Peut-on être partiellement ou contradictoirement Asperger ?

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Message par Blackmail le Sam 7 Fév 2015 - 8:31

Bonjour

Parfois, j'envie les personnes qui se sentent clairement diagnostiquées, qui parviennent à se reconnaître entièrement dans une définition ou une description psychologique très précise.
Me concernant, les quelques psychiatres qui ont eu le malheur de se pencher sur mon cas ont tous fini par reconnaître leur impuissance à établir un diagnostic clair, tout en me reconnaissant de nombreux points communs avec des cas relativement "classiques"... mais tout en développant également des compétences opposées ou contradictoires.

C'est par exemple le cas avec le syndrome d'Asperger. De nombreux amis ont été frappés par les points communs que je pourrais avoir (et c'est d'autant plus vrai compte tenu du grand nombre d'entre eux qui me tannent à présent du film "The imitation game" en me comparant au Turing fictif et réel)... mais aussi les différences. Et cela a le don de rendre perplexe de nombreuses personnes de mon entourage personnel, amical ou professionnel devant parfois me "subir" au quotidien.

Donc je pose ici la question: suis-je le seul dans ce cas ?

Les tests dérivés des travaux de Baron-Cohen ont tendance à proposer une échelle relativement linéaire allant de la neurotypicité au syndrome lui-même. Mais que se passe t-il lorsqu'on mêle alternativement des comportements extrêmement Aspie et neurotypiques à la fois, et non quelque chose "d'entre les deux" ? Ce que je veux dire, c'est que dans mon cas, faire la somme de tous ces facteurs risque de donner l'illusion d'une moyenne fausse, alors que chaque réponse prise isolément est au contraire extrême.
C'est d'autant plus vrai dans mon cas que mon comportement peut également varier du tout au tout selon mon humeur, ma disposition, ou mon état d'esprit. Lorsque je suis en situation de stress, autant dire que mes compétences sociales se réduisent à une peau de chagrin, et j'ai l'impression de ne plus pouvoir "lire" les émotions des autres. Mes traits plus ou moins Aspie deviennent alors exacerbés, je prends alors toute réponse littéralement, au pied de la lettre. Mais l'inverse est également valable lorsque je suis de bonne humeur (la plupart du temps),  et dans ce cas je retrouve miraculeusement toutes les facultés héritées du fameux "quotient émotionnel".

Des personnes ici présentes sont-elles dans des cas analogues ?

Bien que n'étant plus moi-même un enfant, je ne peux qu'être déconcerté par exemple par l'échelle australienne du syndrome d'Asperger.

http://www.asperansa.org/ech_australienne.html

Si j'avais eu à répondre et à juger de ces questions lorsque j'étais plus jeune:
(R: mes propres réponses)

================

A. Compétences sociales et émotionnelles :

Est-ce que l'enfant comprend mal comment il faut faire pour jouer avec les autres enfants ? Par exemple, il n'arrive pas à comprendre les règles du jeu lorsqu'elle ne sont pas écrites ?

R: Je n'ai jamais eu aucun problème de ce genre, mais en revanche, d'autres avaient ce problème pour jouer à mes propres jeux qui leur semblaient parfois excessivement compliqués


Quand il est libre de jouer avec d'autres enfants, comme par exemple à l'heure du déjeuner à l'école, évite-t-il d'avoir des contacts sociaux avec eux ? Par exemple, il part dans un lieu retiré, ou va à la bibliothèque.

R: Non, sauf lorsqu'il m'arrivait de rêver tout haut, de rêver éveillé, ce qui pouvait parfois arriver pendant une bonne dizaine de minutes. J'étais alors "ailleurs", comme sur une autre planète...


Est-ce que l'enfant semble ne pas être au courant des conventions sociales ou des codes de conduite, agissant ou faisant des commentaires de façon inappropriée ? Par exemple, il fait un commentaire désagréable à un enfant et ne comprend pas pourquoi il a pu l'offenser.

R: Ce genre de situation est arrivé un nombre incalculable de fois, tous les jours, et sans le vouloir. J'ai eu une scolarité très difficile à cause de cela; j'avais la réputation d'être un élève prétentieux, turbulent et provocateur, et d'ailleurs je me suis fait plus tard plusieurs fois renvoyer de mon collège et de mes lycées (je collectionnais alors les avertissements conduite).


Est-ce que l'enfant manque d'empathie, c'est-à-dire de façon intuitive de comprendre les sentiments d'une autre personne ? Par exemple, il ne réalise pas qu'une excuse pourrait aider l'autre à aller mieux.

R: J'ai passé la moitié de ma vie à formuler des excuses, rapport au cas précédent. Même si je ne comprenais pas ce qui avait pu choquer dans mon attitude. Mais être en mesure de savoir s'excuser reste très important. En quelque sorte, si je ne parvenais pas à comprendre pourquoi je choquais des gens, j'étais en revanche sincèrement désolé de les voir dans cet état et agissais donc en conséquence.

Est-ce que l'enfant semble s'attendre à ce que les autres personne connaissent ses pensées, ses opinions, ses expériences ? Par exemple, il ne réalise pas que vous ne puissiez pas être au courant de telle ou telle chose parce que vous n'étiez pas là au moment de l'événement.

R: C'est exactement ça.

Est-ce que l'enfant un besoin excessif d'être rassuré, surtout si les choses changent ou ne se passent pas bien ?

R: Oui. J'ai souvent été décontenancé aussi bien par les réactions d'autrui que par les figures d'autorité. Et donc j'ai souvent ressenti le besoin d'être rassuré en conséquence.


Est-ce que l'enfant manque de nuance dans l'expression de ses émotions ? Par exemple, l'enfant montre de la détresse ou de l'affection de façon complètement disproportionnée à la situation.

R: Le fait que je ne comprenne pas le sens de la question est-il suffisant pour y répondre ?


L'enfant manque-t-il de précision dans l'expression de ses émotions ? Par exemple, il ne comprend pas les niveaux d'expression des émotions appropriés pour différentes personnes.

R: Je plaide coupable me concernant. Je pouvais passer indifféremment de la grande affection au mépris, et sans transition entre les deux. Mais en revanche, l'analyse fine et mesurée des émotions des autres ne m'a jamais été totalement étrangère, même si j'ai toujours eu du mal à comprendre le comment du pourquoi. Si les raisons m'ont toujours dépassées, il demeurait possible pour moi d'analyser un visage afin d'avoir une idée de l'état émotionnel actuel et immédiat d'autrui. Du moins... je parvenais à voir certaines émotions... d'autres demeurant totalement muettes.

L'enfant manifeste-t-il un désintérêt à participer à des sports, des jeux ou des activités de compétition ? 0 signifie que l'enfant apprécie les sports de compétition.

R: Non, d'autant que j'excellais dans à peu près tout (jeux comme sports) et que cela flattait mon Ego. Mais je ne jouais pas forcément pour "gagner à tout prix".

L'enfant est-il indifférent à la pression de ses amis en matière de « mode » ? Par exemple, il ne suit pas la dernière mode de jouets ou de vêtements. 0 signifie que l'enfant suit cette mode.

R: Enfant, j'étais en effet totalement indifférent aux phénomènes de mode quels qu'ils soient. Ce n'est que la trentaine passée que j'ai commencé à apprécier de m'habiller correctement.


B. Compétences de communication :

L'enfant prend-il les expressions ou commentaires au pied de la lettre ? Par exemple, il est déconcerté par des expressions telles que des « regards qui tuent » ou « je suis mort de rire » ou « as-tu perdu ta langue ? »

R: Parfois oui, parfois non. Très souvent, c'était l'inverse: j'ai souvent été déconcerté par le littéralisme des autres, leurs blagues et métaphores simples et prévisibles dont on voyait venir la conclusion ou les effets à des kilomètres. Mon sens de l'humour fut donc souvent assez mal compris en primaire, alors qu'à l'université, c'est tout l'inverse.


L'enfant a-t-il un ton de voix inhabituel ? Par exemple, il donne l'impression d'avoir un accent « étranger » ou monotone, sans accent tonique sur les mots importants.

R: Lorsque je m'exprimais, oui. Mais lorsque je lisais un texte d'auteur en classe ou en public, c'était tout l'inverse, les intonations devenaient subitement très justes et c'est pour cela que mes professeurs souvent me le demandaient. Et en particulier la poésie.


Lorsque vous parlez avec l'enfant, donne-t-il l'impression de ne pas s'intéresser à ce que vous lui dites ? Par exemple, il ne pose pas de questions, ou bien il ne commente pas vos pensées ou vos opinions sur le sujet.

R: Pas du tout! Au contraire, je n'arrêtais pas de poser des questions, même les plus incongrues et les plus déplacées... Mais là, je crains que ce soit le cas de beaucoup d'Aspie, tout au contraire de ce que cette question laisse supposer...


Pendant une conversation, l'enfant a-t-il tendance à moins utiliser le contact oculaire que ce à quoi on peut s'attendre ?

R: J'ai parfois de la gêne avec les contacts oculaires, oui. Ou au contraire, parfois je fixe trop intensément les personnes et c'est eux que je gêne, au point qu'ils se sentent parfois obligés de me le dire ou interprètent mal mes intentions -c'est notamment le cas avec les femmes-.


Le discours de l'enfant est-il excessivement précis, voire même pédant ? Par exemple, parle-t-il d'une manière formelle, ou comme un dictionnaire ambulant ?

R: 100% correct. Je parle "comme un dictionnaire ambulant", même à l'état adulte. Et j'avais déjà ce trait enfant, et je le possède toujours à un degré virtuellement inégalé, au point de mettre mal à l'aise beaucoup de monde (ou de les impressionner, c'est selon). On m'a reproché ma pédanterie à presque toutes les sauces, alors que je ne cherchais qu'à être très précis.

L'enfant a-t-il des difficultés à se joindre à une conversation ? Par exemple, quand il est perdu, il ou elle ne demande pas de clarification, mais revient simplement à un sujet qui lui est familier, ou bien prend un long moment pour penser à une réponse.

R: Oui, à 100% aussi. C'est une tendance que je dois encore fréquemment combattre, comme lorsque je dois me forcer à laisser la parole aux autres, ou à éviter de ne parler que de "mes" sujets.


C. Compétences cognitives :

L'enfant lit-il des livres surtout pour s'informer, ne semblant pas très intéressé par la fiction ? Par exemple, il est un lecteur avide d'encyclopédies ou de livres scientifiques, mais il est peu enthousiasmé par les romans d'aventures.

R: Très jeune, j'étais passionné par les encyclopédies et les revues scientifiques et tout le monde trouvait cela très étrange vu mon âge. Mais je lisais aussi passionnément de la fiction (Jules Verne, Asimov, le cycle d'Arthur, Tolkien etc... tous lus et dévorés avant 8 ans).

L'enfant a-t-il une mémoire à long terme exceptionnelle des événements et des faits ? Par exemple, il se rappelle de la plaque d'immatriculation de la voiture du voisin d'il y a plusieurs années, ou bien il se souvient clairement de scènes qui se sont produites il y a de nombreuses années.

R: Une mémoire exceptionnelle, oui, on me l'a souvent dit et félicité pour cela. Même si j'ai pour ma part souvent trouvé absurde la teneur de ce que je retenais.

L'enfant est-il incapable de jeux d'action réciproque ? Par exemple, les autres enfants ne sont pas inclus dans ses jeux imaginaires, ou bien il est déconcerté par les jeux de « faire semblant » des autres enfants.

