Prof et zèbre, élève et zèbre, prof et élève

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Message par igabiva le Ven 12 Juil 2013 - 12:38

Bonjour,

Je propose d'échanger sur le phénomène Z dans le système scolaire.

Je me présenterai brièvement : j'enseigne en lycée général avec expérience de prépa, actuellement dans un établissement accueillant des élèves favorisés socio-culturellement.

Il me semble intéressant de creuser les questions que j'ai formulées dans le titre de ce thread, mais bon, on n'est pas obligé de systématiser et de présenter les choses de manière ultra-structuré.

Je commencerai par une petite analyse du "prof Z" en présentant quelqus idées.

Je pense que le prof Z évolue dans un cadre qui convient bien à ce qu'il est :
- Environnement plus intello et stimulant que la moyenne, avec une certaine tolérance chez les collègues envers celui ou celle qui s'éloigne de la norme (archétype du prof "dans les nuages"), légitimité quand on a réussi un concours qui va brider les commentaires acides.
- Emploi du temps fragmenté, avec une grande partie de travail solitaire, indépendance, possibilité d'échanger de manière assez libre avec des collègues qu'on préfère, un volume annuel de travail moins élevé que dans plusieurs professions, hiérarchie peu présente.
- Possibilité d'exploiter ses réflexions personnelles et ses découvertes, dans son travail.
- Sentiment d'appartenance à un groupe, défense d'un certain idéal.

Je pense également qu'il peut mobiliser ses caractéristiques Z de manière efficace et féconde dans son travail :
- Se mettre assez facilement à la place de certains élèves, deviner leurs sentiments négatifs, comprendre que lorsqu'on enseigne une matière un peu aride il faut faire un peu de show, d'humour, etc.
- Assez maîtriser son domaine d'enseignement, ce qui permet d'approfondir et/ou de gagner du temps, mais également faire des parallèles avec d'autres disciplines afin d'enrichir son enseignement.
- Stimuler les élèves de plusieurs manières différentes : à l'oral, de manière visuelle, sonore, etc. et répondre ainsi à des modes d'apprentissages variés.

En revanche je pense que les mêmes caractéristiques ont des revers, des inconvénients, des risques :
- Risque d'embrouiller les élèves avec une pensée brouillone non canalisée.
- Risque de demander trop, d'être impatient.
- Difficulté à comprendre le désintérêt et l'apathie vis-à-vis de la connaissance, la culture, etc. venant de certains élèves, ces réactions étant corrélées au milieu social mais pas seulement, ce qui peut intriguer et rendre la relation plus tendue ou tout du moins plus distante.
- Risque face à des classes ou des élèves "à problème" de tomber dans les pièges de la manipulation, la perversité, de la culpabilité, du mépris ; être désemparé devant la méchanceté, l'agressivité, l'homophobie, la misogynie, la crétinerie fièrement affichée, ou face à un fonctionnement mental/culturel/social trop éloigné du nôtre.
- Pour finir, comme partout, une très grande difficulté à supporter les réunions qui n'en finissent pas.

Au plaisir de vous lire pour commenter ou compléter !
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Message par nikoku74 le Ven 12 Juil 2013 - 15:02

topic très intéressant. Merci d'aborder le sujet.
J'y apporte donc mon expérience. J'ai fait des études d'ingénieur il y a 15 ans environ et ai travaillé dans le secteur "noble" du spatial pendant presque 10 ans. J'étais dans une petite boite mais j'avais depuis quelque temps fait le tour du métier et je me suis reformé dans un domaine auquel je croyais: l'éco-conception. J'ai fait un stage et j'ai été embauché mais je me suis pris une grande claque dans la tête car je me battais contre des moulins à vent à vouloir bien travailler et faire avancer les choses.
C'est alors que je suis parti et ai décidé de me poser pour réfléchir aux difficultés que je rencontrais dans le monde du travail (en effectuant entre autres un bilan de compétence) Entre temps j'avais découvert par hasard que je pouvais être zèbre par la lecture du livre de M. De Kermadec. J'ai passé le test et ai été "contrôlé" positif. J'ai postulé en fin d'année dernière sur le métier de professeur de mathématiques contractuel et j'ai intégré un lycée en janvier dernier.
Avec cette petite expérience je me dis déjà que ce boulot (qui n'est pas facile tous les jours) me convient car il m'apporte la liberté dans mon travail. En plus comme tu dis, j'ai trouvé une vraie famille de travail avec des collègues qui sont toujours prêts à aider (ça ne va pas de soi du tout dans les autres boulots...). C'est tellement varié comme boulot qu'il y a toujours un moment positif pour te faire oublier le négatif. OK les lycéens travaillent moins qu'avant (internet et smartphones?)mais il y a cet intérêt dans le travail que j'avais perdu.
Donc oui, je dirais qu'il s'agit d'un boulot adapté pour les zèbres. Et le fait d'être passé par le privé m'apporte un recul qui me permet de le dire.
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Message par Nadiamant le Ven 19 Juil 2013 - 12:23

Bonjour à vous deux,

ça me fait plaisir de lire vos posts...d'un coup, je me sens moi seule. Je suis prof depuis 10 ans et j'ai exactement ce même ressenti.
J'adore mon métier parce que je ne me vois pas dans un autre secteur. Il me permet de combiner intellect, créativité, empathie, altruisme.
Mais effectivement, j'ai également des soucis engendrés par cette même énergie : je vis très mal et personnellement la méchanceté gratuite et la manipulation de certains étudiants mal dans leur peau qui détectent des fragilités ou mon hypersensibilité et la retourne contre moi. J'ai également des difficultés quand il faut travailler en équipe : pour moi, quand les consignes sont peu claires et floues, le travail en équipe est une perte de temps et devient une arène de confrontation d'égos. Et évidemment mes idées ne sont pas retenues parce qu'elles sont pas comprises. Une fois que le projet est accompli selon les autres, on en voit les limites et là, les gens tirent des leçons des problèmes que moi j'avais déjà vu. Donc, le syndrome de Cassandre, il commence à me peser lourdement ! Surtout que je suis très souvent la plus jeune de l'équipe donc bien sûr, les autres ne comprennent pas et ne veulent pas admettre que je puisse avoir un raisonnement plus rapide et parfois plus lucide que le leur.
Mon autre problème est mon relationnel au travail. J'ai tendance à m'enfermer dans le strictement professionnel car quand je fais comme on attend de moi que je sois amicale, dans l'échange et la complicité, je me fais TOUJOURS avoir !
Bref, je suis un peu perdue là...si vous avez des conseils, pistes à me donner quant au travail en équipe, au relationnel au travail, n'hésite pas !
à bientôt
Nadia

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Message par igabiva le Ven 19 Juil 2013 - 13:42

