Toi aussi t'aimes Marie-Jeanne autant que tu la hais ? Viens on en parle. J'aimerais arrêter, au moins maîtriser. Et toi ?

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Message par Skeptika Lun 15 Juin 2015 - 16:47

Elle et moi, on se tourne autour depuis depuis la fin du collège, il y a presque sept ans de cela. Je crois qu'elle m'a sauvée parfois.

J'ai toujours été une gamine à la sensibilité à peu près aussi exacerbée que l'impulsivité (tout en ayant l'apparence de quelqu'un d'extrêmement froid et insensible, voire inatteignable, évidemment...). Il y a eu au moins deux ou trois fois (euphémisme) où j'aurais probablement commis une connerie assez monumentale sans le canna pour me détendre et me ramener à des niveaux émotionnels plus appropriés. Je suis également capable de rentrer dans des colères assez monstrueuses, que seul le canna a permis d'apaiser jusqu'à présent. C'est surtout pour ces raisons qu'il m'est extrêmement difficile de décrocher, malgré que ce soit moins pour ces dernières que pour le bénéfice spirituel global, et à long-terme, que m'a apporté la consommation forte de marijuana que j'ai du mal avec l'idée d'arrêter complètement. Problème : malgré des dizaines de tentatives, je suis incapable de seulement réduire ma conso. Au moindre voile noir à l'horizon, c'est mon refuge, le radeau qui m'empêche de me noyer lorsque je perds pied.

Le problème c'est que j'ai une tendance à l'extrême, émotionnellement parlant. La joie irradie en moi comme la souffrance me consume; j'ai fini par comprendre que je ne ressens pas les choses, les émotions, etc., comme les autres, mais avec une intensité accrue, exacerbée. Lorsque je souffre, plus rien n'existe hormis ma douleur et mon besoin viscéral d'en réchapper, d'anesthésier cette putain de souffrance sourde que je ne peux pas supporter, qui me donne envie de mourir. Même si c'est tout mon corps qui semble hurler, ployer, et me supplie de le laisser décharger sa colère de quelque façon qu'il soit, je sais bien que le foyer de ma douleur se situe alors dans ma tête. Avant, je me scarifiais pour exorciser la douleur; c'est comme si la douleur physique vive possédait en un sens cet effet un peu anesthésiant qu'ont les pétards.
Je ne veux toutefois surtout pas revenir à cette pratique, que j'ai abandonné lorsque j'ai commencé à fumer.

Mais je ne sais pas quoi faire d'autre. J'ai fini mon dernier pochon hier soir, je veux éviter d'en racheter... Ça fait déjà deux semaines que je ne cesse de me dire "allez cette fois tu te démerdes SANS" mais je craque toujours, et là encore je sens que je vais craquer et aller choper incessamment sous peu, ma situation étant stressante (relation qui bat de l'aile, problèmes financiers, difficultés d'adaptation sociale...) et que maintenant je ne sais plus gérer le stress qu'en fumant, semble-t-il. Raison de plus de calmer le jeu. Je ne vous cache pas, cependant, que la raison principale qui me pousse à arrêter est ma santé (méchant problème au niveau de la bouche, de la gorge et des intestins) : je crois que je si je continue comme ça j'aurais très bientôt tout ça de complètement niqué (j'ai une maladie auto-immune qui ne cesse d'empirer, et fumer -au toncar qui plus est- est juste la pire chose à faire). La seconde raison est que je me rends bien compte que j'utilise la weed comme un échappatoire et pas seulement comme un tremplin contrairement à ce que j'aime me faire croire. J'ai peur de tout gâcher. J'ai énormément de choses à dire, à faire, à voir, à exprimer, à apprendre. Ça ne peut pas arriver quand je suis défoncée. Je suis insomniaque, et quand je pense à tout ce que j'aurais pu accomplir durant toutes ces nuits où je me suis explosée le crâne pour justement y arriver, j'ai comme peur. A toutes ces journées où j'ai préféré me "retirer" dans ma bulle enfumée car je ne me sentais pas d'attaque à affronter la pensée, d'affronter le monde, d'affronter la vie, ou de m'affronter moi ? J'en sais trop rien.

J'ai jamais fait ça, demander de l'aide pour ça. J'ai toujours voulu gérer mon bail solo. Mais là j'ai épuisé toutes mes ressources, et les conseils que je trouve sur le net, donnés par des gens "normaux" pour des gens "normaux" ne correspondent que bien peu à mon cas, étant donné que la zébritude joue un grand rôle dans ma consommation.