R: Je crois que j'ai commencé à pratiquer des Jeux de Rôles dès mes 9 ans. Même si ceux avec qui je jouais avaient tous plus de 13 ans.
Simultanément ou presque, dans les cours de récréation, il m'arrivait parfois de préférer les jeux des filles et de jouer à la dinette avec elles.


D. Intérêts spécifiques :

Est-ce que l'enfant est fasciné par un sujet particulier, et recueille avidement de l'information ou des statistiques en rapport avec cet intérêt ? Par exemple, l'enfant devient une encyclopédie ambulante concernant les véhicules, les cartes de géographie ou les résultats sportifs.

R: Encyclopédie ambulante... Oui. Concernant la biologie, les polyèdres et la géométrie, l'histoire de l'architecture, les plantes, la géologie et la cristallographie, la chimie, la structure de la matière. Mes amis de classe de primaire ou même mes instituteurs ne comprenaient rien de cela, et nombre de fois ils se sont plaints que je les "barbais" avec ces connaissances ultra-précises.


L'enfant est-il contrarié à l'excès par des changements dans la routine ou dans ses attentes ? Par exemple, il est perturbé par le fait d'aller à l'école en prenant un itinéraire différent.

R: Non.


L'enfant développe-t-il des routines ou des rituels élaborés qui doivent être accomplis ? Par exemple, aligner des jouets avant d'aller au lit.

R: Non. A l'état adulte, je crois que mes seules routines avant d'aller dormir sont de me brosser les dents et d'aller vérifier le chauffage pour le baisser. Rien de bien trépidant ni fascinant.


E. Compétences motrices :

L'enfant a-t-il une mauvaise coordination motrice ? Par exemple, il n'est pas très doué pour attraper un ballon.

R: Non, jamais eu aucun problème.


L'enfant a-t-il une allure bizarre lorsqu'il court ?

R: Aucune idée.


F. Autres caractéristiques :

R: J'ai à ce sujet un point commun partagé avec beaucoup d'Aspie, c'est l'hyperacousie. J'ai souvent l'air d'un con lorsque je suis le seul dans la foule du métro à me boucher les oreilles lorsqu'une rame arrive en gare, mais c'est plus fort que moi. Certains sons aigus et intenses me font mal sinon.
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Message par Invité le Sam 7 Fév 2015 - 15:33

Bonjour,

une question : les nombreux amis ? sont Asperger ?

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Message par Invité le Sam 7 Fév 2015 - 15:34

sur le reste, j'émets un doute sur le fait que des personnes se sentent clairement diagnostiquées... elles ont des bases mais j'ose espérer qu'elles sont tout de même ce qu'elles sont ?

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Message par Blackmail le Sam 7 Fév 2015 - 18:13

Non, je ne pense avoir aucun ami qui soit Asperger.

Cependant, mon frère aîné l'est, et a été clairement diagnostiqué. Sa personnalité demeure d'ailleurs très différente de la mienne: il est solitaire, et demeure focalisé sur un domaine de compétence exclusif dans lequel il possède de très, très vastes connaissances ultra-spécialisées (la linguistique et certaines familles de langues). Mais uniquement celui-là, alors que de mon côté je suis déjà bien plus touche à tout (même si "touche à tout", ça veut dire avoir des connaissances encyclopédiques sur presque tout; j'ai un peu un côté bête de foire de ce côté-là). Et j'aime bien aussi avoir des réseaux sociaux étendus, je sympathise plutôt facilement et spontanément en règle générale -sauf avec les cons, ça va de soit-.

Peut-être qu'une partie de mon comportement pouvant à la fois ressembler et différer des vrais Aspie est hérité de l'interaction quotidienne avec mon grand frère. J'ai appris en effet à communiquer avec lui, à jouer avec lui, à essayer de le comprendre... Et tout petit frère cherche quelque part à imiter le grand, à considérer ce dernier comme un exemple.

Mais nous ne sommes pas pareil lui et moi. C'est très clair aussi. Neutral

Je le répète: les psychiatres qui se sont penchés sur moi ont tous fini par s'arracher les cheveux. Je n'ai pas un comportement normal, c'est évident, mais ils ne parvenaient pas à me faire rentrer dans catégorie quelconque. J'ai des traits caractéristiques qui ressemblent à ceci, d'autres à cela. Mais rien de vraiment "au milieu".
Mon diagnostic fut plutôt de me considérer à chaque fois comme un cas inclassable bien qu'extrême.

Mais néanmoins, je pense que tout le monde espère secrètement trouver un équivalent à soi, quelqu'un possédant la même conformation de pensée. Ce serait très rassurant. C'est d'ailleurs un peu le principe de ce forum, non ?
J'ai parfois le même secret désir, mais il faut bien me rendre à l'évidence. Toutefois, je pose des questions dans l'espoir de comprendre. Ce n'est peut-être pas le lieu le plus approprié mais qui sait ? scratch

Donc s'il y a quelqu'un ou quelqu'une qui reconnaîtrait ces symptômes, ou qui pourrait parvenir à les relativiser et les mettre en contexte, ce serait très apprécié. Vraiment ! I love you
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Message par Invité le Sam 7 Fév 2015 - 18:17

je pense que tu trouveras au fur et à mesure chacune de tes facettes plus précisément...qui te permettront de t'approcher au plus d'une base ? qui sait nouvelle ? je me laisserai à penser que quelqu'un diagnostiqué telle personnalité, va chercher à en amoindrir les "défauts".... de fait elle change déjà...

tu vois l'idée que j'avais en tête en te posant la question

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Message par Invité le Sam 7 Fév 2015 - 18:19

(et pour ajout souvent toute personnes comme toi recherche à se rapprocher en parlant des points de similitude, ne te perds pas la dedans, trace ton chemin... Smile et tu trouveras ton socle à toi Smile

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Message par Bibo le Sam 7 Fév 2015 - 23:33

Peut être que t'es juste HQI dans le sens "assez loin de la norme pour ne pas réussir à te retrouver dans une case" ?
On est pas mal ici à ne se retrouver nulle part.
Sinon, te reste qu'a engager les démarches pour en être sûr.
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Message par Tiers-i-grec le Mer 25 Fév 2015 - 18:28

Le diagnostic Asperger chez un {haut potentiel + Asperger}, surtout à l'âge adulte, est d'autant plus difficile que la douance a permis de compenser (camoufler) des spécificités Asperger. Il peut y avoir des symptômes mais pas de handicaps cliniquement significatifs pour un diagnostic.
On peut parler de "fragments d'Asperger" lorsqu'il y a certaines caractéristiques Asperger. S'il y a un trouble envahissant du développement (TED) mais qu'il ne rentre pas dans les TED spécifiés, on peut parler de TED non spécifié.

Ensuite, mon questionnement se pose sur la suite du diagnostic : le diagnostic, c'est pour en faire quoi ? qu'est-ce que ça va apporter ? qu'est-ce que ça pourrait enclencher comme actions ? (ou qu'est-ce qu'il pourrait y avoir comme action dès à présent, sans diagnostic ?)
(je n'attends pas de réponses, c'est un questionnement que je propose)
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Message par Invité le Jeu 26 Fév 2015 - 14:59

L'enfant a-t-il une allure bizarre lorsqu'il court ?

C'est moi ou ce critère-là semble un peu incongru ? Enfin, qu'est-ce qu'une course bizarre ? En quoi ça se rattacherait à un possible syndrome Asperger ?

Pour ma part, je me suis déjà posé la question d'un diagnostic, mais je n'ai encore consulté personne. Toujours est-il que, projection ou non, je pourrais répondre oui à une majorité de questions (une ou deux exceptions, c'est tout) ; en soi, ce serait moins nuancé que toi... mais en même temps, je sais que j'ai des traits qui ne correspondent pas du tout à la case non plus.
Ça n'aide pas particulièrement, en vérité.


Dernière édition par Alphonsine le Jeu 26 Fév 2015 - 15:35, édité 1 fois

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Message par Invité le Jeu 26 Fév 2015 - 15:30

Blackmail a écrit:
Des personnes ici présentes sont-elles dans des cas analogues ?



Oui, Moi.

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Message par Invité le Jeu 26 Fév 2015 - 16:32

Bonjour Blackmail

Les caractéristiques du HP et Asperger se rejoignent souvent. La confusion entre les deux est donc très facilement faite.
Et comme le dit Tier-i, les surdoués arrivent souvent à force d'imitation à compenser (mais il semble que ça représente toujours un effort d'adaptation)

Les personnalités des Asperger peut variées, tout comme pour les HQI...tu peux te retrouver dans certaines caractéristiques et pas dans d'autres (et heureusement dis!)

Cela dit certains éléments restent clés
Je prennais un café hier avec ma jeune voisine, étudiante justement dans le domaine de l'autisme.
Elle me disait que les autistes et aspergers présenteraient couramment un déficit de la théorie de l'esprit

http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0013700607920588

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Message par Pieyre le Jeu 26 Fév 2015 - 17:44

En parcourant le sujet Traits autistiques chez le zèbre, on peut remarquer que nombre des membres de ce forum ont un score Aspie assez élevé au test Aspie-quizz.
Qu'en déduire ? Que le test est mal fait, que les HP ou HQ partagent beaucoup de symptômes avec les aspies, ou bien que la notion de syndrome d'Asperger n'est pas assez spécifique ?

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Message par Tiers-i-grec le Jeu 26 Fév 2015 - 17:56

Un exemple de tableau des qualités et difficultés (Attwood, 2010) :
Illustration du Jeu des attributs chez un enfant Asperger
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Message par Tiers-i-grec le Jeu 26 Fév 2015 - 19:25

Un diagnostic est une représentation mentale, admise à un instant donné par une communauté (ex : DSM-4, DSM-5, CIM-10) à partir de symptômes donnés.
Une catégorie ça n'est pas soi, ça ne représente pas le vécu de la personne.

Les mots ont un double pouvoir :
- libérer : comprendre, s'accepter, déculpabiliser, agir, etc.
- emprisonner : avoir une lecture de soi figée sur une catégorie (confondre son identité propre et une catégorie), etc.
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Message par pollux le Dim 29 Mar 2015 - 23:27

on peut limite être les deux non? j'ai été diagnostiquer asperger atypique avec 128, j'ai le droit de rester parmi avec vous?

pollux

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Message par Pieyre le Lun 30 Mar 2015 - 0:01

Reste ! Plus il y a de fous, plus on rit ! (À prendre au second degré, hein ! moi-même j'ai du mal à le comprendre parfois.)

Pieyre

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Message par Blackmail le Lun 18 Juil 2016 - 19:31

Bonjour les fous,



Autant faire mon coming out. J'ai été creuser cette histoire d'Asperger un peu plus en avant avec des psys parisiens qui apparemment en savaient un peu plus que les premiers m'ayant examinés (d'autant que c'était il y a longtemps).
Bilan: j'ai donc hérité d'un joli diagnostic d'Asperger HPI, c'est à dire d'un Aspie capable par l'expérience et l'analyse de reproduire pas mal de comportements neurotypiques.
Et c'est même assez subtil. Par exemple, je suis passé par le fameux test de reconnaissance des émotions faciales. Si on me donne le temps, je le réussis très bien, bien mieux même que la moyenne. Mais les psys ont été plus malins que moi: ils ont remarqué que je devais me concentrer de façon très focalisée, au lieu de donner mes réponses de façon relativement spontanée. C'est à dire que, pour le réussir, je passe par un effort intellectuel conscient, par une analyse de tous les détails, ce qui est l'exact inverse de ce que ce test est en réalité censé mesurer.