Bonjour Nikoku et Nadiamant (voici une phrase intéressante), merci de vos contributions intéressantes ! Il me semble que nous avons tous les trois des expériences et ressentis qui se rejoignent parfois, mais pas toujours, et d'autres points de vue sont les bienvenus.
On se rejoint, je pense, sur les côtés positifs, plus précisément la possibilité d'exploiter et canaliser des idées dans une approche qui combine académisme et un minimum de créativité et de lien. Je bosse, qui plus est, dans un établissement où une grande diversité de profils coexistent, en particulier des collègues étrangers ; c'est une vraie source de variété, antidote à l'ennui, en tout cas souvent. Je crois que j'aurais beaucoup de mal à supporter un emploi du temps "de bureau", je crois que je préfèrerais être bûcheron en Alaska (dans le même temps j'ai du mal à planter un clou, donc, bon).
Je rejoins Nadiamant sur le risque d'être la bonne poire, ça m'arrive parfois. Je me suis aperçu qu'il fallait développer (un minimum) une petite carapace pour tout ce qui concerne les éléments qui échappent aux fonctionnements/nécessités/obligations statutaires ; j'essaie aussi de repérer les gens qui sont dans une démarche coopérative, et heureusement il y en a suffisamment. Je reviens aussi sur le côté statutaire qui est assez protecteur face à l'arbitraire des uns et des autres.
Si je comprends bien, Nadiamant, tu travailles en fac, et il me semble que là les enjeux sont plus grands car la profession est moins cadrée. En lycée et prépa (expérience de "colleur"), il y a juxtaposition de deux avantages : un ensemble de normes antidérapantes et une grande dose d'autonomie. Ce que je peux mentionner sur ce forum mais que je garde pour moi, c'est que je travaille très vite, sans avoir besoin de passer des heures sur un truc ; le sujet, je le maîtrise, et quand je passe du temps sur quelque chose, c'est plutôt pour innover (c'est une des prescriptions officielles d'ailleurs), par exemple travailler en langue étrangère. Je n'ai pas trop à faire avec des "confrontations d'égos" (je veux dire, en dehors du mien Rolling Eyes ).
Dans certains cas, il me semble que se blinder un peu quitte à être ressenti comme "froid", etc., ce n'est pas si mal. Mais encore une fois je peux, y compris dans le cadre professionnel, déconner et être assez proche, y compris avec mes élèves, de ce que je suis profondément.
Enfin, je prends tout cela avec beaucoup de légèreté, mon travail étant assez gratifiant mais ne représentant pour moi qu'un passe-temps - mais je suis rigoureux au possible.
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Message par Nadiamant le Ven 19 Juil 2013 - 13:57

Merci Igabiva pour cette analyse très perspicace!
Effectivement, tu y dis des mots-clefs essentiels!
Quand je me blinde, les équipes notamment féminines me trouvent trop fonctionnelles pas assez relationnelles et me culpabilisent de ne pas rentrer dans leur conversation psychologisante d'une telle et des commérages de basse-cour qui apparemment sont normaux mais qui me fatiguent et m'inquiètent beaucoup quant à ce qui doit se dire sur moi.
Quand je me blinde pas et que je déconne avec mes étudiants ou profs, y en a toujours un dans l'équipe qui va exprimer sa jalousie en minant tout par des remarques dévalorisantes ou blessantes pour pourrir l'ambiance.
Et là mon erreur, c'est d'être dans le frontal donc je passe pour la méchante (tant le contraste est grand entre quand je suis gentille et quand je recadre, ...trop directe peut-être?) ou alors, je me laisse atteindre par les paroles méchantes parce que j'ai une estime de moi très encline à la remise en question !
Je crois, que mon erreur, c'est de vouloir être la même en toute circonstance, dans une neutralité à m'occuper uniquement de mon espace, afin que tout se passe toujours au mieux et d'attendre que les autres en fassent autant. Quand les autres ont tendance à tout interférer dans ma façon de faire parce que ça les dérange de pas savoir être aussi autonomes, efficaces et indépendants, je le vis à chaque fois comme une aggression, une invasion et une obligation de devoir me justifier d'être tout simplement moi !
je sais pas si je suis claire...

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Message par igabiva le Ven 19 Juil 2013 - 16:09

Nadiamant a écrit:
(...)
je sais pas si je suis claire...

Oui, c'est à peu-près clair Smile, je n'aurais pas fait mieux, mais ce qui est clair surtout c'est que tu es entourée par certains nuisibles, cruches, jaloux. As-tu bouquiné un peu sur le sujet Z ? Je précise que moi-même je suis dans une phase de réflexion intense sur la question et je m'en voudrais de passer pour celui qui sait tout (j'ai d'ailleurs beaucoup appris des autres sur ce forum et dans mes lectures). Ces gens parasites existent partout, mais semble-t-il nous y sommes tout particulièrement sensibles, peut-être même qu'ils ont une espèce de capacité à repérer des profils qui sont leur contraire.

Ce que tu racontes sur ton boulot, c'est ce que moi je peux parfois rencontrer dans mon entourage, notamment une intense cogitation face à certains propos, certaines attitudes. A croire que c'est toujours à nous de nous adapter Evil or Very Mad 

Ruades !

Comme tu es semble-t-il en phase de découverte de l'univers Z, ça me semble bien naturel de se poser des questions : soit pour la première fois, soit avec en perspective l'univers Z.

Ce qui me vient aussi à l'esprit, c'est qu'il y a peut-être à modifier la composition de ton cocktail, entre profession et vie perso ; il y a tant de choses à approfondir ailleurs. Bon, tu es peut-être surrinvestie dans le boulot, en raison d'un intérêt très fort pour ta discipline qui t'amène à faire des colloques, des publications, etc. (ce n'est pas mon cas), et dans ce cas c'est sans doute plus compliqué. Mais n'y a-t-il pas une passion qui t'attend quelque part ? Ce sera peut-être l'ornythologie. Peut-être même le catch.
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Message par nikoku74 le Ven 19 Juil 2013 - 18:12

c'est vrai qu'il y a des nuisibles partout et nous avons nous zèbres tendance à le ressentir plus fortement et ne pas supporter ces faux-semblants. Mais dans le milieu des profs c'est quand même beaucoup plus atténué qu'en entreprise, milieu où les collègues aident peu et ont tendance à voir les autres comme des concurrents (ce que je n'ai jamais compris).
Depuis que je suis prof je m'étonne tous les jours que mes collègues soient aussi ouverts à m'aider!
Moi aussi en tant qu'hypersensible les piques des élèves, surtout comme je suis débutant, ne sont pas agréables à vivre et me vont clairement droit dans mon ego/for intérieur mais je suis content d'arriver à prendre le recul nécessaire sur la longueur qui fait que je me sens bien dans mon boulot et que je parviens à me remettre en question à la bonne dose. Et ça n'a pas été très souvent le cas dans ma vie professionnelle. C'est vrai qu'il est nécessaire dans ce boulot de prendre la bonne distance, de ne pas trop s'attacher ni s'acoquiner avec les élèves, d'être sévère même si ce n'est pas notre nature...
Sur un autre point je trouve aussi le principe d'avancement/embauche bien plus égalitaire que dans la jungle du privé. Je trouve cela sain d'être sur la même ligne de départ à l'embauche même si le concours n'a pas grand chose à voir avec ce qu'on va enseigner. Je haïssais dans le privé ces entretiens d'embauche qui étaient pour moi une grande mascarade où il fallait se "prostituer intellectuellement" afin de donner un discours qui nous permettra d'avoir des chances d'être pris. Après l'avancement dépendait de ton degré de copinage avec le chef (le problème des dés pipés quoi)
Pour finir je sais pertinemment que je me lasse assez vite de tout et je suis dans la période intéressante dans laquelle j'ai un œil neuf...je sais que la lassitude viendra mais j'en profite. Et puis il y a toujours possibilité de passer des concours de plus haut niveau quand ce point sera atteint. L'essentiel est de ne pas se trouver dans une impasse.
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Message par igabiva le Dim 21 Juil 2013 - 9:21

