est l’émotion de notre Humanité, elle nous prouve notre existence dans une poignée de main et pour l’espace d’un instant. Soyons heureux de ressentir ces contacts, que nous les ressentions douloureux, moites, chaleureux, ils sont sains à notre survie. Et l’horrible sentiment d’inconfort qui les accompagne ne doit pas interférer dans le plaisir d’être humain ; il n’est que conséquence. Le contact, comme à toute chose, n’est en soi-même jamais néfaste, seuls nos ressentiments et ce que nous faisons de cela est fruit du Bien ou du Mal selon notre jugement.


20 avril ¨ Aujourd'hui rouge.
Rouge de Sang, aurais-je dis alors. Mais c’est ainsi que la crise de conscience m’ouvre à la lumière. Le sang devient alors une mouvance de nuance rouge. J’entrevois ces reflets blancs contraster dans son aspect liquide, bien plus fluide que ne l’a jamais été cette tâche qui séchait à l’air libre et qui coagulait. C’est à présent qu’il est possible d’identifier, sans que nul autre sensation ne soit appelée à le déduire, qu’il s’agit là d’un jus de fruit. Cramoisi mais lumineux. C’est ainsi que je devine qu’il s’agit de cerise. Parce que l’esprit apprécie cette vision et que les sensations m’apparaissent. Il est préférable de s’imaginer cette odeur sucrée, ce goût alléchant, que de les ressentir, leurs fruits seront mûrs plus longtemps !


21 avril ¨ Aujourd'hui plaque de rue.
Rond. Carré. Rectangle. Épais. Mince. Troué. Qui n’a jamais arrêté son activité ou sa marche pour observer l’entre des souterrains n’est pas en mesure de décrire qu’il existe réellement un potentiel qui émane de ces trappes. La prochaine fois que nous verrons une bouche d’égout, penchons-nous discrètement vers l’avant et tendons l’oreille, car durant l’espace d’un instant, à force de concentration et de tromperie de l’esprit, nous serons à même d’ouïr la rivière coulée sous nos pas. Et nous en serons reposés, calmés. Qui oserait croire, s’il a prit l’instant de s’évader et d’exploiter ce potentiel qu’une plaque d’égout n’aurait alors aucun intérêt et qu’elle serait incapable de nous procurer du réconfort ? Sachons voir au-delà des apparences, au-delà des premières nécessités, qu’il vit de la beauté, de la bonté à travers ce que nous prenons la peine d’écouter sans avis.


22 avril ¨Aujourd'hui je renonce à.
Je renonce au renoncement, car il en va de ma santé mentale ! Qu’il en soi ainsi, puisque nous avons besoin de ressentir l’effort de notre réussite ! Si la réussite se quiet avec effort, elle n’en sera que plus agréable ; et cet effort l’est bien plus que cette dite réussite. Je renonce à renoncer, car il est impossible que le monde ne soit pas mouvant, que si les chemins sont peut-être tracés, ils n’en restent pas figés dans le temps. Que le destin qui semble s’acharner sur nos Êtres ne nous empêche jamais de l’affronter, car rien n’est impossible à celui qui prend des risques. Même si l’échec est cuisant. Nous avons toujours le temps d’efforts pour redresser la situation. Mais ne nous en blâmons pas : nous ne sommes en rien des décideurs. Seulement, posons-nous cette question : la réussite était-elle vraiment ce que nous espérions ? N’était-ce pas plutôt une autre cause, l’action de l’effort, le fait de savoir que nous avons les capacités recherchées, le du attendu finalement à la suite de cette dite-réussite qui nous enchantait, plutôt que le simple fait d’avoir réussit ? En quoi cette réussite peut-elle alors nous être utile ? Voyons plus haut que de réussir, car cela n’est pas un objectif gratifiant pour notre compte, trop maigre pour sa représentation auréolée.