Voilà ce qui arrive lorsqu'on est adulte et pas trop idiot: on masque, on dissimule, et surtout on trouve d'autres solutions alternatives à un problème donné afin de s'intégrer.
Le résultat final ressemble beaucoup à ce qu'il est censé imiter, mais le cheminement pour y arriver n'a pourtant rien à voir.

Ce qui en définitive me pose problème, car pour les NT, je suis juste quelqu'un d'excentrique sans être forcément asocial, et pour les Aspies classiques, je suis quelqu'un qui comprend trop bien les sens équivoques pour être tout à fait honnête (c'est à dire être des leurs).
Je suis donc de partout et de nulle part.

-------

J'ai lu par ailleurs dans cette section le cas d'une personne qui redoutait d'être déboutée de sa demande de diagnostic... Comme s'il existait un genre de mode, de fierté à se faire diagnostiquer Asperger. Et en effet, des faux autodiagnostiqués et qui se cherchent une identité originale et apparemment super tendance (surtout dans la micro-communauté des geeks et des informaticiens), il y en a apparemment par paquets entiers qui se pointent à la MDPH ou au CRA, comme me le confiera d'un air entendu l'un de mes docteurs...  Rolling Eyes
(au passage, si cette personne doit débourser 700 euros pour les tests, c'est qu'il y a de l'arnaque dans l'air. Moi je suis passé par le service public, certes c'est long pour obtenir des rendez-vous, mais tout était remboursé par la Sécu)

Et bien moi, c'est l'inverse. J'ai passé ces tests histoire d'en avoir le coeur net, et en espérant justement tomber sur un résultat négatif. Ce fut l'inverse.
Alors autant ne pas se leurrer, mais être Aspie, c'est quand même humiliant quelque part. Ce n'est pas juste "une identité différente" comme ce que je lis ça et là. C'est un stigmate que l'on porte et qui donne potentiellement droit à une RQTH, c'est à dire que la loi en France vous considère officiellement comme "handicapé mental". Je n'invente rien.

Mais en même temps, cela explique bien des choses par rapport à mes propres tribulations, surtout lorsque j'étais jeune... Expliquer enfin et mettre exactement la bonne pièce du puzzle au bon endroit, celle que l'on avait recherchée des années durant, cela soulage quand même pas mal.
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Message par FelixFelicis le Lun 18 Juil 2016 - 22:39

Bonsoir Blackmail, je suis un peu dans la même situation que toi, je passe un pre-diag dans quelques jours.
J'ai également l'impression d'être dans les extrêmes. Il est difficile de "diagnostiquer" un syndrome d'aperger chez une personne HPI. C'est encore plus difficile pour moi puisque je suis une fille, les caractéristiques étant donc plus "légères", parfois presque invisibles...
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Message par izo le Lun 18 Juil 2016 - 23:22

Ce fil m'interpelle car je me pose à mon sujet les mêmes questions. Je tends en effet à reconnaître quelques uns de mes traits dans ces fragmentations aspies.

Cependant m'étant constamment adaptée au prix fort, je ne ressens pas la nécessité de me faire "diagnostiquer". Car premièrement, je ne me sens pas "malade", de plus je craindrais entrer dans un processus que je ne serais pas sûre de maîtriser par la suite. Or je "me" maîtrise depuis le début.

Par ailleurs, tout comme Blackmaill, la reconnaissance RQTH me choque car elle stigmatise un handicap sur une personne au lieu de véritablement centrer les efforts collectifs sur un abaissement avéré de la situation handicapante, donc de jouer sur la variable habilité sociale par exemple.

@FelixFelicis je serai toutefois intéressée de connaître le protocole, de pré diagnostic. Si cela te dit d'échanger sur ce sujet je suis preneuse (sur ce fil ou en mp).
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Message par Alaintuitif le Mar 19 Juil 2016 - 10:44

izo a écrit: Par ailleurs, tout comme Blackmaill, la reconnaissance RQTH me choque car elle stigmatise un handicap sur une personne au lieu de véritablement centrer les efforts collectifs sur un abaissement avéré de la situation handicapante, donc de jouer sur la variable habilité sociale par exemple.

En tant qu'ancien assistant social, je peux t'assurer que ce cas de figure (d'étiqueter par facilité) est assez fréquent.
Il reste à chacun la liberté d'être moralement affecté ou de tirer parti d'une telle "reconnaissance". elephant
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Message par Blackmail le Mar 19 Juil 2016 - 11:40

FelixFelicis a écrit:Bonsoir Blackmail, je suis un peu dans la même situation que toi, je passe un pre-diag dans quelques jours.
J'ai également l'impression d'être dans les extrêmes. Il est difficile de "diagnostiquer" un syndrome d'aperger chez une personne HPI. C'est encore plus difficile pour moi puisque je suis une fille, les caractéristiques étant donc plus "légères", parfois presque invisibles...

Pour un adulte de 40 ans qui a appris pas mal de tours et d'astuces afin de compenser son handicap et le rendre lui aussi presque invisible pour un non initié, c'est aussi très difficile même pour un psy. C'est pour cela que l'on m'a posé pas mal de questions autour des tests eux-mêmes, sur la manière dont je m'y prenais pour les résoudre, par quels processus ou par quels modes de pensée, au delà même de leur résultat brut. Car ma méthode, aussi efficace qu'elle soit, pouvait être en réalité aberrante par rapport à celle employée par un neurotypique. Pour certains d'entre eux, on a voulu mesurer vers où se portait mon regard car paraît-il il s'agirait là d'une différence fondamentale entre NT et Aspie en train de "compenser".

Je dois reconnaître que plus jeune, le diagnostic eut été bien plus évident et facile à faire. A présent, je dois avoir l'air bien plus fréquentable (presque  What a Face   ). et, pour tout dire, bien moins con que lorsque j'étais adolescent.
Mais ce n'est qu'une apparence.

Toujours est-il que, comme rappelé, pour des groupes de NT je demeure apparemment quelqu'un de sympathique, "très érudit" (dixit) mais un peu bizarre quand même. Un gentil professeur cosinus, en somme...
Et pour des groupes d'aspies que j'ai été voir, par curiosité... en revanche, je ne suis pas assez littéral, je parle trop avec des métaphores et des sens équivoques, et mon sens de l'humour et de l'auto-dérision est paraît-il trop développé pour que la communication se fasse correctement. En plus, j'ai appris la prudence sur les questions intellectuelles (parfois), là où beaucoup d'Aspies sont apparemment très sûr d'eux lorsqu'ils affirment quelque chose. Et surtout, je fais trop attention à l'état émotionnel d'autrui, ça c'est le crime suprême paraît-il.

Alors j'avoue: lorsque j'étais jeune, j'avais beaucoup de mal à anticiper et comprendre ce qui se passait dans la tête des autres. Mais comme il s'agissait de ma principale difficulté, c'est donc sur celle-là que j'ai le plus travaillé et progressé (quand tu pars de zéro, c'est facile). Et j'ai tellement et tellement travaillé dessus qu'à présent, je me sens obligé d'automatiquement proposer mon aide dès que je repère un touriste en détresse dans le métro, ou bien une personne avec poussettes et enfants qui fait comme elle peut face à des escaliers. C'est devenu un automatisme presque pavlovien.
Alors ça ne veut pas dire que j'ai forcément la réaction parfaitement appropriée, mais mes sens affûtés sont à présent toujours en éveil afin de repérer si dans la foule quelqu'un se sent en difficulté.
J'ai mes propres trucs pour socialiser. Avoir appris à sourire quand il le faut et comme il le faut, c'en est un.

Et puis quand en face on me parle de la pluie et du beau temps, j'ai appris à compartimenter ce qui se passe dans ma tête, c'est à dire à mettre à profit mes ressources pour observer d'autres détails tout en continuant de badiner sur ces sujets triviaux qui autrefois m'horripilaient littéralement.

Bref, je suis devenu quelqu'un d'indulgent, de conciliant et de plutôt bonne pâte. Alors qu'avant, j'étais limite plutôt psycho-rigide. Cela explique mes problèmes avec mes professeurs de collège et de lycée: lorsqu'ils faisaient la moindre erreur au tableau, je dis bien, la moindre, il fallait que je la pointe devant tout le monde. Rétrospectivement, je comprends tout à fait que beaucoup l'aient mal pris... Et c'est bien moi qui était en tort. Je vous le dis: lorsque j'étais ado, j'étais très con, limite méchant. Depuis, et bien je me soigne (pas à l'aide de médocs, je vous rassure)...
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Message par Blackmail le Mar 19 Juil 2016 - 12:01

Ah oui... En attendant, mon patron qui est aussi l'un de mes meilleurs amis, et auquel j'ai confié l'intégralité de mes pérégrinations médicales, se dit en revanche très intéressé par les avantages fiscaux liés à la RQTH... Comme quoi il ne perd pas le nord.

Gag suprême, il se pose lui-même de sérieuses questions quant à la possibilité d'être lui-même un adulte Asperger compte tenu de nos troublants points communs. Cela expliquerait à la fois notre complicité très particulière (assez unique pour tout avouer) et son comportement lui aussi très... déconcertant par rapport à ses collègues.
Ce "patron", c'est en fait un génie. Dans son domaine et question créativité, il est dans le top 5 mondial. Il a été professeur à Harvard, directeur d'un haut établissement, bref... Un CV de folie.

Mais il est trèèèèès original. Il n'est jamais à l'heure, s'habille de façon parfois très approximative, passe parfois à son agence à des heures parfaitement incongrues (en pleine nuit si une idée fixe le travaille), et est perfectionniste à un degré inouï...
S'il n'avait pas eu l'aide de deux collègues et associés pour monter sa boite, il me confie qu'il aurait sans doute échoué lui-même à faire quoi que ce soit de bien.
Alors que les bureaux de ses collègues sont toujours à peu près organisés selon les projets sur lesquels ils travaillent, le sien est toujours un foutoir indescriptible, un empilement de trucs en équilibre très précaire et sans rapports évidents.

Mais c'est un grand créatif. Et j'ai bien de la chance de le connaître.
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Message par Alaintuitif le Mar 19 Juil 2016 - 12:14

Blackmail a écrit:Ah oui... En attendant, mon patron qui est aussi l'un de mes meilleurs amis, et auquel j'ai confié l'intégralité de mes pérégrinations médicales, se dit en revanche très intéressé par les avantages fiscaux liés à la RQTH... Comme quoi il ne perd pas le nord.

C'est clair.
La RQTH, c'est quand même un sérieux avantage pour le boulot.Laughing

Je me permets de réagir à ce point précis mais l'ensemble du post m'intéresse, je tenais à le préciser : avant de venir sur ce forum, je ne connaissais pas la "problématique" Asperger. N'étant pas personnellement concerné, ça me fait bizarre de lire que certains doivent faire des efforts d'empathie (sachant que je dois, moi, faire parfois des efforts pour être moins empathique) elephant
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Message par FelixFelicis le Mar 19 Juil 2016 - 20:30

Bonsoir Izo, en réalité c'est un peu le bazar pour moi puisque je passe d'un côté des tests avec un psychiatre et de l'autre avec une neuropsychologue.
Mes parents (ils font toujours les demarches pour moi, je suis tres peu autonome) ont contacté l'association Action Autisme de Bayonne pour passer le pré-diag, puisque le temps d'attente au CRA est beaucoup trop long pour un adulte (même à 18 ans).
J'ai d'abord du remplir quelques questionnaires (AQ et EQ entre autres) chez moi, puis j'ai rencontré une psy et une neuropsy qui ont cherché à approfondir mes réponses (elles en ont sûrement profité pour m'observer un peu).
Je dois y retourner en Août pour passer d'autres tests regroupés sur une journée entière (normalement sur deux jours mais j'habite loin donc nous nous sommes arrangées).
Le pré-diag se termine avec un rdv "bilan" pour des explications, précisions et conseils.

