une nouvelle écrite il y a quelque temps (4)

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Message par Invité le Mer 23 Oct 2013 - 5:25







Bonjour lecteur, c’est sympa de prendre quelques minutes pour écouter ma petite histoire.

Je m’appelle Jay, j’ai 21 piges, j’fais mon service militaire et je suis engagé dans une guerre où je pige pas grand chose.
Actuellement, notre unité se trimballe tant bien que mal dans la jungle pour traquer les positions des rebelles.
Depuis 3 jours, on s’est fixé à un endroit assez merdique, on a dû y construire une tranchée, pratique en cas d’attaque surprise. Je me donne des gifles à longueurs de journées à cause des moustiques, c’en est infesté, j’en ai les joues toutes rouges. Même aller pisser est dangereux, à cause des serpents. Pour oublier tout ça, on a quelques rations de gnôle qu’on peut s’enfiler quant on n’est pas de garde.
Je picole juste assez pour rêver et m’évader, pas à en être malade de toute façon le capitaine l’accepterait pas.
J’rêve pas à ma famille, j’en ai pas, j’rêve de sourires, de jolies filles, de soirées entre copains, d’un verre en terrasse en plein soleil, de Bob Marley en concert même si j’l’ai jamais vu en vrai mais que j’l’ai vu 100 fois dans ma tête.

Une fois, évadé dans mon esprit de cet enfer, une roquette explosa à 50m de notre camps.
Le bang dans ma tête m’a fait l’impression de me scratcher du haut de la tour Eiffel.

Et puis y a l’odeur. Ça puait tellement la mort dans notre campement qu’il nous ont envoyé un carton de capsules de parfums, genre échantillon qu’on donne en magasin quant on achète un cadeau à sa dulcinée.
Sans eau à 30 km à la ronde, pas de douche, on sentait pas la rose.

Un jour, pendant un temps de repos, je picolais, comme d’hab, et j’étais posé à côté du carton de capsules.
J’avais démonté ma mitraillette pour la nettoyer, normalement j’avais 2 h devant moi, j’pouvais le faire tranquille, j’étais un peu amoché.
TAC-tac-TAC-tac-TAC BOUM BANG BANG.
Attaque surprise au lance-roquettes et au fusil mitrailleur.
Le capitaine brailla pour nous bouger le cul, j’étais dans la merde car fallait que je remonte mon arme et que je remplisse mon chargeur, et vu mon état j’ai pas été rapide.
Quand j’étais prêt le combat avait cessé, bilan : un blessé léger, ça aurait pu être pire pour une attaque surprise.
Ils avaient repéré notre planque, fallait donc songer à déménager. Le capitaine désigna moi et un autre gars pour chercher un nouvel endroit.

On partit en cinq minutes. L’endroit était difficile et accidenté, on avançait lentement.
Parfois on se séparait de courts moments, pour mieux voir les coins envisageables, on était un peu inconscient.
On se retrouva face à une mini colline, on décida que lui irait à droite, moi à gauche.
On était assez avancé pour ne plus s’entendre même en gueulant.

Derrière un grand arbre, je surpris un rebelle entrain de chier. J’lui pointa mon arme sur la gueule, lui laissa le temps de finir son affaire et lui ordonna de se mettre à genoux, les mains sur la tête :
« Dis-moi où est ton camps ? »
_« Jamais »
_« Dis le ou tu crèves »
_« J’préfère crever »
J’lui collai une bastos dans la guibole.
Ça saignait pas.
J’lui en recolla une illico.
Ca saignait toujours pas. Il se mit à rire.
Dix bastos dans les guiboles.
Putain de merde, ça saignait pas non plus. Il rigolait de plus en plus fort, se leva et sortit son flingue.
J’ lui vidai mon chargeur en pleine gueule. Pas de sang et une odeur bizarre.
J’étais paniqué total, j’comprenais rien, on aurai dit une fillette que sa mère a oublié d’aller chercher à la garderie.
Un flash dans ma tête m’a fait capter et là, j’ai flippé ma race: comme un con j’avais mis les capsules à la place des balles, tellement bourré j’avais confondu les deux. J’allais crever.
Il mit son gun sur ma tempe, se fouta de ma gueule bruyamment, et me dit :
« Demain je vois ma femme, j’l’ai pas vu depuis 2 mois. Vide ton chargeur sur moi car faudrait que je me lave 100 fois pour sentir bon tellement je pue ».
C’était vrai qu’il puait grave.
J’exécutai l’ordre, réalisant ma connerie magistrale d’avoir rempli tous mes chargeurs avec du parfum, et l’idée de mourir me mit les larmes aux yeux.

Une fois mon chargeur vide, il se mit à sourire, hésitant à me descendre il me dit:
« C’est pas un soldat comme toi qui nous fera perdre la guerre » dit-il en rigolant aussi fort qu’une femme qui jouit.
Et il se barra en hurlant de rire.

Je me mis à genoux, priant tous les Dieux du monde d’être vivant et promettais-jurais-crachais d’arrêter de boire même dans mes vies futures, si ça existe.
Fallait raconter ça à personne. J’en étais sur le cul.

Une semaine passa, nouveau campement.
Cette histoire, j’y pensais tous les jours. J’avais bien sûr arrêter la gnôle.
ssssssssss: sifflement d’une roquette qui arrive et va nous péter à la gueule.
On s’affole.
Mais pas d’explosion.
Un bruit d’éclat de verre à la place.
Un gars était juste à côté de l’impact, il vit qu’ils avaient envoyé une bouteille de verre avec un papier dedans - y’avait écrit :







L’amour parfumé est si intense
Trêve jusqu’aux élections

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