A la recherche du bonheur

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Message par Zouille Mar 21 Juil 2015 - 19:07

Qu'il est difficile de commencer ce texte tant je suis perdu, à la fois dans ce monde et dans mon esprit. Je ne sais pas si je fais parti de la savane mais je suis à peu près certain de ne pas faire totalement partie de cette société.

Je vais commencer par mon état civil amputé de quelques informations :
Antoine
19 ans
Etudiant en psychologie

Un parcours scolaire normal marqué de l'appréciation "bon élève mais peut mieux faire". En effet, pourquoi travailler quand l'obtention de la sacro-sainte moyenne ne le nécessite pas ? Une vie sociale satisfaisante mais creuse : comment profiter d'une amitié sans pouvoir partager les doutes qui m'assaillent ?  Une famille pleine d'amour que j'ai le plus grand mal à retourner, pleine d'inquiétude à mon égard dont je prends seulement note, pleine de sages paroles qui ne s'appliquent pas à moi.

On en vient alors au point clé de mon mal-être : la culpabilité. C'est ce sentiment qui me tue à petit feu parce qu'il me met mal à l'aise lorsque je ne connais pas la liste des banalités de mises dans la plupart des situations sociales, lorsque que je ne connais pas la grimace à faire quand on est censé ressentir de l'empathie, lorsque que je préfère rester seul à me demander ce que je dois changer pour être heureux. Je me semble être trop faible (paresseux, procrastinateur, mou, vide, indécis ou encore passif) pour produire les efforts nécessaires à mon accomplissement personnel, une formule bien vague prise directement d'un mauvais guide de développement personnel.

Si aujourd'hui j'écris tout cela, c'est parce que j'ai changé l'état d'esprit quasi-dépressif dans lequel j'étais plongé pour partir à la recherche du bonheur. Je suis malheureusement désespéré dans ma quête tant les pistes me manquent ou paraissent infranchissables. "Il a besoin d'un bon gros coup de pied au cul", c'est aussi ce qui me vient mais vous avouerez que la plus grande douleur aux fesses ne me fera avancer que de quelques mètres et pas forcément sur le bon chemin. Au lieu de me faire violence, je souhaiterais discuter avec des gens plus mûrs, autant dans l'âge que dans l'esprit.

En premier lieu, comment faites-vous dans les situations sociales où vous êtes mal à l'aise ? La fuite du Zèbre ? L'attaque du Tigre ? L'enterrement crânien de l'Autruche ? En ce qui me concerne, la solution est souvent la fuite dès que possible mais il faut bien avouer que ça n'améliore pas l'image que les autres ont de moi et l'image que j'ai de moi-même (autant à cause de l'image que je renvois aux autres que de l'image que je renvois à moi-même).

Zouille

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Message par ErikFromFrance Mar 21 Juil 2015 - 19:45

Zouille a écrit:Je me semble être trop faible (paresseux, procrastinateur, mou, vide, indécis ou encore passif) pour produire les efforts nécessaires à mon accomplissement personnel
(...)
j'ai changé l'état d'esprit quasi-dépressif dans lequel j'étais plongé pour partir à la recherche du bonheur. Je suis malheureusement désespéré dans ma quête tant les pistes me manquent ou paraissent infranchissables. "Il a besoin d'un bon gros coup de pied au cul"
Ce genre de mots (coup de pied au cul) est fréquent concernant les gens malades de dépression. Es-tu sûr (as-tu consulté?) de ne pas être atteint de cette pathologie ? Car si tu l'es, la solution passe par les professionnels de la santé. Et il serait téméraire de penser surmonter la maladie par ses propres moyens.