Désolée pour la réponse un peu vague, je ne sais pas encore exactement comment ca va se passer, je suis actuellement en train de passer (encooore) des tests avec mon psychiatre pour étudier les comorbidités (je crois que ca s'écrit comme ca...).
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Message par FelixFelicis le Mar 19 Juil 2016 - 20:33

Blackmail je n'ose pas imaginer les efforts que vous avez du faire pendant tout ce temps, je suis consciente de la chance que j'ai de pouvoir passer des tests en étant encore adolescente...


Dernière édition par FelixFelicis le Mar 19 Juil 2016 - 21:34, édité 1 fois (Raison : faute d'orthographe)
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Message par izo le Mar 19 Juil 2016 - 20:39

Merci FelixFelicis pour ta réponse claire et instructive. Le processus engagé a l'air prégnant et long dans la passation.
Justement, cette durée est-elle pour lever les défenses éventuellement ou possiblement enclenchées et qui se lèvent sitôt qu'on soit fatigué (genre comme une garde à vue) ? L'objectif n'étant pas alors je pense de piéger le sujet mais d'optimiser le diagnostic.
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Message par Blackmail le Mar 19 Juil 2016 - 22:19

Alaintuitif a écrit:

Je me permets de réagir à ce point précis mais l'ensemble du post m'intéresse, je tenais à le préciser : avant de venir sur ce forum, je ne connaissais pas la "problématique" Asperger. N'étant pas personnellement concerné, ça me fait bizarre de lire que certains doivent faire des efforts d'empathie (sachant que je dois, moi, faire parfois des efforts pour être moins empathique) elephant

C'est un peu plus compliqué que cela. Beaucoup d'Asperger sont très empathiques dans le sens où ils ressentent facilement la souffrance ou la joie d'autrui. Ce ne sont pas des machines. Si eux-mêmes ont beaucoup de mal à comprendre leurs émotions (et en ont parfois peur, d'où des stratégies d'évitement), cela ne signifie pas qu'ils ne ressentent rien. Leur difficulté, c'est plutôt de fournir une réponse adaptée et socialement acceptable, c'est à dire que leur point faible se situe plus au niveau de la sympathie que de l'empathie.

Moi-même, j'ai apparemment hésité entre toutes ces postures, et je suis passé par tous ces états différents et notamment selon mon état de fatigue général. Reconnaître une émotion chez autrui, à présent je le peux et même plutôt bien. Mais agir comme il faut dans ces cas quitte à se remettre en cause, là c'est un apprentissage rigoureux et souvent douloureux.

------

Et puis, il ne faut quand même pas faire de tous les Aspies de gentils gogos un peu naïfs, ou ne leur trouver exclusivement que des qualités comme ce que font certaines associations initialement bien intentionnées, ou bien certaines figures médiatiques soi-disant représentatives de ce mal. Inutile de les enfermer dans des boîtes. Il en existe de toutes les sortes, qui vont en effet de l'altruiste le plus désintéressé que vous puissiez humainement rencontrer au plus détestable des paranoïaques racistes.
Après en avoir rencontré quelques uns IRL, il y a des Aspies que je trouve merveilleux, et d'autres dont j'aurais plutôt envie de casser la figure -au sens métaphorique, je déteste en réalité la violence-.

Et la fréquentation des forums Aspies vous donnera sans doute la même impression. Comme partout, il y a des cons et des moins cons.
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Message par Blackmail le Mar 19 Juil 2016 - 22:34

FelixFelicis a écrit:Blackmail je n'ose pas imaginer les efforts que vous avez du faire pendant tout ce temps, je suis consciente de la chance que j'ai de pouvoir passer des tests en étant encore adolescente...

Oui, mieux vaut être diagnostiqué le plus tôt possible, c'est évident.
De cette manière, l'entourage sait tout de suite comment se comporter et réciproquement. Si mon père avait su plus tôt cela, cela l'aurait sans doute évité de répéter, et répéter encore les mêmes erreurs avec moi et mon frère, et de nous forcer mordicus à développer des compétences que nous ne pourrons en réalité jamais avoir. "Capricieux, narcissique, prétentieux, paresseux"... Les noms d'oiseaux ont souvent volé bas.

Et l'incompétence des psychanalystes sur la question de l'autisme est limite criminelle, puisque pour eux tout est acquis, alors que là il s'agit clairement de troubles innés et involontaires.

Après l'annonce de mon diagnostic et après avoir visionné quelques documentaires sur la question, mes parents malgré leur âge ont tenu à me faire part de leurs profonds regrets concernant leur attitude passée intransigeante et peu compréhensive.

Et puis un diagnostic précoce peut également éviter à beaucoup de finir à l'HP bourrés de médocs susceptibles de leur détruire ce qu'il leur reste de cerveau. J'ai pu éviter cela, heureusement, mais pas tous.
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Message par FelixFelicis le Mer 20 Juil 2016 - 14:45

C'est malheureusement mon cas, je prends divers médicaments depuis 4 ans, je vois plusieurs spécialistes et je ne sors que très rarement de chez moi.
J'espère que tous ces tests me permettront d'avancer et de mieux me connaître.
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Message par Blackmail le Mer 20 Juil 2016 - 15:02

FelixFelicis a écrit:C'est malheureusement mon cas, je prends divers médicaments depuis 4 ans, je vois plusieurs spécialistes et je ne sors que très rarement de chez moi.
J'espère que tous ces tests me permettront d'avancer et de mieux me connaître.

Et bien j'espère sincèrement que quoi qu'en disent ces tests, cela finisse par aller mieux pour toi.
Un diagnostic de TSA a bien comme avantage le fait d'éviter la camisole chimique, puisque cette dernière est inutile. Mais le désavantage, c'est justement que ça ne se "guérit" pas. Il faut juste beaucoup de temps et d'apprentissage, et surtout de ses propres erreurs. Pas simple, mais pas impossible non plus.

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Message par noir le Sam 23 Juil 2016 - 7:05

Alaintuitif a écrit:
Blackmail a écrit:Ah oui... En attendant, mon patron qui est aussi l'un de mes meilleurs amis, et auquel j'ai confié l'intégralité de mes pérégrinations médicales, se dit en revanche très intéressé par les avantages fiscaux liés à la RQTH... Comme quoi il ne perd pas le nord.

C'est clair.
La RQTH, c'est quand même un sérieux avantage pour le boulot.Laughing

Je me permets de réagir à ce point précis mais l'ensemble du post m'intéresse, je tenais à le préciser : avant de venir sur ce forum, je ne connaissais pas la "problématique" Asperger. N'étant pas personnellement concerné, ça me fait bizarre de lire que certains doivent faire des efforts d'empathie (sachant que je dois, moi, faire parfois des efforts pour être moins empathique) elephant
La RQTH n'est pas un systématisme me semble-t-il ??
Il me semble qu'elle ne va obligatoirement avec le diagnostique;
déjà il faut en faire la demande et monter un dossier (MDPH je crois) et je ne suis sur que son "attribution" soit systématique.

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Message par noir le Sam 23 Juil 2016 - 8:00

Blackmail a écrit:Et pour des groupes d'aspies que j'ai été voir, par curiosité... en revanche, je ne suis pas assez littéral, je parle trop avec des métaphores et des sens équivoques (1), et mon sens de l'humour et de l'auto-dérision est paraît-il trop développé pour que la communication se fasse correctement (2). En plus, j'ai appris la prudence sur les questions intellectuelles (parfois), là où beaucoup d'Aspies sont apparemment très sûr d'eux lorsqu'ils affirment quelque chose (3). Et surtout, je fais trop attention à l'état émotionnel d'autrui (4), ça c'est le crime suprême paraît-il.
(1) Tu utilises les métaphores à l'oral aussi ?
l'humour aussi, à l'oral ?

(1 et 2) Je peux être assez différent entre oral et écrit.
Je peux faire de l'humour (pourcentage relatif néanmoins) et suis adepte de l'auto-dérision (que je peux pratiquer assez souvent / aisément); je crois qu'en ce qui me concerne je peux maitriser la situation - cette forme d'humour m'est sans doute le plus facilement accessible - et il n'y a tant de rapport à l'autre et réaction ou mauvaise expression transmise;
mais tout cela essentiellement possible par écrit;
je suis bien plus linéaire en réel; et atteindre ces strates de tierces degrés me demanderont sans doute pas mal d'efforts (mais non impossibles non plus) - c'est impossible sur la durée en revanche.

Sur l'humour: auto-dérision et jeux sur les mots sont sans doute les seules directions humoristiques que je puisse approcher.

Si quelqu'un eut prévu de moi que je sois le bout-en-train d'une soirée ou d'évènements, c'est raté !
je n'ai jamais su, ni même raconter une "histoire drôle", que ce soit d'en connaitre une, que ce soit de raconter et faire rire avec..

Mais enfin, en réel, cela se travaille aussi.
Ne travaillant plus ces parties (qui ont trait à image et socialisation) depuis une dizaine d'années; j'ai pas progressé à ce niveau,
pour aussi un certain confort personnel : je souris quand j'ai envie de sourire; cad pas souvent - et ne suis plus dans des contextes sociaux avancés; bref je ne joue plus - ou excessivement peu depuis pas mal d'années - j'ai dans l'ensemble des comptes à rendre à personne, ni vraiment besoin de plaire, convaincre, etc ; motifs pour lesquels une forme de jeu social est souvent requise.

Bon, sans doute que travailler pour soi (c'est mon propre boulot que j'ai créé et qui remplit mon frigo depuis 10 ans), ne pas avoir d'ami ni petite amie "aide" assez ! rabbit

Et aussi, au quotidien, je ne m’efforce ou ne me force pas à la sympathie. Avant j'eus eu à le faire; bonjour l'effort ! si je fais la gueule et non cool et souriant, je fais (parfois mais pas toujours) la ou les minutes nécessaires de socialisation me sachant tranquille pour le reste de la journée..

Il est "une connerie" que je m'applique depuis assez peu, relativement à de la socialisation; sympathie et humour.
Le contexte est que je reçois des vacanciers l'été (je loue un truc) depuis peut-être 6 ans.
La "connerie" est de sourire à l'accueil et dire bienvenue; chose que je ne faisais pas "naturellement". J'avoue me forcer un peu (15 à 20 secondes) et c'est mon seul forcage de traits : sourire et dire bienvenue. Après, tout ou presque est millimétré (je dis assez exactement les mêmes choses, et si j'ai un truc humoristique à sortir, je l'aurai déjà sorti à une autre / précédente occasion). J'en aurai pour une heure.

Je suis/étais/serais exténué de ces choses là (recevoir des gens, les installer, leur expliquer)

aujourd'hui je sais que c'est pas fait pour moi et trop couteux
(je ne le savais avant)
et difficile à changer silent

néanmoins parfois j'apprécie les gens (quand ils sont bien et pas des cons) et me montre gentil et bienveillant
(aussi discret.. c'est ici une qualité que les gens apprécient en ce contexte ! si je faisais des tas de réceptions / barbec avec des tas de personnes jusque pas d'heure, ce serait différent !!)