@ Nikoku : je trouve tes propos fort sensés. Des crétins pervers, il y en a aussi chez les élèves ; j'ai la chance d'en avoir très peu. Il me semble qu'il faut arriver en ayant bien en tête son propos, son objectif, et apparaître sur de son fait. Z ou pas Z, prof ou pas prof, ça me paraît essentiel, respectueux pour tout le monde, efficient. Mais je suis sûr que tu le sais déjà !

Une autre question est celle des expériences avec des élèves Z (ou qu'on pense l'être). M'intéressant à la question depuis peu, je n'avais que très rarement réfléchi en ces termes face aux élèves un peu en marge. Je pense néanmoins avoir été courtois et positif envers eux.

Durant l'année qui vient de s'écouler, j'ai été plus sensible à la question.

J'ai eu par exemple affaire à un élève avec lequel je n'ai pas trop accroché, que je trouvais un peu fade, pour tout dire ; or sa mère, en réunion parents-profs, m'a déclaré que son fils avait un profil particulier sur le plan psychologique, sur le plan de l'apprentissage, etc. Mais je n'ai pas réussi à bien être en interaction, à faire progresser, etc. cet élève dont la mère était un peu rêche. Je pense que l'élève n'était pas Z.

En revanche j'ai régulièrement encouragé une élève ayant toutes les caractéristiques zébriques, aux résultats scolaires très élevés, semblant bien dans sa peau mais cogitant un max et en proie parfois à des réactions un peu négatives - quoique très feutrées - de ses camarades, car elle a tendance à monopoliser la parole, à poser mille questions, etc., et ça se passait dans une classe mollassonne. Donc de temps en temps je lui ai fait passer un message de compréhension et de cadrage très amical, en insistant sur le fait que je comprenais qu'elle avait une attitude très positive et qu'elle disait des choses intéressantes (ce qui était vrai). Ensuite, j'ai pris le risque mesuré de lui suggérer une lecture consacrée au sujet, car je ne sais pas exactement quelle est sa connaissance du sujet. Je me suis demandé si j'avais eu raison, mais le contexte général, le type de relation avec cette élève, etc., me fait dire que oui, sachant que j'ai pris toutes les précautions d'usage : "cette année nous avons parlé de votre manière de travailler, j'ai lu ce livre qui pourrait vous intéresser, attention je ne suis pas ni psy ni quoi que ce soit, etc.". Ce n'est certainement pas quelque chose que je ferai systématiquement.

Un autre problème auquel je dois faire davantage attention, ce sont les élèves dyslexiques, à difficulté de concentration, etc., parfois sous ritaline. Je n'arrive pas encore bien à trouver les outils. Les parents ne sont pas toujours d'une grande aide, malgré leur bonne volonté. Vous aurez peut-être des témoignages et idées !
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Message par Gasta le Dim 21 Juil 2013 - 12:52

Intéressant tout ce que vous racontez là !
Je suis un prof des écoles retraité depuis 3 ans, j'ai exercé cette profession avec passion. D'accord avec vous sur les aspects positifs du métier.
J'ai choisi prof des écoles plutôt que prof d'une seule matière surtout pour éviter les inconvénients que vous évoquez. Avec des élèves plus jeunes il est plus facile de capter leur attention, leur intérêt, plus facile aussi de s'échapper du carcan du programme, on est plus autonome puisqu'on a les enfants toute la journée ce qui n'empêche pas au contraire le travail d'équipe.
Pendant 12 ans à mi-carrière, j'ai choisi de faire des remplacements pour voir autre chose, d'autres façons de fonctionner, d'autres élèves de la petite section de maternelle jusqu'aux ados des classes spécialisées, une expérience formatrice et enrichissante.
Des remplacements très courts avec possibilité d'enseigner différemment, d'essayer de nouvelles méthodes, de proposer des activités que les enfants pratiquent trop peu comme les activités artistiques par exemple, mais aussi des remplacements longs de six mois dans la même classe, avec nécessité de s'adapter à la méthode de l'enseignant titulaire.
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Message par nikoku74 le Dim 21 Juil 2013 - 17:15

@gasta: chacun est différent: j'ai choisi d'enseigner en lycée afin de ne pas avoir les mêmes élèves en permanence devant moi et ne pas avoir à faire une majorité d'éducation en % horaire par rapport à l'enseignement. Ce qui me plait effectivement c'est le changement, en lieu et en classe.
@igabiva : j'ai eu certains élèves que je suspectais d'être zèbres et/ou hyperactifs et avec lesquels j'avais pas mal de difficultés car ils perturbaient très souvent le cours. Mais je pense que quand on a 35 élèves en face de soi il est peine perdue de leur apporter un plus à ceux là. On fait de notre mieux pour essayer de faire progresser la grosse moyenne des élèves!!!
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Message par igabiva le Mer 24 Juil 2013 - 17:28

nikoku74 a écrit:
@igabiva : j'ai eu certains élèves que je suspectais d'être zèbres et/ou hyperactifs et avec lesquels j'avais pas mal de difficultés car ils perturbaient très souvent le cours. Mais je pense que quand on a 35 élèves en face de soi il est peine perdue de leur apporter un plus à ceux là. On fait de notre mieux pour essayer de faire progresser la grosse moyenne des élèves!!!