Une famille pleine d'amour que j'ai le plus grand mal à retourner, pleine d'inquiétude à mon égard dont je prends seulement note, pleine de sages paroles qui ne s'appliquent pas à moi.
Ca par contre, je crains que ce ne soit pas une maladie. L'incompréhension et des modes de fonctionnement différents peuvent contribuer à avoir pour sa famille à peu près les mêmes sentiments qu'on aurait envers des étrangers bienveillants. Ils sont gentils, on leur est lié par le sang, mais on a l'impression que ça aurait pu être n'importe qui à la place de ces personnes qui aurait pu tenir le rôle de parents. Si c'est la même perception que tu as, ça peut s'améliorer un peu avec le temps mais ça ne se transformera pas du jour au lendemain. Si déjà tu as conscience qu'ils te veulent du bien et qu'ils veulent ton bonheur, c'est déjà ça. Si tu ne peux pas leur renvoyer des sentiments de même nature, tu peux au moins leur permettre/faciliter la manifestation de leurs sentiments.
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Message par Zouille Mar 21 Juil 2015 - 21:22

Ce genre de mots (coup de pied au cul) est fréquent concernant les gens malades de dépression. Es-tu sûr (as-tu consulté?) de ne pas être atteint de cette pathologie ? Car si tu l'es, la solution passe par les professionnels de la santé. Et il serait téméraire de penser surmonter la maladie par ses propres moyens.

Je vois régulièrement un psy et le sujet n'a jamais été réellement discuté, cependant je me suis déjà posé la question. Aucun objectif, aucune envie, l'impression que les émotions sont atténuées, que la vie (ma vie ?) n'a pas de sens, pensées suicidaires (sans jamais avoir tenter de passer à l'acte), ça a finit par m'interpeller. Après avoir regarder les critères de diagnostic, je ne me reconnais pas totalement, j'ai l'impression qu'il faut vraiment être "au fond du trou" pour être diagnostiqué dépressif. Plus globalement, j'oscille entre la pensée suicidaire (de moins en moins) et un état légèrement plus positif que neutre. C'est en cela que j'ai l'impression que mes sentiments sont peu intenses même si réfléchir à la délivrance que serait le suicide me parait tout de même assez intense. Bref, un sujet qui sera abordé lors de ma prochaine séance !


Ca par contre, je crains que ce ne soit pas une maladie. L'incompréhension et des modes de fonctionnement différents peuvent contribuer à avoir pour sa famille à peu près les mêmes sentiments qu'on aurait envers des étrangers bienveillants. Ils sont gentils, on leur est lié par le sang, mais on a l'impression que ça aurait pu être n'importe qui à la place de ces personnes qui aurait pu tenir le rôle de parents. Si c'est la même perception que tu as, ça peut s'améliorer un peu avec le temps mais ça ne se transformera pas du jour au lendemain. Si déjà tu as conscience qu'ils te veulent du bien et qu'ils veulent ton bonheur, c'est déjà ça. Si tu ne peux pas leur renvoyer des sentiments de même nature, tu peux au moins leur permettre/faciliter la manifestation de leurs sentiments.

Tu m'as fait prendre conscience en quelques lignes de ce que je craignais déjà depuis plusieurs années. Il est certain que les sentiments que j'ai à l'égard de ma famille ne sont pas de la même nature que ceux qu'ils ont à mon égard et c'est source de nombreux moments gênants pour moi et douloureux pour eux. Je veux qu'ils soient tous heureux mais leur incompréhension domine leur compassion et au final, ils sont bien plus un poids qu'une aide car ils se pensent être, au moins en partie, responsable de mon mal-être.
C'est très dur pour moi de m'avouer que là ou pas là, eux ou pas eux, ça ne ferait pas une grande différence. Et ça me serre le coeur de savoir qu'un jour, ils le comprendront peut-être. Je fais ce que je peux pour accepter les marques d'attention, les câlins, les retrouvailles mais ils ne sont pas dupes, d'autant plus que tous ces gestes sont à sens unique.
Comment faudrait-il réagir ? Faire comme si de rien n'était en espérant que mon jeu d'acteur s'améliore ? Etre honnête avec moi même mais cruel avec eux en me détachant petit à petit ? Maintenir le minimum acceptable à une vie de famille (ce que je fais actuellement, vivant chez mes parents) ?

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Message par ErikFromFrance Mar 21 Juil 2015 - 22:40

Je vois régulièrement un psy et le sujet n'a jamais été réellement discuté, cependant je me suis déjà posé la question.
Tu ne précises pas que genre de "psy" tu vois régulièrement (psychiatre, psychologue, psychanalyste, psychopathe, psychoquack..  Laughing  ). Pour évaluer la dépression, et être remboursé, il faut consulter un médecin généraliste qui te redirigera sur un psychiatre.