(en ce moment j'ai une psy de Belgique..
qui me fit la remarque de mon extrême précision lors de l'état des lieux; elle fut aussi assez casse-bonbons et questionneuse plus que d'habitude et ne suis surpris qu'elle soit "psy" vu son niveau de complication; néanmoins ils s'en vont tout à l'heure et leur séjour s'est bien passé; m'ayant fait un texto pour me dire leur satisfaction;
en sympathie "naturelle" je leur ai expliqué des lieux "à part" qu'ils recherchaient niveau mer et montagne, leur ai donné des citrons - les gens sont contents et aussi il peut me faire plaisir de faire plaisir;
parfois j'apprécie les échanges, mais toujours ça me fatiguera et faudra pas que ça s'éternise.

--

aussi je me rends compte plus généralement avoir des modèles de conversation: j'improvise peu et ressors plus ou moins les mêmes choses. Je suis peu adaptatif et évolutif sur cela.

--

(3) le doute et la faible confiance en ses propos sont fréquemment partagés chez les aspies

--

(4) je ne sais pour les autres,
je suis attentif en général à l'autre

je peux blesser mais en général en ce cas c'est parce que je l'aurai assez décidé
(sauf quand mon père pouvait me servir un peu de défouloir à anxiété - et aussi que parfois il l'amplifiait ou suscitait un peu notamment à une grosse part d'imprécision qu'il avait)

mais en général suis plutôt bienveillant (naturellement)

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Message par Asperzebre le Mer 27 Juil 2016 - 18:31

Blackmail a écrit:
J'ai lu par ailleurs dans cette section le cas d'une personne qui redoutait d'être déboutée de sa demande de diagnostic... Comme s'il existait un genre de mode, de fierté à se faire diagnostiquer Asperger. Et en effet, des faux autodiagnostiqués et qui se cherchent une identité originale et apparemment super tendance (surtout dans la micro-communauté des geeks et des informaticiens), il y en a apparemment par paquets entiers qui se pointent à la MDPH ou au CRA, comme me le confiera d'un air entendu l'un de mes docteurs...  Rolling Eyes
(au passage, si cette personne doit débourser 700 euros pour les tests, c'est qu'il y a de l'arnaque dans l'air. Moi je suis passé par le service public, certes c'est long pour obtenir des rendez-vous, mais tout était remboursé par la Sécu)

J'ai l'impression qu'on parle de moi ici.

Petite image qui me vient (qui ne colle pas parfaitement à la situation mais qui s'en rapproche un peu): imagine un noir dans une société ultra-majoritairement blanche, et à fort taux de racisme. Ce noir est tout à fait normal, n'a absolument aucun handicap, et pourtant il a une particularité (peau noire) qui l'empêche d'avoir une vie sociale et de s'insérer professionnellement.
Dans le cadre de cette société fictive, il me semble tout à fait justifié de lui accorder le statut de handicapé, afin de lui permettre d'avoir des aides financières et une vie décente.
Le fait d'être noir, n'est pourtant nullement un handicap en soi.
Dans une société plus tolérante, plus ouverte d'esprit, cet individu serait un humain comme tous les autres, avec les mêmes chances de réussite que les autres.
Mais dans le cadre de cette société fictive composée majoritairement de blancs racistes, être noir est un handicap social qui fait que l'individu est rejeté par la communauté.

De même, je considère qu'un Asperger n'est pas un handicapé au sens propre du terme, je ne me considérerais jamais moi-même comme un handicapé, et pourtant je suis conscient de mon exclusion sociale et je cherche à obtenir une compensation sous la forme d'une reconnaissance de handicap.
Je fais cette démarche non pas parce que je me considère handicapé, mais parce que je considère que notre société n'est pas encore assez mature pour accepter les gens comme moi.

Je n'ai aucune sorte de fierté à être Asperger, pour moi un Asperger est une personne normale, présentant juste une différence avec les gens 'normaux', et ayant des difficultés à s'adapter à la société à cause de cette différence.
Je ne comprend absolument pas cet effet de mode de vouloir se diagnostiquer pour faire 'cool', je le trouve débile (mais bon, je trouve tous les effets de mode débiles de toutes façons).
être Asperger ou ne pas l'être aurait au fond assez peu d'importance pour moi (à part m'apporter une meilleure compréhension de moi-même) si nous étions dans un autre modèle de société.

Ma peur de ne pas être diagnostiqué n'a rien à voir avec un quelconque sentiment d'avoir raté un examen, de ne pas faire partie d'une pseudo-élite liée à cet effet de mode.
Ma peur vient du fait que:
- d'une part je suis presque sur d'être Asperger et HQI, et je sais que ce double diagnostic est difficile à établir (donc risque de faux négatif: je suis effectivement asperger HQI, mais les psys ratent leur diagnostic et me déclarent 'normal').
-d'autre part je suis en échec social et professionnel:
J'ai 32 ans, je suis bloqué au RSA, je constate être incapable de m'insérer dans la société en tant que personne 'normale', les attentes envers moi étant beaucoup trop fortes notamment au niveau des relations sociales (les deux plus longues périodes d'emploi de ma vie ont duré seulement 3 mois chacune, et à chaque fois j'ai fini proche du burn-out)
De plus, je suis incapable de produire plus d'efforts d'insertion, je suis déjà à mon maximum et c'est très loin d'être suffisant.

Je suis convaincu que sans une reconnaissance Asperger il n'y a aucune chance que ces attentes envers moi diminuent, et donc aucun avenir professionnel pour moi.
Je place donc un bon 80% de mes espoirs de faire quelque chose de ma vie dans cette reconnaissance d'Asperger.
Un faux négatif aurait des conséquences dramatiques (probablement équivalent à une condamnation au RSA à vie).

Quand aux 700 euros, c'est parce que je passe par une structure libérale à 300km de chez moi (donc en plus du prix déjà bien élevé à la base, il faut ajouter des frais de déplacements, nuits à l'hotêl...)
Je trouve aussi ça abusif, mais je n'ai pas le choix, c'est ça où le public et ses 2-3ans d'attente.
Et je n'ai pas 3 ans d'attente à ma disposition, ça serait 3 ans de perdus, à ne rien faire de constructif de ma vie, à juste attendre le test.
Les plusieurs mois d'attente pour passer le test en libéral me sont déjà suffisamment difficiles à supporter comme ça.
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Message par Loxosceles le Mer 27 Juil 2016 - 20:12

Je me reconnais totalement dans ce passage (à part que je n'ai pas vraiment peur de ne pas être diagnostiqué, enfin j'y reviendrai plus bas), disons surtout la partie mise en gras :

Asperzebre a écrit:
Ma peur de ne pas être diagnostiqué n'a rien à voir avec un quelconque sentiment d'avoir raté un examen, de ne pas faire partie d'une pseudo-élite liée à cet effet de mode.
Ma peur vient du fait que:
- d'une part je suis presque sur d'être Asperger et HQI, et je sais que ce double diagnostic est difficile à établir (donc risque de faux négatif: je suis effectivement asperger HQI, mais les psys ratent leur diagnostic et me déclarent 'normal').
-d'autre part je suis en échec social et professionnel:
J'ai 32 ans, je suis bloqué au RSA, je constate être incapable de m'insérer dans la société en tant que personne 'normale', les attentes envers moi étant beaucoup trop fortes notamment au niveau des relations sociales (les deux plus longues périodes d'emploi de ma vie ont duré seulement 3 mois chacune, et à chaque fois j'ai fini proche du burn-out)
De plus, je suis incapable de produire plus d'efforts d'insertion, je suis déjà à mon maximum et c'est très loin d'être suffisant.


Je suis sûr d'être "différent", c'est une évidence, un fait.

La reconnaissance d'Asperger n'a quasiment aucun intérêt pour moi, mon ego.

Par contre, et c'est la seule et unique raison pour laquelle j'envisage éventuellement de tenter une reconnaissance, c'est que je sens que je ne peux pas faire davantage non plus pour m'intégrer. Bon, peut-être un tout petit peu, mais ce ne serait pas durable... En effet, je ne travaille plus de puis 16 ans, j'ai entre-temps effectué des stages et formations de 1 à 6 mois, à temps partiel... et j'ai "explosé" à chaque fois en 3/4 mois, malgré le fait que je faisais sauter des cours... Impossible de dépasser cette durée, alors que j'ai pourtant travaillé 5 ans, entre 22 et 27 ans (à temps plein, mais là aussi je me débrouillais pour faire moins, disons 30 heures, et il y avait des périodes plus intermittentes que d'autres : aucun contrat plus long qu'un an et demi sur ces 5 années).

En fait, je crois que je me suis brûlé les ailes pendant ces 5 années... Déjà, j'avais énormément de difficulté à suivre le rythme scolaire jusqu'en terminale (pourtant moins de 25h par semaine, si je me rappelle bien, et j'en faisais beaucoup moins, puisque je fuyais assidument les cours). Bref... j'ai appris à mes dépends à connaître mes limites, d'ailleurs la fin de ces 5 années a signé le début de mes troubles physiologiques (acouphènes, spasmophilie, etc.). Depuis, la fatigue et le stress progressent, et tout ce que je peux faire, c'est m'économiser.

Bref, tout ça pour dire que je ne pense pas pouvoir réintégrer "la société normale". Heureusement, et bien que je n'ai eu aucun diagnostic, je suis tombé un jour sur un bon psychiatre qui m'a permis d'obtenir l'AAH (j'y suis depuis 9 ans). Mais voilà, à la fin de chaque cycle, il faut revoir des psychiatres, faire un point... Il y a toujours une possibilité que cette chance s'arrête pour moi à un moment, sans reconnaissance officielle. Et je sais que si je tombe en régime de RSA ou truc du genre, je vais exploser psychologiquement... pour avoir connu ça (RMI avant l'AAH) et pour voir à quel point mon seuil de résistance s'est abaissé depuis...