Je pense qu'il faut essayer un minimum de traiter de manière équitable/différenciée les différents types d'élèves, et les faire progresser, ce qui est extrêmement difficile, je te rejoins là-dessus.
Une des choses que je mets en place, c'est de différencier explicitement les attentes/éléments à connaître en distinguant le minimum que chacun doit maîtriser, et parfois je vais prolonger et approfondir en signalant que ça doit être considéré comme tel.
En dérivant un peu du sujet, je me suis intéressé cette année au concept de constante macabre, selon lequel des mécanismes institutionnalisés et intériorisés par le système et les profs en premier lieu conduisent à ce qu'une proportion "constante" d'élèves obtienne moins de 10/20 aux évaluations (je présente grossièrement les choses). Y réfléchir et être amené à modifier la conduite du cours, la conception des contrôles et l'évaluation, c'est peut-être une piste - cela peut d'ailleurs faire du bien à tous, Z y compris, notamment en étant explicite à l'extrême dans les attentes. On peut trouver beaucoup de choses sur cette idée sur le Net et en lectures "papier".
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Message par nikoku74 le Ven 26 Juil 2013 - 17:18

disons que je n'ai pas assez d'expérience pour pouvoir différencier aussi...je te dirai si j'ai pu le faire quand j'en aurai un peu plus. Quant au fait qu'on a toujours la même proportion de notes au dessous ou au dessus de 10, c'est statistique, ça s'appelle la courbe de Gauss non? (Tout comme les statistiques de QI dans la population) Je pense que la bonne conception des contrôles dans les classes générales type seconde doit amener justement à une moyenne de 10. Après il est vrai qu'on peut artificiellement mieux noter, c'est ce qui arrive au bac avec des "objectifs" à 80% d'une génération au bac. Mais je ne suis pas d'accord avec ça, je pense qu'il faut dire la vérité aux élèves afin qu'ils puissent s'orienter correctement donc concevoir les évaluations de façon pertinente en pouvant différencier clairement les bons des mauvais et noter juste.
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Message par igabiva le Ven 26 Juil 2013 - 18:43

nikoku74 a écrit:disons que je n'ai pas assez d'expérience pour pouvoir différencier aussi...(...) Mais je ne suis pas d'accord avec ça, je pense qu'il faut dire la vérité aux élèves afin qu'ils puissent s'orienter correctement donc concevoir les évaluations de façon pertinente en pouvant différencier clairement les bons des mauvais et noter juste.

 Bonjour,
 L'analyse liée à la "constante macabre" réfute toute évidence, toute justification, toute institutionnalisation de cette répartition gaussienne autour de 10/20, et plus généralement à une répartition des notes dans laquelle jusqu'à 1/3 des élèves sont fatalement "en échec" depuis la maternelle jusqu'à Polytechnique.
Cette contestation, menée depuis le début des années 2000, qui est porteuse de grands enjeux, est au coeur de nombreux travaux hétérodoxes et, pour tout dire, transgressifs. Elle a cependant de soutien de certaines organisations professionnelles, d'associations de parents, étc. Mais comme on s'éloigne un peu du sujet Smile , je t'invite à t'y pencher si sujet t'intéresse : http://mclcm.free.fr/

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Message par nikoku74 le Sam 27 Juil 2013 - 15:41

je vois l'idée et si j'ai bien compris il faut revoir de fond en comble le système.
Il y a pour moi une bonne partie de la population qui n'est pas capable de faire d'études supérieures tout en ayant un talent (manuel ou technique: d'artisan ou de technicien par exemple) qui est pour beaucoup bien plus louable que celui d'ingurgiter des cours car ils sont dans le vrai, le bon sens. Chacun a un talent mais tout le monde n'est pas fait pour le système éducatif tel qu'il est. C'est cette politique des 80% d'une génération au bac qui n'est pas le bon moyen de faire en sorte que chacun trouve sa voie. Nous ne pouvons rien y faire: il y aura toujours une courbe de Gauss sur les résultats. Seulement si on regarde toutes les courbes de Gauss sur les aspects manuels, sociaux, techniques et intellectuels que sais-je, il y a aura beaucoup moins de personnes qui seront médiocres ou faibles sur tous les points. D'où l'idée de les orienter dès le collège vers des voies plus adaptées.
C'est ça l'idée? développer des filières manuelles, sociales ou plus concrètes dès le début?
Si c'est sur l'aspect apprentissage intellectuel uniquement que cette contestation se fait, je pense que c'est impossible par définition: c'est la même chose que de considérer que tous les enfants ont le même QI, le même QE, la même faculté d'aller vers les autres à la naissance...Chaque être humain est différent et n'est pas sur-adaptable: nous ne sommes pas des couteaux suisses!
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Message par Oiseau là le Sam 27 Juil 2013 - 16:19

Bonjour à tous, c'est mon premier post sur ce forum et l'occasion de me présenter... puisque je suis enseignante aussi depuis 10 ans.
Je partage les analyses d'Igabiva et des autres intervenants sur les raisons du choix de l'enseignement (liberté/seul maître dans sa classe, besoin d'échanges fructueux avec les autres, goût pour leur "construction" individuelle), et les difficultés conjointes, accrues pour des personnes perfectionnistes et idéalistes (en particulier le profond découragement en face de la force d'inertie de certains élèves "vides" de toute curiosité, et en face de la perversité du système éducatif qui entrave des projets de qualité... sans compter la malveillance de certains collègues/parents/élèves).
Et oui il faudrait revoir le système mais j'ai été bien découragée par la force d'inertie des collègues cette fois, et à échelle nationale, pourtant les premiers intéressés normalement, lorsque je me débattais pour "sauver le monde", passant pour une illuminée.
Résultat, aujourd'hui je suis sortie de l'EN qui est une machine à briser, et je donne ce que je peux à de plus âgés dans une structure privée plus petite mais où le champ d'action est plus important et les résultats (humains) plus manifestes. Parallèlement je donne des cours particuliers, principalement à ceux qui n'ont pas les moyens d'en recevoir habituellement (familles défavorisées). Avec ce nouveau dispositif je suis plus en accord avec moi-même, même s'il a été difficile de renoncer à mes principes d'école pour tous: je me suis résignée à admettre que je ne pouvais pas sauver l'école (aïe pour l'ego et encore plus aïe pour l'humaniste), mais l'école est partout et mon "serment d'Hippocrate" de prof excède tel ou tel cadre: j'enseignerai partout, quels que soient le milieu ou l'âge du public. C'est dit.
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Message par igabiva le Mar 8 Oct 2013 - 22:16

@ oiseau : il me semble que tu es en accord avec toi-même. Je dois te dire que je ne partage pas ton expérience ni ta vision négative de l'EN, mais je la respecte.
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Message par Invité le Mar 8 Oct 2013 - 22:27

Effectivement, ce post m'intéresse puisque je viens d'être nommée en tant qu'enseignante stagiaire en lycée.
Merci Igabiva de me l'avoir indiqué. J'ai lu seulement ton message et je me reconnais seulement dans les difficultés que tu mentionnes.

J'ai par contre beaucoup de mal à supporter l'entre-soi précisément des enseignants dont je trouve parfois qu'il manque d'une vision globale.

Malgré ma réussite au concours, plus le temps passe moins je suis convaincue de ma légitimité à enseigner. Je ne suis pas native, pourtant j'enseigne l'espagnol. Des natifs ont été recalés au concours. Je trouve ça particulièrement injuste.

Mon stage s'était bien passé par contre: stage, présence permanente du tuteur dans la salle, sentiment de confort immense.