Je sais... le mot "psychiatre" fait peur et on se dit que ce genre de spécialiste doit être pour des gens qui ont des problèmes bien plus gros... mais non ! faut pas déconner avec la dépression. C'est une maladie mortelle. Tu évoques toi-même les idées suicidaires, or je te rappelle (ou je t'informe) que ce genre de décès fait 3 fois plus de victimes que les accidents de la route et touche particulièrement les jeunes, et particulièrement les hommes. Et si tu as des réticences, force-toi quand même ! Parles-en à tes parents et dis-leur que tu as besoin qu'ils compensent ton manque de motivation à faire cette démarche si tu as un manque de motivation (symptôme caractéristique de la dépression).

Si tu as un peu de temps, tu peux aussi lire le message qu'a écrit Kalthu sur le sujet (lien). C'est un peu long, mais ça me semble être une bonne description (bien que les symptômes peuvent varier un peu d'une personne à l'autre).


Tu m'as fait prendre conscience en quelques lignes de ce que je craignais déjà depuis plusieurs années. Il est certain que les sentiments que j'ai à l'égard de ma famille ne sont pas de la même nature que ceux qu'ils ont à mon égard et c'est source de nombreux moments gênants pour moi et douloureux pour eux. Je veux qu'ils soient tous heureux mais leur incompréhension domine leur compassion et au final, ils sont bien plus un poids qu'une aide car ils se pensent être, au moins en partie, responsable de mon mal-être.
C'est très dur pour moi de m'avouer que là ou pas là, eux ou pas eux, ça ne ferait pas une grande différence. Et ça me serre le coeur de savoir qu'un jour, ils le comprendront peut-être. Je fais ce que je peux pour accepter les marques d'attention, les câlins, les retrouvailles mais ils ne sont pas dupes, d'autant plus que tous ces gestes sont à sens unique.
Comment faudrait-il réagir ? Faire comme si de rien n'était en espérant que mon jeu d'acteur s'améliore ? Etre honnête avec moi même mais cruel avec eux en me détachant petit à petit ? Maintenir le minimum acceptable à une vie de famille (ce que je fais actuellement, vivant chez mes parents) ?
Il est douloureux et déstabilisant de penser "je n'ai pas d'amour pour mes parents". En tout cas, c'est mon expérience. Et c'est qqch que je ne m'autorise pas à discuter franchement avec ma famille. Chacun gère cela comme il veut. Pour autant, en y réfléchissant un peu, et à la lumière de certains événements de ma vie, j'en suis quand même venu à me rendre compte que mes sentiments ne sont pas identiques à ceux que j'aurais pour des étrangers. Quand ma mère s'est fourrée dans de possibles graves ennuis financiers et judiciaires (rentrée dans une chaine de Ponzi, et en parlant comme si elle était rentrée dans une secte, à répéter les mêmes formules insensées), j'ai eu pour elle une inquiétude et une volonté de protection que je n'aurais pas eue pour un étranger. Si tu y réfléchis, il est possible que tu découvres en toi le même genre d'attachement insoupçonné. Et puis malgré tout, les moments où je fais plaisir à ma mère (quand elle me voit après une longue période, ou si je lui offre un cadeau qui lui fait plaisir), ça me renvoie aussi un sentiment positif envers moi-même que je n'aurais pas face à un étranger.

Tu peux aussi chercher les bons côtés de la chose, puisque tu es "coincé" dans cette situation : avoir une distance émotionnelle, ça te permet une autonomie affective pour vivre éloigné de ta famille. C'est utile si tu pars étudier loin, ou même si tu pars travailler à l'étranger. Egalement, cette distance émotionnelle permet de garder une certaine objectivité, garder la tête froide, et ne pas être submergé par les émotions positives ou négatives en lien avec ta famille. Ca te permet d'analyser les choses, d'être rationnel et introspectif... des qualités relativement rares de ce que j'ai pu observer.