Pour ce qui est du sujet initial, je n'ai qu'une chose à dire : il y autant de différences entre deux Asperger qu'entre un Asperger et un (prétendu) "neurotypique". Il n'y a donc rien d'étonnant à ne pas pouvoir rentrer pleinement dans aucune case, d'ailleurs la définition d'Asperger est sûrement mauvaise à ce jour (ce qui rend le diagnostic d'autant plus aléatoire).
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Message par meï le Mer 27 Juil 2016 - 21:27

Loxosceles a écrit:

Pour ce qui est du sujet initial, je n'ai qu'une chose à dire : il y autant de différences entre deux Asperger qu'entre un Asperger et un (prétendu) "neurotypique". Il n'y a donc rien d'étonnant à ne pas pouvoir rentrer pleinement dans aucune case, d'ailleurs la définition d'Asperger est sûrement mauvaise à ce jour (ce qui rend le diagnostic d'autant plus aléatoire).
oui, et non...à mon avis les aspis sont quand même un peu similaires sur bcp de points.
à vrai dire, quand je rencontre des aspis, (assos, cafés asperger...)je les "reconnais," je me sens plus en confiance qu'avec d'autres personnes.il y a une forme de compréhension globalement plus affutée qu'avec des NT.et surttou, je tombe le masque...je suis "moi".sans aucunes "comédie sociale".et ca ne gène personne! Very Happy
on est tous très différents de part nos parcours, etc mais il reste que nous avons quand meme en commun un "socle de traits autistiques."
(le SA est quand même bien diagnostiqué quand on a la chance d'être dans une bonne région avec un bon CRA ou de bons pros, ça se trouve en cherchant bien.il faut bien se renseigner, assos autisme, TSA etc.).)

il ne faut pas oublier que le SA est un autisme, un handicap avant d'ête une particularité sympathique, (comme il m'arrive de le percevoir dans certaines descriptions sur ce forum entre autres, ou ailleurs sur le net) donc oui les bilans sont complets, afois ardus.c'est un diagnostic qui ne se donne pas à la légère.(en théorie..)

ces sujets sur le SA me font toujours un peu peur, car on a parfois l'impression que pour beaucoup encore c'est juste un truc à part, pas un réel handicap au quotidien.
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Message par Blackmail le Jeu 28 Juil 2016 - 2:35

Asperzebre a écrit:

Ma peur vient du fait que:
- d'une part je suis presque sur d'être Asperger et HQI, et je sais que ce double diagnostic est difficile à établir (donc risque de faux négatif: je suis effectivement asperger HQI, mais les psys ratent leur diagnostic et me déclarent 'normal').
-d'autre part je suis en échec social et professionnel:

Ecoute: Je ne suis certainement pas qualifié pour dire si tu as tort ou si tu as raison, pour décréter que tu serais Asperger ou pas.

En revanche, je peux te relater ce que j'ai vu et entendu, suite à quelques discussions avec des professionnels lors de mes propres entretiens. Ils m'ont expliqué que, en effet, leurs services sont actuellement saturés par des personnes se disant auto-diagnostiquées, en très fort échec social et professionnel, et plaçant un espoir immense dans un éventuel diagnostic positif. Sauf que la moitié des personnes qui se pointent finissent par être rapidement écartées, car elles simulent les symptômes, et souvent avec conviction et sincérité, étant elles-mêmes intimement persuadées de l'être.
Ces personnes ont apparemment de tout autres problèmes d'ordre psychologique (souvent très graves et là n'est pas la question), sauf que pour des raisons qui les concernent, elles semblent estimer qu'être Asperger est plus flatteur, moins humiliant et moins problématique que d'être diagnostiqué bipolaire, schizophrène ou dépressif. Par exemple, juste devant moi lors des tests, il y avait un garçon gravement obèse qui se plaignait de ne presque jamais être embauché, de ne pas supporter les foules ou le contact humain, ou de ne pas pouvoir tenir plus de quelques semaines à la fac ou dans un éventuel travail. Manifestement, il refusait de voir la réalité en face. Son problème tenait à son apparence physique limite effrayante, qui était lui-même un symptôme assez grave d'autres maladies (peut-être métaboliques ?). Mais il expliquait qu'il préférait mille fois un diagnostic Asperger à tous les autres.
Il a fini par être éconduit après une demi-heure seulement, et s'en est allé en larmes, en hurlant, pleurant et suppliant qu'on lui accorde son diagnostic tant espéré.
Tout le monde s'est senti très mal à l'aise. Mais l'un des docteurs a tenu à m'expliquer plus tard que ce qui venait d'arriver était hélas monnaie courante.
La moitié des candidats sont ainsi progressivement écartés.

Mon cas est inverse au tien. J'étais venu en espérant un diagnostic négatif, afin d'en avoir le coeur net et parce que de nombreux amis m'avaient fortement recommandé de le faire, même si j'étais plutôt réticent à la base. Sauf que... et bien même en réussissant en apparence des tests d'empathie (parce que j'ai la quarantaine et que j'ai très bien appris à compenser), apparemment j'étais malgré tout un cas typique qui rentrait tout à fait dans leurs critères.
Peut-être est-ce pour cela que je trouve étrange cette volonté de marteler ta condition d'Asperger jusque dans le pseudonyme que tu emploies. Tu n'as pas de bilan médical, mais tu décrètes néanmoins que tu l'es, sans aucune remise en question possible. Et pire, tu sembles définir ton identité ici-même uniquement à l'aune de ce qui est pourtant un trouble neurologique grave. Et enfin, tu le fais avec des explications qui en réalité sont équivoques, qui pourraient certes relever d'un SA mais qui pourraient tout autant ne pas l'être non plus.
Enfin, la façon même dont tu décris les "avantages" qu'il y aurait à un diagnostic SA pour toi, et surtout dans la manière dont tu te victimises me feraient plutôt bondir. Le parallèle avec le racisme me semble particulièrement malvenu. Et il s'agit bien d'un handicap quoi que tu en dises, je pense même ressentir assez intimement pourquoi à présent. Pas de quoi se vanter, même si l'on peut et l'on doit en parler.

J'avoue, je trouve cela perturbant. Comprends-tu au moins pourquoi ?

Le fait de passer par une officine libérale ne te garantit en réalité rien du tout quant à l'exactitude du diagnostic. Au contraire même. Les gens que tu as contactés sont payés pour fournir de tels diagnostics, ils en vivent. Contrairement aux médecins dans le public, il n'est pas dans leur intérêt matériel de t'envoyer promener même si manifestement tu ne rentrais pas dans leurs critères, dans la mesure où tu les paies, et chèrement en plus. De plus, il n'y a je crois aucune garantie que le papier qu'ils te fournissent soit reconnu d'un point de vue administratif comme équivalent à celui délivré par un CRA.
Beaucoup de parasites, de médecins "parallèles" et de pseudo-psychiatres hantent les cercles fréquentés par des Asperger auto-diagnostiqués parce qu'ils sentent qu'ils ont là de bons pigeons faciles à plumer du fait de leur situation de détresse sociale et psychologique.

-----

Maintenant, il est fort possible que tu sois effectivement Asperger, et qu'un diagnostic puisse sensiblement améliorer tes conditions d'existence. Je ne dis pas le contraire.

Mais il demeure quantités de points qui me semblent curieux et qui à mon humble avis devraient être retravaillés si tu tiens à faire face à des psychologues professionnels.

Je souhaite bien entendu que tu t'en sortes au final.


Dernière édition par Blackmail le Jeu 28 Juil 2016 - 19:39, édité 1 fois
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Message par meï le Jeu 28 Juil 2016 - 10:19

Blackmail a écrit:
Asperzebre a écrit:
Ma peur vient du fait que:
- d'une part je suis presque sur d'être Asperger et HQI, et je sais que ce double diagnostic est difficile à établir (donc risque de faux négatif: je suis effectivement asperger HQI, mais les psys ratent leur diagnostic et me déclarent 'normal').
-d'autre part je suis en échec social et professionnel:

je le suis (hpi et asperger) et j'ai pourtant (à l'instar de nombreux camarades aspis de mes cafés asperger) été diagnostiquée.....le peur ne doit pas eviter la confrontation avec la réalité. Wink

Ecoute: Je ne suis certainement pas qualifié pour dire si tu as tort ou si tu as raison, pour décréter que tu serais Asperger ou pas.
moi non plus

En revanche, je peux te relater ce que j'ai vu et entendu, suite à quelques discussions avec des professionnels lors de mes propres entretiens. Ils m'ont expliqué que, en effet, leurs services sont actuellement saturés par des personnes se disant auto-diagnostiquées, en très fort échec social et professionnel, et plaçant un espoir immense dans une éventuel diagnostic positif. Sauf que la moitié des personnes qui se pointent finissent par être rapidement écartées, car elles simulent les symptômes, et souvent avec conviction et sincérité, étant elles-mêmes intimement persuadées de l'être.
Ces personnes ont apparemment de tout autres problèmes d'ordre psychologiques (souvent très graves et là n'est pas la question), sauf que pour des raisons qui les concernent, elles semblent estimer qu'être Asperger est plus flatteur, moins humiliant et moins problématique que d'être diagnostiqué bipolaire, schizophrène ou dépressif. Par exemple, juste devant moi lors des tests, il y avait un garçon gravement obèse qui se plaignait de ne presque jamais être embauché, de ne pas supporter les foules ou le contact humain, ou de ne pas pouvoir tenir plus de quelques semaines à la fac ou dans un éventuel travail. Manifestement, il refusait de voir la réalité en face. Son problème tenait à son apparence physique limite effrayante, qui était lui-même un symptôme assez grave d'autres maladies (peut-être métaboliques ?). Mais il expliquait qu'il préférait mille fois un diagnostic Asperger à tous les autres.
Il a fini par être éconduit après une demi-heure seulement, et s'en est allé en larmes, en hurlant, pleurant et suppliant qu'on lui accorde son diagnostic tant espéré.
Tout le monde s'est senti très mal à l'aise. Mais l'un des docteurs a tenu à m'expliquer plus tard que ce qui venait d'arriver était hélas monnaie courante.
La moitié des candidats sont ainsi progressivement écartés.

Et il s'agit bien d'un handicap quoi que tu en dises, je pense même ressentir assez intimement pourquoi à présent. Pas de quoi se vanter, même si l'on peut et l'on doit en parler.

J'avoue, je trouve cela perturbant. Comprends-tu au moins pourquoi ?

Le fait de passer par une officine libérale ne te garantit en réalité rien du tout quant à l'exactitude du diagnostic. Au contraire même. Les gens que tu as contactés sont payés pour fournir de tels diagnostics, ils en vivent. Contrairement aux médecins dans le public, il n'est pas dans leur intérêt matériel de t'envoyer promener même si manifestement tu ne rentrais pas dans leurs critères, dans la mesure où tu les paies, et chèrement en plus. De plus, il n'y a je crois aucune garantie que le papier qu'ils te fournissent soit reconnu d'un point de vue administratif comme équivalent à celui délivré par un CRA. je susi d'accord.
Beaucoup de parasites, de médecins "parallèles" et de pseudo-psychiatres hantent les cercles fréquentés par des Asperger auto-diagnostiqués parce qu'ils sentent qu'ils ont là de bons pigeons faciles à plumer du fait de leur situation de détresse sociale et psychologique.-----

Maintenant, il est fort possible que tu sois effectivement Asperger, et qu'un diagnostic puisse sensiblement améliorer tes conditions d'existence. Je ne dis pas le contraire.

Mais il demeure quantités de points qui me semblent curieux et qui à mon humble avis devraient être retravaillés si tu tiens à faire face à des psychologues professionnels.