J'ai peur de décevoir mes deux tutrices qui visiblement me font extrêmement confiance, et j'ai du mal à tenir 2 de mes classes sur les 6 que j'ai.

Je vais lire la suite des réponses ...

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Message par Invité le Mar 8 Oct 2013 - 22:38

Et je rejoins je crois tout le monde bien sûr sur les aspects positifs. Ce qui me permet d'y aller c'est de me dire que demain tout peut être différent, je peux modifier telle ou telle chose, selon le fonctionnement que j'ai repéré pour tel ou tel groupe classe.

J'apprécie d'être maître de ce que je fais mais je recherche sans arrêt l'approbation de ma tutrice, d'une collègue de ma discipline ou d'une autre discipline.

Je sais que ce métier est extrêmement riche; je ne suis pas organisée. Pas du tout. Je sens que mes élèves réclament de la routine, un cadre, et c'est précisément ce qui me fait défaut. En sus, j'ai eu un emploi du temps avec de nouveaux groupes la semaine dernière. Les listes d'appel sont fausses, encore aujourd'hui, alors c'est pour moi un stress permanent.

Enfin bref, oui bien sûr qu'il y a du plaisir et que la fatigue parle sûrement ce soir. Mais toujours est il que je pense prendre l'année prochaine pour présenter l'Agreg. Apprendre me manque trop.

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Message par Invité le Mar 8 Oct 2013 - 22:43

@oiseau: quand tu dis "machine à briser", qu'est ce que tu entends ?

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Message par nikoku74 le Mer 9 Oct 2013 - 16:25

@saltymbanque
Apprendre te manque trop, mais tu es en pleine phase d'apprentissage là puisque on dit souvent qu'il faut bien 4 ou 5 ans avant de prendre la mesure du poste!
Il est vrai que les concours de l'enseignement sont trop déconnectés de la vie réelle du prof, je suis entièrement d'accord. Mais c'est aussi le cas des écoles d'ingénieur et autres BAC+5 : c'est en travaillant que tu découvres le métier, point barre.
Il est vrai aussi que travailler est beaucoup moins intéressant que d'étudier! en ce moment je prépare le CAPES car je n'ai pas trouvé de poste de contractuel: c'est top.

Je dirais que dans ton cas il y a deux possibilités:
-soit tu n'es pas faite pour le métier (mais tu ne pourras le voir que sur la longueur, 2-3 ans je dirais)
-soit tu es trop exigeante envers toi-même et c'est normal vu le forum que tu fréquentes! Je dis ça d'autant plus que je suis passé par ces moments et maintenant je laisse le temps couler et prends de l'expérience afin de me faire une idée pertinente.

Donc courage, je sais que le métier est exigeant surtout au début. Laisse faire en faisant de ton mieux et fais le point dans quelques temps.
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Message par Invité le Mer 9 Oct 2013 - 19:15

@nikoku:

alors je n'ai pas compris ce que j'apprends...et là c'est grave.
En formation, on nous lit des PPT et on refait des épreuves de capes.
En observation, j'observe (comme en stage, je n'apprends plus grand chose, à part que chaque situation est différente et que ... bon courage !)
Devant mes classes, pareil, beaucoup trop de paramètres à prendre en compte pour qu'un cours fonctionne totalement et pour tout le monde. Le nickel chrome étant impossible, finalement je ne me tiens pas rigueur des dysfonctionnements. Ils ont eu sport avant, qu'y puis je ?

pour cela, je pense que l'an prochain agreg pour moi !!!

En travaillant on découvre, entièrement d'accord. J'ai fait sciences po, bac + 5 aussi, et hop va faire des marchés publics, et hop un peu de compta pour remplacer la collègue, et hop si tu négociais avec tel choeur étranger et que tu allais les accueillir puisque ton autre collègue n'est pas là aujourd'hui et que tu parles espagnol ?
Et tu peux appeler ces agents là, tu parles anglais non ?

rien à voir avec les études. Grand plaisir pendant quelques mois. Puis très vite des angoisses, la parano qui prend le dessus, les erreurs que l'on fait plus ou moins sciemment parce que j'étais convaincue d'être incompétente tout en affirmant: mais n'ai pas peur de moi ! pourquoi je voudrais ta place de catégorie C, alors que je sors d'IEP ? je vise une A moi ! rien de méchant, juste une grande naïveté de ma part...plus jamais.

J'ai l'impression de revivre la même chose, à la différence que la multiplicité des situations fait que je m'angoisse moins. 2 jours sans élèves et hop, j'ai de nouveau plaisir à les voir. Mais pas d'élève tous les jours ! sinon ils passent par la fenêtre ces ignares (et je ne suis pas de ceux qui disent que le niveau baisse, et que les enfants sont de plus en plus insolents, je crois que ça a toujours été).

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Message par Invité le Mer 9 Oct 2013 - 20:04

bonjour à vous tous.
En ce qui me concerne, ce n'est pas dans l'EN que j'ai sévi, mais dans la formation professionnelle pour des adultes de 19 à 60 ans.
La matière que j'ai enseignée était l'informatique, et les élèves s'appellent des stagiaires.
La formation, partant d'un niveau bac permet d'atteindre un titre de niveau III pro, reconnu par le ministère du travail.
Comment on arrive dans la formation professionnelle?
Pour moi, j'ai roulé ma bosse pendant plus de 25 ans dans des centres de production informatique, et j'y ai exercé tous les métiers possibles de l'informatique de pupitreur à responsable système en changeant plus de 15 fois d'entreprise.
Le passage d'un titre d’ingénieur à 47ans et l'envie de passer de l'autre côté du tableau plus une bonne occasion et me voilà devenu formateur.
La formation professionnelle est très centrée sur le concret, il faut constamment donner du sens aux apprentissages.
Telle notion pour tel usage...
La matière  "informatique" ne se satisfait pas des seuls cours magistraux, il y a tout l'environnement de labo qui va permettre de simuler les problématiques d'entreprise.
Les stagiaires: tous types de personnages, age, sexe, expériences professionnelles antérieures ... des "niveau" bac pro, des cuisiniers, des électroniciens, des sportifs, des militaires, des chômeurs, des détenus, des maçons, des profs math, géographie et même des informaticiens dépassés. par groupes de 24, et parfois quelques stagiaires délicieusement doués.
Pas de reconnaissance par l'entreprise, par contre énormément de plaisir à exercé ce métier.
Plaisir des contacts humains, il y a des stagiaires formidables même sans être doués (en informatique en tout cas).
Possibilité de monter des projets en découverte, en fait 24 stagiaires, c'est une équipe à faire travailler!
Apprentissage continu, les technologies ne font qu'évoluer donc il faut plonger constamment dans ce monde technologique et comprendre pour pouvoir l'enseigner.