Par contre, ta famille reste ta famille. Ce sont des gens qui sont généralement des gens bien, qui ont des sentiments pour toi, et qui enrichissent ta vie de manières que tu ne soupçonnes peut-être pas. Peut-être t'ont-ils, comme pour moi, encouragé à lire. Ou bien ils t'ont épaulé dans les disciplines scolaires sur lesquelles ils ont des capacités. Ou bien leurs boulots et leurs passions ont enrichi tes connaissances sur certains sujets. Ou bien ils t'ont fait faire du sport, de la musique, du camping, ou autre chose qui alimente ta curiosité et tes connaissances et peut t'aider à trouver des sujets qui vont t'intéresser. Bref, ce sont des gens qu'il faut bien traiter. Tu dis aussi que dans certaines situations, comme les calins, tu te sens mal à l'aise et qu'ils le sentent. Je comprends tout à fait la situation. Dans la relation avec les parents il peut y avoir de la compréhension sans dire les mots. Et même si "aimer" ne colle pas comme description de ta relation, tu peux avoir des sentiments positifs, et sans le dire ils peuvent le sentir. Comme toi tu ressens leurs sentiments à ton égard sans qu'ils aient besoin de prononcer le mot pour décrire ces sentiments. Tu arrives aussi à un âge où la relation parent-enfant peut se transformer en une relation d'individu à individu. Pour les parents, entendre des mots positifs, c'est agréable et rassurant. Pas question de mentir, hein ! Mais en te forçant à faire sortir les mots pour dire des choses positives, ça fera plaisir et ça les rassurera, et ça permettra aussi de construire l'avenir de votre relation.
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Message par ErikFromFrance Mar 21 Juil 2015 - 22:49

Je veux qu'ils soient tous heureux mais leur incompréhension domine leur compassion et au final, ils sont bien plus un poids qu'une aide car ils se pensent être, au moins en partie, responsable de mon mal-être.
Si ça les inquiète, tu peux leur dire qu'ils n'ont pas à s'en vouloir. Tu es né comme ça, ce n'est pas de leur faute. Ce n'est pas le résultat d'erreurs de leur part. Vous avez juste des natures différentes qui font que vous ne vous attachez pas aux mêmes sujets, ou que vous n'y réagissez pas de la même manière. D'autres gens sont comme ça (en tout cas, je pense que c'est mon cas). Ca fait partie de la lotterie génétique.

Comment faudrait-il réagir ? Faire comme si de rien n'était en espérant que mon jeu d'acteur s'améliore ? Etre honnête avec moi même mais cruel avec eux en me détachant petit à petit ? Maintenir le minimum acceptable à une vie de famille (ce que je fais actuellement, vivant chez mes parents) ?
Pas question de tricher ! Donc pas de jeu d'acteur. Il faut faire des efforts pour apprendre à dénicher ces petites vérités agréables que tu n'as pas l'habitude de percevoir mais qui leur feront plaisir à entendre.
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Message par Zouille Mar 21 Juil 2015 - 23:41

Tu ne précises pas que genre de "psy" tu vois régulièrement (psychiatre, psychologue, psychanalyste, psychopathe, psychoquack..  Laughing  ). Pour évaluer la dépression, et être remboursé, il faut consulter un médecin généraliste qui te redirigera sur un psychiatre.

Je sais... le mot "psychiatre" fait peur et on se dit que ce genre de spécialiste doit être pour des gens qui ont des problèmes bien plus gros... mais non ! faut pas déconner avec la dépression. C'est une maladie mortelle. Tu évoques toi-même les idées suicidaires, or je te rappelle (ou je t'informe) que ce genre de décès fait 3 fois plus de victimes que les accidents de la route et touche particulièrement les jeunes, et particulièrement les hommes. Et si tu as des réticences, force-toi quand même ! Parles-en à tes parents et dis-leur que tu as besoin qu'ils compensent ton manque de motivation à faire cette démarche si tu as un manque de motivation (symptôme caractéristique de la dépression).

Si tu as un peu de temps, tu peux aussi lire le message qu'a écrit Kalthu sur le sujet (lien). C'est un peu long, mais ça me semble être une bonne description (bien que les symptômes peuvent varier un peu d'une personne à l'autre).