PS : je fume environ 3-4 joints par jour en moyenne (certains jours seulement 1 ou 2, certains jours ça peut aller jusqu'à une dizaine...). Cela fait quatre ans que ma consommation est quotidienne.
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Message par Doom666 Lun 15 Juin 2015 - 17:22

Bonjour à tous,
Tu ne l'as pas dit mais j'imagine que tu es jeune. Première chose, en vieillissant, normalement, on gère un peu mieux sa souffrance.
Ensuite, ça me semble trivial et tu as déjà dû l'entendre mais bon. Il te faut soigner l'origine de ton mal, en clair, trouver une façon de vivre ta différence dans ce monde. C'est pas le plus facile. Là, tu as plusieurs options, psy, méditation, arts martiaux, sport...
Dans un second temps, ce sera le sevrage physique de ta dépendance. Là encore, ce sera loin d'être fun.
Il te faut surtout beaucoup, beaucoup de volonté, quelque chose qui te serve de planche de salut (ami, famille etc etc) et faire les choses à ton rythme en se relevant à chaque faux-pas. Tu ne sais pas quelle tentative sera la bonne.
Très important: le jour où tu as réussi, jamais ô grand jamais tu n'y retouches, ne serait-ce qu'une petite taf. Le corps n'oublie jamais une addiction.
C'est bateau, je te l'accorde mais si tu connais une autre façon plus simple.
Bon, il y a aussi la méthode dite "médecine naturelle douce", tu viens chez moi au fin fond de la campagne et je t'enferme pendant 6 mois sans même une clope. Succès garanti... Se tape la tête cont  Se tape la tête cont  Prisonnier  Prisonnier  Dent pétée
Je te souhaite sincèrement de réussir.
Cordialement.
Alain.
PS: spéciale dédicace. Wink
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Message par Invité Lun 15 Juin 2015 - 17:29

Que de souffrance !
Je te comprends très bien.
Pour ma part je n'ai fait le lien entre "détente émotionnelle" et fumette qu'assez récemment ; peut-être parce qu'avant les occasions où mes émotions étaient aussi violentes étaient moins courantes.
Enfin bref on s'en fout.
Perso ça fait + de 20 ans que je fume, mais depuis que je bosse, ou que je me suis à pratiquer la méditation, c'est une conso bien plus raisonnée : généralement seulement le week-end.
J'ai aussi appris à modérer les doses car gérer une vie de famille avec la tête dans le seau c'est vraiment pénible... Bon faut que je détaille ce dernier point. Fumer ça fatigue et quand je suis fatigué je suis plus nerveux et quand je suis nerveux, il y a des clashs à la maison et c'est nul. Je préfère maintenant avoir des relations plus détendues avec femme et enfant plutôt que me faire plaisir en fumant.
Par ailleurs, je ne ressens plus l'envie de fumer pour me défoncer mais juste pour me détendre, même si je ne me cache pas que ça s'apparente plus une fuite qu'autre chose... mais bon fuire ou se retirer peu avoir certains avantages, si ce n'est pas systématique.
Maintenant avec un 12 je fais l'année (alors qu'il y a 20 ans ca tenait un mois)
Je n'ai malheureusement pas de conseil à te donner, si ce n'est peut-être de multiplier les activités qui te permettraient de sortir de chez toi, de voire du monde, te faire penser à autre chose.

Peux-tu préciser ce que tu entends par "bénéfice spirituel global" ?

Doom666 a répondu entre temps et nos posts sont un peu en contradiction. Je ne sais lequel est le plus juste : arrêt définitif ou consommation raisonnée ? Consommation raisonnée : encore faut-il les dispositions/l'environnement pour. Peut-être l'arrêt définitif serait-il meilleur ...

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Message par Skeptika Lun 15 Juin 2015 - 21:26

Merci beaucoup pour vos réponses Smile

En effet, gros contraste entre les deux ! Ce que je vais faire, parce que ça va me permettre d'embrayer, c'est que je vais commencer par répondre à ta question Requiem, sur ce que j'entends par "bénéfice spirituel global", et qui est la raison pour laquelle je ne sais pas si je veux arrêter complètement ou pas, malgré le fait que de toute évidence je ne parviens pas à avoir juste une consommation raisonnée (ça finit toujours par déraper).