Il y a aussi les mauvais côtés, les stagiaires qui en veulent à toute la société, les "branleurs" , les fumistes, les chapardeurs, les individualistes...
Alors il y a forcément les heures passées à faire de la régulation, comme avec des gosses...

voilà

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Message par Invité le Jeu 10 Oct 2013 - 0:15

c'est ça que je veux faire ! de la formation de formateurs, et même de l'organisation de formation, concevoir des plans académiques transversaux.

mais s'il faut réguler les adultes comme des gosses, alors là ... on va pas s'en sortir !!

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Message par nikoku74 le Jeu 10 Oct 2013 - 16:34

saltymbanque a écrit:En formation, on nous lit des PPT et on refait des épreuves de capes.
En observation, j'observe (comme en stage, je n'apprends plus grand chose, à part que chaque situation est différente et que ... bon courage !)
Je sais bien que l'éducation nationale ne prépare pas au métier, c'est en se coltinant les élèves, c'est tout. L'année dernière pour ma première expérience de contractuel, on m'a filé les bouquins, les trombi et les clefs de classe et on m'a jeté dans l'arène. ça a été dur c'est vrai mais je me suis aperçu après-coup que les jeunes diplômés du CAPES n'étaient pas beaucoup mieux préparés que moi!
Ce métier est intéressant car il permet une des plus grandes libertés de travail et une certain dégagement de la hiérarchie (c'est sans doute pour ça que tu l'as choisi). Je comprends que tu sois déçue du monde du travail car je suis passé par là mais ça reste un métier intéressant par rapport aux autres! Je sais que la psychologie du "ya pire ailleurs" est énervante pour les gens exigeants comme nous mais nous sommes obligé de prendre du recul.
Tu as raison de vouloir passer l'agreg car ça offre une meilleure qualité de vie par la suite.
Quant à la formation professionnelle, ça m'intéresse aussi à long terme mais il ne faut pas se leurrer, elle a l'inconvénient d'une obligation de résultat plus forte donc d'un stress supérieur.
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Message par Invité le Jeu 10 Oct 2013 - 18:51

Je crois surtout que la difficulté essentielle c'est l’hétérogénéité des stagiaires. Des "Noby  complets"  jusqu'à des  bidouilleurs confirmés, de tous ages...

Et il faut en faire des informaticiens d'entreprise, poser des méthodes de travail, de résolution de problème, de méthodes apprentissage parce qu'après le titre il y aura des années à rester sur la bonne vague de ceux qui sont en phase avec les évolutions techniques.
Certes, il y a les résultats attendus, mais une bonne formation avec une dynamique de groupe réussie autour du métier c'est 95% de réussite.

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Message par Invité le Sam 12 Oct 2013 - 18:19

Alors oui, c'est un métier particulièrement intéressant, mais on vient de me faire une réflexion intéressante, ça reste un travail d'exécutant. Et puis en fait, je déteste particulièrement travailler seule. Donc: travail de bureau, exclu, travail devant une classe pas mieux je dirais. J'aime monter mes séquences, raisonner en vue des cours, en parler avec mes collègues, ma tutrice, ma PRAP, mais une fois devant les élèves, l'intérêt s'en va on dirait... En plus, j'ai horreur de mimer l'autorité, de feindre, de relever des carnets, etc etc, donc CQFD. Je serai meilleure avec mes enfants qu'avec ceux des autres.

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Message par Invité le Sam 12 Oct 2013 - 19:17

saltymbanque a écrit:Alors oui, c'est un métier particulièrement intéressant, mais on vient de me faire une réflexion intéressante, ça reste un travail d'exécutant.
Je n'ai pas exercé devant de élèves à l'EN, donc, je ne sais pas le dire.
Par contre, formateur pour adulte qui plus est en informatique n'a un rapport que très lointain avec la notion de travail d'exécutant . Et pour tout dire, beaucoup moins qu'en entreprise.
Ceci dit, il y a à affronter ses peurs et son public , ce qui n'est pas gagné d'avance.

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Message par Uccen le Sam 12 Oct 2013 - 21:54

semama a écrit:

Il y a aussi les mauvais côtés, les stagiaires qui en veulent à toute la société, les "branleurs" , les fumistes, les chapardeurs, les individualistes...
Alors il y a forcément les heures passées à faire de la régulation, comme avec des gosses...

voilà
Putain on se croirait par ici.
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Message par Invité le Sam 12 Oct 2013 - 22:48

semama a écrit:
saltymbanque a écrit:Alors oui, c'est un métier particulièrement intéressant, mais on vient de me faire une réflexion intéressante, ça reste un travail d'exécutant.  
Ceci dit, il y a à affronter ses peurs et son public , ce qui n'est pas gagné d'avance.
exécutant, parce que je suis sous l'inspecteur, sou le chef d'établissement et son adjoint.
exécutant, parce que je fais ce qu'on m'a dit à l'iufm.

mes peurs ? hum je ne crois pas en avoir beaucoup. Lutter contre mon idéalisme, et contre ma façon de m'adresser à qqn de 15 ans comme s'il en avait 20, refuser de relever un carnet de correspondance (par idéal mais aussi pour ne pas recevoir de parents qui puissent juger mon enseignement que je serais bien en peine de défendre tellement je suis capable de me penser incompétence ? oui oui et re oui)

mon public ? un public obligé et contraint, notamment de rester 8h les fesses sur une chaise avec des rappels à l'ordre sans cesse...super comme vie quand on y pense.
Que moi pour adorer ça et vouloir y retourner.

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Message par Invité le Sam 12 Oct 2013 - 23:04

es-tu certaine qu'être rattachée à une hiérarchie te place obligatoirement dans la position d'un exécutant?
Dans quasi tous les métiers aussi , il y a une hiérarchie.
Par ailleurs, le message de l'iufm est-il si contraignant que tu te retrouves juste à exécuter une tache pré-mâcher?

nota mes 2 filles sont enseignantes en primaires depuis plusieurs années, et j'ai l'impression qu'elles maitrisent plus leur emploi du temps que juste comme exécutantes

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Message par Invité le Sam 12 Oct 2013 - 23:06

Je n'affirme rien à ce sujet, je suis entrain de réfléchir simplement...

Je reconnais que je suis fatiguante (puisque je me fatigue moi même) de ne pas arriver à me fixer sur quelque chose et à cesser de m'ennuyer. Comment faire pour ne pas s'ennuyer ?

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Message par Invité le Sam 12 Oct 2013 - 23:07

au lieu de transférer mon dernier emploi du temps à mes parents, j'ai répondu directement au proviseur adjoint: youpi un nouvel edt! super, c'est la joie

et là je me dis: gloups ... note administrative...et ça m'empêche de dormir pendant une semaine ...

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Message par siamois93 le Sam 12 Oct 2013 - 23:25

Quelqu'un écrivait «le monde est une blessure ouverte» .
Vive les hyper sensibles !

