Le cercle des violons

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Message par Sayark le Jeu 25 Juil 2013 - 19:52

Bonjour/soir à tous,

J'ai commencé une sorte de roman avant l'épisode du baccalauréat, j'essaie de le compléter par vacances interposées, ce qui reste assez compliqué compte-tenu de l'anxiété des études de médecine et de ma procrastination légendaire. Embarassed 
Je prends mon courage à deux mains en venant poster ma petite création ici, je m'excuse d'avance des erreurs possibles d'orthographes et de la probable piètre qualité de mon style littéraire chargé et dense, ce n'est que l'ébauche, l'esquisse de ma première estampe qui sera évidemment sujette à de moults modifications et correction. Toutefois, dans un soucis de cohérence, j'aurais besoin de l'avis de tiers impartiaux; c'est avec de bonnes fondations qu'on puisse construire un projet solide comme on dit.


Le cercle des violons  
L’aigle prend son envol et fend l’air d’une élégance rare. Au dessus des Autres, il observe ses proies et attend le moment opportun pour attaquer ses cibles, à l’abri de ses concurrents, afin de nourrir sa descendance ;  n’éprouvant jamais le besoin de réflexion, l’acte seul compte. Le cri strident de sa victime résonnera alors dans les environs et semblera appeler une humanité parfois absente.  En dessous, la Veuve Noire frappera encore. Le monde autour d’elle reste calme, paisible durant cette matinée de printemps. Des vibrations viendront  toutefois contredire la fête, l’arachnide se lèvera donc, se mettant à nue et dans un élan de bonté, fera taire les souffrances de sa congénère. Sa victime ne se réveillera plus, endormie sous un sommeil sans fin, plongée dans une obscure éternité. Sa respiration se ralentira et ses battements de cœur s’estomperont progressivement. Son bourreau lui administrera alors la plus belle fin qui soit, celle d’avoir pu servir la vie.

Ce flux qui en sort était celui d’une effusion intense, qui réécrit le vivant à chaque instant, stoppé net dans son élan…

« J’en ai fini pour aujourd’hui. La teneur de ces descriptions est lourde de sens, et cela m’inspire mais il faut laisser reposer mes cellules grises. La séance sera bientôt terminée, d’ailleurs, mon travail est certainement d’une meilleure qualité que celui des autres, car j’y ai mis du cœur et de la sincérité,  ainsi j’estime avoir le droit de partir maintenant.»  Dit subitement  Kaylis en pleine classe, entouré de ses camarades.  

Comme d’habitude, Mme La Professeur n’a guère eu le choix que de laisser partir son poulain, à cause d’une volonté plus qu’excessive de ne pas froisser son meilleur élément, bien
qu’elle n’ait jamais pu réussir à le comprendre,  elle devait s’incliner devant la qualité du travail fourni.

La classe n’y prêtait même plus attention pour ce qui semblait être une habitude.
Kaylis partit donc vers son lieu favori, seul, en forêt, où ne régnait que du silence autour des bois environnants, situé à l’abri des regards indiscrets. Le soleil se trouvait à son point culminant et ne cessait d’être dévisagé par notre jeune héros qui semblait réfléchir, concentré au beau milieu des nuages.
Son esprit planant ne laissait guère de doute à une volonté d’évasion d’un quotidien insipide, inintéressant dans son petit bourg où les couleurs pittoresques des lieux n’arrivaient pas à déteindre sur notre rêveur. Hélas.
Puis, d’un instant figé dans un bain de lumière, une gouttelette essuya son doux visage pour aller terminer son odyssée sur l’herbe encore mouillée par la rosée du matin.
La pluie fit cesser ces instants de songes, il s’en relevait tout tremper, abandonnant ses méditations afin de rentrer finalement chez lui.  
Nul ne savait pourquoi notre jeune garçon adoptait-il un comportement aussi déviant, certains pensaient que cela était le fruit d’un traumatisme intérieur, d’autres y voyaient la personnification de la folie. Ce genre de réponse heurtait plus particulièrement notre héros, qui ne ressentait que du mépris pour ces gens, ne s’apercevant que de la partie visible d’un problème l’échappant, et qui vexait, en sus, sa conscience, son être.

La pluie redoubla alors d’intensité,  se calquant sur la sonnerie synonyme de fin de classe.
Par crainte  d’endommager ses affaires scolaires, notre bien-pensant s’en alla vers sa maison,  encore une fois tout seul, dans une vie qui lui paraissait bien fade, bien terne où le présent climat reflétait sa conception de l’existence, ténébreuse et monochromatique ; une sorte de portrait dénuée de couleurs vives et festives l’incitant à l’immobilisme.  
Dans cette lugubre atmosphère, tout n’était pas si grisâtre pour autant, ce fût en fait, le ciel en sanglot qui, d’un instant coquin, dévoila ce milieu grouillant de vie.