J'ai longuement discuté (en ligne) un jour avec un activiste anglais, Matt, dont le beau-père est décédé des suites d'un cancer de je ne sais plus quoi, car les autorités britanniques lui ont confisqué son traitement à l'huile de cannabis, et empêché de s'en reprocurer (des histoires comme celle-là il y en a hélas à la pelle). Depuis, le mec se bat pour essayer de changer les choses. Je lui avais fait part de mes réflexions, ou plutôt questionnements, à propos du cannabis et de sa propension à infléchir la spiritualité d'une personne. Il m'avait répondu (entre autres) avec une citation de Bob Marley qui disait que l'herbe te révèle à toi-même, et cette phrase a longuement résonné dans mon esprit. Selon Matt, l'herbe permettait d'ouvrir son esprit et ses yeux afin de se voir soi-même de l'intérieur. Beaucoup de gens détestent la fumette car ça les rends "parano" mais aussi anxieux, et/ou ont eu une mauvaise expérience... ils se posent des questions qu'ils ne s'étaient jamais posé, ou alors du moins pas comme ça, et puis être défoncé c'est regarder la vie, la réalité, d'une autre perspective, d'un autre angle. C'est extrêmement déstabilisant, or il est un fait : la majorité des gens sont comme prêts à tout pour préserver leur grille de compréhension du monde et d'eux-mêmes. Alors ils rejettent.

Attention, loin de moi l'idée de dresser un portrait aussi con que manichéen du genre les éclairés qui fument VS les imbéciles heureux qui ne fument pas. Surtout que je connais bon nombre d'imbéciles heureux qui fument, fumer n'implique pas nécessairement une évolution spirituelle, il y a forcément un tas d'autres facteurs qui rentrent en compte. Je vois un peu la fumette comme un ingrédient, quelque part, dans l'évolution spirituelle, mais un ingrédient qui n'est même pas indispensable... du moins pas pour tout le monde. Mais, prenant mon cas en exemple, je ne vois pas comment j'aurais pu travaillé sur mon égo dans la mesure où fumer m'a fait tasser ce dernier. J'avais un énorme ego plus jeune, j'étais très autoritaire voire tyrannique, extrêmement susceptible, et moins empathique. Surtout, j'ai toujours été extrêmement impulsive, et je le suis encore hélas beaucoup même si j'essaie de travailler dessus. J'étais qui plus est assez obsédée par l'apparence, et disons que mes objectifs de vie / de réussite sociale étaient aux antipodes d'où j'en suis et de ce que je recherche aujourd'hui. J'ai toujours un fort caractère, mais j'ai énormément évolué, et en bien. Mes objectifs n'ont plus rien à voir, et globalement tout ce qui m'intéresse et tout ce pour quoi je veux œuvrer est profondément tourné vers l'autre, vers le bien commun. Voilà comment je vois les choses :

Quand on fume, on ne va pas être dans l'exhibition de soi ni dans l'extraversion. On ne va pas vouloir jouer à se rendre intéressant, à enchaîner les sujets de conversation histoire de bien diluer toute possibilité d'élever le débat, à impressionner... On va être un peu dans la distance, dans le recul, toujours un peu un temps de retard. On va prendre plus son temps. Davantage observer, écouter. Sentir.
Dans ces moments là, l’ego est mis à distance également, il ne peut pas se mettre sur le devant de la scène (contrairement à sous alcool...), il est au contraire mis en retrait afin de laisser place à l'observation (extérieure/intérieure). Au-delà de cela, je suis quelqu'un d'hypersensible donc de susceptible, et parfois je vais m'emporter pour une raison légitime mais de façon disproportionnée -notamment car je vais vouloir me venger, faire payer à l'autre qu'il m'ait fait souffrir, mais aussi parfois car je suis outrée qu'on ait osé me traiter de la sorte. Cela n'arrive JAMAIS quand j'ai fumé. Je prends tout beaucoup moins pour moi, je me décentre en fait.

Je ne veux surtout pas prétendre que j'ai observé ça chez moi et que donc 1) j'ai raison et surtout que 2) je peux généraliser la règle. Disons que je me suis longuement questionnée à partir de mon propre cas, et je me questionne toujours d'ailleurs, mais qu'au-delà de l'anecdotique je ne suis pas la seule à faire ces liens, loin de là à mon grand étonnement, et pas mal d'éléments tendent à encourager la réflexion sur ce sujet.

DU COUP je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée que d'arrêter complètement et à tout jamais, contrairement à ce que tu me suggères Dooom666... Et dans le même temps, je suis trop extrême, incapable d'être raisonnable.