24 avril ¨ Aujourd'hui à 11h 30 précises.
Pourquoi l’homme a-t-il besoin de se laver ? Qu’est-ce qui l’entraîne à se plonger dans l’eau, là où d’autres animaux n’y prendraient aucun risque ? Comment peut-on accepter d’aller à l’encontre de son instinct de survie pour une hygiène physique lorsque le danger nous signale une possible noyade ? Qu’en serait-il si nous n’avions pas à correspondre à cette coutume, certes utile, bien que sa nécessité n’ait de raison qu’à travers les mœurs de notre époque, qu’elles seraient nos pratiques alors, si nous n’avions pour obligation que suivre notre instinct ? Serions-nous là, à nous pourlécher le corps à la façon des chats ? Nous ne sommes ni chat, ni chien, cette pensée n’a pas lieu d’être. Suffit-il, pour déduire de ces usages, de se modeler à ce que nous observons du singe ? Et notre sens olfactif, s’en porterait-il dans de meilleures conditions ? Serions-nous plus aptes à nous reconnaître, grâce à nos marques odorantes, à dépister nos sentiments, ce qu’il y a dans les tréfonds de notre existence ? Cet odorat est-il un avant-goût de l’insaisissable sixième sens ?


26 avril¨ Aujourd'hui table de.
Je ne me plierais pas à cette première impression qui me pousserait, si je la laissais dans son bon droit, à me soustraire à communiquer sur les tables de multiplication. Quoi que. Qu’en serait-il si nous pensions par simple déduction mathématique pour chacune de nos actions ? Qu’importe, ceci n’est pas le sujet. Avant d’être réalisée, une idée -prenons donc ici une table- doit être conceptualisée, premièrement, par le bien de l’imaginaire, puis par la disposition graphique. Bien des gens qui semblent s’épanouir à dénigrer les Arts plastiques, ignorants qu’ils sont sur la question, n’ont aucune idée de l’importance qu’apporte cet art dans leur vie. Ainsi, sans cette première action visant à reproduire le concept d’une table sur papier, sans cette capacité à reproduire, il n’y aurait point de table. Nous ne serions pas en mesure de déterminer si la chose se veut possible ou non, de prendre le recul nécessaire pour réfléchir à l’absurdité des choses ou non. C’est pour cela qu’un homme qui s’appuie sur une table de dessin afin de tracer les plans de prototypes est la parfaite illustration du comble. Et c’est peut-être pour cela qu’un écrivain assit à son bureau est en mesure de dénoncer l’absurde, puisqu’il se penche sur le non-vouloir de la chose.



Hmm, je me dis que ça fait gros pâté, tout d'un coup... sorry. C'est brouillon, comme un journal Mad
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Message par Diatribe le Jeu 3 Mar 2016 - 21:14

De plus en plus wath the fuck avec le temps x)


27 avril ¨ Aujourd'hui orange.
Nous pourrions nous satisfaire de l’aisance d’évoquer la simple naissance de la couleur via sa composition associée à deux autres. Mais l’orange, s’il est également un produit, déterminé évidemment d’une première idée de couleur, n’est pas l’unique déduction que nous pourrions en dire. Il serait ludique de s’intéresser à ce que nous croyons être. S’il y a une chose que nous pensons orange, bien que nous en ayons aussi plus largement l’idée qu’elle soit jaune, nous citons sans conteste le Soleil, cette étoile pourtant blanche, dont la réflexion trompe nos yeux à le voir comme nos sens veulent le percevoir, mais ne le perçoivent pas tel qu’il est. Dans cette mesure, un daltonien saurait mieux encore que nous l’expliquer. Quoi que nous voulions débattre sur le tort ou la raison, ne serait-il pas sain de s’intéresser à ce que sont les choses dans leur réalité ? Mais si cette réalité diverge selon notre point de vue, qu’elle est la place de la chose en question ? A-t-elle-même seulement raison d’exister ? Serions-nous assez narcissiques pour oser prétendre que les choses sont ou ne sont pas, uniquement parce que nous ne sommes pas en mesure de les déterminer, de les comprendre, ou simplement de les voir ? Si nous nous penchions plus sérieusement sur cette question, il n’y aurait pas de conflits entre le croyant et le non-croyant, puisque l’un défend que l’ignorance sur la chose permet d’en déduire qu’elle n’existe pas, et que l’autre se persuade que la chose existe bel et bien, malgré qu’il n’y ait aucune information pouvant conclure de son existence. L’existence ou non de la chose est seule capable de répondre à la question, mais les Hommes ne seront jamais dans leur bon droit de posséder la réponse, quoi qu’ils pensent en savoir.