Un nombre conséquent de petites bestioles en toutes genres se trouvaient à proximité de l’endroit où Kaylis se ressourçait,  la pluie les agita et les força à se dénuder devant lui.  Les vieux chênes présents les aidaient  à s’abriter  de cette pluie,  signature de cette confiance mutuelle, certains animaux en avaient même fait leurs foyers laissant seuls parfois leurs progénitures sous la houlette de ces anciens arbres à l’expression figé mais à l’inspiration certaine. Durant les soirées printanières, d’autres créatures dévoilèrent leurs talents de poètes, s’écartant des sentiers battus et, en une mélodie divinatrice, faisaient l’étalage de toutes leurs compassions  et de leurs générosités.  Arrivé en ville, l’école se situant en campagne-  ce sont les hommes qui, dans une cohue générale, courraient de-ci de-là afin de retrouver leurs habitations. Tantôt bousculant un passant où les facéties de la veille devenaient violences, tantôt s’injuriant respectivement par fierté et par zèle, l’ensemble semblait vouloir se dissimuler des caprices de Mère-Nature qui ne désirait seulement qu’arroser son monde trop sec et aride.  L’ensemble semblait rappeler une unité musicale universelle, par lequel, tout le vivant fût envoûté. Elle se jouait sans accroc et de manière naturelle à qui voudrait bien l’entendre, certains en avaient fait leurs hymnes, d’autres en avaient besoin d’une sourdine. Le choix était constamment présent,  de façon à ce qu’une saveur puisse changer en fonction  de notre cœur.  Cette symphonie, par contre,  n'était pas parfaitement audible  mais  pouvait se vivre,  et ne se révélait qu’à ceux dont l’âme restante demeure encore assez pure pour apprécier ses desseins.

Le dernier quintette ne pouvait se laisser contempler harmonieusement car, hardi par un désir de se réchauffer et d’un ventre réclamant son dû, notre brave s’empressa fougueusement de rentrer dans sa demeure. L’horizon devenait moins perceptible à mesure qu’il s’enfonçât dans la cité, la faute à une légère brume grisâtre faisant transcender le jet blafard des réverbères situés en bordure des voiries. Notre épopée arrivait bientôt à son terme,  le souffle de notre vaillant personnage se démarquait par son irrégularité, il courut pour ne pas subir les grondements, au loin, des nuages, annonçant des pleurs ombragés. Soudainement, à quelques dizaines de mètres, une frêle silhouette encapuchonnée lui faisait obstacle.  La météo capricieuse restreignait son champ de vision,  son angoisse commença alors à transparaître sur son visage. Sourcils froncées, une vague d’interrogations s’installait chez Kaylis maintenant une allure redressée afin de défier l’inconnu. C’est avec une pointe d’effroi et de stupéfaction qu’il vit son rival se rapprocher doucement, à un rythme constant. « Que veut-il ? Pourquoi se rapproche t-il ? Me fais-je un sang d’encre pour un rien ? »   C’est un flot de question qui tourmenta notre garçon, paraissant figé comme la pierre, il continua son intimidation.
Une fois approché, un lampadaire situé sur la chaussée, légèrement excentré,  permettait de distinguer un déhanchement plus féminin.  Il laissa apparaître  un geste sensuel retirant le voile masquant l’identité de l’individu, se dévoila alors une tignasse couleur or sublimée par l’éclat limpide du réverbère. Le contraste éblouissait les yeux fragiles du rêveur, surpris par tant de grâce et de douceur sous le joug nerveux d’un climat rancunier.  
Comme apaisé par ce bref éclat solennel, ce dernier laissa place à un mince halo lumineux s’ajustant sur cette chevelure chancelante au gré des allures, de plus en plus hachés mais certaines, de l’intrigante demoiselle.    
Elle s’offrit l’esquisse d’un petit sourire avant de voir Kaylis se rasséréner en courbant l’échine, voyant la situation propice, elle prit la parole avec assurance :