Je vois un psychologue, ça ne fait pas très sérieux pour un étudiant en psychologie de ne pas préciser Very Happy

Effectivement, voir un psychiatre c'est un peu comme passer à la vitesse supérieure et ça me fait peur. J'ai lu le texte de Kalthu et je m'y reconnais en grande partie (à l'exception des levés moroses, parce que je me lève souvent après 14h avec encore pas mal de THC dans le sang sans obligation autre que celle de passer le temps jusqu'au prochain endormissement) et comme lui, une de mes premières réactions est "moi dépressif ? je vais pas si mal que ça quand même, j'ai pas besoin de médicaments". Mes réticences viennent aussi de l'anticipation des réactions autour de moi : maintenant dépressif, avant c'était surdoué, avant c'était schizoïde, avant c'était un trouble de l'attention etc. Je passe franchement pour le malade mental de service. Je voudrais être fixé pour pouvoir agir en conséquence et je suis fatigué (épuisé) de réfléchir, de douter, de suivre une piste avant de me rétracter. Pourtant, une petite voix n'arrête pas de me dire "tu te plains mais il y a bien pire que toi, tu as des problèmes de riches, ça ne vaut pas le coût de déranger des médecins et d'inquiéter une fois de plus ta famille". Cette fois je ne vais pas lâcher parce que j'ai décidé d'être heureux (l'idée me semble tellement niaise présentée ainsi). Dans un premier temps, je vais prendre un RDV avec un psychiatre mais je n'en parlerai pas à moins qu'un diagnostic soit effectivement établi.


Il est douloureux et déstabilisant de penser "je n'ai pas d'amour pour mes parents". En tout cas, c'est mon expérience. Et c'est qqch que je ne m'autorise pas à discuter franchement avec ma famille. Chacun gère cela comme il veut. Pour autant, en y réfléchissant un peu, et à la lumière de certains événements de ma vie, j'en suis quand même venu à me rendre compte que mes sentiments ne sont pas identiques à ceux que j'aurais pour des étrangers. Quand ma mère s'est fourrée dans de possibles graves ennuis financiers et judiciaires (rentrée dans une chaine de Ponzi, et en parlant comme si elle était rentrée dans une secte, à répéter les mêmes formules insensées), j'ai eu pour elle une inquiétude et une volonté de protection que je n'aurais pas eue pour un étranger. Si tu y réfléchis, il est possible que tu découvres en toi le même genre d'attachement insoupçonné. Et puis malgré tout, les moments où je fais plaisir à ma mère (quand elle me voit après une longue période, ou si je lui offre un cadeau qui lui fait plaisir), ça me renvoie aussi un sentiment positif envers moi-même que je n'aurais pas face à un étranger.

Tu peux aussi chercher les bons côtés de la chose, puisque tu es "coincé" dans cette situation : avoir une distance émotionnelle, ça te permet une autonomie affective pour vivre éloigné de ta famille. C'est utile si tu pars étudier loin, ou même si tu pars travailler à l'étranger. Egalement, cette distance émotionnelle permet de garder une certaine objectivité, garder la tête froide, et ne pas être submergé par les émotions positives ou négatives en lien avec ta famille. Ca te permet d'analyser les choses, d'être rationnel et introspectif... des qualités relativement rares de ce que j'ai pu observer.

Par contre, ta famille reste ta famille. Ce sont des gens qui sont généralement des gens bien, qui ont des sentiments pour toi, et qui enrichissent ta vie de manières que tu ne soupçonnes peut-être pas. Peut-être t'ont-ils, comme pour moi, encouragé à lire. Ou bien ils t'ont épaulé dans les disciplines scolaires sur lesquelles ils ont des capacités. Ou bien leurs boulots et leurs passions ont enrichi tes connaissances sur certains sujets. Ou bien ils t'ont fait faire du sport, de la musique, du camping, ou autre chose qui alimente ta curiosité et tes connaissances et peut t'aider à trouver des sujets qui vont t'intéresser. Bref, ce sont des gens qu'il faut bien traiter. Tu dis aussi que dans certaines situations, comme les calins, tu te sens mal à l'aise et qu'ils le sentent. Je comprends tout à fait la situation. Dans la relation avec les parents il peut y avoir de la compréhension sans dire les mots. Et même si "aimer" ne colle pas comme description de ta relation, tu peux avoir des sentiments positifs, et sans le dire ils peuvent le sentir. Comme toi tu ressens leurs sentiments à ton égard sans qu'ils aient besoin de prononcer le mot pour décrire ces sentiments. Tu arrives aussi à un âge où la relation parent-enfant peut se transformer en une relation d'individu à individu. Pour les parents, entendre des mots positifs, c'est agréable et rassurant. Pas question de mentir, hein ! Mais en te forçant à faire sortir les mots pour dire des choses positives, ça fera plaisir et ça les rassurera, et ça permettra aussi de construire l'avenir de votre relation.