Je souhaite bien entendu que tu t'en sortes au final.

je suis entièrement d'accord avec tout ce qui est écrit ici.je n'aurais pas pu écrire mieux.

je suis arrivée au diag en 2012, avant de comprendre cette "médiatisation" des TSA, avant le rush actuel.(que je ressens aujour'hui par exemple lors des cafés aspergers, les demandes de renseignements sont en augmentation pour y venir; de manière incroyable..)

avant mon diag CRA, j'ai été prédiagnostiquée par une de ces pros libérale dont on parle plus haut, en 2010.bon, elle n'avait pas tort me concernant, mais son diag était basé sur du léger (2h30 de RV avec quelques tests....de type rdos etc.)et de plus le prediag ecrit, personne ne l'a pris au serieux, ca ne valait rien aux yeux de quelquonque professionnel, au CRA ils ne l'on même pas regardé! moi je n'avais quasi rien payé, (elle m'avait fait payé le pix de 2 consultations); mais il y en a qui sont capables de payer 500/700 euros a des neuropsys etc pour ce prédiag, qui ne vaut rien officiellement!)

au CRA le médecin m'a dit dès la première entrevue que mon parcours etait cohérent avec le SA (mais jai des "casseroles " Wink  et une longue experience de la psychiatrie plus jeune....pour "troubles anxieux et phobie sociale", à lepoque ils ne connaisaient pas l'asperger)
mon bilan s'st très bien passé, une equipe à l'écoute et de vrais pros.un bilan c'est dur, ca creuse oin, (on demande meme a une personne qui a connu la personne enfant pour l'ADI et c'est pour certans delicat...), ca remue. mais c'est du costaud. j'ai vécu ma confirmation de SA comme à la fois un soulagement, et une peine longue à vie.

mais je ressens le SA comme un véritable handicap, pas une vague difference de fonctionnement qui me donne des difficultés avec les autres et des difficultés d'integration pro...
je ne comprends pas que le coté "handicap sensoriel", ne soit pas integré par bcp de personnes qui s'orientent vers  un diag de SA, par exemple.j'entends rarement des gens qui pensent au SA parler de leurs hypersensibilités visuelle, ou autidive, ou sensorielle, qui les gênent au quotidien.et pourtant ca fait parie du SA....ou d'autres trucs moins "glamour" que ce qu'on entend dans les series télévisées américaines etc.
j'ai du accepter le fait d'être handicapée, après l'avoir combattu une partie de ma vie.alors aujourd'hui je ne comprends pas un certain "engouement" pour le SA....c'est compliqué pour moi de lire certains témoigngnages qui me seblent bien legers pour un SA véritable.(même si je ne suis pas pro...)
certes j'ai dans mes connaissances aujourd'hui de nombreux aspis qui travaillent, (mais ont choisi leur voie ou sont  a leur compte ca change tuot), ou ont une famille (moi aussi donc je sais que cest possible et meme courant.)
l'autisme se transmet génétiquement donc la plupart des aspis ont de enfants avec autisme leger ou plus intense....(c'est mon cas, un garçon diag autiste asperger , cete année à 14 ans, par ex...et la plupart des familles aspis de ma connaisances c'est pareil....et ça il faut le dire!!)
et "donner l'autisme" c'est pas cool....pas cool du tout.)
bref...
j'espère moi aussi que chacun qui se questionne ici est en passe de trouver une solution a ses problèmes  un diag effectif de SA ou autre chose l'important est de s'accepter et de saimer tel que.(long travail d'ne vie...)mais gardez vous un peu des témoignages virtueils sur el SA, des témoignages d'autodiag, ou des gens qui "se sentent bien avec le SA"....(et pronent juste la difference ) parce que non, le SA est plus que ça.il ne suiffit pas d'avoir des probleme de travail ou de relationnel.
c'est de lautisme, un handicap lourd au quotidien, et même ceux qui paraissent bien s'en sortir galèrent (je les cotoie.meem ceux des vidéos, des blogs....(qui sont pour bcp des amis) galèrentparfois plus qu'ils n'osent l'avouer.) Wink
bon courage.
et aller au diag c'est faire preuve de courage et de réalisme.(un peu come passer le wais pour la douance.. Wink .)
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Message par Loxosceles le Jeu 28 Juil 2016 - 12:52

Pour ma part, étant auto-diagnostiqué, je suis bien conscient que mon propre jugement sur moi-même est sujet à caution. Par contre je n'avais jamais entendu parler de cet engouement (s'il est réel, et apparemment ce serait le cas). Je n'ai pas beaucoup de peine à imaginer pourquoi des gens pourraient se sentir attirés par une telle forme de "reconnaissance", tout simplement et en premier lieu par ce que la société est avare d'une quelconque forme de reconnaissance envers les personnes. Or, nous vivons dans une société individualiste, dans laquelle la seule reconnaissance mesurable est le salaire... qui n'est là que pour reconnaitre qu'un travail a été fait. Puis il y a le cinéma, les Rainman et autres. Il est clair qu'être reconnu autiste avec un haut potentiel intellectuel, sans les inconvénients de l'autisme est alléchant, dans une société où règnent le coaching, le développement personnel et le new age (enfants indigos, et autres promesses d'être ou devenir exceptionnel, pour un prix variable en terme d'efforts personnels et/ou financiers).

Pour revenir sur mon cas, comme je l'ai dit, une reconnaissance officielle m'apporterait non pas une satisfaction égotique, mais un soulagement. J'hésite toutefois beaucoup à en passer par là. D'abord je n'en ai pas besoin pour le moment : j'ai déjà une reconnaissance de handicap et de travailleur handicapé. La seule chose est que, quand je me suis aperçu, après l'avoir nié un certain temps, que je pourrais bien être autiste Asperger, cela m'a presque "illuminé" sur les difficultés que j'ai pu connaitre depuis la petite enfance (j'ai des souvenirs de non-inclusion dans le groupe assez tenaces, et qui remontent pour certains à la maternelle, c'est à dire aussi loin que je puisse me souvenir). Cela a fourni quantité d'explications qui, tout d'un coup, jetaient une nouvelle lumière sur mon errance scolaire, professionnelle, personnelle, ma façon bien particulière de voir les choses et la vie, mais aussi ma façon bien à moi d'interagir (ou parfois ne pas interagir) avec le monde. C'était vraiment comme si j'ouvrais une porte qui donnait sur 40 années d'existence jusqu'alors inexpliquées.

Je ne suis pas dépressif (peut-être une tendance, mais n'est-elle pas plutôt la conséquence d'une usure émotionnelle, co-morbidité de l'autisme lui-même ?), je ne suis pas bipolaire (les psy que je vois depuis des années s'en seraient rendus compte, il me semble). On m'a collé un jour l'étiquette de borderline, mais je ne suis jamais parvenu à m'identifier à ce diagnostic. Pour moi ça sonnait comme un fourre-tout commode et peu convaincant. On m'a aussi dit "anti-conformiste" et des trucs dans ce genre, c'était même dans mon dossier initial pour la reconnaissance AAH (au côté de l'étiquette borderline), mais là aussi, et a fortiori avec le recul, cela m'a surtout paru comme une explication bouche-trou par rapport à un diagnostic qui était passé à côté d'autre chose.

Là où je veux en venir, c'est que je n'ai pas vraiment d'intérêt ni d'envie ou de volonté d'être reconnu autiste. La seule crainte que j'ai, personnellement, par rapport à aller me confronter à un diagnostic c'est : si jamais on ne me reconnaissait pas autiste, alors qu'est-ce que je suis ? Si c'est pour retourner dans 15 ans de psychothérapie-psychanalyse (j'ai aussi fait de l'hôpital de jour, ils n'ont jamais pu cerner mon problème), j'ai envie de dire : non merci.

J'admets que je suis un peu en rébellion contre tout, y compris la médecine et les psy. Je les fuis comme j'ai fui l'école qui me bouffait, le travail qui me tuait à petit feu. Aussi, j'ai peu confiance dans la compétence supposée de ces gens, et mon expérience tend plutôt à m'indiquer que si on pouvait me sortir du circuit, à défaut de me faire rentrer dans une case, on le ferait (quitte à ce que cela signe "la fin" pour moi). Donc je ne me sens pas en confiance tout court. Je dirais même que je me sens en danger, car pour avoir expérimenté l'anxiété au quotidien depuis 15 ans (en refusant toute médication autre que si possible légère, naturelle et passagère, pour soutenir les moments les plus difficiles), pour être allé papillonner d'un psy à l'autre sans pratiquement jamais m'accrocher à un (sauf ma psychologue actuelle, la seule personne vraiment compétente rencontrée dans mon parcours, mais ne pouvant bien sûr pas effectuer le diagnostic), et pour avoir vécu aussi des périodes d'idées noires et cauchemardesques intenses lorsqu'il était question de me réinsérer socialement et professionnellement (je ne suis pas compétent pour le dire, mais ça ressemblait à des épisodes quasi-psychotiques, sans en être vraiment à mon sens, car j'ai toujours conservé le sens de la réalité, je me sentais juste intensément en danger dans ce que je suis, et dans ma survie psychologique), je n'ai vraiment pas envie de repartir en errance de diagnostic. Je ne peux pas reprocher aux psy de ne pas tout savoir. Mais je me sens en droit de reprocher à la société de me mettre en danger en réclamant de moi un diagnostic précis pour continuer à avoir droit à la protection de l'AAH, sans laquelle je ne suis plus qu'une bête blessée en attente d'être achevée.

Alors voilà. Est-ce que ma détresse correspond forcément à un SA, je n'en sais rien. Je sais que j'ai remarqué que ce syndrome expliquerait énormément de choses en ce qui me concerne, voire "tout". J'en suis arrivé à un niveau de telle conviction que cela deviendrait dangereux de me retrouver sans aucune explication à la place de celle-ci. Du coup, je ne peux pas affirmer si, en effet, le SA correspond dans mon cas à ce puissant handicap social que je vis, je peux simplement dire que je vis une telle chose, et que cela y ressemble fort.
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Message par Invité le Jeu 28 Juil 2016 - 19:07

Bonjour, j'aimerai intervenir concernant le bilan ou pré-diagnostic fait en libéral.
En région parisienne les CRA sont débordés et annoncent 18 mois d'attente pour le 1er rendez-vous, et encore 18 mois pour faire passer les tests.
Pour mon fils c'est le CRA qui m'a conseillé de passer par le libéral.18 mois x 2 c'est vraiment un délai délirant. Il aurait déjà été au collège.

Les tests ont duré en tout 8h, 2h d'entretien tout ensemble, 4h de tests pour mon fils (2 seances de 2h) 2h de questionnaire pour nous parents.
La psychiatre du CRA l'a lu au cours de notre entretien et a ciblé ses questions sur les points du bilan qu'elle avait besoin d'éclaircir.
Pendant ce temps, dans la même pièce, une infirmière jouait avec mon fils.
Nous avons passé la matinée au CRA.
La psychiatre a validé sans test supplémentaire le bilan passé en libéral. Elle nous a dit que le TSA de mon fils ne faisait aucun doute et que les tests passés chez Espas-iddes (le cabinet libéral) étaient suffisants pour poser le diagnostic.

Je ne pense pas qu'un psy en cabinet donnerait un bilan TSA à la légère juste parce que la personne paie.
C'est d'ailleurs comme pour un test de QI, on paie et pourtant le psy peut dire que la personne n'est pas HQI.
De plus, si le bilan ne parait pas sérieux, le CRA ne le validera pas.

Blackmail, ton histoire de personne obèse qui s'est fait refoulée parce que son problème ne semblait pas lié au TSA,  on peut quand même se demander si le CRA ne s'est pas arrêté au problème le plus flagrant de cette personne sans aller plus loin.
Comment un psychiatre peut refouler quelqu'un après 30 min d'entretien ?
L'avantage avec le libéral c'est que tu paies pour les tests, et la conclusion du psy se base sur ces tests (et non sur une évidence physique qui conduit a un jugement subjectif du CRA).

Blackmail, dans quel CRA as-tu passé ton diagnostic ?
Peux-tu nous parler un peu de ton parcours ?
Entre le début de tes démarches et le diag, il s'est écoulé combien de temps ?

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Message par Invité le Jeu 28 Juil 2016 - 21:37

Salut blackmail,

Je suis heureux de voir que tu es bel et bien "de retour", et de decouvrir ton fil, je vais pouvoir creuser un peu et poursuivre notre echange irl fort riche d'information.

Surtout de cet aspect autodiagnostique.