28 avril¨ Aujourd'hui le confort c'est.
Le con forcé par un con fort n’est pas dans une situation de confort, sauf s’il se conforme au concept de confort du dit con fort. Et c’est bien souvent ce qu’il se passe. Notre concept du confort a pour mesure ce qu’on nous a permis d’avoir en accès. Ainsi, plus nous possédons, plus nous ressentons du confort. Dépossédons-nous de ces conforts et nous aurons un sentiment de perte, bien qu’il est envisageable et même pratiquement certain que nous finirons par ne plus ressentir d’effet de manque. Mais ce sentiment de perte entraîne un comble. Prenons gare à ce comble, qu’il ne s’emplisse pas uniquement de matériel, mais d’une autre façon, la sérénité. Le confort se doit d’être un partage équitable entre notre nature physique et notre Moi psychique. Que les deux se mélangent pour s’harmoniser d’équilibre, des conforts modestes, car le surplus de l’un provoquera l’effet de manque de l’autre -il ne tiendra alors qu’à nous de les équilibrer d’une façon où d’une autre, car combler le trop plein par du rajout ne peut entraîner qu’un cataclysme. Un confort sans contenance perd de vue son concept et nous conforme à devenir des cons à réconforter.


29 avril¨ Aujourd'hui comment lui dire ?
En commençant par nous le dire nous-mêmes. Comment espérer que quelqu’un puisse atteindre et comprendre la portée de nos pensées si nous ne sommes pas capables de nous les avouer à nous-mêmes ? Il n’est pas seulement question de dire les choses, mais de bien dire, et de dire juste. La justesse n’est acquise qu’alors que nous avons réfléchit, que nous avons explorés toutes les pistes et relativisés. C’est également le moyen d’apporter à l’interlocuteur une bonne compréhension, indépendamment bien sûr de sa capacité à percevoir nos propos –bien que sur ce dernier point, il est possible d’être compris par n’importe qui, tant que nous remplissons notre devoir de « bien dire ». Il est donc question de s’adapter à l’interlocuteur, à son fonctionnement de pensée. Parler n’est pas un passe-temps, c’est un outil de passage d’information. Si l’information se trouve biaisée, déformée, incomprise, difficile à exprimer, c’est que nous ne parlons pas : nous balbutions. Et si nous balbutions, nos pensées balbutient elles aussi. Réfléchissons avant d’agir. Ecrivons, avant de parler.


30 avril ¨ Aujourd'hui ce qui craque.
Chaque choc provoque une sensation de craquement. Lorsque la chaussure compresse la neige, lorsque les baguettes martèlent les éléments de la batterie, lorsque le doigt dérape contre la roulette du briquet, lorsque l’allumette est frottée contre sa boîte, lorsque la voix enraille un cri, lorsque la feuille est chiffonnée, lorsque le bonbon est déballé de sa protection, lorsque les dents massèrent la poignée de chips, lorsque les murs du logis s’étirent, lorsque le pain est partagé, lorsque le corps se crispe, lorsque l’arbre s’effondre, lorsque la roue tourne, lorsque le cœur se brise, lorsque les nerfs lâchent, lorsque les vêtements de deux êtres s’embrassent, lorsque le cercueil s’alourdit du corps, lorsque la gorgée est raclée ; à nos oreilles, un craquement.


1er mai ¨ Aujourd'hui comment je pense à demain.
Je tente de ne pas y  penser. S’il est aisé et utile d’anticiper, la fiction n’est pas une pensée, elle reste à jamais le fruit d’un imaginaire anxieux. Penser à un événement abscons est une perte de temps. Il serait judicieux d’agir maintenant pour permettre à Demain d’exister. On apprend de son passé, non de l’envisageable futur. Je tente de ne pas penser à Demain, pour saisir la vie telle qu’elle est. Le temps, n’a pas d’importance à mes yeux, car il n’est qu’invention. Lorsque l’on vit sans le souci de temporalité, le moment présent prend tout son sens. Car nous étions perdus dans le temps, figés par des obligations qui ne le sont que de nom, car le seul moment pour faire les choses est celui où nous décidons de poser la plume sur la feuille et d’écrire. Le boire et le manger, le travail, chacune de nos actions n’ont d’horaire que notre volonté. A quoi bon penser Demain, puisque déjà, il me faut achever cette phrase. A quoi bon penser sa vie, puisque nous pouvons la vivre ? Et si notre volonté est de penser, alors pensons, heures après heures, laissons le temps perdre son sens en suivant le cours de nos pensées dans l’infini.