Si ça les inquiète, tu peux leur dire qu'ils n'ont pas à s'en vouloir. Tu es né comme ça, ce n'est pas de leur faute. Ce n'est pas le résultat d'erreurs de leur part. Vous avez juste des natures différentes qui font que vous ne vous attachez pas aux mêmes sujets, ou que vous n'y réagissez pas de la même manière. D'autres gens sont comme ça (en tout cas, je pense que c'est mon cas). Ca fait partie de la lotterie génétique.

Je suis très lucide sur ce que m'ont apporté mes parents et je suis catégorique sur le fait qu'ils ont tout fait pour moi, en tout cas tout ce dont ils étaient capables. Bien sûr que j'ai un certain attachement à chaque membre de ma famille, je vois ce que chacun m'a apporté et continue de m'apporter, je suis reconnaissant pour tout ça et je leur ai explicitement dit qu'ils n'avaient rien à voir avec mon état d'esprit. Encore une fois, je souffre de la culpabilité de ne pas les aimer "normalement" et du fait qu'ils s'en rendent compte. J'en suis venu à un point où je ne suis pas à l'aise avec ma propre famille : je sais que ma mère voudrait que je passe plus de temps avec elle mais je ne sais pas quoi lui dire, quoi faire, comment être un fils. Je sais que mon père voudrait que je me livre plus mais il est tellement maladroit dans ces réactions (peut-être un peu à cause de moi) et à côté de la plaque que lui parler sincèrement est l'une des dernières choses que je voudrais. Ma (grande) soeur me semble tellement éloignée de mes problématiques et des questions qui m'intéressent alors que mon (grand) frère bien plus proche sur ces points, ne peut s'empêcher de prendre un ton paternaliste donneur de leçon qui me donne la forte impression de discuter avec un clone de mon père. Il m'est d'autant plus dur d'être sincère dans la relation quand elle se base plus sur les sentiments que sur des intérêts intellectuels communs.

Sur ce point ci, je pense être encore plus en décalage que toi mais peut-être est-ce dû à l'âge. J'espère que cela va aller de mieux en mieux parce que malgré tout, je ne veux pas faire de mal à des gens qui m'ont fait du bien.

Pas question de tricher ! Donc pas de jeu d'acteur. Il faut faire des efforts pour apprendre à dénicher ces petites vérités agréables que tu n'as pas l'habitude de percevoir mais qui leur feront plaisir à entendre.

A vrai dire, je ne vois pas totalement de quoi tu parles concernant les petites vérités agréables Embarassed

Merci beaucoup d'apporter un avis éclairé et sans compassion exagérée, ce n'est pas quelque chose dont j'ai l'habitude de profiter !

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Message par ErikFromFrance Mer 22 Juil 2015 - 0:23

Effectivement, voir un psychiatre c'est un peu comme passer à la vitesse supérieure et ça me fait peur. J'ai lu le texte de Kalthu et je m'y reconnais en grande partie (à l'exception des levés moroses, parce que je me lève souvent après 14h avec encore pas mal de THC dans le sang sans obligation autre que celle de passer le temps jusqu'au prochain endormissement) et comme lui, une de mes premières réactions est "moi dépressif ? je vais pas si mal que ça quand même, j'ai pas besoin de médicaments". Mes réticences viennent aussi de l'anticipation des réactions autour de moi : maintenant dépressif, avant c'était surdoué, avant c'était schizoïde, avant c'était un trouble de l'attention etc. Je passe franchement pour le malade mental de service.
D'abord sur le THC : si tu es effectivement diagnostiqué dépressif et que tu dois prendre des médocs, il faut que tu arrives à arrêter complètement la fumette, à cause des interactions entre antidépresseurs et THC. Pendant mes études, un bon pote a fait une dépression mais il continuait à fumer du shit comme un pompier. Coincidence : lui aussi était en études de psycho... mais il se levait à 16h00 en ayant raté tous les cours, fumait ses joints, trippait sur de la musique, faisait des soirées avec des potes où il refumait, puis se couchait bourré et stone à 3h00 du matin. Résultat : il a planté ses études, multiplié les aller-retours en hopital psy, et a perdu pratiquement toutes ses relations d'amitié. Moi aussi à l'époque, ne comprenant pas ce qu'était la dépression, je jugeais qu'il avait besoin de se mettre un coup de pied au cul, parce que les coups de pied venant d'autres personnes n'avaient pas d'effet. Et au passage, il a revendu son ordinateur et sa batterie (2 de ses plus grandes passions) pour acheter son shit. Bref, si tu peux arrêter le THC, arrête ! Parce que combiné à une dépression et à des antidépresseurs, ça va être la misère.