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Message par Invité Lun 15 Juin 2015 - 22:51

Si je t'ai posé cette question c'est que je me la pose depuis longtemps.
En effet, ça fait longtemps que je fume (24 ans) mais ça fait également longtemps que je suis sur un chemin spirituel (15 ans). Loin de moi l'idée de vouloir donner des leçons hein Wink mais j'ai eu le temps de me poser des questions. Moi ce qui m'intéressait au sujet des liens entre shit et spiritualité, c'est le cas des Saddhus en Inde, les ermites/renoncants, qui fument (pas tous) et sont considérés par une partie de la population comme des saints. Je passe les détails de l'attirance envers ces gens .... si je me pose des questions de leur usage "rituel" du shit, c'est parce que j'ai toujours trouvé que le shit avait un impact négatif sur ma pratique spirituelle et donc je cherche à comprendre pourquoi les sadhus fument, ou plutôt comment ils font pour intégrer ça à leur pratique.

Quand je pratiquais la méditation le lendemain d'une soirée de "consommation", mon esprit n'arrivait pas à percer la "couche de nuage".
Si il est vrai que j'ai eu certaines expériences "mystiques" défoncé, (ouverture de chakras par exemple) celles-ci ont été très exceptionnelles par rapport aux états que j'ai pu vivre "en état à jeun"' et qui étaient monnaies courantes.
Pareillement, concernant l'égo, je ne suis pas certain d'être d'accord avec toi. Pour moi c'est un long travail que de diminuer l'influence de l'égo et je ne suis pas sûr que le shit ait une influence positive à cet égard. On pourra en reparler si tu veux, mais je pense que le chemin spirituel devrait être parcouru "avec toute sa tête" ; or je pense que le shit ne fait qu'altérer la perception de la réalité.

Il m'avait répondu (entre autres) avec une citation de Bob Marley qui disait que l'herbe te révèle à toi-même, et cette phrase a longuement résonné dans mon esprit. Selon Matt, l'herbe permettait d'ouvrir son esprit et ses yeux afin de se voir soi-même de l'intérieur.
Bon euh ... qui suis-je pour juger des paroles de Bob Marley ? Smile mais je ne suis pas trop d'accord avec ca. "Ouvrir son esprit et ses yeux" c'est plutôt de l'ordre du trip lsd ça

Donc tu auras compris que je ne partage pas trop ta vision optimiste ; ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayer ; ça m'aurait bien "arrangé" si le shit avait pu avoir un impact positif... Mais quand bien même, il ne s'agirait que d'un artifice, d'une béquille. Or un jour ou l'autre, il faut apprendre à marcher sans béquille.

Mais pareillement je ne prétends pas détenir LA vérité : le fait est que
- je ne décris que mon expérience et mes parcours, spirituel et de consommateur
- je suis hypersensible en général, mais particulièrement dans ce contexte, je suis hypersensible au produit. Il m'en faut très peu pour être défoncé longtemps par rapport à la moyenne des gens

mais le fait est aussi que les sadhus fument ... Smile
Mais par contre ce dont je suis quasi sûr, c'est que pour la méditation, le shit c'est pas bon ; à moins, éventuellement, d'être guidé via un rituel, via une discipline (peut-être le cas des rastafaris)


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Message par Skeptika Mar 16 Juin 2015 - 0:41

Ah, ravie que tu te poses aussi la question Courbette

Requiem a écrit:si je me pose des questions de leur usage "rituel" du shit, c'est parce que j'ai toujours trouvé que le shit avait un impact négatif sur ma pratique spirituelle et donc je cherche à comprendre pourquoi les sadhus fument, ou plutôt comment ils font pour intégrer ça à leur pratique.

Quand je pratiquais la méditation le lendemain d'une soirée de "consommation", mon esprit n'arrivait pas à percer la "couche de nuage".
Si il est vrai que j'ai eu certaines expériences "mystiques" défoncé, (ouverture de chakras par exemple) celles-ci ont été très exceptionnelles par rapport aux états que j'ai pu vivre "en état à jeun"' et qui étaient monnaies courantes.
Pareillement, concernant l'égo, je ne suis pas certain d'être d'accord avec toi. Pour moi c'est un long travail que de diminuer l'influence de l'égo et je ne suis pas sûr que le shit ait une influence positive à cet égard. On pourra en reparler si tu veux, mais je pense que le chemin spirituel devrait être parcouru "avec toute sa tête" ; or je pense que le shit ne fait qu'altérer la perception de la réalité.