Pourrais-tu voir les élèves comme tes aides dans tes relations avec ta hiérarchie ? Mais qui sait ce qu'il y a dans la tête d'un chef ?
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Message par Invité le Sam 12 Oct 2013 - 23:28

mais, euh ... de qui parles-tu ? de quoi ?

vois pas :p

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Message par nikoku74 le Mar 15 Oct 2013 - 15:36

Nous sommes pour la plupart sur ce forum incapables de faire le même métier pendant 40 ans mais je pense que si sur une durée plus courte d'une dizaine d'années. En effet quelques années sont nécessaires (même si on est zèbre) pour sortir de la phase d'apprentissage et ensuite on a l'occasion de se diversifier un peu pendant quelques années.
On ne doit pas tomber dans le piège de se sentir supérieur et donc de croire qu'on peut s'adapter à tout en claquant des doigts. Sur le long terme le travail sans contrainte n'existe pas: il s'agit juste de trouver un équilibre avec plus de 50% de choses positives par rapport aux contraintes.
Je reste persuadé que le métier d'enseignant permet de trouver son équilibre sur ce temps d'une décade, en tous cas beaucoup plus que la plupart des métiers.
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Message par Invité le Mar 15 Oct 2013 - 17:43

nikoku74 a écrit:Je reste persuadé que le métier d'enseignant permet de trouver son équilibre sur ce temps d'une décade, en tous cas beaucoup plus que la plupart des métiers.
Je suis d'accord aussi !

Mais le sentiment, ou plutôt la sensation en rentrant chez soi le soir est la même que pour n'importe quel boulot. Les années d'études, je rentrais le soir pleine d'entrain et d'envie de sortir, de lire, de regarder une émission intéressante ou un débat.
Là je rentre abrutie et j'ai envie de regarder masterchef.

Existe-t-il un travail qui ne mette pas dans cet état là de vide neuronal intersidéral ?

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Message par Invité le Mar 15 Oct 2013 - 17:49

Peut-etre est ce que je ne sais pas économiser mon énergie ...

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Message par nikoku74 le Mer 16 Oct 2013 - 15:32

saltymbanque a écrit:Mais le sentiment, ou plutôt la sensation en rentrant chez soi le soir est la même que pour n'importe quel boulot. Les années d'études, je rentrais le soir pleine d'entrain et d'envie de sortir, de lire, de regarder une émission intéressante ou un débat.
Là je rentre abrutie et j'ai envie de regarder masterchef.
J'ai toujours ce même sentiment quand je travaille et je n'ai pas trouvé la solution à ce problème! Quand tu bosses tu puises trop d'énergie ce qui fait que tu as besoin de décompresser en rentrant: c'est ce qu'ont compris TF1 et M6 car il savent que peu de gens, même avec un QI élevé, suivront un programme menant à réflexion.

saltymbanque a écrit:Peut-etre est ce que je ne sais pas économiser mon énergie ...
Très juste: le zèbre ne sait effectivement pas bien économiser son énergie dans une journée. Il a du mal à trouver un intermédiaire entre ON et OFF.

Actuellement sans contrat, je travaille mon concours et cherche du boulot en même temps (5-6h par jour).  Le soir, mon cerveau est par exemple capable de suivre un "C dans l'air" sur l'économie en pouvant sortir une synthèse des différents arguments. Je suis sûr maintenant que mon rythme de travail optimal est justement de 5-6h par jour en étant très efficace: Dans mes précédents boulots de cadre j'étais inefficient une bonne partie du temps. En cela aussi le métier de prof m'est bien adapté car il permet de faire ces 40-45h efficientes par semaine étalés sur 7 jours.
Seulement les entreprises (françaises en tous cas) évaluent le travail sur les heures de présence du lundi au vendredi et avec le recul je n'abattais pas plus de travail sur 8-9h par jour que sur 5-6h car mon cerveau saturait au bout d'un moment, un peu comme la mémoire vive d'un ordi. Je me suis aperçu aussi que mes collègues fournissaient plutôt moins de travail effectif que moi puisqu'ils s'octroyaient des pauses pour s'adapter aux heures de présence : système complètement débile! En gros je n'étais pas adapté à des horaires de bureau, qui plus est de cadre car le cadre est obligé de faire moins bien son boulot par moment s'il veut s'en sortir.
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Message par Invité le Mer 16 Oct 2013 - 16:18

Pas d'intermédiaire entre ON et OFF effectivement. Quand je mets OFF, c'est que je suis en maladie généralement. et je suis malade une fois par an entre 1 semaine et 10 jours en février...plein milieu d'année...Bizarre

5-6h / jour ? Je dis oui. Travail de bureau ou travail d'étudiant d'ailleurs. 3h le matin et entre 2 et 3h l'après midi. Moins de temps mais plus d'efficience. Une collègue a été diagnostiquée - collègue de l'an dernier dans les études. Révélation: ah mince, c'était ce dossier qu'il fallait travailler ? attend, donne moi 10 minutes, je lis en diagonale et je te propose problématique et plan.
J'attends...
10 minutes après elle me propose problématique et plan, elle réagit pareil que moi aux documents en faisant des associations d'idées, ce qui soit dit en passant permet une super mémorisation, et choc: à quelques mots près problématique et plan sont identiques.

Là j'ai dit, c'est le Z qui se confirme. Et impossible d'emmener les collègues dans nos discussions de travail, on les perd. en 2 minutes. On saute les étapes de raisonnement, moi celle là, elle une autre, mais on comprend très bien où l'autre veut en venir, alors on le coupe, et on part sur autre chose.

Bref je m'égare, mais tout ça pour dire que je me suis aperçue de cette particularité dans le rythme de travail, la capacité de concentration après avoir bien visualisé la particularité d'un raisonnement.

Donc oui, le métier d'enseignant permet d'étaler le travail. parce que je travaille tous les jours, samedi et dimanche, mais je préfère un peu tous les jours que 10 heures dans la même journée. Le problème que j'ai, c'est que je fais tous les jours, mais certains jours à 10 heures (5heures de cours plus la préparation que j'ai du mal à anticiper, pour ce qui touche à la mise en oeuvre détaillée des docs. Que le global, ça fait 15 jours que c'est bon.)

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Message par Invité le Mer 16 Oct 2013 - 16:19

Nikoku,

tu cherches quoi comme type de contrat ?
pourquoi ne pas passer par un concours?

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Message par nikoku74 le Jeu 17 Oct 2013 - 17:26

Je recherche des contrats à temps plein (ou minimum 15h de cours) sur 6 mois au moins ce qui est n'arrive pas à toutes les rentrées même en maths! C'est justement pour ça que je profite de cette période d'inactivité pour préparer le CAPES. Etre titulaire a l'inconvénient de l'engagement à très long terme mais force est de constater que la précarité de contractuel (déménager souvent, dépendre du bon vouloir du rectorat et gérer les périodes d'inactivité) n'est pas viable financièrement sur le long terme. Encore une fois dans la vie rien n'est parfait.
Une fois titulaire restera le problème de l'après-prof au bout d'une dizaine d'années quand la saturation m'aura rongé...la vie n'est elle pas une remise en question permanente?