2 mai ¨Aujourd'hui sucré.
Est-ce que les héros et héroïnes de romans se bâfrent de bonbons et de fruits ? Si ce n’est le cas, pourquoi leurs baisers ont-ils le goût sucré de la fraise ? Est-ce leur auteur qui a sucré leurs lèvres en versant un peu trop d’eau de rose sur le papier ? Pourquoi le « suc » gastrique ne finit-il pas par montrer les dents et grogner ? Peut-être qu’il ne se su creux. Bref. Cent mots sur le sucre sont difficiles à atteindre. L’égout fond cent sucres. Il est admis que le sucre est synonyme de douceur, de joie, de diabète et de cirrhose. A la bonne heure ! J’ai faim et des biscuits.


3 mai ¨Aujourd'hui ce qu'il y a dedans.
Du vide. Le néant. L’ennui est un état d’âme insupportable à l’Homme, puisqu’il ne s’en remet pas à son besoin premier, à sa fonction d’animal social. Qu’importe la situation dans laquelle nous sommes, le seul moyen pour dépasser son ennui est de se confronter à autrui. Le paradoxe s’applique lorsque nous ressentons l’ennui avec nos congénères, ou plutôt, lorsque nous en avons l’impression. Seulement, cela n’est pas vérité : nous avons un sentiment de solitude car il ne nous est pas possible de succomber à nos addictions, nos combles habituels. Nous tentons constamment de surmonter le sentiment d’ennui par des occupations –bien souvent improductives- et cela marche, parfois si bien que nous les pensons indissociables de nous-mêmes, bienfaitrices. L’inconvénient de cette méthode apparaît alors que nous reprenons contact avec les autres, et que nous nous apercevons qu’il ne nous est plus possible de nous occuper sans ces rituels pour passer le temps. Ainsi, lorsque nous désirons dépasser ces combles nichés en nous, nous sommes confrontés à l’ennui, car nous souffrons d’un manque en société, qu’il nous faut être comblé par autre chose, mais qu’il n’en est pas forcément possible à ces instants. Qu’à cela ne tienne, ne cédons pas à la tentation de replonger dans nos habitudes, sous peine d’en devenir prisonnier.


4 mai ¨Aujourd'hui insecte.
J’aimerais être une menthe religieuse pour pouvoir décapiter les hommes. Ça, c'est fait. Maintenant, j'use de cette tendance servant à détourner le sujet d'origine, comme j'en ai l'habitude. Les hommes, donc, et non les Hommes – Bien que je trouverais parfois mon compte, si j'étais une menthe religieuse, à décapiter les Hommes. Les hommes, disais-je. Que n'ai-je pas à en dire ! Je me contenterais de quelques mots, puisqu'il ne s'agit pas d'en faire un rapport. J'aime certains hommes, bons, généreux, souriants et conciliants. Les autres passeront entre les cisailles de toutes les menthes religieuses de la Terre. S'il y a assez de place pour tolérer leur existence impropre et nauséabonde, la terre est trop lourde d'avoir à supporter leur bêtise. Pour le bien commun : le paternalisme est une infamie ; le machisme, un non-fondement ; les « valeurs » traditionnelles, une imposture et un conditionnement. La femme n'est pas seulement l'égale de l'homme, elle n'est en rien plus douée que lui pour faire le ménage et la cuisine. Certes, elle est juste plus travailleuse et à plus de courage – telle sont les attraits de la Virilité, qu'elle porte, elle, sans prétention.


5 mai ¨ Aujourd'hui je pourrais tout aussi bien.
Bah voilà. C’est ce que je disais quelques semaines plus tôt.
Rien n'est acquis, à nous de choisir notre voie. Nous avons le choix pour tout. Bien que les ignorants penseront toujours être dans l'obligation de remplir certains devoirs. Le déni de responsabilité ; il n'est pas flatteur pour Soi d'avoir prit de mauvais chemins, d'avoir cédé à la Tentation, au côté obscure de la société, de la vie. Qu'à cela ne tienne, nous – les décideurs de nos vies – ne nous laisserons pas marcher sur les pieds par ces jaloux. Qu'ils s'en prennent à eux-mêmes, qu'ils modifient leur destin, ou bien qu'ils se taisent de ne pouvoir qu'envier ceux qui ont refuser de céder à la Tentation. Car nous avons l'avantage : nous avons fait le choix de ne pas s'allier, nous ne le lâcherons donc pas aussi facilement qu'ils se sont condamné à mort sans réfléchir. Car c'est cela que nous faisons, qu'importe le prix que nous payons par la suite, que nous exécrons, nous avons fait le choix sans obligation, car sa finalité nous semblait plus convenable. Ne rejetons pas sur autrui la colère provoquée par la faute de nos caprices de confort.