Pour ce qui est du regard des autres, chaque situation est différente. Ne connaissant ni ta famille ni tes amis, je ne sais pas si c'est une bonne idée de garder le sujet de la dépression pour toi. Tu peux peut-être t'en ouvrir au moins à ta mère. Si elle te donne l'impression que c'est une nouvelle lubie après surdoué, schyzoïde ou TDA, dis-lui que si cette fois c'est la bonne explication et qu'elle est confirmée, ça donnera accès à la bonne prise en charge pour résoudre le problème. Et ça rendra la vie plus facile pour tout le monde.

Pas question de tricher ! Donc pas de jeu d'acteur. Il faut faire des efforts pour apprendre à dénicher ces petites vérités agréables que tu n'as pas l'habitude de percevoir mais qui leur feront plaisir à entendre.
A vrai dire, je ne vois pas totalement de quoi tu parles  Embarassed
Avec ma mère, la communication n'est pas énorme (un coup de fil tous les 2 mois) et quand on communique, je ne manifeste pas de sentiments à son égard. Mais depuis quelques temps, depuis qu'elle a conscience de ma dépression et qu'elle me pousse au cul pour que je lance les actions pour résoudre mon problème (d'ailleurs j'ai rendez-vous demain), elle m'appelle tous les 2 ou 3 jours. Je le ressens un peu comme un harcèlement, mais intellectuellement je comprends bien qu'elle connait la maladie (elle était infirmière) et que ce mode de harcèlement est la bonne manière de me pousser à faire ce qu'il faut. Donc même si c'est difficile pour moi de lui dire des choses émotionnelles, je me force quand même à lui dire que j'ai conscience que c'est pour mon bien qu'elle agit ainsi et que je la remercie de faire cela. Je n'ai pas tout changé dans ma vie du jour au lendemain... ce qui est normal puisque le manque de volonté/motivation est un symptôme de la maladie... et plusieurs fois quand elle m'a appelé je lui ai dit que "je n'ai pas encore fait XYZ..." ...et tout le monde a conscience que c'est un symptôme normal. On se forcera à nouveau à essayer dans les jours suivants. Et donc, mon message avait pour but de dire que sur tes interactions avec tes parents, concernant ton manque d'amour filial, il n'est pas question de mentir, et il n'est pas question non plus de tout leur balancer à la figure. Tu peux continuer comme tu as fait jusqu'à maintenant, mais en plus de cela, tu peux essayer de trouver des commentaires supplémentaires que tu peux faire et qui seront positifs envers tes parents... comme quand je dis ma reconnaissance à ma mère pour me pousser au cul. Ca leur fera plaisir et à force de te forcer à leur faire ce genre de commentaires positifs, ça deviendra aussi plus facile.

Je ne sais pas si c'est plus clair. Laughing

Merci beaucoup d'apporter un avis éclairé et sans compassion exagéré, ce n'est pas quelque chose dont j'ai l'habitude de profiter !
Ce que tu décrivais ressemble beaucoup à mon cas et comme j'ai l'impression qu'il n'y a pas beaucoup de gens fonctionnant comme ça, ça me semble normal de répondre à tes interrogations.
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Message par david50 Mer 22 Juil 2015 - 0:26

A la recherche du bonheur

Ce que l'on nomme nous est à jamais inaccessible.

Quand j'ai compris cela il s'est envolé.

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"La merde a de l'avenir. Vous verrez qu'un jour on en fera des discours." L.F.C.
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