Pour ce qui est de la surcharge de travail, quand tu veux bien faire ton boulot tu ne peux pas y couper quand tu débutes même en étant efficace...
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Message par Invité le Jeu 17 Oct 2013 - 17:41

ah mais oui, tu l'avais dit non ? J'aurais fait mon poisson rouge ? ...

ça va le faire ! mais c'est sûr que rester contractuel, c'est franchement pas le top, j'imagine que ça aide pas pour ce qui est logement par exemple, et puis financièrement, tu n'évolues pas...

Mais effectivement, on ne coupe pas à la surcharge de travail, ça j'en ai bien conscience. Sauf que je bosse énormément (et on me le dit, je suis toujours au lycée), et j'ai pas franchement l'impression de faire un super boulot. pas tant saturation en fait que frustration pour l'instant. et sensation de pas être fait pour ça (pas ça non plus...Alors quoi...). Moi qui ai horreur de la médiocrité, je crois que je serai médiocre en tout et jamais bonne vraiment dans quelque chose...

(et je refais du moi je...Excuse moi excuse moi, chuis nulle)

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Message par Ise le Jeu 17 Oct 2013 - 18:08

Bonjour,
Ce sujet m'intéresse. Je trouve l'exposé initial avec les points forts et faibles bien vu. Il se trouve que je cherche à me reconvertir, professionnellement !
Alors je reviens sur mon passé : à l'époque j'avais dit NON à l'enseignement. Ma mère est prof, mon mari est prof, mes beaux-parents sont profs. J'ai eu des expériences de prof. Je ne me savais pas zèbre. Mon refus a fait suite à mes expériences. J'ai donné des cours de communication et de français au CNFPT, au GRETA, et dans un organisme privé pendant 3 ans. Cours pour adultes donc. J'étais étudiante. J'ai tellement senti la réprobation chez certains que j'en étais malade. Peut-être si j'avais passé un concours aurais-je été plus sûre de moi.
Alors aujourd'hui que je me sais zèbre ? Déjà se pose le problème du concours. Je n'ai qu'un master 1.
Mais surtout la grande question : est-ce que j'arriverais mieux à gérer les manifestations négatives de "mes" élèves ? Franchement je ne crois pas. Je suis une véritable éponge... Il suffit de me demander "tu es sûre" pour que je doute. Il suffit qu'on regarde ailleurs pour que je me sente ennuyeuse. Il suffit qu'on me regarde de travers pour que je me demande ce que j'ai dit ou fait qui ne va pas !
Alors voilà tout ça pour dire que le métier d'enseignant a l'air bien pour les zèbres, mais peut-être pas tous Smile 
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Message par Invité le Jeu 17 Oct 2013 - 18:16

Ise a écrit:Bonjour,
Mais surtout la grande question : est-ce que j'arriverais mieux à gérer les manifestations négatives de "mes" élèves ? Franchement je ne crois pas. Je suis une véritable éponge... Il suffit de me demander "tu es sûre" pour que je doute. Il suffit qu'on regarde ailleurs pour que je me sente ennuyeuse. Il suffit qu'on me regarde de travers pour que je me demande ce que j'ai dit ou fait qui ne va pas !
Alors voilà tout ça pour dire que le métier d'enseignant a l'air bien pour les zèbres, mais peut-être pas tous Smile 
Bienvenue, Welcome Smile

ce dont tu parles là fait partie, en tout cas pour ma part, des choses difficiles à gérer seconde après seconde. Et parfois, le temps est long.
Un concours pour plus de confiance ? Je pensais ça. Me suis trompée (toujours et encore pour ma part). Plus le jour où je l'ai obtenu s'éloigne, plus j'essaie de me raccrocher à d'autres choses pour retrouver la confiance qui s'émiette.

Bon je te fais un tableau noir, c'est quand même un boulot super chouette, quand t'as des mômes avec du répondant, c'est génial, et puis parfois tu sors démolie d'un cours et le cours d'après tes élèves (je mets le possessif, parce que je me les suis appropriés) te surprennent d'une manière exceptionnelle. et là c'est génial. et ça reste gravé dans la mémoire.

c'est sûr que coller des TIG et des heures de colle, c'est pas franchement le pied, mais je m'y plie.

par contre, un M1 pour le CAPES ça risque d'être tout à fait bientôt possible, envoie moi un mp si tu veux qu'on regarde ensemble. à la prochaine !!!

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Message par nikoku74 le Ven 18 Oct 2013 - 17:09

Ah le rapport à la médiocrité du zèbre: on se sent comme coupable de ne pas être quelqu'un de vraiment exceptionnel, qui apporte vraiment quelque chose à la société (inventeurs, grands hommes politiques...) et ce même si on fait partie du haut du panier intellectuel. Donc on trouve tout ce qu'on fait plat, médiocre mais notre vision est déformée car on fait très souvent mieux que la moyenne des gens. Mais ces gens que l'on aimerait égaler, quand on y pense, il y en a un pour 10000 peut-être!
Depuis que j'ai été testé, je comprends pourquoi je réagis comme ça et j'ai moins cette culpabilité même si je garde une grande exigence de qualité de travail. La différence est que je ne me sens plus si nul...
ça serait bien d'être Gainsbourg ou Einstein? pas si sûr quand on voit comme ils ont été tourmentés.
Ce qu'il y a de sûr c'est qu'on progresse quand on essaie de se sortir de la tête que les autres ont une vie meilleure, plus calme, plus exaltée ou que sais-je.
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Message par Uccen le Ven 18 Oct 2013 - 17:13

Oui, je me sens coupable de ne pas être vraiment exceptionnel, je ne suis qu'extraordinaire et je m'en remets le plat.
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Message par Invité le Ven 18 Oct 2013 - 18:43

j'ai fait aujourd'hui la preuve de mon incompétence. je me félicite.
je suis VRAIMENT nulle.

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Message par Ise le Ven 18 Oct 2013 - 19:02

?????????

Eh Saltymbanque eh, repense à un bon moment de ta journée, et mets-le à la place de ce à quoi tu penses en ce moment. Ni vu ni connu ! Console 
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Message par Invité le Ven 18 Oct 2013 - 19:13

Alors: observation d'une classe par ma tutrice. bilan, mes séquences sont super bien préparées, mais je suis trop dedans et je ne prends pas assez les élèves par la main (trad automatique: je suis incompétente)

cette aprèm je laisse les gamins 2 sec (faute professionnelle) pour trouver ma clé (perdue définitivement) pour mettre un film et de l'étage j'entends crier. Bilan: 15 minutes avec tout le monde un par table à réfléchir sur le respect (autant dire punition collective déguisée, c'est illégal)

Bravo moi je m'adore:s

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Message par Uccen le Ven 18 Oct 2013 - 19:18

Voilà ce qui arrive lorsqu'on interdit le châtiment corporel.
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