Je crois que je comprends ton point de vue. A mon sens, l'ouverture s'opère à long-terme, pas dans l'instant. Au contraire, je suis d'accord avec toi, il y a altération de la réalité à la fois lorsque tu fume mais aussi tant que les effets ne se sont pas complètement dissipés, que t'as encore la tête dans le cul disons-le, que tu n'es pas revenu totalement à la normale. C'est d'ailleurs pour ça que c'est si utile, et si difficile de s'en passer une fois qu'on en a fait sa béquille officielle... Mais à long-terme, je crois que ça peut agir sur la personne, si elle y est disposée. C'est pour ça que j'en parlais comme d'un ingrédient d'ailleurs, qui viendrait s'apposer à quelque chose déjà en puissance.
Peut-être est-ce pour ça d'ailleurs que certaines cultures l'embrassent de la sorte.

Je ne crois pas qu'il n'y ait que la LSD qui ouvre des portes de la perception. Chaque substance qui a le pouvoir d'altérer la réalité ouvre dans le même temps de nouvelles perspectives.
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Message par Doom666 Mar 16 Juin 2015 - 8:30

Bonjour à tous,
Sans oublier toutes les pratiques shamaniques.
Mais bon, je suis un scientifique rationaliste et toutes ces histoires de voyages d'introspection me sont difficilement compréhensibles ou, plus exactement, je n'en vois pas l'utilité.
Cordialement.
Alain.
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Message par Fatalité Dim 21 Juin 2015 - 23:03

Salut.

J'ai été une loque dépendante qui n'arrivait pas à dormir son son joint.
J'étais dans un collège de zone zep ou la drogue était aussi accessible que des friandises dans une une boulangerie. En 5ème, ma souffrance physique due à ma maladie commençait à me peser, et elle dépeignait sur mon psychique. La marijuana est venue à moi comme une solution bénite pour m'échapper de mon pseudo calvaire de connasse de 13 piges. C'était une fuite. Je sortais à l'époque avec une mec de 3 ans mon ainé qui revendait, une fréquentation qui m'a value pas mal de gardes à vue et une consommation excessive, par le résultat de son abondance. Par la suite quand la marijuana ne m'a plus suffit je me suis intéressée à d'autres drogues (champs, autres sauges, mdma). Je ne faisais plus rien de ma vie. Je me confortais dans mon mal me considérant dans l'abysse, comme un sombre déchet au fond d'une benne à ordure. Mon seul interêt était dans la drogue et dans la perte de soi, j'en faisais mon exécutoire.

J'ai du être opérée et j'ai failli crevé à ce moment là. Je n'ai aucun conseil, parce-que mon sevrage n'a été aucunement le fruit d'une volonté quelle qu'elle soit. J'y ai été contrainte, parce-que j'ai passé 4 mois alitée sans même pouvoir me mettre assise. Fumer était impensable. Au début j'avais de la morphine par intraveineuses, mais je savais que je supportais très mal cette merde (j'en avais aspiré par voie nasale et bouffé pas mal de cachets avec ma meilleure amie en 4e). Donc j'ai souffert pour la première fois sans la drogue, et j'ai chialé comme une pisseuse toutes les nuits en silence en regardant par la fenêtre la seule vision qu'il m'a été permise pendant ces 4 mois : un bout de ciel et des vieux en fin de vie qui passait dans le couloir vitré de la façade sud.

Je n'ai plus touché une seule fois à la drogue depuis, hormis la nicotine (j'avais 16 ans lors de l'opération)

Morale de cette histoire : une petite paralysie pendant quelques mois et le tour et joué. Lol.
De rien.

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Message par Skeptika Lun 22 Juin 2015 - 9:21

Fichtre. J'espère que tu vas mieux aujourd'hui.

Cela dit j'espère ne pas avoir à en arriver là.
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Message par H Hesse Mer 8 Juil 2015 - 22:25

Hello,

Concrètement dans la même situation que toi. J'ai commencé cette connerie en début de fac, ça allait avec le délire rock star que je m'imposais à ce moment là. Que j'ai peut être jamais cessé de m'imposer d'ailleurs. Tu n'évoques finalement que les bons côtés de la chose pour des gens comme nous, l'ouverture, l'exacerbation de l'imagination, le ramollissement des extrêmes.