6 mai ¨ Aujourd'hui un carré parfait. (jeu destiné aux perles de nouilles de ma famille)
Carré à six faces comprenant neuf carrés chacune. Chaque face à neuf carrés est d'une couleur qui lui est propre : bleu, Blanc, Rouge, Orange, Jaune, Vert, sur fond blanc. Logique mathématiques elle requière, et l'on s'en amuse quand on l'use. Qu'est cet objet?
Aide : Non, ce n'est pas un Cube de Rubik. J'ai écris « Carré », et non « Cube ». De plus, le Cube de Rubik n'a rien d'amusant ; c'est un fabuleux antistress.
Réponse : Le dessin d'un Cube de Rubik. Il faut user de la logique verbale pour répondre aux énigmes qui parlent de mathématiques. « sur fond blanc » n'était pas négligeable. En somme : apprenez à lire.
Si vous avez relu le texte : Maintenant que vous êtes alertes, vous avez du remarquer que la réponse requière une « logique mathématiques ». Or, un dessin de Cube de Rubik n'utilise point cela. Il n'use que notre capacité visuelle. Ce n'est donc toujours pas la bonne réponse.
Aide : « Dessiner un Cube de Rubik » : pas mal. Or, ce n'est pas cela, car il s'agit d'un « objet », et non d'une action.
Si vous avez relu le texte et avez votre cerveau en surchauffe : Récapitulons : un objet en action avec un dessin de Cube de Rubik. C'est facile.
Réponse : Une paire de ciseau découpant le dessin d'un Cube de Rubik. Voyez, comme l'on comprend les choses d'une tout autre façon à l'intérêt que l'on porte aux maux. De crâne. Merci pour vos « comment vas-tu ? », et vos airs interrogatifs lorsque je vous réponds « à pieds. » En ce jour d' « au jour d'aujourd'hui », quadruple pléonasme et mercis. Je vous renvoie la balle ; 1 partout. Balle de match ?


7 mai ¨ Aujourd'hui pour de semblant.
Les seules gens qui ne se déchirent pas sont pourtant celles qui se cachent l'une à l'autre. A l'opposé des autres couples – ceux qui se hurlent des menaces, crient de la peur et du mépris, ceux qui sont authentiques, qui s'enveniment par nature, ensemble s'adonnent à la même pratique, par tradition humaine, de se déchirer le cœur à l'unisson, sans arrière pensée, sans remord, toujours avec dédain et assurance, se croyant dans leur bon droit – ceux-ci ne se cachent rien, contrairement aux deux semblants qui, l'air de rien, semblent calmes et s'entendre, mais qui jamais n'ont ôtés leur masque, qui ont peur de se défier, de blesser, de mutiler ; comment peuvent-ils prétendre aimer ? Eux qui ont peur de la vérité, revendiquant l'honnêteté sous le déguisement. Comment se sentent-ils si transparents l'un pour l'autre, quand les autres couples qui se griffent et se mordent sauvagement, qui se montrent sans honte, semblent ne rien voir du tout, aveugles des autres et d'eux-mêmes, s'affichent et se revendiquent pourtant fièrement ?


8 mai ¨Aujourd'hui la ligne qui va de.
Du début de l'humanité à sa fin. Chronologiquement, elle n'a pas évolué. Ses mœurs ont évolué. Ses lois, ses gouvernements, ses sciences, ses croyances, ses conforts, ont évolué. Mais l'humanité est semblable à elle-même ; une forme primitive, banale, repoussante et sans défense ; une âme molle, qui s'arrangent de ce qu'on veut bien lui offrir, de ce qui lui plaira égoïstement ; froide et sans pitié pour l'égard des autres, et qui ne se l'avoue pas à leurs regards, par peur ou par besoin personnel ; une communauté qui n'apprend pas du passé, mais pense tout de même avoir gain de son époque, parfois même, nostalgique d'antan ; Ah ! Qu'elle me répugne de sa bêtise, de sa cruauté ! Que j'aime la voir pâlir devant son destin ! Elle qui oublie sa moralité, sa mortalité ; qui voudrait être inviolable mais qui viole la vie des Créatures ; Qu'elle est complexée ! Agit par compensation sans jamais relever les yeux sur la Vérité. Elle en mourra, c'est sûr, d'avoir peur de la mort !