J'utilise plutot la formulation aspi, ou facettes aspi, en raison de mon autodiagnostique. J'ai aussi pris connaissance d'un profil que je ne connaissait pas, "autiste haut niveau".
Qui de ce qu'on m'a dit peut se confondre avec aspi (je ne me sent pas concerné, mais cela peut peut etre interresser).
Je reviendrais relire ton topic a l'occasion, j'ai ce qu'il pour avancer avec les notions que j'ai et mes ptites facettes aspi Wink

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Message par Pretanama le Lun 1 Aoû 2016 - 1:57

Asperzebre a écrit:
Blackmail a écrit:
J'ai lu par ailleurs dans cette section le cas d'une personne qui redoutait d'être déboutée de sa demande de diagnostic... Comme s'il existait un genre de mode, de fierté à se faire diagnostiquer Asperger. Et en effet, des faux autodiagnostiqués et qui se cherchent une identité originale et apparemment super tendance (surtout dans la micro-communauté des geeks et des informaticiens), il y en a apparemment par paquets entiers qui se pointent à la MDPH ou au CRA, comme me le confiera d'un air entendu l'un de mes docteurs...  Rolling Eyes
(au passage, si cette personne doit débourser 700 euros pour les tests, c'est qu'il y a de l'arnaque dans l'air. Moi je suis passé par le service public, certes c'est long pour obtenir des rendez-vous, mais tout était remboursé par la Sécu)

J'ai l'impression qu'on parle de moi ici.

Petite image qui me vient (qui ne colle pas parfaitement à la situation mais qui s'en rapproche un peu): imagine un noir dans une société ultra-majoritairement blanche, et à fort taux de racisme. Ce noir est tout à fait normal, n'a absolument aucun handicap, et pourtant il a une particularité (peau noire) qui l'empêche d'avoir une vie sociale et de s'insérer professionnellement.
Dans le cadre de cette société fictive, il me semble tout à fait justifié de lui accorder le statut de handicapé, afin de lui permettre d'avoir des aides financières et une vie décente.
Le fait d'être noir, n'est pourtant nullement un handicap en soi.
Dans une société plus tolérante, plus ouverte d'esprit, cet individu serait un humain comme tous les autres, avec les mêmes chances de réussite que les autres.
Mais dans le cadre de cette société fictive composée majoritairement de blancs racistes, être noir est un handicap social qui fait que l'individu est rejeté par la communauté.

De même, je considère qu'un Asperger n'est pas un handicapé au sens propre du terme, je ne me considérerais jamais moi-même comme un handicapé, et pourtant je suis conscient de mon exclusion sociale et je cherche à obtenir une compensation sous la forme d'une reconnaissance de handicap.
Je fais cette démarche non pas parce que je me considère handicapé, mais parce que je considère que notre société n'est pas encore assez mature pour accepter les gens comme moi.

Je n'ai aucune sorte de fierté à être Asperger, pour moi un Asperger est une personne normale, présentant juste une différence avec les gens 'normaux', et ayant des difficultés à s'adapter à la société à cause de cette différence.
Je ne comprend absolument pas cet effet de mode de vouloir se diagnostiquer pour faire 'cool', je le trouve débile (mais bon, je trouve tous les effets de mode débiles de toutes façons).
être Asperger ou ne pas l'être aurait au fond assez peu d'importance pour moi (à part m'apporter une meilleure compréhension de moi-même) si nous étions dans un autre modèle de société.

Ma peur de ne pas être diagnostiqué n'a rien à voir avec un quelconque sentiment d'avoir raté un examen, de ne pas faire partie d'une pseudo-élite liée à cet effet de mode.
Ma peur vient du fait que:
- d'une part je suis presque sur d'être Asperger et HQI, et je sais que ce double diagnostic est difficile à établir (donc risque de faux négatif: je suis effectivement asperger HQI, mais les psys ratent leur diagnostic et me déclarent 'normal').
-d'autre part je suis en échec social et professionnel:
J'ai 32 ans, je suis bloqué au RSA, je constate être incapable de m'insérer dans la société en tant que personne 'normale', les attentes envers moi étant beaucoup trop fortes notamment au niveau des relations sociales (les deux plus longues périodes d'emploi de ma vie ont duré seulement 3 mois chacune, et à chaque fois j'ai fini proche du burn-out)
De plus, je suis incapable de produire plus d'efforts d'insertion, je suis déjà à mon maximum et c'est très loin d'être suffisant.

Je suis convaincu que sans une reconnaissance Asperger il n'y a aucune chance que ces attentes envers moi diminuent, et donc aucun avenir professionnel pour moi.
Je place donc un bon 80% de mes espoirs de faire quelque chose de ma vie dans cette reconnaissance d'Asperger.
Un faux négatif aurait des conséquences dramatiques (probablement équivalent à une condamnation au RSA à vie).

Quand aux 700 euros, c'est parce que je passe par une structure libérale à 300km de chez moi (donc en plus du prix déjà bien élevé à la base, il faut ajouter des frais de déplacements, nuits à l'hotêl...)
Je trouve aussi ça abusif, mais je n'ai pas le choix, c'est ça où le public et ses 2-3ans d'attente.
Et je n'ai pas 3 ans d'attente à ma disposition, ça serait 3 ans de perdus, à ne rien faire de constructif de ma vie, à juste attendre le test.
Les plusieurs mois d'attente pour passer le test en libéral me sont déjà suffisamment difficiles à supporter comme ça.

Ca vous intéressera peut-être:

http://paulcooijmans.com/personalitytests/asperger.html
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Message par meï le Lun 1 Aoû 2016 - 10:41

Pretanama a écrit:

Ca vous intéressera peut-être:

http://paulcooijmans.com/personalitytests/asperger.html
interessant..
mais bon certaines propositions sont assez obsolètes aujourd'hui, même si elles représentent encore la majorité des aspis. je connais bcp d asperger (de plus en lus en fait) diagnostiqués ou en cours, avec conjoint ou et enfants.(et emplois stable..mais des difficultés quand même d'ou le diag souvent, surtout pour ceux qui ne "choisissent pas leur travail" ou ne sont pas leurs propre patrons.).)et c'est dommage car ces considérations répandues n'aident pas à la detection des aspis "camouflés".(par exemples, trop de médecins (et même de pros de l'autisme) disent encore à des personnes venues consulter, "vous ne pouvez pas être concernés par de 'lautisme, vous etes en cuople/avez des enfants/avez un emploi..." et c'est fort dommage. Wink
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Message par Asperzebre le Lun 1 Aoû 2016 - 12:26

Merci pour le lien Pretanama.

J'ai fait quelques tests 'bidons' pour voir les différents résultats.
0-3: inférieur à la moyenne des adultes intelligents
4-22: dans la moyenne
23-32: au dessus de la moyenne, chances accrues de problèmes psychosociaux ou psychiatriques.
33-42:largement au dessus, nouvelles problématiques: résistance au stress réduite, manque d'empathie...
43-52, et 53-54: 2 tranches supplémentaires, même problèmes que la tranche 33-42, en plus poussés.

Pour ma part, 29 à 35 au test en répondant sérieusement (j'hésite sur certaines propositions, 29 en ne mettant que ce dont je suis sûr, 35 en mettant tout ce sur quoi j'hésite), donc je suis à cheval entre la 3ème et la 4ème catégorie, clairement différent d'un adulte intelligent 'normal'.
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Message par Invité le Lun 1 Aoû 2016 - 13:22

J'ai eu 1 Laughing (Read full manual before taking equipment into use).
Le "bitten by dog" me laisse perplexe.

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Message par Magnetique le Lun 1 Aoû 2016 - 13:35

Je te dirai cela très bientôt, je suis suivie dans un CRA qui pense que oui, je suis aspi (trouble du spectre autistique).

Dans quelle mesure, ça je n'en sais rien pour le moment.
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Message par Asperzebre le Lun 1 Aoû 2016 - 13:36

bitten by dog est surement une expression anglaise.
au sens littéral ça n'a pas grand intérêt, je ne vois pas en quoi le fait d'être mordu par un chien aurait un quelconque lien avec des traits autistiques.
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Message par Invité le Lun 1 Aoû 2016 - 14:01

Ce test n'est pas très sérieux.
Shy, homeless, still Virgin... Laughing

Magnétique, quand tu dis que tu es suivie par un CRA, tu veux dire que tu es en cours de diagnostic ou tu es suivie par un psychiatre du CRA ?
Je te demande cette précision parce que je ne savais pas que les CRA faisait aussi du suivi psy et donc ca me surprend (mais ce serait une bonne nouvelle)

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Message par meï le Lun 1 Aoû 2016 - 15:46

Parisette a écrit:Ce test n'est pas très sérieux.
Shy, homeless, still Virgin... Laughing
et pourtant.. Wink
la première psy spé que j'ai rencontrée m'a parlé de ses etudes sur les aspis non detectés et leurs parcours..et c'est un peu ça..

j'ai été moi aussi "homeless", (vers 20 ans apres mon hospi entre autres), et toxicomane, et décrite toute ma vie comme maladivement timide (-alors que pas du tout, juste "pas besoin de parler", mais pour le commun des NT c'est "timide".) et en connait de nombreux autres via assos.(au parcours chaotique et marginal.)...des gens qui ne se compennent pas eux même, ne savent pas ce qu'ils font là, ni qu'ils sont autistes et donc ne comprennent pas leur incohérences vis à vis de leur entourage.
elle m'a parlé du fait que l'on retrouve paradoxalement bcp d'aspis ds les centres d'addicto, ou d'alcoologie.bcp sont en situation de marginalisation.
les aspis non detectés qui vivotent ds cette société (ou en marge) et ne la comprennent pas sont nombreux.

il n'y a malheureusement pas que ceux detectés et suivis, hélas, ni ceux qui ont un entourage familial qui même sans les savoir autistes savent les entourer et les accompagner.
certes ce test est léger, c'est sur, mais on y trouve des elements recurrents chez les aspis.
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Message par Magnetique le Lun 1 Aoû 2016 - 21:30

Parisette, oui je les vois une fois/mois.

Wink
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Message par Ponds le Sam 6 Aoû 2016 - 4:22

Blackmail a écrit:Par exemple, juste devant moi lors des tests, il y avait un garçon gravement obèse qui se plaignait de ne presque jamais être embauché, de ne pas supporter les foules ou le contact humain, ou de ne pas pouvoir tenir plus de quelques semaines à la fac ou dans un éventuel travail. Manifestement, il refusait de voir la réalité en face. Son problème tenait à son apparence physique limite effrayante, qui était lui-même un symptôme assez grave d'autres maladies (peut-être métaboliques ?). Mais il expliquait qu'il préférait mille fois un diagnostic Asperger à tous les autres.
Il a fini par être éconduit après une demi-heure seulement, et s'en est allé en larmes, en hurlant, pleurant et suppliant qu'on lui accorde son diagnostic tant espéré.

Tu vois un gros, tu te dis que son plus gros souci c'est d'être gros. Si je vois un gars moche qui me raconte ses soucis, je dois lui expliquer que c'est parce qu'il est moche qu'il a des problèmes ? Rolling Eyes

Et pire, tu sembles définir ton identité ici-même uniquement à l'aune de ce qui est pourtant un trouble neurologique grave

Certains vivent bien d'être Asperger. Ils ne se connaissent pas autrement qu'autistes : c'est eux, et ils ne se vivent pas comme des cas médicaux graves.

Ponds

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