Le silence

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Message par Glory le Mer 31 Déc 2014 - 17:18

Je vous offre un écrit. Ne soyez pas trop critique, je m'égare souvent...

Le silence:



Tu l'entends là dans le désordre de la nuit?

La lune qui bafouille, qui nous raconte qu'elle se meurt dans sa petite éternité. Au-delà de la voie lactée, là où il fait froid...

Si froid.
Et en bas, au loin en arrière-plan, le ciel affolé projette l'aube recroquevillée sous son édredon de peur de s'ouvrir au grand jour.

Tremblante.
Blottie au creux de l'étoile qui me berce.
La seule qui me tend les bras.

Mon exil.
Étreintes silencieuses, complaintes dans la nuit chavirée, cherchant mes pensées porcelaines prêtes à éclater. Je les touche, délicatement, du bout des doigts. Elles me racontent l'histoire tendre de deux amants allongés sous le bruissement d'hier. Prologue d'un roman inachevé, entassé sur les étagères intimes d'une autre vie.

Pages raturées. Placardées. Cadenassées

Et de cette pauvre plume, issue des brumes épistolaires, poursuivre les pages à l'encre blanche, sur le papier abîmé, filigrane, arabesques, ébauches accablées de mots muets. Points de suspensions mis à nu en quête de l'absolu. Parenthèses du néant, tels les mots sur mes lèvres qui s'envolent vers l'éphémère, chimères qui craquent l'instant. qui sombrent telle une pensée éthérée pour en extraire le silence, face à des mots qui se consument dans des murmures en suspens.

Et d'un souffle, dépoussiérer les pages du roman, le lire, le relire.
Délicatement pour ne pas effriter les pages jaunies par le temps, les mots déliés par les souvenirs, vertiges, songes délavés.

Griffonner de ma plume sans pudeur, sans scrupules.
Écouter, ce chant dans l'âtre de la nuit épurée, chant qui enchante les corps enlacés.
Sentir, humer l'odeur de sensualité impudique dans l'air.

Et danser sous cet air. Accorder ses pas à ses pas, fusionnés au tempo et franchir le pas.
Il suffit de si peu... Enlacés dans un tour de piste. Une épaule, une main, des aveux et...
Et l'orchestre qui s'arrête au bord du désir, un peu comme l'écho du silence abîmé, abîme lointain, disloqué. Bâillonnés de demains inachevés où les conversations secrètes et mots chagrins se sont cachés, envolés.

Mélodie, mélopée devenue insonore.
Coeur et corps

Silence après silence ou j'écris, de mes doigts brûlants, une symphonie qui réinventerait la lumière de mes insomnies, parfum de mots dépoussiérés qui irradie le grain du papier famélique de sa résonance.

Dernier rempart qui s'essouffle.
Et l'aube, sous son édredon, fait place au crépuscule qui se range à même le tiroir, jetant au sol tous les interdits avant même de tourner la page pour en écrire l'absurdité de ce que sera demain.
Glory
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