- « Tu m’as bien surprise, Kaylis. Il est difficile de ne pas avoir peur en cette météo disparate, il fait d’ailleurs assez tard pour qu’une belle jeune fille panique.
- Oui… répondait-il avec timidité.  Que fais-tu là, Ellie ?
- J’habite ici ! Les cours viennent de se terminer et je rentre logiquement chez moi.
- Je sais bien que tu loges dans le pâté de maison voisin,  en temps normal tu ne prends pas ce chemin, tu voulais délibérément me voir, pourquoi ? »
- J’oubliais qu’il était si perspicace pensa-t-elle intimement, c’est ce qui me plait chez lui. Elle reprit à voix haute « Notre professeur nous a donné un exposé à faire en binôme, je me suis chargée de te prévenir et je me disais qu’il était préférable qu’on le fasse ensemble, les deux meilleures élèves de la classe pour les meilleures résultats ! sourit-elle. Qu’en dis-tu ?
- Oui, ça me fera plaisir, sincèrement annonça Kaylis
- Et… renchérit-elle avec hésitation. Je m’inquiète pour toi.
L’expression du jeune homme changea brutalement,  sa désinvolture apparente laissa place à un regard attentif et tourmenté.
- Tu t’absentes souvent des cours, tu ne laisses qu’une impression mitigée à cause de ta suffisance, essayes de jouer le jeu. Tu ne peux rester seul comme ça ! Tentes de t’ouvrir un peu voyons ! s’égosilla-t-elle avec passion.
- Tu… Tu ne comprends pas, vous...
- Je n’ai pas besoin de comprendre ! Je ressens de la tristesse à travers ton visage que tu accumules jour après jour, tu n’as pas besoin d’apprécier tout le monde, sois juste toi-même sans avoir peur de l’être. Tu sais, tu peux te vanter d’être aussi brillant que tu le désires mais tu ne resteras qu’un sombre crétin si tu n’as pas su t’accepter avant. tonna Ellie avec bravoure.
- Tu as raison… marmonna t-il avec circonspection
- J’ai bien compris que tu as peur, mais c’est avec de l’audace que tu parviendras à te libérer de tes démons. Fais-moi confiance,  ouvres-toi au monde et celui-ci s’ouvrira à toi, tu n’as pas d’autres choix. »
Il n’avait pas d’autres choix, cette phrase retentissait en lui tel l’écho des montagnes, ramenant à la raison la dure réalité, celui de l’adaptation. Il fallait faire un effort à tout prix et éviter de se laisser aller! Toujours perdu dans ses songes, il ne put apercevoir  l’approche, pourtant lente d’Ellie, qui, d’une douceur insoupçonnée, caressa sa joue, de haut en bas, terminant son entreprise par un tendre sourire. Sa main se retira délicatement, puis, quelques secondes (passèrent= A effacer) s’y prenant pour des heures, Kaylis reprit la parole, encore gauche et veule.
- Quand-est qu’il faudra rendre cet exposé ? baragouina t-il
- La semaine prochaine, je compte sur toi ! annonça-t-elle avec entrain.


Voilà, c'est malheureusement tout ce dont j'ai été capable de faire, pour l'instant. Je prendrai vos remarques avec beaucoup d'attention et je tenterai de continuer  cette histoire lorsque le temps sera mien.
Je vous dirai, avant de vous saluer, que mon petit extrait pourrait paraître un peu "cucu-la-praline" voire superficiel, je m'en excuse mais c'est volontaire afin de mettre en place toute l'intrigue de ce récit, j'ai déjà écrit mon scénario souhaité et il s'avère qu'il contraste assez nettement avec la lenteur de cette petite introduction.
Pour cette histoire, mes inspirations sont : "Vol au-dessus d'un nid de coucou" de Jack Nicholson,  "Johnny s'en va-t-en guerre" de Dalto Trumbo ou encore de "Full Metal Jacket" de Stanley Kubrick agrémentée d'une once de romantisme dans la turbulence des conflits intérieures.

J'ai encore d'autres scénarios à devoir mettre en écrit, cette fois-ci, d'un ton beaucoup moins sophistiqué et dense mais plus essentiel et minimaliste, là encore, j'ai comme inspiration "Le Petit Prince" de Saint-Exupéry balancé par la musique intimiste de Ludovico Einaudi afin de dénoncer une scientifisation du monde contre-nature et autodestructrice et y proposer une éthique écologique face à l'essor de la bioexistence ou du transhumanisme , le tout raconté sous la forme d'une histoire émouvante retraçant les liens entre un scientifique  paternelle-créateur et sa création animée par son désir d'être considérée humain et des interrogations morales qui en découlent d'une part  et ,d'autre part,  plus haut dans le ciel, placée dans le même contexte mais abordant un point de vue différent,  l'histoire d'un médecin-chercheur dont le cerveau fût remplacé par un tissus artificiel afin de conserver son savoir et qui devra tirer profit des données situées dans l'espace, sur la première exoplanète habitable et exploitable par l'être humain en vue de sa potentielle colonisation.


Voilà tout, je suis désolé si j'ai pu paraître condescendant ou arrogant, ce n'était pas dans mes intentions, ne soyez pas, non plus, trop méchant avec moi. Laughing 

Je vous souhaite à tous, une bonne soirée.

santa
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