Voyager une dernière fois; ce quai qui attend.

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Message par oyans le Mar 8 Sep 2015 - 23:03


Je pars pour la mort bientôt, dernier wagon, sur les vitres où j'applique un doigt circule à l'habitacle les ténèbres; il y a devant un wagon accroché, et dedans juste le sas automatique hermétique et l'opacité des souvenirs encombrent la nuit, je suis seul et personne dans ce train si ce n'est le bruit des rails sifflant silencieuses un parcours émotionnel, comme de la sueur sous mes côtes, le sternum me brûle et tâte en vain la moisissure de mon coeur...
Mes bagages sont sans objets, sans destination... un passeport sans frontière sous une pluie d'interrogations qui ne heurte pas la surface; sans bruit, des échos sans repères s'enfuit sans retour et je m'abstiens d'un mot dorloté tel un nouveau né à la découverte sans oxygène
Cela semble étrange imaginez-vous? les passagers désertes des places où aucun ne siègeront si ce n'est moi seul ou mon égoïsme fidèle à la poche de mon veston que je ne porte pas, je n'en ai jamais eu! on pourrait se dire ou admettre qu'il s'agisse d'une médaille quelconque; mais laquelle? et pourquoi serais-je honoré d'un titre que je ressens pareille à une contrariété sous les blanches lampes de plafond nappant des sièges couleur jaune de Naples; c'est si beau,des touches de rouges et la rétrogression est une amorce sans mèche; c'est un luxe où on se pavane, personne ne dirait à quel point ce wagon transpire de tiédeur...
Ce qui est bon, ce qui est bien alors, sont ma vue clouée à l'étanche, dans ce wagon, dans cette grande cabine je suis comme un roi destitué, un lambeau traîne un amer si confortable et l'esprit est une faïence fêlé bouillonnante d'insurrections, sur un bûcher qu'attise la peur.
Au tout début sur le quai si long s'enfonçant dans le noir, il y avait cette dame qui lors d'un échange réel se fluidifia en poussière au contact d'un son alternatif disant: j'ai tout raté dans ma vie, au moins je ne raterais pas ma mort! comprenez son fantôme, elle est caresse bien plus que cela aussi et peut être n'existe t-elle même pas, est-ce un rêve qu'en sais-je?
Me revoilà sur un siège contrarié d'un souvenir inutile...Un appendice qui remue, qui me remue et si ce n'était que ça...

Le train et cet habitacle, les heures nivelles les instants sourds, je sais qu'il n'y a rien et que je ne suis pas plus.Alors je grille mille cigarettes, on est jamais condamné assez tôt dans la vie...les détentes trop relâchent font toujours l'effet désagréable d'une torture qui s'attarde...
oyans
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