Bref, loin de moi de juger, je fume en t'écrivant, mais tu sais autant que moi que ça ne consiste qu'en un paradis artificiel, un biais pour s'extirper du monde et de notre condition et on trouve toujours un milliard de justificatifs pour continuer. J'étais chanteur du groupe de zik de lycée je fume, j'étais le punk de la fac je fume, j'étais l'électron libre de mon M2 je fume, je bosse dans un boulot difficile moralement...je fume? J'ai eu l’impression, souvent, que ma capacité à écrire des poèmes ou à jouer de la musique ne tenait qu'à la fumette, que finalement ma pleine condition de "zèbre" ne pouvait s'extérioriser qu'à travers ce biais sensoriel. Comme tu l'as dit, c'est un outil, un levier. Mais il faut savoir s'en départir, comme l'indique ton titre, tu y penses à chaque fois en éteignant ce cul de oinj. Je te donnerai aucune solution miracle, ne la connaissant pas, et ne l'expérimentant actuellement pas. Je pense juste que tu devrais pas attribuer ta maturité, ta capacité gérer tes colères et tes sentiments uniquement sur le fait du bedo C'est un effort, c'est ton apprentissage de la vie, et, pour une fois, au lieu de te flageller moralement comme tout gros fumeur finit par faire, ne juges pas que c'est le oinj qui t'a fait grandir, ce n'est que toi.
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Message par DN Mer 15 Juil 2015 - 13:57

Bizarre que personne ne parle de la différence entre le shit et la beuh, si la première tabasse plutôt (je crois que c'est le but non ?) mais j'ai pas mal d'amis qui travaillent bien mieux sous zeb vu que les perceptions sont différentes pour ne pas dire accrues (ingés sons, peintres, auteurs par exemple).

 J'ai commencé tard parce que ma copine vendait du shit et que mon meilleur pote en faisait pousser donc ça m'a surtout permis de devenir assez débile pour supporter les autres. Aujourd'hui j'envisage d'arrêter mais seulement quand les conditions sociales me permettront de le faire, même si je pense que c'est compliqué de raisonner sa consommation surtout quand elle nous "aide" à sortir des trucs qu'on ne ferait jamais à jeun, elle me permet quand même de me donner un second souffle dans du travail au long-court en me forçant à me concentrer d'avantage pour régler des petits détails et surtout trancher dans le lard (à cause de la fatigue). Je suis assez d'accord sur le levier mais on ferait autrement sans, peut-être un peu plus près de la conscience collective vu que ça rajoute au décalage; on pourrait aussi parler du malheur que des artistes alimentent pour les mêmes raisons d'expression/inspiration...
A noter que je ne trouve pas ça forcément festif (je ne rate aucune occasion de partager/donner) et que ça m'aide surtout à imposer mon corps à ma tête (je ne fume généralement que le soir tard ou en sorties à partir de l'apéro), je ne conçois donc de mon point de vue qu'un arrêt total en le remplaçant par des activités non compatibles comme le sport par exemple ou une activité qui demande toutes nos vivacités intellectuelles, la question reste celle du circuit des récompenses sensorielles (comme dans mon cas avec aussi les premières gorgées d'alcool)
Ah oui dernier détail je travaille efficacement qu'en contre et ça devient une autre source de motivation pour lutter... 
La question principale reste pour moi de savoir ce que ça éteint en nous et si notre vie serait mieux avec que sans.
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Message par citrouille Lun 20 Juil 2015 - 0:11

Se préparer tout d'abord ...

De l'aide? Il y a des centres d'addictologie dont l'accès est gratuit. Il existe, tout comme les AA, les narcotiques anonymes.

En fait, il s'agit surtout de choisir un chemin : un, certes terrifiant car inconnu
et l'autre, ben tu sais où il mène ...
Essayer d'identifier les situations à risque déclencheuses avant d'arrêter et trouver une alternative, bien te la rentrer dans le crâne avant ...

Il y a également des implications en tout cas en début d'arrêt : ne fréquente plus les gens qui en consomment,
évite les situations à gros risque pour toi.

Bonne chance dans ton parcours, ta vie, il y a d'autres chemins que la drogue .

Réduire sa consommation, il y a sûrement des gens qui y arrivent, mais je pense que si on garde un contact avec la substance, ça peut peut-être aller pendant des années, mais un jour où ça ira moins bien, tu auras le réflexe de t'en resservir alors que si elle est sortie de ta vie, tu n'y penseras même plus comme choix optionnel.

Et tu le dis très justement, tu n'arrives pas à gérer ta consommation ... C'est normal, c'est le principe de la drogue.

bonne chance
citrouille
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