9 mai¨ Aujourd'hui ventre.
Le ventre de La Femme. La faible lumière de l'ampoule le détache de ses deux hanches. C'est un croissant de lune pas assez cuit, une pâte levée que l'on peut pétrir sans risquer de la briser. C'est une sacoche pleine accrochée à la ceinture, qui pend dans le vide, tire vers le ventre terrestre. Crème fourrée entre deux plis de peau, bourrelet plus assez gros pour qu'il n'ait de trace, soit gonflé comme ceux des enceintes, des obèses, des alcooliques ou des vieux ; pas assez mince pour qu'il plaise à sa juste valeur – par honte de son profil, il tente de se camoufler, de se terrer au fond de son corps, et qu'importe qu'il en soit bossu ! Le temps l'a ridé, ou bien la marque de ses ennuies qui ne l'ont pas reposé. C'est une dune, un désert, sous le projecteur : hâlé, ses sillons de sable semblent mener sur un nulle part toujours plus loin, faire le tour de l'un serait trop long pour une vie. Une goutte d'eau à l'horizontal s'enfonce dans les sables mouvants. De l'autre côté de la colline, le sommet de la cordillère de l'Appendice sort de l'obscurité, protégée de ses deux côtés par cinq monts blancs. Le ventre de La Femme est un oreiller usé qui ne nous satisfait plus, mais que l'on se refuse de jeter comme on se souvient qu'il nous est cher, et qui remplit toujours son devoir, d'être élastique et de bien y dormir.


11 mai ¨ Aujourd'hui il FAUT.
Faux. Falloir ne se conjugue qu'alors que l'on est obligé – que l'on s'oblige plutôt. Il se construit avec nos conforts présents et notre désir de posséder, plus encore, sans retenue. On est soumit à nos caprices, à notre mauvaise éducation de la Volonté, qui nous fait confondre l'envie avec le besoin.  Il n'y a pas de possibilité de changements – d'amélioration, donc – si on suit un parcours d'obligeance : notre avenir est tracé, prévisible selon le schéma que l'on s'oblige à suivre, eh bien, l'on finira ainsi que les autres, ni plus heureux, ni plus gâté. Or, choisir le risque, l'incertain, l'inconnu, amènent à des voix nouvelles qui, si elles sont réfléchies et indépendantes à notre envie, nous entraîneront vers notre seule et véritable Volonté. Là où se trouvent nos Besoins véritables est notre avenir, mais seule une poignée d'hommes auront le courage de s'y rendre véritablement ; car pour s'y rendre, il faut être libre d'esprit, ne jamais se croire redevable à aucune société ou stéréotype qu'il soit. Il faut être son propre berger, quand le troupeau majoritaire divague d'un berger à l'autre – par peur, caprice, déraison ou facilité.


12 mai ¨ Fragment d'aujourd'hui raconté en poésie.
Pris au piège par avant-goût de mort
Enchaîné aux croyances de son sort
L'Homme se terre dans les entrailles de son esprit.
C'est alors que l'un d'eux en surgit :
Il se dresse. L'herbe douce caresse ses pieds,
Le vent baise son front, lui donne à respirer
Les collines charment ses yeux ; si belles !
Qu'il n'en verrait bientôt plus qu'elles.
Épanoui, soudain il perçoit à ses côtés
Les chaînes qui l'avaient entravé ;
Elles jonchent près de corps repliés sur eux-mêmes
Des ficelles de fer saignent leurs peaux blêmes
Fœtus dégoulinant de sang, enveloppés
D'un voile transparent qui maintient la Pensée.
Horrifié, l'homme les appelle à le retrouver :
« Levez-vous, compagnons ! La lumière est née !
Dressez-vous, admirez sa beauté,
Qu'ensemble nous célébrerons, libérés. »
Il eu tout loisir à crier, ils restèrent sourds.
Alors, il se retourne sans demi-tour
Vers les collines se dirige fermement,
Abandonnant ici les corps geignants.
Et tandis qu'il savoure plaisamment la lueur
Les esprits conformément entravés se meurent.


13 mai ¨ Aujourd'hui la toute première question qu'on va vous poser.
Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ?
Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ?
Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ?
Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ?
Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ?
Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ?
Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ?
Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ?
Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ?
Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ? Ça va ?
Cent fois sur le sujet répétez vos verbiages.
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Message par Noumenie Dysnomie le Ven 4 Mar 2016 - 14:21

J'avais commencé ce truc à son lancement, et puis bon j'ai laissé tomber, ça m'parle pas What a Face

Contente de voir néanmoins que ça vous plait Smile
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